Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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Morgan Davis

Painkiller

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Originaire de Detroit, dans le Michigan, Morgan a émigré au Canada en 1968. A Toronto, pour être plus précis. Avant d’entamer une carrière en solitaire, il a sévi au sein de toute une série de formations : The Rhythm Rockets, The Knights of the Mystic Sea et le David Wilcox Band. Il commet son premier elpee en solitaire en 1982 : "Ready to play". Chez Bullhead. Il embraie par "Morgan Davis", en 89. Pour Stony Plain. Puis "Morgan Davis Live" en 94 et "Blues medecine" en 99, deux opus concédés à Electro-Fi ainsi que "Hogtown years" (NDR : en réalité un recueil de compositions parues sur ses albums précédents) en 2003, sur un label indépendant. Morgan est un homme à tout faire. Non seulement il compose et interprète son répertoire, mais il conduit la camionnette, monte le matos et en règle l’amplification lors de ses concerts.
 
L'album s’ouvre par un "Driving the backroads" dont le rythme et le style sont empruntés à Howlin" Wolf. La voix de Morgan accroche bien. L’harmonica d'Al Lerman (de Fathead) entre en scène. Morgan joue de ses cordes, en manifestant un grand respect pour Hubert Sumlin. Imprimé sur un tempo syncopé, "Waffle house blues" nous entraîne subrepticement vers la Nouvelle Orléans. La voix un peu fausset lance un clin d'oeil à Dr John. L'orgue de Rod Phillips impose le rythme. Le funk est léger. Morgan joue de la guitare avec parcimonie. Ballade doucereuse, "Hello, Nova Scotia" s’avère très laidback dans son instrumentation. Un fragment nappé par les bien jolies notes d’orgue de Rod que tisse avec autant d’élégance le saxophone d'Al Lerman. Et dans ce contexte, la participation de Colin Linden à la guitare, n’est guère étonnante. Morgan accorde un solo original sur le R&B toujours aussi laidback "I'll find my way" ; dans un style proche de Santana, mais sans l'écho. Excellent downhome blues, "Gettin' old" met en exergue une remarquable partie de guitare. Originale en plus ! Peu de notes pour un maximum d'effets. Bienvenue dans cet univers sis quelque part entre Hubert Sumlin et John Lee Hooker ! Une sensation reconduite sur le titre maître, blues désespéré d'une rare beauté. Inspiré par le Delta, "Po' Bob" est un bref instrumental fragile et touchant. "She's my radiator" constitue assurément un des meilleurs moments de l’opus. Il nous ramène à la Nouvelle Orléans. Pour la circonstance, Rod Phillips est au piano et Al à l'harmonica. D’une efficacité permanente, la section rythmique réunit le batteur de jazz Mark Mariash et le bassiste du Jimmy Bowskill Band, Alec Fraser. Ce dernier assure, en outre, la co-production de l’elpee (NDR : il avait également mis en forme l'album de Raoul and the Big Time.) Morgan Davis est crédité de toutes les compositions de cette plaque. Ce qui explique pourquoi, lors de la remise des ‘Maple Blues’, il a été élu auteur-compositeur, chanteur et producteur de l'année. Chez lui, bien sûr. Au Canada. Un album sans prétention qui s’achève par une chanson empreinte de douceur et de charme : "Rainin' trains"…

Etienne De Crecy

Super Discount 2

Écrit par
En 1996, Etienne De Crécy signe "Super Discount", disque historique, œuvre inaugurale de la house française et de tout un mouvement brusquement baptisé "french touch". Depuis, huit longues années se sont écoulées et des cohortes de projets hexagonaux se sont vues coller cette jolie étiquette, quelque peu décolorée en ce début de millénaire. Aujourd'hui, Etienne De Crécy revient aux affaires et réassortit l'étalage de son super magasin électronique. Pour "Super Discount 2", la marchandise reste du même calibre ; mais cette fois, le personnel convoqué en arrière boutique impressionne forcément. Dès l'ouverture et les premières boucles de "Poisoned", Etienne convie son vieil ami Philippe Zdar pour un morceau simple à l'efficacité immédiate. Ensuite, la liste des invités s'élargit et monte en puissance grâce à Alex Gopher et Julien Delfaud, venus mettre la main à l'ouvrage du maître sur "Fast Track", remède incontestable à la morosité. Etienne De Crécy enchaîne alors "Grokster" et "Morpheus" sans discontinuer. C'est là, à la quatrième plage, que l'évidence nous saute aux yeux ! Tous les titres de ce "Super Discount 2" portent le nom de programmes de téléchargement MP3 ("Limewire", "Soul Seek", "Overnet",…). Est-ce là une analogie à opérer entre son "Super Discount" et les réseaux de peer-to-peer (P2P) ? Rien n'est moins sûr mais la question reste posée. Plus loin, "Audio Galaxy" préfigure de longues et nerveuses soirées sur les dancefloors. Sur "Gifted", notre chef de rayon invite le très branché DJ Mehdi pour le titre le plus faiblard d'un album jusqu'alors irréprochable. La deuxième livraison du magasin d'Etienne De Crécy s'achève en apothéose sur "Overnet" et son beat incessant. Un disque indispensable pour passer l'hiver au chaud, tenir la forme et afficher une ligne irréprochable dès les premières lueurs de l'été !

Grey De Lisle

The Graceful Ghost

Grey de Lisle dédicace son disque à Johnny Cash et June Carter, couple légendaire aujourd’hui réuni au paradis des artistes qui ont changé la face de la country du XXe siècle. Grey de Lisle n’a certes pas le talent de ses idoles, mais sa country fantomatique pourrait plaire aux fans du genre. A condition d’aimer davantage le rose que le noir ! Parce que si Grey parle beaucoup de fantômes, sa voix mutine et son goût pour la supercherie cow-boy lui donnent plus des airs de gentille fille de saloon. L’ambiance surannée de ce disque carte postale (« La country, ses airs de rodéo, ces trains qui sifflent trois fois, ses chevauchées fantastiques ») devrait laisser les jeunes d’aujourd’hui plutôt stoïques. Mieux vaut écouter le dernier Loretta Lynn, produit par Jack White. Du bon boulot, pêchu sans être opportuniste. Parce que sans blague : vivre parmi des fantômes n’a rien de très captivant.

Richard Cameron

Back

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Le nouvel album de Richard Cameron est décidément un drôle d’objet. Produit par nos compatriotes de Das Pop et enregistré aux Studios Caraïbes de Bruxelles il laisse, après dégustation, un arrière goût assez étrange…Tellement étrange d’ailleurs que s’il fallait le décrire, on dirait volontiers qu’il ressemble à celui d’un gros bonbon rouge acidulé qui aurait séjourné un petit quart d’heure dans la bouche d’un labrador tout poilu. Doucereuses avec une très très très légère pointe d’amertume, les ritournelles présentes sur « Back » se révèlent ainsi mélodiques au possible et même tubesques en certains moments (notamment grâce au bien nommé « Come on let’s go ! »). Jamais très éloignées de la pop psychédélique des Super Furry Animals, elles profitent également de la ‘patte’ des membres de Das Pop dont on sent clairement l’influence au travers des arrangements et d’un son global proche de celui de « The Human Thing ». Si l’une ou l’autre faute de goût sont quelques fois au rendez-vous (« Longest one way street », tout droit sorti d’un des derniers albums de Lenny Kravitz), on appréciera malgré tout le kitsh mais émouvant « Firts Kiss » ainsi que le quart d’heure américain de « So in love », parcouru tout en douceur par son petit piano. Finalement, c’est un grand romantique ce Richard Cameron…

Candido

Brujerias

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Candido officiait en tant que ‘conguero’ dans l’orchestre de Tito Puente. Capable de jouer sur plusieurs congas simultanément, l’homme a immortalisé ses talents sur cet album solo, enregistré en 1971. Tito Puente se charge des arrangements et son orchestre se met tout entier au service de Candido. Un LP très latin et aux ambiances très proches des années 50. Ces onze titres oscillent de la salsa à la mambo en passant par des moments plus latin-jazz et même du calypso ; les congas servant de fil conducteur à notre homme. A retenir, les excellents « El Manicero », « Negrito », « Back to back », « Candido’s Guajira », des chansons aux mélodies et à l’énergie imparables.

Canned Heat

The Boogie House Tapes Volume 2

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Walter "Dr Boogie" Depaduwa et Fito de la Parra nous avaient promis un deuxième volume des ‘Boogie House Tapes’. Ils ont tenu parole ! En sous-titrant cet opus "Canned Heat 1969 – 1999", il n’est pas trop difficile de situer dans le temps le contenu de ce double CD. Nonobstant ses 38 années d’existence, le boogie band de Los Angeles a vécu toute une série d’épreuves particulièrement douloureuses. En témoigne la dédicace aux membres disparus : Alan Wilson, Bob Hite, Hollywood Fats, Ronnie Barron, Henry Vestine, Wolfman Jack et Richard Hite.
 
Bob ‘The Bear’ Hite est au chant sur les quatre premières plages. "Struttin' that stuff", tout d’abord. Libérant une fameuse dose de puissance, elle date de 1977. Et la guitare subtilement déjantée d’Harvey Mandel n’y est pas étrangère. "Go to Utah", ensuite (71). Un slow blues dont le tempo est proche de "Little Red rooster". Henry Vestine et Joel Scott Hill sont préposés aux guitares. Sunflower est alors au sommet de son art. "Hell's on down the road", encore (81). Vestine et Michael Halby se réservent les cordes. Un document, car il épingle la dernière apparition de Bob Hite en studio. Enfin, "You tease me" (printemps 1970). Une prise réalisée lors d'une répétition à L.A. Le Canned Heat de la grande époque est au complet. Une compo tout au long de laquelle on distingue nettement la rythmique très caractéristique d'Alan Wilson. C’est à ce dernier que le recueil se consacre ensuite. A travers un extrait de sa dernière séance de travail concédée au cours de l'été 1970 : "Something's gotta go". Un boogie, bien entendu ! Et si Alan souffle bien timidement dans son harmonica, ce n'est pas lui qui chante mais bien Bob Hite. Deux titres ont été immortalisés ‘live’ au Ark de Boston en juin 69 : "Please don't bother me", caractérisé par une bien intéressante partie d'harmonica de Blind Owl, et "Get off my back", un boogie assez long qui met en exergue le jeu dévastateur de Vestine et les percussions luxuriantes de Fito de la Parra. On a ensuite droit à un moment particulièrement bouleversant sur les quatre fragments suivants. Quatre morceaux interprétés par le seul Alan Wilson sur son lit d'hôpital, peu de temps avant sa disparition en septembre 1970. La voix fragile d’Alan dégage tant d'émotion et de tristesse à la fois, pendant qu’il caresse sa guitare pour interpréter les excellents "Saturday blues" et "Death bed blues"! Alan manifestait beaucoup de dextérité et de profondeur dans l'attaque des cordes, comme le démontre "Blind lemon". Vestine jouait le blues avec brio, chaleur et respect. Il le vivait ! Et le superbe "Sneakin' around", un blues lent bien électrique, en est le parfait exemple. Une compo issue de la même session que "Go to Utah". Pour la circonstance, c'est Joel Scott Hill qui se charge des vocaux. En février 72, lors d’un radioshow accordé à Boston, le Heat est rejoint par deux membres essentiels du J Geils Band. Peter Wolf chante en compagnie de Bob Hite alors que Magic Dick a empoigné l'harmonica. Cette collaboration accouche d’un funk brûlant et tout en puissance. Etonnant ! Tout aussi curieux, le célèbre DJ Wolfman Jack chante devant le Heat, un excellent et vivifiant "Wolfman's blues". A mon humble avis, c'est le Bear qui souffle dans l'harmo! Ce premier disque s’achève par une série d'annonces commerciales qui datent de 68 à 70. D'intérêt purement historique et destinés exclusivement aux vrais fans du Heat, ces extraits se révèlent plutôt amusants. A l’instar de « Seven Up Boogie & Blues », un clin d'œil aux jeans Levis, ou encore leurs propres pubs pour "Living the blues", "Boogie with Canned heat" et "Hallellujah". Le deuxième disque est consacré à des prestations accordées en public au cours des années 80 et 90. Notre Dr Boogie avait emporté son ‘mini cassette stéréo’ pour suivre le Heat à Dortmund, Paris et Roermond, au printemps 94. Il en a retenu sept prises pour rendre justice à ceux qui entouraient alors Fito et Sunflower : James Thornbury au chant, à la slide et à l’harmo, Ron Shumake à la basse et un certain Junior Watson à la guitare. Parmi ces morceaux figurent quelques fleurons : le "Red headed woman" du Hollywood Fats Band, "Turpentine moan", "Oh baby" et une version du torride "Sunnyland" d'Elmore James impliquant James T à la slide. Retour en 86, à l'hôtel Hilton de Reno, dans le Nevada. Un témoignage au cours duquel on retrouve le chanteur pianiste Ronnie Barron. Ronnie possédait la voix puissante d'un shouter, et son jeu de piano apportait manifestement une touche d’originalité au Heat. Si ses interventions sont impériales sur "Built for Comfort", "Dizzy Miss Lizzy" et "Worried life blues", il serait injuste de passer sous silence le rôle de Larry Taylor à la basse. Lors d’une répétition opérée chez lui, en 94, Fito est entouré de Larry, James T et Harvey Mandel. Une réunion qui nous vaut un décoiffant "Gamblin' woman". L'album s’achève à Barcelone. En 1996. Walter Depaduwa, le fan n°1 du Heat, s’y était rendu. Epaulé par Fito et Mark Goldberg, Junior Watson est en super forme. Sous ce line up, ils exécutent l'instrumental "Mambo Tango". Henry Vestine et Robert Lucas sont de retour pour les trois dernières plages. Quel plaisir de retrouver la voix puissante et graveleuse de Robert Lucas ! Un des meilleurs musiciens qui ait transité par le Canned Heat. Un authentique bluesman, remarquable à la slide et à l'harmonica. Il interprète ici ses compositions : "Quiet woman", "Creole queen" et "A little time with me". La deuxième partie du testament consacré au best boogie band in the world vaut son pesant d’archives. Et dans le style il est fameux !

Joacim Cans

Beyond the Gates

Écrit par
Tout amateur de true metal qui se respecte connaît Joacim Cans en tant que chanteur d'Hammerfall. Pour son premier projet solo, le vocaliste s'est entouré de quelques pointures du heavy metal. Matt Sinner (Sinner), Metal Mike (Halford), David Chastain (Chastain), Mark Zonder (Fates Warning), Stefan Elmgren (Hammerfall) et Daniele Soravia (Warlord) sont venus prêter main forte pour l'occasion. On aurait presque tendance à qualifier Cans de supergroupe, si le terme ne semblait pas un peu passé de mode ces derniers temps. Cans ne s'est pas contenté de reproduire la recette d'Hammerfall et a pris un soin particulier à composer des titres variés dans lesquels les refrains et les mélodies sont primordiaux. Parfois sombre, souvent heavy, développant des structures atypiques pour du metal "classique" (les choeurs d'enfants sur The Key), les titres peuvent parfois dérouter les amateurs du genre, mais d’un point de vue de l’originalité, sont bien au-dessus des compositions un peu simpliste d'Hammerfall. On pense parfois à du Dokken, voire à du Pretty Maids grande époque. Quelques passages plus speed viennent rappeler les origines de Joacim Cans ; mais à l'inverse, le morceau qui boucle le disque est une belle ballade assez inattendue, quand on sait qu'elle a été composée par Jef Watters, leader du groupe trash Annihilator. Cans s'avère une bien agréable surprise et l'accomplissement d'un travail solo exemplaire.

Joey Cape & Tony Sly

Acoustic

Écrit par
On sait qu’à partir d’un certain âge, la tendance va à l’adoucissement. Les chanteurs de Lagwagon et No Use For A Name l’ont compris. Mais de là à passer au format acoustique !!! Déjà électrifiées ces formations respectives soufflent le chaud et le froid ; mais ici le summum est atteint. Sont en manque de nanas ? Viennent d’êtres papas ? Restons sérieux, ces 12 titres mielleux s’enfoncent dans les méandres de la médiocrité. Leurs groupes respectifs sont des college bands ? Eux seront des home bands. Hop ! Passons à autre chose.

Neal Casal

Return In Kind

Un album de reprises pour Neal Casal, après la parenthèse rock-rythm’n’blues Hazy Malaze : ces temps-ci le Californien se fait d’abord plaisir, et s’amuse à tirer sur nos cordes lacrymales – heureusement sans les casser… C’est que ces dix chansons, à peine portées par une guitare, voire un piano (et cette voix, immense, bien sûr), transpirent la nostalgie. Mais c’est une sueur bénéfique, qui vous lave du dédain ambiant, de la suffisance crasse : dix covers magnifiques, fiévreuses, habitées, dans lesquelles on se plonge tête première, sans se boucher le nez. Un travail d’orfèvre qui ne pue pas le mercantilisme, pour une fois, ni la paresse : ainsi jouées dans un élan folk-country, ces chansons se parent de nouvelles couleurs, chatoyantes même si légèrement patinées. Ou comment se rendre compte que Johnny Thunders n’était pas qu’un guitariste braillard (rappel : le tribute « I Only Wrote This Song For You ») et Royal Trux un truc garage pour fans de gros larsens qui tachent. Magnifique, comme le reste (« Miss Direction » de Love as Laughter : beau). Et c’est l’occasion de (re)découvrir des songwriters comme Michael Hurley et Gene Clark (des Byrds), authentiques génies de l’americana (avec un grand A). N’oubliez pas le guide ! (PS : un best of de Neal Casal sort également ces jours-ci chez Fargo : « Leaving Traces : Songs 1994-2004 ». Que du bonheur en perspective !)

Catfish And The Crawdaddies

Venus blues

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Fondée il y a une dizaine d’années, cette formation californienne (NDR : basée à Sacramento, pour être plus précis) est drivée par le guitariste Ray "Catfish" Copeland (NDR : un membre fondateur de Little Charlie & the Nightcats !). Pour la circonstance, il est épaulé par Jim Monroe au piano, Stan Powell à l’harmonica et à la guitare, Phil Minas aux drums et Dale Lyberger à la basse. Le quintet est parfaitement soudé et se partage les parties vocales. Leur premier elpee, "Blues from another Delta", date de1998. Ce "Venus blues" est un hommage à Venus Montana, la regrettée compagne de Catfish. Il aligne onze de leurs compositions.
 
L'album s’ouvre par "Sail on down", une plage entraînante au cours de laquelle Stan Powell se réserve le premier solo. A l’harmonica. Catfish lui emboîte le pas rapidement à la guitare. Le piano de Jim Monroe épouse la section rythmique avant de rouler en solo sur un tempo boogie. "Crawdaddy crawdaddy" constitue sans doute la marque de fabrique de la formation. Le rythme est vigoureux. Le beat de Bo Diddley est imprimé par les percussions de Dale. "How long has that train been gone" est la seule plage qui ne soit pas issue de leur plume. Elle nous entraîne dans l’univers rythmé de la Nouvelle Orléans. A l'avant-plan, le piano de Monroe se révèle très excitant. Il y excelle à la main gauche. En fin de parcours, les deux guitaristes s’échangent des phrases bien inspirées. Le titre maître porte bien sûr la signature de Catfish. Une ballade vivifiante que Stan transporte d’émotion à l’aide de son harmonica. Powell a écrit "Stockbroker blues". Une compo bien dans l'esprit West coast. Chargée de swing, elle conjugue le piano et l'harmonica dans le rythme, autorisant de brillantes sorties de Ray aux cordes et de Stan sur l'instrument chromatique. Blues lent, paresseux, "Lonely lonely night" est merveilleusement chanté par Sreamin' Dave Wright. Invité, ce musicien local est le leader des Boll Weevils. Stan a également composé l'entraînant "Love or lust". Un de ces shuffles irrésistibles. On a l’impression d’avoir des fourmis dans les orteils. A cause de l'harmonica qui se déchaîne et du piano insatiable. "Bad side of the blues" aurait pu être un blues contemporain issu du Delta. Une démarche fort différente du contexte de l'album. "Party town" est une autre plage contaminée par un Bo Diddley beat. De très bonne facture, cet opus s’achève par "Huevos Boleros", un instrumental qui bénéficie du renfort d'un autre guitariste, le Californien (Iron)Mike Curtis.

The Catheters

Howling… It Grows and Grows ! ! !

« Static Delusions and Stone-Still Days », le précédent album de ces Américains sorti il y a deux ans, n’avait pas rencontré le succès escompté. Motif ? Sause sans doute l’écrasante concurrence médiatique de tous les autres groupes du même genre (punk-garage), des Vines aux Strokes. Pourtant, cet opus débouchait diablement les tympans ; et c’est pareil avec celui-ci. Strident et incisif, « Howling… » frappe de plein fouet l’amateur de punk CBGB, crade aux entournures et furieusement addictif. Comme un Iggy en pleine descente d’acide, Brian Standeford éructe ses nerfs en pelote jusqu’à l’étranglement. Ce rock carré et couillu déchire : les VU dans le rouge et le doigt du milieu bien levé (sale, le doigt). Les riffs en bataille, la batterie au bord du cataclysme, The Catheters violent le punk avant de le rouer de coups, face contre terre et les fesses à l’air. Moralité : par où The Catheters passent, ils laissent des traces.

Nick Cave

Abattoir Blues/The Lyre Of Orpheus

« Nocturama », sorti en début d’année dernière, avait laissé au fan de base un léger goût amer, l’impression que l’Australien se singeait lui-même, pauvre homme frappé par la foudre divine, l’inspiration cramée et la plume en berne. Ce double album (17 chansons) marque le retour du Nick Cave que l’on aime, habité et fiévreux comme jamais, religieux mais pas trop. Mick Harvey crie déjà sur tous les toits qu’il s’agit de leur meilleur album, et l’on serait presque prêt à lui donner raison. C’est James Johnston, ex-Gallon Drunk, qui remplace Blixa Bargeld. A la prod Nick Launay, un habitué des consoles chez… Birthday Party. Voilà pour les faits. Le concept, outre la mythologie d’Orphée et d’Eurydice, est simple d’un point de vue strictement musical : d’un côté les ballades (« The Lyre… »), de l’autre les titres plus enlevés (« Abattoir Blues », ce titre…). Et rien à jeter. Si les chœurs gospel du London Community Gospel Choir sont présents sur les deux disques, on retrouve la patine légendaire des Bad Seeds, ce touché hors pair, de Martin Casey à Warren Ellis, de Conway Savage à Thomas Wydler. « Abattoir Blues/The Lyre of Orpheus » ne souffre d’aucune baisse de régime, que celui-ci se pare d’un romantisme lyrique ou d’une colère maîtrisée. Il y a ici des chansons magnifiques: « Breathless », « Supernaturally », « There She Goes, My Beautiful World », « Nature Boy »,… Lors de la sortie de « Nocturama », Nick Cave nous avait fait peur. Heureusement il s’est repris en main, et dire que l’Australien nous impressionne tout au long de ce double album serait un euphémisme. Deux disques pour le prix d’un, deux chefs-d’œuvre, rien de moins.

Cerberus Shoal

Bastion of itchy Preeves

Écrit par
Si comme moi vous pensez que le concept Godspeed You ! Black Emperor tourne en rond, Cerberus Shoal est fait pour vous. Formé maintenant depuis presque 10 ans et après maints remaniements de personnel, le band s’est stabilisé sous sa forme actuelle. Leur précédent album a traversé l’océan le temps de critiques s’achevant la plupart du temps par la formule : difficile, mais splendide. Et sans en avoir écouté une seule note, on imagine sans peine la raison. Car aujourd’hui, le constat sera le même pour ce “Bastion of itchy Preeves” : “difficile, mais splendide”. Imaginez les troupes du Colonel Kurtz d‘Apocalypse Now en stage chez les chanteurs polynésiens de la “Ligne Rouge” de Terence Mallick après une halte en Californie chez le Captain Beefheart, le Lieutenant Zappa et la Caporal Tom Waits. Qui eux savaient déjà que Jim O’Rourke serait le bidouilleur qu’on connait. Et comme j’aime à le rappeler de temps à autre, Cerberus Shoal se rapproche inévitablement des géniaux Thinking Fellers Union Local 282, autre trublion de l’Etat des oranges. Longtemps la Californie n’était apparue sous ce jour, à savoir la grande tradition ‘hippie’, tout ce beau monde forcément sous l’emprise des diverses substances psychotropes et/ou hallucinogènes... Vous connaissez la formule : à découvrir absolument !

Louis Chedid

Un ange passe

Écrit par
Premier album en trois ans, « Un ange passe » est aussi attachant que l’artiste qui l’a pondu. Louis Chédid, honorable personnage de la chanson française, nous propose une collection de balades acoustiques aux thématiques douces amères. L’ami Louis nous confie tranquillement ses observations désabusées sur les travers et défauts de notre société de consommation. Des thèmes noirs comme le charbon chantés sur des mélodies ensoleillées. Ce qui n’empêche pas d’obtenir à l’arrivée une très chouette plaque qui impressionne par son excellence mélodique. Des chansons ‘beatlesiennes’ au classicisme tranquille qui redonnent ses lettres de noblesses à la variété française, malheureusement trop squattée par le formatage sauvage.

Cheer-Accident

Introducing Lemon

Écrit par
Les chroniqueurs de disques ne rigolent pas tous les jours. Surtout quand ils doivent s’envoyer les 70 minutes de choucroute ‘frankzappaesque’ que nous proposent ces vétérans chicagolais, mis en circulation depuis 1981. Cassures rythmiques à gogo, solos de guitare alambiqués et moments de « noise » pur et dur se succèdent donc imperturbablement. Les Cheer-Accident jouent très bien et ils tiennent à nous le faire savoir par des démonstrations techniques stériles qui s’allongent parfois au de-là des 20 minutes au cours desquelles il essayent de placer le plus de gimmicks musicaux possible. Ajoutez-y un sens de l’humour second degré qui ne fera rire que les joueurs de « Donjons et Dragons » ainsi que les analystes-programmeurs dépressifs et le tableau est complet. Les moments où la formation s’essaye à la chanson classique révèlent sa grosse lacune ; c’est-à-dire une incapacité à pondre un morceau digne de ce nom. Le reste est totalement vain, ces gaillards se contentant de déverser ces litres d’onanisme musical dans la première malheureuse oreille qui passe. En résumé, pour fans et téméraires uniquement.

Chicago Slim Band

Killer around

Écrit par
Le Chicago Slim Band ne nous vient pas du nord de l’Illinois, mais du Nord de la France. Fondé en décembre 2003, la formation nous propose sa première maquette 3 titres. Le morceau maître annonce de suite un blues rock électrique bien musclé, comme on pouvait l’entendre chez nos amis Britanniques, lorsque le british blues boom a viré au hard rock pour accoucher de grosses pointures telles que le Led Zeppelin. Et le vocaliste Didier Lagneau (ex-Sisyphus) a incontestablement été marqué par le célèbre chanteur du dirigeable. N’empêche, dans le style, il se débrouille plutôt bien. Pourtant, le groupe semble atteindre le sommet de son art sur la compo la plus calme et sereine du morceau de plastique : "Angel" ; une chanson que souligne le dobro du leader, Christophe Couder. Christophe est un excellent guitariste. N'officie-t-il pas devant "Matthew" Dallongeville dans le mythique Sugar Mama? Alexandre Lamoly (ex-Cartes à Quatre) aux drums et le jeune bassiste Luc Doignies complètent le line up du C.S.B. Slow blues, "I've been abused" permet à Christophe d’échafauder un solo largement amplifié qui libère une intensité dramatique. Quoique de bonne facture, la musique du Chicago Slim Band n’est guère contemporaine ni originale. Pourtant, le trio possède tous les atouts pour pouvoir développer son propre style. Puisse-t-il germer sur "Angel" ? C’est tout le mal qu’on leur souhaite…
Contact : Christophe Couder 06.08.53.48.96

Tim Christensen

Honeyburst

Tim Christensen n’est pas connu chez nous, et pourtant c’est une rock star au Danemark, son pays d’origine. Depuis dix ans il écume les charts scandinaves de ses chansons pop-rock joliment troussées, construites en général sur un gimmick simple mais accrocheur, une mélodie « facile à chanter » où les sentiments priment. Avec son deuxième album solo, le Danois espère maintenant conquérir de nouveaux marchés, à coups de tubes certifiés or qui titillent gentiment l’oreille. A l’instar d’un Damon Cough (Badly Drawn Boy) en moins lo-fi, d’un Elliott Smith en moins suicidaire, d’un Neil Finn en moins ringard, Tim Christensen se fait l’apôtre fidèle de la cause pop-rock (folk), n’hésitant pas à presser la touche lacrymale si le besoin s’en fait sentir (« Right Next to the Right One », ballade beatlesienne en tête des hit-parades maritaux au Danemark, comme « Angels » de Robbie Williams en Angleterre). Mais le Danois sait aussi renverser la vapeur et durcir le ton (« Jump the Gun », « Isolation Here I Come », le poussif « Don’t Leave Me But Leave Me Alone », limite Incubus), parce qu’il faut donner son lot de rock pépère à la ménagère. Il n’empêche que question mélodies, Christensen est loin d’être un manchot : « Honeyburst » s’écoute avec plaisir, malgré ses tics romantiques, ses refrains rock ampoulés, ses montées de fièvre en total décalage (« No Easy Key », joli jusqu’à l’arrivée des guitares). A écouter au compte-gouttes, et selon l’humeur du moment.

Chromeo

She´s In Control

Tiga, roi du dance-floor elektroklash, lunettes de soleil fluo, marcel vintage, écusson Motörhead. Ses deux poulains : Pee Thug et Dave 1, look homo, moustache à la Moroder, fans de Prince et Shalamar, obsédés du vocoder, poil à gratter dans le slip, le hip hop c’est leur pote. Leur musique un peu ringue, ils l’assument : même Jacques Lu Cont a donné son avis, lors d’une soirée mousse, « c’est bien, ça sonne comme du Van Halen joué par Yazoo », on acquiesce, avant de se rincer les narines et de remettre de l’Axe odeur musc. Il fait chaud, alors on enlève notre T-shirt : dessous se profile un tatoo, c’est une ancre de marin, avec des roses tout autour. Sonnez les trompettes, la cavalerie rapplique : bim bam boum, le dance-floor gigote, « Destination : Overdrive ». « You’re So Gangsta », nous susurre une bimbo, les seins qui pointent. Notre futal fait des bosses. « Trevor Jackson, tu kiffes ? ». « A mort, ouais… ». Les mecs se la jouent postmodernes, rodéo sous la boule à facettes. Le Québec ? C’est impecc’. Reprends donc de la poudre, ça dégage les sinus. Tu l’as vu, mon anus ? « Ah oui, comme ça ! », c’est bon c’est canon. Guili guili, poil au zizi.

Chromosomos

Ultra Project

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Chromosomos est le projet d'un seul homme, le batteur polonais Artur Dominik. Désireux d'expérimenter sans barrières, il annonce un mélange de jazz, ethnique et progressif. Après une très courte intro ethnique, la première plage se décline en RIO dominé par des cuivres enjoués et très mélodiques d'inspiration arabisante. Puis intervient une guitare électrique déchaînée très 'fusion'. La rythmique délibérément jazz-rock est pêchue, alliant batterie prolixe mais dévouée à une basse à la fois mélodique et puissante. La seconde plage est plus posée, entre jazz-rock et fusion, tout en prenant parfois des allures de big band de variété jazz façon Glenn Miller ou se permettant des digressions 'dadidoo' à la Michel Legrand. Le contraste est ici fort marqué et les passages électriques très 'fusion'. On peut dire que ces deux plages plantent le décor. La suite, sans jamais sombrer dans la banalité, est quand même plus convenue. Elle oscillera entre section calme très jazz et passages torrides emmenés par une rythmique en béton. Mac Laughling, Al di Meola voire Soft Machine ne sont parfois vraiment pas loin. Les soli se partagent entre guitare, saxo et clarinette, qui ne rechignent pas à dialoguer. Le tout est d'une syntaxe très riche et les riffs de cuivres sont par moments très inspirés par l’Orient. Le maître d'œuvre se fait parfois très discret à bon escient mais forme avec Szydto à la basse un couple redoutable et sans faille. L'expérimentation est donc modeste sur cet album instrumental haut de gamme planté en no man's land. Seule la très courte dernière plage jette les ponts vers des sonorités plus modernes sur rythme lancinant. L'ensemble est bien produit et la captation live de quelques plages est de qualité. Ce CD, fruit d'un projet étalé sur 5 ans, tient ses promesses sans extravagances et devrait vraiment plaire aux amateurs des genres et artistes précités.

Cibelle

Cibelle

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Cette jeune brésilienne qui porte bien son nom n’est pas une inconnue pour les amateurs de brazil-électro. Comme sa compatriote Bebel Gilberto, elle a posé sa voix sur le séminal « São Paulo Confessions » du (défunt) producteur Suba, une plaque qui a insufflé un vent de jeunesse dans la pop brésilienne. Epaulée par le dénommé A9 qui se charge des programmations, elle s’est lancée dans la confection de ce premier effort bilingue (pas français-néerlandais mais bien anglais-portugais), paru l’an passé. Une entreprise pas encore parfaite mais plutôt réussie, Cibelle possédant une très belle voix qui rappelle un peu celle de la chanteuse de Morcheeba. Certes, ce grand écart entre mélodies et pure recherche sonore produit quelques fois des douloureuses courbatures : dans ces cas-là l’emballage électronique du bon A9 cache bien mal l’absence de vraies chansons. Cela dit la première moitié de l’album et les excellentes chansons qui la composent (mention spéciale au mélancolique « So sei viver no samba ») révèlent le talent en devenir du duo, déjà au travail sur un deuxième essai qui devrait se révéler décisif.

Circus Devils

Pinball Mars

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Au sein des Circus Devils, on retrouve les frères Tim et Todd Tobias, ainsi que le chanteur/leader des Guided By Voices, Robert Pollard. Un projet avant-gardiste plus qu’un groupe dont le « Pinball Mars » constitue déjà le troisième volume. Robert est un grand admirateur du Who (voir interview de G.B.V. sur le présent site) ; il n’est donc pas étonnant qu’il multiplie les clins d’œil à leur égard. Et pour cause ! Intituler cet album « Pinball Mars », alors que le 45 tours « Pinball Wizard » est paru en mars 1969, ne peut résulter d’une coïncidence. Surtout pour un album tout au long duquel est entretenu un climat de sorcellerie. Commis par un trio qui répond au patronyme de Circus Devils. Pour le hasard, faudra repasser. On n’ira pas cependant jusqu’à dire que ce disque trempe dans le death metal, mais il faut reconnaître que l’ambiance y est plutôt trouble, pour ne pas dire satanique. Fruit d’un mélange maléfique entre le Black Widow, Birthday Party, Brian Eno, Chritian Death et Robert Wyatt. On a même l’impression que Robert (NDR : Pollard hein !) chante parfois sous le joug d’un sortilège. Quant à la musique, tour à tour incantatoire, sauvage, hypnotique, complexe, malsaine, claustrophobique, torturée, planante, etc., elle opère des rencontres illicites entre psychédélisme, prog, free jazz, rock, métal, blues, gothique, et j’en passe. Même si parfois, le chant observe un sens mélodique plus pop. J’ignore s’il s’agit d’un exorcisme, mais cela y ressemble fort…