L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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La vie explosive de Fine Lame

Groupe de rock poétique incisif, enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, Fine Lame convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon. Le groupe a sorti un premier Ep 5 titres le 29 novembre 2022 qui évoque tant le…

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Welcome Strawberry

Stragel (single)

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Etabli à Oakland en Californie, Welcome Strawberry a décidé de faire du rock une terre d’expérimentation, et d’en explorer son versant le plus noisy. Il en résulte une musique plus proche de l’avant-pop que d’un shoegazing rigoureux.

Mais si « Stragel », son single, fusionne tout ce qui touche à la contre-culture des 60’s au 70’s, et en particulier l’univers du psychédélisme, il se frotte également à la dream pop, au trip-hop et à l’électronique pour créer une compo percutante.

Superbe, la mélodie de ce morceau est plongée dans un bain étrange d’arrangements, de distorsions et de réverbérations. La vignette pop onirique se transforme alors en paysage ambivalent, davantage ombragé et accidenté.

Le clip de « Stragel » est à voir et écouter

Podcast # 58 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Adiós Cometa

FDA94 (single)

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Issu de San José, au Costa Rica, Adiós Cometa est un quatuor dont la musique, fruit d’un cocktail entre shoegaze, dream-pop et post-punk, se distingue par ses sonorités mélodieuses introspectives et mélancoliques.

Fondé en 2019, il n’a, pour l’instant, gravé que des singles, une cassette et un Ep. Il prépare l’enregistrement d’un premier elpee.

Son dernier single, « FDA94 » est en écoute ici

Podcast # 33 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Then Comes Silence

The Comes Silence se met martel en tête…

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Comme annoncé lors d’une news précédente, The Comes Silence publiera son nouvel elpee, « Trickery », ce 5 avril 2024. Après avoir partagé un premier single, « Ride or die », il nous propose son second, « Like a hammer ». Et il a également été clippé.

« Like a Hammer était la première chanson écrite pour « Trickery » il y a un peu plus d'un an, et c’est le seul morceau dont le thème graphique est mentionné dans les paroles. 

 ‘Nous célébrons la communauté dans laquelle nous vivons et travaillons. C'est comme un jardin avec des plantes, des fleurs et des arbres. N'oubliez pas de l'arroser pendant la saison sèche…’

La vidéo consacrée à « Like a hammer » est disponible .

 

Then Comes Silence

La supercherie de Then Comes Silence…

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Le groupe suédois Then Comes Silence sortira un nouvel opus ce 5 avril 2024. Réduit à un trio, il ne compte plus que le chanteur et bassiste Svenson, comme seul membre fondateur depuis la sortie du premier elpee, en 2012.

« Trickery » a été enregistré en seulement trois jours, au Kapsylen Studio de Stockholm.

Un single en a été extrait, « Ride Or Die » ; et il est à voir et écouter ici

Sur « Trickery », Jonas Fransson (membre du groupe depuis 2015) assure un rythme punk énergique et Hugo Zombie (recrue de 2018), fan de sleaze punk, fournit des lignes de guitare inventives et rythmiques, alors que le chant velouté et les solides lignes de basse de Svenson sont rehaussés par des sons de synthé rétro qui rappellent son récent projet solo de wave futuriste, Neonpocalypse.

Come

Peel Sessions

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Come est devenu un des groupes-phares de l’underground américain, lorsqu’il a gravé son premier elpee, « 11:11 », en 1992. La formation était drivée par Thalia Zedek (Uzi, Live Skull, solo) et Chris Brokaw (Il a milité au sein d’une quinzaine de formations, parmi lesquelles figurent Codeine, Pullman, The Lemonheads, sans oublier ses multiples collaborations). Les deux musicos partageaient les guitares et les vocaux au sein d’une formation qui pratiquait une forme de noisy-blues-punk à la fois abrasif, tourmenté et intriguant.

Cette ‘Peel sessions’ recèle une cover frénétique des Only Ones, « City of fun », une prise ‘live’ immortalisée dans leur ville natale de Boston (« Clockface ») et puis 7 autres morceaux toujours bien électriques, parfois incendiaires (« Sharon vs. Karen »), mid tempo (la ballade « Bell » et « Wrong side »), réminiscent de Jefferson Airplane (« Dead Molly ») et un titre aux 2/3 instrumental, qui passe à l’offensive en fin de parcours, et dont une des grattes est traitée en slide. Un inédit, quand même, « Mercury falls », qui n’avait jamais bénéficié d’enregistrement studio.

Et c’est sous un line up originel, c’est-à-dire avec Sean O’Brian à la basse et Arthur Johnson aux drums, que le quatuor a décidé de se reformer et de repartir en tournée, cette année.

The Divine Comedy

Office politics

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« Office politics » constitue le douzième elpee de The Divine Comedy, un album concept qui fustige l’absurdité du travail bureaucratique, ses privilèges et surtout, nos dérives technologiques. Une critique de notre société que Neil Hannon dépeint avec un sens de l’humour noir et ‘so british’ qui le caractérise.

Le long playing nous réserve 16 plages, dont certaines trempent carrément dans l’électro. A l’instar du kraftwerkien « Psychological evaluation », au cours duquel on assiste à un dialogue entre l’artiste et la machine. Et encore tout au long du synthétique « The synthesiser service centre super summer sale », un morceau truffé de bidouillages. Probablement la plage la plus faible de l’opus.

Le funk s’est invité sur cet LP. Et tout d’abord sur le titre maître. Presque hip hop, le flow est comparable à celui immortalisé par Beck sur “I'm a Loser Baby (So Why Don't You Kill Me)”, alors que les cuivres lorgnent carrément vers A Certain Ratio. Un funk plus insidieux qui contamine « The life and soul of the party”, un morceau dont le riff de gratte rappelle celui de David Gilmour sur « Another brick in the wall ».

Et puis aussi des chœurs. Pas tout à fait une surprise lorsque Hannon en revient à la pop orchestrale et baroque, comme sur l’incantatoire « Dark days are here again », dont ces chœurs masculins mystiques semblent prophétiser la fin du monde. Également sur le mélancolique « After the lord mayor’s show ». Ou encore le final « When the working day is done », une plage emphatique, cinématique, complexe, abordée dans l’esprit de Burt Bacharach voire John Barry. Plus original, « Philip and Steve’s furniture removal company », semble rendre hommage à Philip Glass et Steve Reich, mais se focalise sur les harmonies vocales en couches, un peu comme chez Animal Collective, avant de s’enrichir, progressivement, de différents instruments et bien sûr de chœurs. Et lors de la ritournelle « Opportunity knox », ces chœurs nourrissent une fin de parcours lancée au galop.

L’opus nous réserve d’autres surprises. Comme ce « You’ll never work in this town again”, dont le swing nous replonge dans le jazz des années 30. Mais aussi « Infernal machine », un morceau entraînant qui agrège glam et garage (cet orgue vintage !) tout en incorporant des bruitages psychédéliques. Et si l’emphatique et tendre « A feather in your cap » est hanté par le spectre de New Musik, le sombre, dramatique et opératique « I’m a stranger here » l’est plutôt par Sergueï Prokofiev, surtout lorsque le hautbois se manifeste, et malgré un épilogue plutôt guinguette, pour ne pas dire cabaret. Et on en oublierait presque le morceau d’ouverture, « Queujumper ». Contagieux, allègre, exotique, il est coloré de tonalités produites par le marimba.

Kingdom Come

Independent

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Après une douloureuse rupture sentimentale, Lenny Wolf s'est jeté à corps perdu au cœur d'un travail de composition pour remettre sur les rails son groupe Kingdom Come. Ce brillant "Independent" en est le résultat. Un opus très attendu par les fans de la période "années 80" ; mais aussi par les chanceux qui ont eu l'occasion de retrouver Kingdom Come sur scène en ouverture de certains concerts accordés par Deep Purple, dans le cadre de la dernière tournée européenne accordée par le band de Ian Gillan.

A ses débuts, le groupe était comparé, à juste titre, à Led Zeppelin ; et la voix de Lenny Wolf à celle de Robert Plant, dont il n'a jamais caché être un grand admirateur. A l'époque, on pouvait lire dans la presse spécialisée : 'Précipitez-vous sur le premier album de Kingdom Come, la meilleure copie de Led Zep de tous les temps!'. Philosophe, voire résigné, Mr. Wolf criait haut et fort qu'il prenait la chose comme un compliment. Même si l'ombre du dirigeable plane toujours sur ce neuvième album, écrit de A à Z par le maître, force est de reconnaître que le groupe, dont Lenny demeure l'unique membre de la formation originale, a bien évolué et qu'il a digéré ses influences en y apportant une foule d'éléments neufs. La production est énorme, chaque composition finement ciselée, les riffs dignes du grand "In your face" et le timbre vocal du chanteur demeure un des plus beaux de la scène hard rock des eighties.

D'entrée de jeu, le titre "I can feel it", soutenu par une batterie 'Bonhamesque', fera dresser les poils de bras de tous ceux qui ont craqué sur les superbes "Get it on", "Do You Like it" ou "Pushin hard". De titre en titre, l'auditeur averti découvrira mille et une facette encore inconnues, si bien que l'écoute de cet "Independent" passera à la vitesse de la lumière, vous invitant dès la fin de la dernière plage à appuyer sur la touche 'repeat' de votre lecteur. Un album dont vous serez dépendant dès la première écoute!

 

The Divine Comedy

Un grand cru !

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Lundi 14 novembre 2016. The Divine Comedy est programmé au théâtre Sebastopol à Lille. L’accréditation presse a été confirmée à 17h30. Pourtant le concert n’est pas sold out. Allez comprendre… Bref, en démarrant vers 18h30, la durée de parcours est estimée à une petite heure. Pour 30 kilomètres ! Sauf que la circulation est particulièrement dense. Et comme la météo est pourrie, les embouteillages se multiplient. Ouf, on arrive quand même vers 19h45 à la rue Solferino. Ne reste plus qu’à dénicher une place de parking. Et là, c’est manifestement un casse-tête chinois. Résolu de manière pas trop académique. M’enfin, on atteint enfin la destination vers 20 heures.

The Divine Comedy a publié un nouvel album début septembre 2016. Intitulé « Foreverland », il reflète la vision de Neil Hannon, de l’État et du pouvoir. Particulièrement critique, vous vous en doutez. Dans son style si caractéristique, britannique, tellement propice à la dérision. Et puis sa pop orchestrale, baroque y est toujours aussi savoureuse. Dès lors, 10 ans après son passage à l’Aéronef de Lille, il semblait judicieux d’aller revoir cet artiste, pour le moins, atypique.

Lisa O’Neil assure la première partie. Elle nous vient d’Eire. Plutôt frêle, elle est armée d’une sèche. Son accent est résolument gaëlique. Sa voix, particulièrement aigue. Et ses chansons trempent dans le folk. Elle est soutenue par une violoniste, dont on attend à peine les interventions. Sauf quand elle se consacre aux backing vocaux. Un accordéoniste vient les rejoindre en cours de set. Mais il n’est pas davantage audible. Bref, le plus intéressant procède des traits d’humour, qu’elle s’évertue à exprimer en français, entre ses chansons. Une chose est sûre, elle a la langue bien pendue…

Sur l’estrade, on constate la présence d’une grosse mappemonde, à gauche de l’estrade et puis d’une tête réduite de cheval blanc, entre deux claviers. Les musicos grimpent sur le podium. Un drummer, deux claviéristes, un bassiste et un guitariste. Barbe de trois jours, Neil Hannon arrive quelques secondes plus tard. En costume de Napoléon. Il affiche un sourire narquois. Applaudissements nourris. On est en France, pardi ! Aussi, après avoir amorcé son set par l’hilarant « How can you leave me on my own », il embraie par l’inévitable « Napoleon Complex », deux pistes issues du dernier opus. Pour ce dernier titre, un des claviéristes est passé à l’accordéon ; et ses interventions nous bercent littéralement, même lorsqu’elles baignent dans un climat ‘guinguette’. Elles vont d’ailleurs régulièrement colorer l’expression sonore. Quant à celles du drummer, elles sont singulièrement toniques. En outre, lorsque le guitariste, le bassiste –dont les déhanchements sont particulièrement sexy– et le second claviériste conjuguent leurs harmonies vocales, on se croirait presque au cœur d’un exercice de polyphonie vocale.

Neil dépose son couvre-chef sur la mappemonde, avant d’aborder « The frog princess », une chanson au cours de laquelle le bassiste se met à siffloter, alors que son leader charismatique souffle dans une drôle de clavinet. Ce dernier se sert un verre de vin. Proclame que le café est bon, puis affronte « Catherine the great », une diatribe à peine voilée du pouvoir politique en Russie. Mais Trump n’est pas davantage épargné. Son discours, entre les chansons, est très clair, à ce sujet. « The certainty of chance » clôt la première partie du show. La voix de Neil est emphatique, opératique même. Les chœurs sont éthérés. Les arrangements, dispensés par les synthés, reproduisent les orchestrations de cordes. C’est sans doute bluffant, pour une bonne partie de l’auditoire. Mais franchement, un quatuor de cordes aurait donné une autre dimension à la compo. Neil se retire quelques minutes. Les musicos en profitent pour régler leurs instruments en proposant une sorte d’‘ambient’.    

Hannon remonte enfin sur les planches. Il s’est changé. En homme d’affaires britannique, il s’est habillé de noir. Costard, et chapeau melon. Et, bien évidemment, le parapluie est de la même couleur. Sauf la chemise. Blanche et bien amidonnée. Le guitariste a opté pour le banjo, et le bassiste pour un ukulélé. Le combo se lance dans la valse « Bang goes the Knighthood ». Très british, of course. Et une attitude qui me rappelle quelque part le regretté John Steed, dans la série ‘Chapeau melon et bottes de cuir’. Encore que ses lyrics fustigent l’establishment, les tabloïds ; mais aussi les banques, qu’il estime responsables de la crise financière. Il fait tournoyer son pépin au cours de « The complete banker ». Pendant « Generation sex », Neil descend dans le public. Enfin dans l’allée centrale. Une vingtaine d’aficionados ont quitté leur siège ; et de leurs bras, forment une haie humaine, sous laquelle Hannon passe allègrement. Un peu comme lors d’une fête country. Quand il remonte sur l’estrade, c’est pour ouvrir son fameux globe. Afin de se servir un autre verre de vin. Des roadies lui apportent une chaise haute, sur laquelle il interprète « The happy goth ». Le spectre de Peter Hamill plane… Puis une seconde, afin d’accueillir Lisa O’Neil. Ensemble, ils vont interpréter « Funny peculiar », un morceau balisé par des sonorités de piano bar. Très cabaret ! Surprise, le band nous balance une cover, quand même abrégée, du « Brimful Of Asha » de Cornershop. C’est à partir de ce moment que le set va carrément changer de ton. Il devient plus rock. Le public se concentre de plus en plus dans l’allée centrale. « All the indie disco » enflamme les aficionados. Et la foule se lève enfin pendant « Something for the weekend ». A la demande de Neil, quand même. Une autre reprise ? Celle de Cilla Black, « Alfie ». Et après « I like », on lui apporte une belle guitare blanche sur laquelle, il va s’autoriser un solo. Pendant le dernier morceau du show, « National Express ».

Mais rapidement The Divine Comedy revient sur l’estrade. La troupe est sur sa lancée. Il faut donc battre le fer tant qu’il est chaud. Surtout quand il est bien rock. Mais avant de relancer la machine, Hannon rouvre sa mappemonde, et offre une tournée à ses musicos, n’oubliant pas de se servir un nouveau canon. D’un grand cru ? Ce n’était, apparemment pas, de la vulgaire piquette. Neil est un bon vivant, c’est une certitude. Les « Absent friends » ont probablement eu tort. Et ce superbe concert de s’achever –comme lors de la plupart de ses derniers sets– par le jubilatoire « Tonight the fly », sous les acclamations nourries de la foule…

Tracklisting

1. How Can You Leave Me on My Own
2. Napoleon Complex
3. Bad Ambassador
4. The Frog Princess
5. Catherine the Great
6. To the Rescue
7. The Certainty of Chance
8. Bang Goes the Knighthood
9. The Complete Banker
10. Generation Sex
11. Our Mutual Friend
12. The Happy Goth
13. I Joined the Foreign Legion (to Forget)
14. Funny Peculiar
15. A
Lady of a Certain Age
16. Songs of Love
17. Brimful Of Asha (Cornershop cover)
18. At the Indie Disco
19. Something for the Weekend
20. Bernice Bobs Her Hair
21. Alfie  (Cilla Black cover)
22. I Like
23. National Express 

Encore:

24. Absent Friends
25. Assume the Perpendicular
26. Tonight We Fly

(Organisation : FLP / Divan Prod)

The Divine Comedy

So British… so kitschy !

Écrit par

The Divine Comedy, c’est avant tout Neil Hannon, un auteur, compositeur et interprète qui reconnaît pour influences majeures Burt Bacharach, Kurt Weill, David Bowie et même Jacques Brel. Lors de sa dernière tournée, il était soutenu par une belle brochette de musiciens. Et son dernier opus, « Bang Goes The Knighthood », paru en mai dernier, ne trahissait certainement pas une volonté de se la jouer perso. En homme-orchestre si vous préférez. C’est pourtant, en solo qu’il se produisait ce mardi 28 septembre, à l’Orangerie du Botanique. Sous le patronyme The Divine Comedy…

21h10’ : le rideau rouge s’ouvre brusquement sur le cabaret musical de Neil Hannon ! Sous une formule intimiste et dépouillée de ses musiciens, le leader charismatique de The Divine Comedy entrouvre les portes confidentielles de son univers précieux et facétieux. Seul. Sobre. Vêtu d’un complet noir. Coiffé d’un chapeau melon noir. Instrumenté d’un piano Yamaha noir. L’artiste sort méticuleusement les précieuses partitions qui architecturent les symphonies sophistiquées de « Bang Goes The Knighthood » de sa serviette noire. A l’image d’un automate aux mécanismes parfaitement huilés, Neil Hannon se dandine au clavier, fabriquant, de ses doigts d’horloger, des atmosphères piano-bar sublimées d’une décadente nostalgie pop. Image d’un personnage semblant sortir des « Noces Funèbres » de Tim Burton qui aurait emprunté la voix de Sweeney Todd pour nous fredonner de charmantes capsules de comédies musicales désuètes (« Down In The Street Below »).

Toutefois, les ingénieuses orchestrations –point fort du dernier opus– brillent par leur absence et condamnent la première partie du set au calme et à la vacuité. Une impression d’inachevé résonne. Mais, ici, le chanteur irlandais se livre à un tout autre exercice : sa propre mise en scène. Son talent scénique, son humour british parviennent cependant à faire oublier l’absence de musiciens. Aidé de ses fidèles aficionados venus en nombre (concert sold out !), il parviendra finalement à tisser un lien de complicité avec les spectateurs. Interactivité croissante qui a eu le mérite de nous faire passer un chaleureux moment d’une heure trente-cinq. Les applaudissements suivant le premier rappel de plus de quinze minutes en témoignent d’ailleurs largement.

En outre, l’auteur-compositeur-interprète britannique passe sans complexe du piano à la guitare, livrant une musique baroque. Un retour aux sources qui rappelle son éternelle passion pour Scott Walker et ne laisse assurément pas indifférents les fans de la première heure.     

Peu importe la guitare, peu importe le piano ! Car, finalement, Neil Hannon, c’est avant tout une voix. Un timbre qui souffle et le chaud et le froid, invite le rire et les larmes. Up & down qui navigue, lunatique, entre drôlerie et tristesse. Un clown triste qui improvise et use d’inflexions vocales sur « At The Indie Disco » pour amuser le spectateur de beat box. Single qui sera suivi d’une délicieuse reprise parodique de « Human League ». Puis, la pénombre. L’artiste décide alors de jouer avec les cordes sensibles de l’auditeur et vous balance une drama-song mélancolique. Mais, attention, non sans une pointe d’ironie qui vous griffe au tournant. En bref, un artiste qui use habilement de sa voix et de la langue de Shakespeare.

L’ensemble du concert reste cependant fidèle au disque. Il nous livre une grande musique pop-baroque et un storytelling capricieux. Ici, pourtant, l’attention se porte davantage vers ce personnage imprévisible, capable de passer tout naturellement du drama au piano-bar popeux excentrique avec une grande cohérence.

Assurément, le passage de « The Divine Comedy » sur scène demeure toujours un événement inédit et incontournable.   

Organisation Botanique

(Voir aussi notre section photos)

The Divine Comedy

Bang goes the Knighthood

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So British… So kitschy! La pochette du dernier long playing de « The Divine Comedy » nous plonge spontanément dans le monde facétieux et précieux de Neil Hannon : nu dans son bain mousseux, il est soigneusement vêtu d’un chapeau melon et d’un nœud pap’, tout en fumant la pipe. En outre, le leader charismatique du groupe irlandais regarde tendrement son labrador en buvant une coupe de champagne (NDR : clin d’œil qui nous rappelle l’amour particulier qu’il porte à la France).

Depuis « Regeneration » (paru en 2001 et produit par Nigel Godrich : Radiohead, Beck, U2, REM…), album purement britpop réservant une place importante aux guitares, l’auteur-compositeur-interprète britannique a décidé de réintégrer doucement une musique plus baroque et orchestrée. L’esprit Scott Walker est à nouveau présent ; et ce retour aux sources ne devrait certainement pas déplaire aux fans de la première heure. Si on y ajoute la participation récente de Neil Hannon dans la comédie musicale, « God Help The Girl », de Stuart Murdoch (« Belle & Sebastian »), les artères principales du corps du dixième album studio de The Divine Comedy sont tracées. Influence que l’on peut entendre, entre autres, sur « Island Life ».    

« Bang goes the Knighthood » propose dès lors une pop symphonique sophistiquée voilée de cordes (« Down In The Street Below »), de cuivres («Assume The Perpendicular »), et d’ivoires (« Can You Stand Upon One Leg »). Un piano et une batterie saccadée hantent la majorité des titres de ce dernier opus. L’ensemble nous offre une variété originale de morceaux uptempo (« Neapolitan Girl »), dont la fausse simplicité caractéristique des premiers albums de The Divine Comedy (« Island Life ») résonne en écho.

La piste introductive, « Down In The Street Below », donne d’emblée le ton général de l’album. Une ballade qui courtise et côtoie incestueusement une comédie musicale populaire fardée de mélancolie et de fantastique. Subtilement, certains morceaux se livrent par moments à des excentricités piano-bar jazzy. A l’instar de « Have You Ever Been In Love ». D’autres, au contraire, présentent un profil plus classiquement britpop. Le single « At The Indie Disco », notamment. L’ensemble nous livre cependant une grande musique pop/baroque et un storytelling capricieux d’une grande cohérence (NDR : esprit grandiloquent qui se rapproche parfois de celui des Irrepessibles. Douze titres finement ciselés qui nous feraient presque oublier les  réalisations précédentes prétentieusement bâclées.              

Album original que l’on pourra également trouver en édition limitée. Ecrin contenant un livret photos griffonné de réflexions de Neil Hannon et un disque bonus du légendaire ‘Live at Cité de la Musique’. Concert de reprises de chansons françaises (chantées en Français !) livré à Paris en 2008 au tracklisting surprenant :

1.         "Amsterdam"
2.         "L'Amour est Bleu"
3.         "Poupee de Cire"
4.         "Les Playboys"
5.         "The Songs That We Sing"

6.         "Les Copains d'Abord"
7.         "Anita Pettersen"
8.         "Sexy BB"
9.         "Joe Le Taxi"
10.       "Je Changerais d'Avis"

Pascal Comelade

La Star Academy, c'est une tragédie…

Écrit par

Rendez-vous était donc pris ce jeudi 4 octobre au bar ‘La Quarantaine’, à quelques encablures de la place Flagey. En fait de bar, ‘La Quarantaine est plutôt une librairie achalandée en livres, Cds et Dvds plutôt underground. On me demande si partager l’interview avec une autre journaliste ne me dérange pas trop. Je réponds par la négative, mais suis un peu déçu quand même. Pour faciliter la rencontre, un Dvd relatant une interview vidéo très intéressante (NDR : il retrace le parcours de Comelade) a été transmis aux journalistes en même temps que le CD promo de « Mètode de Rocanrol ». La première question concerne donc cette vidéo.

S’agit-il un moyen d’éviter les promotions ?

Il s’agit d’un produit promotionnel… je me souviens du tournage…

Il existe une dimension humoristique dans ta musique. Eprouves-tu une aversion pour la musique triste ?

C’est une question de caractère. C’est aussi la question de savoir où on place son nombril. J’ai eu le temps de relativiser en 30 ans de carrière. Je sais exactement ce que je fais et où je vais. Je ne suis pas dans la situation d'un type en train de construire une carrière. J’ai 52 ans. Je vis de ma musique et mon besoin de représentation est très léger. C'est une musique instrumentale, totalement anonyme, qui doit se suffire à elle-même. Je suis beaucoup plus proche du musicien de jazz, de musique traditionnelle ou de musique classique. Je n'ai pas de posture pseudo-intellectuelle. Je garde mes idées sur la cuisine et la politique. Je suis capable de parler du processus d’écriture de ma musique, de son histoire, des gens que je côtoie. Les événements sont d'une simplicité infantile. Je les aborde d'une façon très humaine. Je jouis d’une certaine réputation, même si elle est très réduite. J'estime vivre dans un luxe. Tu te rends compte, pour éditer ce disque, je n'ai pas dû rechercher une maison de disques. Je n'ai jamais concocté de maquettes de ma vie. A cause de mon passé, et parce que j'ai marné pendant vingt ans.

Est-il plus facile, pour un artiste, de se faire connaitre aujourd'hui?

Il y a beaucoup plus de poudre aux yeux aujourd'hui. Regarde les castings : il y a 25 000 gamins qui se battent pour être la star d'après-demain. La Star Academy, c'est une tragédie… Donc il n’est pas très rigolo pour un jeune d’y arriver aujourd'hui. Paradoxalement, il y a une chape de plomb culturelle. Tout se ressemble. Comment comprendre qu’on soit retombé aussi bas. On demande du clone. Prends pour exemple, la chanson française. A partir du moment où un mec fonctionne, 50 répliques sont balancées sur la marché. Ils ont dépassé la politique du clonage à la japonaise. Ca va très loin… C'est la nouvelle politique des maisons de disques. Compare un peu les directeurs artistiques d’aujourd'hui et ceux de Tamla Motown ou d’Island… Alors peut-être, si c'est hors norme et hors sujet, ça peut fonctionner.

Où le rock intervient-il dans ta musique?

Le rock c'est la façon de jouer, de présenter sur scène. Ce que je fais est éloigné du rock, mais toute ma vie je n'ai écouté que ce type de musique. C'est une culture qui continue à me passionner, comme la BD. Je suis resté sur des trucs du siècle dernier…

Mais ton batteur est un ancien membre d'OTH?

Oui, mais il a conservé une manière spontanée de jouer sur scène. C'est la façon de s’y produire, d'enregistrer. Je me sens proche de gens comme Jonathan Richman (Modern Lovers).

Qui ça?

Jonathan Richman.

Dans ‘Rock & Folk’, Nicolas Ungemuth a chroniqué « Monofonicorama ». Il t’y qualifie de Tom Waits muet et méditerranéen, de négatif total de Yann Tiersen. C’est plutôt sympa ?

(Rires) Ce n'est pas de la critique. C'est que du positif là…

En même temps, il est très méchant pour les autres. Il casse "Young Marble Giants" que tu cites dans tes références…

Il ne peut pas aimer ce type de musique. Je vois le gars. Il chronique surtout des rééditions de rock et rythm'n blues. Quand ce disque est sorti au début des années 80, je vivais à Montpellier et étais très lié au milieu punk. Tu ne serais pas parvenu à faire écouter 10 secondes de YMG à ces mecs là. C'était des hippies pour eux. Par rapport à Tom Waits, il a tout à fait raison. Mais il m'arrive de réaliser des choses plus décaféinées.

A propos de décaféiné, tu as composé la musique du film "Espace Détente" (long métrage basé sur la série "Caméra Café")

Alors là je dis aïe aïe aïe, et en trois temps. Tout d'abord, il faut savoir qu'en matière de musique de films, la production prend l'édition et sort la B.O. du disque. C'est un coup de poker car si le film marche, 8% du public achètera les produits dérivés, dont la B.O. Il faut que cette BO soit dans les bacs avant la sortie du film. Ce sont généralement des films qui ont fait 4 jours en salle. Pour moi, c'était du pur alimentaire, une œuvre de commande. Mais c'est un disque chroniqué nulle part, qui est passé au pilon direct…

Chez moi, j’ai un concert enregistré à Barcelone et à Lisbonne d’un musicien danois qui s'adresse au public en danois… le rock européen, ça existe réellement?

On était le plus interlope des orchestres, on avait là un groupe réellement européen. Tu connais la fameuse phrase de John Lennon: "Le rock français… et le vin anglais".

Le catalan est ta langue maternelle?

Oui, et Barcelone est une ville que je préfère vivre, de loin à Paris, où je me suis jamais vu. Ce n'est pas une ville pour piétons. A Barcelone, on se perd, les cafés sont mieux que les brasseries parisiennes. J'aime bien Bruxelles pour cette raison également.

Pourquoi toutes ces sonorités différentes?

Ce que tu entends sur mes disques, c'est la bibliothèque imaginaire d'un type qui ne voyage pas (NDR: Pascal n'aime pas voyager, surtout en avion). Il y a des instruments que je n'arrive pas à nommer. Il faudra peut-être utiliser un Dvd pour tous les montrer. Mon travail, c'est de produire le plus d'informations sonores.

Connais-tu l'œuvre d'un certain Paul Dodu. Elle est publiée sur internet, et on t’y compare à Georges Jouvin?

(rires) Il a raison! L'histoire de la musique instrumentale en Europe, c'est la musique post-guerre, la muzak, les grands orchestres de violons (dont Georges Jouvin fait partie), Pop-Corn. Georges Jouvin a enregistré plus de 200 albums. Il y a toujours cette femme de couleur noire sur la pochette, dans toutes les situations possibles : aux sports d'hiver, à la mer, devant son frigo (rires) En fait le dernier groupe instrumental en date c'est Pop Corn, si on évacue la techno et l'électro. Et aussi Bimbo Jet (?)

L'interview s’achève. Le temps d'installer son grand ‘toy piano’ et d'offrir ce fameux ‘showcase’, trop court à mon goût, mais qui permet de se rendre compte du talent de ce mec. On attend fermement un vrai concert…

The Divine Comedy

Chanteur de charme

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Le concert accordé au Botanique le 16 octobre affichant complet, il ne restait donc plus aux aficionados de The Divine Comedy qu'une seule alternative : se déplacer jusque l'Aéronef de Lille. Une opportunité qu'il ne fallait louper sous aucun prétexte ; car la bande à Neil Hannon ne se produit pas souvent sur le Vieux Continent. En outre, son tout dernier album, « Victory for the coming muse » est vraiment d'excellente facture.

En première partie, The Duke Special nous a gratifiés d'un show à la fois 'vintage', humoristique et romantique. Romantique à cause des chansons de Peter Wilson, chansons qu'il interprète d'une jolie voix rappelant tantôt Rufus Wainwright, tantôt Damon Gough, mais avec un accent irlandais (NDR : il est issu de Belfast !) en s'accompagnant d'un piano droit en bois, plutôt étroit et assez vétuste. Physiquement, il ressemble à un jeune Robert Smith qui aurait laissé pousser de longs dreadlocks. Humoristique a vu des frasques continuelles de Chip Bailey Wilson. Sosie de Charles Dickens, mais la chevelure bien plus longue, ce pince-sans-rire bien britannique se réserve les percussions. Toutes les percussions. Aussi bien conventionnelles qu'insolites. A sa droite, il a installé une énorme caisse de profil. Devant lui, toute une série de boules semblables à des émoticônes, mais de la dimension des noix de coco. Sans oublier le kit de batterie 'dit' classique. Régulièrement, il s'approche du bord de la scène pour y produire des sonorités plutôt singulières à l'aide d'une sorte de manche à balai surmonté d'une cloche. Il se sert également d'une râpe à fromage et autres ustensiles de cuisine dont des couvercles de casseroles. 'Vintage' au vu du décor au sein duquel le duo a évolué tout au long de son set. Un décor qui ressemblait plus à une brocante (les gramophones, les vieux tourne-disques !) qu'à une scène de concert. Et non seulement la mise en scène a eu de quoi mettre de bonne humeur le public, mais la prestation de Duke Special s'est révélée absolument convaincante.

Huit musiciens montent sur les planches : un drummer, un percussionniste, un bassiste (NDR : le trio est posté au fond de la scène, mais sur une sorte de podium), un guitariste, un violoncelliste (qui double parfois aux claviers), un claviériste/pianiste et une violoniste (NDR : vêtue d'un tailleur strict, elle aurait pu relever d'un orchestre symphonique). Sans oublier Neil Hannon. Très mince, de petite taille (NDR : il ne doit pas mesurer 1m70 !), ce dandy possède une fameuse personnalité. De l'humour aussi, parfois teinté d'une pointe de cynisme. Une très belle voix : son baryton sensuel, parfois volontairement emphatique, vibrant, magnifie, en quelque sorte, toutes les chansons. Du charisme aussi. A moins que ce ne soit du cabotinage (NDR : une divine comédie ?). Lunettes de soleil sur le nez, il entame son répertoire en s'accompagnant à la guitare sèche. Par « Mother dear », une compo issue de son dernier elpee. Des lunettes et une six cordes qu'il va abandonner respectivement lors du quatrième et du cinquième morceau, pour se concentrer sur le chant. Il nous invite alors à danser lors de « Diva lady », un fragment franchement latino. Pour « Threesome », il rejoint les deux autres claviéristes derrière les ivoires : piano pour trois mains ! Epatant ! Une cover : le « Raspberry Beret » de Prince. Lors de « Mutual friend », tel un chanteur de charme, Hannon vient s'asseoir sur le bord de la scène, puis termine le show par « Tonight the fly » sous les acclamations de la foule. Si le set est parfaitement équilibré, mené de main de maître par Neil ; il faut également souligner le rôle joué par le violoncelliste et surtout la violoniste. Une véritable virtuose qui parvient non seulement à se fondre dans l'ensemble tout en donnant davantage de relief aux compos. Qui n'en manquent pourtant pas. Mais si sur disque, fruit de la rencontre entre musique de chambre, music hall et pop, la solution sonore de The Divine Comedy peut parfois sembler tendre et satinée, en 'live' le résultat est beaucoup plus pêchu et dense. Faut dire que l'osmose opérée entre les différents instruments frôle la perfection.

Après les deux titres accordés en rappel, la foule acclamait à tout rompre, reprenant même en chœur les paroles de « National express ». Impressionnant ! Quand reviennent-ils ?

Tracklist

Mother dear
Alfie
Bad Ambassador
The light of day
When the lights
Gen sex
Diva lady
Lady of a certain age
Dadys car
Plough
Mastermind
Threesome
Don't look down
Weekend
Raspberry Beret
Mutual friend
Tonight we fly
To die a virgin
National express

Organisation FLP

Comets On Fire

Avatar

Ils parlent ‘une espèce de langage ésotérique, un langage familial, une géométrie sémantique dans laquelle la distance la plus courte entre deux points est un cercle complet’ (J.D. Salinger). Les Comets On Fire jouent du rock fractal et délétère, en prise directe avec la fin des sixties et ses relents acid : au contact de leur musique proto-psychédélique s’altère rapidement notre esprit, se dilatent joyeusement nos synapses. Castaneda, es-tu là ? En plein solo barbiturique (« Dogwood Rust »), un homme-lézard fait crisser ses cordes vocales : les boules (même pas Quiès), qui tournent au-dessus de nos têtes comme autant de visions d’un nirvana cosmique. Plus loin des décharges électriques tentent de nous faire voir le septième ciel : l’escalier, en colimaçon, n’en finit pas de monter. C’est quasi la nausée (« Jaybird »). Sommes-nous en plein Eden chimique, version Las Vegas Parano ? « The Swallow’s Eye » déroule son prog rock fumant entre King Crimson et Hawkwind, puis l’Echoplex prend le relais et transforme les guitares en démons dissonants : c’est le Dead période Dali, les Stooges maîtres ès peyotl (« Holy Teeth », « Sour Smoke »). Ben Chasny de Six Organs of Admittance calme le jeu et tente d’inoculer son venin country-blues (confer Crazy Horse, Allman Brothers Band, voire Dr. John) à ceux qui sont toujours vivants (« Lucifer’s Memory »), mais il n’y a rien à faire : tout le monde est défoncé. La prochaine fois, faudra prévoir des camisoles.

The Divine Comedy

Victory For The Comic Muse

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Deux ans plus tôt, nous sortions déjà émerveillé du nouvel album de Divine Comedy. « Absent Friends » nous touchait en plein cœur. L’âme irradiée par ces chansons pop, parfaitement calibrées autour d’une voix de crooner assurée, nous ne pouvions imaginer suite discographique plus belle pour Divine Comedy. Et pourtant... A l’écoute de « Victory For The Comic Muse », le mouvement s’impose : s’agenouiller. Fermer les yeux et écouter ces chansons intemporelles. Oui, le temps s’est arrêté, suspendu à ce neuvième album du divin Neil Hannon. Pour évoquer sa musique, certains mentionnaient les prestigieux Burt Bacharach ou Brian Ferry. Mais ils se sont trompés. Talent qui s’ignore, dandy qui s’adore, Neil Hannon est de ces artistes géniaux. De ces hommes incomparables dont les noms résonnent à travers les décennies.

Sans trembler, nous annonçons au monde la naissance d’un classique. « Victory For The Comic Muse » recèle des atouts nécessaires pour revêtir ce titre : une spontanéité lumineuse (« To Die A Virgin »), une élégance affectée (« Diva Lady »), des textes confondants de réalisme (« A Lady Of A Certain Age »), des orchestrations somptueuses (« Party Fears Tea », « The Plough »). Certains artistes courent toute une vie derrière un tel disque. Placide, Neil Hannon se pose là, plus joyeux que jamais. Et, de sa poche mélancolique, il sort ce formidable album, impressionnant recueil émotionnel. En un clin d’œil, Divine Comedy traverse l’enfer pour rejoindre le paradis. Symphonies, mélodies, humour, détresse. La réussite de ce disque n’est pas en manque d’attributs. Les neuf filles de Zeus avaient donc une sœur cachée. Et dire qu’il aura fallu attendre le 21ème siècle pour, enfin, assister à la première victoire de cette Muse Comique. Espérons que ce ne soit pas la dernière...

Welcome to Miami

The silent cathodic chaos

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Welcome 2 Miami nous vient de l’Hexagone. Une formation dont le rock très énergique, légèrement teinté de métal devrait plaire aux teenagers. Une influence majeure ? At the Drive-in ! La formation est née en 2002 de la rencontre entre Gui, Al, Arnaud (Munkyposse), Florent (Hawaii Samurai) et JP (Nothing To Prove). Le groupe s'est récemment fait remarquer aux Eurockéennes de Belfort. Et dans la foulée a rejoint le label marseillais Customcore (NDR : mieux connu pour avoir notamment signé Curtiss). Le quintet nous propose son premier EP "The (silent) cathodic chaos", un disque sur lequel figure "Robocop has an accident", une excellent compo au cours de laquelle le drummer se montre particulièrement efficace ainsi que "Golden goddess for lusty people", un fragment qui démarre en fanfare, mais surtout nous rend quelque peu nostalgique d’un certain rock des années 80. Un premier opus devrait suivre dans les prochains mois. En attendant, le combo figurera à l’affiche de plusieurs festivals français. Encore méconnus du grand public, il ne devrait pas tarder à se frayer un chemin au sein de l’univers pop/rock, outre-Quiévrain…

 

The Divine Comedy

Absent friends

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Après avoir enregistré « Regeneration », Neil Hannon a donc décidé de prendre congé de ses musiciens avec lesquels il bossait depuis 1996. Alors qu’on imaginait qu’il allait poursuivre son aventure sous son propre nom, il a décidé, à l’instar de Jason Pierce pour Spiritualized, de reprendre le patronyme du groupe à lui tout seul. Ce qui ne l’a pas empêché de faire appel à l’un(e) ou l’autre invité(e) pour enregistrer ce nouvel opus. En l’occurrence Yann Tiersen pour la plage « Stick & stones » et l’ex Kennickie Lauren Laverne pour « Home Billy bired », titre qu’elle enrichit de sa voix angélique. Sans oublier son fidèle collaborateur Joby Talbot, dont les orchestrations ont été enregistrées par Guy Massey et mixées, bien évidemment, par Nigel Godrich. Première constatation, Neil en est revenu à la forme orchestrale qui avait fait le succès de « Liberation », « Promenade » et « Casanova » ; c’est à dire abordée dans l’esprit d’un Burt Bacharach ou des standards des comédies musicales. Seul le thème diffère, cet opus traitant essentiellement des problèmes liés à l’instabilité. De son instabilité. Une instabilité née des nombreux changements intervenus au cours de son existence. Tout d’abord le split de sa formation, bien sûr. Mais aussi la naissance de son premier enfant, l’énorme tournée accomplie aux States et son déménagement de Londres à Dublin. Un retour aux sources, en quelque sorte, puisque Neil est né à Londonnery, en Irlande du Nord. Même si dans le style il demeure d’excellente facture, « Absent friends » constitue probablement l’album le moins surprenant pour un des fils spirituels les plus doués de Scott Walker. Vous savez ce qu’il vous reste à faire...

Comets On Fire

Blue cathedral

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Ladies and gentlemen, fasten your seatbells... Pour ceux qui auraient raté les seventies à papa-cools (NDLR : babacools ?), à vos crayons, séance de rattrapage. La voûte de la cathédrale remplie de fumée bleue l’atteste, et ici pas question de patchoulis, le voyage sera enfumé ou ne le sera pas... Hé oui, aujourd’hui encore des jeunes gens bien habillés ouvrent les portes de la perception. Au berceau, biberonné au Pink Floyd et Hawkwind, aux Stooges et autre MC5, nos jeunes éphèbes traversent le grunge en ne retenant que Mudhoney. Ce 3ème album, celui de la maturité dirons-nous, en fout plein les espagnoles pour un trip psychédélique-space-rock-n-roll où l’échoplex, machine à delays sci-fi des 70’, remise au goût du jour, carburait alors à plein régime pour le plus grand bonheur des voyageurs intersidéraux. Sous la houlette de Tim Green des biens nommés Fucking Champs, Comets on Fire atteint des sommets qui devraient aussi bien ravir les vieux encore sous trip acide d’époque que les djeuns qui veulent annoncer subtilement à leurs parents qu’ils fument de l’herbe...

The Divine Comedy

The regeneration

Écrit par

Bénéficiant de la collaboration d'une pléiade de collaborateurs, dont un orchestre symphonique, le précédent opus de Divine Comedy naviguait quelque part entre ‘easy listening’ et démesure baroque. Un exercice de style inspiré par l'admiration que porte Neil Hannon à des gens comme Bacharach, John Barry, Gene Putney ou encore Scott Walker. Ce qui avait valu à cet opus, une volée de bois vert de la part de la presse insulaire (NDR : ça rime !). Faut dire que l'attitude de dandy BCBG, affichée par l'Irlandais n'arrangeait pas les choses… Pour enregistrer " The regeneration ", Neil a fait appel à Nigel Godrich (Radiohead, Travis) pour assurer la production. Et vu la notoriété du personnage, vous vous doutez bien qu'il y a laissé sa griffe. Bien qu'omniprésents, les arrangements et les orchestrations sont beaucoup plus souples et surtout moins envahissants. L'instrumentation basique est mieux mise en évidence, le tempo énigmatique et le climat propice à la mélancolie. Ce qui permet à la musique de Divine Comedy de renouer avec la forme consommée par " Libération " et " Primeval ", mais avec plus de profondeur et d'émotion ; même si Neil a parfois tendance à remettre une couche de son baryton bien timbré. Pas systématiquement heureusement. En outre, le tempo imprimé est souvent énigmatique, les accords de piano limpides, la conjugaison de cordes de guitares, acoustiques et électriques, structurée en crescendo. Ce qui donne un aspect ‘britpop’ aux compositions. Et lorsque une brume légèrement psychédélique, technologique envahit l'espace sonore, on frôle l'univers de la trip hop insulaire…

 

The Divine Comedy

Fin de siècle

Pour enregistrer leur nouvel album, The Divine Comedy a de nouveau fait appel à l’orchestre philarmonique The Brunel Ensemble, toujours sous la direction de Chris Austin. Un nouvel elpee qui s’inscrit parfaitement dans la lignée des " Casanova " et de " A short album about love ". Neil Hannon, leader, chanteur et principal compositeur y joue à être Kurt Weill, Marc Almond, Phil Spector, Scott Walker et Frederic Chopin en même temps. Encore, que sur cet opus, on a parfois l’impression de retrouver la solennité d’un Peter Hammill ou la gravité de Magma. Enfin juste le temps d’y penser, avant que le soufflet ne retombe dans la fantaisie du music-hall. C’est d’ailleurs en tirant parti de ces paradoxes que Neil nourrit son Divine Comedy. Une nourriture faite de chimères baroques, de cabaret et de mélodie romantique, dans le sens le plus easy listening du terme. Souvent déconcertant, cet opus n’en est pas moins séduisant, démontrant ainsi tout le savoir-faire de ce génie narcissique de la pop britannique…
 

 

Come

Gently down the stream

Depuis qu’il a procédé au remplacement de sa section rythmique, Come parvient à injecter davantage de profondeur et d’émotion dans ses chansons. On avait déjà pu le constater sur le mini elpee " New life experience ", paru en 96. C’est encore plus flagrant pour " Gently down the stream ". Bien sûr, l’électricité duale est toujours omniprésente ; et puis la voix chocolat et cendre de Thalia continue d’attiser la flamme du blues urbain, entretenu par le combo. Encore que parfois, certaines de ses inflexions marchent sur les traces d’une certaine Patti Smith, voire même de Marianne Faithfull… Mais la texture nous paraît plus riche, et surtout moins linéaire. Une métamorphose qui se manifeste surtout sur l’hispanisant, réminiscence du Jefferson Airplane, " One piece ", le crazyhorsien " Silk city ", les deux fragments stellaires, post Television, " New coat " et " The fade-outs ", le clin d’œil psychobilly à Boss Hog, " Jam blues " et le chant funèbre, " The former model ". Et nonobstant les inévitables teintes plus sombres, destinées à magnifier la douleur et les angoisses, ce " Gently down the stream ", enregistré dans les studios de Fort Apache aux States, navigue le plus naturellement du monde dans le courant classique du rock yankee…

 

The Divine Comedy

A short album about love

Neil Hammond a enregistré ce mini album au Bush Empire de Shepherd en compagnie du Burnel Ensemble. Un orchestre philharmonique d'une bonne trentaine de musiciens qui, sous la houlette de Christopher Austin, possède une réputation davantage orientée vers la musique de chambre. En outre, Neil y a également ajouté une instrumentation basiquement pop/rock. Tout comme sur son précédent album, " Casanova ", Neil s'inspire à la fois de Kurt Weill, de Marc Almond et de John Barry. Il réalise ainsi des petites chansons faussement symphoniques, tout en parodiant le music hall. Un exercice de style qui peut parfois agacer, mais en même temps fasciner. A cause de ce sens inné de l'arrangement, de l'esthétisme. Qu'il semble avoir hérité de Phil Spector. De cette intelligence mélodique probablement inspirée de Ray Davies, de ce cynisme lyrique que nous pensions exclusivement appartenir à Morrissey. Et puis de sa voix, dont le timbre est tellement proche de celui de Steve Jones (Baby Bird), qu'il apporte aux compositions, une coloration pop dans le sens le plus pur du terme...