La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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Farfouiller dans la Pure Carrière…

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort. Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force.…

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The Saints

Album hommage pour Chis Bailey des Saints

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Le 28 novembre 2025, Fire Records sortira « Long March Through the Jazz Age », la dernière œuvre enregistrée par Chris Bailey et The Saints, coïncidant avec ce qui aurait été le 69e anniversaire de Bailey. Cet album, enregistré fin 2018 aux Church Street Studios à Sydney, est un hommage émouvant à un artiste infatigable et intransigeant. Bailey et le batteur de longue date des Saints, Pete Wilkinson, se sont réunis avec le guitariste/ingénieur Sean Carey, accompagnés de Davey Lane (You Am I) à la guitare et d'un ensemble de jeunes musiciens talentueux de Sydney.

L'elpee s'ouvre par le single principal « Empires (Sometimes We Fall) », une chanson hymnique qui met en valeur les paroles poignantes de Bailey. D'autres morceaux notables incluent « Judas », un morceau mélancolique, « Gasoline », qui rappelle le style des Stones, et « Bruises », une réflexion candide sur le parcours de Bailey. La chanson-titre, « Long March Through the Jazz Age », se distingue par son intensité poétique et son solo de trompette saisissant.

Les enregistrements offrent une nouvelle profondeur à la voix de Bailey, surpassant tout ce qui avait été entendu auparavant. Pete Wilkinson et Sean Carey soulignent tous deux l'inspiration et la singularité de ces enregistrements, marquant la fin du remarquable voyage musical de Chris Bailey et The Saints.

« Empires (sometimes we fall) » est en écoute 

 

The Belair Lip Bombs

A nouveau The Belair Lip Bombs

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The Belair Lip Bombs sortira son nouvel elpee, « Again », ce 31 octobre. Il fera suite au premier, « Lush Life », paru en 2023. Réunissant Maisie Everett, Mike Bradvica, Jimmy Droughton et Daniel ‘Dev’ Devlin, la formation australienne s’est formée, il y a huit ans, dans une banlieue de Melbourne.   

Sur « Again », le groupe fusionne ses influences individuelles pour créer une collection de chansons indie-rock entraînantes. L'album a été produit par le groupe, Nao Anzai et Joe White. Le single principal, « Hey You », est une mélodie jubilatoire construite à partir d'un synthé en boucle. La vidéo qui l'accompagne a été réalisée par Angus Fielder. Et elle est à voir et écouter ici

The Belair Lip Bombs se distingue par sa combinaison de rythmes rapides, de mélodies de guitare chaudes et des vocaux cathartiques de Maisie.

SOFTSUN

SOFTSUN au lever du soleil éternel…

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SOFTSUN est un trio californien/norvégien de shoegaze et post-rock formé par Gary Arce et Pia Isaksen en 2023. Son second elpee, "Eternal Sunrise", paraîtra ce 7 novembre. En attendant, il a partagé un titre, "A Hundred And Sixteen". Et il est disponible sous forme de clip

La musique de SOFTSUN résulte d’une fusion entre les paysages sonores cinématographiques d'Arce et es compositions mélodiques et lourdes de basse d'Isaksen, accompagnées des percussions douces de Robert Garson. Son premier album "Daylight in the Dark", sorti en 2024, a été salué pour ses paysages sonores sombres et expansifs.

 

Teen Creeps

C’est aujourd’hui le jour pour Teen Creeps…

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Quatre ans après l’apparition des titres de « Forever » sur KEXP, le trio indie rock gantois Teen Creeps est de retour. Il sortira son troisième elpee, « Today Is The Day », ce 5 septembre. Sur cet album, le chanteur Bert Vliegen digère une rupture amoureuse et réapprend à être heureux. ‘Même si c'est parfois difficile, on finit toujours par sortir du tunnel. C'est le message de « Today Is The Day »’, explique-t-il.

Musicalement, le groupe, composé de Bert Vliegen (Sophia, Whispering Sons), Ramses Vandeneede (Hypochristmutreefuzz, Mooneye) et Joram De Bock (Batsmasher), déborde de confiance en lui. Teen Creeps mêle habilement des influences des années 90 à un rock indie moderne. Le single « Anywhere », véritable hymne, fait autant écho à Japandroids qu'à Dinosaur Jr. Plus discret, « Automatticaly » pourrait être diffusé sur Duyster. ‘Les influences des années 90 font partie de notre ADN. Nous ne sommes pas un groupe rétro, mais nous voulons reprendre le flambeau de nos héros. Ou du moins, entretenir la flamme’, avoue Joram De Bock (guitare).

Pour en connaître davantage sur Teen Creeps cliquez sur le nom du groupe, en rouge, dans le cadre ‘Informations complémentaires’, ci-dessous.

Les Solidarités 2025 : dimanche 24 août

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Dernier jour des Solidarités. Par chance, le soleil s’est montré généreux, sans chaleur excessive. Une aubaine pour toutes celles et ceux qui se sont présentés en masse afin d’y (re)découvrir des monstres sacrés de la chanson française, dont Santa et Hoshi.

Première bonne surprise de la journée, le concert d’Adé.

Dès l’âge de 17 ans, Adélaïde Chabannes de Balsac, aka Adé, se forge un nom dans la chanson par l’entremise de son groupe, Therapie Taxi, drivé par Raphaël Faget-Zaoui. Le duo sera vite rejoint par Félix Gros et Renaud Bizart.

Placé sous les feux des projecteurs par le provocateur « Salop(e) », en 2016, la formation connaitra un joli succès avant de se dissoudre en 2021, notamment en raison de la pandémie de la Covid-19. Mais pas seulement, les musicos manifestant une soif de liberté artistique.

Adé traverse alors une période plus calme, limitée à quelques collaborations musicales. Mais le goût de la musique remonte à la surface. Elle s’exile au Etats-Unis pour y enregistrer un premier opus, dont le single « Tout savoir » qui récoltera en quelques mois, le seuil des 2,5 millions de vues sur la plate-forme Youtube.

Sa petite taille dénote par rapport à l’immensité du podium. Sa tenue particulièrement sexy s’apparente à celle d’une écolière coquine, de quoi aguicher les plus pervers plantés au crash, la langue bien pendue.

Elle entame son récital par « More Love ». Direct et incisif, le son adopte un format rock chargé de testostérone.

Alors que les guitares chuintent encore dans les frontaux, le succulent « J’me Barre », prend le relais, dont le gimmick est rapidement repris en chœur par le public excité par des paroles pas toujours délicates dans la bouche d’une demoiselle de bonne famille.

Alors qu’une jeune fan de 27 ans, et dont c’est l’anniversaire, fait de ses pieds et mains afin d’attirer l’attention de l’artiste, Adé, prise d’émotion face à un tel investissement, décide de faire une pause de quelques minutes afin de contenter cette femme. Une petite causette et un selfie plus tard, « RockStarz » prouve que l’on est tous un peu rock dans sa tête, même en buvant un thé tout en caressant son chat.

Empoignant pour l’occasion sa guitare aux sonorités cinglantes, parfois à la limite de la saturation, elle livre « Dans tes rêves » de manière plus brute, mais homogène, rappelant la décennie 90/2000 ; de quoi ravir les amateurs du genre.

Tout au long du show, la demoiselle endosse à merveille un rôle qui n’est pas sans rappeler le côté ténébreux de Thérapie Taxi pour le fond ou encore Dolly, pour la forme. Et le tout est épicé d’un soupçon d’électro surprenant, à l’instar de « Les Silences » ou encore du plus bruitiste « Open Up », au cours duquel Baptiste, le préposé à la basse, laisse de côté son instrument au profit d’une danse endiablée aux côtés d’Adé, Pierre à la guitare et Sébastien aux fûts se contentant d’observer le scénario.

Alors que le set tire à sa fin, la jeune femme prouve, à travers « Tout savoir », qu’elle est capable de nous réserver plein de surprises et qui, loin de rester dans sa zone de confort, réussit à nos offrir un spectacle sincère, spontanée, et d’une authenticité redoutable.

Enfin, « Toujours + » suscite un tressaillement démesuré dans ce petit corps autour d’élans mélancoliques et de textes intimistes, l’artiste exprimant beaucoup de sentiments, entre amour et déception.

Adé s’est livrée aux Solidarités pour le meilleur et a donné un concert d’une grande qualité.

On le sait maintenant, sur chacune de ses prestations, Santa aime surprendre. Ce sera (forcément) le cas aujourd’hui. Une sacrée surprise même ! Inutile de préciser que l’icône de Hyphen Hyphen est donc attendue de pied ferme pour les milliers de festivaliers qui ont (sans doute) fait le déplacement pour cette artiste ‘belge’ d’adoption.

Alors qu’un décompte semble s’éterniser sur le nombre ‘9’, la scène laisse entrevoir une Santa, haute perchée, la tête en bas, pour descendre peu à peu, aidée de filins métalliques, entre des colonnes de feu qui jaillissent. Quelle richesse dans le souci du détail !

Après nous avoir bercé de sa douce ballade en mode piano-voix sur « Popcorn salé », une compo écrite dans l’urgence, presque par égarement, qui paraîtra sous l’impulsion et les encouragements de ses comparses Laura Christin, alias Line (basse, percussions), et Romain Adamo, aka Adam (guitare, synthé), la jeune dame s’émancipe et grave un premier album sobrement intitulé « Recommence-moi ».

Si la pop anglophone constituait jusqu’alors sa ligne directrice, notamment au travers d’HH, la Niçoise prend un virage à 180 degrés en réalisant un très réussi premier essai solo, chanté dans la langue de Voltaire.

Toute de noire vêtue, elle est chaussée de grandes bottes qui lui confèrent un air très glamour. Soutenue par un batteur au drumming corrosif et une bassiste qui n’est autre que sa meilleure amie – Line, elle entame son tour de chant par un spectaculaire « Chanter le monde », une compo aux couleurs vives qui émeut par sa richesse sonore.

Multi-instrumentiste, elle alterne, au gré des compositions, piano et guitare, ses deux instruments de prédilection, qui viennent soutenir sa voix puissante. Qu’elle met parfaitement en exergue sur « Eva », une magnifique chanson qui s’impose sur fond d’appel à la résilience. Des cris d’amour fusent. Comme elle ne parvient pas à cerner leur origine, elle les rend, mais en plus fort encore.

Un concert ponctué de surprises ! Et tout d’abord lorsque, posée devant ce piano noir, elle entame « Les larmes ne coulent pas », qui a bénéficié, lors des sessions d’enregistrement, de la complicité de Christophe Willem, un artiste devenu aujourd’hui son ami. Il s’invite le temps d’une chanson, entre simplicité et fausse grandiloquence, lors d’un duo uni par des larmes amères. Mais n’y a-t-il pas larmes plus amères que celles qui ne coulent pas ? Quoiqu’il en soit, elle finit ce titre, le sourire et le regard sereins, debout sur les retours posés à front de podium.

Elle compte se jeter aujourd’hui à corps perdu dans un univers où règnent l’intime, la retenue et la douceur.

Pour ce faire, rien de tel que dénoncer « La différence », sorte de manifeste sur le bien vivre ensemble avec, en filigrane, cet espoir latent de tolérance, d’insouciance et de communion. Pour marquer le coup, elle enfile un drapeau dont les couleurs se réfèrent à l’arc-en-ciel, emblème de l'homosexualité. Le drapeau arc-en-ciel, créé par Gilbert Baker en 1978, est devenu un symbole international de la communauté LGBTQIA+. Il représente la diversité des orientations sexuelles et des identités de genre au sein de cette communauté. Chaque couleur du drapeau a une signification spécifique, comme le rouge pour la vie, le vert pour la nature, et le violet pour l'esprit.

Fidèle à son style unique et son spectre lyrique hors du commun, Santa se regarde ensuite dans le miroir avec introspection durant sa séance de « Popcorn salé » et le désir de recommencer son histoire, à l’instar d’une césure sur le temps. Entre ambition, espièglerie et qualité rare, l’artiste s’était essayée au métier de cascadeuse en interprétant ce premier titre, perchée à plus de 40 mètres de haut ! C'était à Bruxelles, sur la place de la Bourse. Un « Popcorn salé » à son apogée, en quelque sorte !

Et pour rappeler cette spectaculaire ascension, elle n’a rien trouvé de mieux que de jouer du piano en lévitation, grâce à un système de treuil, sous les yeux ébahis des spectateurs qui ont rarement vu un show rythmé digne de ce nom. C’est moins spectaculaire que dans la capitale, mais quand même…

Elle embraie ensuite dans un mashup, en associant le « Paradis blanc » de Michel Berger et Désenchantée de « Mylène Farmer ». Pour un résultat plus que convaincant !

Elle s’éclipse alors le temps de quelques secondes pour revêtir une cape de vampire. Assoiffée de sang, elle souffle le chaud et le froid lors d’un « Je brûle » qui n’est pas sans rappeler certaines sonorités pop/rock contemporaines qui ont fait les beaux jours de Hyphen Hyphen.

Et puis, dans une parfaite communion, les milliers de festivaliers se transforment en chorale parfaitement synchronisée, pendant « Dis-moi oui », une toute nouvelle compo annonciatrice, sans doute, d’un futur nouvel album.

Le set touche doucement à sa fin. Alors qu’elle s’apprête à s’éclipser pour une séance de ‘hugs’, des câlins posés délicatement à une poignée de chanceux, les colosses chargés de maintenir la sécurité s’agitent. Que se passe-t-il ? D’un coup, comme boostée par un surplus de vitalité, elle saute précipitamment de la barrière destinée à maintenir le public à distance et traverse la foule sur les épaules de son gorille.

Les spectateurs les plus avertis connaissent l’amour de l’artiste pour les défis. Et à Suarlée, il y en a un de taille, la grande roue qui trône depuis le début des festivités.

Drapeau pirate à la main, en mode ‘on a piraté Les Solidarités’, Santa s'est éclatée en prenant de la hauteur dans une attraction privatisée quelques minutes pour y chanter tout de haut son titre emblématique « Recommence-moi ».

Durant près d’une heure trente, Santa a une nouvelle fois démontré qu’elle méritait amplement la distinction du public et de la presse.

Dans l’univers de la chanson française, la jeune dame peut être assurément considérée comme une grande artiste. Et en livrant un concert d’une telle intensité et générosité, elle a emmené le public dans un tourbillon émotionnel et onirique d’une intensité rare.

Après une pause boisson bien méritée, place à Hoshi. Une artiste maintes fois vues par votre serviteur qui commence à la connaître par cœur.

Elle a enfilé de grosses godasses et des chaussettes à damiers noirs et blancs, afin, sans doute, de signaler le début du tour de chauffe.

Ses musiciens entrent en scène, lentement, tour à tour. Et dans cette bande, il n’y pas que des inconnus. A commencer par Lola Frichet à la basse (Pogo Car Crash Control), Charlène Juarez aux claviers (Brigitte) et Enzo Gabert à la batterie (Skip The Use). Et c’est Lucie, un joli bout de femme, qui se réserve la guitare… d’un vert éclatant.

Du haut de ses grosses godasses, Hoshi impose un style musical bien à elle. Des textes simples, mais touchants, une musique entraînante et une aura exceptionnelle. Sans oublier cette voix haut-perchée et quelque peu nasillarde qui peut perturber les non-initiés. Pas étonnant donc qu’elle soit devenue l’une des révélations de la chanson française de ces dernières années.

La demoiselle s’épanche avec tact sur ses expériences passées, ses aspirations, de manière authentique, mais autocentrée à l’instar de cette « Amour censure », hymne à la tolérance et à la sincérité des sentiments amoureux, l’artiste ayant elle-même été victime d'agressions homophobes. Une chanson en réaction à une certaine libération de la parole discriminatoire, notamment après la ‘manif pour tous’ qui a malheureusement encore des raisons d'exister auprès des ‘biens pensants’. Et pour contrer toute cette haine, rien de tel qu’un gros fuck à tous ces enculés dont elle n’a plus peur aujourd’hui, dit-elle, tout en agitant un drapeau arc-en-ciel, symbole du mouvement LGBTQIA+.

Son grain de voix particulier et douée pour les métaphores et autres figures de style, Hoshi est généreuse et humaine. Fusionnelle au sein de son band, une belle complicité la lie avec sa bassiste. Et les puristes auront remarqué l’inscription gravée sur l’instrument, ‘One woman on stage’.

Celle dont le physique a été quelque malmené par le journaliste-chroniqueur Fabien Lecoeuvre, entame un « Je partirai », chanson percutante qui parle du désir de s’éloigner d'un monde qui ne l'aime pas, la juge et la blesse. Bref, un exutoire où elle exprime sa souffrance, son incompréhension et son besoin de liberté. Elle veut rester éternelle dans les mémoires, comme une étoile ou une comète. Gageons qu’elle y parvienne.

Après avoir donné d’elle-même durant une heure quinze, la chanteuse au gros chignon prend congé de ses invités qui la réclame encore. Ils devront pourtant se contenter de sa prestation, sans plus.

Saule a l’honneur de clôturer cette nouvelle édition des Solidarités. Votre serviteur préfère reprendre la route, ses lombaires lui rappelant la triste réalité de la seconde moitié de vie.

A l’année prochaine !

(Organisation : Les Solidarités)

 Que dire de plus, si ce n’est que les Solidarités ont offert des concerts d’une riche intensité, entre rock, pop et autres découvertes musicales, sous un soleil qui n’a pas osé ternir. Que demander de plus ?

 

 

Les Solidarités 2025 : samedi 23 août

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Si la vieille, le line-up était davantage consacré aux groupes rock, cette journée de samedi fait la part belle aux artistes suscitant un intérêt auprès des plus jeunes. La programmation est aussi plus diversifiée.

Après tout, les Solidarités est un évènement protéiforme au sein duquel, chacun doit y trouver son compte.

Les vieux bourlingueurs le savent, qui veut profiter sainement d’un festival, doit pouvoir compter sur une météo clémente. Et, en cette fin août, comme par miracle, même si le iel est nuageux, il fait relativement doux, de quoi rappeler des airs de vacances.

Le temps de gagner le parking de délestage et de prendre le bus qui va l’amener vers le précieux sésame, votre serviteur arrive aux alentours de 16 heures 30 sur le site.

Des pro-manifestants contre le génocide de Gaza sont venus en nombre. Des calicots sont distribués aux passants au sein de l’hémicycle. De fait, le génocide en cours dans la bande de Gaza, depuis plus de 18 mois, constitue l’effroyable aboutissement du long processus de dépossession du peuple palestinien.

D’ailleurs (fait du hasard ou pas ?), les contrôles policiers se sont intensifiés à l’entrée du site.

Et pour approfondit le sujet, un débat-concert se déroule à l’Escale, le grand chapiteau qui sert désormais de tribune, en lieu et place du baraquement en bois qui trônait ici même l’année dernière.

Pour être tout à fait transparent, c’est davantage Noé Preszow qui éveille la curiosité de votre serviteur, plus que l’engouement pour cette cause humanitaire, même si hautement importante. Ne dit-on pas que faute avouée est à moitié pardonnée ?

L’estrade est bien remplie. Noé Preszow (NDR : prononcez ‘Prèchof’) s’y trouve planté sur une chaise. Petit et trapu, on dirait l'arrière-petit-fils de Demis Roussos (sans la barbe). Il est accompagné de deux autres préposés. L’une tient entre ses mains un qanoûn, un instrument à cordes pincées de la famille des cithares sur table, très répandu dans le monde arabe, le monde iranien, en Asie du Sud-Ouest ainsi qu'en Grèce et dans le Turkestan. L’autre, ce qui semble être une darbouka (ou doumbek/derbouka), un tambour en forme de gobelet utilisé au Moyen-Orient, notamment en Palestine. Cet instrument est un élément essentiel de la musique traditionnelle palestinienne.

Noé a fait le déplacement expressément afin de défendre cette cause qu’il estime noble et juste. Il n’y livrera que deux chansons écrites pour l’occasion dont le sublime « Pas en mon nom », ses compos étant entrecoupées d’incantations géopolitiques.

Peu nombreuses, mais de qualité, ses chansons sont parfaitement ciselées. Elles sont le fruit d'une conjugaison entre pop immédiate et poésie à fleur de peau. Des mélodies accessibles dont le phrasé est parfait et le sens du rythme précis.

Le gaillard a un don pour torcher une chanson. L’inspiration de Preszow semble héritée des plus grands songwriters français et américains. Ses textes ont la profondeur de ceux signés par Dominique A. En outre, sa voix emprunte des inflexions à Gaëtan Roussel.

Très en phase avec le présent et ce qui l'entoure, le gaillard est un digne héritier des monstres sacrés de la chanson française. Et sans doute un avant-gardiste dans ses propos et les thématiques humanistes développées. Son discours fait d’ailleurs mouche auprès du public, présent massivement.

Noé Preszow est un artiste, un vrai. Un de ces gars dont il faut parler.

La parenthèse musicale refermée, votre serviteur s’aventure devant la scène P&V où se déroule le set de Camille Yembe. Il s’agit d’une chanteuse et auteure-compositrice-interprète belge. Grande, mince et élancée, cette jeune black respire la fraîcheur.

Forcée de quitter le foyer familial à 16 ans, elle enchaîne des petits boulots alimentaires avant de rencontrer, deux ans plus tard, le rappeur Gandhi. Elle participe ensuite à l'écriture de l'album d'Eva Queen et Gandhi devient son manager.

Elle collabore alors à deux titres de l'elpee « Texte Symbole » de Gandhi, qui paraît en 2016, puis signe des textes pour plusieurs musiciens dont le rappeur Tiakola, l'actrice Stefi Celma ainsi que Moha MMZ.

Yembe vient de graver un premier Ep. Et, elle a hâte de le présenter au public qui, avouons-le, n’est pas venu très nombreux.

Accompagné d’un préposé qui se cache derrière les fûts et d’un autre qui se partage le synthé et la gratte électrique, la jeune dame se dévoile à travers des chansons ‘aigres-douces’, à l’instar de « Plastique », une belle ballade aux contours pop.

L’artiste belgo-congolaise possède une belle palette de couleurs musicales, comme sur ce « Après l’aube » où sèche à la main, elle exulte sa mélancolie dans un phrasé percutant. Mais la cantonner à cette simple expression serait réducteur, l’artiste se révélant ouverte à d’autres styles, à l’instar de « Encore », aux relents plutôt rock.

Camille Yembé enchante son univers à travers des textes qui parcourent son envie de réussir, les liens familiaux troubles et l’humain. Grâce à une signature vocale singulière, et dans un style qui navigue entre pop, indie rock, électro et une forme de rap, elle est parvenue, en quarante minutes, à conquérir l’auditoire.

La (bonne) surprise passée, le pluralisme du festival nous invite à découvrir Bon Entendeur sur la main stage, Place des arts.

C’est un collectif musical français, fondé en 2012 par Arnaud Bonet, qu’ont rejoint trois amis, Nicolas Boisseleau, Arnaud Bonet et Pierre Della Monica.

Bon Entendeur s’est forgé une certaine notoriété en partageant en ligne des remixes mêlant samples de voix connues et musiques contemporaines. Il a lancé son propre label de musique indépendant BE Records, en 2020.

Malgré les efforts consentis votre serviteur pour y prêter une oreille attentive, au bout d’une dizaine de minutes tout au plus, l’ennui l’envahit, et un besoin irrépressible de se désaltérer le décide à changer d’air.

A RORI de jouer maintenant.

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au festival Rock en Seine, devant 40 000 spectateurs, RORI poursuit son ascension. Cet été, elle a été invitée à se produire sur les scènes de plusieurs festivals dont Les Francos à Esch/Alzette, Les Gens d’Ere et bien sûr Les Solidarités, à Namur.

Nouvel espoir de la scène musicale belge, RORI s’impose grâce à un univers atypique, puissant et résolument moderne.

Portée par un style pop-rock instinctif et percutant, la jeune dame capture les tourments et les espoirs d’une jeunesse en quête de repères, devenant ainsi une voix authentique et inspirante. A travers des textes sincères et engagés, elle transforme ses émotions en hymnes générationnels, oscillant entre fragilité et intensité.

Les spectateurs les plus avisés ont bien conscience qu’il ne s’agit pas d’une novice, puisqu’elle a milité aux côtés de Valentin Vincent – chez Beffroi, décédé à l’aube de sa vie.

La petite maîtrise les codes du marketing en faisant de la couleur rouge, une identité et sa marque de fabrique. On retrouve ainsi cette teinte sur le micro et son pied. C’est également celle qui domine le light show. Et puis celle qui a été choisie pour l’inscription sur la peau de résonnance de la grosse caisse.

Toujours flanquée de ses fidèles serviteurs, l’ex-The Subs, Hadrien Lavogez, préposé à la guitare, et Martin, caché derrière les fûts (NDR c’est aussi le batteur de Ykons), la demoiselle entame son tour de chant par « Ma Place », dont le phrasé, les sonorités pop et les appuis rythmiques sont très communicatifs.

Si son pop/rock lui va comme un gant, les fans de la première heure s’y perdent un peu, l’artiste ayant, jusqu’alors, chanté dans la langue de Shakespeare.

La jeune fille laisse apparaître un corps filiforme. Elle connait bien ce festival pour s’y être déjà produite dans le passé.

Capable de vous retourner de solides punchlines, l’ingénue est devenue une figure de proue de la scène musicale noir-jaune-rouge, pour l’avoir écumée depuis quelques années.

Aujourd’hui, elle s’affranchit des préjugés pour servir un répertoire cuisiné à la sauce pop acidulée, devant un public que l’on dit souvent élitiste. Mais « Ma place », met tout le monde d’accord. Les riffs de guitare, les frappes syncopées et la voix portante de RORI, font de ces ingrédients, une recette qui incarne une nouvelle génération d’artistes qui ramène le rock alternatif sur le devant de la scène pop, imposant son style avec une authenticité et une force indéniables.

Sur le percutant autant que ravageur « Vampire », la jeune dame vampirise littéralement son auditoire. Un titre dont les sonorités résonnent encore aujourd’hui dans la tête de votre serviteur. Et donne le « Vertige » à son cœur, tout au long de cette compo livrée avec justesse et émotion.

Caractérisé par son phrasé haché et ses appuis rythmiques, la musique de RORI, artiste manifestement charismatique et communicative, rallie rapidement la foule à sa cause et s'inscrit dans l'air du temps.

Malgré ce « Soleil » brûlant, les corps se dénudent. Force est de constater que cette situation suscite la « Jalousie ».

Alors que RORI embrasse différents styles, depuis la pop au rock en passant même par le funk, ses chansons abordent des sujets personnels et très intimistes, à l’instar de « Loser ». Alors qu’hier, ces thèmes la rongeaient, aujourd’hui elle semble les cultiver et en tirer parti.

Spasmodique, « Miroir » véhicule des accents nostalgiques. A moins que le rétroviseur ne soit un moyen de regarder le passé afin d’affronter l’avenir.

Touchante et la sensibilité à fleur de peau, Camille Gemoets (à l’état civil) a accordé un concert d’une intensité rare, dévoilant, un peu plus encore, le contenu de ses émotions.

Justement, « Docteur » vient doucement clôturer la fin d’un set très enrichissant. Une chanson ultramédiatisée dont les spectateurs semblent connaître les paroles du refrain et qui met exergue, ce sentiment de différence. Mais est-ce que vous en vouliez « Encore » ? Manifestement oui, au vu de l’engouement suscité par le public pour un rappel… qui ne viendra finalement pas, le timing d’un festival exigeant une discipline certaine…

RORI a tout d’une grande : la musicalité, la justesse, l’émotion et ce désir de faire le bien à l’aide de textes dans lesquels le mélomane lambda s’y retrouve.

La scène des Arts accueille désormais la chanteuse belge Helena, manifestement très attendue par un public essentiellement constitué de jeunes enfants. Il faut dire que cette auteure-compositrice-interprète belge s’est fait connaître du grand (petit ?) public grâce à sa participation à la onzième saison de l’émission télévisée ‘Star Academy’.

Il y a quelques mois seulement, la jeune dame a sorti un premier album, intitulé « Hélé », qui s’est e classé numéro 1 des ventes en France, la semaine de sa parution.

Alors qu’il y a dix minutes à peine, les guitares vrombissaient, ici c’est la douceur qui prédomine. Le son, la voix éthérée et l’univers bisounours participent à cet état d’âme. Que l’on aime ou pas, cette artiste apporte cette petite brise de fraicheur qui fait du bien.

Héléna Bailly aime (se) raconter à travers sa musique, chacune de ses compos étant un livre ouvert sur la vie, à l’image de « Mon piano et moi », une belle ballade dans laquelle elle revient sur ses débuts en tant que chanteuse, une époque où elle chantait en cachette de sa famille et de ses amis.

« Aimée pour de vrai » est balayé par un vent de nostalgie. De quoi faire fondre les cœurs des jeunes filles, amassées aux premiers rangs, dont les larmes se mettent à perler sur leurs joues…

Le style ‘guimauve’ de la demoiselle dérange, sans doute, les plus exigeants, mais colle parfaitement à sa personnalité.

Empreints de sincérité et de sensibilité, ses textes sont, la plupart du temps, inspirés de son propre vécu, comme lorsqu’elle évoque le décès de sa grand-mère, qu’elle aimait tant, sur « Bonne maman ».

Si le spleen constitue la matière première de son répertoire, Héléna est aussi capable d’aborder des sujets différents, et notamment qui se rapportent à la santé. Et notamment, « Mélatonine », une chanson qui s’inspire des troubles de sommeil dont elle souffre depuis toujours, « Boule au ventre », au cours de laquelle elle évoque ses crises d’angoisse ainsi que « Tout gâcher » qui traite de l’alcool au volant.

Alors que la foule semble figée par cette poétesse des temps modernes, les corps se déchaînent allègrement dès les premières notes de « Mauvais garçon », un de ces plus gros tubes.

Inspirée et inspirante, la Belge scrute un panorama de sa jeune expérience sur Terre sous l’angle de chansons profondes, qui frisent certes la facilité par moment, mais se laissent écouter tendrement au creux de l’amour. Helena, « Je t’aime (bien) ».

La fraicheur automnale se fait maintenant sentir. Les festivaliers ont revêtu de gros pulls, afin de tenir le coup pour le concert de Yodelice, prévu sur la scène P&V.

Le gaillard est connu pour avoir prêté sa plume à M6 (L5, la comédie musicale Alive...), mais aussi pour avoir apporté sa collaboration à la chanteuse Jenifer en tant que compositeur et producteur, lors de ses débuts. Cette coopération s’est d’ailleurs poursuivie à la Ville, durant quelques années, également.

Maxim Nucci (Nouchy pour l'état-civil) a soufflé le chaud et le froid au cours de sa carrière. Son premier LP, baptisé Maxim Nucci gravé en 2006, ne rencontre pas le succès escompté. Il tente alors la formule acoustique, à travers l’album folk, « Tree of Life », en 2009. Le sens créatif du musicien se confirme enfin, lors de la sortie de Cardioid (2010), un disque plus rock. En 2014, il enregistre « Like a Million Dreams », et après une pause d’une durée de 8 ans, il revient au folk en 2022, en publiant « The Circle ». Et enfin, en 2024, il emprunte une voie complètement différente en abordant « What's the Cure ? », un opus ‘laboratoire’, plongé dans la synthpop et le rock à guitares.

Le gaillard est planté seul dans une structure futuriste noire et dentelée. Il est entouré de ses plus fidèles serviteurs, des claviers en tout genre et une kyrielle de guitares. Juste au-dessus, un grand carré projette des éclairs blancs, parfois aveuglants.

Dès les premiers accords, Yodelice plonge son auditoire dans un univers sonore contemporain, presque visionnaire. Difficile même de cataloguer cette musique venue d’ailleurs. De nombreux spectateurs s’interrogent même quant à l’opportunité de programmer un tel artiste lors d’un festival qui se veut avant tout familier. Sans doute que le pluralisme a été plus fort que la réflexion.

Les riffs de guitares de « Desires never die » se mêlent aux boucles des claviers, dévoilant une solution qui n’est pas sans rappeler les beaux jours de Depeche Mode, une bonne dose de psychédélisme en plus. Le mimétisme de la signature vocale, est lui aussi impressionnant. Mais quel est donc l’artiste qui se produit sur les planches ? Dave Gahan ?

L’utilisation d’une série d’effets sur « Cutting like a knife » rend l’intensité monstrueusement délicieuse, sans oublier ces jets de lumières qui diffusent des ondes, comme le claquement de l’eau sur le rocher.

Plus le set gagne du terrain et plus l’électro s’inscrit résolument dans une esthétique new wave, soutenu par une boîte à rythmes dont les beats sont tentaculaires.

Les sonorités, rehaussées par des effets de réverbération, créent une atmosphère froide, mais elles parviennent malgré tout à soutenir des mélodies souvent peu accessibles au mélomane lambda, il faut le signaler. Quant à la voix de Nucci, souvent enveloppée dans des échos et des effets de saturation, elle devient une arme de guerre, entre douceur et violence, comme sur ce « Vampire » aux dents acérées.

Au terme d’un show qui a duré une heure, Yodelice peut se targuer d’avoir réussi le pari de capter l’essence même du côté bruitiste des sons électroniques pour les marier habilement à un composant plus organique, témoignant de la créativité et de l’évolution de l’artiste.

Direction maintenant la Place des Arts pour y assister au concert de Kyo, le dernier groupe à se produire ce soir.

Pas mal de fans ont enfilé des t-shirts à l’effigie du band, preuve que la popularité du band n’a pas faibli au cours des deux décennies.

C’est pendant leur scolarité dans un collège des Yvelines, en Ile-de-France, que Nicolas Chassagne, Benoît Poher et les frères Fabien et Florian Dubos se rencontrent et décident de fonder Kyo, une appellation qui s’inspire des mangas japonais et de jeux vidéo.

Le quatuor sort un premier LP en 1999, « Pour toi ». Le succès n’est pas au rendez-vous. C’est grâce au second, paru en 2003 et intitulé « Le Chemin » –dont le titre éponyme, partagé en duo en compagnie de la chanteuse néerlandaise Sita– qu’il finira par s’imposer. Afin de fêter dignement ses 20 années d’existence musicale, le combo a décidé de rééditer ce disque en y ajoutant des bonus. On y retrouve, certes leurs succès, mais aussi des duos iconoclastes.

Changement de line up quand même, puisque Jocelyn Moze, est désormais préposé aux fûts, ce qui apporte une nouvelle dimension aux compostions.

Les musicos font leur apparition sur « Sad day », choix étrange pour une entrée en la matière. Un constat ! Les gars ont morflé physiquement. Au programme donc : rides, cheveux ‘poivre et sel’ et boucs aux poils hirsutes. Même les dreadlocks de Florian Dubos ont disparu pour faire place à une coiffure davantage dans l’air du temps. Certains parleront d’un cap qu’ils viennent de passer, d’autres de maturité.

Poher poursuit son tour de chant par « Contact » et ses riffs de guitare puissants. Mais c’est sur « Le chemin » qu’il va fédérer, une chanson autrefois interprétée en compagnie de Sita et plus récemment par Stéphane, mononyme d'une auteure-compositrice-interprète suisse. Un titre qui mènera le combo… vers la voie du succès !

Bien entendu, la fan base reprend en chœur ce refrain d’une composition devenue mythique et qui a su traverser les âges et les époques, l’intemporalité de Kyo n’étant plus désormais à prouver.

« Je cours » raconte le destin d'un adolescent, rejeté de tous, qui cherche le bonheur malgré lui au sein d’un univers ténébreux. L’impact de cette compo est profond. Musicalement, bien sûr, mais aussi surtout parce que le sujet est malheureusement toujours d’actualité.

Si la recette de Kyo repose avant tout sur des textes introspectifs et des accords passe-partout, elle n’en demeure pas moins efficace. Une bande son moderne comme sur ce spectaculaire « Tout envoyer en l’air ».

Tandis que les sixcordes s'électrisent, le groupe jette un regard oblique et incisif sur la société ainsi que l'industrie musicale à travers des « Poupées russes » : ‘Dans la musique il y a des farces et les graines du futur / Et si souvent des coups d'État, parfois des investitures’.

Alors que la tournade Kyo s’abat de plus belle sur le site de Suarlée, la dynamique se poursuit par « Dernière danse », sublime ballade que Poher et Cœur de Pirate, avaient interprétée en duo, en 2023.

Dans un registre plus sombre, sur fond de violence familiale, de maltraitance et d'alcoolisme, « Sarah », vient apaiser les esprits, mais conforte les certitudes : Kyo est taillé pour le live.

Que l’on aime ou pas ses relents post-adolescents et sa pop facile, Kyo fait preuve de fausse perversité en proposant un show d’une qualité rare. En se positionnant durant une heure en mode ‘best-of’, cette formation montre ainsi à ses détracteurs les plus virulents qu’il dispose encore suffisamment d’énergie, de maîtrise et de pugnacité pour tenir encore au minimum 20 années de plus.

La recette Kyo est d'exploiter au mieux un terrain de jeu qu’il connaît parfaitement, un espace à la signature reconnaissable, un renouveau dans la direction artistique ainsi que de la précision dans le travail d’écriture et de réalisation.

Chapeau bas Messieurs !

Il est minuit lorsque le set s’achève. Cette seconde journée plus pop que la précédente a montré ses forces et ses faiblesses musicales et artistiques. Quoiqu’il en soit, la découverte a été de mise !

Les festivaliers prennent congé de leur hôte d’un soir. Demain est un autre jour…

(Organisation : Les Solidarités)

 

 

 

Les Solidarités 2025 : vendredi 22 août

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Si le festival des Solidarités se déroulait jusqu’alors à la Citadelle, il a pris ses quartiers sur le site d’Ecolys depuis 2023, à quelques minutes du centre-ville de Namur, en raison des travaux nécessaires à la restauration complète du Stade des Jeux et du Théâtre de Verdure.

Les Solidarités devront attendre au moins trois ans avant de revenir sur leur site historique. En attendant, le festival va peut-être devoir déménager une fois encore, car certaines entreprises souhaitent s’installer dans le zoning. Une affaire à suivre donc…

Les puristes se rassureront, le nouveau site est pour le moins plus facile d’accès, plus étendu et surtout permet une meilleure fluidité de déplacement.

Le festival des Solidarités est singulier car il est fédérateur d’un bien vivre ensemble, de justice sociale et de lutte contre les inégalités.

Durant trois jours, il offre une programmation musicale particulièrement qualitative. Mais pas que puisqu’une kyrielle d’activités sont organisées autour des thématiques précitées, telles que conférences, spectacles pour enfants, activités ludique, découverte de la culture hip-hop, programmation off des associations, etc. L’offre est telle qu’elle en donne le tournis !

Depuis ses débuts, les Solidarités soutiennent des artistes émergents ou des découvertes ‘coup de cœur’. On pense à Clara Luciani, Aya Nakamura, Hoshi, Juliette Armanet, 47ter, Gauvain Sers, Rori, Suzane… invités lors de leurs débuts scéniques et dont on connait maintenant le formidable parcours.

Si en 2023, de nombreuses critiques avaient été formulées, notamment en ce qui concerne la mobilité, il faut reconnaître que, cette année, les organisateurs ont remédié au problème. Ainsi, notamment, de nombreuses navettes effectuent des trajets de et vers la gare ferroviaire et l’aérodrome. De même, l’espace sur le site a été agrandi permettant une meilleure fluidité de déplacement.

Deux scènes de taille quasi-identiques se côtoient, ‘La place des Arts’ et la ‘Scène PV’. Cette dernière est installée à proximité d’une grande roue, elle aussi, sponsorisée par le même groupe. En revanche, la scène iconoclaste baptisée ‘Magic Mirrors’, empreinte de magie et de mystère, a malheureusement disparu. Elle laisse place à un grand chapiteau, nettement plus impersonnel, mais plus confortable. Il a été judicieusement baptisé ‘L’escale’.

Pour cette première journée de festival, les organisateurs ont fait fort en misant sur le rock puissant en invitant des formations comme Hollywood Porn Stars, Ghinzu ou encore dEUS.

Lorsque votre serviteur débarque sur la plaine, il est 17 heures. Hollywood Porn Stars est prêt à entamer son set.

La foule est déjà bien compacte. Les familles sont assez peu nombreuses, les artistes programmés ce vendredi se prêtant sans doute mal aux oreilles fragiles des bambins. Il en faut pour tous les goûts !

Le combo célèbre, pour la circonstance, son vingtième anniversaire. Les enjeux sont donc importants ! Comment le public va répondre aux sollicitations de ceux qui, de post-adolescents, sont devenus de jeunes adultes bien installés dans leurs vies respectives ?

Après avoir balancé au public un « Ben’s Dead » bien pêchu, un titre figurant sur l’album Satellites (2007), Sinatra déclare : ‘Vous ne travaillez pas à Namur ?’, afin de provoquer une foule déjà dans l’ambiance foutraque du quatuor.

Très vite, les notes de « Money » fusent, une compo issue de « Year of the tiger » (2005) à travers laquelle les grattes s’expriment autant librement que les voix d’Anthony Sinatra et Michael Larivière.

Ces quadras n’ont rien perdu de leur énergie. Si le succès, la sortie de disques, les tournées et les expériences passées auraient pu modifier la manière de concevoir les événements, l’insouciance de leurs débuts n’a pas changé d’un iota. On dirait deux grands gamins qui s’amusent dans la cour de récré.

Des titres qui loin de s’étioler, restent parfaitement dans l’air du temps. Et ce n’est pas « Andy », entre électricité et émotion, qui démontrera le contraire. Aucun doute, HPS s’est construit pour traverser les âges et les générations.

Loin de se reposer sur ses lauriers, le combo a proposé tout récemment de nouveaux titres, comme ce « Peach Bomb » à la fraicheur absolue. Une chanson second degré derrière laquelle se cache John Goodman (Nada Surf, Sun Garden, etc.) et qui décrit avec beaucoup de légèreté la métaphore de la dangerosité des décisions prises par les dirigeants de ce monde et de leurs conséquences, à l’instar de querelles qui éclatent entre gosses dans une cours d’école.

Le set se poursuit dans une énergie folle. Les guitares saturent, que ce soient la Stratocaster ou la Telecaster. Les frontaux rugissent de plaisir, notamment lorsque les énergumènes frottent le manche de leur instrument sur les retours placés à l’avant du podium. Les cordes doivent morfler sec !

Les briscards du rock se déchaînent sur des compos inaltérables, comme « Fonzie », « Islands » « Fugitive » ou encore le récent « 6th of october ». Mais c’est encore le légendaire « Actarus », et son refrain entêtant, qui remporte les suffrages auprès des aficionados. Résultat des courses, le lien entre les nouveaux et anciens titres réside encore dans la spontanéité, l’énergie et l’instant.

A l’exception du drummer, Benoît Damoiseau, les autres membres du groupe sont restés identiques. Une belle histoire d’amitié les réunit.

Dire que Hollywood Porn Stars a failli ne plus jamais se produire dans l’un des festivals, programmé par Denis Gérardy, le Directeur des Solidarités. En effet, la première fois que le groupe a été invité par ce dernier, le concert s'est terminé en bagarre homérique. Ainsi, certains musicos du band, assoiffés, avaient pioché dans les frigos de la loge d'à côté. Et Denis de leur promettre qu’ils ne seraient plus invités dans l’un de ses événements. Comme quoi, il n’y a que…

HPS a livré un concert endiablé prouvant à toute une génération qu’il avait toujours la forme, alors que personne n’attendait plus rien, si ce n’est l’un ou l’autre best-of. Et si My little Cheap Dictaphone ou Piano Club, au sein desquels certains musiciens ont milité, ressuscitaient, eux aussi ?

Sam Savage a ensuite la lourde tâche de succéder aux vieux dinosaures de MLD. Il remplace au pied levé Lucky Love, malade. Une aubaine lorsqu’on sait qu’il était en vacances à 500km, tranquillement installé chez sa mère, les doigts de pied en éventail, comme il aime à le rappeler.

Sam Sauvage s’est fait remarquer par ses clips postés sur Instagram. Il affiche un air de dandy, un peu à la manière de Pierre De Maere que les Solidarités ont eu le plaisir d’accueillir lors de l’édition précédente.

Il entre sur scène, l’air hagard et complètement désarticulé dans son costume-cravate de couleur gris clair et… ses chaussettes roses.

Auteur-compositeur-interprète, Sam Sauvage s’essaie avec beaucoup d’aisance entre chanson et pop française à l’instar de ce « On est là » et son gimmick très singulier (‘amor, amor’) où l’on perçoit, ci et là, des intonations à la Stromae.

Les cheveux hirsutes à l’instar d’un savant fou, le jeune homme emmène son public dans son univers déluré et instable où « Les gens dansent ».

Soutenu par un seul préposé à l’aise tant aux claviers qu’à la gratte électrique, Sam prévient les « Les âmes sensibles » lorsqu’il évoque des moments de malaise liés à son apparence et une quête d’identité artistique à travers son style. Aujourd’hui, à le voir sur les planches, il semble avoir surmonté cette période difficile.

Entre liberté, désamour et jeunesse désinvolte, le garçon solitaire s’épanche encore un peu plus en interprétant la jolie cantine « Ali roule de nuit », un récit poétique, porté par un personnage nommé Ali, taximan, chargé de reconduire Sauvage à son domicile, après une nuit que l’on devine imbibée.

Hugo Brebion, à l’état-civil, manie la plume et les mots de façon ciselée et romantique. Grâce à des textes délicats à la fausse candeur, l’artiste est parvenu à s’attirer la sympathie du public.

Malgré ses apparences, sa dégaine et ses pas hésitants, le bonhomme promet qu’il n’est « Pas bourré » sous les cris hilares d’une foule compacte.

Après un set d’une heure, Samy a gagné son pari. Faire découvrir son univers et gagner la sympathie d’un auditoire qui n’était pas nécessairement venu pour lui.

L’artiste suivante à se produire sur la scène P&V est Charles, son patronyme se référant à son papy dont elle vouait une admiration sans faille.

La demoiselle est vêtue d’une jupe assez courte (laissant entrevoir des guiboles bien en chair), d’un long t-shirt et chaussée de grandes bottes noires, lui conférant un petit air d’écolière effarouchée.

Les fans sont essentiellement constitués de jeunes gens, ravis de revoir celle qui participait, il y a quelques années encore, à ‘The Voice’, comme candidate.

La native de Braine-le-Château explore un univers singulier, au sein duquel elle nous réserve des chansons sensuelles, qui épousent la courbe de son existence. Des titres qui racontent ce qu'elle vit ou qu'elle observe dans son entourage. Vu son jeune âge, cette conception risque évidemment d'évoluer rapidement.

Après un premier Ep et un premier album, tous deux remarqués, deux disques dont le ton fascinant nous plonge au sein d’univers dark-pop alternatif, Charles a décidé d’adopter une esthétique punk et pourpre pour présenter un projet audacieux, au cours duquel, elle raconte ses histoires captivantes en français.

Son nouvel Ep, baptisé « Sabotage », s’érige comme le récit initiatique chaotique et formateur d’une nouvelle femme forte, nourrie par les expériences et les mélodrames de sa petite vingtaine. Il lui permet d’enfin de faire éclater sa bulle à nos visages et à nos cœurs.

La grande nouveauté de ce disque procède au recours, aussi bien de la langue de Molière que de Shakespeare. Un défi fou et laborieux, mais surtout un exercice formateur pour celle qui a toujours douté de ses capacités dans son idiome maternel.

Pour Charles, ce choix a toujours été purement affinitaire, et l’introduction du français sur « Sabotage » découle surtout d’une envie d’explorer d’autres horizons.

Elle entame donc son tour de chant par un « Never Fair », figurant sur l’elpee « Until We Meet », afin de mettre tout le monde d’accord sur son potentiel.

Loin du mythe selon lequel on traduit plus facilement ses secrets dans une langue étrangère, Charles affronte ses vices et ses histoires avec la même hargne, en français. En témoigne ce texte fort sur les abus de la drogue, « Le Marbre ». Une compo qui désarçonne un peu les fans de la première heure.

Mais, très vite, les craintes se dissipent dès « Without You » qui constitue le moment solennel de cet après-midi.

Si le concert de Charles avait des airs inoffensifs, incitant à s’étendre sur l’herbe fraîche, il en est tout autrement pour Ghinzu, car la place des Arts, qui doit l’accueillir, est essentiellement constituée de béton. S’assoir sur le sol s’avère plutôt pénible pour les fesses !

Il est environ 20 heures 10’ lorsque Stargasm et son team débarquent sur l’estrade. Ils sont parfaitement à l’aise.

Chaussé de ses habituelles lunettes noires fumées, le leader est suivi par une bande de joyeux drilles. En l’occurrence le bassiste Mika ‘Nagazaki’ Hasson, le guitariste Greg Remy, le drummer Antoine Michel et le claviériste/guitariste Jean Montevideo, également préposé aux backing vocaux.

Le bassiste affiche des faux airs à la Kévin Bacon, un acteur, producteur, réalisateur et compositeur américain notoire pour son film musical ‘Footloose’ ou encore pour avoir endossé le rôle de méchant dans une kyrielle de longs métrages, dont ‘Sleepers’ et ‘Hollow Man’.

Le look du sixcordiste ne passe pas inaperçu, non plus ! Il a pour habitude de pimenter les shows de l’une ou l’autre frasque selon l’humeur et l’endroit au sein duquel il se produit. S’agissant d’un lieu hautement familial, gageons qu’il n’en fasse pas de trop, n’en déplaise aux esprits chagrins.

Le set débute par « Wowa », un nouveau morceau qui annonce la sortie d’un quatrième long playing studio. En tout cas, une compo toute droite tirée de l’univers énergisant de la bande à Stargasm.

Mais c’est encore « Cold Love », issu de « Mirror Mirror », aux riffs de guitare tranchants et à la rythmique schizophrénique, qui recueille tous les suffrages au sein de la foule. L’ambiance en est déjà à son paroxysme alors que le concert vient de commencer.

Très inspirés, « Jet Sex », « Cockpit Inferno » ou encore « Dragon » maintiennent la pression.

Bien punk, des titres emblématiques tels que « Do You Read Me ? » ou « The Dragster Wave » ne sont pas oubliés.

Le sixcordiste reste sage, ne (s’)accordant que l’une ou l’autre rare pitrerie. Mais la tension monte d’un cran lorsque le quintet interprète le trépidant « 21st Century Crooners », le frontman se laissant aller à quelques pas de danse osés.

Il faudra attendre l’incontournable « Blow », plage d’ouverture de l’elpee éponyme, pour que le groupe s’attirer l’adhésion des plus perplexes. Toujours aussi punchy, cette compo conserve une place de choix dans le répertoire de la formation.

Le concert prend fin. Reste à savourer ce qui constituera un dessert de choix. En l’occurrence « Mine », un titre explosif pour lequel Stargasm s’empare de la basse de son acolyte, lui-même se chargeant désormais des six cordes électriques. Un cross-musical en quelque sorte qui prouve, une nouvelle fois, que les artistes, souvent, sont de vrais virtuoses.

La fin est digne de l’apocalypse, les musiciens se livrent à fond pour marquer de leur empreinte une prestation cinq étoiles.

Malgré le poids des années, Stargasm n’a ni perdu de sa passion, ni de son énergie. Plaisir intense, satisfaction immense et résultat garanti.

Très vite, les amateurs de rock pressent le pas pour se rendre au plus proche du front stage de la scène P&V afin d’y assister à la prestation de dEUS. Et cerise sur le gâteau, il y interprétera son premier elpee, « Worst Case Scenario », un disque ‘laboratoire ‘, intéressant, certes, mais par le meilleur selon votre serviteur. Rien ne pourra détrôner « The Ideal Crash », le troisième opus, dont les riffs résonnent encore aujourd’hui dans ses portugaises.

Cependant, « Worst Case Scenario » reste l’œuvre qui a ouvert la voie au rock belge dans sa conquête du monde.

Après une intro au cours de laquelle on entend une voix quasi-inaudible baragouiner quelque chose en français, « Jigsaw You » est servi en guise d’ouverture. Une compo gentillette qui contraste avec l’énergie débridée de « Via » et la basse entêtante de Stef Kamil Carlens qui signe un retour historique et s’exprime pleinement sur « W.C.S (First Draft) ».

Il faut attendre « Shake Your Hip » afin que le violon, jusqu’alors limité à quelques soubresauts timides, rencontre, de manière brutale, son archet.  Il martèle alors les cordes sans ménagement et les fait vibrer jusqu’à extinction. Un jeu dangereux auquel Barman attache peu d’importance, le frontman préférant vociférer comme un forcené dans son micro sur « Great American Nude ».

Cette compo et « Right As Rain » avaient permis au combo anversois de devenir le premier groupe de rock belge à être diffusé sur la chaîne MTV.

Alors que les guitares saturées s’affolent au gré des compos, le préposé aux fûts semble éprouver quelques difficultés à maintenir le rythme. Heureusement le downtempo « Hotellounge (Be The Death Of Me) » vient casser cette dynamique fofolle tout en offrant un peu de repos au combo et … aux portugaises des milliers de personnes qui sont venues en masse afin d’assister à ce spectacle.

Répit de courte durée, puisqu’après une seconde brève (seconde) intro, le flamboyant « Suds & Soda » prend le relais. Sans doute la signature la plus caractérisée de dEUS et le morceau le plus attendu, provoquant chez le public des mouvements dangereux, proche d’une situation ‘pogotique’ hallucinogène.  Un hymne synonyme de lâcher-prise, de communion et d'abandon.

« Divebomb Djing » vient ponctuer ce concert-hommage à un album qui a marqué la face du rock noir-jaune-rouge. « Worst Case Scenario » a probablement suscité des vocations auprès d’une certaine forme de jeunesse.

La douceur de cette nuit d’été s’est invitée pour le concert de Zaho De Sagazan.

La demoiselle est une auteure-compositrice-interprète et musicienne française. En mars 2023, elle publie son premier album, « La Symphonie des éclairs », et se forge rapidement une belle notoriété.

En février 2024, elle est nommée dans cinq catégories de la 39èmecérémonie des Victoires de la musique, et elle remporte quatre prix, dont ceux de la chanson originale et de l'album de l’année.

Elle commence à diffuser des vidéos sur Instagram, dès 2015. Elle s’y met en scène pour interpréter de nombreuses reprises et quelques compositions originales. En 2016, pour sa toute première scène, elle interprète « La Bonne Étoile » de -M- au théâtre Simone Veil de Saint-Nazaire lors du Concert Salade des ‘Irréductibles’ du lycée Aristide-Briand, auquel elle participera jusqu'en 2019.

Son curriculum vitae fait apparaître une participation dans l’émission de téléréalité ‘The Voice’. Décidément, ce show cathodique est une machine à tubes. On y fabrique des artistes comme des petits pains. Et pas toujours de qualité, malheureusement !

Très vite, ses musiciens ouvrent le bal. Alors qu’elle n’affiche qu’un quart de siècle, la jeune dame s’épanche alors lourdement, mais sobrement et efficacement, sur ses 10 ans de dépendance au cannabis dans « Aspiration », une chanson à texte dominée par l’électro, mais consolidée par les interventions de Rémy, Tom, Simon et Greg, ses amis, comme elle aime à le souligner.

Elle se confie avec « Tristesse », dans un français précis, sur ses désirs amoureux, appuyé par des oscillations aériennes et cosmiques, alors que les arrangements soignés, embrassent ci et là une onde électronique. La tristesse qui se dessine sur son visage décrit mieux que les mots, le spleen qui la transperce de part en part.

La demoiselle déclame sa poésie frénétique par des mots simples, mais qui ne sonnent jamais creux. Elle transforme sa fragilité en force tranquille et se démarque en imposant une version moderne de la ‘nouvelle’ chanson française.

A travers « Dis-moi que tu m’aimes », Sagazan chante l'amour, parce que les chansons sont faites avant tout pour cela. Ne dit-on pas qu’il est universel et dépasse les frontières. Depuis la nuit des temps, ce sentiment impalpable, incolore et inodore, accompagne les hommes et les femmes.

La poésie de l’artiste est délicate, les mots sont doux. Elle est fragile et timide à la fois, mais, à travers son répertoire, elle démontre qu’elle sait ce qu’elle veut.

Elle entraîne l’auditoire, dans son univers feutré, lentement, progressivement. La foule écoute et savoure, religieusement. Et lorsque « La Symphonie Des Eclairs » retentit (titre éponyme du premier elpee studio de l’artiste), c’est l’explosion ! Son interprétation grave lui confère quelque chose de théâtral. Le public devient acteur et spectateur.

Et ce n’est pas le petit Romain Huberland, 11 ans, qui dira le contraire. En s’approchant des barrières, elle invite le jeune garçon à s’exprimer sur le refrain. De toute évidence, ce gamin a un don pour la chanson. Un moment suspendu comme il en existe peu et dont il se souviendra sans doute durant toute son existence.

Grâce à ce titre, Zaho de Sagazana confirme son statut d’artiste avec un grand ‘A’. Et quand la tempête s’apaise, l’orage prend le relais et gronde tout au long de « Ne Te regarde Pas », une compo où l’électronique reprend le contrôle d’un spectacle… éclair.

Alors que « Dansez » invite les uns et les autres dans un ‘move your body » déchirant, la chanteuse s’émancipe et créée la surprise en osant une reprise exceptionnelle et personnelle d’un titre du regretté David Bowie, « Modern Love ».

Il est près de 23 heures 35 lorsque le show se termine. A minuit, se produit The Avener, de son vrai nom Tristan Casara, un DJ français d'électro house.

Trop peu pour votre serviteur qui doit encore emprunter le bus pour regagner son véhicule garé sur l’aérodrome de Temploux, un des parkings de délestage.

Une première journée sans accro, ni embûche. La météo, souvent capricieuse, n’a pas joué les trouble-fêtes.

La journée du samedi sera davantage axée sur la découverte. Quant à celle du dimanche, elle se focalisera davantage sur des artistes déjà un peu plus confirmés. A demain !

(Organisation : Les Solidarités)

Botanique (Bruxelles) : les nouveaux concerts (update 22/08/2025)

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BOTA BY NIGHT
Mount Kimbie • Ariel Zetina • Erykah •
Gloom Club: Nazar (live) • Gloom Club: Lara Renner
sam. 27 Sep, 2025 : Orangerie + Rotonde (Doors : 22.00)

LE SAMEDI 25 OCTOBRE AU MUSEUM :
Seismic

http://www.botanique.be

Hollywood Porn Stars

Je n’aimerais pas avoir 20 ans aujourd’hui, ce serait trop lourd à porter…

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Méfiez-vous de l’eau qui dort ! Une expression singulière pleine de sens pour l’un des groupes belges les plus prolifiques de sa génération, Hollywood Porn Stars !

Le combo s’est reformé quasi de manière inattendue dans le cadre du vingtième anniversaire de son premier opus et ce pour quelques dates.

A travers un concert à l’énergie brute dans le cadre du festival Les Solidarités, Anthony Sinatra et Michael Larivière (alias Redboy) ont une nouvelle fois prouvé à toute une génération de fans qu’ils avaient gardé l’insouciance de leurs débuts par le biais d’une salve de titres parfaitement dans l’air du temps, malgré le poids des années.

Alors qu’ils viennent de quitter leur public, les deux chevilles ouvrières sont à pied d’œuvre pour une série d’interviews, preuve que leur popularité n’a pas changé d’un iota.

Anthony Sinitra s’entretient auprès d’un confrère ; donc, seul Michael Larivière – alias Redboy, se chargera de répondre aux questions de Musiczine.

Michael, vous revenez en force grâce à de nouveaux singles (« 6th of October » en 2024 et « Peach Bomb » en 2025). Comment définirais-tu le groupe artistiquement par rapport aux débuts de Hollywood Porn Stars ?

Nous sommes restés fidèles à nous-mêmes ! Nous sommes ici pour fêter les vingt ans de notre premier album (NDR : « Year Of The Tiger »). Nous ne souhaitions pas revenir sur le devant de la scène les mains vides. Accomplir une tournée best-of et ne proposer que des titres anciens, n’est pas une démarche dans laquelle nous souhaitons nous inscrire. Nous avons donc effectivement composé deux nouveaux titres. Pour ta parfaite information, nous travaillons en ce moment sur quelques nouvelles compos. Au niveau du style, je ne sais pas. Tout ce que je peux te dire, c’est que les retours du public sont très positifs, ce qui procure évidemment un plaisir immense. Artistiquement, je crois que nous sommes restés assez contemporains. A vrai dire, à aucun moment, nous ne nous sommes jamais posé la question de savoir sous quel angle nous allions aborder ces chansons. Nous avons fait ce que nous sentions !

J’imagine que le succès, la sortie de disques, les tournées et vos expériences passées modifient la manière de concevoir les évènements ? Dirais-tu que vous baignez l’un et l’autre dans une forme d’insouciance comme à vos débuts ?

Durant 15 ans, nous n’avons fait qu'enchaîner disques et tournées. Nous abordons la quarantaine aujourd’hui ! Ce rythme effréné nous a conduit à arrêter il y a quelques années déjà. Nous n’avons jamais vraiment splitté, mais l’idée de passer de salles en salles, ne nous convenait plus. Nous ressentions le besoin de passer autre chose, tout en restant dans le domaine musical. Anthony travaille comme éditeur pour un label. Moi, je fais du coaching pour des concerts. Puis, petit à petit, l’envie de se produire s’est doucement fait sentir à nouveau. Et afin de marquer le coup du vingtième anniversaire de notre premier album, l’idée de remonter sur scène est alors apparue. Nous avions alors booké une seule date à Liège. Le public s’est déplacé en masse puisque 1 500 personnes se sont donné rendez-vous. Ensuite, naturellement, les demandes de nous produire en festival se sont enchaînées. Mais, je te confirme que nous ne sommes plus du tout dans la même optique qu’autrefois. Ce n'est plus notre vie aujourd’hui !

Les titres de vos précédents albums n’ont pas pris une ride et s’inscrivent même dans l’air du temps, entre électricité et émotion. Peut-on affirmer qu’HPS est un groupe taillé pour traverser les âges et les générations ?

Nous avons passé du temps au stand merchandising juste après le concert afin d’y rencontrer le public. Si certains découvraient notre univers, d’autres, au contraire, connaissaient parfaitement le groupe. Pas mal de Français ont effectué le déplacement car nous y avions joué en son temps. Nous avons été surpris de voir les enfants accompagner des parents qui, jadis, constituaient notre public. A titre anecdotique, nous avons joué cet été au Ronquières Festival. L'éclairagiste de Zaho de Sagazan est fan de notre musique depuis qu’il est adolescent. Il nous a avoué qu’il avait réalisé un rêve de gosse en regardant notre concert. Les gens qui assistent à l’une de nos prestations passent un bon moment, c’est l’essentiel. On mouille notre chemise ! Il faut pouvoir profiter de l’instant présent. Nous sommes et avons toujours été un groupe de scène.

Si je peux me permettre, je dirais que le pont commun entre les nouveaux et anciens titres, réside dans la spontanéité, l’énergie et l’instant. Est-ce que je me trompe ?

Oui, c’est exact ! Nous avons toujours baigné dans cette dynamique, entre rock puissant, sans être très dur, et indie, tout en ajoutant cette pointe mélodique qui fédère auprès des puristes.

J’ai constaté peu de changement dans le line-up, si ce n’est le remplacement du drummer originel Benoît Damoiseau…

Oui, c’est exact ! Notre premier batteur est impliqué dans un autre projet. Nous pensions tourner avec lui, mais c'était trop compliqué. Le drummer actuel appartenait à notre entourage.

Qu’apporte-t-il de plus ou de différent par rapport à Damoiseau ?

Il est à nos côtés depuis la naissance d’Hollywood Porn Stars. Je ne le comparerais pas au batteur originel, mais on se comprend très vite, il y a un vrai feeling. Il suffit de jeter un regard pour être synchro sur les intensités ou les dynamiques. Si on vrille dans un truc totalement improvisé, il parvient à nous suivre sans aucun problème. On est sur la même longueur d’onde. On se connaît par cœur.

Si le retour d’HPS coïncide avec le vingtième anniversaire de votre premier long playing, le public est-il le même aujourd’hui qu’il ne l’était à l’époque ?

Ceux qui assistent à nos concerts peuvent être d’anciens fans. D’autres, sont nouveaux. Certains viennent en compagnie de leurs enfants. Quel bonheur de voir tous ces gens accrocher de nouveau à l’univers musical de Hollywood Porn Stars. Nous injectons beaucoup d'énergie et le public nous la renvoie. C’était encore le cas cet après-midi lorsque nous avons joué sur la scène P&V.

Craigniez-vous la réaction du public face au retour de HPS ?

Lorsque nous avons rejoué à Liège pour la première fois, l’interrogation était légitime. Depuis, quelques dates se sont enchaînées et tout se passe bien. Nous pouvons donc être rassurés à ce niveau.

Les attentes des mélomanes ont évolué depuis vos premiers essais. Vu l’émergence des plates-formes de streaming et des diktats de l’industrie musicale, comment HPS se positionne-t-il aujourd’hui par rapport à ces nouvelles contraintes ? 

Nous avons baigné dans le milieu musical durant de nombreuses années. C’était notre métier. Nous avions le statut d'artiste et nous ne faisions qu'enchaîner les concerts. En ce qui me concerne, je jouais u sein de deux groupes et j’étais constamment sur les routes. Ce n’est plus notre moyen de gagner notre vie maintenant. Nous nous produisons davantage pour le plaisir. Les contraintes sont donc moins nombreuses qu’auparavant. Pareil pour les frustrations. Développer notre carrière et continuer à remplir des salles ne sont plus des objectifs prioritaires. Notre ambition première est de prendre du plaisir.

Etrangement, vous n'apparaissez pas ou très peu, sur les réseaux sociaux alors que les médias, au sens le plus large du terme, constituent un moyen privilégié pour réseauter efficacement et partager avec son public…

A l’époque, ce genre de réseaux n’existait pas. On n’a pas envie d’adopter ce type de démarche, comme ouvrir un compte Instagram ou TikTok. Lorsqu’il s’agit de communiquer, on utilise la page Facebook du groupe, voire nos pages personnelles si besoin. Loin de nous l’idée de dénigrer ces nouvelles formes de communication, mais nous préférons les utiliser avec parcimonie.

Je me suis amusé à taper ‘Hollywood Porn Stars’ dans différents moteurs de recherche et je suis tombé, dans une majorité de cas, sur des sites à caractère pornographiques. Si je peux comprendre qu’à l’époque, vous cherchiez à vous singulariser en adoptant un patronyme qui dénote, n’est-il pas plus difficile à porter aujourd’hui, soit à une époque du politiquement correct ?

Au départ, ce choix était né d’une blague. Alors que nous n’avions que 20 ans, nous nous sommes inscrits sur un coup de tête au concours Circuit. En une après-midi, nous avons composé trois morceaux. Restait alors à choisir un nom. On venait de voir un reportage sur le côté sombre de l'industrie porno d'Hollywood. L’idée de s’appeler ‘Hollywood Porn Stars’ nous est alors venue à l’esprit. Nous y avions vu une bonne idée pour nous démarquer du reste, puisque très second degré. Nous avons finalement remporté ce concours quelques mois plus tard et nous avons immédiatement signé pour une maison de disques. Ensuite, les concerts se sont enchaînés durant des années. Hollywood Porn Stars était né. En réalité, le nom correspondait davantage à l'état d'esprit dans lequel nous étions, d’une part, et sur les clichés du rock'n'roll et du hard rock avec lesquels nous jouions, un monde très éloigné du nôtre. C’est un choix que nous assumons totalement. On ne va pas le changer 20 ans plus tard, uniquement parce que le band s’est reformé. Mais, il est clair que sur le net, c'est loin d’être facile. A titre d’exemple, quand on a voulu sortir un nouveau titre sur Spotify, la tâche n’a pas été facile pour le rendre accessible. En prenant du recul, toute cette histoire nous fait rire.

« Peach Bomb » est un nouveau titre plein de fraicheur. Il décrit avec beaucoup de légèreté la métaphore de la dangerosité des décisions prises par les dirigeants de ce monde et de leurs conséquences, à l’instar de querelles entre gosses dans une cour d’école. A l’échelle nationale, comment percevez-vous la politique, en général, et par rapport au monde culturel, en particulier ?

Très franchement, nous ne sommes pas très à l’aise avec tout ce qui se passe pour le moment. Faire le parallèle de la case politique avec celle d’une cour d’école était une manière d’avertir du danger que nous courons. Une bombe atomique se trouve sous nos pieds et elle peut exploser à tout moment. Nous vivons une époque étrange et difficile. A nos débuts, nos morceaux n’étaient pas toujours empreints de messages politiques. L’âge et la maturité aidant, on ne peut plus rester insensible face à ce genre de situations, tout en essayant de garder cette légèreté qui nous caractérise. On aborde donc les événements différemment. Nous avons également enregistré « 6th of october » il y a quelque temps. Ironie du sort, il est paru la veille des ignominies qui se sont produites à Gaza ; et ce morceau résume très justement la manière dont nous percevons une époque où nous ne nous sentons pas toujours très à l’aise. Aujourd’hui, les libertés sont nettement plus restreintes que lorsque nous étions jeunes. Je n’aimerais pas avoir 20 ans aujourd’hui, ce serait trop lourd à porter…

Ce morceau a été enregistré en live. Ces conditions nécessitent-elle davantage de préparation ?

Le live est l’ADN du groupe ! Pour le concours Circuit, nous n’avions rien prémédité. Le premier concert est arrivé. Instinctivement, l’énergie s’est emparée de nous. Il y avait quelque chose de fusionnel. Je crois que c’est la raison pour laquelle nous existons encore aujourd’hui. Et lorsque nous enregistrons en live, le naturel revient au galop. Pour l’enregistrement de ce titre, peu de prises ont été réalisées, car la majeure partie du temps a été consacrée à régler les sons. Si ma mémoire est bonne, je crois même que nous avons conservé la toute première prise. Le dernier album de Hollywood Porn Stars « Satellites » a été enregistré dans ces mêmes conditions.

Vous avez collaboré une nouvelle fois avec John Goodmanson qui a mixé et produit plusieurs opus culte, dont ceux de Nada Surf et Sun Garden, notamment. Quelle est la plus-value apportée par cet ingénieur du son en particulier ?

Oui, c’est exact ! John Goodmanson est un producteur américain dont on est très fan. Il a collaboré notamment pour Nada Surf ou encore Blondie. Quand on a bossé avec lui pour le deuxième album, il mixait la moitié des disques qu'on écoutait à l'époque, des trucs plus indés comme Blonde Redhead, Blood Brothers, etc. C'était vraiment le son idéal. On l’a recontacté pour lui dire que HPS se reformait. Il était ravi. Il écoutait toujours le disque que nous avons enregistré à ses côtés. Et ironie du sort, il fait aujourd’hui écouter cet opus à des groupes avec lesquels il bosse désormais. Notre collaboration s’est donc déroulée rapidement et naturellement.

Vous avez été tous deux dans diverses formations qui ont connu un succès d’estime et de critique. Je pense à My Little Cheap Dictaphone ou encore Piano Club. Au même titre qu’HPS, pourrait-on imaginer la résurrection de ces deux monstres sacrés du rock belge ?

Il n’a jamais été question de tourner la page définitivement. Ce sont des épisodes que nous avons mis entre parenthèse depuis environ 4-5 ans. Anthony n’est pas présent, je ne vais donc pas parler pour lui et Piano Club. Mais, en ce qui me concerne, les gens viennent souvent vers moi dans le cadre d’une reformation éventuelle. Disons que nous sommes au stade de la réflexion. Il n’y a rien de très concret pour l’heure.

Anthony a fondé, il y a quelques années déjà, l’ASBL Young Rock. Il a lancé le Liège Rock Festival, un événement organisé pendant cinq ans à la Soundstation et qui a mis en lumière des talents confirmés (Dionysos, Das Pop, ...), mais aussi des formations émergentes telles que Girls In Hawaii. Le modèle économique des festivals peine à perdurer, à cause, notamment, des cachets excessifs réclamés par des artistes confirmés alors que les évènements pourraient être de très bonne qualité en proposant davantage d’artistes émergents. Vous possédez tous deux une longue carrière dans ce domaine, mais comment perçois-tu ce modèle dans vingt ans ?

Je n’en sais trop rien ! J’en ai discuté avec différents organisateurs de festival qui m’ont tous confirmé que le modèle économique actuel était en passe de changer. Il y a clairement des choses à réinventer. Certains festivals connaissent des difficultés pour vendre la totalité des places disponibles. Quant à ceux qui parviennent à faire ‘sold out’, on n’y voit pas toujours les artistes les plus indépendants et les plus locaux. Les contraintes économiques sont telles qu’il va falloir faire cohabiter les grosses têtes d'affiches avec des artistes issus de la Fédération Wallonie-Bruxelles ou belges, en général. Aujourd’hui, les programmateurs de festivals souhaitent aller en ce sens. Mais, il est vrai, que ce n’est pas facile à concilier.

Pour terminer quels sont vos projets ? Avez-vous l’intention d’enregistrer un nouvel elpee ?

Pas vraiment ! Nous n’avons aucun plan, nous vivons plutôt au jour le jour, comme à nos débuts. Mais, nous sommes sollicités, je dois l’avouer. Nous avons sorti deux nouveaux titres et un troisième est en préparation. L’idée était de pouvoir se produire dans quelques festivals cet été. Comme nous l’avions signalé un peu plus tôt, nous avons pas mal tourné en France dans le passé, le public français serait désireux de nous revoir. Très honnêtement, aussi longtemps que l’envie et le plaisir y sont, on continue. Mais plus question de bourlinguer durant des centaines de kilomètres dans un van. On pourrait imaginer y consacrer quelques dates, afin de revoir quelques amis, par exemple, mais rien de concret pour l’instant. Après la saison d’été, nous avons encore quelques concerts sur le feu. Mais dans un an, je suis incapable de te dire si nous serons toujours là.

Les artistes français déclarent souvent que le public belge est le meilleur. Je me demande si le public français est aussi réceptif à votre égard que nous pouvons l’être…

Nous n’y sommes pas encore retournés ! Ce sont essentiellement les programmateurs de l'époque qui aimeraient nous y faire jouer. Nous devons y avoir accompli quelques 200 à 300 concerts et nous y comptons donc quelques fans. Justement, notre label est français (NDR : Naïve). Lorsque nous y serons, on verra si le public est toujours aussi réceptif.

Empire Of The Sun

Le soleil ne se couche jamais sur cet empire...

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Empire of the Sun ne s’est jamais produit en salle, en Belgique, et ce soir, se déroule la première de deux dates, au Cirque Royal. Le public est venu en nombre pour accueillir ce duo australien réunissant Luke Steele et Nick Littlemore. Les festivaliers avaient, cependant, déjà pu assister à ses concerts, à deux reprises (aux Lokerse Feesten en 2012 et à Rock Werchter en 2022). Les tickets des deux spectacles se sont rapidement écoulés et sont sold out.

Roi Turbo assure le supporting act. Un duo de dance originaire du Cap (Afrique du Sud), mais établi à Londres. Benjamin McCarthy est issu du milieu électronique. Producteur et DJ, c’est un habitué des clubs de sa ville natale et des environs, tandis que son frère Conor vient d’un autre univers musical, se produisant dans des groupes de rock et de pop alternatifs. Le tandem cite Larry Levan, William Onyeabor, Air et Pino D'Angiò comme sources d’inspiration. A ce jour, la paire n’a pas encore gravé d’album, mais bien plusieurs et Eps.

Sur les planches, Benjamin assure les rythmes et la danse, tandis que Conor se réserve les percussions et la guitare. Ce partage renforce constamment le groove de l’expression sonore, principalement instrumentale. Et cela fonctionne : plus le set avance, plus la foule danse et s’échauffe malgré la température caniculaire qui règne dans la salle. Les morceaux reposent sur des rythmes répétitifs sans jamais devenir lassants, transformant Roi Turbo en ouverture particulièrement appréciable (page ‘Artistes’ ici

Setlist : « Turbo Charged », « Hyper League », « Volcano Cigarette Shop », « Neckbrace », « Blu Ghost ».

Place à Empire of the Sun. Le duo est épaulé par deux musiciens supplémentaires. De quoi renforcer l’énergie du spectacle. La scénographie est impressionnante. Une silhouette d’un côté et un membre de corps de l’autre - du moins le soupçonne-on - indiquent déjà qu’aucun effort n’est épargné pour offrir un show grandiose. Les danseurs font leur entrée sur le podium, un bonsaï à la main. Le coup d’envoi est converti en show que l’on peut regarder pendant des heures. La setlist est divisée en quatre actes, chacun marqué par un changement de costume flamboyant. Les musicos ressemblent alors à de petits soleils, de petits arbres ou des créatures mythiques.

« Half Mast » arrive assez tôt, suivi peu après de « We Are the People ». Les deux titres sont accueillis avec enthousiasme, émoustillant immédiatement le public pour le reste du concert. Ce dernier titre est même interprété en tenue disco. Un régal pour les yeux !

Le duo enchaîne ses hits irrésistibles : « Walking on a Dream », « Music on the Radio », « We Are the People », » High and Low », « Happy Like You », « Television », « Ask That God », « Changes » ou encore l’incontournable « Alive », joué en clôture du rappel devant une salle déchaînée.

Il fait particulièrement chaud, et la température dans la salle ne cesse d'augmenter tout au long du spectacle. Comme si Empire Of The Sun voulait nous entraîner littéralement vers le soleil en nous rapprochant toujours plus près d'une explosion de chaleur. Explosions qui se produisent toujours à la fin des morceaux, offrant ainsi un son encore plus lourd et incisif. De nombreuses plages de son nouvel elpee, « Ask That God », figurent dans la setlist. Et le titre maître baigne au sein d’une mélancolie intense. Le chanteur, Luke Steele, tend la main sur l'écran géant tel un extraterrestre. Sur « Music On The Radio », Supachai grimpe sur l’estrade. Cette créature, dotée de nombreuses tentacules et à la fourrure particulièrement épaisse, offre un spectacle complémentaire, grâce à ses mouvements de danse.

Les tubes du groupe sont bien répartis tout au long du set. A mi-parcours, le moins connu « Swordfish Hotkiss Night » se distingue par son interprétation absurde. En fin de concert, la ligne de basse décolle et les danseurs se déguisent en espadons aux corps de squelette. Spécial, mais c’est aussi une façon, pour Empire of the Sun, de surprendre.

Les costumes, la théâtralité et la scénographie donnent vie à la représentation. Ainsi, les visuels, signature du groupe, jouent un rôle crucial dans cette performance. Galactiques, associés à une tête gonflable géante, ils constituent la cerise sur le gâteau de cette mise en scène ambitieuse et extravagante, digne d’un roman. Des projections hypnotiques et des jeux de lumière subliment chaque morceau, leur procurant une dimension encore plus irréelle et magique. Le leader Luke Steele semble pleinement investi dans ce projet qui le passionne. Il arbore, notamment, une robe et une coiffe avant-gardistes qui incarnent à merveille le personnage de l’ ‘empereur » avec majesté et élégance.

Pour finir, c'est bien sûr « Walking On A Dream » qui remporte tous les suffrages. La chanson, qui reste un tube, est chantée comme un véritable hymne ; et les danseurs le transforment en un véritable soleil et une lune, le tout dans une ambiance très aérienne.

Setlist :

Act 1 : « Changes », « The Feeling You Get », « Half Mast », « Cherry Blossom », « We Are The People ».

Act 2 : « DNA », « Television ».

Act 3 : « Music On The Radio », « Revolve », « High And Low », « Swordfish Hotkiss Night ».

Act 4 : « Ask That God », « Happy Like You, Wild World », « Walking On A Dream ».

Rappel : « Standing on the Shore », « Alive ».

(Organisation : Gracia live)

Park Rock 2025 : samedi 16 août

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Situé dans la région de Saint-Ghislain et plus précisément à Baudour, le Park Rock a fêté, comme il se doit, un vingtième anniversaire qui restera, foi de festivalier, dans les annales !

Si la première journée était consacrée principalement aux déjantés de Poulycrock, la seconde à une pléiade de covers bands tentant de réincarner au mieux Rammstein, Marylin Manson ou encore System of a Down, la dernière journée du samedi misait plus largement vers des artistes pluralistes émergents ou confirmés. C’est vers ce jour précis que votre serviteur s’est tourné.

Loin des grosses machines industrielles, le Park Rock se veut proche des gens. Ici, une seule scène trône au milieu du site, laquelle est entournée de nombreux bars, stand food ou encore d’artisans locaux.

L’endroit possède ce petit côté ‘lounge’ avec ses aires de repos herbées dispersées ci et là. Sais oublier ces grands arbres centenaires aux ombrages salutaires. Si le soleil s’est montré généreux en début de festival, il sera plus discret lors de cette journée de clôture. Mais pas de quoi décourager les défenseurs de la cause culturelle.

Au programme, sept formations aux styles divers, oscillant du garage-rock au blues, en passant par le bon vieux punk. Et à voir l’engouement suscité pour les vieux briscards de Tagada Jones, on peut affirmer que l’expression ‘Punk is not dead’ n’a jamais été autant d’actualité.

Il est aux environs de 13 heures 30 lorsque le power trio The Rackers monte sur le podium. Fondée en 2016, cette formation réunit des amis de longue date : Allan Tombeur (basse), Yohan Pisella (batterie) et Jimmy Morais Rosa (guitare, chant).

The Rackers, c’est la tradition du bon vieux rock des 90’s aux influences UK puisées chez Royal Blood, The Strokes, The Rapture, Franz Ferdinand, Arctic Monkeys, Blur, The Libertines et bien d'autres...

Le groupe rôde ses compos en concert, remporte plusieurs concours et se produit sur de belles scènes, comme au Bota ou dans le cadre du Ronquières Festival. Le succès prenant de l’ampleur et l’envie de partager un univers bien à eux l’incite à enregistrer un premier album. Prometteur, il s’intitule « Lovaria », un nom emblématique dans la Cité des loups. Pas étonnant donc que les lascars arborent des vestes en jeans sur lesquelles est reproduite l’effigie distincte d’un grand loup.

Le combo attaque immédiatement « Melany ». Une compo énergique nourrie aux riffs de guitare, et dont les coups sur la caisse claire déchirent littéralement. Le son punchy pousse le public à se presser en masse pour découvrir ce band à la vitalité débordante.

Le power trio ne déçoit pas ; il s’en donne à cœur joie tout au long d’un « Doctor » au sonorités post-industrielles mancuniennes voire liverpuldiennes.

Les chansons s’enchaînent à grande vitesse. Les références britanniques sautent aux oreilles tout au long de « Fabulous », « You think » ou encore « Quiet drink ».

Le public danse frénétiquement et dans une communion folle, « Hey Honey » provoque l’exaltation des grands jours.

Les portugaises en ont pris un sacré coup ! Et le sautillant « You can drive » a de quoi ravir les amateurs de ce cocktail vivifiant sonorités de guitare électrique, de batterie et de basse.

Le morceau qui aura l’honneur de clôturer le set de quarante-cinq minutes, « Good morning », mettra tout le monde d’accord. Les crocs de ces louveteaux risquent à coup sûr de laisser des traces indélébiles sur la planète rock !

Autre style, autre ambiance, en compagnie de Fervents. Les musicos doivent accuser à peine la vingtaine et ont déjà acquis une solide expérience.

Le guitariste Ben Baillieux-Beynon, le batteur Sébastien Beaumont et le bassiste Nicolas Berwart pratiquent un garage punk aux influences multiples.

Formé à Liège en pleine pandémie, le trio sort un premier Ep propulsé par le single entêtant « Billy », en 2022. Très vite (début 2023), le groupe retourne en studio pour enregistrer un second Ep réunissant cinq morceaux abrupts aux sonorités poisseuses.

Même si le style est aux confins des goûts musicaux de votre serviteur, force est de constater que brutale et intense, l’expression sonore de la jeune formation semble détenir tous les ingrédients d'une vraie réussite dans un style largement sous représenté dans l'Hexagone.

Grâce à des titres incendiaires proches du grunge, du punk et du hardcore, Fervents parvient à capter l’attention du public. Et ce n’était pas gagné d’avance.

Dans l’univers du metal, Komah est considéré comme une valeur sûre. Un metal qu’il mêle à du hardcore. Il s’est formé en 2007 autour de deux anciens membres de Do Or Die.

Sauvage et implacable, sa musique libère un fameux groove. Ne vous attendez pas à du chant lyrique. Ici, le gars qui se cache derrière le micro vocifère une dialectique qui s’approche davantage du hurlement que du chant. Il sera d’ailleurs soutenu du début à la fin par un drumming féroce et des riffs tempétueux et incendiaires. Mais au cœur des déflagrations électriques, on remarque un penchant pour les prouesses techniques.

Le set est tellement violent et aux antipodes de ce qu’écoute votre serviteur qu’il préfère prendre la fuite afin de se rincer le gosier.

Heureusement, le blues-rock de Sasha & The Lunatics vient apporter un peu de douceur dans ce monde de brutes ! Un quatuor fondé en 2022.

Sous ces airs de Sainte Nitouche, la bien nommée Sasha déborde d’une énergie folle. Dès la plage d’ouverture, « Wacky Lane », la voix de la jeune femme étonne. Elle est, sans conteste, la clé de voûte de cette formation, jeune, certes, mais pleine d’assurance. Mais résumer Sacha and the Lunatics a un grain de voix serait inévitablement réducteur, car la musique de ce combo est susceptible de vous flanquer des frissons, à l’instar de « Cruise Contro », caractérisé par ses riffs saturés. Ou alors lorsque les compos se frottent au psychédélisme, entre énergie brute et grooves sexy.

Sur « Mona » ou encore « Legacy », les influences semblent puisées chez Led Zeppelin, Dorothy et encore Kaleo.

Empreint d’une fausse candeur, la performance scénique de la demoiselle est remarquable, comme sur cette reprise légère et osée de « Human », le titre phare de Rag'n'Bone Man.

Ce soir, Sacha a brillé de mille feux en compagnie de ses fidèles musiciens follement lunatiques.

Place ensuite à Black Mirrors, un quatuor issu du Brabant wallon, drivé par Marcella Di Troia.

Le patronyme du band est tiré de la série anglaise ‘Black Mirror’, dont la trame dénonce les dérives du superflu actuel.

L’influence individuelle de chacun des membres est relativement marquée.  Une musique hybride entre le stoner des Queens Of The Stone Age, le garage/blues/rock ‘old school’ pratiquée par Led Zeppelin ou Jimi Hendrix et la coloration psyché/pop de Jefferson Airplane.

Une évidence, l’organe vocal de Di Troia sert de charpente aux compos ! Elle possède une maîtrise parfaite et se sent très à l’aise sur différentes tonalités que ce soit sur « Soap », la plage d’ouverture, « Gunther Kimmich » ou encore « The Mess ». C’est elle qui va capter l’attention du public, bien plus que l’instrumentation. Et ce même si le jeu de guitare de Pierre Lateur apporte une dimension structurelle aux morceaux. Il s’agit d’un musicien qui détient une maîtrise parfaite de son manche. Les accords les plus complexes n’ont aucun secret pour lui.

Marcella s’investit corporellement en ‘live’, ses membres exultant sur chacune des notes. Son corps manifeste des soubresauts à l’entame de « Lost In Desert » ou encore pendant « Tears To Share ». Ses compagnons de route, quant à eux, sont plus réservés et se contentent de laisser vaguer leurs six cordes électriques, laissant entrevoir les portes de l’onirisme.

Le combo s’autorise une reprise du « The Memory Remains » de Metallica que le band américain avait interprété, en 1997, en compagnie de Marianne Faithfull. Crasseux et percutant, le son dispensé dans les frontaux gronde et crache ses décibels. 

Au bout d’une heure, au cours duquel le groupe a livré son excellent blues/rock/garage, Black Mirror prend congé d’un auditoire ravi et un peu sonné de cette prestation éblouissante.

La lune a établi ses quartiers au-dessus de la plaine de Baudour, de quoi illuminer le concert du trio anglais The Subways. Un groupe de rock alternatif britannique, originaire de Welwyn Garden City, dans la banlieue de Londres, en Angleterre.

Formé en 2003, le combo compte quatre albums studio, à son actif. A l’origine, le line up impliquait les frères Billy Lunn et Josh Morgan, auquel s’était ajouté l'ex-fiancée de Billy, Charlotte Cooper. Ce n'est pas parce qu’il craignait d’être confondu avec Billy Corgan (chanteur des Smashing Pumpkins) mais bien en hommage à son grand-père, qui lui a acheté sa première guitare, que Billy a décidé de choisir Lunn comme patronyme. Aujourd’hui, c’est Camille Phillips qui siège derrière les fûts.

Dès les premiers accords de « Oh Yeah », une constatation s’impose : le combo n’a rien perdu de son énergie. Et puis, il nous permet de revivre ce rock sauvage, à travers les riffs glorieux, qui a marqué les nineties, si bien incarné par Nirvana, Smashing Pumpkin, Sonic Youth et même Oasis.

« Holiday », « Black Wax » ou encore « We Don't Need Money to Have a Good Time » s’enchaînent à la vitesse de l’éclair.

Mais celle qui focalise l’attention est la bassiste qui s’investit pleinement dans l’explosion des titres.

Très complices, les voix de Lunn et Cooper se complètent à merveille, comme sur ce « Taking All the Blame », caractérisé par cette fausse candeur.

Véritable machine à produire des titres punk-rock aussi réjouissants que nerveux, The Subways s’attise la sympathie du public, d’autant plus que le singer baragouine dans un français approximatif, mais qui produit son petit effet ‘kiss cool’.

Les titres révélateurs parsèment une setlist copieuse, mais bien équilibrée, au sein de laquelle Lunn partage continuellement des anecdotes amusantes avec son public.

L’incontournable « Rock’n’Roll Queen » vient conclure cette prestation épatante au cours de laquelle Billy manifeste une simplicité inattendue en se tapant l’‘incruste’ dans le public.

Une fraîcheur automnale s’abat soudainement sur le site lorsque Tagada Jones débarque sur l’estrade. Il est alors 22 heures 30.

Après l’intro, très vite le combo fait saigner guitares, basse et batterie afin de balancer « Le dernier baril » plein de poudre.

Ces vieux briscards semblent dans une forme olympique. Ça déménage même d’enfer.

La plaine est… pleine à craquer. Même ceux pour qui le punk est mort depuis belle lurette se sont donné rendez-vous à Baudour, afin de revivre des moments vécus au cours de leur jeunesse en s’adonnant aux joies de la danse débridée.

Malgré plus de 30 ans de carrière, cette formation française est toujours aussi contestataire et nous le rappelle bien dès « Je suis démocratie » qui fédère, comme un paquet de frites sauce mayo.

Les assauts électriques fusent sur une rythmique complètement psychédélique. Les titres s’enchaînent (« Nous avons la rage », « Zéro de conduite », « Cargo ») et les remous de la foule, un peu timides au début, se transforment vite en pogos complètement fous.

Le son puissant et métallique de ces sales Jones pousse les plus téméraires à se livrer aux joyeusetés du slam et à se laisser porter par la foule, en étant allongé, jusqu’aux barrières crash, elles-mêmes postées en front stage.

Les propos sont rudes, mais font figure de punchlines, à l’instar de cet excellent « Vendredi 13 » (NDR : il relate les attentats du 13 novembre 2015, qui ont causé 131 morts, 413 blessés, et des milliers de victimes collatérales dans les familles), et dont le refrain est repris par le peuple dans son entièreté, excédé par autant d’ignominie et de bestialité. Comme quoi, la musique a des vertus qu’aucun autre art ne possède.

Les échanges entre Niko (au chant et à la guitare) et le public sont peu nombreux. Peu importe, l’essentiel est porté par Waner préposé à la basse, Stef à la guitare, et Job à la batterie qui repoussent les limites du possible pour pouvoir délivrer le meilleur d’eux-mêmes.

Alors que le set tire à sa fin, « Mort aux cons » met littéralement « Le feu aux poudres ». Un hymne qui traite de l’injustice sociale et dont le refrain entêtant à hurler sans vergogne, provoque un séisme narratif au sein d’une foule pourtant surchauffée.

Tagada Jones se produit déjà depuis une heure trente, le visage de chacun des membres ruisselle de sueur, démontrant que leur investissement n’est pas feint.

La reprise de « Cayenne » de Parabellum sonne le clap de fin, avant qu’une bande préenregistrée diffuse en boucle, durant de longues minutes, le titre-slogan des Berruriers Noirs : ‘La jeunesse emmerde le Front National’. Un groupe que les jeunes de moins de vingt ans ne peuvent évidemment pas connaître.

Une fois de plus, le Park Rock a tenu toutes ses promesses. Un anniversaire fêté comme il se doit, entre simplicité, efficacité et pugnacité, car il en faut de la volonté et du courage pour survivre aujourd’hui dans la jungle des festivals…

(Organisation : Rock Nation + Park Rock)

STONE

Plus jamais STONE…

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STONE vient de graver un single. Intitulé « Never again », ce morceau brut et honnête marque un retour à ses racines, enregistrant en direct pour capturer l'énergie agressive du groupe. Le chanteur et guitariste Fin Power explique que la chanson est une réaction à la perte de contrôle pour réussir à la radio ou devenir viral. Les paroles reflètent son parcours vers la sobriété et les défis rencontrés avec une grande maison de disques.

Inspiré par l'univers Cyberpunk 2077, Power a écrit « Never again » pour exprimer la résistance et la rébellion. Le groupe punk de Liverpool se concentre désormais sur la connexion réelle avec leur public, rejetant la viralité pour privilégier l'authenticité.

« Never again » est en écoute ici

 

 

Sorry

La mascarade de Sorry…

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Le groupe pluridisciplinaire Sorry sortira son nouvel album, « COSPLAY », ce 7 novembre 2025. Cet elpee redéfinit les paramètres établis par le groupe tout au long de sa carrière, offrant un monde où chacun peut être n'importe qui, réel ou imaginaire, vivant ou mort.

« COSPLAY » est décrit comme un tourbillon d'idées et de déguisements, distillé dans le long playing le plus passionnant et sincère de sa carrière. Il fait suite à « Anywhere But Here » (2022) et « 925 » (2020). La formation a testé le nouveau matériel lors de sa récente tournée au Royaume-Uni et en soutien à Fontaines D.C.

La chanson « Echoes », inspirée par un poème sur un garçon criant écho dans un tunnel, est un moment clé de l'opus. Elle traite de la perte de soi dans l'amour, ‘l'écho’ devenant une troisième personne.

Le ciip consacré à « Echoes », est disponible

 

 

Caleb Nichols

Pour Caleb Nichols, l’âge de pierre est de retour…

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Le poète queer et auteur-compositeur-interprète Caleb Nichols a sorti « Slate Age », le quatrième single de son prochain album « Stone Age Is Back », qui sera publié via Royal Oakie Records le 3 octobre 2025.

« Stone Age Is Back » est décrit comme une thèse de doctorat en rock indie contemporain et folk alternatif, ajoutant une dimension fascinante et urgente à la musique et à la poésie de Nichols. L'elpee est une méditation sur le deuil, explorant les émotions complexes liées à la vie et à la mort en période de changement extraordinaire.

Produit par Nichols et mixé par Jay Pellicci, l'album est soniquement impeccable, rappelant les débuts de Modest Mouse et les punks britanniques The Tubs. Enregistré en seulement cinq jours, le long playing présente une multitude d'influences, allant des paysages du nord du Pays de Galles à la poésie et à la théorie lues pendant son doctorat en écopoésie queer.

Le single « Slate Age » est une chanson pop indie de 3 minutes sur l'amour non partagé, révélant des influences de Belle & Sebastian, REM, Teenage Fanclub et de Go-Betweens. La chanson est ancrée par une ligne de basse sautillante et une batterie inspirée de la Motown, alors que les paroles évoquent le chagrin d'amour avec humour.

« Slate Age » est en écoute

 

 

Will Paquin

Will Paquin est mort de rire

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Etabli à Los Angeles, Will Paquin sortira son premier album auto-produit, intitulé "Hahaha", ce 12 septembre 2025.

Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est marqué par un chaos créatif et un humour distinctif. Le premier single, "I Work So Hard", reflète les influences de Paquin, telles que Ty Segall et les Oh Sees, et aborde le thème de la fausse productivité.

Le chanteur/guitariste qui avait l'habitude d'écrire en isolement, a commencé à se faire connaître en 2020 en gravant "Chandelier". "Hahaha" représente une évolution vers un son plus fort, brut et chaotique, conçu pour enflammer les foules. L'album a été écrit en grande partie sur la route, mêlant tristesse et énergie live.

Les références musicales de Paquin incluent les Beatles, Oh Sees, Ty Segall, Deerhoof, Can et Flaming Lips. L'album est une fusion de ces influences, créant un son unique. Paquin a travaillé avec son ami d'enfance William Levin pour produire l'elpee, ainsi que Nathan Boddy au mixage et Mike Bozzi au mastering.

"Hahaha" est une célébration de l'énergie partagée et du chaos, une catharsis garage-rock psychédélique destinée à être jouée devant une foule.

Le clip de « I work so hard » est disponible  et celui de « We Really Done It This Time » ici

 

 

Born Idiot

Le traumatisme lié à la vie infinie de Born Idiot

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Au fil des années, Born Idiot s’est imposé comme une des figures de proue de l’indie-pop française, avec pour marque de fabrique textes désabusés, mélodies entêtantes, envolées synthétiques et guitares rock. Des sales gosses biberonnés à Crumb et aux Strokes, dont le romantisme est contrecarré par la vanité de la société moderne. Après un hiatus post-covid, la formation rennaise est de retour avec « Infinite LifeTrauma », ode à la fin du monde annoncée.

Au travers de ses dix morceaux, ce nouvel opus explore avec une sensibilité aiguisée les contours d’un monde en ruine, entre amour naufragé et chaos global. On y traverse des rêveries solitaires (« Lonesome »), des visions dystopiques où l’humain se perd dans la machine (« Human Price »), ou encore des romances suspendues entre nostalgie et apocalypse (« The Last Bisou »). Le morceau éponyme, véritable pépite mélancolique, aborde l’ennui amoureux dans nos sociétés modernes : des couplets blasés et des refrains entêtants viennent refléter la monotonie affective d’un quotidien désenchanté.

Claviers kitsch et guitares rêveuses côtoient des riffs plus abrasifs, et chaque titre de ce nouvel elpee devient une capsule où le réel se dissout dans un onirisme lucide. Le groupe y affirme une posture plus frontale, entre romantisme cynique, satire sociale et envie d’embrasser l’effondrement dans un dernier slow électrique.

"Infinite Life Trauma" le nouvel album de Born Idiot sortira le 26 septembre !

Pour en connaître davantage sur le groupe, consulter la page ‘Artiste’, en cliquant Born Idiot en rouge, dans le cadre ‘Informations complémentaires, ci-dessous.

 

Sydney Minsky Sargeant

Sydney Minsky Sargeant sur son île…

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Ce 12 septembre 2025, paraîtra le premier elpee de Sydney Minsky Sargeant. Intitulé « Lunga », il est rempli de chansons mélodiques scintillantes, offrant un antidote au chaos et à l'atmosphère abrasive des tournées. Avant sa sortie, l’artiste a partagé le troisième morceau de l'album, "Summer Song", qui évoque le désir d'échapper à soi-même et aux habitudes de pensée inévitables.

Les 12 chansons de « Lunga » ont été écrites sur plusieurs années, offrant un aperçu profondément personnel de l'évolution de Minsky Sargeant depuis son adolescence à Todmorden (West Yorkshire), jusqu'à aujourd'hui. L'opus présente des touches délicates de musiciens influents et des arrangements de cordes luxuriants, avec des sons éthérés en arrière-plan. Le leader de Working Men’s Club a coproduit le long playing en compagnie d’Alex Greaves et joue la plupart des instruments.

Le clip de « Summer song » est disponible

 

Caïman

Les songes lucides de Caïman

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Avez-vous déjà eu cette sensation, en vous réveillant un matin, d’avoir le cœur rempli, les sanglots dans la gorge, comme si vous aviez repris dans vos bras quelqu’un qui vous manque depuis très longtemps ? Le souvenir du rêve est très furtif, il vous échappe quand vous essayez de l’attraper… alors vous tentez sans relâche de retrouver le chemin, chaque nuit, comme un ‘shifter’, sur les traces de votre fantôme. 

Caïman aime les sensations fortes, les forêts hantées, passer par les petites routes, raconter des histoires et ne jamais s'accorder pareil. Dans le chorus dense de sa guitare électrique, les mots de l'autrice-compositrice et interprète Chloé Serme-Morin tissent des incantations libérées et mystiques. Parfois comparée à une Patti Smith lyonnaise qui aurait fusionné avec Marika Hackman ou avec Liz Fraser des Cocteau Twins, Caïman dessine une aquarelle amplifiée à l’image des créatures qu'elle invoque : sombre, tendre, sincère, traversée par des récits de métamorphose, d'insurrection, de magie et de fantômes.

Trois ans après la sortie de son premier album, Caïman dévoile « Dreams are ways to see dead people again », premier single et clip de son prochain album à paraître à l’automne. Un voyage dream-folk psychédélique au pays des rêves, guidé par une voix sensible et énigmatique.

Le clip de « Dreams are ways to see dead people again » est disponible ici

Il figure également dans le Podcast # 95 de l’émission Inaudible

https://shows.acast.com/inaudible/episodes/inaudible-220725

Ou alors

https://open.spotify.com/show/2f3XFKYz2vuBgR4oVgeSF1

https://www.deezer.com/fr/show/1001021432

https://www.amazon.in/Inaudible/dp/B0D7C7G5FQ (mais vous devez être connecté sur votre compte)

 

GAZ NEWTON

La vie tranquille de GAZ NEWTON

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Le nouvel album de GAZ NEWTON, « Quiet Life », est paru ce 27 juin 2025.

Intimiste et introspectif, cet opus signe le retour lumineux d’un artisan de l’indie rock, au cours duquel Gaz se dévoile comme jamais, à grand coups de guitares et de refrains imparables.

Enregistré à quatre mains en compagnie de Pam E. Hute, dans son studio du Périgord, cet elpee flirte avec la pop, sans toutefois renier ses influences originelles telles que Pavement ou les Pixies. 

La ‘lyric’vidéo d’« Electric Heart » est disponible 

 

Sarah Maison

Les questions existentialistes de Sarah Maison

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Sarah Maison dévoile « Exister », un nouveau single incandescent, disponible depuis le 25 juin sur Capitane Records.

Un titre rock, onirique et résolument engagé, qui annonce la sortie de son premier album « DIVAD », prévue le 19 septembre 2025. Grâce à sa rythmique obsédante et ses guitares affûtées, « Exister », dont le clip est à voir et écouter ici, est une charge poétique contre les dérives néo-libérales, une ode à la nature et un cri du cœur face à une société en surchauffe. Sarah y campe un arbre immobile au milieu de la ville, observant sans fléchir la frénésie de notre époque. Elle y interroge nos désirs, notre rapport au temps, à la productivité, à ce qui compte vraiment.

Inspirée autant par The Kinks, Al Massrieen que par l’univers hallucinatoire de Jodorowsky, elle signe ici une chanson manifeste, organique, brûlante, à la croisée de la fable et du pamphlet.

Le morceau s’accompagne d’un clip réalisé par Diane Sagnier, entre rêve éveillé et dystopie pastel. On y retrouve Sarah au milieu d’un décor enfantin truffé de Polly Pockets, d’objets pop et de mises en scène décalées.

Le contraste entre la douceur visuelle et la tension du propos renforce le message : notre monde va mal, mais il n’est pas interdit d’en rire jaune, ni de le danser.

La compo a été écrite, composée et arrangée par Sarah Maison, puis enregistrée par Steve Surmely (Studio Pipo). Elle s’inscrit dans la lignée de son tout premier single, « Western Arabisant », en creusant plus encore la veine rock et contestataire de l’artiste.

 

Superbus

Superbus OK ou KO ?

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« OK KO », le septième long playing de Superbus est paru ce 4 juillet 2025.

Après des années de silence, le groupe français signe un retour ambitieux en proposant un elpee qui réunit 12 titres inédits et deux reprises, dans un savant équilibre entre nostalgie revendiquée et dialogues entre générations.

Pour l'occasion, plusieurs voix emblématiques de la scène actuelle : Nicola Sirkis (Indochine), Hoshi, ou encore RORI se joignent à l'aventure, insufflant une nouvelle énergie à ce projet résolument tourné vers l'avenir.

« OK KO », titre maître de cet LP en écoute

 

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