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Miles Kane

Un mod qui vit au 21ème siècle…

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Miles Kane a sorti son cinquième album "One Man Band", ce 4 août 2023. Toute guitare dehors, cet elpee se révèle un subtil mélange de pop-rock catchy et condensée, d'hymnes propulsés par les riffs rugissants et la voix assurée de Miles Kane. Le comparse d'Alex Turner –leader des Artic Monkeys– dans The Last Shadow Puppets, replonge dans ses racines liverpuldiennes, sur cet opus, au fameux Merseybeat, et à celles des premiers âges du rock. Sans oublier la référence à sa propre enfance et son premier héros… le footballeur italien Roberto Baggio

"Baggio"est l'un des titres phare de l'album. Pourquoi cette référence au joueur de foot italien des nineties ?

C'est la première personne que j'ai adorée : j'avais huit ans et ce joueur de football avait quelque chose de particulier, non seulement dans son jeu, mais aussi dans son attitude sur le terrain, toujours pacifique, sans animosité à l’égard de ses adversaires ; il était différent et il est devenu mon premier héros qui a déclenché en moi, cette volonté de me démarquer, renforcée ensuite par les vidéos d'Oasis ou les films sur T. Rex...

Cette chanson évoque en fait mon parcours et ce que je suis aujourd'hui à 37 ans

Vous saviez qu'il était bouddhiste ?

(Il rit) Non pas à huit ans, mais je l'ai appris récemment ; quelqu'un m'a d'ailleurs transmis un livre sur le bouddhisme que je vais m'empresser de lire pour en savoir un peu plus...

"Trouble Son" parle de votre jeunesse ?

Oui si l'on veut, mais tout le monde peut se reconnaître dans les paroles de cette chanson, qui évoque les années d'adolescence, lesquelles comportent souvent des moments plus difficiles...

Mais elles se réfèrent également à l’enfant unique que j’étais, très proche de sa mère, et incapable d'avoir une relation de longue durée dans laquelle très vite je deviens claustrophobe...

Asthme

Être asthmatique comme Iggy Pop vous a-t-il poussé à devenir musicien ?

J'ai écrit une chanson qui s'intitule "Inhaler" ! Mais bon, une rockstar ne souffre pas nécessairement d’asthme (rires). Il est vrai que lorsque je me sens oppressé j’ai envie de crier, de chanter, de me libérer...

Vous citez souvent T. Rex, The Jam et Paul Weller parmi vos influences. Vous n’oubliez pas les Yardbirds ?

J'adore ! Et c'est vrai que j'oublie souvent de les citer ; Jeff Beck reste un de mes guitaristes favoris

Vos chansons sont très pop et accrocheuses comme celle de Supergrass à l'époque…

Merci ! C'est exact qu'il s'agit d'un groupe que j'aime et que j'écoute encore souvent... C'est d'ailleurs ce que je vais faire après cette interview

Et pas les Pixies ?

Je ne connais pas trop. Disons que je suis resté très insulaire, très british pop des années 90.

Votre guitare sonne un peu comme celle de Johnny Marr...

Que je vénère, j'accepte le compliment. Mais je suis un grand fan de Link Wray, un guitariste des années cinquante, le premier à maîtriser la distorsion et le larsen.

"Never Take Me Alive" évoque d'ailleurs le rock des débuts fifties…

C'était le but. Je suis admiratif de cette période où tout était simple, condensé et sans fioriture à l'image du jeu d'un guitariste comme Dick Dale, inventeur du surf rock ; le genre de musique que Tarantino utilise dans tous ses films. Je voulais éviter les violons, le piano, un décor sonore élaboré pour en revenir à l'essence même du rock, de son début... Des morceaux qui seraient des hymnes.

Simples et courts ?

Exactement. De trois minutes au maximum. Je souhaitais composer des titres spontanés et honnêtes, réalistes. D'ailleurs, cet album de 11 chansons dure à peine une demi-heure !

On sent que pour vous l'image est importante... Vous êtes toujours bien habillé…

A la ‘mod’

Oui, cela fait partie intégrante de ma personnalité. J'ai toujours aimé les beaux vêtements. Être bien habillé. Même lorsque je traînais chez ma mère. De changer de style en fonction des jours voire des heures. Là, je porte un costume, mais je peux très bien m'habiller à la manière de Marc Bolan de T. Rex et mettre de l’eye-liner. C'est aussi très liverpuldien, où la moindre racaille se sapera comme un prince…

Vous ressemblez à un mod de la période "Quadrophonia"...

Je suis un mod, qui vit au 21e siècle, et il est vrai que ma musique se réfère aussi beaucoup à cette période des années soixante. L'époque justement des Yardbirds, des Kinks et des Beatles...

Pouvez-vous expliquer ce qu'est le Merseybeat ?

C'est un truc que tous les rockers de Liverpool possèdent, qu'il s'agisse d'Echo and the Bunnymen, The Coral, Ian Broudie ou moi-même, et qui fait partie intégrante de notre âme ; un certain sens du rythme ou de la mélodie spécifique se référant au fleuve qui arrose Liverpool. Cela tient sans doute à la qualité de l'eau (rires)

Et qui n'aurait rien à voir avec les Beatles ?

Si, certainement, mais je crois que cet aspect leur préexistait, notamment chez Gerry and the Pacemakers dont Brian Epstein, le cinquième Beatles, a été le manager. Ils sont d'ailleurs les auteurs du "You'll Never Walk Alone", hymne des supporters de Liverpool... mais il est clair que les Beatles ont montré la voie...

J'ai lu d'ailleurs que supporter de Manchester United vous avez changé pour en devenir un des Reds de Liverpool...

Euh, oui, bon, j'étais jeune et mon père supportait Man U. Mais devenu adolescent, tous mes copains supportaient Liverpool, j'ai donc adopté leurs préférences... pour me faire adopter (il sourit).

On parlait des Beatles ; il y a quelques années. Vous avez composé en compagnie d'Andy Partridge de XTC, les héritiers des Beatles dans les années 80 qui ont totalement disparu...

Oui c'était dans le cadre de mon deuxième album solo. J'aimais beaucoup XTC pour leur sens pop et mélodique. Alors un jour, j'ai contacté Andy qui vit reclus dans son cabanon à Swindon. Il a bien voulu me recevoir et nous sommes rapidement devenus potes. Je m’y rendais une fois par semaine et nous avons écrit ensemble des morceaux incroyables sur mon deuxième album solo. Vous faites bien de m'en parler ; je vais le contacter tout de suite par mail pour voir comment il va.

Vous avez vécu à Los Angeles entre 2015 et 2019. Aviez-vous besoin de revenir en Angleterre pour retrouver l'inspiration ?

Il y a de cela. Je me suis bien amusé à L.A. J'habitais à côté de la maison d’Alex Turner avec qui j'ai formé The Last Shadow Puppets. Mais après un moment, mes amis, mon management mes musiciens tout cela me manquait... même la pluie (il rit) ! Je me sentais perdu.

Non sans rire, je crois que l'ambiance particulière et la ‘british pop’ telle que je la pratique me manquait et j'avais besoin de revenir à Londres pour me ressourcer.

Alex Turner des Artic Monkeys vit toujours là-bas ?

Il est plus malin : il est toujours entre Londres et Los Angeles... (rires)

Et quelque chose est-il bientôt prévu avec lui au sein de The Last Shadow Puppets ?

Pas dans l'immédiat, car je suis fort occupé par la promo de mon nouvel album et Alex par la tournée mondiale des Artic Monkeys.

Donc, il n'y a rien de prévu pour l'instant ; bref, les Shadow Puppets sont vraiment… à l'ombre (il rit) …

 

Miles Kane : "One Man Band" (Virgin) sortie le 4 août 2023

 

Miles Kane

Miles Kane, homme-orchestre…

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Miles Kane publiera son nouvel elpee, "One Man Band", ce 4 août 2023. En attendant, il nous propose son nouveau single, "The Wonder", sous forme de clip, et il est disponible

Chargé d'émotions et terriblement contagieux, "The Wonder" parle de ces moments où l'on pense à une relation passée et où l'on ressent à nouveau la présence de cette personne. Miles a déclaré à propos de ce morceau : ‘Les vagues vont et viennent alors que vous êtes assis seul et que vous pensez à ce qui a été.’

Miles Kane

Un final qui a fait la différence…

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Miles Kane se produisait à l’Aéronef de Lille ce vendredi 22 avril. Il y a bien moins de monde que pour Fontaines DC. Le balcon a été condamné, mais la fosse est quand même bien garnie. Le natif de Birkenhead est venu défendre son dernier et quatrième elpee, « Change the show », paru le 21 janvier dernier. Pas vraiment transcendant, à l’instar du précédent, « Coup de grace », paru en 2018. Mais c’est sur les planches, que le Britannique se transcende…

Le supporting act a presque terminé son show, lorsque nous débarquons dans la salle. Ce qui permettra quand même d’assister aux trois derniers morceaux du concert d’Oracle Sisters. Le trio a été formé par deux amis de longue date : Lewis Lazar (NDR : il est également peintre) et Christopher Willatt. Respectivement Danois et Irlandais du Nord, ils ont grandi ensemble à Bruxelles, écrivant et jouant de la musique. Ils ont déménagé séparément à New York et à Edimbourg et se sont retrouvés à Paris où ils ont commencé à travailler sur de nouvelles chansons. Le line up implique également Julia Johansen, une Finlandaise de grande taille, vêtue d’une minirobe plutôt sexy, mais laissant apparaître de longues jambes qui n’en finissent pas (NDR : en référence à une pub pour des collants, diffusée au cours des seventies). Et elle se consacre à la basse et aux claviers. Le trio pratique une forme de folk/pop teintée de rock et de psychédélisme. Falsettos, les harmonies vocales sont superbes et susceptibles de rappeler celles de Tahiti 80. Les deux autres musicos se partagent les grattes (acoustique pour l’un, électrique pour l’autre) et se révèlent plutôt doués. On n’en dira pas plus, mais ce groupe est manifestement à revoir…

Miles Kane débarque sur les planches. S’il se consacre le plus souvent à la guitare, il est soutenu par un autre soliste, un bassiste, un claviériste et un drummer. Le set s’ouvre par les très énergiques « Don’t let it get you down » et « Rearrange » que la foule reprend déjà en chœur. Le light show privilégie la couleur rouge, en référence à la teinte du dernier elpee (pochette, support, clip vidéo, …) La voix de Mike rappelle parfois celle de Marc Bolan ; et c’est flagrant sur les titres les plus glam comme « Cry on my guitar » et « Change the show ». Mais à partir du quatrième morceau, le concert vire au r&b bien british, soit dans l’esprit de The Style Council, les sonorités rognées de l’orgue accentuant cette impression. Une période entrecoupée du funk blanc « Coup de grace » (Gang of Four ? A certain Ratio ?), moment choisi par le claviériste pour marteler ‘tribalement’ deux toms que sont venus lui installer provisoirement un roadie. On a même droit à une ballade mid tempo au cours de laquelle Miles a abandonné sa gratte et puis à un « Tell me what you’re feeling » réminiscent du Spencer Davies Group. Le show va vraiment prendre son envol à partir de « Aviation », une compo de son side project The Last Shadow Puppets. Miles Kane nous réservera d’ailleurs encore un titre de ce band, « Standing next to me ». Le claviériste troque ses ivoires pour un saxophone, tout au long de « Never get tired of dancing », moment au cours duquel il rejoint le front de scène. Les cordes de Kane rugissent tout au long de l’excellent « Inhaler ». C’est vraiment un frontman. Il se cabre en arrière tout en pliant les genoux. Il harangue la foule qui réagit au quart de tour. Mais lorgne carrément vers la britpop (Richard Ashcroft ?) sur « Loaded ». A l’issue de l’hymnique « Don’t forget who you are », le public reprend les ‘la la la’ de la chanson alors que la chanson est terminée. Ce qui incite le band à jouer les prolongations du morceau. Avec une grosse acclamation de l’auditoire, à la clef. Petite pause pour « Colour of the trap », au cours duquel le soliste se consacre à la lap steel guitar, mais ses interventions manquent de relief (NDR : n’est pas Ben Harper qui veut !). La fin du concert s’emballe et redouble d’intensité électrique. « Change the show » est le théâtre d’un duel de grattes. Pendant « Give up », Miles présente ses musiciens qui en profitent pour s’autoriser un petit solo. Puis, lorsque la compo reprend son cours, le drummer se déchaîne. Et il récidive sur « Come closer » dont le public reprend en chœur les ‘Oooh, ooh, oooh, aaah, aaah, aaah’ à la fin du morceau. Ce qui inévitablement permet au combo de refaire le coup de la reprise dans une ambiance de folie. Et puis, le quintet tire sa révérence. Les baffles crachent le « Nutbush City Limits » de Tina Turner et les lumières se rallument. Rideau. Petite anecdote (merci Ludo), tout le long du concert, les musicos d’Oracle Sisters ont dansé, en coulisses… (voir notre section photos )

Setlist 

Don't Let It Get You Down
Rearrange
Cry on My Guitar
Nothing’s Ever Gonna Be Good Enough
Coup de grace
Tears Are Falling
Tell Me What You’re Feeling
Caroline
Blame It on the Summertime
Aviation (The Last Shadow Puppets song)
Never Get Tired of Dancing
Inhaler
See Ya When I See Ya
Loaded
Don't Forget Who You Are
Standing Next to Me (The Last Shadow Puppets song)
Colour of the Trap
Give Up
Change The Show
Come Closer

(Organisation : Aéronef)

Sinkane

Life & Livin’ It

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L’heure de Sinkane semble avoir sonnée ! Actif depuis 2007, le pétillant New-yorkais (NDR : quoique d’origine soudano-britannique) est parvenu à gravir un pallier en publiant « Life & Livin’ It », son 6ème elpee. Et il est parfait. A peine sorti de sa belle aventure vécue auprès de William Onebayor, Ahmed Galab semble transcendé par sa courte proximité du monde si particulier du sorcier nigérian. Fruit d’un mélange de funk, de doo-wop (« Won’t Follow »), d’afro-pop au accents 70’s (Fela Kuti en tête) et de disco (« Telephone »), la musique de cet  LP communique une fameuse dose de bonne humeur tout en libérant un groove irrésistible. Sinkane bénéficie, en outre, du concours d’Antibalas, une section de cuivres issue de Brooklyn ; de quoi booster certains morceaux, et tout particulièrement le single imparable « U’Huh », une compo qui aurait pu figurer au répertoire d’Isaac Hayes. L’expression sonore se singularise également par ses claviers vintage généreux et s’enflamme lorsque le falsetto souffle sur les braises de « Fire »… Et c’est un bel euphémisme d’admettre qu’on se sent vivant à l’écoute de « Life & Livin’ It » !

 

Darkane

The Sinister Supremacy

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Quand « Rusted Angel » est sorti en 1999, Darkane a dépoussiéré avec grâce et talent la scène thrash, genre alors moribond. Technique, puissant, usant d’un sens de la mélodie inné mais intelligent, le groupe a su, tout au long de sa discographie, garder le cap qu’il s’était fixé, sans jamais céder un iota au death mélodique entre-temps popularisé par Soilwork et In Flames ou à quelque autre style que ce soit, au prix d’un succès de foule qu’il ne connaîtra jamais. Il devra se contenter de l’estime des mélomanes et d’un statut de culte, référence ultime en termes de thrash puissant et mélodique. Après une pause de cinq ans, les Suédois reviennent en forme et proposent un album qui ne déparera pas au sein de leur magnifique discographie. Ce qui leur permet à nouveau de s’imposer comme les leaders d’un genre qu’ils maîtrisent comme personne. Intelligemment composé, jamais facile, tout en restant d’une efficacité imparable, « The Sinister Supremacy » n’a non seulement pas à rougir face au reste de l’impressionnant CV du groupe, mais s’impose très vite comme une de leurs meilleures sorties.

 

Candye Kane

Coming out swingin’

Écrit par

Cette Californienne est très populaire en Europe et tout particulièrement en Belgique où elle s'est régulièrement produite. Chanteuse de blues, elle est également une activiste féministe. Au cours des dernières années, elle a rencontré de solides problèmes de santé et a été opérée, semble-t-il, avec succès d’un cancer du pancréas, en 2012. Elle est aujourd’hui âgée de 47 ans. Suite à cette intervention chirurgicale, elle a perdu énormément de poids. Faut dire qu’autrefois, elle affichait des formes très généreuses. Et cette métamorphose physique lui sied plutôt bien. Elle a toujours cherché à se produire en compagnie d’instrumentistes talentueux. A ses débuts, elle a ainsi pu compter sur le concours de la pianiste Polly Palmer. Une concitoyenne, puisqu’elles sont toutes deux originaires de San Diego. Elle a d’ailleurs participé aux sessions de cet opus. Et depuis quelques années, elle est soutenue par la jeune guitariste Laura Chavez.

Cet opus est judicieusement baptisé "Coming out swingin'". L’elpee s’ouvre par le titre maître, du pur jump à la sauce rétro swing. Et le "Rock me to sleep" de Benny Carter embraie dans le même style. Entraînant et nerveux, "I'm the reason why you drink" trempe dans l’authentique blues rock west coast. Les interventions des musicos sont excellentes. Tant l’harmonica de Billy Watson que la guitare de Laura. Celle-ci a bien assimilé la technique de ses maîtres, dont Jr Watson et Kid Ramos. Magique ! Orgue et cuivres dominent "When tomorrow comes", un R&B dansant. Du northern soul ! Au micro, Candye ne se débrouille pas trop mal, même si parfois on a l’impression quelle force sa voix. Encore un titre dansant : "Rise up!" Miss Chavez est intenable tout au long de ce Memphis R&B limpide. Dommage ce chant affecté. Blues lent, "Invisible woman" est caractérisé par une superbe sortie de Lara, digne des meilleurs contemporains du style. Parfait ! "You ain't all that" effectue un retour au west coast jump. Imprimé sur le rythme du cheval au galop, "I wanted to walk" est un morceau que j’apprécie tout particulièrement. Nous sommes transportés sur les pistes du Far West. Subtilement réverbérée, la guitare adopte des accents surf. La présence d’un harmonica accentue cette empreinte filmique. "Darling baby" est issu de la plume du trio magique de la Tamla Motown, Holland–Dozier–Holland. Un blues passionné évoluant sur un tempo indolent, au cours duquel le saxophone baryton de Johnny Viau crache littéralement des flammes. Plus surprenant, "Barbed wire mouth" suinte de roadhouse blues texan. Laura emprunte rigoureusement ses riffs à Jimmie Vaughan, alors que Candye opte pour un timbre de fillette un peu fausset. Ballade R&B lente, "What can love do" est une composition écrite par le brillant souffleur Rick Estrin. Lady Kane chante impeccablement cette plage dont le style Memphis est bien rappelé par les interventions d’orgue Hammond. Nouveau changement de répertoire, puisqu’"Au Revoir y'all" nous entraîne vers la Nouvelle Orléans. Les mots sont exprimés dans un assemblage de français et d’anglais. Sue Palmer brille aux ivoires. Percussions et cuivres tapissent, en arrière-plan, le décor sonore. Et Candye ne pouvait clore les débats, sans revenir au jump boogie. Elle a donc choisi pour cette finale, le "Marijuana boogie" du regretté Chicano, Lalo Guerrero. La cover est interprétée dans la langue de Cervantès. La guitare est prise d’accès de folie alors que le piano de Sue Palmer entre en effervescence.  

 

Miles Kane

Don’t forget who you are

Écrit par

A l’instar de The Arctic Monkeys, Miles Kane est certainement devenu aujourd’hui, l’un des plus dignes ambassadeurs de la britpop. À l’heure où Liam Gallagher tente de rattraper le temps perdu en compagnie de Beady Eye (NDR : mais le récupérera-t-il un jour ?) et où Pete Doherty fait davantage parler de lui en termes de mode, de cinéma ou de frasques, l’ex-Rascals et moitié de The Last Shadow Puppets semble prendre tout le monde de vitesse. Déjà en 2001, il publiait « Colour on the Trap », un premier album particulièrement réussi.

Comme son titre l’indique, « Don’t forget who you are » est un album plus personnel. D’ailleurs sur la pochette, il trône devant la boucherie de ses parents. Un retour aux racines donc… Si les lyrics sont plus intimistes et évoquent la littérature qui a nourri le rock british des 60’s, la musique puise son inspiration à de multiple sources. Ainsi, Miles Kane n’a pas hésité à faire appel à plusieurs pointures pour enregistrer cet opus. Dont Paul Weller, Andy Partridge, chanteur/guitariste d’XTC, Ian Broudie (illustre producteur qui a notamment mis en forme plusieurs opus d’Echo & the Bunnymen) et Kid Harpoon. De quoi accentuer l’aspect vintage de l’expression sonore.  

Sur ce deuxième elpee, on épinglera un bel équilibre entre les différentes compos et puis surtout des mélodies particulièrement efficaces. Hymniques, des morceaux comme « Don’t forget who you are » et « Give Up » sont taillés pour les stades. Energiques, les riffs rock sont légion. Et Miles n’oublie pas de leur réserver ponctuellement de la disto. Enfin, les mélomanes qui préfèrent l’emphase de Last Shadow Puppets ne devraient pas être déçus, à l’écoute de « Out of Control » ou « Fire in my Heart ».

Est-ce que cet album est meilleur que le précédent ? Personnellement, je ne pense pas. Mais là n’est pas la question ! « Don’t forget who you are » est un des meilleurs albums de britpop de l’année. Dans ces conditions, pourquoi épiloguer ?

 

Candye Kane

Sister Vagabond

Écrit par

Cette chanteuse californienne véhicule une image très caractéristique, depuis de nombreuses années. A cause de sa corpulence et de ses formes opulentes. Bien qu’âgée seulement de 45 ans, sa carrière est déjà bien conséquente. Elle compte ainsi une douzaine d’albums à son actif. Et son premier opus officiel, "Home Cookin" remonte d’ailleurs à 1994. A cette époque elle n’avait pas encore fêté ses 30 balais. Et était encore mariée au bassiste des Paladins, Thomas Yearsley. Atteinte d’un cancer du pancréas, elle a été opérée avec succès.

Pour enregistrer cet elpee, elle a reçu le concours de son backing band, formation au sein de laquelle figure, au premier rang, la jeune sixcordiste Laura Chavez. Mais également une ribambelle d’invités. Candye excelle dans l’écriture ; mais 9 titres de son opus sont cosignés par sa guitariste.

Le long playing s’ouvre par "I love to love you", une compo imprimée sur un mid tempo. Le premier cri d’amour de Candy est particulièrement convainquant. Son chant est serré de très près par les cordes de Laura. Plage trempée dans le soul/blues, "Love insurance " recommande la souscription d'assurances pour les cœurs brisés. "Sweet nothin’s" est un des sommets de l’œuvre. Une ballade indolente que Brenda Lee a interprétée dans le passé. Un blues caractérisé par la voix autoritaire voire agressive de Lee. Miss Chavez est impériale sur ses cordes. Elle n’en rajoute jamais une couche et ne dispense que les notes nécessaires. L'intro de "Walkin', talkin' haunted house" évoque le Chicago Westside. Tout au long de cette ballade, nous ne sommes pas loin du climat entretenu, à son époque, par Otis Rush. Nous sommes invités à visiter une maison hantée, atmosphère alimentée par les percus de Stephen Hodges. "You never cross my mind" marque enfin le retour au west coast jump. Assurée par Paul Fasulo et Kennan Shaw, la section rythmique déborde de swing. L’ex-partenaire de Miss Kane, Sue Palmer, siège derrière le piano. Shuffle passionné mais réaliste, "Everybody's gonna love somebody tonight" bénéficie de la participation amicale de James Harman à l'harmonica. J'apprécie tout particulièrement "You can"t take it back from her". A cause de la structure de la compo, sise à mi parcours entre le Chicago Westside et les swamps louisianais. La gratte réverbérée de Laura et la basse acoustique de Thomas Yearsley nourrissent cette ambiance. Epaulée par les chœurs délicieusement surannés des sœurs Boswell, Candye chante encore "You can't hurt me anymore". Les interventions de Laura sur son manche, sont véritablement magiques. Balayé par les accordéons d'Eddie Baytos et de Matt Hensley, "Have a nice day" nous entraîne du côté de la frontière mexicaine, près de San Diego. Nathan James se réserve la sèche sur la ballade ténébreuse "Down with the blues". "I deserve love" clôt l’elpee. L’harmo de Billy Watson nous emporte sur les pistes du Far West, tout au long de cette curieuse chanson au format country gospel. La collaboration entre Laura et Candye est une véritable réussite !

   

Miles Kane

Colour of the Trap

Écrit par

Miles Kane, c’est le compère d’Alex Turner au sein des magnifiques Last Shadow Puppets, mais également l’ex-leader du groupe The Rascals. Pas étonnant que le projet solo de la petite frappe anglaise ait déclenché un véritable un raz-de-marée médiatique, au cours de ces dernières semaines. Mais l’engouement populaire provoqué par le natif de Liverpool est-il mérité (NDR : le concert au Botanique est complet, alors qu’il n’a pas encore sorti d’album !)

Dans les grandes lignes, la musique de Miles Kane évoque une version ‘croonée’ de celle d’Artic Monkeys. Alex Turner a d’ailleurs coécrit la moitié des compos de « Colour of the Trap ». Suffit d’écouter « Kingcrawler » ou le single « Inhaler », pour en être convaincus. Produit par Dan Carey et Dan The Automator, l’album trempe dans la pop bien britannique, au sens mélodique si caractéristique. La britpop, si vous préférez. Ainsi, « Telepathy » et « Quicksand » se révèlent très ‘Merseysound’ dans l’esprit de The Coral (NDR : Miles est d’ailleurs le cousin de James Skelly…), « Colour of the Trap » est une ballade réminiscente de The Verve, « Rearrange » affiche une gouaille que n’aurait pas renié Supergrass alors que pour le classieux « My Fantasy », Kane est soutenu par Noël Gallagher. Sans oublier le single imparable « Millions Miles Away ». Autre duo, celui qu’il partage auprès de la Française Clémence Poésy, sur « Happenstance ». Sexy, mais décevant !

Outre son sens mélodique très aiguisé, Miles Kane possède la classe de Plan B tout en affichant la morgue et la nonchalance des frères Gallagher. A ne pas manquer le 18 août au Pukkepop !

Jubal Kane

The Empy Glass Café

Écrit par

Jubal Kane est un trio drivé par le bassiste et guitariste slide BW ‘Buckwheat’ Carrigan. Avant de monter ce projet, il avait monté le Long Distance Call Blues Band, un combo responsable d’un elpee ‘live’, "Live blues" ; mais qui surtout s’était illustré lors du King Biscuit Blues d’Helena, un festival qui se déroule en Arkansas. C’était en novembre 2005. Il décide alors de changer de partenaires et s'attaque aussitôt à la confection d’un elpee studio. Intitulé "Flying high", il est paru en 2007. Le solide Pete Haycock, longtemps guitariste du Climax Blues Band, leur avait même apporté son concours pour une plage.

Groupe de scène par excellence, le line up de Jubal Kane implique le chanteur/harmoniciste Ace Anderson, le guitariste/chanteur Otis Thomas et l’âme du band, Buckwheat. Ce dernier opus a été immortalisé à l’Empty Glass Café de Charleston. En avril 2008. Lors de ce set, le combo avait reçu la collaboration du batteur Kurt Skirt. Les musiciens ont un fameux look. Lorsqu'ils enfourchent leur chopper rutilant, ils projettent une image fort proche de celle des purs texans ZZ Top! Ils ont de l'énergie à revendre et manifestent beaucoup d'enthousiasme. Leur musique ne se signale pas par sa subtilité, mais elle emporte tout sur son passage. Anderson a de sacrés poumons. Il les remplit à satiété avant de libérer des flots de notes incandescentes par l’intermédiaire de sa musique à bouche. Dommage que la formation ne puisse compter sur un vocaliste de classe ; un atout qui leur permettrait incontestablement de monter d’une division. La détermination manifestée et leur rage de jouer peut parfois évoquer Lester Butler, les Red Devils ou encore les Mama's Boys. Mais sans jamais leur emboîter le pas. N'empêche que la manière de souffler en se démenant d'Ace est impressionnante.

Leur répertoire touche un peu à tous les styles de blues. Le Chicago domine bien entendu le sujet. Ce qui n’empêche pas les compos d’opérer un crochet vers la Louisiane. A l’instar d’"Annie maybe" et "This harp", deux compos issues de leur répertoire, du "Scratch my back" de Slim Harpo ou encore, mais dans un autre style, du "Polk Salad Annie" ainsi qu’"I want my fleetwood back" de Tony Joe White.

Le second cd s’ouvre par "Not fade away", un morceau qui s’éclate sur le Bo Diddley beat. L’énergie déborde à nouveau face aux roulements de Kurt, sur le "Going down" de Don Nix. Et la puissance s’impose tout au long de titres comme "Steam roller", "Willie Brown", le classique "Born in Chicago", un "High heel sneakers" décoiffant et la cover du "Reefer headed woman" d'Aerosmith! Près de deux heures et demie de musique pour une dizaine de dollars, vous en avez pour votre argent !

Candye Kane

Superhero

Écrit par

L'année 2008 a été l'année de toutes les émotions pour Candye Kane. Et pour cause, au même moment où elle était nominée comme ‘Best Blues Contemporary Female’, autrement dit comme ‘meilleure chanteuse de blues contemporaine’, elle menait un combat contre la maladie ; et pas n’importe quelle affection, puisqu’elle était atteinte d’un cancer du pancréas. Originaire d’East Los Angeles, elle est devenue mère de famille très jeune. Au cours des années 80. Elle s’est tout d’abord immergée dans l’univers du punk rock, avant de s’intéresser au hillbilly et au blues. Ce qui lui a permis de côtoyer un éventail d’artistes particulièrement ample. Depuis X à Dave Alvin, en passant par les Blasters, Dwight Yoakum et Los Lobos. Elle a fréquenté, indifféremment, l’univers de la pornographie, les hippies ou les mouvements féministes… Face à cette nouvelle épreuve, Candye a dû se battre. Tout d’abord, à l’instar de nombreux citoyens outre-Atlantique, elle ne disposait pas d'assurance médicale. Elle a cependant reçu une aide financière providentielle de son entourage. Opérée en avril 2008, la faculté l’a déclarée guérie de son cancer! Elle a écrit la chanson "Superhero" alors qu’elle avait le moral au plus bas. C’est devenu le titre de son dixième album…

Candye a toujours apprécié la compagnie de musiciennes. Très longtemps, elle a ainsi été soutenue par sa concitoyenne de San Diego, la pianiste Sue Palmer. Aujourd’hui, elle est épaulée par Laura Chavez (NDR : elle a milité chez le Lara Price Band), une jeune guitariste de 28 ans. Après avoir édité ses trois derniers albums chez le label allemand Ruf, elle vient de signer pour l’écurie blues la plus branchée : Delta Groove!

Miss Candye est donc devenue héroïne de ‘cartoon’ ; mais pas de panique, elle possède toujours cette voix de shouter. Heureuse d'être encore parmi nous, elle nous fait partager sa joie sans réserve. Ce "Superhero" ouvre l’opus. Un bon résumé de la suite des événements. L’équipe est très soudée pour entourer la diva : la frêle Lara ainsi que son grand ami, Dave Gonzales (NDR : remember les Paladins!) aux cordes, Paul Loranger et Evan Caleb à la section rythmique et le bon vieux Jonny Viau au saxophone. Le quartet de base libère énormément de swing. "Hey! Toughmen" en est une belle illustration. Cette solide interpellation est destinée aux hommes de l'assistance. Imprimé sur un mid tempo, "I put a hex on you" est bercé d’accents exotiques. Une compo qui me fait furieusement penser à Otis Rush. A cause des tonalités réverbérées de la guitare et des changements de rythme. Miss Chavez est une nouvelle fois brillante aux cordes face à l'orgue Hammond de Greg Rutledge. Candye nous confesse ses travers sur "I'm a bad bad girl", un autre blues mid tempo. Et concède une déclaration inattendue, dans un climat jazz quasi manouche : "Ik hou van je". Heureux Flamands!! Elle reprend deux compositions de Jack Tempchin, dont l’excellent "Who's been sleeping in my bed?", une version au cours de laquelle Laura est intenable. Et puis du swinguant "I like 'em stacked like that". Invité, Mitch Kashmar partage le chant, tandis que Kid Ramos et Laura rivalisent de virtuosité. Mitch se réserve l’harmonica et Kid les cordes tout au long de "Till you go toofar". Candye avait déjà interprété "Whole lotta love" sur l'album du même nom. Ici elle nous restitue une adaptation séduisante d’une compo quasi-identique, le "You need love" de Willie Dixon. Miss Kane est aussi capable de rocker comme une diablesse. A l’instar de "You can't stop me from loving you" et du cinglant "Throw it in the trash can love". Apaisée, elle termine cet opus par "I'm gonna be just fine". A cappella ! Un excellent album!

 

Candye Kane

Guitar'd and feathered

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L'affriolante chanteuse californienne nous propose son huitième album. Elle aime les plumes. Et le démontre sur la pochette de l’elpee. La guitare aussi. Ce qui explique pourquoi la diva a reçu le concours d’une bien belle brochette de gratteurs. Candice Louise Kane parvient, en outre, a bien mettre sa voix en évidence dans un univers sonore éclectique, au sein duquel styles et d'atmosphères oscillent entre blues, soul, ballades et rock'n'roll! 

L’opus s’ouvre par la cover du "My country man" de Big Maybelle. Une version jump qui bénéficie du concours du maître incontesté du style : Mr Junior Watson. Pour la circonstance, il retrouve son ancien compagnon des Mighty Flyers, Bill Stuve. Et sa contrebasse fait mouche. Dave Alvin est venu apporter son concours à "Back to my old friends". Il y a 25 ans qu’elle connaît le natif de Californie ; avant même que notre activiste féminine ne se mette à chanter. Le charismatique leader des Blasters se réserve la steel guitare et rejoint la slide de Bob Margolin. Cette conjugaison de cordes exhale un savant parfum. Miss Kane à la pêche ! Elle poursuit par "When I put the blues on you", un blues rocker très musclé entretenu par les cordes électriques de Margolin et de la frêle rouquine Sue Foley. La pureté de la voix sied à merveille à "I'm not gonna cry today", une douceur manouche au cours de laquelle Jeff Ross se mue délicatement en Django. Et l’exercice est brillant ! Le "Idone gone over it" de Guitar Slim adopte un profil Chicago blues. Sue Foley est de retour. Et Billy Watson à l'harmonica, également. Malgré la présence d’un éventail impressionnant d'invités, la formation de base a quand même son mot à dire. Elle implique Bill Stuve, dont nous avions déjà parlé, son fils Evan Caleb à la batterie et Heine Andersen à la guitare. Candye chante "Goodbye my heart", une ballade soul signée Caleb. Sa voix est convaincante. Cette plage est caractérisée par la présence de son autre fils, Tommy Yearsley II, à l'orgue Hammond. "I'm my own worst enemy (dedicated to my friends and adversaries on the Blues list)" ne me botte pas trop. A cause de son style Tamla Motown entretenues de chœurs spécifiquement féminins. Le swing marque son retour lors du léger et pétillant "Fine brown frame". Kid Ramos s’y réserve les cordes acoustiques. Quelques mois plus tôt, Candye était encore en tournée européenne. Lors de ce périple, elle en avait profité pour s’enfermer dans un studio d'Amsterdam, en compagnie de la mignonne guitariste slave, Ana Popovic, pour y enregistrer "I'm lucky". Le style est très Popovic. Son solo est parfaitement ciselé et subtilement travaillé. Bob Margolin est producteur. Cet ancien membre du Muddy Waters Band a accompli de l’excellente besogne sur cet elpee. Il est parvenu à mêler subtilement les différents styles, alternant le plus souvent les plages électriques et acoustiques. A propos de cordes non amplifiées "Jesus and Mohammed" est un véritable régal. Bob Brozman et Jack Tempchin s’y révèlent de brillants instrumentistes. Ce dernier avait, notamment, bossé pour les Eagles. Avec bonheur ! Quel plaisir de retrouver sa partenaire des premières années ; en l’occurrence la pianiste Sue Palmer. Elle nous réserve son style boogie woogie tout au long de "Club of the foolish hearts". La nostalgie et une pointe de tristesse dans la voix, Kane chante encore le tendre "We're long ago and far away", une plage caressée par les accords empreints de douceur de la basse acoustique de Stuve et traversée par les cordes inspirées de Margolin. Cet excellent album s’achève par "Crazy little thing". Un rock'n'roll trépidant réminiscent des des fifties. Pour la circonstance, un guitariste de poids soutient la charmante Candye : Sir Popa Chuby…

Candye Kane

White trash girl

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Pour ce nouvel album, la pulpeuse et sulfureuse californienne Candye semble avoir décidé de renouer avec le Texas. L’émotion l’étreint lorsqu’elle se souvient de Clifford Antone. De celui qui lui a offert sa première chance d'enregistrer un album. Elle est donc retournée à Austin pour mettre en boîte son septième elpee. Sous la houlette de Mark "Kaz" Kazanoff.
 
L'opus s’ouvre par le titre maître ; une plage à l’introduction fort inspirée par John Lee Hooker. Naturellement, Miss Kane chante autoritairement devant l'harmonica de Gary Primich et la guitare de Jeff Ross. "Estrogen bomb" poursuit sur un bon tempo. Un shuffle marqué par la puissance rythmique du redoutable Preston Shannon à la basse et de Damien Llanes à la batterie. Brillant, Johnny Moeller prend son pied à la guitare. Il tire nerveusement voire rageusement sur ses cordes, tandis que Candye chante ici à son meilleur niveau. Ballade un tantinet soul et définitivement pop, "What happened to the girl" accroche par son refrain. Pourquoi pas? Tommy Yearsley Jr (NDR : un de ses fils !) co-signe ce fragment au cours duquel David Grissom se réserve la guitare. Conservant ce ton bon enfant et toujours très pop, elle reprend "(What a day for a) daydream", un tube des sixties signé John Sebastian (NDR : à l’époque, il sévissait chez le Lovin' Spoonful). L'introduction à la guitare évoque BB King. Riley Osbourn siège derrière l'orgue. L'ensemble possède à la fois charme et panache. Elle revient alors au jump cuivré, un style favori qu’elle applique au "Big fat mamas are back in style" de Bull Moose Jackson. Les Texas Horns épaulent Kaz, Gary Slechts, John Mills et Randy Zimmerman. Le ton se durcit lors du rockin' R&B "Queen of the wrecking ball". Elle chante d'une voix puissante, sans concession. L'accompagnement évolue dans un registre rock très amplifié. Impliquant clarinettes et piano acoustique, "Misunderstood" trempe au sein d’un climat de vieux jazz traditionnel. Swing blues vivifiant, "I wanna do more" est une autre signature de Leiber et Stoller, une plage caractérisée par une sortie remarquée de Gary Primich. "It must be love" constitue certainement une des meilleures plages de l’opus. Au sein de cet ensemble bien huilé, Jeff Ross s’autorise une superbe envolée de cordes sculptée dans le west Coast jump. "Work what you got" évolue sur un rock'n'roll au tempo élevé. Riley s’y excite sur les 88 touches en ivoire de son piano. Après le calme reposant de "I could fall for you", Candye nous embarque pour la Nouvelle Orléans. Son "Mistress Carmen" est balayé par le piano roulant d'Osbourn. La guitare de Ross s'évade tout en épousant parfaitement le rythme, avant de céder le relais au sax ténor de Kaz. Excellent! Riley est lâché. Il emmène les autres dans le boogie woogie pour un "Masturbation blues" de toute bonne facture. Lady Kane est ravie et s'en gargarise de plaisir. Cet elpee s’achève sur un ton gospel par "Let there be pease on earth". Ce « White trash girl » ne constitue sans doute pas la meilleure oeuvre de l'extravagante Candye, mais elle évolue à un bon niveau.

Candye Kane

Whole lotta love

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Originaire de l'est de Los Angeles, la sulfureuse Candye est devenue chanteuse et même compositrice, contre vents et marées. Il est vrai que le récit de sa vie est une source intarissable d'anecdotes croustillantes. Autrefois paumée, strip-teaseuse et actrice porno dans ses mauvais jours, activiste féminine, provocatrice le reste du temps, cette fille est parvenue à se forger une place dans le giron du blues contemporain. A force de travail. Mais aussi de talent et de persuasion. Selon la légende, cette mère célibataire continue à vendre des produits Tupperware. Notre diva est particulièrement populaire à San Diego. Pourtant, ses trois premiers albums ont été enregistrés chez les Texans d'Antone's. "Home cookin" en 94, "Knock out" en 95 et "Diva la Grande" en 96. Il faudra cependant attendre 99 pour voir sortir "Swango". Sur Sire. En 2000, elle signe chez Rounder pour y commettre "The toughest girl alive". Elle s'est souvent produite chez nous. Chaque fois (ou presque !) en compagnie d'un nouveau backing band. Et je dois avouer qu'elle a rarement déçu. Impossible d'échapper à la magnifique photo qui illustre la pochette de cet elpee. Candye y apparaît plus voluptueuse et séductrice que jamais. Pour la confection de cet opus, Thomas Ruf lui a permis de s'entourer d'une sacrée brochette de musiciens.

Elle entame ce nouveau CD, les cordes vocales en transe. Elle aime les mettre en exergue, et ça se sent! "Something's got a hold on me" est mené tambour battant. Le chant est assez gospel. La première intervention de cordes est très réussie. Faut dire que pour la circonstance, elle est secondée par Jeff Ross et Kyle Jester. Son adaptation du "Wrap around joy" de Carole King bénéficie d'un excellent arrangement. Un morceau de soul R&B très funky enrichi par l'orgue Hammond et les cuivres. Signé Wild Child Butler, "Put it all in there" est un shuffle comme on les adore. Tous les musiciens sont bien soudés. La section rythmique assure, pendant que R.J Mischo se démène, comme un beau diable, à l'harmonica. Issu de la plume de Billy Valentine, "Fit, fat and fine" nous ramène dans l'ambiance de la fin des années 40. Ce fragment libère beaucoup de swing, de rythme. Le chant est caractérisé par un échange entre Candye et Kyle Jester. Au cours de ce duo, Brandon Fields prend un solide solo de sax et Kyle se réserve une superbe sortie dans le style West Coast jump. Assez rocker, "A lion in my house" est un blues très rythmé. Le chant de Candye est furieux. Mais il me semble reconnaître l'ami Charlie Musselwhite qui pointe le bout du nez. La cover du "What's that I smell?" de Big Bill Broonzy constitue le moment le plus roots de l'opus. Elle met en exergue un duo vocal échangé avec ce bon vieux Charlie qui tient aussi la guitare acoustique. Candye s'attaque alors au canon de Willie Dixon, "Whole lotta love". Elle emprunte cependant les arrangements du Led Zeppelin. Ce qui n'est guère étonnant, car elle jouait ce titre live depuis pas mal de temps. Elle accomplit ici le rôle de Robert Plant. Ce qui n'est pas davantage surprenant lorsqu'on connaît son registre vocal. Et la guitare est aussi d'un bon niveau. Ce qui ne gâter rien. Des violons sirupeux introduisent "When the hangover strikes", une ballade enivrante très fin de soirée, qu'elle interprète à la manière d'une crooneuse. Pourtant, je la préfère lorsqu'elle déménage. C'est une certitude. A cause du volume de son registre vocal et de sa prestance. Alors, nous ne sommes jamais déçus. Sa puissance, sa hargne sont inégalables. A l'instar du rock'n'roll furieux "I'm just a sucker who believes in love". Un morceau qu'elle a composé. C'est bien dans ce registre qu'elle est la meilleure. Elle remet le couvert pour "27 times", au rythme plus relaxant. Mené à la manière de Jimmy Reed, cette compo se termine en swing. Mais est-ce donc Larry Taylor qui se réserve la basse acoustique et R.J Mischo l'harmonica? Cet excellent album se termine dans une atmosphère très barrelhouse, honky tonk. Le duo échangé avec le piano (NDR : est-ce celui du Reverend Billy C. Wirtz ?) est tout à fait excellent. Dommage que les notes de pochette soient si avares d'informations. Un album très excitant pour la très excitante Candye!

Kane

As long as you want this

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Non, ce n'est pas un ensemble yankee, mais batave. Un quatuor dont le rock est teinté, suivant les compositions, d'une dose assez variable de funk. Une musique qui aurait pu naître d'un croisement entre Tragically Hip et Spin Doctors. Et l'apport épisodique de chœurs gospel ou d'arrangements symphoniques n'améliore certainement pas ce produit que je qualifierai de banal !