Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

logo_musiczine

La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au festival Rock en Seine, devant 40 000 spectateurs, RORI poursuit son ascension. Cet été, elle s'invite sur les scènes de plusieurs festivals dont Les Francos à Esch/Alzette, Les…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26651 Items)

The Grandpiano

The Grandpiano

Aux commandes de Grandpiano, quatre Bruxellois aux CVs déjà bien prometteurs : un premier album touchant (" Turn ", 2000) et diverses collaborations avec Sharko, Zop Hopop, Françoiz Breut, Will Oldham, Adamo,… Pour ce deuxième effort pop-rock, The Grandpiano a décidé de passer à la vitesse supérieure : produit par Dominique Brusson (Yann Tiersen, Dominique A, …) et d'une variété étonnante, ce nouvel album devrait plaire au plus grand nombre, du sud au nord du pays. " Ballerine ", le morceau inaugural, sonne ainsi comme du bon Zita Swoon : la mélodie, d'une efficacité sans failles, s'insinue rapidement jusqu'à nos terminaisons nerveuses. Une fois bien installée dans notre espace mental, elle constatera pourtant qu'il en faut bien plus pour nous séduire : c'est que le mélomane rock de Belgique est souvent sceptique face à tous ces types qui se prennent pour dEUS, surtout s'ils sont wallons… Coup de bol : The Grandpiano n'est pas de ceux qui singent la musique des autres, aussi bonne soit-elle. Il y a bien du Super Furry Animals (" Picture Of You ") voire du Spiritualized (" You Want Me ") dans ces refrains accrocheurs, mais sans que le miroir tendu ne se fige et se brise (sept ans de malheur). Avec trois/quatre tubes certifiés (" TPOY2 ", " Refugee ", " Ballerine ", " Summer Bell ") et une classe impressionnante (" Church " vaut bien toute la disco de Miam Monster Miam), The Grandpiano devrait facilement se faire plein d'amis. Et comme on dit chez nos amis transalpins : " Qui va piano va sano ". Capito ?

Granfaloon Bus

Lucky Curtains

Granfaloon Bus, le groupe de Felix Costanza, existe depuis 13 ans, a déjà sorti 7 albums, joué en première partie de Nirvana, vu ses membres démissionner un par un, connu la dérive et l'indifférence, remporté parfois quelque succès critique… Le lot d'une multitude de groupes, dont on peut saluer la constance et la détermination, même si ce n'est pas un album de plus, à l'heure où on mise avant tout sur la première impression, qui changera quoi que ce soit à leur destinée de losers patentés (chez certains une qualité). En résumé : " Lucky Curtains " plaira aux fans du groupe, s'il en existe de ce côté-ci de l'Atlantique, sans jamais bouleverser leurs vieilles habitudes. Quant aux autres, cette americana qui traîne les pieds n'aura sans doute d'autre impact que celui, imagé, d'une mouche s'écrasant sur votre pare-chocs ou d'un pet de cosmonaute dans l'espace. En bref, quasi nul.

 

The Gravity Slaves

Choice

Du hardcore pur jus, tendance EMO, qui vous pète à la gueule avant que vous ayez eu le temps de dire " Ouf ! " : voilà de quoi il retourne chez ces Gravity Slaves, cinq jeunes Français en colère contre le système, qui refusent tout compromis et balancent la sauce sans demander leur reste. Et elle prend, même si c'est très méchant : on sent que ces mecs ont beaucoup appris à l'école Dischord et Alternative Tentacles, et chez leurs amis de la République, Portobello Bones et Burning Heads (avec lesquels ils ont d'ailleurs collaboré). Ca gueule, c'est violent : les guitares saturent, les voix s'époumonent, la batterie s'affole. Pour prouver leur éclectisme, les Gravity Slaves tâtent aussi du didjeridoo (" Electric & Static "), et s'emballent même, sur " Have A Key ", un orchestre classique. Mais c'est quand nos nerfs sont au bord de la crise qu'on prend le plus notre pied, et eux aussi : " Close To Me ", " Change " (avec une fille), " Golden ",… Rappelant Fugazi, Black Flag voire Amen, le hardcore incendiaire des Gravity Slaves nous terrasse avec panache. Et si c'était ça, la loi de la gravité ?

Adam Green

Friends of Mine

Déguisé en Robin des Bois au sein des Moldy Peaches, Adam Green pouvait passer pour un illuminé. Ses chansons lo-fi faites de bric acoustique et de broc humoristique avaient le mérite de nous faire rire, même si c'était mal chanté et mal joué. Accompagné de sa partenaire Kimya Dawson, elle aussi un drôle d'oiseau, Green devint rapidement le chantre grand-guignol d'un nouveau genre à la mode, l'antifolk. Du folk simplet mais pas bébête, plein de jeux de mots infantiles et d'histoires débiles. Puis les deux compères se lancèrent dans une carrière solo, sans tambours ni trompettes. Et bas les masques : sur son premier disque en solitaire, Adam Green abandonnait presque ses idioties d'éternel ado et son costume vert pomme pour des ballades douce-amères, révélant un talent hors pair pour graver de jolies chansons, moins casse-gueule que prévues. Certains le comparèrent déjà à un Lou Reed dans son plus simple appareil (la tenue d'Adam ?). D'autres y virent un Jonathan Richman post-pubère. Sur ce deuxième album, le New-Yorkais persiste et signe : ce " Friends of Mine " propose son lot de belles chansons, aux mélodies évidentes et aux paroles toujours surprenantes (il y parle d'amour, de mort et de femmes-tronc). Ce qui change, ce sont les arrangements employés par le songwriter : beaucoup de violons, trop sans doute, utilisés à tort et à travers comme instruments d'enjolivure. S'il ne s'agit plus à proprement parler d'antifolk, Adam Green reste un chanteur-musicien plutôt modeste, mais aux idées larges. Avec trois fois rien (si ce n'est ces cordes envahissantes), notre homme n'a pas son pareil pour trouver la juste mélodie, facile à retenir et agréable à siffloter (" Bluebirds ", " Jessica ", " Bunnyranch "). Qu'on l'appelle le " Lou Reed du pauvre " n'a finalement guère d'importance : ses hymnes pop miniatures ont tout pour séduire l'amoureux transi qui sommeille en chacun de nous.

Greg Tourre

Si loin de moi

Écrit par

La critique est aisée, l'art est difficile. Mais franchement, nous n'avons pas aimé la musique de Grégory Tourre. Pas que nous cherchons à le dénigrer, car sa voix juste et plutôt jolie, campe un hybride entre celles de Frédéric Lerner et de Jean-Jacques Goldman (au début de sa carrière). En fait, la musique a beau nous rappeler les sons synthétiques qui ont fait les beaux jours de notre adolescence, dans les années 1980, les claviers y sont trop envahissants. Dommage car Greg a sans doute du talent. Faudrait peut-être lui écrire des textes moins mièvres et des mélodies plus recherchées. Car non seulement l'écoute de ce "Si loin de moi" vous flanque le bourdon, mais en plus ce synthétiseur devient très vite insupportable. Il ne faut pourtant pas tout voir en noir ; car souvenez-vous, au début de sa carrière, la musique de Jean-Jacques Goldman avait reçu des critiques plutôt cyniques. Alors espérons que Greg lui emboîtera le pas ; mais le chemin risque d'être long. Car si la voix n'est plus à travailler, un peu plus de guitare, voire de sons électros donneraient un peu de modernité à une musique pour le moins dépassée.

Harry Gregson-Williams

OST : Phone Booth

Il est difficile de parler BO quand on n'a pas vu le film. Une chose est sûre : Joel Schumacher est un tâcheron de l'industrie hollywoodienne, à la carrière pavée de films réacs' parfaitement abjects (" 8mm ", " Nobody's Perfect ", " Falling Down ", …) Sans doute que " Phone Booth " ne faillit pas à cette règle ; mais à vrai dire, on s'en fiche comme d'une guigne. Quant à la musique, elle s'écoute avec peine… Une chose est sûre : Harry Gregson-Williams n'a pas l'étoffe d'un Bernard Hermann, ni même celle d'un Goldsmith. Principalement électronique, son œuvre de commande se perd ici dans des silences pesants et des cliquetis ridicules. Parfois, un piano ou une guitare (celle de Peter Distefano de Porno for Pyros) nous sort de notre léthargie. Les mauvais disques ont au moins une qualité : ils donnent toujours envie de se replonger au plus vite dans ce qui vaut vraiment le détour (ici : Carpenter, Howard Shore, Louis et Bebe Barron).

Groove Armada

Lovebox

L'année passée, nous avions quitté Groove Armada en mauvais termes. C'est que leur quatrième album, " Goodbye Country (Hello Nightclub) ", en avait laissé plus d'un perplexes sur le bord du dance-floor… Mais où étaient passés ces beats ravageurs, ces refrains fédérateurs, et toute cette sueur ? " Groove Armada a pris du bide et ça s'entend ", tels étaient nos mots, écrits non sans mal, presque avec pitié. A peine un an plus tard, revoilà Tom Findlay et Andy Cato avec un nouveau disque, " Lovebox ". Surprise : les deux Anglais ont surmonté la crise et accouché là d'un album fort en gueule et haut en couleurs, tout bonnement excellent, surtout dans sa première demi-heure. Ca commence fort avec un " Purple Haze " blues et funky, emmené par un Red Rat en pleine forme… que l'on retrouve quatre titres plus loin avec " Final Shakedown ", bombe ragga-house à faire péter les guiboles. Entre les deux, Neneh Cherry illumine " Groove Is On " (avec le rappeur Kriminal) et " Think Twice… " de son timbre si chaud : cela faisait des lustres qu'on ne l'avait plus entendu si coquine. Quant à ce " Madder " festif éructé par un MC M.A.D. en délire (" Superstylin' ", c'était déjà lui), autant le dire tout de suite : Fatboy Brothers et Lo-Fidelity Prodigy peuvent aller se rhabiller, on a trouvé plus fort qu'eux. Le reste, avec ses invités, de marque ou pas (Richie Havens sur " Hands of Time ", très Style Council, Tim Hutton sur " Tuning In ", très… Beatles (mais XTC plutôt qu'LSD), Sunshine Anderson sur " Easy ", très house câline), vaut également le détour. Avec ce " Lovebox " candide et bien ficelé, on est donc cette fois-ci loin du bide… Au contraire, Groove Armada vient de nous livrer, sans crier gare, son meilleur album. Mieux vaut tard que jamais.

 

Tommy Guerrero

Soul Food Taqueria

Tommy Guerrero est un skateboarder de renommée : dans les années 80, il faisait partie de la Bone Brigade, un posse de skaters paraît-il " légendaire ". Sa musique, elle, ne risque pas de rentrer dans la légende : sorte de trip-funk à la Mo Wax à peine plus excitant qu'une compilation lounge de Prisunic, " Soul Food Taqueria " sent carrément la vieille chaussette. Pas le pied : imaginez DJ Shadow avec des maracas, scratchant sur " L'été indien " avec une vieille platine pourrie (" Thank You Mk "), ou Santana se la jouant trip hop, déroulant ses riffs chiants de son hamac, en pleine chaleur californienne (" Tatanka "). Le skate est un sport d'éternel recommencement : pour un beau " hollie ", combien de gamelles ? " Soul Food Taqueria ", c'est un peu ça : pas mal de franches pantalonnades, heureusement rattrapées par quelques titres sympas en milieu de course (de " It Gets Heavy " à " Gettin It Together ", feat. Lyrics Born du groupe de rap Quannum). Tommy Guerrero n'a donc aucun sang d'encre à se faire : à force de s'entraîner, il finira bien par enchaîner les perles groove, comme les plus belles figures de skate. Il s'agit juste, en fin de compte, d'une question de temps.

Guided By Voices

Earthquake glue

Écrit par

D'après la biographie, " Earthquake glue " constituerait le quatorzième album de Guided By Voices ". En réalité, il s'agit du quinzième. Maintenant ne me demandez-pas le nombre de projets auxquels a participé Robert Pollard, le leader du groupe. Ni combien de chansons il a pu écrire (NDR : entre 2 et 3.000) et même enregistrer (NDR : plus ou moins 800). Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Même les inconditionnels y perdent leur latin. Une chose est sûre, nonobstant les multiples changements de line up (NDR : GBV compte aujourd'hui un nouveau bassiste), la formation a bien résisté au temps et aux modes depuis sa création, voici maintenant vingt ans. En ne récoltant pourtant qu'un succès trop confidentiel. Même à l'époque où elle pratiquait la lo fi (NDR : bien avant Pavement et Sebadoh, d'ailleurs). Et ce n'est pas cet " Earthquake glue " qui risque de modifier le cours des événements. Pourtant, cet opus mérite que vous vous y attardiez. Et le verbe et bien choisi, car les 15 compositions de ce morceau de plastique nécessitent plusieurs écoutes avant d'être appréciées à leur juste valeur. Paradoxal pour des chansons qui se révèlent le plus souvent contagieuses voire hymniques. En fait, elles sont le fruit d'un subtil mélange entre rock, pop, psychédélisme et prog. Un peu comme si elles naviguaient à la croisée des chemins du Who circa " Tommy ", des Beatles les plus électriques (pensez à " Hey Bulldog " ou encore à " Revolution "), du Sonic Youth le plus accessible et du Genesis époque Peter Gabriel, auquel GBV semble surtout avoir retenu le raffinement, l'emphase et les variations de tempo. Un cocktail particulièrement efficace où prédomine sincérité et émotion. Un bien bel album !

 

Guided By Voices

Hardcore UFO´s

Écrit par

Si vous avez lu l'interview accordée par Robert Pollard, le leader de GBV (NDR: toujours on line!), vous en avez déduit qu'il avait une plume particulièrement prolifique. Alors, imaginez un peu le résultat d'une compilation ! Surtout lorsque l'artiste y porte sa griffe personnelle. Résultat des courses, on hérite d'un box de 5 Cds réunissant la bagatelle de 142 chansons, et d'un DVD, en bonne et due forme. Ouvrons tout d'abord le chapitre de l'audio. Deux double elpees. Tout d'abord un 'best of'. Partagé entre " Human amusements at hourly rates " et "Demons and painkillers". Autrement dit entre le 'best of' et un recueil de flip sides, de démos, de raretés et de fragments réservés à certaines compiles. Encore des raretés, des démos issues de " Do the collapse " et de " Mag Earwigh ! ", des chansons enregistrées sur un 8 pistes, mais surtout des inédits sur la première plaque du second double CD, intitulée " Delicious pie & thank you for calling ". La deuxième plaque (" Live at the wheelchair races ") immortalisant des prestations 'live' accordées entre 1995 et 2002. Le troisième volet est consacré à la réédition du tout premier EP de la formation, " Forever since breakfast ". L'Ep qui leur avait valu d'être comparé à REM. Paru à l'époque sous la forme d'un vinyle, ce disque était devenu introuvable. Et pour terminer, un DVD qui met en exergue un documentaire datant de 1998, mais également clips vidéo et prestations en public. Le box inclut enfin un livret abondamment illustré qui se penche sur l'histoire du groupe : ses différents line up et un descriptif des musiciens qui y ont transité.

 

John Guilt

The Mirrors and Uncle Sam

Au pays de l'Oncle Sam, l'americana n'est plus roi : les kids préfèrent le nu-métal et le hip hop, les vieux Shania Twain et Céline de Las Vegas. Pourtant, la country se porte bien, aussi bien dans les homes (Johnny Cash) que chez les branchés : pas une semaine sans qu'un nouveau groupe " alt-country " voie le jour, sponsorisé par Lambchop, Giant Sand, Bonnie Prince Billy voire Elliott Smith. Munich Records en fait d'ailleurs son fonds de commerce : aujourd'hui, au rayon frais des produits estampillés " Made in Nashville ", le label nous propose… John Guilt ! Ex-Maestro Echoplex, groupe inconnu de ce côté-ci de l'Atlantique, John Guilt (NDR : en fait un trio !) milite dans la country-folk-pop sans taches, pour amateurs de chansons bien faites mais pas géniales. Ca s'écoute sans broncher, et sans doute qu'on n'en entendra parler nulle part… A cet égard, John Guilt nous a demandé de passer une petite annonce - sans problèmes, nous on aime bien rendre de petits services : gpe country infl. W. Oldham et Cash chrche auditeurs pour hist. d'amour. Fans L. Bizk. s'abstenir. Si bide, vend. trompette, guit. et batt. prix modique. Contacts : Munich rcds ou musiczine. Cheers ;-)

Guilty Connector und Tabata

Guilty Connector und Tabata

Guilty Connector, alias Kohei The Fast, est un adepte de la musique industrielle et ‘bruitiste’, tout comme Tabata Mitsuru, le guitariste de Zeni Geva, d'autres foudres de guerre spécialistes du lynchage sonique le plus destructeur. A deux, ils ne pouvaient donc que faire du bruit, beaucoup de bruit : sur ces huit titres cacophoniques, Guilty Connector et Tabata repoussent les limites de l'audible jusqu'au point de non-retour, quelque part en enfer, dans les limbes carbonisés de ce qu'il est encore difficile d'appeler " musique ". Car plus que tout, ces déflagrations se vivent plus qu'elles ne s'écoutent : plongé dans ce capharnaüm terrifiant, l'auditeur se noie. Ses sens en déroute et son cerveau en pleine déliquescence, c'est l'inertie. De cette tempête de bruits blancs, de riffs infernaux et de beats plombés, il ne faut pourtant pas avoir peur… même si l'affronter de plein fouet peut provoquer de graves problèmes auditifs. Certains s'évanouiront en entendant cette " musique " violente, défigurée par l'acide et pleine de limaille écorchant les tympans. D'autres y trouveront peut-être la lumière, la transcendance. Quoi qu'il en soit, on n'en sort pas indemne. De Merzbow aux Boredoms, les Japonais ont toujours aimé jouer avec nos nerfs. A ne pas mettre dans toutes les oreilles, cela dit, même si ça débouche mieux les tympans qu'une boîte entière de cotons-tiges.

 

Gutter Sirens

Memory Analysis

Écrit par

Epées, châteaux et dragons, sont les principales sources d'inspiration de Gutter Sirens. Fortement marqué par la mouvance Rhapsody, Angra, Hammerfall et consort, le combo déballe en moins de 60 minutes la panoplie intégrale des pires clichés du heavy metal épique et symphonique, sans la moindre originalité ou innovation. N'est pas Stratovarius qui veut ! Avec des morceaux oscillant de 6 à 9 minutes, alors que tout aurait pu être dit en trois, des arrangements hyper téléphonés, et une production médiocre, "Memory Analysis" est un des albums les plus ennuyeux chroniqués au sein de cette rubrique depuis belle lurette. La voix haut perchée est tout simplement insupportable et parvient à foutre en l'air, à elle seule, les quelques rares idées qui émergent de certains titres lorgnant vers le metal prog. Vu le nombre de nouveautés de qualité qui sont sorties ces derniers mois, il est inutile de s'attarder sur ce naufrage.

 

Dave Gahan

Paper Monster

Écrit par

Nonobstant son statut, le chanteur de Depeche Mode n'avait toujours pas signé la moindre chanson. Et s'il en avait écrit, elles n'avaient jamais été éditées. Vingt-deux années après la naissance du groupe, il vient de commettre son premier opus solo. Il y partage la composition avec l'ex guitariste de Psychedelic Furs, Knox Chandler, et a reçu le concours de Ken Thomas (Sigur Ros), à la production. Avouons-le, pour un coup d'essai, c'est un coup de maître ! En fait, pour Dave, cet opus est une thérapie. Une œuvre autobiographique, au cours de laquelle il confesse, en chansons, le parcours douloureux de son existence. Depuis ses dérapages héroïnomanes au bonheur retrouvé avec sa femme et ses enfants, en passant par son mal être de pop star adulée et ses pulsions suicidaires. Il y manifeste sa soif nouvelle de vivre et d'aimer. Hormis " Hold on " " Stay " et " A little piece ", trois fragments plus ternes, le reste de l'opus renoue avec la profondeur et la sensibilité d'un " Violator ". Parfois l'électricité jaillit. Comme sur le contagieux " Dirty sticky floors " ou encore le tourmenté et davantage expérimental " Goodbye ", réminiscence de " Construction time again ". Mais il atteint le sommet de son art, sur les fragments raffinés par les arrangements de cordes. Des arrangements de cordes qui envahissent progressivement le blues lugubre " Black and blue again " et deviennent franchement somptueux (Divine Comedy ?) sur " Bitter apple ". L'électro pop n'a bien sûr pas été négligée. Et je pense tout particulièrement à " Bottle living ", une plage écorchée par un harmonica bluesy, ainsi qu'au feutré " I need you ". Enfin, toujours aussi excellent, " Security " véhicule des accents cold, hérités en ligne droite de Joy Division. Un chouette album dont le feeling à fleur de peau contraste avec le décevant (NDR : je persiste et signe) et beaucoup trop technologique " Exciter ".

Gordon Gano

Hitting The Ground

Pour cet album solo, l'énergique chanteur des Violent Femmes a su s'entourer des plus belles pointures : PJ Harvey, John Cale, Lou Reed, Mary Lou Lord, Linda Perry (ex-Four Non Blondes), Gaëtan Roussel (Louise Attaque), They Might Be Giants, Frank Black… Excusez du peu. Evidemment, plus on a d'invités, moins on contrôle la fête. Bref, c'est le bordel ! Le meilleur côtoie le pire ; et comme dans tout jeu de chaises musicales, il y a toujours des perdants : ici Franck Black (gueulant comme un cochon), They Might Be Giants (un " Darlin' Allison " chiant comme la pluie) et PJ Harvey, irritante en Patti Smith arthriteuse. Le meilleur, bizarrement, vient des vieux : Lou Reed prouve qu'il en a encore dans le froc, et John Cale reste pareil à lui-même, c à d d'une élégance rare. Autre surprise : Linda Perry, étonnamment posée, nous livre une ballade crépusculaire de très bonne facture (" So It Goes "). Et Gano dans tout ça ? A l'ouvrage dans l'ombre des projecteurs, il surgit parfois tel un diable de sa boîte, pour trois titres enlevés qu'il chante toujours de cette voix haletante, reconnaissable entre mille. Conclusion : " Hitting the Ground " pêche par boulimie, même si l'indigestion est évitée de justesse.

 

Howe Gelb

The listener

Écrit par

Au cours de l'année 2002, Howe Gelb a séjourné au Danemark. Il en a profité pour poser les jalons de l'enregistrement de ce nouvel album. Et a ainsi reçu le concours du groupe local Under Byen ; et puis de Thoger T.Lund ainsi que de Peter Dombernowsky, qui ont joué un rôle majeur dans le processus de développement du disque. De retour à Tucson, il a remis les bandes sur son ouvrage. Puis fait appel à de nouveaux collaborateurs. Mais aussi aux fidèles John Convertino et Joey Burns, parmi quelques autres. Première surprise, le piano a supplanté la guitare. Enfin, une demi surprise, puisque " Cover magazine " donnait déjà le ton. Un ton confirmé par les deux premiers fragments de cet elpee : " Glisten " et " Felonius ". Même si on y retrouve des arrangements de cordes filmiques. Maintenant, je dois avouer que la première audition de cet elpee ne m'a pas laissé une impression trop favorable. En fait, il a fallu que je l'écoute à plusieurs reprises pour commencer à m'en imprégner. Parce qu'il s'agit, avant tout, d'une œuvre d'ambiance. Tango, jazz cool, salsa, country et blues alimentent un univers sonore relativement paisible, à la limite minimaliste. Mais souvent et paradoxalement complexe. Au sein duquel Howe croone à la manière d'un Lou Reed. Ou alors de Kevin Ayers. A l'instar du remarquable " Lying there ". Une ballade dont le rythme est aussi allègre que syncopé. Mais j'ai surtout flashé sur " Blood orange ". Une pop song poussiéreuse, balayée par le sable du désert mexicain, pour laquelle il partage le chant avec Mary Frank, un peu à la manière de Lee Hazlewood et de Nancy Sinatra. Et puis le prog/blues/rock/boogie torturé " B4U (do do do) ". Aussi déconcertant qu'inventif. Mais si l'état d'esprit de Gelb est toujours aussi ironique, si pas cynique, un état d'esprit qu'il reflète à travers ses lyrics, je dois avouer que l'ensemble manque quand même singulièrement de pêche. Maintenant, si vous êtes un inconditionnel de Giant Sand, il n'est pas nécessaire de se poser de questions. Cet album ne peut vous décevoir. Si vous êtes un inconditionnel, j'ai dit, hein !

Lisa Gerrard

Whalerider

Écrit par

Ce "Whalerider" n'est pas un nouvel album solo de la chanteuse du défunt Dead Can Dance, mais la bande sonore du film de Niki Caro. Une tâche qui lui avait déjà été confiée par Zimmer, pour son film " The thin red line ", en 1999. Et qu'elle avait opérée, mais d'une manière plus ponctuelle pour les longs métrages " Baraka ", " Ali " et " Gladiator ". Lisa s'est donc ici chargée de l'écriture, de l'interprétation et des arrangements. Elle a cependant reçu le concours de quelques collaborateurs ; dont Simone Bowley au mixing, " Jacek Tuschewski " à la mise ne forme et quelques invités au piano, aux claviers et aux samples. Autant vous dire, si vous êtes un admirateur de DCD, vous risquez fort d'être déçu. Motif ? Peu ou pas de percussions et la voix de Lisa beaucoup trop en retrait. Faut dire que lorsqu'on apprécie l'organe vocal diaphane de la dame blanche, un tel effacement est plutôt frustrant. Il faut attendre le final " Go forward ", pour que cette musique ambient, dans le sens le plus soporifique du terme, reprenne quelque couleur ethnique. Mais c'est un peu tard, pour ne pas tomber dans les bras de Morphée…

 

Girls In Hawaii

From here to there

Écrit par

Le premier album de Girls In Hawaii est enfin dans les bacs. Et il est largement à la hauteur de nos espérances. Bien sûr l'Ep avait mis un peu mis tout le monde au parfum. Leur pop simple, efficace et contagieuse leur avait ainsi valu une critique élogieuse des médias ; même chez les plus rabat-joie. Maintenant, j'ignore où ils sont allés chercher leurs références à dEus, Idlewild et Coldplay. Aux îles Hawaii, peut-être… Bref, venons-en au vif du sujet ! Habillé d'un superbe digipack, " From here to there " est découpé en 13 fragments. Pas douze, puisqu'il recèle un titre caché. Un opus sur lequel figure leur cheval de bataille : " Flavor ". Ce titre qui couronne, en général, leurs prestations scéniques réalise la fusion parfaite entre le " You really got me " des Kinks et le " Down on the street " des Stooges. Hormis les voix. Les timbres conjugués par Lio et d'Antoine sont tellement veloutés ! Ce qui confère une sensibilité très pop à leurs compositions. Vous avez certainement déjà eu l'occasion d'écouter ou d'entendre l'une ou l'autre chanson de GIH sur l'une ou l'autre station radiophonique. Et plus que probablement " Short song for a short mind " ou encore " Found in the ground ", une ballade qui figurait déjà sur l'EP. Et peut-être aussi l'élégant, fragile et champêtre (Guy Chadwick ?) " Bees & Butterfly ", d'ailleurs. L'opus est de la même veine. Pourtant lorsque le clavier désuet ou en émulsion entre en scène, je ne peux m'empêcher de penser à Eyeless In Gaza. A moins que ce ne soit à Grandaddy. A l'instar de l'atmosphérique " Organeum ". Enfin, le folk vaporeux, légèrement psyché, balayé de bandes passées à l'envers de " Catwalk " concède certaines affinités avec Belle & Sebastian et le défunt Beachwood Sparks (NDR : vous ne connaissez pas ? Alors en poussant le bouchon, imaginez une version acoustique du " Magical Mystery Tour " des Beatles). Et si vous voulez en savoir plus, je vous invite à aller jeter un coup d'œil sur l'interview accordée par Antoine et Lio.

 

Girls In Hawaii

Love´s a better way to travel (single)

Écrit par

Deux titres sur le nouveau single de Girls in Hawaii, dont le premier opus devrait sortir sous peu. Imaginez un peu Papas Fritas soumis aux accès de fièvre d'un Blonde Redhead ; c'est un peu l'impression que nous laisse la musique de cette formation dont les mélodies bien ficelées nous donnent, au bout de deux ou trois écoutes, l'envie de fredonner. Des mélodies pop ensoleillées par un zeste de flamenco, de surf, de rythmes latino, d'acoustique, d'électricité, de groove, et d'un je ne sais quoi qui les rend si attachants. Et " Short for a short mind ", le second fragment, est de la même veine. On attend l'album avec impatience.

Glamour Puss

Wire & wood

Écrit par

Issue du New Brunswick, sur la façade atlantique, cette formation canadienne est née en 1994. Elle vient cependant de signer un contrat chez NothernBlues, le label si dynamique du pays des Grands Lacs. Ce quintette comptait déjà trois albums à son actif : "Glamour Puss Blues Band" (1997), "Blues du Jour" (1999) et "Electric & alive" (2001). Particularité : les cinq membres du groupe chantent. La majorité des compositions est signée par le claviériste Roger Cormier et le guitariste Travis Furlong.

Introduit par le saxophone de Don Rodgers et la guitare de Travis, "Kitty kitty" suinte le pur R&B funkysant. Roger Cormier chante d'une voix grave. Dès leur première sortie, les cordes de Travis démontrent déjà une valeur certaine, mais aussi l'élégance du jeu. Roger a également écrit "I don't know how to win your love" dans un même style dansant. Les cordes sont gouailleuses. Le sax de Don souligne bien le rythme. Travis se fait plus rocker sur un shuffle issu de sa plume : "Hollow man". Il chante lui aussi d'une voix assurée, puissante et un rien graveleuse. Constituée de Ron Dupuis aux drums et de Paul Boudreau à la basse, la section rythmique est parfaitement soudée. L'orgue Hammond de Roger Cormier s'autorise un solo. L'impulsion se fait plus rock encore pour "Don't you worry". Furlong semble hanté par le Cream. A cause du chant aux intonations empruntées à Jack Bruce, et des petites phrases de guitare que n'aurait pas boudées le Clapton de l'époque. Cette impression passéiste est accentuée par le jeu d'orgue de Cormier, pas éloigné d'un Jon Lord. "You're reach & I'm poor" marque un changement important et prend la direction du Sud, de la Louisiane pour être plus précis. Ici, c'est le zydeco qui s'installe. Le rythme est syncopé. Roger est passé au piano. Le saxophone se libère totalement au cœur de cette ambiance frénétique, pendant que Travis assure, de manière convaincante, sur un dobro acoustique. Les Glamour Puss se sentent bien chez eux dans les bayous. Roger a empoigné l'accordéon. Le violon et les guitares acoustiques se mêlent à la fête. "Wire & wood" est une superbe complainte acoustique très roots. Les échanges de guitares opérés entre les invités, Michael Jerome Browne et Charlie A'Court, sont réellement enthousiasmants et éclatants. Mais ces deux musiciens canadiens ne sont pas nés de la dernière pluie. Charlie n'a que 25 ans. Issu de Halifax, il jouit d'une solide réputation. Particulièrement prisé dans les milieux folk roots, Michael Jerome est un brillant multi-instrumentiste. Roger chante son "If you miss me". Un très beau blues lent, mélodique, souligné par les lignes pures de la guitare dont les notes sont dispensées avec tellement de parcimonie. Un très beau moment qui me rappelle le "I need your love so bad" de Ray Charles. La seule reprise de l'album est le "Boom boom" de John Lee Hooker. La version est bien nerveuse mais pas indispensable. On s'y attendait : "Dangereuse" est un bon blues rythmé, un blues des marais chanté en français. Le sax sort de sa coquille. La guitare travaille en réverbération contrôlée avant d'éclater dans un solo cinglant. Excellent ! "Six feet down" est un excellent boogie R&B, partagé entre sax, piano et guitares. "Million-air" est un autre blues lent, plus classique, proche d'un bon BB King. L'opus recèle deux plages instrumentales : le swing "Swingin' cin" et "Blues for Sheila", un fragment empreint d'émotion décontractée. En finale, le cajun "Mama connaît pas le zydeco" nous plonge dans la bonne humeur. Un morceau enrichi par le violon de Browne. Produit par Michael Jerome Browne, ce fort bon album ne démarre réellement qu'après les 4 premières plages. Il faut avouer que ce ne sont pas les plus excitantes.

 

The Go-Betweens

Bright yellow bright orange

Écrit par

"The friends of Rachel" célébrait, voici deux ans, la reformation des Go Betweens. Ou si vous préférez la réunion du poète pictural Robert Forster et du visionnaire romantique Grant Mc Lennan. Un come-back qui faisait suite à une longue séparation de douze années. Un période au cours de laquelle les deux artistes ont mené des expériences individuelles pas tellement concluantes, il faut le reconnaître. " Brigt yellow bright orange " constitue donc le 8ème album du groupe australien. Dont le line up est ici complété par Glenn Thompson aux drums et d'Adele Pickvance, collaboratrice de longue date, à la guitare. Sans oublier la participation d'une violoniste, d'une violoncelliste et d'un arrangeur de cordes. En l'occurrence David Chesworth, sur le fragile et élégant " In her diary ". Fragilité et élégance sont d'ailleurs les termes qui correspondent le mieux à la nature de cet opus. Une œuvre dont les compositions semi-acoustiques, pour la plupart 'up tempo', glissent comme des esquisses délicates sur la mélancolie d'une pop à la fois vibrante, paisible et ésotérique. Des compositions dont les lyrics spirituels, soignés, traduisent les réflexions des deux compères sur le comportement humain, le bonheur fugace et la solitude. Un bien bel album qui s'achève par le mélancolique et élégiaque, " Unfinished business ", une ballade tramée sur les accords d'un piano sonore.