Les idoles de Yungblud…

Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

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The Intemperate Sons

La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

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The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent incomparable a attiré l'attention de Ryan Shuck et Amir Derakh - légendes dans le monde du rock grâce à leur travail pour Orgy, Dead By Sunrise et Julien-K - qui ont signé le groupe sur leur label, Frame|Work.

Formé par la famille Watson - Keith (batterie), Jake (guitares) et Max (chant, guitares, clés) - ainsi que le bassiste Mark Marks, The Intemperate Sons est une affaire de famille avec une connexion profondément enracinée qui imprègne chaque note que les musiciens jouent.

Keith, artiste chevronné connu pour avoir dynamisé des foules massives lors de projets tels que Gun Hill, Natural Born Thrillers et Agents Of Solace, pose les fondations lyriques et rythmiques du combo. Son travail sur des titres comme « Dust To Dust », « The Color Within » et « Unrealized » montre sa capacité à puiser dans les recoins les plus sombres de la psyché humaine, transformant la douleur personnelle en un rock hymnique.

Max Watson, multi-instrumentiste et leader du band, apporte un mélange unique de polyvalence et d'intensité. L'approche méticuleuse de Max en studio, où il crée sa collaboration avec Keith sur des titres comme « Way Back When » révèle une voix aussi fascinante que diffusent des harmonies vocales complexes, garantit que chaque chanson résonne à un niveau viscéral. Sa voix lyrique sur des plages comme « Faceless Man » et « Once Again » met en évidence son talent en tant que voix d'une génération.

Jake Watson, le principal architecte sonore de la formation, est un maître de la narration musicale. Son approche novatrice de l'écriture de chansons - évidente dans des morceaux comme « Remission », « Way Back When » et « Wading in the Gray » - transforme les paroles en récits puissants. Son rôle va au-delà de la musique, car sa vision artistique influence tout, de l'identité visuelle du groupe à sa présence sur scène.

Mark Marks, la force unificatrice à la basse, apporte à la fois son expérience et son groove au groupe. Vétéran de la scène musicale de Dallas, il apporte une contribution indispensable au processus d'écriture de The Intemperate Sons. Ses succès passés, dont la première partie d'icônes du rock comme Sebastian Bach, témoignent de son talent et de son dévouement.

Le partenariat avec Tony Franklin (The Firm, Whitesnake) sur ce premier long playing, « The Color Within », souligne encore l'engagement de la formation envers l'excellence, le travail de la basse de Franklin ajoutant de la profondeur à des titres marquants comme « Dust to Dust » et la chanson-titre.

The Intemperate Sons propose une approche convaincante du rock alternatif, fusionnant l'intensité grinçante du hard rock et des éléments folk et grunge. Sa musique est un voyage sombre et introspectif qui résonne dans l'âme, suscitant des comparaisons avec des combos emblématiques comme Alice In Chains, Stone Temple Pilots et R.E.M. Le lien familial entre le clan Watson se manifeste dans leur son unique - un mélange d'hymnes à la guitare et d'harmonies vocales complexes qui résonnent longtemps après le dernier accord.

La vidéo du single « Dum, radio edit » est disponible

 

Whispering sons

Des Whispering Sons très imaginatifs…

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Le quintette belge Whispering Sons annonce un nouvel album, The Great Calm, lequel paraîtra le 23 février 2024.

Aujourd'hui, ils sortent le sombre Cold City, un autre signe distinctif de leur nouvel elpee et quelque chose de complètement différent du premier single presque joyeux The Talker.

Cold City est aussi glacial que son titre le suggère. Décrivant un désir inaccessible, le morceau ressemble à une chanson nostalgique, mais d’une nostalgie qui n'existe pas encore. Fenne Kuppens explique que "le vrai défi était de trouver les bons sons pour porter le sentiment de la chanson". En superposant les synthés, le groupe a créé une petite chanson fragile, mais à l’atmosphère très riche.

Après la puissance sombre d’Image en 2018 et le minimaliste Several Others en 2021, le troisième album des Whispering Sons, The Great Calm, représente une ré-imagination et une remise en question. "Je pense que la chose la plus importante à notre sujet est que nous nous sommes rencontrés en tant que groupe d'amis et que nous avons créé le groupe", note Kuppens, la chanteuse du groupe. C'est quelque chose qui est né d'un amour pour la musique et d'une envie de jouer ensemble. Et maintenant, nous avons dix ans de plus. Rien n'a vraiment changé. La dynamique est toujours la même. Nous sommes très proches les uns des autres.

Enregistré en quatre semaines avant d'être terminé au début 2023 à l'aide d'une installation artisanale, la puissance, l'énergie et la beauté qui ont présidé à la création de The Great Calm sont gravées au cœur de chacune des douze chansons.

Kuppens ajoute : "J'aime l'impression de grandeur que donne une phrase comme The Great Calm. Elle décrit vraiment ce que les personnages des chansons recherchent, ce sentiment de paix et de calme. C’est aussi quelque chose qui n'existe probablement pas parce que cela ressemble trop à un rêve. L'album est plus porteur d'espoir, il est plus beau. Le précédent était très sombre et toujours très destructeur. Je pense que celui-ci l’est toujours un peu, mais il y a de l'espoir dans cette destruction.

Le clip de Cold City est disponible ici

 

 

Whispering sons

Le discours de Whispering Sons…

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Whispering Sons vient de sortir un nouveau single. Intitulé « The Talker », il ne ressemble à aucun autre titre du groupe. L’atmosphère est toujours post punk et le contralto caractéristique de la chanteuse Fenne Kuppens, bien présent, mais le riff est joyeux voire frivole ; et il pétille d'humour sarcastique.

La vidéo du single (à découvrir ici) constitue le chapitre central d'un court-métrage en trois parties. Le film complet, intitulé ‘Balm (After Violence)’, sera présenté en avant-première au Film Fest Ghent lors d'une projection spéciale et d'une performance en direct.

Le groupe accordera une série de concerts exclusifs dans de petits clubs à l'automne avant d'entamer une tournée européenne complète au printemps 2024. Il se produira également au festival Iceland Airwaves cette année et assurera la première partie de The KVB à Londres.

En concert

05.10.2023 — VOLTA, BRUSSELS

06.10.2023 — STORMKOP, ANTWERP

07.10.2023 — AFF, HASSELT

12.10.2023 — FILM FEST GHENT, GHENT (19.00PM)

12.10.2023 — FILM FEST GHENT, GHENT (21.00PM) SOLD OUT

 

Claire Parsons

Le musée aquatique de Claire Parsons

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Claire Parsons est une compositrice et musicienne luxembourgeoise d'origine britannique. Après avoir étudié le piano classique et jazz, la guitare classique et électrique ainsi que le chant classique, elle a obtenu son master en Jazz au Conservatoire Royal de Bruxelles, sous la supervision du chanteur de jazz belge David Linx et du pianiste Diederik Wissels.

Claire Parsons nous dévoile son nouveau projet et deuxième album « The Aquatic Museum », un disque inspiré par les œuvres de Sufjan Stevens, Emiliana Torrini et Agnes Obel. Ce projet collaboratif invite les auditeurs à se plonger dans les secrets des mondes aquatiques inexplorés. Les cordes, les instruments électroniques, les chœurs, les enjeux de piano délicats et les riffs de guitare captivants créent un son qui évoque une plongée dans les profondeurs marines.

Pour cet opus hors norme, Claire Parsons s'est entourée du musicien luxembourgeois Laurent Peckels, de l'altiste américaine et chef du trio à cordes bruxellois Nicole Miller, de la violoniste belge Maia Frankowski, de la violoncelliste luxembourgeoise Annemie Osborne, du batteur et pianiste franco-luxembourgeois Jérôme Klein, du guitariste israélien Eran Har Even, ainsi que du big band belge Q-Some Big Band.

Après nous avoir fait découvrir « Large Pleasure Watercraft », « Trash Tub » et « Entrance », « The Aquatic Museum » nous invite à explorer les fonds marins à travers « Trapped Air Bubbles », emmené par les incroyables images marines de la photographe Audrey Cudel.

Sa participation à de nombreux projets en tant que musicienne et compositrice lui a ouvert de nombreuses scènes et festivals nationaux et internationaux qui lui ont permis d'être remarquée par des professionnels, magazines et radios du monde entier.

Après la parution de son premier Ep « OnOff, enregistré flanquée du Eran Har Even Duo en 2019, elle a sorti son premier elpee, « In Geometry », en compagnie de son quintet, en mai 2020

Paisible, épuré et magnifique ce long playing, paru ce 25 mai 2023, s’adresse aux amoureux de grands espaces et de biodiversité.

Pour découvrir les 4 vidéos suivantes, il vous suffit de cliquer sur leur titre

« Trapped Air Bubbles »

« Large Pleasure Watercraft »

« Entrance »

« Trash Tub »

 

Whispering sons

Bref mais intense…

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La salle est bien remplie pour accueillir Whispering Sons, au Zik-Zak, ce dimanche 3 octobre 2022, date programmée au beau milieu de sa tournée européenne. Le band est déjà passé par le Salon à Silly, l’Ancienne Belgique de Bruxelles, où il a fait salle comble en mars 2021. Et puis, il s’est produit au festival de Werchter. Deux elpees a son actif, « Images », paru en 2018, et « Several Others », l’an dernier. Son nouveau single « Tilt » est sorti il y a sept mois et squatte les ondes de la bande FM.

Issu de Houthalen-Helchteren, en province du Limbourg, mais établi à Bruxelles, ce groupe belge est devenu notoire pour ses prestations à haute intensité, démontrant ainsi que le post punk qu’il pratique est encore loin d'avoir connu ses meilleures années.

Maze assure la première partie. Il ne s’agit pas de la formation californienne drivée par Frankie Beverly, mais d’un band gantois. Son dernier Ep, « Serve Yourself », remonte à 2016. Depuis, il est passé d’un trio à un quatuor, le drummer Timo Fannoy rejoignant le line up. Et dans la foulée, la formation a apporté une nouvelle dimension à son noisy-post-punk.

Chevelu, le batteur est installé à l’avant de la scène. Et ses interventions sont percutantes. Le line up implique également un guitariste, un bassiste et un chanteur. Ce dernier ne tient pas en place. En ‘live’, on a l’impression de vivre une expérience étrange, intense voire inconfortable. La setlist ne comporte aucun ancien morceau.

Bref, un supporting act idéal pour Whispering Sons.

Setlist : « Designer », « How Long », « Actual », « Subcribes », « Laaitning », « Inner », « Open Ear », Twelve Years », « Counter ».

Whispering Sons débarque à 21h30 ; Fenne, une longue chemise blanche recouvrant le haut de son pantalon de couleur noire, recueille déjà les premiers applaudissements. Mais ce qui frappe d’abord, chez elle, c’est sa voix. Un baryton profond, caverneux, dramatique, qui semble parfois surgir des rives du Styx.

Le concert débute par « Dead End », plage d'ouverture du dernier opus. Aujourd'hui, Fenne Kuppens semble plus à l'aise dans son rôle de frontwoman. Elle ose regarder tout le monde, droit dans les yeux. Dès le deuxième titre, « Heat », la foule se met à dandiner, alors que les riffs de gratte électrisent l’expression sonore.

« Screens » s’enfonce dans l’indus. Les interventions ‘dark’ de Kobe Lijnen, à la six cordes, sur « Got A Light » ont de quoi impressionner. Le drumming y est dense. Tout au long de « White Noise », l’auditoire s’accroche à chaque mot prononcé par Fenne.

La version ‘live’ de « Tilt » baigne au sein d’’un climat bien plus angoissant que celle en studio. On pense alors successivement à Joy Division, Portishead, Placebo, Idles, Fontaines D.C. et même Shame, confirmant que la musique de WS a évolué depuis 2013, année de sa formation.

Le quintet a commencé son impressionnante offensive finale à peu près à mi-parcours, soit à partir de « Flood ».

« Satantango » nous entraîne au sein d’un univers sépulcral, alors que plutôt brefs, « Surface » et « Aftermath » s’avèrent relativement dépouillés. C’est le moment choisi par Kobe de s’installer derrière les ivoires pour accompagner Fenne, une chanson interprétée en mode piano/voix. Les 3 autres musicos ont alors quitté le podium. Gothique, le set s’achève par « Surgery », un morceau qui monte progressivement en intensité avant d’être emporté dans une sorte de frénésie tempétueuse…

Malgré l’excellence du show, Fenne semble bouleversée. Elle s’est même mise à pleurer. Elle ne s’est d’ailleurs pas rendue au merchandising, à l’issue du concert.  

En rappel, le band va nous réserver trois chansons particulièrement appréciées par l’auditoire : « Smoke », « Wall » et « Waste ». Un superbe final pour un spectacle dont on regrettera cependant la brièveté : 60 minutes, pas une de plus.

Setlist : « Dead End », « Heat », « Got A Light », « Alone », « Tilt », « Walking Fl. », « White Noise », « Screens », « Flood », « Surface », « Hollow », « Aftermath », « Satantango », « Surgery ».

Rappel : « Smoke », « Wall », « Waste »

(Organisation : Zik-Zak et Rock Nation)

 

Whispering sons

L’ombre du Covid planait peut-être encore sur l’AB…

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Enfin un concert sans masque ni distanciation sociale. Le CST est encore de rigueur, mais il ne devrait bientôt plus être réclamé à l’entrée. Ce soir, l’AB accueille Whispering Sons, et la salle est bourrée comme un œuf.

Whispering Sons (trad : les fils chuchotants) sont issus de la Province du Limbourg. Les lauréats enfumés de l’édition 2016 du Humo’s Rock Rally ont publié, l’an dernier, un second album. Excellent par ailleurs. Un opus qui nous replonge dans les cryptes musicales sombres des eighties. Son cocktail de cold wave, post punk et shoegaze est pimenté par le baryton ténébreux de Fenne Kuppens. Au fil du temps, la formation s’est forgé une belle notoriété sur la scène indie ; ce qui lui a permis de se produire à Paris, et notamment au défilé de Raf Simons. Naomi Campbell est même venue féliciter les musiciens. Nominé en 2018, pour trois MIA, le combo s’est produit dans le cadre de l’édition 2019 du Rock Werchter, et il est de nouveau à l’affiche, cette année…

Le supporting act est assuré par Teen Creeps, un power trio gantois responsable de deux Eps et de deux albums, à ce jour, dont le dernier « Forever », est paru l’an dernier.

Le set est particulièrement énergique. Manifestement, sa musique est influencée par la scène alternative américaine ; depuis, Dinosaur Jr à Sonic Youth, en passant par Nirvana (donc Foo Fighters) et Metz, même si ce dernier band est canadien. Mais il le bon goût de traiter l’ensemble, sous une forme contemporaine. L’efficacité du drumming, le bourdonnement enivrant de la basse et les envolées de la guitare se fondent en une expression sonore à la fois intense et percutante. Dommage que le public soir resté aussi statique…

A revoir dans le cadre d’un festival, et pourquoi pas aux Lokerse Feesten… (voir notre section photos ici)

Les cinq musicos de Whispering Sons grimpent sur l’estrade. Outre Fenne Kuppens, la chanteuse, il implique un guitariste, un bassiste, un drummer et un claviériste. Fenne est vêtue d’une chemise bleu ciel, à longs pans, ainsi que d’un pantalon et d’une veste de couleur bleu pétrole, adornés de motifs ésotériques.

On remarque la présence du logo du dernier elpee, projeté sur un écran, à l’arrière-plan, alors que constitué de leds, le light show va passer régulièrement du rouge au bleu, et inversement.

Ce qui frappe d’abord, c’est ce baryton sombre, caverneux et envoûtant de Fenne, qui semble parfois sortir des rives du Styx.

A deux reprises, le guitariste s’installe derrière les ivoires pour soutenir sa voix, lors de chansons plus paisibles, mais déchirantes. Des claviers qui semblent d’ailleurs bien plus présents dans la musique de Whispering Sons.

Dès le début du set, la musique baigne au sein d’un climat gothique.

« (I Leave You) Wounded » fascine et intrigue à la fois. Sauvages, les riffs de gratte électrisent « Heat » et « Visions ». Fenne hurle sa « Vision » tourmentée de l’existence. « (I Leave You) Wounded » adopte un profil davantage électro, alors que « Screens » s’enfonce dans l’indus.

L’ambiance devient carrément sépulcrale tout au long de « Satantango », alors que plutôt brefs, « Surface » et « Aftermath » sont relativement dépouillés.

Dernier titre de la prestation, « Surgery » monte progressivement en intensité et entre alors dans une sorte de frénésie

En rappel, le band attaque « Tift », le dernier single sorti il y a quelques jours. Une compo dont le climat oscille de Joy Division à Portishead en passant par Placebo, Idles, Fontaines D.C. et Shame, démontrant que sa musique a évolué depuis 2013, année de sa formation.

Un excellent concert auquel le public s’est montré un peu trop mou, au goût de votre serviteur. Bon, maintenant, il est vrai si Fenne a de la présence sur scène, elle manque encore de pétulance. Et puis, le style musical, ne s’y prête probablement pas. C’est un choix ! Mais quand même, certains morceaux auraient mérité de voir se déclencher des pogos ou même du crowdsurfing. L’ombre du Covid planait peut-être encore sur l’AB… (voir notre section photos )

Setlist : « Dead End », « Heat », « Got A Light », « White Noise », « (I Leave You) Wounted », « Performance », « Vision », « Seasons », « Flood », « Surface », Hallow », « Aftermath », « Santantango », « Surgery ».

Rappel : « Tift », « Alone », « Waste »

(Organisation : Ancienne Belgique)

Whispering sons

Sur scène, quand on utilise trop d'effets, on perd en intensité, en présence…

On ne va pas y aller par quatre chemins : Whispering Sons est tout simplement le groupe le plus important apparu sur la scène alternative belge depuis fort longtemps. Les 5 jeunes musiciens sont originaires du Limbourg, de Houthalen-Helchteren pour être précis, et c'est à la fin de 2015 qu'ils ont été remarqués par Dimitri Cauveren (du label Wool-e-Tapes), Dirk Ivens (Minimal Maximal) et Michael Thiel (Weyrd Son Records) ; et ce, grâce à un premier Ep époustouflant, “Endless Party”. Ce qui a frappé dès le début, c'est la voix atypique, envoûtante de Fenne Kuppens et la présence, autour d'elle, de musiciens particulièrement doués : Kobe Lijnen, Sander Hermans, Sander Pelsmaekers et plus tard, Tuur Vandeborne.

Autre jalon important : l’édition 2016 du ‘Rock rally’ organisé par le magazine Humo, qu'ils ont remportée. C'était la première fois depuis belle lurette qu'un groupe post-punk associé à la 'wave' gagnait ce concours assez orienté 'mainstream'. Puis, tout est allé très vite : deux singles, une multitude de concerts en Belgique et à l'étranger et en apothéose, la signature d'un contrat chez [PIAS], le label belge légendaire, qui renouait ainsi avec ses premières amours obscures. Le premier elpee, “Image”, sorti en 2018, est venu apporter la confirmation d'un talent de niveau international.

Le 18 juin dernier, le groupe a sorti son deuxième opus, “Several Others“. Il négocie ainsi avec succès le virage dangereux de l'album sophomore. Musiczine a rencontré Fenne Kuppens et Kobe Lijnen, il y a quelques semaines, dans les locaux de [PIAS], à Bruxelles.

Comment décririez-vous l'évolution entre “Image“ et ce nouvel album ?

Kobe Lijnen (KL) : Nous souhaitions sonner moins 'grotesque', moins 'grandiloquent'. Nous voulions un son plus direct, plus brut, moins réverbéré et moins basé sur les riffs de guitare. On a opté pour des arrangements plus dépouillés et on a mis la voix de Fenne plus en avant.

Dans un descriptif, j’avais noté dépouillé, 'in your face', sans réverbération, sauf pour les guitares et la voix très proche de l'oreille...

KL : Oui, on voulait un son plus 'live' car sur scène, quand on utilise trop d'effets, on perd en intensité, en présence. Et pour la voix, ça provoque du larsen, du feedback.
Fenne Kuppens (FK) : Heureusement, nous avons un très bon 'ingé-son' pour les concerts, capable de faire des miracles.

Il existe une autre évolution marquante : votre musique a perdu son côté 'gothique'. Les références à Sisters of Mercy semblent avoir disparu. Est-ce une bonne nouvelle ?

KL : Oh que oui ! (rires) On y est arrivé ! Bien sûr, on ne regrette pas notre première période mais on a en quelque sorte acquis une certaine maturité. On a évolué en tant que groupe, à la recherche d'une certaine excellence. “Several Others” représente une nouvelle version de Whispering Sons, la version actuelle. Il est possible que le prochain album soit complètement différent.

Vous continuez également à progresser dans votre maîtrise musicale. Les harmonies et les arrangements sont plus riches. Vous utilisez même des mesures ('time signatures') plus complexes.

KL : Oui, “Dead End”, par exemple, débute en 5/4 ; “Satantango” est en 7/4 et 4/4, et il y a du 5/4 dans le refrain de “Surface”. “Flood” est en 6/8 mais c'est normal vu qu’il s’agit d’un rythme de valse.

“Flood” est précisément mon morceau préféré du disque. De par sa rythmique quasi-tribale et la superbe séquence ('arpeggio') au synthé. Quel est le thème des paroles ?

FK : La chanson parle de la saturation sensorielle que l'on peut ressentir en écoutant ce flux musical qui vous submerge. Elle symbolise ces moments où on est entouré(e) de tellement d'impulsions qu'on ne peut plus fonctionner et qu'on doit se replier sur soi.

“Screens” révèle une touche de Portishead dans la rythmique et un côté Nine Inch Nails dans la mélodie au piano. Une analyse correcte ?

KL : C'est marrant parce que le précédent journaliste, il y a une demi-heure, a également fait référence à NIN pour “Screen” (rires).

Et le thème de la chanson ?

FK : Ce sont les premières paroles que j'ai écrites pour le nouvel album. Je ressentais le besoin urgent de parler du succès obtenu grâce au premier opus et le côté un peu excessif de tout cela. Ça parle du fait d'être sur scène et de la manière dont les gens te regardent, avec leurs attentes et leurs projections.

Quant à “Aftermath”, c'est un peu le correspondant de “No Image”?

KL : Oui, c'est grâce à des titres comme “No Image” que je me suis senti suffisamment sûr de moi pour articuler une chanson autour d'un motif au piano. En fait, “Aftermath” était une 'démo' datant de 2017 et on ne savait pas quoi en faire. On se considérait comme un 'guitar band', donc on n'aurait jamais osé sortir une chanson limitée au piano et à la voix. C'est Fenne qui, plus tard, a proposé d'alléger la chanson en la dépouillant de ses caractéristiques inutiles.

Dans les paroles, on décèle, caché, le titre de l'album, “Several Others”. Il est à supposer qu’on y traite de l’identité ?

FK : Lorsqu’on on essaie de devenir quelqu'un qu'on n'est pas, quelqu'un de meilleur ; c’est le sujet. La chanson décrit le processus qui se développe quand on essaie de devenir cette personne.

Lors de notre première interview, en 2016, Kobe avait défini Whispering Sons comme étant ‘une jeune femme qui exorcise ses démons sur de la musique post-punk’. Lors de notre deuxième entrevue, Fenne, tu m'as confié que ‘ça devenait de pire en pire’. Qu'en est-il aujourd'hui ?

FK : Aujourd'hui, je me suis calmée ! (rires) Tout ça est beaucoup plus intériorisé.
KL : Oui, mais dès qu'elle retournera sur scène, je suis sûr que Fenne libérera à nouveau ‘la bête’ ! (rires)

Quelles images retenez-vous de votre carrière jusqu'à présent ? Pour ma part, c’est le final de “Waste” à l'AB Club, en 2018. Un moment magique ! 

KL : Oui, chaque fois que nous avons interprété “Waste”, nous avons recueilli des réactions très fortes du public, une émotion très puissante. Même tout au début, quand le public ne connaissait pas encore la compo.
FK : Je retiens pour ma part le moment où, il y a quelques jours, nous avons découvert notre nouvel disque, le vinyle et sa pochette. C'était important car nous avions investi beaucoup de temps et d'énergie dans le design du disque.

Avant de clôturer, pourriez-vous sélectionner deux coups de cœur ? Pour rappel, en 2016, vous aviez cité “Second Skin” des Chameleons et “Insides” par The Soft Moon et, en 2018, “Brean Down” de Beak> et “Superior State” de Rendez-vous.

KL : Je vais choisir un track de FACS, la formation de Chicago emmenée par l'ancien chanteur de Dissapears. Elle vient de sortir un nouvel album, “Present Tense” et j'aime beaucoup le titre “Strawberry Cough”.
FK : Quant à moi, mon choix se pose sur “The Holding Hand” d’Iceage, le premier single de leur dernier album “Seek Shelter”.

Merci!

Pour écouter le podcast de l'interview, rendez-vous sur la page Mixcloud de l'émission de radio WAVES (radio Vibration à Bruxelles), c’est

Pour commander le nouvel album, “Several Others”, c'est ici 

Les prochains concerts de Whispering Sons :

24/07 | Werchter Parklife, Werchter

02/09 | OLT Rivierenhof, Anvers | SOLD OUT

01/10 | C-Mine, Genk | SOLD OUT

09/11 | Democrazy, Gand

16/12 | Ancienne Belgique, Bruxelles

 

Mumford & Sons

Delta

Écrit par

Il faut avouer que votre serviteur n’a pas manifesté une motivation folle lorsqu’il s’est décidé à écouter « Delta », le nouvel album des machines de stade que sont devenues Mumford & Sons. Mis en forme par le ‘super-producteur’ Paul Epworth, il s’agit de sa quatrième livraison. La formation y prétend adapter son folk ancestral dominé par les banjos aux sonorités modernes. Mais le résultat est plutôt éclectique, oscillant entre ballade tire-larmes (« Beloved »), compo (sur)-orchestrée (le sirupeux « If I Say »), détour autotuné devenu aujourd’hui quasi-obligatoire (« Darkness Visible » … mais n’est pas Bon Iver qui veut), indie-folk à la Alt-J (« Woman ») et hymnes pop à reprendre en chœur (« Guiding Light » ou encore le moche « Slip Away »). Plus guère de trace des racines folk mais une succession de hits très produits lorgnant davantage vers Coldplay que Trampled By Turtles. Un produit finalement aseptisé qui ne risque pas de me rabibocher avec ce band britannique…

Alan Parsons

Hanté par le spectre d’Eric Woolfson…

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Lorsque l’Alan Parsons Project est à l’affiche près de chez vous, il ne faut pas rater l’aubaine, car il se produit rarement en concert. Le show est sold out. D’ailleurs toutes les places sont vendues depuis des lustres. L’APP est venu défendre son ‘Alan Parsons Live Project’. C’est en 1975 qu’Alan a imaginé ce concept, en compagnie d’Eric Woolfson (NDR : il est décédé en 2009). Alan Parsons a entamé son parcours pro comme ingénieur du son (NDR : depuis il est considéré comme un maître dans ce métier ; d’ailleurs, établi aujourd’hui à Santa Barbara, en Californie, il se sert aujourd’hui des dernières technologies, dont le format multipiste 5.1.). Il a participé à la mise en forme d’albums légendaires, comme « Abbey Road » et « Let it be » des Beatles ou encore le « Dark Side of The Moon » de Pink Floyd. Notamment. A cours de sa carrière, l’APP a vendu plus de 45 millions d’albums et décroché toute une série de hits, dont « Eye In The Sky », « Sirius », « Don’t Answer Me », « Games People Play », « Old and Wise », « Time », « Prime Time », « I Robot » et « Standing on Higher Ground » ; et paradoxalement, tout au long de cette période faste, la formation ne montera jamais sur scène…

A 20h00 pile, les lumières s’éteignent. La scène est divisée dans le fond en 3 estrades. Celle de gauche héberge le drummer, Danny Thompson, la centrale, équipée d’une rampe (NDR : âgé de 70 balais, il éprouve de petites difficultés de mobilité) et de droite, le claviériste Tom Brooks. Le line up est complété par le bassiste Guy Eros, les guitaristes Don Tracey et Jeff Kolmann ainsi que les deux chanteurs PJ Olson, épisodiquement gratteur, et Todd Coper, coiffé d’un stetson, ce dernier se consacrant également au saxophone et aux cymbalettes. Parsons alterne entre claviers et semi-acoustique.

Chaque musicien aura l’occasion de mettre son talent en exergue au cours du show.

Alan reste en retrait, il présente cependant « One Note Symphony », « Miracle » et enfin « As Lights Fall », mais aussi ses musiciens. Il nous parle aussi de sa longue carrière et demande, en français, aux spectateurs d’allumer les smartphones et de les éteindre lorsqu’il baissera le bras ; ce que l’auditoire va accomplir avec enthousiasme. Il se réserve quand même le lead vocal sur « Don't Answer Me », « As Lights Fall », « Prime Time » et lors du final, « Eye In the Sky », moment choisi pour descendre de son estrade et se planter face à la foule. Mais manifestement, sa voix manque d’assurance. Les interventions au micro des deux chanteurs principaux sont à contrario exceptionnelles ; celles de PJ Olson sont magistrales tout au long de « Damned If I Do » et « Don't Let It Show », et de Todd remarquables pendant « Breakdown » et « Limelight ». Pourtant, difficile d’oublier les voix de feu Eric Woolfson ou de Colin Blunstone. Au balcon, la sécurité rencontre quelques difficultés auprès de récalcitrants qui s’asseyent sur les escaliers alors que de bonnes places sont libres, ailleurs.

La setlist va puiser dans l’ensemble du répertoire de l’Alan Parsons Project. Le spectacle rencontre quand même quelques petits problèmes de balances, notamment lorsque le drumming étouffe les interventions des claviers. Pourtant, le préposé aux fûts s’acquitte remarquablement de rythmiques souvent assez complexes, avec précision et fluidité, se distinguant particulièrement sur la caisse claire, dont la sonorité est à couper le souffle. On en oublierait presque les accès frénétiques de guitare dispensés par Jeff Kollman, pour dynamiser une musique fondamentalement prog/rock.

Enfin, invité, Jordan Huffman vient poser sa voix lumineuse sur « I Can't Get There From Here ». Bref un concert qui a ranimé de nombreux souvenirs chez votre serviteur qui regrettait toutefois qu’Eric Woolfson ne soit plus de la partie ; mais son spectre a plané tout au long de la soirée… 

Setlist : « One Note Symphony », « Damned If I Do », « Don't Answer Me », « Time », « Breakdown, The Raven », « I Wouldn't Want to Be Like You », « Miracle », « Psychobabble. », « Luciferama », « Don't Let It Show », « Limelight », « Can't Take It With You », « As Lights Fall », « Standing On Higher Ground », « I Can't Get There From Here », « Prime Time », « Sirius », « Eye In the Sky ».

Rappel : « Old and Wise », « (The System of) Dr. Tarr and Professor Fether », « Games People Play ».

(Organisation : Greenhouse Talent)

Voir aussi note section photos ici

 

 

Edmond Jefferson and Sons

The winter

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Après avoir écouté cet album de Jefferson and Sons, inévitablement, on pense à Jefferson Airplane ou Starship. Oui, oui, ces groupes légendaires qui ont marqué la fin des sixties et le début des seventies, en pratiquant une musique psychédélique qu’on a aussi taxée d’acid rock. Les plus jeunes évoqueront plutôt Lola Colt, la voix de Josette Seydoux se rapprochant davantage de celle de Gun Overbye que de Grace Slick, même si elle emprunte parfois les inflexions de PJ Harvey voire de Patti Smith.   

« The winter » constitue le second elpee de ce quintet suisse, un disque enregistré en analogique et découpé en 11 pistes. Tour à tour bluesy (l’aride « Avril, Orange », « Helsinki » et « Lost », une plage au cours de laquelle une gratte est jouée en slide), languissante (« Les Botanistes », interprété dans la langue de Molière), frénétique (« Laïtak »), angoissante (« Zingueria »), fiévreuse (« First race ») ou tribale (« Hotcha »), elles baignent au sein d’un climat ténébreux. Entretenues par deux guitares, les sonorités sont souvent sales, torturées, mais aussi parfois tintinnabulantes, gémissantes ou vibrantes et peuvent s’adosser à une solide section rythmique… (pour découvrir le clip du titre maître, c'est ici)

Whispering sons

Image

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Il est de ces lumières émanant des ténèbres dont les beautés secrètes gisent dans l’ombre. Des beautés qui se languissent d’être caressées, embrassées, délivrées, possédées.

Hurlant de ce désir ardent d’être découvertes, exposées au grand jour jusqu’à s’en brûler la rétine au contact d’un soleil trop éclatant. Imprimant alors à notre imaginaire une photographie obsédante à laquelle l’inconscient se lie passionnément...

Telles la madeleine de Proust, ces lumières ont vocation de raviver le souvenir, le plaisir qu’on pensait éteint.

Agissant de même, le premier opus de Whispering Sons renvoie à ces plaisirs maladifs. Cette excitation particulière au contact d’une jouissance retrouvée.

Dans un style froid, pour ne pas dire glacial, le combo bruxellois inocule sa cohorte de mélodies funestes et addictives comme un poison fatal.

Abrasif et teinté de l’urgence du post punk, marbré et nimbé des ambiances d’une cold wave réinventée, ce premier opus évite tous les pièges du genre pourtant ouverts béants sous leurs pieds.

Découverts par le biais de quelques titres épars, notamment sur l’Ep « Endless Party », paru en 2015, ce quintet, vainqueur de l’Humo Rock Rally l’année suivante, est rapidement devenu digne d’intérêt. La sortie de ce premier elpee, simplement magistral, consolide cette impression et suscite l’engouement.

Dans un registre où il paraît difficile de ne pas sombrer dans la redite (au mieux) ou dans le ridicule (au pire), peu de formations sillonnent le paysage sonore aussi brillamment…

En évitant le piège de l’hommage à ses pairs et en prenant le parti d’user de codes en vigueur pour délivrer son propre style, Whispering Sons dépoussière un genre et pose sur la table la somme de ses arguments.

Emboîtant le pas à Kiss The Anus Of A Black Cat, autre formation noir-jaune-rouge incontournable, tout en empruntant les sentiers corrosifs et nappés d’une lave incandescente d’une généalogie anglo-saxonne fatalement indissociable, Whispering Sons grave ici son « Image » et surtout son patronyme dans la stèle des premiers albums frondeurs et incontournables.

Balisé dès la première ligne de basse, marqué immédiatement par l’empreinte de la voix androgyne de Fenne Kuppens, voix d’outre-tombe aux résonances spectrales, ciselé par une guitare nimbée de Chorus et martelé d’un bout à l’autre par des drums martiaux et compulsifs, « Image » aurait certainement fait le buzz à l’orée des années quatre-vingt mais ne pâlit d’aucune manière de cette référence, restant, en ce troisième tiers de l’année 2018, un album fondamental.

Loin de la hype et d’une certaine idée de la modernité, où l’immédiat voudrait s’imposer à tout prix, négligeant et bafouant ce qui est appelé à perdurer, Whispering Sons signe un album intemporel, résurgence d’un certain passé, mais sciemment tourné vers l’avenir, nous abandonnant livides et extatiques et surtout en attente de vivre encore davantage d’émotions.

Whispering sons

Une blonde qui exorcise ses démons sur une musique post-punk…

L'automne 2018 est sans nul doute une période charnière pour Whispering Sons. Ce jeune groupe belge a sorti, en effet, son premier album 'long playing', intitulé « Image ». Originaire du Limbourg, Houthalen-Helchteren pour être précis, et maintenant établi dans la capitale de l’Europe, il comptait déjà à son actif un Ep, « Endless Party », publié il y a 3 ans par Wool-e-Tapes et Minimal Maximal, puis deux singles, « White Noise » et « Performance », gravés par Weyrd Son Records. La formation pratique un post-punk teinté d'influences shoegaze et indie-rock. « Image » est paru au Benelux sur le label PiaS. Un début de carrière fulgurant pour cette formation, décrite comme 'the next big thing' sur la scène indie orientée 'dark'. Nous avons rencontré Fenne Kuppens, la chanteuse/parolière et Kobe Lijnen, le guitariste/compositeur, à Bruxelles...

Vu sa distribution est internationale, ce premier opus est très important pour vous...

Fenne : Oui, l'album est signé par [pias] au sein du Benelux, SMILE pour le reste de l'Europe et Cleopatra Records aux Etats-Unis. C'est donc quasiment une distribution mondiale, ce dont nous sommes très fiers.

Quelle est l’évolution entre « Image » et vos productions précédentes ?

Fenne : La grande différence, c'est qu'on a enregistré « Image » au sein d’un studio professionnel, le GAM à Waismes, près de Malmedy, dans les Fagnes. C'était comme une retraite de 10 jours dans la nature en plein mois de janvier. Il neigeait beaucoup donc nous sommes restés confinés dans cet espace limité du matin au soir. Ce qui explique d'ailleurs pourquoi l'album sonne aussi cohérent. Nous voulions proposer quelque chose de fort, avec une 'image' homogène.

On décèle en tout cas une progression dans le 'scope'. Le rayon d'action s'est étendu, la technique musicale a progressé surtout sur deux compositions, « Waste » et « No Image », qui proposent de nouvelles perspectives.

Kobe : C'est juste. Auparavant, on enregistrait des tracks qui avaient été élaborés en 'live' alors qu'ici, on a pris le temps de structurer les morceaux en studio. Par exemple, « No Image » était à l'origine une composition traditionnelle, avec une base rythmique et on s'est rendu compte qu'il y avait trop de matière ; donc on a déconstruit la chanson afin d’obtenir un résultat complètement différent du reste de l'album.
Fenne : Oui, on a eu le temps et la volonté de se consacrer au son, ce qui explique pourquoi on a travaillé en compagnie d’un producteur. On a veillé à structurer les couches de sons pour que l'ensemble sonne parfaitement.

Il y a deux ans, vous aviez défini votre groupe comme ‘une blonde qui exorcise ses démons sur de la musique post-punk’. Fenne, tu exorcises toujours tes démons aujourd'hui?

Fenne : Oui, et c'est même pire qu'il y a deux ans ! (rires)

« Waste » est devenu l’un de vos titres phares. Lors du concert 'release' à l'AB Club, il a provoqué une ovation incroyable du public.

Fenne : Oui, à la fin de la chanson, c'était fou. On a senti une énorme vague de cris et d'applaudissements, qui a duré plusieurs minutes. On s'est regardés, éberlués, en se disant ‘qu'est ce qui se passe?’ Le show dans son ensemble a été très intense. Tout s'est mis en place à la perfection du début à la fin : un moment parfait. 

Parlons maintenant de ta voix, Fenne. On mentionne souvent les références à Nico, Siouxsie, Larissa de Lebanon Hanover, mais en assistant au concert, à l'AB, quelqu'un d'autre m’a traversé l’esprit. Pour la voix mais aussi pour l'attitude. En alternant les moments calmes et les moments de folie totale, mais aussi à cause des paroles que tu écris, j'ai pensé à Patti Smith. Quand on la voit perdre son self control sur les planches en interprétant « Rock'n Roll Nigger » et s'étriper littéralement la voix, c'est le genre d’attitude que tu adoptes, toutes proportions gardées, bien sûr. 

Fenne : Oh merci ! J'adore tout ce que Patti Smith fait. C'est un très beau compliment. Ceci dit, je ne me suis jamais fixé comme objectif de chanter comme quelqu'un d'autre. C'est venu naturellement dans le processus d'écriture et au fil des concerts.

Parce qu'en fait, tu es quelqu'un de très timide...

Fenne : Oui, c'est sans doute pourquoi je dois monter sur scène pour sortir tout ce qu'il y a en moi.

Kobe, dans le titre « Skin », ta guitare évoque quelque peu les Chameleons. Comment décrirais-tu ton style ? 

Kobe : J'ai développé mon style en empruntant quelque peu à des guitaristes que j'aime, comme John Mc Geoch. J'apprécie son travail chez Siouxsie et Magazine, mais aussi au sein de The Armoury Show, particulièrement sur l'album « Waiting for the floods ».

Ton style est également très mélodique. Dans les compositions, en général, on retrouve deux mélodies, celle de la voix et de la guitare.

Kobe : Je veux compenser la faiblesse de ma voix, donc quand je compose, d'une certaine manière, je chante avec ma guitare.

Le job de Sander Hermans aux claviers est très discret mais ses soundscapes et ses séquences constituent un élément indispensable à votre son.

Fenne : Les claviers sont comme 'the glue', le ciment du son. Quand on réalise un soundcheck sans les claviers, c'est comme s'il manquait l'atmosphère, les fondements.

Aux drums, Sander Pelsmaeker impressionne. Notamment parce qu'il utilise la grosse caisse de sa main gauche sur un tom, debout ; une manoeuvre très difficile à exécuter…

Kobe : Au début, il se servait d’un drumpad, qui se joue debout. Puis il a troqué le pad contre une vraie batterie ; ce qui offre davantage d’alternatives en studio.
Fenne : Et en ‘live’, plus de variations de dynamique ; et puis, visuellement c’est mieux…

Quel thème développe « No Image » ?

Fenne : Celui de l'image que les gens ont de nous, et projettent sur nous et avec laquelle il faut vivre ; alors qu'en fait, elle ne correspond pas à notre véritable personnalité.

« No Time » est un bel exemple de composition plus complexe tant au niveau de la structure que de la rythmique.

Kobe : Oui. Les autres membres du groupe, surtout le batteur et le bassiste, étaient d'ailleurs un peu fâchés sur moi parce que les parties rythmiques sont assez difficiles à exécuter.

A cet égard, on peut également féliciter Tuur Vanderborne, le bassiste, dernier arrivé dans le line up.

Kobe : Tuur a très vite comblé le vide et pris sa place au sein du band. Dans « No Time », la section rythmique accomplit un mouvement différent par rapport aux autres musiciens et, en plus, c'est parfois dans le beat ou 'off beat'. C'était la chanson la plus 'challenging' sur l'album.
Fenne : Kobe a tendance à placer le groupe devant des défis mais bon, on y arrive (rires).

Je propose que vous choisissiez un ou deux titres qui ne figurent pas dans votre répertoire. Des coups de cœur, en quelque sorte. Il y a deux ans, vous aviez plébiscité « Second Skin » des Chameleons, « Whispering Sons » de Moral et « Insides » de The Soft Moon. Vous aviez d'ailleurs mentionné The Soft Moon comme un bon exemple à suivre vu qu'il (NDR : Luis Vasquez) fait son truc sans compromis et récolte un grand succès. Deux ans plus tard, croyez-vous avoir bien suivi cet exemple ?

Fenne : On n'a pas fait de compromis mais on doit encore beaucoup travailler avant d'atteindre le niveau d'un Soft Moon. Il faut promouvoir l'album, accumuler les concerts et peut-être après 2 ou 3 ans, on pourra dire : ça y est, on y est arrivé. Luis est un artiste qu'on adore. On a d'ailleurs assuré la première partie de The Soft Moon, il y a quelque temps.

Alors, vos sélections pour aujourd’hui ?

Kobe : Je choisirais « Superior State », du groupe français Rendez-Vous, extrait de son dernier album.
Fenne : Et moi, un titre de beak>, le projet de Geoff Barrow, de Portishead, c'est la plage « Brean Down ».

Pour écouter l'intégralité de l'interview en version audio, rendez-vous sur la page mixcloud de l'émission radio WAVES ici 

Whispering Sons se produira en concert dans le cadre du Sinner’s Day, à Genk, le 1er décembre, le 8 décembre à Turnhout et le 14 à Gand.

Un grand merci au groupe, à Eric Didden, leur manager, à Amandine (PiaS) et aux premiers labels qui ont supporté la formation : Dimitri (Wool-e-tapes), Dirk Ivens (Minimal Maximal) et Michael Thiel (Weyrd Son Records).

Photo par Karim Hamid : https://www.facebook.com/karimhamid2

 

 

The Furious Seasons

Now residing abroad

Écrit par

The Furious Seasons est un trio qui vit dans les collines sises autour de Los Angeles. Il implique les frères Steinhart. Soit David au chant et à la guitare ainsi que Jeff à la contrebasse. Une fratrie soutenue par Paul Nelson aux guitares.

Son style ? Du jazz-folk-roots acoustique. Un style harmonieux, empreint de sensibilité et toujours mélodieux. On compare régulièrement son expression sonore à celle de Paul Simon. Et le titre d’ouverture, "Expo line", au cours duquel les cordes acoustiques sont à la fois délicates et cristallines, en est une belle illustration. Une compo qui donne le ton à cet opus. En outre, lorsque le chant se conjugue en duo, on ne peut s’empêcher de penser à Simon & Garfunkel ; et notamment sur le superbe "Marathon", une plage caractérisée par des cordes belles à pleurer… Ce sont même trois voix qui reprennent en chœur le refrain d’"Understood", alors que les grattes s’intègrent parfaitement à l’ensemble. Magique ! Tout au long de ce long playing, on est littéralement scotché par cette musique qui dégage tant de beauté. Et le titre final, "Come to LA", en est une dernière démonstration…

 

Whispering sons

Une grosse claque dans la tronche…

Aujourd'hui, c'est un grand jour pour Whispering Sons. Le jeune groupe belge, originaire du Limbourg (Houthalen-Helchteren, pour être précis) mais établi à Bruxelles, présente son premier album, « Image », sorti au Benelux sur le label PiaS. Après avoir gravé un Ep très prometteur, « Endless Party », il y a 3 ans, sur Wool-e-Tapes et Minimal Maximal, puis deux singles, « White Noise » et « Performance », publiés par Weyrd Son Records, le premier LP du groupe était en effet impatiemment attendu. Auréolée par sa victoire au Humo Rock Rally et suite à un début de carrière fulgurant, la bande à Fenne Kuppens est décrite par tous les observateurs comme 'the next big thing' sur la scène indie orientée 'dark' (postpunk/wave/shoegaze). Manifestement, l'essai a été converti et ce, haut la main. Le disque est véritablement exceptionnel de maîtrise et d'intensité. Et la prestation du band en ‘live’ a confirmé ces excellentes dispositions...

Au départ, le contexte est favorable : l'AB Club est archi-sold out pour accueillir le quintet et l'ambiance est électrique, pour ne pas dire, survoltée. Fenne Kuppens apparaît, habillée d'un ensemble blanc et rouge. Elle est épaulée par ses quatre acolytes. Tout comme lors du showcase privé accordé deux jours plus tôt chez PiaS, le combo enchaîne les titres de son nouveau long playing, dans l'ordre du tracklisting, en entrecoupant la série d'incursions dans son 'back catalogue'.

Après « Stalemate », « Got A Light » nous assène un premier coup de poing dans la figure. Fenne y éructe ‘How Are You Feelin' ?’ en arpentant le podium de droite à gauche (NDR : et inversement) comme une possédée. On constate alors, à quel point son attitude scénique a progressé. Dépassant sa timidité naturelle, sa présence est devenue charismatique. Sa voix de baryton ou plutôt de mezzo, vu qu’il s’agit d’une femme, est grave, évoquant, bien sûr, Nico, Siouxsie Sioux ou Chinawoman, voire même Andrew Eldritch. Mais en écoutant les paroles et en observant la manière avec laquelle elle rayonne, on pense plutôt à Patti Smith. Il émane de son être, une même rage et une même désespérance, sombre et paradoxalement très lumineuse…

« Alone », le premier single tiré de l'album, met joliment la pression, dans un style assez proche de Sisters of Mercy. Particulièrement bruitiste et imprimé sur une rythmique krautrock tribale et répétitive, « White noise » justifie son titre. Sander Pelsmaekers, qui a troqué ses drum pads électroniques contre une batterie analogique y étale toute sa maestria. Il reste, comme auparavant, debout ; ce qui l'oblige à jouer du kick drum de la main gauche sur un tom, un exercice qui demande une concentration maximale. Et il faut reconnaître qu'il assure à la perfection.

Entre les morceaux, Fenne s’approche de l’auditoire, immobile, les mains derrière le dos, comme un professeur devant sa classe, dévisageant les spectateurs d’un regard hypnotique. Mais dès les premiers accords de « Performance », elle entre à nouveau en transe et sa chevelure blonde recommence à valser. Transperçant un 'wall of sound' assourdissant, sa voix hurle ‘I can't take them down !’ Impressionnant...

« Skin » calme un peu le jeu grâce à une gratte cristalline, proche des sonorités dispensées chez les Chameleons (NDR : la bande à Mark Burgess –pensez à l’incontournable « Second... Skin »– est une référence majeure, pour Whispering Sons). Une chose est sûre, ‘we were not wasting time’

« No Time » persiste dans la thématique du temps. La longue intro réveille le souvenir de Joy Division, à cause de la ligne de basse tracée par Tuur Vandeborne, et Simple Minds pour les sonorités en ‘arpeggiateur’ libérées par le synthé ‘Little Phatty’ (un Moog!) de Sander Hermans.  

Après « Fragments » et « Hollow », « Wall » replonge dans le passé ; probablement le morceau le plus connu du groupe, au cours duquel la guitare Fender de Kobe Lijnen scintille de mille feux.

Quelques tonalités de synthé séquencées introduisent « Waste », puis Fenne murmure ‘Fragile figure, don't speak...’ Le riff de guitare et la rythmique enflent et conduisent au paroxysme… Fenne crache les paroles ‘It's a perversity slowly spiralling down in me’, comme du venin et cette spirale sonore hallucinante nous emporte jusqu'au moment où elle lâche la phrase ultime, ‘And I don't know if I can’. Au moment du dernier cri scellant la chanson, l’auditoire est véritablement en folie. Il accorde au groupe une véritable ovation, qui dure quelques minutes. Les musiciens se regardent, éberlués, comme choqués par le moment exceptionnel qu'ils viennent de vivre. Wow, magique !

Après un tel sommet, le groupe n'a plus qu'à se laisser glisser sur cette vague d'émotions, nous réservant d’abord « Dense » et ensuite, pour clôturer, le sublime « Insights », une perle de shoegaze/post-punk, d'ailleurs assez proche par certains aspects du titre éponyme de Moral, à la fin duquel Sander et Kobe se déchaînent littéralement en jouant à l'unisson la mélodie finale.

Sous un tonnerre d'applaudissements, Fenne et la section rythmique quittent le podium, laissant Kobe et Sander entamer « No Image », la plage atypique de l'album. Lente et lancinante, elle se construit sur quelques accords plaqués au piano par Kobe. Fenne remonte sur les planches afin d’interpréter ce titre ensorcelant, qui pourrait bien devenir leur « Atmosphere ». Malgré un petit trou de mémoire au deuxième couplet, elle parvient à convaincre le public, avant que la formation au grand complet ne participe à l’explosion finale...

Bref, on a pris une grosse claque dans la tronche. Tout était réuni : intensité, cohésion, concentration, émotion et puissance. Seuls petits bémols : la voix trop étouffée (à cause d'un mauvais micro?) et un mixage parfois trop bruitiste, mais ici, c’est peut-être aussi une question de goût(s)... Une certitude, Whispering Sons a aujourd’hui acquis une stature internationale et l'album, distribué en Europe par SMILE et aux USA par Cleopatra Recs, devrait rencontrer un succès sans précédent auprès des aficionados de ce genre musical. Et encore bravo !

Setlist :

Stalemate
Got A Light
Alone
White Noise
Performance
Skin
No Time
Hollow
Wall
Waste
Dense
Insights

Encore  

No Image

Avant Whispering Sons, Public Psyche, la formation gantoise a de nouveau assuré en dispensant un krautrock aux accents psychédéliques, pimenté par un chant très 'acid', réminiscent des plus beaux moments de Madchester. 

Setlist Public Psyche :

Untitled (nouveau morceau)
Bleached
Elevator
Saturn
Veil
New Days

(Organisation : Ancienne Belgique)

The Wait Sons

The Wait Sons (Ep)

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Premier Ep pour ce quintet belge dont le stoner mélodique évoque d’abord The Datsuns, un excellent groupe australien, injustement méconnu. Les interventions du guitariste rythmique, parfois ‘deepurpleliennes’ et les envolées bien calibrées du soliste nous le rappellent instantanément. Les harmonises vocales sont limpides, les drums amples, et la ligne de basse est bien soutenue. Seule la voix du chanteur lorgne vers celle de Billie Joe Armstrong, le leader de Green Day. « First song » (NDR : ben, pas un choix trop difficile pour un titre qui ouvre ce disque) se révèle particulièrement contagieux, et pourrait facilement être traduit en single. Et les quatre autres morceaux tiennent parfaitement la route. Si vous êtes fans de Triggerfinger… et bien sur des Datsuns, vous devriez apprécier la musique de cette formation…

 

Mumford & Sons

La route était longue, mais le spectacle en valait la peine…

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Quelle galère pour se rendre à Anvers en voiture ! Ce mardi 24 mai, de Grand-Bigard à Anvers, on enregistre pas moins de 2h30 de bouchons. Mais votre serviteur n’est pas au bout de ses peines. Et pour cause, le parking du Sportpaleis est réservé aux VIP. Or les autres sont fermés. Les automobilistes sont donc refoulés à plus de 4km du point de chute prévu. Sous les arches de l'autoroute. Et à l’issue du concert, en reprenant sa voiture, il faudra encore patienter deux longues heures avant de pouvoir reprendre la route.

Bref, en rentrant dans l’immense hangar, on est épuisé mais satisfait de pouvoir enfin vivre le concert de Mumford and Sons, actuellement en tournée mondiale. Et il est sold out comme pratiquement toutes les autres dates. 

 

La bande à Marcus est venue défendre son troisième opus, « Wilder Mind », paru l'année dernière. Le groupe va nous y présenter de larges extraits de cet LP, mais également des deux précédents, « Sigh No More » (2009) et « Babel » (2012).

Bill Ryder Jones est chargé du supporting act. Né en 1983, cet artiste est originaire de West Kirby Liverpool. Il vient nous présenter son nouvel elpee « West Kirby County Primary », paru en novembre 2015. Entre 1996 et 2008, il drivait The Coral, un combo qu'il a quitté pour embrasser une carrière solo. Ce jeune prodige est chanteur/compositeur. Mais surtout multi-instrumentiste. Il joue aussi bien de la gratte, du piano, de la basse, de la batterie, du violon, de la trompette, du ukulélé, du glockenspiel que de l'harmonium. Ce soir, il se contentera du chant et de la guitare. Sur les planches il est flanqué d’un second sixcordiste, d’un bassiste, d’un drummer et d'un préposé aux ivoires.

Folk/rock, sa musique est –ma foi– plutôt traditionnelle. Bill tente de communiquer ses émotions à travers sa voix, mais elle est trop étouffée par l’instrumentation. Déjà que le son est rarement irréprochable au Sportpaleis, mais quand il s’agit des premières parties, il se révèle le plus souvent pitoyable. Bref, vu le talent de cet artiste, il serait intéressant de le revoir dans des conditions un peu plus décentes… (pour les photos c’est ici)

Après tout, le peuple est venu participer à la fête organisée par Marcus Mumford et ses acolytes. Mumford and Sons est un groupe de folk/rock londonien, fondé en 2007. Le groupe réunit Marcus Mumford (chant, gratte électrique ou acoustique, drums), Ben Lovett (voix, clavier, piano, synthétiseur), Winston Marshall (voix, guitare électrique, banjo) et Ted Dwane (voix, basse, contrebasse). Le combo a publié son premier LP, « Sigh No More », en 2009, disque qui lui a permis de décrocher un gros succès tant au Royaume-Uni qu’aux Etats-Unis. Et puis d’enchaîner les concerts. Il est également apparu dans plusieurs émissions TV célèbres, comme ‘The Late Show’ de David Letterman. Et ses chansons servent d’ailleurs de B.O. pour différentes séries télévisées. 

Evidement, le show s’ouvre par « Snake Eyes », un extrait du dernier elpee. Et dès « Little Lion Man » (« Sigh No More »), l’ambiance monte d’un cran. La foule reprend en choeur le refrain en compagnie des artistes. Des claviers introduisent en douceur « Below My Feet ». La voix de Marcus est caverneuse. Il se déchaîne sur sa semi-acoustique. Quand il ne frappe pas dans les mains, le public se lève et commence déjà à jumper. Finalement, on retrouve le même engouement qu’en 2013, au même endroit. Le son est au top. C’est une bonne nouvelle. Le light show est grandiose. Et de couleur bleue, il enveloppe les musicos, tout au long de « Wilder Mind », le titre maître du nouvel LP.

La foule est à nouveau debout pour reprendre en chœur le refrain de « Lover Of The Light » (« Babel »). Marcus est monté sur une estrade pour siéger derrière ses fûts. Winston –un chevelu– a empoigné son banjo. Des cuivres s’installent à droite du podium. Et un violoniste vient compléter la troupe pour accentuer l’aspect mélancolique de la chanson. Winston a repris sa gratte électrique et s’autorise des riffs dignes de The Edge sur « Tompkins Square Park ». Et pour « Believe », Marcus troque sa sèche contre une électrique. Lorsqu’elle est plus rock, la musique de Mumford & Sons lorgne manifestement vers celle de Bruce Springsteen. Marcus arpente régulièrement les planches de gauche à droite (NDR : ou de droite à gauche, selon !)…

Country/folk, « The Cave » (« Sigh No More ») met en exergue le banjo. A cet instant la foule a définitivement des fourmis dans les jambes. Pendant « Ditmas », Marcus prend un solide bain de foule. Il traverse même la fosse de long en large. Il serre les mains des spectateurs aux balcons avant de revenir sur les planches. Et le set de s’achever par « Dust Bowl Dance » (« Sigh No More »), un morceau illuminé par les ivoires. Marcus a repris place derrière la batterie. Le banjo de Winston est magique. Une belle soirée qui ne fait que commencer.

Et pour cause ; la formation va nous réserver un rappel de 7 titres ! D’abord a capella. Pour « Timshel » et « Cold Arms ». Et sans amplification ! Sur une petite estrade placée derrière la table de mixage, en station debout. Un intermède au cours duquel le quatuor est éclairé par des lumières de couleur blanche émanant du plafond. Sans doute le meilleur moment du set. Le band revient sur le podium à partir de « Hot Gates » (« Wilder Mind »), un folk indolent. Une nouvelle compo : « Forever ». Avant que ne débarquent le groupe Bill Ryder Jones au complet pour la reprise du « You Really Got Me » des Kinks. Une version à faire pâlir de jalousie le Boss. Le public est en délire quand la formation nous réserve « I Will Wait » ; et le show prend définitivement fin sur « Wolf ». Ne reste plus qu’à penser à la longue route du retour. Cette soirée, votre serviteur l’attendait depuis trois longues années. Et il n’a pas été déçu, même si « Wona » ne figurait pas dans la set list. Faut dire que Baaba Maal ne s’était pas déplacé à Anvers pour participer à la fête... (pour les photos, c’est )

(Organisation : Live Nation)

 

 

 

 

The Seasons

Velvet!!! (Ep)

Écrit par

En 2011, à Beauport au Québec, alors qu’ils n’ont à peine que 16 et 20 ans, les deux frères Chiasson décident de fonder leur propre groupe. Pour y parvenir, ils font appel à deux amis pour se charger de la basse et des drums. Le line up complété, l’aventure de The Seasons peut commencer. Très vite, alors qu’il ne dispose que de quelques morceaux, le quatuor se produit en concert. Puis enregistre une demi-douzaine de titres qu’il diffuse sur la toile. Tout aussi rapidement, il acquiert une certaine notoriété ; ce qui lui permet de signer sur le label québécois, Vega Musique. Cet Ep précède la sortie de « Pulp », un long playing qui devrait paraître en Europe au cours du mois de septembre. Les deux disques ont déjà été couronnés de succès au Canada et ont même intégré le top 5 des meilleures ventes.

La musique de The Seasons est influencée par les sixties, et tout particulièrement Simon & Garfunkel. Les harmonies vocales échangées entre les deux frangins, sont d’ailleurs particulièrement soignées. Hormis le titre plus rock « Kitsch Trick », le band pratique une sorte de pop/folk aux mélodies 60’s sucrées et contagieuses.

A l’écoute de cet Ep, on comprend mieux pourquoi le succès de groupe a été aussi fulgurant. Leur expression sonore a tout pour plaire, même si elle manque cruellement de caractère. Ce qui me permet de douter de l’impact qu’elle pourrait avoir sur le public du Vieux Continent…

 

Mumford & Sons

Wilder Mind

Écrit par

En écoutant pour la première fois cet elpee, je me suis demandé s’il s’agissait bien de Mumford and Sons. Après vérification, il s’agit bien de « Wilder Mind », leur troisième album. Mais (mauvaise) surprise, leur folk/rock endiablé, autrefois alimenté par du banjo, de l’accordéon, de la mandoline, de la contrebasse et des grattes acoustiques, a cédé le relais un rock plus classique et très électrique. Il y a bien sûr toujours la voix, reconnaissable entre mille, de Marcus. Leurs spécificités originelles n’ont pas été totalement gommées, notamment en seconde partie de disque. A l’instar de « Broad-Shouldered Beasts », « Hot gates » et « Cold Arms ». Mais on n’y retrouve plus la magie de « Sigh No More » et « Babel ». Markus Dravs, qui avait opéré une mise en forme géniale sur les deux premiers opus, a été remplacé par James Ford (Arctic Monkeys, Florence And The Machine) ; ce qui explique peut-être également ce virage à 180°.

Sur le single, « The Wolf », les guitares sont ronflantes et énervées. « Believe » aurait dû figurer au répertoire de Kings Of Leon. Et « Ditmas » bénéficie d’une très jolie mélodie. C’est tout ! Une petite déception… 

 

Rival Sons

Great Western Valkyrie

Écrit par

Rival Sons est une formation de rock/blues issu de Long Beach, en Californie, un style qu’il pratique sans accorder la moindre concession. Elle est née en 2009, lorsque le guitariste  Scott Holiday, qui militait chez Black Summer Crush, fonde les Rival Sons, en compagnie du  Jay Buchanan, alors leader de son propre band, Buchanan. Et pour compléter le line up, le duo engage une section rythmique. Si Michael Miley est toujours à la batterie, Robin Everhart a cédé sa basse à Dave Beste, depuis l’année dernière.

Leur premier elpee, "Before the fire", paraît en 2009. Autoproduit, il est bien reçu par la critique. Ce qui permet au quatuor d’assurer le supporting act pour AC/DC et Alice Cooper. Le groupe signe en 2011 sur le label Earache. Il y publie "Pressure & Time" quelques mois plus tard, un elpee qui recueille un fameux succès. La même année Rival Sons tourne en Europe, et se produit dans le cadre du festival de Werchter. En 2012, il enregistre son second essai à Nashville, "Head down". Il sort en septembre. Début de cette année, les musicos y retournent, toujours au studio LCS, pour y mettre en boîte "Great Western Valkyrie", sous la houlette de Dave Cobb.

Ce long playing baigne dans un rock/blues puissant. Un style qui rappelle tour à tour Led Zeppelin, le Free, Bad Company et Deep Purple. Particulièrement dense, "Electric man", qui ouvre la plaque, évoque inévitablement le célèbre dirigeable. A cause de la voix qui semble hantée par le Robert Plant de la première époque. En crachant généreusement ses flammes, le  hard rockin' blues de Rival Sons nous replonge au début des 70’s, et tout particulièrement lorsque des combos comme Bad Company ou Whitesnake profitaient de la solidité de leur section rythmique, pour faire hurler leurs cordes. L'intro de "Secret" est digne de la paire Richie Blackmore/Jon Lord, mais si la gratte et l’orgue empruntent un profil semblable à celui du Deep Purple originel, le voix de Jay est davantage proche de Robert Plant que de Ian Gillan. "Play the fool" synthétise toutes ces références insulaires du passé, un rock coriace qui repose sur des riffs en béton érigés par Holiday. Mais la tonalité des cordes répercutée lors de leur envol métallique est légèrement contaminée par le psychédélisme, un peu comme chez Blue Cheer, un autre trio de braise, qui a sévi à cette époque. "Good things" nous transporte du côté de la baie de San Francisco. A cause de ce cette réverbération acide réminiscente de groupes comme Iron Butterfly voir même des premiers pas de Steppenwolf. "Open my eyes" est contaminé par le blues/rock de Led Zep. Les Rival Sons n'ont sans doute rien inventé, mais ce qu’ils font est bien fait. Caractérisé par un clavier léger, atmosphérique (NDR : probablement un Farfisa), "Rich and the poor" prend une pause dans la douceur. "Belle star" embraie dans un climat plus éthéré encore, presque prog, davantage hérité de la seconde moitié des seventies. La voix de Buchanan épouse le timbre de Paul Rodgers, tout au long de "Where I've been", une autre piste empreinte de tendresse. Solennelle, "Destination on course" est une longue plage dont le climat évolue au fil du parcours. Il y a du hard, du prog et du krautrock ; mais surtout une intervention divine des valkyries dans la voix de Buchanan, pour la circonstance tellement proche de Klaus Meine (Scorpions), alors que ravagées, les guitares hurlent de détresse. A vivement conseiller aux nostalgiques des 70’s, of course…

 

King’s Daughters & Sons

If Then Not When

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La formation de Louisville (Kentucky) nous livre un magnifique premier album, en équilibre constant entre puissance et fragilité, mais toujours mélancolique et plutôt sombre.

Le collectif se compose de Kyle Crabtree à la batterie, Todd Cook à la basse, Rachel Grimes au piano ainsi que Joe Manning et Michael Heineman aux guitares. Ces trois derniers participent aux vocaux.

Parfaitement maîtrisé et dépouillé, il nous régale de sonorités acoustiques post-rock et folk/indie : grattes sèche et électrique, piano délicat, batterie et basse lourdes. Le plus souvent à trois voix, les 8 titres de cet opus sont savamment écrits et denses.

A l’image de sa présentation graphique (aquarelle dans les tons sable et photos de nature sépia), le Cd déroule ses mélodies avec une grande fluidité et beaucoup de cohérence.

Intrinsèquement chaque morceau alterne sans cesse entre douceur des voix, du piano et de la guitare sèche et force voire lourdeur des rythmes, souvent lancinants, de la batterie.

Duo vocal féminin/masculin soutenu par un piano et une guitare, « The Anniversary » évoque Angus et Julia Stone. « A Storm Kept Them Away » affiche l’exceptionnelle virtuosité de l’ensemble : on sent l’orage arriver, puis éclater ; on entend presque les gouttes ruisseler sur la vitre et le vent secouer les branches des arbres. « Volonteer » est une perle de tendresse. On a l’impression d’être pris dans les bras, enlacé, réconforté par ce morceau qui ferait fondre un iceberg.

Cinquante minutes pour se laisser aller à la rêverie. Un album touchant et attachant dont on ne peut très vite plus se passer.

 

15 Reasons

Second Coming

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Pour leur retour discographique, les Bruxellois de 15 Reasons ont choisi un titre on-ne-peut-plus approprié : « Second Coming ». Presque quatre ans se sont écoulés depuis la sortie d’« Equilibrium », paru en 2007 ; et il était grand temps que le groupe nous mette au parfum quant à son évolution musicale. D’autant que, depuis la sortie de la première rondelle, son line-up avait subi des changements assez importants. Les deux survivants de la formation originale (Val Granson le guitariste et Fred Werner le batteur) présentent donc ici leurs nouvelles recrues : le bassiste Nicholas Brynin et le vocaliste Gunther Uytterhoeven.

Première constatation : le quatuor a énormément gagné en maturité. L’expérience de la scène semble lui avoir été profitable. Un acquis engrangé par les membres du groupe, au fil des concerts (NDR : ils se sont produits notamment au Graspop Metal Meeting et au Dour Festival), mais à travers différents projets. Contrairement au premier opus qui semblait vouloir coller à la mode du néo-métal, on sent ici une volonté manifeste d’emprunter une voie plus personnelle, exempte d’intégration à une scène bien précise. Les onze titres réunis sur « Second Coming » se déclinent en un rock/métal alternatif posé et hautement accrocheur. Bien sûr, les sources d’inspiration du groupe sont toujours ancrées dans la musique des années 90 et du début du millénaire. 15 Reasons cite d’ailleurs volontiers Stone Sour, Alice In Chains et Soundgarden parmi ses influences principales. Mais le groupe avoue aussi une passion pour le trash de Metallica et Channel Zero. Il le prouve d’ailleurs en osant réintroduire dans sa musique l’ennemi juré du rock/métal moderne : le solo de guitare. On savait Val Granson adepte de la formule depuis sa participation à l’excellent album de Road To Consciousness (NDR : un projet métal ‘gothico-symphonique à chanteuse’ réunissant des musiciens belges et étrangers dont le premier album éponyme est sorti au tout début de cette année). Il confirme tout le bien que l’on pensait de lui en posant quelques furieuses descentes de manche. Soutenu par son nouvel alter-ego à quatre cordes, Fred Werner s’autorise des rythmiques solides et parfois aventureuses. Gunther Uytterhoeven, qui possède un organe écorché assez singulier, est aussi à l’aise sur les titres les plus heavy, que lors des power ballades.

Les moments forts de l’album sont sans conteste « The Second Coming », caractérisé par son refrain entêtant aisément mémorisable, « Burn Out », dont le superbe solo est tapissé sur fond de percussions ainsi que le super puissant « Someone To Blame », plage clôturant la plaque.

L’enregistrement de la musique a été réalisée au studio Molière, en compagnie de l’ingénieur du son Erin Renwart. Les vocaux ont été mis en boîte chez Xavier Carrion (ex-Channel Zero) au studio Jonathas. Le Cd a été mixé au studio Ear We Go, par Francois Dediste.

En évitant le piège de la redite, 15 Reasons passe à la vitesse supérieure et risque fort de s’ouvrir à un public plus conséquent, composé aussi bien d’amateurs néo-métal que de rock, de hard rock, de grunge et peut-être même de hardcore.

 

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