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Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au festival Rock en Seine, devant 40 000 spectateurs, RORI poursuit son ascension. Cet été, elle s'invite sur les scènes de plusieurs festivals dont Les Francos à Esch/Alzette, Les…

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Julii Sharp

Le Toucan d’enfer de Julii Sharp…

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Tout est dit en moins d’une minute.

En une langoureuse introduction qui s’envole vers les altitudes d’un folk dépouillé où chaque note se fait caressante, « Toucan » nous emmène immédiatement à l’essentiel et en annonce d’emblée le programme.

C’est beau, chante Julii Sharp aux premières mesures du morceau d’ouverture. Et en effet. C’est simple, c’est beau, c’est évident. Et on se surprend à penser que rien ne doit être autrement qu’en cet instant de grâce suspendue, où tant de choses sont exprimées avec si peu de moyens.

Celle qui a fait ses premières gammes en vociférant sur Alanis Morissette ou Francis Cabrel confesse une épiphanie artistique à l’écoute de Marie Laforêt. Sa capacité à associer la langue française aux sonorités folk, sans sacrifier l’une à l’autre, a ouvert pour la jeune chanteuse d’alors, les portes d’une nouvelle façon d’aborder la musique. Et mystérieusement, si en écoutant cet Ep, on songe plusieurs fois à Hope Sandoval et ses atmosphères rêveuses et hypnotiques, le miracle se produit surtout quand Julii chante en français : elle sait alors nous prendre par la main et nous guider vers des territoires inexplorés où l’on se sent pourtant immédiatement en terrain connu.

Sur ces nappes de pureté pop en apesanteur, l’auditeur.ice comblé.e n’a qu’à se laisser bercer, se perdre sans penser plus loin.

Tout est dit en moins d’une minute. Puisse-t-elle durer une éternité́.

Regardez et écoutez le clip « Toucan »

 

 

Sharp Treble

Thylacine

Écrit par

Sharp Treble est une formation liégeoise responsable d’un hard rock mélodique, plus que probablement inspiré par Kiss, Aerosmith, Guns N’Roses, Van Halen et même le Steve Miller Band. Entre autres. La power ballad « Sometimes » lorgnant même vers les Scorpions. Bref, le quintet se nourrit essentiellement de références 70’s. « Thylacine » constitue son deuxième elpee, un disque qui libère une belle énergie, mais pêche quand même par une uniformité de ton. Même la voix ne sort jamais de son confort. Pas qu’il serait souhaitable qu’elle soit hurlée (NDR : ce qui serait une très mauvaise idée), mais on l’aimerait plus naturelle, moins FM. Les compos son émaillées de solos de grattes judicieux, le tempo est souvent binaire et les compos délivrent un chouette groove. Donc, cet opus devrait plaire aux babas cool d’une certaine époque…

John Carpenter

Anthology (Movies themes 1974-1998)

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Le déjà légendaire John Carpenter n’en finit plus d’être célébré grâce à des écrins musicaux successifs via la très influente maison Sacred Bones. Après les « Lost Themes », cette nouvelle « Anthology » permet cette fois au maître ès-horreur de reprendre les thèmes musicaux du genre parus entre 1974 et 1998, toujours en compagnie son fils Cody et son filleul Daniel Davies. Difficile de ne pas tomber en admiration devant la modernité des claviers chers à Carpenter dès le milieu des années 70. Les B.O. qui ont sonorisé des classiques tels qu’‘Halloween’ ou ‘Assaut’ figurent, mais sous de nouvelles versions, au générique de ce véritable album. Entre synthés atmosphériques un peu cheaps et réelles influences métal (« In the Mouth of Madness »)…. Carpenter s’offre également des reprises étonnantes d’Ennio Morricone et Jack Nitzsche des scores respectifs de ‘The Thing’ et ‘Starman’. Ces classiques prouvent que la notoriété et les frissons des œuvres qu’ils illustraient leur devaient énormément !

Ben Harper

Croire en un monde meilleur...

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Ben Harper est un artiste très populaire. Pourtant on ne lui connaît guère de hits. Ce qui ne l'empêche pas de se produire à guichets fermés. Son dernier passage à Forest National en est une nouvelle illustration. Tout comme pour celui accordé au Zénith de Lille. Face à un public particulièrement enthousiaste, il s'est livré corps et âme en dispensant un 'retropoprock' largement influencé par le blues, quoique légèrement pigmenté d'un zeste de reggae et de gospel.

Bien rôdé et très pro, le sextet s'est fendu d'un set très varié, dynamique et à l'enthousiasme communicatif. Harper n'en oublie pas pour autant de diffuser un message aussi clair que respectueux : 'we could make a better way to this world with our own two hands'. Un message politique empreint de paix et de la tolérance. La main sur le cœur, Harper veut contribuer à rendre le monde meilleur par sa musique.

Le concert s'est ouvert par un court montage vidéo : l'arrivée du groupe à Lille, la préparation du matériel par les roadies et les séances de répétition des musiciens. Rien qu'en visionnant ces images, le public devenait presque dingue. Dans son style reggae, « Steal my kisses » était la parfaite mise à feu. « Don't take that attitude to your grave » et « With my own two hands » permettait au groupe de trouver la bonne vitesse. Des chansons très profondes, au cours desquelles Harper a sollicité le public. Sa solidarité. Sa participation ! En lui demandant notamment de lever les deux mains au ciel. Amorcé sur un ton acoustique, « Diamonds on the inside » s'est révélé davantage intimiste. L'accent a été ensuite placé sur les compos de son dernier opus, « Both sides of the gun ». Et en particulier le très tendre « Waiting for you » ainsi que le titre maître, un morceau puisant mais traversé d'une touche de soul, au cours duquel son inséparable ami, le bassiste Juan Helson, s'est réservé une bonne part des vocaux. La réputation de Ben Harper à la slide (NDR : une Weissenborn !) n'est pas usurpée. Il l'a réservée à « Ground on down ». Une compo très seventies, hantée par l'esprit de Jimi Hendrix. Plus écrasant, « Black Rain » a permis à Helson d'étaler tout son talent à la basse, dans la meilleure tradition de Les Claypool (Primus). Le set a tellement tenu le public en haleine que l'heure et demie est passée trop vite.

Le groupe a accordé deux rappels. Soit une petite heure de bonus. Harper a d'abord interprété quelques morceaux en solitaire. Sa voix et sa guitare acoustique. Il y a démontré toute sa virtuosité tout au long de chansons intimistes comme « Never leave lonely alone », « There will be a light », « Another lonely day » et « Walk away ». Flanqué de ses Innocent Criminals, il nous a invité à participer à la messe du dimanche, un office célébré par « Where could I go ». Le concert a vécu son apothéose lors de la cover du « Get up Stand Up » de Bob Marley ; mais aussi lorsqu'il a interprété « Burn one down » ainsi que « I believe in a better way », compo amorcée par des sonorités indiennes. Envoûté, le public a repris en chœur cette chanson ultime consacrée à la tolérance.

Les mots manquent pour qualifier ce concert : plus qu'impressionnant, il a frôlé le sublime. Tantôt intimiste, tantôt puissant ou dynamique, il a convaincu les plus sceptiques et ravi l'ensemble du public. Un set de presque deux heures et demie accordé par Ben Harper & The Innocent Criminals qui sera à marquer d'une pierre blanche. Et puis, à l'instar d'un Michael Franti, le message est tellement fort, qu'il nous incite à travailler (in)consciemment à la construction d'un monde meilleur !

Traduction: Hendrik Tant (Adaptation Bernard Dagnies)

Organisation: France Leduc Productions

Adam Carpet

Hardcore Problem Solver (Ep)

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« Hardcore Problem Solver » constitue le dernier Ep d’Adam Carpet. Pour la circonstance, le combo milanais a épousé un profil plus électro que lors de son précédent album, « Parabola ». La musique des Transalpins pourrait être qualifiée de post électro-pop, car elle est souvent instrumentale (« Rock is Dead, Mambo is Not ») tout en n’oubliant jamais sa forme sautillante et mélodique, à l’instar d’une plage comme « Hector Mann ». Rafraîchissant !

 

Ben Harper with Charlie Musselwhite

Un set qui nous a laissé des poussières d’étoiles dans les mirettes

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Ben Harper, 48 ans, et Charlie Musselwhite, 74 balais, se produisaient à la Madeleine de Bruxelles, ces 13 et 14 avril. Votre serviteur a été accrédité pour le deuxième jour. Né dans le Delta du Mississippi, Charlie a publié 35 albums. Et Ben, tour à tour flanqué de The Innocent Criminals, The Blind Boys of Alabama ou Relentless Seven, une bonne quinzaine, sans compter ses collaborations. Dont celle que les deux artistes ont entamée en 2013 et qu’ils ont traduite par deux elpees, « Get up », paru il y a quatre ans, et « No Mercy In This Land », en mars dernier. Harmoniciste légendaire, Musselwhite a notamment bossé en compagnie de Bonnie Raitt, The Blind Boys Of Alabama, Tom Waits, INXS et Neil Young. Harper se sert très souvent d’une Weissenborn électrifiée ou pas (NDR : une gratte d’origine hawaïenne), qu’il pose sur les genoux. Mais également d’autres guitares, dont la plupart sont de véritables objets de collection. Particulière, sa technique à la slap slide, caractérisée par un appui sur les cordes à l’aide d’une tige en acier, est héritée des joueurs de blues du Mississippi.

Le duo est soutenu par Jimmy Paxson, aux drums, planté sur une estrade, Jesse Ingalls à la basse et Jason Mozersky, à la seconde gratte. La déco est intimiste. Dès que les musicos débarquent sur le podium, Ben lève les bras au ciel, et salue l’auditoire. Charlie sourit. Il a emmené une valise qui doit contenir au moins une douzaine d’harmos. Il y plonge la main et en extrait un exemplaire. Et déjà les applaudissements fusent. Blues plutôt classique, « When I Go » ouvre le set. Les sonorités des cymbales suggèrent une poursuite exécutée par des alligators. Une voix semble émerger des marais humides du Bayou. Ben troque sa sèche contre une électrique pour « Bad Habits ». Si depuis le début du concert, la paire est assise, elle se lève pour attaquer ce blues classique. Un style au sein duquel le Californien excelle, même si en général, il ne pratique pas un blues pur et dur. En outre, on peut affirmer qu’il a de la présence sur les planches. Il se rassied et attaque « The Blues Overtook Me », à la lap slide, alors que debout, derrière le micro, Charlie signale ‘que le blues est dans la maison ‘. Et il chante. Un rôle qu’il ne se réservera qu’à trois reprises

Tout au long de « I Ride At Dawn », Harper et Charlie opèrent une rencontre subtile entre le Delta du Mississippi et le blues chicagoan. La gratte du premier cité semble hantée à la fois par Robert Johnson, John Lee Hooker et Lightning Hopkins, pendant « Get Up », alors que l’harmo du second, l’est plutôt par Sonny Boy Williamson et Little Walter. Et son souffle enveloppe les riffs bien mélodiques tracés par Ben à la six cordes. Lorsque l’harmonica est mis en exergue, le natif de Calremont prend un peu du recul pour laisser son compère totalement s’exprimer. Le show recèle cependant des moments plus rock, comme « Found The One ». Lors de la ballade instrumentale, « Nothing At All » Harper siège derrière le piano, alors que les interventions à l’harmo de Musselwhite s’intègrent naturellement à l’ensemble. La voix de Ben est empreinte de mélancolie tout au long de la reprise du « When Love Not Enough » de Memphis Minnie et Kansas Joe McCoy. Et le show s’achève par « Levee Breaks ».

Après 10 minutes d’interruption, le team remonte sur l’estrade pour accorder 5 titres. Tout d’abord le burné « The Bottle Wins Again ». Puis, une version du « Yer Blues » des Beatles. Mais surtout « All That Matters Now », que chante Ben a cappella, face à un auditoire silencieux et sous le charme. De quoi en avoir les larmes aux yeux. Un concert de 120 minutes qui nous a laissé des poussières d’étoiles dans les mirettes. Si vous avez encore l’occasion d’assister à un concert de Ben Harper et Charlie Musselwhite, ne manquez pas l’aubaine ; car Charlie n’est plus de première jeunesse… 

(Organisation : Live Nation)

Setlist : « When I Go », « Bad Habits », « The Blues Overtook Me », « Love And Trust », « I Ride At Dawn », « Get Up », « I Don’T Believe A Word To Say », « Movie On », « I'm in I'm Out and I'm Gone », « Nothing At All », « Trust You To Dig My Grave », « Found The One », « I’m Going Home », « Bloodside Out », « When Love Not Enough » (Memphis Minnie & Kansas Joe McCoy cover), « Levee Breacks ».

Rappel : « No Mercy In This Land », « The Bottle Wins Again », « Long Legged Woman », « Yer Blues » (Beatles cover), « All That Matters Now ».

Pour les photos, c’est ici (CréditLéonce Collet)

 

 

 

 

Jimmy Carpenter

Plays the blues

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Ce saxophoniste roule sa bosse depuis un quart de siècle. Ses débuts remontent à 1980. A cette époque, il sévit chez Alka-Phonics, un groupe issu de son patelin, à Greensboro, en Caroline du Nord. A cours des nineties, il accompagne d’excellents gratteurs comme Tinsley Ellis ou Jimmy Thackery. En 2004, il s’est établi à la Nouvelle Orléans. Il a publié, fin 2008, "Tolling in obscurity", son premier elpee solo. Depuis, il ne cesse d'être sollicité. Et pour cause, il rallie les backing groups d'Eric Lindell, de Walter Wolfman Washington, et plus récemment, de Mike Zito, en l’occurrence The Wheel. "Plays the blues" constitue son second opus personnel. Il a été enregistré au sein des studios Nola à New Orleans, sous la houlette du son ami Mike Zito. Ce dernier se charge de la guitare et des vocaux qu’il partage auprès de Jimmy ! Le tracklisting réunit essentiellement des reprises signées par des légendes du blues. Et plusieurs amis du souffleur sont venus apporter leur concours lors des sessions.

L’elpee s’ouvre et s’achève dans le r&b. Traité dans un style Memphis, le "You belong to me" de Magic Sam entame les hostilités. Mike Zito brille déjà au chant et aux cordes. Carpenter introduit le "Too late" de Willie Dixon (NDR : le légendaire Little Walker, l’avait traduite en succès, il y a bien longtemps), une piste imprimée sur un tempo enlevé. Jimmy ne tient pas en place et explose son saxophone. Plusieurs plages instrumentales le mettent d’ailleurs en exergue. A l’instar du blues lent "Jimmy plays the blues", du "Surf monkey" de Freddy King, au cours duquel Tinsley Ellis se consacre aux cordes, du "Slow soul" de Sam Cooke et du "Preach" de King Curtis. Lewis Stephens siège derrière le piano tout au long du blues/rock "Kid in my head", un des trois meilleurs morceaux du long playing. La cover du "Blues with a feeling" de Little Walter est également remarquable. Et enfin le classique d'Otis Rush, "All your love", au cours duquel Zito excelle au chant et aux cordes.

 

Erin Harpe

Big Road

Écrit par

Fondé en 2010, Erin Harpe and The Delta Swingers est un quartet issu du Massachusetts. Erin en est bien sûr le leader. Il se réserve le chant et la guitare. Il est épaulé par le bassiste Jim Countryman, l’harmoniciste Matt Prozialeck et le batteur Kendall Divoll. "Big Road" constitue le second opus du band. Il fait suite à "Love whip blues", paru en 2014. En outre, le même line up se produit sous le patronyme de Lovewhip, mais dans un registre electro funk.

Erin a également assuré la mise en forme de ce nouvel elpee. Un disque découpé en dix plages, dont trois compositions personnelles et des reprises qui reflètent bien son attachement au blues originel du Delta.

Plage d’ouverture, "Kokomo" est également la meilleure. Une version énergique d’une compo signée par le légendaire Mississippi Fred McDowell. Très amplifiée, elle se distingue par un dialogue entre les sonorités traitées au bottleneck par Erin et l'harmonica de Matt, tout en restant fidèle à l’esprit du Delta. "Lonely leavin' town" est un morceau plus cool. Les reprises restent bien dans l'esprit des créateurs d'avant la grande guerre, Tommy Johnson et Mississippi John Hurt. Sur "Big Road", les Delta Swingers évoquent le Canned Heat originel. La reprise fétiche du "Shake your hips" de Slim Harpo est la plus longue plage, un boogie qui se distingue par de belles envolées aux cordes et à l'harmonica. "Voodoo blues" s'enfonce dans la Louisiane. Erin se consacre au frottoir et Michael Casavant, invité pour la circonstance, à l'accordéon. Le titre final, "Gimme that", s’inscrit davantage au cœur de l’autre projet, Lovewhip ; une piste electro funk dansante qui laisse une large place aux solistes et aux percussions de Kendall !

 

The Harpoonist & The Axe Murderer

Apocalipstick

Écrit par

Après avoir publié le très prometteur elpee "A real fine mess", en 2014, le duo de Vancouver nous propose son second, "Apocalipstick". Pour l’enregistrer, le chanteur/harmoniciste Shawn Hall, alias The Harpoonist, et Matthew Rogers, aka The Axe Murderer, préposé à la guitare, à la basse et aux synthés, ont reçu le concours de quelques musicos, dont le producteur John Raham, aux drums et percussions. Originale, la musique se caractérise par ses arrangements complexes, ses recherches sur les sonorités et un travail constant sur les voix. Faut dire que pour la circonstance, Shawn est entouré par pas moins de sept autres vocalistes. Le résultat est plutôt coloré, à l’instar de l’illustration de la pochette, qui reproduit des lèvres multicolores. Coloré voire psychédélique, car le climat est propice à l’aventure et au voyage. Bien sûr, l’opus n’est pas englouti sous un flot de guitares acides, mais balayé par une folie orchestrale sonore…

D'ailleurs, des tonalités chiadées, dispensées par les synthés de Matthew, ouvrent la voie à "Get ready", une piste dont la rythmique bien marquée rappelle le Bo Diddley beat. John Raman déverse de solides percus. Une rythmique qui se révèle bien nerveuse sur "Nancy", un morceau dominé par l'ensemble vocal. Et si les sonorités de la guitare sont découpées au rasoir, le refrain adopte un profil accrocheur, pop même. Un riff rythmique appuyé balise "Forever fool". La voix de Harpoonist s’y révèle autoritaire. Des cordes réverbérées introduisent "I'm back", un blues contemporain, caractérisé par des harmonies vocales élaborées. Mr Hall chante nerveusement "Pretty please", un rock singulier au cours duquel harmonica débridé et percus sont à l’offensive. Et d’une voix pure, "Treat me kind", une jolie ballade roots enrobée de chœurs et découpée dans les cordes acoustiques. L’opus nous réserve encore toute une série de brèves compos complexes et bien fignolées qui explorent judicieusement les parties vocales. A l’instar de l’allègre "Marianne". Souligné par les brefs jaillissements d’harmo, la voix s’impose sur "Father's son", un morceau au cours duquel la guitare trafiquée de Matthew prend son billet de sortie, en entraînant dans son élan les claviers de Geoff Hilhorst. La finale est excellente. Le chant slalome entre percussions et synthés, à la rencontre des autres voix. Mystérieuse et éclatante, cette aventure psychédélique est décidément peu ordinaire !

 

Warpaint

Heads Up

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Considéré comme un véritable hype à ses débuts, Warpaint est devenu une valeur sûre de l’indie rock. En à peine six ans, le quatuor féminin (NDR : il est issu de Los Angeles) a pris une autre dimension. Il a écumé les plus grands festivals mondiaux et partagé la scène avec, notamment, The XX. Depuis la sortie de son deuxième elpee, et malgré la participation à de nombreux concerts, certaines d’entre elles ont monté des projets parallèles. Et notamment la bassiste, Jenny Lee Lindberg, en solo ; ou de la guitariste, Theresa Wayman, chez BOSS, en compagnie de membres de Yeasayer et de All We Are.

« Heads Up » constitue le troisième opus des Californiennes. Plus de trace de Flea ou Flood (Depeche Mode, U2, PJ Harvey) derrière les manettes, mais bien Jake Bercovici. C’est lui qui avait déjà produit le premier Ep. Découpé en 11 plages, ce long playing propose une musique complexe, mélodieuse et chargée de groove. Les rythmes semblent empruntés au r&b ou au trip hop. Il émane une forme de sensualité de ces pistes. Les riffs de basse sont hypnotiques. A l’instar de l’excellent morceau qui ouvre la plaque, « Whiteout ». Percutant, « By Your Side » parvient à mêler rock et hip hop. L’elpee recèle bien sûr quelques titres plus pop, comme « New Song » ou « So Good », des compos stimulantes qui devraient ravir les festivaliers, cet été. D’autres pistes adoptent un profil plutôt atmosphérique. Et « The Stall » en est certainement la plus belle illustration…

« Heads Up » confirme le potentiel de ce grrl band qui rencontre aujourd’hui un succès amplement mérité. Il se produira à Werchter, le dimanche 2 juillet, date à laquelle sont également programmés Foo Fighters, Alt-J, Soulwax, Benjamin Clementine et bien d’autres…

 

Ben Harper

Aux innocents les mains pleines

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Votre serviteur avait assisté, pour la première fois, à un concert de Ben Harper, en 1998. C’était à Torhout (NDR : dans le cadre du festival jumelé Torhout/Werchter). Etonnant que près de 20 ans plus tard, il soit toujours dans le circuit en compagnie de ses vieux comparses, The Innocent Criminals. En 2015, la troupe s’était à nouveau produite à Werchter ; et cette année, elle est repartie en tournée mondiale, un périple baptisé « Call It What It Is », soit le titre du nouvel opus. Il transitait donc par les Hauts-de-France, et plus précisément le Zénith de Lille, ce jeudi 20 octobre. Retour sur un concert très très bien ‘roadé’…

The Jack Moves est prévu en supporting act. Malheureusement, malgré un départ de plus de 2h30 avant le début de sa prestation, je ne suis parvenu à assister qu’aux remerciements adressés par Zee Desmondes et Teddy Powell, à la foule. ‘What a pity !’ Il faut cependant souligner que le concert de Ben Harper a suscité un énorme engouement dans le Nord de la France. Ce qui explique la véritable cohue, autour du Zénith Arena. Le parking est blindé, la fosse pleine à craquer, et les gradins se remplissent à une vitesse vertigineuse.

21h05 les lumières s’éteignent. Le show peut commencer. La foule est déjà survoltée. Les premiers rangs sont carrément compressés contre les barrières. Le personnel de la sécurité est particulièrement à cran. La nervosité, vraiment palpable.

Représentée par une immense cible, le décor est inspiré de l’artwork du long playing « Speak Out-A Bluegrass Tribute ». Un oiseau en bois surplombe un petit meuble ; et un tissu coloré à motifs psychédéliques pend négligemment le long du clavier.

Chapeau vissé sur le crâne, Ben Harper grimpe sur l’estrade. Il est accompagné de ses Innocents Criminals. Il y a une telle ferveur dans les acclamations qu’elles en deviennent impressionnantes. Issu de « Fight For Your Mind », « Oppression », ouvre les hostilités. De quoi ravir l’auditoire. Le concert va alterner les genres, depuis la soul au blues en passant par le rock et le folk, sans oublier le reggae.

Aux percus, Leon Mobley affiche une maîtrise stupéfiante. D’abord sur le plus reggae « Finding Our Way ». Puis lorsqu’il s’autorise un solo en avant-scène pour « Burn One Down ». Mais encore lors d’un trio qu’il partage en compagnie du bassiste Juan Nelson et du gratteur Michael Ward, sur « Don’t Take That Attitude To Your Grave ». Mais en général, ce dernier semble quelque peu absent. Quant à Jason Yates, malgré son look de vieux corsaire, il se révèle plutôt discret. Le musicien qui brille vraiment de mille feux, c’est Juan Nelson. Il épate par sa technique et sa capacité à suivre (ou précéder) Ben Harper. Pendant « Fight For Your Mind/Them Changes », lui et Ben exécutent un long passage instrumental. Aussi, fascinée, la foule l’ovationne pour l’encourager. Après ce morceau, Haper va même plaisanter en déclarant : ‘Je ne peux pas le suivre !’.

Ben Harper est un excellent communicateur. Que ce soit vis-à-vis de ses musiciens que de l’auditoire, qu’il remercie à maintes reprises, parfois la main sur le coeur, comme s’il était submergé par une certaine émotion.

Il tend aussi le micro vers la foule pour l’inviter à chanter sur « Finding Our Way », l’incite à frapper dans les mains en rythme ou à les lever « With My Own Two Hands ». Sous les lumières du Zenith Arena rallumées pour la circonstance, tout le monde s’exécute, des premiers rangs aux derniers gradins du fond de la salle, pour ce long moment de communion.

Outre sa technique remarquable affichée, notamment lorsqu’il se sert de la slide, le Californien Ben Harper possède une excellente voix. Et son interprétation a capella et sans micro d’une partie de « Morning Yearning » a de quoi clouer le public sur place. La performance subjugue, et l’assemblée l’écoute religieusement avant de l’applaudir longuement.

Ben Harper rappellera aussi The Jack Moves sur l’estrade pour interpréter « Under Pressure », en hommage à Freddy Mercury et David Bowie, avant de terminer ces deux heures de concert par un solo acoustique sur « Waiting On An Angel ». Il est alors seul sur les planches face à un auditoire ébahi…

Donc le concert était génial. Pour être honnête, il ne m’a pas totalement convaincu. Pourtant, le son était nickel. Et la technique des musicos, irréprochable. Je vais encore me faire des amis, mais soit… En fait, j’ai eu l’impression d’assister au spectacle d’une véritable machine de guerre. Tous les rouages étaient parfaitement huilés. C’était même digne d’un show permanent à Las Vegas. A aucun moment, je n’ai ressenti une réelle émotion dans ses propos ou ses gestes ; que ce soit le poing levé ou la main sur le cœur. Tout semblait calculé comme dans une production hollywoodienne. Aucune place n’a été laissée à la spontanéité. Même le rappel et les reprises étaient savamment arrangés. Il y a fort à parier que si vous assistez à deux shows de cette tournée, vous retrouverez la même selist, les mêmes clins d’œil adressés au public, les mêmes attitudes censées communiquer des émotions… finalement, il ne changerait peut-être, que de t-shirt…

Quel dommage de voir un tel artiste se laisser bouffer par le système –et il n’est pas le seul– dans l’unique objectif de privilégier la rentabilité ; alors qu’il a le talent pour improviser à travers des jams mémorables… qui le rendraient célèbre… C’est un choix !

Voir aussi la section photos ici

(Org: FLP + Divan Production)

 

Ben Harper

A l’aise dans tous les styles…

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La dernière fois que votre serviteur avait assisté à un concert de Ben Harper, c’était en 2014. Au Cirque Royal. L’artiste était accompagné par l’harmoniciste Charlie Musselwhite. Un set qui s’était enfoncé au plus profond du Bayou. Ce soir, le Californien est programmé au Club de Forest National ; la capacité de la salle est donc réduite à plus ou moins 4 000 personnes. Et elle est sold out, car le deuxième balcon a été condamné ; une tenture noire séparant d’ailleurs le poulailler du reste de l’hémicycle.

The Jack Moves assure le supporting act. Comme pour toute la tournée européenne ; un périple baptisé ‘Call It What It Is Tour’. Le premier elpee (NDR: il est éponyme) de ce duo originaire du New Jersey est paru en décembre dernier. Prévu pour 20 heures, le set démarre un quart d’heure plus tôt. Cheveux longs, pantalons à pattes d’éph’ et chaussures à hauts talons, Zee Desmondes s’installe à l’avant du podium. Il se consacre au chant et à la guitare. Il est soutenu par le drummer/producteur Teddy Powell. Mais en ‘live’, le tandem est épaulé par un bassiste (bonnet enfoncé sur le crâne) et un claviériste.

Bien funky/r&b, « Doublin' Down » ouvre le set. La voix de Zee est particulièrement soul. La frappe de Teddy est métronomique. Les interventions des claviers sont discrètes mais efficaces. On se croirait revenu au beau milieu des années 60. Et tout particulièrement au cœur de l’âge d’or de la Motown. Zee se distingue à la gratte tout au long du magistral « All My Love », une compo hantée par Nile Rodgers. Sa voix est alors empreinte d’une grande tendresse. La cover du « A Fool For You » est excellente. Pendant le langoureux « Make Love », des sonorités de clochettes s’élèvent des synthés. De quoi faire tomber en pâmoison le public féminin. Une autre reprise, le « Heavy Love Affair » de Marvin Gaye. Revue et corrigée par la formation, cette version est épatante. Et « We'Re Here Now » clôt cette excellente prestation, un morceau dominé par les synthés, que ce soit à travers les sonorités d’ivoires ou même de cuivres, reproduites par cet instrument. Dommage que le band ne soit pas un peu plus interactif…

Agé aujourd’hui de 47 ans, Ben(jamin Chase) Harper a donc décidé de remonter son premier groupe : The Innocent Criminals. Vingt-cinq ans quand même que le guitariste californien roule sa bosse. Sa musique mêle rock, folk, blues, roots, gospel, funk et reggae. Outre ce combo liminaire, il a également drivé The Blind Boys Of Alabama et Relentless Seven. Ce soir, il a donc décidé d’en revenir aux sources pour défendre son quinzième album, « Call It What It Is ». Son backing group implique le percussionniste Leon Mobley, le claviériste Jason Yates, le bassiste Juan Nelson, le drummer Olivier Charles et enfin le second gratteur Jason Mozersky, qui remplace Michael Ward depuis mai dernier

Les lumières s’éteignent vers 20h50. En arrière-plan, une toile, sur laquelle est représenté le sigle du dernier opus (NDR : une cible de tir au couleurs verte, orange et brune) de Ben Harper & The Innocent Criminals, est tendue. Deux estrades sont érigées sur le podium. L’une est destinée à Leone et l’autre à Olivier. Harper s’installe au centre, face à son micro. Soit debout. Ou assis, quand il y pose sa guitare sur les genoux. Il est coiffé d’un chapeau mou de couleur blanche. « Oppression » (« Fight For Your Mind  ») ouvre le set. La voix est douce, hantée, mais bien maîtrisée. Yates, bandana bleu lui enserrant le front, et le drummer assurent les backing vocals.

Dès « Don't Take That Attitude to Your Grave » (« Welcome to the Cruel World », 1994), Ben passe à la guitare électrique. Le public applaudit chaleureusement. Régulièrement, la main sur le cœur, il remercie la foule. Il signale que c'est un réel plaisir de jouer ce soir devant un tel public. Qui reprend les refrains en chœur. La température grimpe graduellement. Il revient à la semi-acoustique pour « Finding Our Way », un premier extrait du nouvel opus. Si la set list va puiser au sein des 15 long playings de Harper, elle va quand même privilégier le dernier en date. Pendant « In the Colors » (« Lifeline »), des lumières blanches balayent les premiers rangs de la fosse. Et Ben accorde un solo magistral de percus, en fin de parcours. Il cale sa gratte sur les genoux pour attaquer « Shine ». Il transpire de plus en plus. Aussi, il glisse un essuie éponge de couleur noire sous son couvre-chef, avant d’empoigner le micro pour aborder « Morning Yearning » (« Both Sides of the Gun », 2006). La basse compte cinq cordes. Ce n'est pas courant. Tour à tour, Ben caresse ou martyrise les siennes. Les interventions du percussionniste et du bassiste sont impressionnantes. C’est d’ailleurs en compagnie de ce dernier que Ben va opérer un duel de plus de 15 minutes. Son partenaire au banjo. Harper, à la gratte, posée sur les genoux. Une joute endiablée et terriblement excitante, démontrant ainsi que Ben est à l’aise dans tous les styles. Et le concert de s’achever par « How Dark Is Gone ».

« Burn One Down » et « Where Could I Go » sont interprétés lors du premier rappel. Mais également « Under Pressure ». Pour cette cover signée Queen/Bowie, The Jack Moves débarque, au grand complet, sur les planches. Un très grand moment au cours duquel les artistes vont littéralement vider leurs tripes.

Lors du second encore, Ben revient seul. Il s’accompagne à la sèche électrifiée pour nous réserver son « Waiting On An Angel ».

Ce soir, flanqué de ses Innocent Criminals, Ben Harper a accordé un show exceptionnel. De plus de 150 minutes. Aussi, le public a le droit d’être satisfait. Il semble même comblé. Et dans la tête de votre serviteur, résonne l’un ou l’autre refrain, qu’il fredonne secrètement, le cœur empli de joie… et il n’est pas le seul…

(Organisation : Live Nation)

Voir aussi le reportage photos consacré au concert accordé par Ben Harper & The Innocent Criminals, à Lille, ce 20 octobre, ici.

 

 

 

Adam Carpet

Parabolas

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Cinquième elpee pour ce quintet italien qui pratique une forme d’électro contaminée, suivant les plages, par le post rock, la techno, l’ambient et même le funk (blanc ou noir). Peut-être aussi un peu le post punk, mais en fin de parcours. Jean-Michel Jarre, Kraftwerk, Air et Giorgio Moroder doivent plus que probablement hanter les rêves de ce band transalpin. Quant à savoir s’ils peuplent les miens, c’est une autre histoire. Les risques de se retrouver sur la Carpet et de se casser l’Adam sont bien trop élevés…

 

Karpatt

Angora

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Karpatt roule sa bosse depuis plus de 20 ans. De bars en salles, à travers l'Hexagone, le trio a fini par parcourir le monde. Son dernier opus, « Sur Le Quai », remonte déjà à 2011. « Angora », c’est un estaminet sis à Paris, où les 13 chansons de cet album sont nées.

Le line up du band est inchangé depuis le départ. Il réunit le compositeur Fred Rollat (chant, guitare, accordéon), Hervé Jegousso (basse, contrebasse, porte-voix) et Gaétan Lerat (guitare, banjo, percussions). 

A son actif, 6 elpees studio, dont le deuxième, « Dans Le Caillou », publié en 2004, avait bénéficié du concours de Richard Lorca et Manu Solo ; un disque qui correspondait à leur période manouche.

« Salvador » s’inspire de voyages accomplis en Amérique latine et Centrale. « J'suis mort » nous entraîne plutôt au cœur de l’Extrême-Orient. Et « Ecarteleur » nous transporte en Afrique, un morceau sucré qui raconte l’histoire d'une famille de bourreaux de père en fils. Irrésistible tant dans les mots que le rythme.

Les histoires racontées sont tantôt tristes, nostalgiques ou joyeuses, à l’instar de « Un jeu » ou d’« Amours d’été ». Plus paisibles, « Péniche » et « Encombrants » traitent de la vie et de tout ce qui l’entoure. « Pupuseria » est illuminé par son envol de cordes… et elles finissent par vous emporter dans leur élan.

Cordes et clochettes alimentent un « Partage » entre les musicos et ses aficionados, dans un climat à la fois tendre, léger et dépouillé.

« Chez Toi » en revient au jazz manouche, une compo qui aurait pu figurer au répertoire de Thomas Dutronc.

« Pétales » ou dites le avec des fleurs. Elles piquent. Elles sont offertes aussi, quand on aime  un peu, passionnément ou à la folie. Tant qu'elles sentent bon, il faut en profiter.

Rock et électro sont passés à la « Moulinette » et « Cordes » s’inscrit davantage dans l’esprit de Brassens, voire de Moustaki, avant qu’« Un jeu » de mots à la Toni Melvil n’achève la plaque…

 

John Carpenter

Lost Themes II

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Mais à quelle substance carbure l’ex-maître de l’horreur ? Plus rien ne semble arrêter John Carpenter… A une effroyable cadence, le pape de l’épouvante nous propose déjà un second volet à ses « Lost Themes », enregistrés en compagnie de son fils Cody et de Daniel Alves, dans la cave familiale. Et… miracle : ce nouvel opus est aussi impeccable que le premier épisode : des morceaux aux ambiances –bien entendu cinématographiques– à la fois menaçantes, angoissantes et kitsch entretenues par des nappes de claviers, lorgnant vers les années 80, souvent lourds et atteignant le point culminant sur le climax d’« Utopian Facade », mais aussi sur « White Pulse » aux réminiscences Nine Inch Nails.

Pas de baisse de régime comme on en rencontre pourtant souvent lors de suites cinématographiques… mais n’oubliez pas que ‘Le Parrain 2’ était bien meilleur que le premier épisode ! Et vu que John Carpenter est le parrain d’un genre en soi…

 

Peter D Harper

Show your love

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De nationalité australienne, Peter D Harper est né en Angleterre. Mais il a vécu la majorité de son existence à Perth. Il est aujourd'hui établi dans le Michigan. Peter chante et compose. Il joue également de l'harmonica et du didgeridoo, une sorte de trompe en bois jouée par les Aborigènes. Harper n'est pas un néophyte, puisqu'il compte déjà une douzaine d'albums à son actif. Son premier, "Tears of ice", remonte à 1994. Il se produit désormais en compagnie d’un backing group, Midwest Kind. Issu de Detroit, il implique le guitariste Will  Rideoutt, le bassiste James Norris et le batteur Cam Lewis. Harper est un musicien expérimenté. Sa musique a un son bien spécifique. Et excellente, sa voix est particulièrement expressive…

L'ouverture est impressionnante. "Hell yeah" est parcouru de sonorités primitives émises par des Aborigènes, avant que la slide n’entre en action, avec, en toile de fond, le didgeridoo. Le riff est puissant. La reprise en choeur du refrain est contagieuse. Les musiciens de Midwest Kind sont excellents, ils apportent un soutien solide et indéfectible à leur leader. La voix de Harper s’illustre tout au long de "What's goin’ down", un blues rock influencé par le delta. Et à l’harmonia, il se révèle un souffleur particulièrement inspiré. Puissantes, les percus introduisent "Show your love", une piste particulièrement mélodieuse, colorée par le didgeridoo, mais également par les cordes Will Rideoutt qui se met entièrement au service de son leader. Harper double djembé et harmonica sur "Drive Brother drive", un titre acoustique au cours duquel les harmonies vocales se révèlent épatantes. Dépouillé, "I can't stand this" est un blues lent dominé par la voix de Harper, dont les interventions à l’harmo sont tout à fait bouleversantes. Les invités –Al  Hill à l'orgue ainsi que Gregg Leonard et Tyler Mac aux grattes– ont pris la relève. Et le didgeridoo allume une nouvelle fois un autre sommet de l’opus, le nerveux "It's all in the game", un morceau que souligne à merveille les vocaux. Roots/blues, "It's all in the game" préserve la flamme de l'harmonica… qui ne s'éteint jamais. Le discours de Harper est positif et véhicule des messages de paix et d'amour. De toute bonne facture, "We are in control" est caractérisé par des interventions créatives à l'harmonica. Le didgeridoo revient sur "Let's move", une piste imprimée sur un tempo hypnotique. Excellent, cet LP s’achève par "I look at life", un morceau cool au cours duquel Harper pose un dernier regard sur l'évolution du monde contemporain...

 

John Carpenter

Lost Themes Remixed

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Son récent retour aux affaires a été acclamé par la critique. Donc, il fallait s’attendre à une suite. Mais elle n’est pas celle qu’on imaginait. Car son terrifiant « Lost Themes », paru l’an dernier, fait aujourd’hui l’objet de remixes ! Et quelques pointures issues de la scène électro expérimentale contemporaine, telles que Prurient, ohGr ou même la plus mainstream Zola Jesus, ont accepté de participer à cet hommage rendu au versant musical –dark bien entendu– de la carrière du maître ès épouvantes, notoire pour ses compositions déviantes. Blanck Mass, la moitié des Fuck Buttons, propose une version futuriste de « Fallen » tandis Prurient rend « Purgatory » encore plus glacial qu’elle ne l’était ; à tel point qu’elle en devient éprouvante. Enfin, la relecture d’« Abyss » par JG Thirwell (Fœtus), est aussi impressionnante que grandiloquente, le véritable sommet de ces remixes qui bénéficient pour la circonstance d’une cure de jouvence procurée à cet artiste décidément increvable (a contrario de la plupart des personnages qui peuplent ses films…)

 

John Carpenter

Lost Themes

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Alors que Wes Craven vient de nous quitter, quelle drôle de coïncidence de retrouver l’autre maître de l’horreur adolescente et des ‘slashers movie’, responsable entre autres de classiques comme ‘Halloween’ (1978), ‘The Thing’ (1982) et ‘Le Village des Damnés’ (1995). Il est donc de retour et nous propose de nouvelles compositions ; lui qui avait magnifié ses films de ces B.O., à ces débuts –car c’était bien moins cher qu’engager un compositeur– et foutu les jetons à des générations entières à travers ses sonorités glaciales…

Le vétéran américain regagne également le label de Brooklyn, Sacred Bones, pour nous présenter ses « Lost Themes », des morceaux composés dans la cave familiale en compagnie de son fils Cody et de son beau-fils Daniel Davies. Les claviers gothiques du maître de l’horreur réapparaissent tout en développant cette célèbre ambiance ‘creepy’, à travers des sonorités minimalistes entrecoupées de salves électriques. Impossible de ne pas se construire des images mentales liées au monde cauchemardesque de Carpenter à l’écoute de chaque vignette obsédante de ces « Lost Themes »… Mais les compositions du cinéaste ne s’avèrent pas être de simples gimmicks car elles révèlent des véritables qualités mélodiques (le christique « Obsidian ») et de compositions qui évoluent entre, électro, heavy et pop (l’efficace « Vortex »). Une excellente nouvelle que ces ‘Thèmes Perdus’ et déviants aient pu être exhumés….

 

Warpaint

Warpaint

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Forcément, à cette période de l’année, difficile d’échapper à cet album promis à moult éloges et classements dithyrambiques en hauts des charts récapitulatifs de cette mouture deux mille quatorze.

Une excellente raison en soi d’enfoncer le clou et de revenir sur ce bijou qui d’emblée s’annonçait comme le digne successeur de « The Fool ».

Placé en éclaireur fin deux mille treize, « Love Is To Die » n’annonçait il pas la couleur chatoyante de cet opus éponyme ?

Vu la qualité des dix autres titres, on ne peut que louer le second album (seulement) de ce groupe féminin aussi subtil dans son approche musicale que direct dans son impact émotionnel.

Si l’elpee regorge de détails qui apparaissent encore après de multiples écoutes, le pouvoir de séduction de chacun de ses titres réside essentiellement dans les textures qui enrobent des mélodies. Mélodies, qui semblent moins évidentes que jadis, mais s’imposent néanmoins immédiatement à l’esprit.

Pas convaincu qu’un flot de mots insignifiants décrivent les diverses sensations rencontrées au fil des écoutes de ce plaisir gravé sur sillon, je ne peux donc que vous encourager à y replonger sans modération ou à le découvrir si ce n’était déjà fait.

Oubliez toute référence, tout pont abscons entre mouvances ou autres styles musicaux, Warpaint se distingue suffisamment du reste de la mêlée que pour échapper aux étiquettes.

Et pour ceux convaincus qu’un album sorti trop tôt dans l’année risque l’oubli au moment des bilans, j’engage les paris (sans trop me mouiller) qu’ils en seront pour leurs frais.

Erin Harpe

Love whip blues

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Originaire de la région de Washington DC, Erin Harpe chante et se consacre à la guitare. Elle a appris à en jouer très jeune, auprès de son père, bluesman. C’est dans la capitale fédérale qu’elle va commencer à se produire tout en améliorant progressivement son style. Elle émigre ensuite à Boston où elle apporte sa collaboration à Paul Rishell et Susan Tedeschi. Elle publie deux albums solos acoustiques, "Blues roots" en 2002, et "Delta Blues duets" en 2008. Sa nouvelle formation, The Delta Swingers lui permet de découvrir les racines du blues du Mississippi des années 30 ; une structure qu’elle va balayer de références plus ou moins conséquentes de soul, funk et reggae.

Ce disque a été enregistré au sein des studios Fat Rabbit (NDR : ils appartiennent au jeune guitariste/producteur issu du New Jersey, Dave Gross). Le tracklisting réunit quatre compositions personnelles et des reprises de standards des années glorieuses du blues d'avant-guerre. Le line up des Delta Swingers implique le bassiste Jim Countryman, le drummer Bob Nisi et l’harmoniciste Richard Rosenblatt (NDR : c’est également le boss du label Vizztone qui avait aussi lancé Tone Cool Records). Et la production est impeccable.

Erin chante d’une voix pure et suave "Delta Swing", une plage très roots, qu’elle a co-écrite auprès de Rosie Rosenblatt. Le titre ne manque pas de charme et permet une excellente sortie de Rosie à l’harmonica. Quel plaisir de pouvoir le réécouter à ce niveau! Les percussions saccadées de Bob Nisi secouent "Love whip blues". La voix est étonnante ; mais c’est surtout l’harmo qui reste maître du jeu. La cover du "Future blues " de Willie Brown est superbe, un titre qui emprunte le tempo du chemin de fer, alors que la slide de Sonny Jim Clifford évoque les interventions d’Alan Wilson de Canned Heat, dans leur version de 1970. Et Rosenblatt s’y révèle époustouflant! Willie Brown est l'un des pionniers du country blues. Né à Clarksdale, il avait côtoyé Charley Patton, Robert Johnson et Son House! Solide compo, "Good luck baby" concède de légers accents reggae, une plage dont les parties vocales sont particulièrement soignées. Lucille Bogan est une des premières chanteuses de blues. On lui attribue la signature de "The M&O Blues". Willie Brown en avait également réalisé sa propre reprise. La nouvelle est une autre belle réussite dans l’univers du blues traditionnel, un morceau rehaussé par la présence à la slide de Bob Margolin, un ancien du Muddy Waters Band. Et à nouveau, Rosenblatt est bouleversant sur son harmonica. Les Delta Singers abordent le country blues traditionnel "One way gal", puis le jazz manouche "Pick poor Robin clean". Dave Gross se réserve le Wurlitzer pour le ludique et dynamique "Virtual booty blues". Les musiciens ont adapté le vieux "Mississippi blues" de Willie Brown (NDR : sans doute un WB différent de celui cité plus haut, un des mystères du blues!) sous la forme d'un blues amplifié, conventionnel mais impeccable. Ils l’ont cependant rebaptisé "Charles River Delta blues". Dans un style proche du Chicago southside, Miss Harpe se charge des cordes et Rosie de l'harmo. La interventions vocales d’Erin Harpe sont brillantes tout au long d’"Angel from Montgomery", une compo signée par le chanteur de country, John Prine. Et c’est également la finale. Pour votre info, sachez qu’Erin milite également au sein de Lovewhip, une formation qui pratique de l'electro-funk!

 

Jimmy Carpenter

Walk away

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Jimmy Carpenter est surtout notoire comme saxophoniste. Pourtant, il est également chanteur, compositeur et arrangeur. Il est né à Greensboro, en Caroline du Nord. Il y a effectué ses premiers pas musicaux. En 1980, au sein des Alka-Phonics. Il émigre ensuite à Charlottesville, en Virginie, pour y rejoindre Charlie Pastorfield and the Believers. Tinsley Ellis (NDR : un chanteur/guitariste de blues issu d'Atlanta) le remarque en 1998 et l'intègre dans son band. L'année suivante, il intègre celui de Jimmy Thackery, The Drivers, au sein duquel il restera cinq ans. En 2004, il se fixe à la Nouvelle Orléans pour poursuivre ses expériences musicales. Il apporte sa collaboration à Eric Lindell, Walter Wolfman Washington et au Honey Island Swamp Band. Son premier opus personnel, "Toiling in obscurity", paraît en décembre 2008. Depuis, il multiplie les prestations ‘live’, que ce soit chez les Roadmasters de Wolfman Washington (surtout) et aussi depuis peu en compagnie de Mike Zito, au sein de The Wheel. Il est également impliqué dans l'organisation du MNOP Festival (Music of New Orleans de Périgueux, en France). On se demande parfois s’il prend encore le temps de dormir.

"Walk away" constitue sa deuxième œuvre personnelle, un long playing pour lequel il a bénéficié du concours de la crème des musiciens de la grande cité louisianaise. "Can let go" ouvre les hostilités. De toute bonne facture cette compo concède des accents pop. Les arrangements sont fouillés. Jimmy a une bonne voix et est épaulé par d’excellents musicos : John Fohl (longtemps membre du Dr John Band) à la guitare et John Gros (le leader de Papa Grows Funk) à l'orgue Hammond. Sans oublier comme ‘guest’, le célèbre Anson Funderburgh, qui nous réserve un solo de guitare. Le titre maître est un solide rhythm & blues roots. Le tempo est balisé par une section rythmique de classe : Casandra Faulconer à la basse et Wayne Maureau à la batterie. Jimmy est parfait aux vocaux et peut enfin mettre son sax ténor sur orbite, une intervention talonnée par l’orgue Hammond. Une superbe plage ! "When you're ready" s’inscrit dans le même registre. Et si Johan Gros est passé aux ivoires, on reconnaît le style de Mike Zito à la six cordes. Le saxophone amorce le tendre "She's not you", une piste lente caractérisée par d’excellents vocaux, des cordes acoustiques subtiles et un orgue majestueux. Instrumental, "7th Street shuffle " met bien en exergue le jeu raffiné de Jimmy sur son saxophone. "No one's ever" est une ballade indolente, décontractée, ‘cool’… Un tempo adopté par "More than meets the eye", un southern soul cuivré au cours duquel les saxophones du leader sont rejoints par la trompette d'Antonio Gambrell. Ainsi que par "Hard to be cool", une plage aux accents jazz, chantée passionnément et caractérisée par les cuivres à l'avant-plan. Plus pop, "Crazy 'bout you" accroche pas sa mélodie, et nous réserve des envols magiques sur l'instrument à vent. Longue épopée instrumentale, "C King blues" rend hommage à son véritable maître, le grand King Curtis, malheureusement assassiné alors qu'il n'avait que 37 ans. Ses interventions sont ici enflammées et lumineuses. Autre perle, "Favorite muse" emprunte le rythme d’une rumba. Fohl est à la guitare pur accentuer l’aspect blues de la compo. Michael Skinkus se charge des percus et Gros de l’orgue. Un orgue qu’on retrouve sur "On the outside", une piste plus rock, découpée par de solides riffs de guitare, que chante divinement Jimmy. D’excellente facture, cet LP s’achève par une ballade country dépouillée, au cours de laquelle Jimmy et la Texane Reba Russell se partagent les vocaux…

 

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