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Dour festival 2010 : dimanche 18 juillet

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Quatrième et dernier jour de cette 22ème édition du festival de Dour. L’heure des premiers bilans aussi : 125.000 spectateurs pour ces 4 jours. Soit 31 000 le jeudi, 30 000 le vendredi, 32.000 le samedi et autant le dimanche. Ce qui semble réjouir les organisateurs lors de la conférence de presse (?!?!) Pourtant, manifestement, la fréquentation est en baisse, cette année. En 2007, le festival était sold out et au cours de certaines éditions précédentes, on avait atteint des pics de 35.000 voire 36.000 spectateurs. ‘Cette année nous avions agrandi la capacité du site. Il pouvait accueillir 40.000 personnes. Le sold-out n’est pas un objectif en soi’, m’explique, par ailleurs, le responsable de presse, Alex Stevens, lors d’un entretien, à bâtons rompus. Il ajoute d’ailleurs : ‘Le but, c’est d’organiser un festival de qualité, en programmant des groupes intéressants et dans une ambiance qui reste conviviale’. N’empêche, du côté de Liège, les Ardentes prennent de l’ampleur et le Pukkelpop affiche déjà complet un mois à l’avance. Alors, quelle est la raison de ce déclin de popularité ? La concurrence des événements susvisés, certainement. La date, qui en 2010, s’est située en période charnière de départs en vacances (NDLR : on pourrait aussi ajouter le nombre de festivals qui ont explosé, un peu partout en Belgique, et même dans le Nord de la France ; et puis, peut-être le manque d’artistes susceptibles de convaincre les véritables mélomanes de se déplacer, en l’occurrence celles et ceux qui ne manqueraient sous aucun prétexte Killing Joke, Black Rebel Motorcycle Club, Wilco, Mercury Rev, Archive, Wampas, Nada Surf, Dandy Warhols, Young Gods, !!!, Bérurier Noir ou encore celles et ceux qui suivent certains groupes belges aux quatre coins du pays) Néanmoins, ne gâchons pas notre plaisir : Dour est toujours un festival incontournable en Hainaut et un des trois plus grands de Wallonie (NDR : les Francos de Spa et les Ardentes sont les deux autres). Il est en outre, bien plus alternatif que ses concurrents ; et puis, et c’était nécessaire, de gros efforts ont été consentis pour améliorer le confort des festivaliers (NDR : supermarché alimentaire à l’entrée, etc.) Félicitons également les organisateurs pour le timing scrupuleusement respecté par les 200 groupes, et pour l’absence d’incidents majeurs sur le site.

Bon, et la programmation de ce dimanche alors ? J’y arrive. Ma journée commence vers 16 heures, sous un soleil généreux (NDR : finalement hormis quelques averses, la météo aura été clémente). J’ai chaud à la place de Mélissa Auf Der Maur. Tout de noir vêtue, son teint est pâle. Elle doit souffrir de la température. La Canadienne est surtout notoire pour avoir milité  comme bassiste chez Smashing Pumpkins puis Hole. A l’époque, Billy Corgan, le leader des Citrouilles Eclatées l’avait pris sous son aile, avant de la conseiller à son amie ( ?!?!?) Courtney. Son set est très pop. Pas vraiment ce qui me branche. Et Mélissa éprouve toutes les difficultés pour susciter un quelconque enthousiasme auprès d’une audience encore à-moitié endormie. A l’issue de sa prestation, Mélissa vient se mêler à la foule. Elle se ballade tranquillement et prend le temps de signer des autographes (NDR : elle avait même prévu de se munir d’un crayon-feutre !)… Sympa !

D’autres musiciens se promènent sur le site. Mais ils passent bien moins inaperçus. A cause de leurs vêtements touaregs. Tinariwen. La formation va ensuite offrir une des rares notes world au festival. Sur fond de guitare résolument blues (NDR : un concept partagé par de nombreux artistes maliens, comme Amadou et Mariam, par exemple). Différents membres se relayent au chant. La musique baigne au sein d’un climat exotique. Le combo cherche à établir une forme de communion avec le public. Un peu comme lors d’une fête de village en Afrique, autour d’un feu de bois ou sous un bivouac. Le set est savoureux. Mais à mon avis, leur prestation aurait mérité de se dérouler sous un chapiteau. De toutes manières, à un endroit plus intimiste que sur la Last Arena. Les applaudissements auraient alors certainement résonné plus chaleureusement…

Sous La petite maison dans la prairie, Monotonix est occupé de foutre le boxon. Cosmopolite, quoique incluant une frange de musicos israéliens, le combo nous en met plein la vue. Pourtant, leur garage rock plutôt basique voire tribal (NDR : qui a dit trivial ?) ne casse pas des briques. Mais on assiste à un grand spectacle ! Les musiciens se dispersent dans le public. Le chanteur escalade un poteau du chapiteau et à 4 mètres de hauteur, il se jette dans la foule. Manifestement Monotonix est un groupe de festival. Il attire la grande foule et met de l’ambiance. Pourtant, en salle, il ne draine que quelques centaines de personnes, à peine (NDR : il s’était produit à Courtrai, salle De Kreun, peu de temps auparavant). Didier Super était aussi parvenu à mettre le feu, sous la Magic Tent, quelques années plus tôt. Un constat amer et en même temps une situation paradoxale, quand on voit qu’un groupe pétri de talent comme Tinariwen, ne recueille pas le succès mérité. Alors que la présence de Rémi Bricka, Annie Cordy ou Grand Jojo, déclencherait probablement l’hystérie…

Trêve d’élucubrations et cap sur la Last Arena où sont programmés The Raveonettes. Et le line up des Danois est au grand complet. Déjà ‘tête d’affiche’ en 2008, Sune Rose Wagner avait dû composer sans Sharin Foo. A l’époque elle attendait famille et avait été remplacée par sa sœur. La recette n’a pas trop changé. Leur électro pop à coloration 80’s est toujours aussi noisy. Le tracklisting inclut les incontournables « Candy » et « Heart of stone ». De quoi satisfaire les nombreux trentenaires et quadragénaires rassemblés face à la scène. La basse et les percus sont minimalistes. Et balisent les interventions du duo ténébreux Wagner-Foo, cachés derrière leurs lunettes fumées…

Autre tête d’affiche sur la même scène : Ghinzu. Il est loin le temps où ce combo belge se produisait en club. La popularité du groupe est en progression constante. Ce qui lui permet aujourd’hui de remplir Forest National ou de figurer à l’affiche de festivals conséquents. Ce soir, c’est un véritable best-of que le groupe nous livre. De quoi se rendre compte du nombre de tubes déjà publiés par la formation. Dont les inévitables "Take It Easy" et "Do You Read Me". Leur set est très pro, même si les poses du chanteur finissent par agacer. Mais un imprévu va se produire et mettre un peu de piment dans le show. Au beau milieu du set, le combo se lance dans l’impro (NDR : à moins que ce ne soit une succession d’approximations). Les musiciens se parlent entre certains morceaux. Ils semblent préoccupés. Le claviériste monte sur son instrument et commence à taper du pied sur ses touches (NDLR : un disciple de Keith Emerson ?) Heureusement, le matos semble solide et résiste à l’assaut. Et puis, l’assaillant n’est pas obèse (NDR : à l’issue du concert, on aura l’explication de cette attitude : en fait, il semble que le clavier se soit détraqué au cours de la prestation et par un concours de circonstance, le spectacle a gagné en spontanéité). La reprise de « Killing in the name » est peut-être brouillonne, mais elle parvient à faire bouger une grande partie de la foule. En fait, les événements ont forcé le combo à modifier leur setlist. Et à improviser (NDLR : un accident heureux, avait un jour déclaré un membre d’Ozric Tentacles). Le groupe va quand même finir par croire qu’il est maudit. Et pour cause, l’an dernier, lors des Eurockéennes de Belfort, il avait déjà dû interrompre son show, suite à une panne de courant.

J’imaginais que Devendra Banhart allait nous accorder un récital sculpté dans le folk minimaliste. Le talentueux chanteur/auteur/compositeur en était coutumier, au cours des dernières années. Après avoir surfé avec succès sur la vague hype néo-hippie, il était un peu tombé dans les profondeurs de l’oubli. Mais ce soir, il a décidé de nous surprendre. Et dès les premiers titres, on se rend compte que son concert sera très rock. Les guitares montrent les dents. Son néo-psychédélisme à la pèche ! Exit les ballades soporifiques dispensées lors des éditions précédentes, à Dour. L’intensité est omniprésente, mais Devendra la rend plus fluide en lui administrant, ci-et-là, une petite pointe de dérision. Comme lors de sa cover du vieux tube « Tell it to my heart » de Taylor Dayne.

Autre bonne surprise en ce dimanche : Calvin Harris. Il est surtout connu pour ses tubes house, dance et électro qui envahissent les ondes radiophoniques. Et notamment « The girls » et « Flashback ». En ‘live’, je m’attends donc à DJ set plutôt statique. Erreur, Calvin est soutenu par un véritable band. Il se révèle très à l’aise sur les planches et se la joue, quelque peu, rock star, à la manière d’un Dave Gahan. En un peu moins excentrique quand même. L’expression sonore est particulièrement vivifiante et lorgne tour à tour vers le funk, l’électro voire le punk-rock. En outre, Harris possède une chouette voix. Après 1h30 de show, on le sent quand même éprouvé. Ce qui ne l’empêchera pas de le clôturer par un “You are not alone” de toute beauté. Franchement, cet artiste est à suivre de très près et mériterait un autre statut que celui de pourvoyeurs de singles pour la bande FM.

On le sait, chez Sexy Sushi, le raffinement n’est pas de rigueur. Heureusement il est passé minuit. Les enfants sont déjà couchés, et les nombreuses familles invitées par le Bourgmestre sont rentrées à la maison. Car comme prévu, le flux de grossièretés proférés à la minute est sidérant. Comment est-il possible de concentrer autant de gros mots au sein d’un seul couplet ? Seul Sexy Sushi en a la recette. La musique est minimaliste. Electro. Il y a un claviériste et puis un figurant qui assume un rôle de bourreau. Bien sûr, il s’agit de mise en scène. La sulfureuse Julia affiche un look grunge. Cheveux gras, jeans, t-shirt et baskets crades. Elle n’hésite pas à se lancer dans des crowd-surfing et invite même le public à monter sur le podium lorsqu’elle attaque « Sex appeal ». Et les mâles vont me demander si elle a terminé son spectacle en petite tenue, comme très souvent. Désolé mais vu la piètre qualité de la solution sonore, je me suis tiré avant…

En effet, j’ai préféré aller jeter un dernier coup d’œil (et d’oreille) à The Sonics. Le spectateur lambda les connaît surtout pour leur chanson « Psycho a-gogo » (NDR : ne me dites pas que vous n’avez jamais entendu ce fameux refrain ‘Baby, you’re driving me crazy’). Ou encore du morceau « Have love with travel », qui a servi de B.O. au dernier film de Mathieu Amalric (NDR : c’est toujours d’actualité !) Il est assez troublant et en même temps réconfortant de voir de véritables papys déménager autant sur les planches. Respect donc à ces vétérans qui perpétuent ce rock né au cours des 60’s. N’empêche, pour encaisser la transition entre le rock-électro avant-gardiste de Calvin Harris et le garage yankee des Sonics, faut être blindé…

Hormis la journée du samedi, plutôt ‘light’, l’édition 2010 du festival de Dour a tenu toutes ses promesses. Retour à la maison, en sachant que sur le parcours, on risque de faire des rencontres très peu conviviales et surtout susceptibles de gâcher le plaisir acquis tout au long du week-end…

 

En direct de Dour (2)

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‘Le bon Dieu est montois’ s'exclame-t-on, lorsque météo est bonne, lors de la traditionnelle Ducasse de Mons. Mais il est aussi dourois. Les festivaliers ont, jusqu’à ce jour été épargnés par la canicule mais aussi par les averses. A contrario de celles et ceux qui se sont rendus à Werchter (NDLR : et au Cactus !) Le baromètre de l'ambiance monte toujours crescendo. A 15 heures, le public était encore calme et clairsemé, malgré un set entraînant des Mahones. Le hardcore suprenant de Fucked Up a provoqué les premiers pogos. Faut dire que le frontman a passé les 3/4 du concert au cœur du public ! Et les nombreux fans de hardcore en encore eu une belle ration, lors du set de Mass Hysteria. Sur les autres podiums, on épinglera encore la noisy de Chokebore, le psyché d'OS Mutantes et celui plus prog de Black Mountain…

Anti-Records se renforce !

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Artiste ultra-douée, dont le folk épuré s’inscrit dans la lignée de Nick Drake et Joni Mitchell, Beth Orton vient de signer chez Anti-Records. L’artiste folk anglaise est, en outre, sur le point de terminer l’enregistrement d’un nouvel album pour le compte de son nouveau label.

 

Des Nouvelles De Linkin Park

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Linkin Park vient d’annoncer la sortie de son nouvel album  « A Thousand Suns » pour le 14 septembre 2010. Comme « Minutes To Midnight » (2007), son précédent, le nouvel opus a été produit par Rick Rubin (Slayer, U2, Johnny Cash) et par Mike Shinoda, le vocaliste du groupe. « The Catalyst », le premier single extrait de l’album sera disponible en écoute sur la page MySpace du groupe http://www.myspace.com/linkinpark dès le 2 août.

Une initiative originale : Si vous êtes un producteur en herbe, Linkin Park vous encourage à télécharger  les pistes audio de « The Catalyst » disponibles sur sa page MySpace. Vous pourrez ensuite les modifier à votre guise à l’aide d’un logiciel informatique et soumettre votre version du single au groupe qui choisira celle qui lui plaît le plus et la fera figurer sur l’album.

Linkin Park entamera une tournée mondiale en octobre. Celle-ci passera par Paris (Bercy) le 25 octobre. Aucune date n’est prévue en Belgique pour l’instant. 

 

Enfin !!!, avec trois points d’exclamation !

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Complémentairement à la sortie de leur nouveau single, « AM/FM », !!! vient de poster sa nouvelle vidéo. Réalisée sous la houlette de Black Dice, elle est disponible sur Fader et YouTube. Quant à l’album sa parution est toujours prévue pour ce 23 août.

http://www.thefader.com/2010/07/06/video-premiere-amfm/
http://www.youtube.com/watch?v=LO_AofgXHFU
http://www.chkchkchk.net/

 

Seyfu allume la mèche

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Le nouveau single de Sefyu, « Allumeur de Mèche », a été dévoilé le 12 juillet. Il est issu de l’album « Oui, Je Le Suis », dont la sortie est prévue pour fin septembre 2010. Le clip sera également bientôt disponible…

En attendant vous pouvez découvrir le teaser sur le lien suivant :

http://www.dailymotion.com/video/xduogk_sefyu-allumeur-de-meche-teaser_music

 

Dour festival 2010 : samedi 17 juillet

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Troisième jour de festival et la fatigue commence à se faire sentir. Sans oublier les maux de tête et un début inévitable de surdité. Et dire que je ne dors même pas au célèbre camping. Sans quoi, quel serait le résultat ? Heureusement, et cet avis n’engage que votre serviteur, cette journée est également la plus light au niveau de la programmation. Pas vraiment de concert exclusif comme ceux de Faith No More ou Atari Teenage Riot, les jours précédents. Moins de découvertes aussi.

Ce qui explique pourquoi vous n’aurez droit qu’à un compte-rendu plus succinct de cette journée. Néanmoins, je débarque quand même à 14 heures pour ne pas manquer le set de The Mahones. Leur patronyme procède de l’anglicisation de la formule gaélique ‘Póg mo thóin’, soit le ‘F*** my ass’ dont je vous fais grâce de la traduction dans la langue de Molière. Il s’agit également d’une référence au groupe irlandais The Pogues. Et bien que la formation nous chante cet après-midi « A drunken night in Dublin », pas de méprise : The Mahones nous vient du Canada, et pas de l’île verte ! Leur punk-rock est d’ailleurs assez proche de celui de leurs concitoyens, les Real McKenzies. Une charmante accordéoniste évolue à droite de la scène. Hormis les bas-résilles elle est totalement vêtue de cuir. Et apporte une touche de fraîcheur tant visuelle que musicale. En engageant un musicien supplémentaire (NDR : préposé au whistle ou banjo), le combo embrasserait un profil encore plus celtique. Mais la petite centaine de spectateurs tape malgré tout du pied et se lance même dans une mini-farandole en fin de show. Un warm-up plutôt réussi, ce samedi donc.

A noter que, dans la même tranche horaire, les Poulycroc avaient également ouvert les hostilités en fanfare. Evidemment, si comme votre scribouilleur, vous habitez le Hainaut Occidental (d’où ils sont originaires) vous avez l’occasion de les applaudir, au minimum, une dizaine de fois par an. Et si vous ne connaissez pas ces joyeux loustics, sachez qu’ils pratiquent un punk/ska festif, quelque part entre le grand Jojo (avec qui ils ont déjà joué) et Ska-P.

En général, lors du festival de Dour, une frange du public est constituée de fans de hardcore et de métal. Rien d’étonnant, vu la présence des vétérans Stuck Up et autres Do or Die, dont les aficionados sont nombreux dans la région. Pourtant cette tranche de public très caractéristique disparaît d’année en année. Elle est remplacée par une catégorie de festivaliers dont le style  campeurs-clubbers est beaucoup plus stéréotypé. Heureusement, les organisateurs n’ont pas totalement négligé les hardeux. Le vendredi, ces derniers ont ainsi pu se défouler face à la Red Frequency, et ce samedi sous la Magic Tent. La formation canadienne (NDR : encore) Fucked Up pratique, comme son nom l’indique, une musique furieuse. Le chanteur Pink Eyes n’en est pas à sa première extravagance. C’est d’ailleurs ce qui a forgé sa notoriété. Dès le deuxième titre, il quitte la scène pour se mêler à la foule, qu’il ne quittera plus avant la fin du set. Tour à tour, il se lance dans le houlà-hop, provoque des pogos ou frotte son torse (NDR : velu et imprégné de sueur) contre le corps de jeunes filles en maillot de bain. Et la liste de ses frasques est loin d’être exhaustive. Conclusion, il donne bien du fil à retordre (au propre comme au figuré) aux techniciens et au service de sécurité. Et un peu plus tard, sur le même podium, The Spudmonsters va en remettre une couche. Issu de la scène old school, ce combo va aussi mettre le boxon, en invitant de nombreux fans à monter sur l’estrade, lors de leur final. De quoi, à nouveau semer la zizanie, au sein du frontstage.

Pour clôturer le chapitre hardcore, impossible de ne pas évoquer la prestation de Mass Hysteria accordée sur la grande scène. Tout le bien a déjà dit sur ce groupe français, que l’on peut voir chaque année dans nos contrées. D’ailleurs, rien qu’à Dour c’est déjà leur quatrième passage. Sans surprise, le groupe parvient donc à déclencher les pogos, circles et autres parades à la ‘Braveheart’ au sein du public. Mais aussi à communiquer des messages positifs, pacificateurs voir unificateurs. A l’image de ce ‘Wallons, Flamands, tous unis’ clamé haut et fort au milieu d’un couplet.

Des revendications plutôt différentes de celles des Sales Majestés. D’accord, ils évoluent dans un registre plus punk traditionnel que hardcore. Ensuite les textes relèvent plus de l’anarchie, de la rébellion voire du nihilisme. « La rage », « La révolution », « Camarade » ou « Fier de ne rien faire » sont autant d’hymnes repris le poing levé par les keupons ou les trentenaires nostalgiques du rock alternatif.

Après toutes ces décharges de riffs, il est temps de remettre quelque peu ses idées en place. En assistant à un concert empreint de légèreté. Celui de Pony Pony Run Run devrait faire l’affaire. Issu de la région de Nantes, ce trio s’est formé en 2005. Son premier album, « You Need Pony Pony Run Run » est paru en 2009. Il a été consacré lors des Victoires de la musique, en mars 2010. Pas étonnant donc que le public soit nombreux sous la Magic Tent. Dès que le combo monte sur le podium, une immense clameur faite de cris et d’applaudissements s’élève (NDR : pardon, c’est un concert de Patrick Bruel ?) Mais la comparaison s’arrête ici. Car le groupe a son style. Très pop, mais inspiré par les 80’s. Surtout à cause des sonorités ‘vintage’ produites par le clavier. Un climat qu’accentue le light show. « Hey you », leur tube, est à peine attaqué que la foule entre en hystérie. Une excitation qui va se prolonger jusqu’au bout du set. Pas de contestation, à l’applaudimètre, PPRR a confirmé sa popularité. Faudra maintenant voir s’il sera capable de passer le cap du deuxième elpee…

Au fil des concerts, il devient de plus en plus difficile d’avoir les idées claires. Et même si une prestation se révèle d’excellente facture, on ne parvient plus à l’apprécier. L’épuisement, la chaleur et la bière (NDR : excellentes ces Hoegaarden rosées !) contribuant, bien évidemment, à cette situation. Dans ces conditions, il est parfois préférable de faire un break, afin de revenir frais et dispos, le lendemain. Soit le dimanche, pour vivre de nouvelles aventures…

Dour : les premiers échos

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En attendant les reviews détaillées, voici quelques échos répercutés par le festival de Dour…

Le cap des 30.000 festivaliers a été franchi. Faut dire que pour la plupart, ils avaient déjà débarqué la veille. Afin de prendre leurs quartiers au camping. Côté affiche, le set de Faith No More a quelque peu déçu. Trop expérimental pour les uns. Un son trop approximatif, pour les autres. A contrario, le festival a réservé son lot de bonnes surprises. Ainsi la prestation de Get Well Soon a tenu toutes ses promesses, alors que le Bal des Enragés a mis le feu à la Petite Maison dans la Prairie ; faut dire que pour l’occasion, une horde de punks avait pris d’assaut ce chapiteau…

Vendredi, le temps est menaçant, mais la pluie semble vouloir épargner le site. Los Campesinos! a bien ouvert les hostilités, mais face à un public encore clairsemé. Néanmoins, l’affluence devrait aller crescendo, vu la programmation. De Subways à Gwar en passant par Atari Teenage Riot et Chrome Hoof, le choix est suffisamment large pour satisfaire un large public…

Dour festival 2010 : vendredi 16 juillet

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Cette deuxième journée de festival est, à mon humble avis, la plus riche. Ce qui explique ma décision de débarquer sur le site bien plus tôt. Soit à 14 heures. Et ce que je pressentais depuis la veille, se confirme : le public qui fréquente le festival de Dour est de moins en moins rock. Malgré une affiche intéressante, la plupart des jeunes ne montrent le bout du nez que vers 18 heures. Ils récupèrent. Ou glandouillent au camping. Sans doute après avoir passé la nuit à danser sur les beats des Djs. Les artistes internationaux en devenir : ils n’en ont plus rien à cirer !

Une gangrène qui ronge les grands festivals. Le collectif Los Campesinos ! en est bien conscient. Et pourtant, ces valeureux musiciens font le max devant une centaine de spectateurs à peine, dispersés face à la Last Arena. Leur pop/rock est déjanté, enjoué, enrichi de cuivres ainsi que d’accès de violon et de xylophone. Leur solution sonore est cependant difficile à décrire. A l’instar du nom des villages peuplant leur Pays de Galles natal (NDR : ils sont issus de la région de Cardiff). Une jeune et charmante violoniste rousse illumine les compos de ses interventions, pendant que le chanteur se démène comme un bon prince. Son attitude me fait parfois même penser à Dalmon Albarn, deux décennies plus tôt (NDR : Blur, s’était produit également à Dour, il y a une quinzaine d’années). Bien sûr, depuis, le personnage a pris une autre envergure ; et ma comparaison, ne va pas plus loin. Néanmoins, il faut reconnaître qu’il existe un fameux potentiel chez Los Campesinos ! Et au fil de l’expérience, la formation pourrait bien briguer une place, un peu plus haut des affiches, dans un futur proche. C’est en tout cas, tout le mal qu’on leur souhaite.

Lors du festival de Dour, à moins d’être un marathonien (NDR : et encore !), difficile d’assister à tous les concerts programmés au cours des quatre jours. Je loupe donc le set de Java. De quoi nourrir des regrets, car de l’avis de nombreux observateurs, leur hip-hop teinté de musette bon enfant a fait mouche. Et come il fait chaud, il fait aussi soif. Et en repassant par le bar, la convivialité se transforme rapidement en guet à pintes ! Surtout lorsqu’on retrouve des amis ou des collègues afin de débattre de l’une ou l’autre prestation d’un artiste ou groupe.

Ouf, le set de The Futureheads n’est pas terminé. Mais vu le parcours du combo, je craignais devoir me farcir de la pop/rock britannique calquée sur celle des Arctic Monkeys. Bref comme déjà vue et entendue 10 000 fois. Et pourtant, le set s’avère très agréable. Pas de temps mort. Un bon point de la journée. Faudra que je balaie les préjugés qui traînent encore dans mon esprit…

A contrario, il se confirme que de plus en plus de festivaliers issus du Nord du pays se rendent au festival de Dour (NDR : et Johan, notre rédacteur en chef néerlandophone, n’y est pas tout à fait étranger). La présence de ce public néerlandophone pour le set d’Absynthe Minded en est la plus belle illustration. La popularité du combo gantois monte d’ailleurs en flèche. Et pas seulement en Flandre. Lorgnant tour à tour vers le blues, le jazz ou le folk son pop/rock ne manque pas d’élégance. Et lorsqu’il interprète son tube « Envol », l’auditoire frappe la mesure des mains tout en fredonnant « Enough ». A l’issue de ce set, il en demandait et en redemandait encore…

Quinze années déjà que Dog Eat Dog ne s’était plus produit à Dour. A cette époque, l’affiche épinglait également la présence de Clawfinger et Public Enemy. Une période au cours de laquelle metal et rap faisaient bon ménage. Si le duo si caractéristique échangé entre la basse et le saxophone est toujours aussi efficace, il faut reconnaître que leur musique a quand même évoluée. Faut dire que faute de nouvel album, je craignais devoir me farcir un combo revivaliste dont l’horloge s’était arrêtée au cours des 90’s. Et puis non, leurs intros ont été revues et corrigées ; et puis, leurs références rap se sont muées en hip hop contemporain. Le public prend son pied, en particulier sur les inévitables « No front » (NDR : issu de l’album « All boro kings ») et « If these are the good times ». Un come-back réussi !

Beaucoup de monde pour applaudir Fun Lovin Criminals. La première grosse audience de la journée ! Curieux, quand on sait que le band newyorkais, responsable de 7 albums à ce jour, est en panne de créativité, depuis quelques années. En fait depuis leur premier opus, "Come find yourself", sur lesquels figuraient les hits "Scooby Snacks" et "The Fun Lovin' Criminal". Un départ en force qui s’est progressivement dégonflé. Sur les planches, les musicos dégagent un certain capital sympathie. Mais leur set ne remue guère. Il serait même plutôt statique (NDR : qui a dit amorphe ?) Le podium semble trop large pour eux. Les bouffées cuivrées de jazz sont judicieuses. Mais un sentiment d’ennui commence rapidement à nous envahir. En outre, ce vendredi soir, la Red Frequency propose une affiche bien plus alléchante…

Tout d’abord à cause de la présence de Gwar. La foule réunit cependant davantage de curieux que de métalleux. Fondée à Richmond (NDR : c’est en Virginie), il y a plus de 25 ans, la formation s’est forgée une notoriété sur les planches. D’abord à cause du look. Les membres sont vêtus de costumes kitchs dignes des films d’horreur de série B, tournés au cours des 80’s. Puis de leur show. Théâtral, il est échafaudé sur les thèmes du sexe et de la violence. Des armes et des sexes en plastique simulent des scènes de sadomasochisme, de sodomisation et de charcuterie. Le sang (factice of course !) gicle et asperge les spectateurs des premiers rangs (NDR : dont certains exhiberont encore des traces le lendemain). Quand à la musique, elle est découpée dans le hard, ma fois plutôt classique, à la croisée des chemins d’Alice Cooper et Anthrax.

Après avoir vécu cet épisode sanglant, place aux formations belges Sharko et Eté 67. Deux valeurs sûres de notre patrimoine musical, dont le show a manifestement bien évolué. Chez David Bartholomé et ses acolytes, la solution sonore oscille de l’électro basique au rock énergique. Mais se révèle surtout moins ludique. Exit les claquements de mains, les refrains repris en chœurs et le lancer des ballons… Quant à Eté 67, j’avoue n’être resté qu’un bref instant à leur spectacle ; en tout cas pas assez longtemps pour pouvoir émettre un avis éclairé.

Destination la grande scène pour le concert de The Subways. A l’instar de Fun Lovin’ Criminals, ce trio avait entamé sa carrière en mode TGV, en publiant un premier opus décoiffant. Mais la suite avait eu raison de l’enthousiasme manifesté à l’égard du combo. A cause de la confection d’un elpee insipide ; et puis d’une tournée interminable qui les avait alors vus se produire à l’affiche d’une multitude de festivals. Sans convaincre. Le band se produit ce soir à Dour, alors qu’il n’a pas commis de nouvel album. Et paradoxalement, les musiciens semblent éprouver beaucoup de plaisir sur les planches. Charlotte Cooper se démène comme une possédée sur sa basse. Et elle est très jolie. Blonde, aussi. De quoi inciter les spectateurs masculins à rester accrocher à ses cordes. Lors de l’interprétation de leur tube, « Rock’n’roll queen », Billy ponctue énergiquement toujours ses refrains d’un ‘You’re so rock’n’roll’…

Mais le meilleur reste à venir. Ou du moins le plus attendu. Flashback ! En 1999, tous les festivaliers s’étaient donné le mot pour ne pas manquer l’un des shows les plus décapants de l’édition de l’époque : Atari Teenage Riot. Malgré la chaleur étouffante, le petit chapiteau sous lequel le combo s’était produit, s’était rapidement rempli (NDR : à l’issue du set, des hôtesses avaient eu la bonne idée de vaporiser les spectateurs d’un déodorant d’une marque bien connue). Quelques années plus tard, Alec Empire était revenu flanqué d’un autre band sur la Plaine de la Machine à Feu. Et aujourd’hui, il est programmé sur la Red Frequency. Il est 23 heures. Une longue bande sonore est diffusée pour faire patienter la foule. Enfin, les trois protagonistes déboulent sur le podium. Difficile de retrouver ses repères puisque le line up a changé depuis le concert mémorable accordé en 1999. C’est même quelque peu perturbant. Autrefois, Hanin Elias et Nic Endo formaient un duo vocal féminin remarquable. Que ce soit en lead ou en backing vocals. Hanin Elias a quitté le band et formé son propre label. En 2002. Il faudra donc s’en priver. Néanmoins, il demeure Nic. D’origine japonaise, elle est aussi très jolie et n’hésite pas à faire partager sa plastique sur le devant de la scène. Décédé des suites d’une overdose, Carl Crack a également été remplacé. En 2001. Par un autre MC (NDR : Kidtronick). Cette substitution est moins problématique. Les morceaux de digital hardcore se succèdent. Tantôt parfaitement maîtrisés. Tantôt (volontairement ?) brouillons. Ou plus punk serai-je tenté d’écrire. Les textes (lorsqu’on arrive à les comprendre voire même les entendre) et les revendications entre les titres véhiculent toujours les mêmes thèmes : anarchie, antimilitarisme et antimondialisation. Lors d’une des ses interventions entre deux compos, Alec Empire nous balance ce discours : ‘Nos politiques devraient s’occuper de nous, mais au lieu de cela ils sont contrôlés par de grandes multinationales. C’est pour cela qu’Atari Teenage Riot existe’ ou quelque chose du genre. « Revolution action » et « Too dead for me » sont les morceaux qui parviennent à remuer le plus la foule. En fin de parcours, Empire, qui ne se tient plus, vient au contact du public. Et si vous n’y étiez pas, sachez qu’ils reviennent le 18 septembre au festival Ratrock. C’est gratuit et ça se passe à Harelbeke !

 

Dour festival 2010 : jeudi 15 juillet

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A l’occasion de cette 22ème édition du Dour Festival, une grosse vague de festivaliers (environ 15.000 campeurs) a déjà débarqué le mercredi soir. Des festivaliers préservés des orages, dont la violence faisait craindre le pire ; mais qui n’ont véritablement frappé qu’à une dizaine de kilomètres du site. Et pour ceux qui, comme votre serviteur, débarquent ce jeudi après-midi, la patience est de rigueur. Les contrôles opérés par la maréchaussée, les files sur la route, le temps nécessité pour retirer son bracelet ou les tickets boissons, deviennent presque un rituel. Mais l’affiche alléchante proposée ce jeudi permet de préserver bonne humeur et enthousiasme.

Débarqué sur le site vers 19 heures, je fonce vers le set de Get Well Soon. Responsable d’un chouette premier elpee, en 2008, intitulé « Rest now, Weary head ! You will get well soon », la formation allemande avait pris un gros risque, en 2010, en publiant « Vexations », un double album explorant davantage en profondeur, leur pop mélancolique (NDR : voir également les chroniques de cds consacrées au combo). La barre était donc placée très haut. Fallait maintenant que le collectif puisse la franchir sas encombre. D’ailleurs, ce soir, je rêve de retrouver toute la palette d’émotions dispensée sur leurs disques. Konstantin Gropper est un fameux personnage. Il est le leader, et rassure son auditoire par sa maîtrise. Les musicos masculins sont vêtus d’un costume noir. Un peu comme s’ils assistaient à une cérémonie funèbre. Ou peut-être dans l’esprit d’un vieux cabaret de music-hall. Une attitude qui me rappelle celle d’iLikeTrains, également présent à Dour, l’an dernier. Le climat est donc apparemment sombre. Heureusement, le tracklisting est entrecoupé de messages empreints de délicatesse. Et puis, les musiciens ont le bon goût d’esquisser quelques sourires. Verena, la violoniste, porte une robe rouge. Elle cherche le contraste. Et pas seulement à cause de la couleur, mais également de son backing vocal. Tout en douceur et en fraîcheur, prenant le contre-pied du baryton de Konstantin. Ce qui permet à la musique de ne pas sombrer dans le stéréotype revivaliste. Celui de Joy Division, pour ne rien vous cacher (NDR : il est même, avouons-le surexploité…) Malheureusement, le groupe et le public éprouvent de grosses difficultés à entrer en communion. Le band berlinois fait de son mieux, mais ne parvient pas à faire vibrer le Club circuit Marquee. Ce n’est qu’en toute fin de parcours que l’étincelle va enfin jaillir. Lors d’une apothéose explosive alimentée de guitares noisy, saturées. De quoi, enfin, remettre les pendules à l’heure. En récompensant les aficionados les plus patients. Et plus exactement ceux qui n’avaient pas déserté les lieux. Tout en préservant les grands espoirs, placés en eux (NDR : a contrario de nombreux artistes ou groupes, programmés au cours de la journée…)  

Il est déjà 20 heures. Pas trop de problèmes pour circuler sur le site, et s’approcher de la scène principale. S’y produit The Maccabees. Que l’on compare déjà à Arcade Fire. Le collectif canadien figurait à l’affiche du Rock Werchter. Normal, c’est devenu une grosse pointure. L’ensemble britannique figure à celle de Dour. C’est un groupe plein d’avenir… Leur rock déménage, mais se révèle un peu trop linéaire à mon goût. Heureusement les cuivres viennent quelque peu rompre la monotonie du set. Néanmoins, je reste dubitatif face à leur prestation, et décide d’aller voir ailleurs…

Et plus exactement le show de Wovenhand flanqué de Musizkas. Wovenhand, c’est le projet de l’ex-leader du défunt 16 Horsepower, David Eugene Edwards. Enfin, plus tout à fait une nouvelle aventure, puisqu’entamée en 2001, elle compte aujourd’hui sept album à son actif. Il a donc décidé d’inviter le collectif hongrois Musizkas, à participer à sa nouvelle tournée. Une initiative on ne peut plus épique. Le concert nous plonge d’abord au sein d’un climat très proche du dernier elpee. A l’instar de « Sinking hands » et « The Treshingfloor », titre maître du nouvel elpee. Jusqu’alors fort discrets, les vétérans Musizkas se réservent ensuite un petit interlude. Des interventions brèves qui se répètent tous les deux titres. De quoi inciter le public à remuer quelque peu. Et puis surtout de ne pas sombrer dans une forme de morosité folk gothique. Mais vu la réaction de l’audience, je me demande si elle connaissait même le patronyme de Wovenhand. N’empêche, rendons à Eugene ce qui appartient à Eugene (NDR : qui a dit César ?) : Edwards est quand même un fameux personnage. Assis sur un tabouret, coiffé d’un chapeau de cow-boy, affublé de lunettes noires, il possède un énorme charisme. Ce chanteur/compositeur américain n’a qu’un seul défaut : il prend l’Evangile pour la Bible. Ou l’inverse. A la lettre. Sans quoi il a autant de talent que Neil Young et Nick Cave. Son timbre et ses inflexions vocales sont tour à tour spectraux ou intimistes, mais toujours bouleversants. Malheureusement, le trio du Colorado et le team magyar ne parviennent pas à entrer en osmose. Eugene quitte (trop rarement) son siège pour venir se joindre à ses invités. Et on a l’impression que chaque formation préserve son jardin secret. En outre, la setlist ne recèle guère de morceaux phares, à l’instar de « Dirty blue » ou « The Speaking hands », privilégiant des compos issues du dernier opus (« Terre haute », par exemple). En fin de parcours, on aura quand même droit à une exception qui confirme la règle, « Oil of pannel », un morceau très riche, au cours duquel les Muziskas vont véritablement se libérer. Et paradoxalement, célébrer un des grands moments de la journée...

La grande foule commence à s’agglutiner devant la Last Arena. On y croise de nombreux fans de Faith No More, vêtus du t-shirt de leurs idoles. Certains sont même venus d’Australie pour acclamer le combo-culte, une des têtes d’affiche du festival. Lors de leur set accordé au Pukkelpop, l’an dernier, la setlist ressemblait à une sorte de best of. Ce ne sera plus le cas ce soir. En intro, « Midnight cowboy » brouille déjà un peu les pistes. « Out of nowhere » et « Land of sunshine » s’enchaînent. Mais le son hésite entre puissance et cacophonie. Il faut attendre le cinquième titre, « Evidence », pour enfin entendre correctement la voix de Mike Patton. « Ashes to ashes » et « Midlife crisis » semblent avoir trouvé la bonne carburation ; mais progressivement, les impros et expérimentations se multiplient. Comme chez Fantômas. « Epic » permet à la foule de retrouver ses esprits. Elle scande en chœur : « What’s it? It’s it ». Et en rappel, « Digging » et « Be aggressive » clôturent une prestation un peu trop brouillonne à mon goût et surtout sans grande étincelle. Certes Mike Patton vaut à lui seul le déplacement. Ses variations de timbre et d’inflexions sont impressionnantes. Et puis, il n’hésite pas à provoquer. Comme lorsqu’il démonte le câble de spot, pour le jeter dans le public. En compagnie de Fantômas, il était parvenu à mettre le feu à Dour. Mais au sein de Faith No More, il n’est plus en terrain conquis. A l’image de cet enfant qui hésite à accepter son invitation à monter sur scène. Et lorsque, le bambin (et in extenso ses parents) finissent par accepter, vu l’insistance du chanteur caractériel, il se débat et demande à retrouver son papa. Ce qui pousse Patton à une gueulante dont lui seul est capable : « Kids don’t like me ». Pas de nouveau titre, un timing plutôt minuté et un son plutôt pourri, surtout pour les spectateurs qui n’avaient pas le nez sur le podium. Pourtant, les inconditionnels risquent de déclarer avoir assisté à un show parfait. Désolé, mais faire preuve d’un tel aveuglement est un peu trop facile. Lorsqu’un artiste perçoit ce qui doit constituer le plus gros cachet pour Dour, il doit le mériter. Et surtout d’être à la hauteur. C’était loin d’être le cas. L’éclectisme de la programmation en est peut-être l’explication. Mais surtout l’engagement de grosses pointures, destinées à limiter les risques. Un coup d’œil aux têtes d’affiche du Pukkelpop de 2009 et 2010 corrobore ce point de vue…

Enfin, l’heure n’est pas aux grands débats, mais plutôt aux ébats. Et dans cette optique, Le Bal des Enragés va enflammer La Petite Maison dans la prairie. Pas de trentenaires nostalgiques du grunge face au podium, mais des punks, plutôt discrets jusque là. ‘Punk’s not Dead’ ? On pouvait en douter jusque là vu l’ambiance plutôt bobo-plage du festival et l’absence d’Iroquois jusque cette heure. Mais les membres de Lofofora, Parabellum, Punish Yourself et Tagada Jones vont remettre ces pendules à l’heure. Une sorte de bal populaire géant, où la musette est remplacée par des classiques du punk, rock ou métal des 70’s à nos jours. Un peu comme si Charlie Oleg, Gilbert Montagné ou Adamo laissaient leur place à Iggy Pop, Exploited ou Rage Against the Machine. Et pour être exhaustif, j’ajouterai aussi Les Wampas, les Sheriffs, Parabellum (« Cayenne » et leur refrain ‘mort aux vaches’, repris par eux-mêmes), Métal Urbain, Nirvana, Sick of it all, Dead Kennedys ou encore AC/DC. Bref, un joyeux bordel comme les Béruriers Noirs avaient pu le foutre quelques années plus tôt. Du coup la transition vers les DJ set et les clubbers jusque 5 heures du mat’, c’est un peu too much. Aussi  je préfère laisser la place et l’analyse aux accros des dance-floors...

 

Deadend In Venice

Batavian Sundown (Demo)

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Contrairement à ce que son patronyme semble indiquer, Deadend In Venice ne vient pas d’Italie mais bien d’Allemagne et plus précisément de la ville de Meerane, dans la Saxe. En attendant la sortie de son premier album, actuellement en cours de pré-production (NDR : il devrait paraître courant 2010), le sextet germanique à eu la gentillesse de nous faire parvenir sa première démo enregistrée entre 2008 et 2009.

Très influencé par la musique d’In Flames, de Children Of Bodom et de Soilwork, Deadend In Venice n’est cependant pas une copie conforme insipide de ces formations scandinaves. Afin de se démarquer des nombreuses formations mélodeath existantes, les Allemands combinent la douceur d’une jolie voix féminine aux grognements masculins agressifs inhérents au death métal mélodique. Cette dualité vocale leur permet de bâtir une rencontre musicale plutôt pittoresque entre métal gothique ambiancé et le mélodeath furieux.

Allant de pair avec les riffs rapides et précis du death mélodique, on retrouve aussi, sur « Batavian Sundown », quelques mélodies issues du  répertoire heavy métal classique et notamment quelques riffs qui n’auraient pas terni l’œuvre d’Iron Maiden. 

S’il n’est pas vraiment aisé de juger de la qualité d’un groupe sur base d’un tout petit quart d’heure de musique, les quatre titres proposés sur « Batavian Sundown » ont en tout cas le mérite de nous avoir fait saliver et surtout de nous donner très envie d’en entendre plus.

Un groupe à suivre de près.

Pauline

La vie du bon côté

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Découverte en 2007 par son tube, « Allô le Monde », la chanteuse française, Pauline, sort aujourd'hui, son second album. « La Vie du Bon Côté » est partagée en 12 nouvelles compos dont a été extrait le premier single, « Tous les Jours ». Signant elle-même toutes les mélodies et quasiment tous les textes, la ‘nouvelle Zazie’ a cependant confié la réalisation du long playing à Jean-Luc Léonardon, qui a autrefois bossé pour Natasha Saint-Pier.

Jouant régulièrement du piano depuis ses cinq ans, c’est à douze que Pauline découvre sa passion pour la musique, en rentrant au Conservatoire de Lille. Trois ans plus tard, elle obtient son diplôme de fin d’études (NDR : de piano évidemment) et elle écrit sa première chanson « Vie de songes ». ‘J’ai toujours écrit, je voulais poser mes mots, parfois n’importe quoi, des citations, des pensées, ma journée… Le plus compliqué ensuite, c’est de les rassembler en trois minutes pour en faire une chanson’, précise-t-elle encore. Elle rencontre et collabore ensuite avec Martin Rappeneau, Léna Ka, Jean-Luc Léonardon et François Welgryn, en compagnie desquels elle coécrira quelques textes de ce premier opus, « Allô le monde » qui sera écoulé à plus de 100 000 exemplaires.

Son second, « La vie du bon côté » se décline en 12 titres, copies conformes de ce que réalise habituellement Zazie. Cette impression d’hommage encombrant se confirme dans « Music Pop », titre dancefloor, pétri d’effets électro qui rappellent l’esprit de « Tout le monde » ou « Cyber », et dans d’autres titres dont « Dormons mieux » et « A mourir ». Le mimétisme est assurément poussé à son paroxysme. Tout y est, mélodies, textes, voix et interprétation. Pourquoi un tel plagiat ? J’ai bien du mal à comprendre que l’on puisse produire un tel disque. En outre, quel est l’intérêt ? Assurément pas la découverte d’une ‘nouvelle artiste’…

Malgré un talent d’auteur-compositeur et de pianiste, difficile de voir éclore l’univers de Pauline ! Décevant !

 

Patxi

Amour Carabine

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Un peu d’histoire pour commencer. A vingt et un an, Patxi, jeune homme basque, participe à l’édition 2003 de la Star’Ac. Tout le monde s’en fout ? M’en doutais un peu. S’ensuit immédiatement un single « A l’anglaise » que personnellement je n’ai jamais entendu. En 2006 paraît un premier album « S’embrasser ». Aux manettes, on y retrouve JP Nataf (ex-Innocents) aidé dans les compos par Louis Chédid et Pierre Souchon. Pas n’importe qui… Pourtant, jamais entendu non plus ! Quatre années plus tard, c’est Sébastien Lafargue, bassiste du groupe Autour de Lucie qui s’y colle. Mais cette fois-ci, personne pour écrire ou composer, Patxi Garat (de son patronyme complet) s’affirme quasi seul, hormis une collaboration de l’écrivain Philippe Besson.

Onze titres peuplent cet opus qui, surprise, n’est pas si mauvais qu’on aurait pu le craindre. Visiblement, en se prenant en charge seul comme un grand garçon, en osant écrire et composer, ce Basque de 29 ans est devenu un chanteur à part entière. Un chanteur de (bonne) variété certes, mais de bien meilleure qualité que certains dont la notoriété est déjà bien assise dans le métier… Non, non, pas de noms…

« Paris » qui ouvre l’album semble quelque peu autobiographique, « Le Début du siècle » rend hommage à son grand-père, lorsqu’il a fui la dictature franquiste. « A l’évidence », titre phare de l’album, reste en tête grâce à son phrasé répétitif. La voix légèrement éraillée de Patxi soutenue d’un son acoustique fait mouche sur « Parachute », enveloppé d’un doux parfum de Raphaël. « Chaque ville », hymne au voyage, servi par les chœurs de Valérie Leulliot, ex-chanteuse d’Autour de Lucie, transporte ailleurs. Pour le reste, ses compos oscillent entre chanson française et pop-folk, parfois rehaussées d’une pointe d’électro, à l’instar de « Chercher la vitesse ».

En conclusion, Patxi se révèle enfin, il nous montre ses talents de jeune auteur-compositeur en alignant des titres tour à tour légers puis graves. Le résultat est intéressant, dans la bonne moyenne des chansons françaises qui fleurissent ces dernières années. Une petite réussite.

 

Oh No Ono

Eggs

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Les Danois de Oh No Ono publiaient, il y a deux ans, leur premier ouvrage, tout simplement intitulé « Yes ». Un disque pas convaincant pour un sou. Aujourd’hui le quintet nous propose « Eggs », un second ouvrage au titre aussi simpliste que celui du précédent et au contenu tout aussi peu exaltant. Certes, il y a de l’effort au niveau de la production, plus orchestrale et mieux maîtrisée qu’auparavant. Des morceaux tels que « Swim » et « Internet Warrior » parviennent même à provoquer un soubresaut d’intérêt.

Mais la grandiloquence de certaines plages (« Icicles », « Helplessly Young », « Eve ») et le côté lancinant d’autres (« Eleanor Speaks » ou le presque religieux « The Wave Ballet »), associés à la voix criarde de Kristoffer Rom, rend l’ensemble assez difficile à digérer d’une traite. « Eggs » prouve qu’Oh No Ono est une formation qui se cherche encore, tant la plaque est décousue. La formation remporte peut-être un franc succès dans son pays d’origine mais il lui faudra bien plus qu’un disque fourre-tout pour en dépasser les frontières…

The National

High Violet

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A la vitesse à laquelle se sont arrachés les tickets pour leur concert à l’AB, plus de doute possible, The National est désormais l’une des formations les plus incontournables et respectées de la scène indie. Lentement mais sûrement, le quintet est parvenu aux sommets, tant de sa notoriété que de son art. « Boxer », publié il y a trois ans, avait déjà démontré que les New-Yorkais étaient arrivés à atteindre le parfait équilibre entre leurs mélopées élégiaques et les vocalises crépusculaires de Matt Berninger. Il suffit, pour en être convaincu, de prêter une oreille attentive au morceau d’ouverture de « Boxer », « Fake Empire », parfait en tous points. A l’issue d’un tel coup de maître, The National avait plutôt intérêt à assurer.

Après avoir planché sur la géniale compilation « Dark Was The Night », parue l’an dernier, la formation poursuit son ascension et déballe un « High Violet » encore plus riche, plus fin, plus passionnel. Et toujours plus juste. The National fait à nouveau preuve d’une incroyable densité, alliée à une formidable sérénité. Preuve en est, les magnifiques « Afraid Of Everyone », « Lemonworld », « Anyone’s Ghost », « England » et, surtout, le salvateur « Bloodbuzz Ohio », porté par un Matt Berninger dont la voix libère une intensité à en donner la chair de poule. Le quintet s’illustre également par des textes d’une profondeur assez exceptionnelle et remporte à nouveau la plus grande distinction pour ce « High Violet » tout à fait incontournable. De quoi contribuer à un succès plus qu’amplement mérité.

Ceux qui n’ont pas obtenu le sésame pour voir The National à l’AB pourront se consoler cet été, le 21 août plus précisément, au festival Pukkelpop.

Pete Molinari

A Train Bound for Glory

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Pete Molinari est le fruit d’un véritable melting-pot humain. Issu d’une famille italo-égyptienne d’origine maltaise, il est né dans le Kent anglais ! En outre, il pratique du blues/roots. Dès son plus jeune âge, alors que ses amis ne juraient que par Nirvana, Oasis et autres stars des 90’s, Pete se régalait à l’écoute des vinyles de Billie Holiday, John Coltrane, Leadbelly ou encore Bob Dylan. ‘Pendant que mes frères jouaient au foot dehors, je contemplais avec admiration la collection de mes vieux parents’ affirme-t-il. Et c’est peu dire que son écriture s’en ressent! Lors d’un séjour prolongé aux Etats-Unis (2 ans !), c’est décidé, Pete marchera sur les traces de Jack Kerouac et Woody Guthrie. Il se produit donc à Greenwich Village, comme ses idoles, en y jouant des compositions plus américaines que celles des Américains. Ses pérégrinations, vont le conduire, sans surprise, à Nashville, San Fransisco ou encore la Nouvelle-Orléans… Ce qui va lui permettre de rencontrer du monde. Et puis de se produire en première partie de Dan Auerbach des Black Keys ainsi que de Richard Hawley.

Produit à Nashville par Adam Landry, « A Train Bound For Glory » constitue son 3ème elpee. Si vous aimez la musique des mythes mentionnés dans le premier paragraphe, vous risquez fort d’apprécier celle d’‘old’ Pete… Même si parfois, elle peut glisser vers la parodie. L’application de Pete est telle qu’il en perd toute originalité. Et on finit par s’ennuyer ferme. C’est comme lorsqu’on visite un très beau musée ; la reconstitution est authentique mais impossible de faire revivre l’atmosphère de l’époque, même si elle est hantée par l’âge d’or de la musique yankee. « A Train Bound To Glory » rappelle constamment les Zim, Roy Orbison ou Tim Hardin … On aimerait que Pete s’émancipe quelque peu de ses racines. Qu’il les sublime même. A l’instar de « What a Day, What a Night, What a Girl », une sublime ballade subtilement enrichie de cordes, démontrant ainsi qu’il est capable de se créer son propre univers sonore…

Johnny Moeller

Bloogaloo!

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Johnny Meller milite au sein des Fabulous Thunderbirds, depuis 2007. Comme guitariste. Ce Texan pur sang est originaire de Fort Worth où il est né il y aura bientôt 40 ans. Un véritable bluesman dans l’âme. Ses premiers pas en studio, il les a accomplis en 1996. Il avait alors participé à la confection de "Return of the funky worm", l’album de Paul Size, le gratteur des Red Devils ; un disque publié sur le label de la Dallas Blues Society. Sa première œuvre personnelle remonte à 2001. Elle s’intitule "Johnny’s Blues aggregation".

Pour concocter "Bloogaloo", il a reçu le concours de toute une série de collaborateurs. Et tout d’abord, son propre band ; soit le bassiste Steve Gomes, le claviériste Matt Farrell et le drummer Rob Stupka. Mais plusieurs invités notoires ont contribué à la conception de cet elpee, réalisé au sein des studios de Church House.

Le titre maître ouvre le feu. Une plage instrumentale aux accents texans très prononcés. Et manifestement abordée dans l'esprit des petites pièces musicales qui avaient permis à Freddie King, de se forger une réputation, dans le passé. Johnny signe "I'm movin' on up". Un titre solide et grave. Très rythmé, il trahit des références R&B dansantes indéniables. L'orgue de Farrell communique une coloration très Memphis à l’ensemble. Le timbre vocal de Shawn Pittman (NDR : un pote à Moeller) est chargé de passion. Et pour clôturer cette plage, Johnny se réserve une intervention particulièrement saignante sur les cordes, proche d'un Jimmie Vaughan au sommet de son art. Un climat r&b délicieusement fun qu’on retrouve sur le "Trick bag" d'Earl King. Moeller ne dispose pas d’un organe vocal exceptionnel. Il en est conscient. Aussi, il injecte toute son énergie dans les cordes et le rythme. Et finalement son jeu en devient très caractéristique. Il est violent, sauvage. Le tempo s’élève. Il galope même. Matt est passé au piano. Johnny est alors rapidement soutenu par Kim Wilson (NDR : son boss chez les T-Birds). Il est venu donner la réplique vocale et a emporté son harmonica. Johnny compte énormément d’ami(e)s du côté d'Austin. Ainsi l'énigmatique Lou Ann Barton est venue apporter son concours. Elle chante vigoureusement, autoritairement, "I'm stuck on you". Ce qui a le don de piquer au vif notre Moeller, qui signe une sortie de haute facture. Elle interprète également "Everybody's got to cry sometime", mais d’un timbre fausset. Une plage indolente, hantée par la réputation de femme de mauvaise vie véhiculée par Miss Barton, mais qui transcende littéralement le jeune Johnny, dont les interventions aux cordes touchent au sublime. Instrumental, "Theme from the one armed swordsman" pourrait servir de B.O. de film. Caractérisé par la présence de l'orgue et la frappe métronomique de Stupka, la guitare se détache de l’ensemble. Deux autres copains sont venus épauler Johnny sur  "Raise your hands". Deux Texans. Issus d’Austin, également. Tout d’abord le jeune noir Gary Clark Jr ; et puis James Bullard. Ils lui donnent la réplique vocale. Kim Wilson revient chanter "Well goodbye baby". Energique, parcouru par les ivoires trépidantes de Farrell, il s’agit certainement d’une des meilleures plages de l’opus. Torride, "Shufflin' around" est un autre instrumental. Une plage au cours de laquelle les cuivres tentent de baliser la guitare, manifestement insatiable. Cet album sans prétention s’achève par "Tease my baby", un titre plus roots. Moeller est seul. Il s’accompagne à la guitare. Dans un style proche de John Lee Hooker voire de Lightnin' Hopkins!

Smokin' Joe Kubek & Bnois King

Have blues will travel

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Suite du périple de notre duo de guitaristes black & white. Joe Kubek, le blanc et le Bnois King, le (chanteur) noir. Les douze plages de ce nouvel elpee ont été intégralement composées par le tandem. Quel chemin parcouru, lorsqu’on sait que leur tout premier opus, publié en 1981, recelait douze reprises.

Si Kubek a autrefois milité au sein du backing band de Freddie King, comme second gratteur, c’est depuis 1980 qu’il partage ses aventures musicales, en compagnie de Bnois King (NDR : il est né en Louisiane). Une coopération ponctuée d’une quinzaine d'albums, parus chez Bullseye et Blind Pig et, depuis "Blood brothers", concocté en 2008, sur le prestigieux label Alligator. La pochette est très évocatrice : les deux hommes sont sur la route, les guitares dans le dos, en imaginant déjà de nouveaux épisodes.

La plage éponyme ouvre l’opus. Un morceau puissant imprimé sur un tempo boogie. Les guitares crépitent. Un service gagnant! Soutenues par une section rythmique d'acier, constituée du bassiste John Morris et du percussionniste Adrian Marchi, les douze cordes se conjuguent à la perfection. Joe est intenable, sa slide rugit de bonheur. "Got you out of my blood" baigne dans du R&B pur funk. Le timbre de Bnois est velouté. Il est dans son élément de prédilection. Les cordes de son partenaire sont agressives. Elles inoculent une coloration rock à la compo. King semble ravi lui accorder une réplique dans le style si cher à Albert King. Un modèle de feeling et d'efficacité. Pas le temps de récupérer et "Out of body, out of mind" nous prend à la gorge. Le rythme reste toujours aussi sémillant. Les deux guitares se muent en rythmique et ne laissent guère de place aux espaces vides. Joe le fumeur torture ses cordes. Echanges à couteaux tirés et grattes agonisantes : le southern rock dans toute sa splendeur ! "RU4 Real?" campe enfin le blues lent de circonstance. Un morceau bouleversant de sensibilité au cours duquel Kubek pince ses cordes à la limite de la rupture. Du bon, du vrai blues brûlant! Joe martyrise ses cordes à l’aide de son bottleneck sur "Payday America". Encore un titre pour la route. Bnois injecte toute sa passion, toute sa flamme dans sa voix pour attaquer "Shadows in the dark", une ballade blues au cours de laquelle les guitares sont insatiables, mais toujours remarquables. "My space up yours" trempe dans le texas blues le plus pur. Une plage bien rythmée, plus conventionnelle, mais moins rock que la plupart des autres de l’elpee. Ce qui n’empêche pas les interventions de Kubek de demeurer aussi redoutables. "Sleeping with one eye open" se couvre également d’accents blues. Mais sans jamais susciter la moindre sensation d’ennui. Autre ballade, "Wishful thinkking" est illuminé par une superbe mélodie. La voix de Bnois est conquérante et la slide de Joe majestueuse. Certainement un des meilleurs opus de ce duo, qui a bénéficié du concours du boss d’Alligator en personne, à la production.

 

Jim Kerr

AKA Lostboy

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Jim Kerr, c’est le chanteur du légendaire groupe de rock écossais Simple Minds. Une formation qui a vendu plus de quarante millions d'albums, à travers le monde, depuis 1979. Sans oublier les hits planétaires (NDLR : et surtout les plus populaires) comme « Don't You (Forget About Me) » et « Alive And Kicking », qui leur ont permis d’entrer dans la légende. Jim a décidé de voler de ses propres ailes. Et d’enregistrer un premier album solo. En choisissant pour pseudonyme Lostboy! Pour la première fois, il a bossé sans le concours de son acolyte Charlie Burchill, musicien (NDR : guitariste, claviériste, saxophoniste, batteur et violoniste) et surtout compositeur hors pair. Depuis plus de 30 ans, il était la muse de Simple Minds. Cependant, Kerr a sollicité, pour concocter son premier album solo, le coauteur et producteur londonien Jez Coad, qui avait déjà collaboré à la mise en forme du 14ème elpee studio du combo écossais, « Black & White 050505 », en 2005.

Mais venons-en au fait. En perte de vitesse depuis quelques années, Simple Minds s’essouffle visiblement. Souhaitant donner un coup de fouet ou de lifting à son image, Kerr nous propose donc « AKA Lostboy », balade solitaire d’un leader actuellement en manque de reconnaissance.

Là où on attendait un renouveau, une tentative, une prise de risque, Jim nous sert des fonds de tiroir où se sont accumulés quelques titres poussiéreux et totalement dépassés pour l’heure. De « Refuggee » à « Mr Silversmith », Jim Kerr, alias Lostboy, ne s’est visiblement pas perdu en chemin. Il n’a pas dévié d’un poil des sentiers tracés. Il a parfaitement suivi les dizaines de petits cailloux blancs qu’il avait semés durant plus de 20 années en compagnie de ses acolytes. Bref, rien de bien nouveau à déguster mais simplement une repasse des plats bien connus des amateurs de pop/rock des eighties. La voix et les mélodies sont immédiatement reconnaissables ; et on en arrive à se demander pourquoi sortir un elpee solo si c’est pour faire exactement la même chose que durant son aventure vécue au sein des Simple Minds ???

Les amateurs du genre apprécieront et tomberont peut-être même sous le charme ; reste quand même un petit goût de trop peu ou plutôt de déjà vu ou entendu ! D’ailleurs, pour ne pas être trop négatif, on épinglera quand même le single « Shadowland » que n’auraient pas renié les habituels musiciens du band, restés cette fois à quai, pour voir partir leur ‘enfant perdu’…

Jacques Higelin

Coup de foudre

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Higelin ? Tout un programme. Et pourtant ! Depuis quelques années, l’ami Jacques s’était fait plutôt discret. Il faut dire que la qualité des œuvres proposées n’était plus à la hauteur de son passé ni de son immense talent. A croire qu’il avait mis sa gouaille en mode vibreur, voire silencieux.

Mais en 2010, soit à 69 ans bien sonnés, il décide de nous revenir en publiant « Coup de foudre », son dix-septième album studio au compteur depuis les prémices de sa carrière, en 1965 (hé oui déjà !) Après quelques réalisations plutôt anodines, il nous sort un de ses meilleurs elpees, un peu comparable au superbe « Tombé du ciel », qui date de 1988. Cet opus fait suite à « Amor Doloroso » qui amorçait en 2006 un retour en force. Ce trublion de la chanson française, digne héritier de Charles Trénet, autre fou chantant, a repris dans son équipe les mêmes membres qui lui ont valu un retour aux sources. Et les recettes sont les mêmes pour un résultat encore meilleur que quatre années plus tôt. Comme il y a 22 ans, les mélodies sont au rendez-vous. Variées, agréables, ludiques ou tout simplement belles. L’accent est mis sur l’accessibilité de ses chansons.

Car à dire vrai, pour apprécier Higelin, il faut oser entrer dans son univers, accepter ses coups de gueule, ses avis bien tranchés, son sens désopilant de la réalité du monde dans lequel il vit. Pas si simple. Surtout quand lors d’une première écoute, on n’a pas l’oreille accrochée par la ligne mélodique de la chanson.

Ici, pour « Coup de foudre », Jacques a rendu ses textes directement accessibles grâce à une clarté, une pureté des sons qui vous capturent immédiatement. Il s’en sert alors royalement pour nous proposer son grand carrousel de mots. D’amoureux fou dans « Coup de foudre » qui ouvre l’album, il passe au statut de paumé du cœur dans « J’ai jamais su », puis critique notre société de consommation « Qu’est ce qui se passe à la caisse ». Comme en ses plus beaux jours, il visite ses thèmes préférés : l’amour, la joie, la misère, la violence parfois et puis la poésie encore et toujours.

Il nous faisait peur le bougre en sortant à près de 70 ans un nouvel album. Allait-il être capable de relever son niveau, de se hisser à nouveau au sommet de son art ? Visiblement, comme le bon vin, il s’améliore encore au fil des années. Mais il faut prendre soin de choisir alors la bonne bouteille ! Sortez les verres ! Santé !

 

Ganglians

Monster Head Room

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Ganglians est un combo originaire de Sacramento. Remarqué lors du prestigieux festival South By Southwest (SXSW pour les intimes), qui s’est déroulé en mars dernier, le quatuor s’est empressé de publier un premier Ep éponyme, suivi de très près par une première œuvre complète, « Monster Head Room ». Ganglians marche sur les traces de Wavves, Vivian Girls, Thee Oh Sees, Kurt Vile et autres formations néo-psyché ayant bouffé du Beach Boys toute leur enfance. Mais Ganglians tire son épingle du jeu grâce à sa propension à faire évoluer des morceaux à priori inoffensifs en déclaration de guerre assassines (« 100 Years », « Blood On The Sand », « The Void », « Voodoo » et surtout « Valient Brave »).

« Monster Head Room » n’est pas de ces disques qui s’appréhendent en une seule écoute. Il faut savoir le caresser dans le sens du poil, l’apprivoiser petit à petit et avec patience. Car derrière ses airs d’animal indomptable, Ganglians cache une certaine vulnérabilité qu’il expose, l’air de rien prudemment, sur des morceaux tels que « To June », « Modern African Queen » ou « Cryin’ Smoke ». Il est clair que « Monster Head Room » n’est pas le genre de plaque qu’on uploade dans son intégralité sur son lecteur MP3 ou qu’on écoute en boucle dans sa voiture (quoique…) Mais il est certainement de ceux vers lesquels on revient, quelques années plus tard, un large sourire au visage et plein de souvenirs dans la tête.