La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

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Michael J Sheehy

Michael J. Sheehy mérite un peu d’amour…

Michael J. Sheehy enregistre des albums depuis près de trente ans, d’abord en tant que fondateur et porte-parole du groupe culte Dream City Film Club au milieu des années 90, puis comme artiste solo et leader du groupe de garage rock aux accents roots, Miraculous Mule. Il a tourné avec des artistes tels que Kristin Hersh, Tindersticks, John Cale et Peter Murphy, tandis que ses chansons ont été utilisées dans des films comme ‘Intimacy’ et la série télévisée ‘Deadwood’ .

Après une pause de six ans, Sheehy vient d’annoncer la sortie, le 5 juin, de « Don’t We Deserve Some Kind of Love ? », son septième elpee solo, dont deux titres, « Full Moon, Empty Belly » et « Don’t Put Yourself Beyond The Reach Of Love », sont parus sur un seul single, le 20 mars.

Parfois, quand j’écris des paroles, j’essaie de laisser les mots aller où bon leur semble’, explique Sheehy. Pour « Full Moon, Empty Belly », il s’est imaginé que son personnage principal était un loup-garou se demandant ce que la nuit lui réservait. ‘Je suppose que mon subconscient a choisi le loup-garou comme métaphore, et c’est en quelque sorte parfait : l’idée de malédiction, de dysmorphie et de lanugo (une affection où des poils fins poussent sur tout le corps pour compenser le manque de graisse corporelle chez les personnes souffrant d’anorexie)’, ajoute-t-il.

S'accompagnant au piano, « Don’t Put Yourself Beyond The Reach Of Love » voit Sheehy pleurer la perte d’un ami dont il s’est éloigné, devenu reclus à cause de sa propre addiction. Prônant le choix de l’amour et de la compagnie plutôt que l’isolement et la solitude, il entonne ‘It’s OK to be frightened’ dans les aigus, et un frisson sacré parcourt votre colonne vertébrale.

En explorant les thèmes de la dépendance, du rétablissement, du pardon, de l’amour, de la perte et de la quête d’identité, ce nouvel opus met clairement en lumière un changement de perspective amorcé par le précédent long playing, gravé en 2020, « Distance Is The Soul Of Beauty ». ‘J’ai arrêté de boire en 2012 et, après vingt ans d’abus d’alcool, il y avait beaucoup de dégâts et de débris dont il fallait s’occuper’, explique Sheehy.

Sheehy est devenu père en 2017 et, lentement mais sûrement, les chansons ont recommencé à jaillir. Pour la première fois, de minuscules rayons de lumière ont commencé à percer à travers les fissures de ses chansons souvent graves. ‘J’écris toujours pour les mêmes personnes, mais ma perspective a changé. Plutôt que de refléter la misère à travers les chansons et ma façon de vivre, j’essaie d’offrir de l’espoir, de l’humour et une sagesse durement acquise.’

« Don’t We Deserve Some Kind Of Love ? » a bénéficié de la participation de Fiona Brice (violon), Sandy Mill (chœurs), Ian Burns (batterie) et Patrick McCarthy (guitare). L’album a été enregistré chez lui sur une période de cinq ans, alors que Sheehy était père au foyer et travaillait le soir dans un bar de Camden, au nord de Londres.

« Full Moon, Empty Belly » est en écoute là

 

 

Sun Mahshene

A place we’ve never been

Fondé en 2018, Sun Mahshene est un sextuor réunissant des musiciens issus d'Irlande, du Royaume-Uni et de Pologne.

Son premier elpee, « A place we’ve never been », a été masterisé par Mark Gardener du groupe Ride.

Eclectique et diversifié, son mélange audacieux de rock alternatif, d'électronique ambiante et de shoegaze est balayé par une tempête de guitares acidulées. Une forme de post-shoegaze qui se manifeste par ses mélodies mémorables et ses paroles perspicaces. D’ailleurs, le titre de l’album, « A Place We've Never Been », est particulièrement bien choisi, car sur le plan thématique, il associe des caractéristiques lyriques telles que l'évasion, les rêves et l'insatisfaction de la vie moderne face la résilience et la persévérance.

Enfin, en ‘live’, la formation jouit d’une solide réputation…

Extrait de l’album, « New shores » est en écoute ici 

Podcast # 52 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

While She Sleeps

Prêt à se produire dans les stades…

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Depuis son passage à Forest National, comme supporting act de Parkway Drive, en 2022, votre serviteur rêvait de revoir While She Sleeps en tête d’affiche. Le vœu est exaucé, puisqu’il se produit ce jeudi 28 septembre à l’Ancienne Belgique, pour un concert ‘sold out’.  

Fondé en 2006, While She Sleeps est issu de Sheffield, en Angleterre. A l’origine, il réunissait 5 potes d’école, mais en 2009, le chanteur, Jordan Widdowson, a été remplacé par Lawrence ‘Loz’ Taylor. A ce jour, le quintet a publié 5 elpees, dont le dernier en date, « Sleeps Society » (2021), est considéré par la critique, comme celui de la maturité ; et à. A l’instar de Bring Me The Horizon et Architects, comme un des acteurs majeurs du metalcore insulaire. En outre, il jouit d’une solide réputation en ‘live’ !

Deux supporting acts : la formation australienne Polaris et britannique Bury Tomorrow, que les médias regardent comme l’étoile montante du style.

Polaris ouvre donc les hostilités. Bien que « Fatalism », son troisième elpee, publié ce mois-ci, se soit hissé au premier rang des classements d'albums aux États-Unis, le groupe et ses fans continuent de pleurer la mort du guitariste Ryan Siew, survenue le lendemain de la prestation du band, accordée au Grasspop. La sortie de cet opus démontre que Polaris est cependant parvenu à traverser cette épreuve. Et puis son concert d’une demi-heure ne s’est pas exclusivement transformé en hommage...

Après « Nightmare », une excellente entrée en matière, le combo embraie par « Inhumane ». Mais c’est « All Of This Is Fleeting » qui construit le premier mur mortel de la soirée, une compo existentialiste. Polaris nous prend à la gorge, pendant quelques minutes, sur « Overflow ». La voix claire du bassiste Jake Steinhauser est alors empreinte d'émotion et crée une atmosphère à la fois intense et entraînante. Et la prestation de s’achever, comme une thérapie vaine, par « The Remedy » … (Pour les photos, c'est ici)

Setlist : « Nightmare », « Inhumane », « All of This Is Fleeting », « Dissipate », « Hypermania », « Overflow », « The Remedy »

En 2021, le membre fondateur et guitariste rythmique, Jason Cameron, quittait Bury Tomorrow. Un départ qui a ébranlé le parcours du band insulaire. Pour pallier ce départ, deux nouveaux musicos ont débarqué au sein du line up qui est donc depuis devenu un sextuor.

Dès le premier titre, « Boltculter », le public, dans la fosse, est déjà en ébullition, et il ne faut pas longtemps avant que les premiers audacieux se lancent dans le crowdsurfing, mettant alors déjà, le personnel de sécurité au travail. Daniel Winter-Bates sollicite à plusieurs reprises des rounds circles et mosh pics, d'un simple geste de la main. Et la foule y répond favorablement, sans hésitation. Le hit « Choke » enflamme la salle. Mais Daniel réclame une dernière fois de l'énergie pour le titre final, « Death (Even Colder) ». En 45 minutes, Bury Tomorrow a donné tout ce qu’il avait dans le ventre, mais avec beaucoup de talent et d’enthousiasme…  (Pour les photos, c'est )

Setlist : « Boltcutter », « Black Flame », « Abandon Us », « Earthbound », « LIFE (Paradise Denied) », « Heretic », « Cannibal », « Choke », « DEATH (Ever Colder) »

Le rideau est fermé pour l’installation de la machinerie de WSS qui va nous en mettre plein les mirettes. Jugez plutôt : Adam Savage, le drummer, va se hisser à droite, presque au plafond, sur une estrade et un mur de baffles ‘Marshall’, qui s’élève à 5 mètres de hauteur. On remarque la présence d’une même structure, à gauche ; les deux guitaristes iront s’y percher et parfois le bassiste, à tour de rôle. Taylor, le chanteur, s’est coupé les (longs) cheveux. Il déboule sur les planches, tel un diable sorti de sa boîte. Vêtu d’un gilet à capuche de couleur noire et chaussé de lunettes fumées, il vient se planter devant les premiers rangs et est chaleureusement applaudi.

La formation démarre en trombe par « Sleeps Society », le morceau qui les a fait connaître. Les haut-parleurs déversent leurs décibels. Adam Sauvage est sous les feux des projecteurs. Ses fûts, ses claviers et son MPD servent de carburant à une véritable machine de guerre. Son drumming libère une puissance phénoménale. Taylor est en pleine forme. Il est capable de pousser sa voix dans ses derniers retranchements, mais elle passe bien la rampe, surtout lors des screams. Et puis, elle est hyper mélodique. Manifestement, il s’est manifestement bonifié dans l’exercice vocal. Constamment en contact avec son auditoire, il se vide littéralement les tripes, lorsqu’il n’escalade pas un banc posé sur le podium juste avant de plonger dans la foule pour s’y laisser porter. L’ambiance est électrique. Moshpits, walls of death, circle pits et crowdsurfings se multiplient dans la fosse et ne cesseront qu’au bout du show.

Six lanceurs de fumée entrent régulièrement en action et une pyrotechnie permet de projeter des flammes qui changent de couleur au gré des morceaux.

Malgré les nombreux sauts et les coups de pieds en ciseaux lancés en avant comme lors d’un mouvement de kung-fu, il est vraiment accroché à l’avant-scène pour pouvoir encore mieux canaliser l’ambiance électrique entretenue au sein des premiers rangs. Taylor demande au personnel de sécurité, posté devant les barrières d’être attentif, car le crowdsurfing va s’emballer. Et pour cause : il démarre du fond de la salle. Impressionnant ! Pendant « Fakers Plague », Taylor lève les poings et invite les spectateurs à l’imiter. Il parsème régulièrement son discours de ‘fucks’ revendicatifs. Le nouveau single, « Self Hell » (NDR : il est paru ce 13 septembre), n’est évidemment pas oublié, même si ce n’est que la troisième fois qu’il est joué en ‘live’.  

« Our Legacy » permet à tout le monde de souffler quelque peu et surtout, aux deux sixcordistes d’étaler leur dextérité sur leur instrument, tout en soignant la partie mélodique. Enfin Daniel Winter-Bates, le chanteur de Bury Tomorrow, se distingue en remplaçant Lawrence ‘Loz’ » Taylor sur le bourdonnant et hargneux « Silence Speaks ».

Un show époustouflant ! On en redemande ! While She Sleeps est prêt à se produire dans les stades, comme son grand frère, Bring Me The Horizon. (Pour les photos, c'est encore ici)

Setlist : « Sleeps Society », « You Are All You Need », « The Guiltry Party », « I've Seen It All », « Eye To Eye », « You Are We », « Haunt Me », « Self Hell », « Fakers Plague », « Our Courage, Our Cancer », « Know Your Worth (Somebody) », « Our Legacy », « Four Walls », « Silence Speaks », « Systematic ».

Rappel : « Enlightenment (?) », « Seven Hills », « Anti-Social »

(Organisation AB)

Fabulous Sheep

Fabulous Sheep au carrefour des âmes perdues…

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En 4 accords et dans une forme épurée, les Fabulous Sheep racontent une traversée, celle de leur ville, de leur vie, celle des doutes et des questionnements, celle d’une candeur juvénile qui s’évanouit pour un quotidien aliénant. Puis un jour on se réveille, entouré des murs que l’on a construit autour de soi même, dans un monde criblé de peur et de haine, aux carrefours des âmes en peine... (« The Crossroads of Lost souls »). Voulons-nous vraiment appartenir à cette société ?

Sur fond de rock tendu et nerveux, les enfants terribles de Fabulous Sheep jouent avec urgence, et chantent le désenchantement d’une jeunesse qui a pourtant encore des idéaux. Originaire de Béziers, la ville laissée pour compte dont les tensions politiques ont indirectement inspiré le groupe qui combat ces thèmes en chanson, la formation livre sa lutte artistique entre énergie positive et colère froide.

Des refrains scandés en chœur, des mélodies pop incandescentes à 3 accords, et une production comme du punk de stade mais enregistré dans un garage : Fabulous Sheep illustre son style sur un premier Ep abrasif baptisé "Kids Are Back", ainsi qu'un elpee, "Fabulous Sheep", sorti en 2019, en totale autoproduction.

Comptabilisant près de 300 concerts dans l’hexagone et en Europe, le band se fait remarquer se font remarquer grâce à ses prestations bouillantes et sa rage viscérale aussi bien dans les petits clubs que dans certains des plus grands festivals, et rapidement le groupe se forge une réputation scénique.

Fabulous Sheep a sorti en 2022 un nouvel album explicitement intitulé "Social Violence", un opus mis en forme par le combo ainsi que Jim Diamond (producteur américain de The Whites Stripes et The Sonics). Un manifeste rock d'une dizaine de chansons, comme des photographies du monde occidental actuel : smartphones et déconnexion totale de la réalité à travers "Satellite", la joie insouciante du tourisme à la mer et les réfugiés qui la traversent dans "Mediterannean Cemetery", le brainwashing télévisé tout au long de "Parasite" ou encore les schémas d'une vie, et d'une ville, qui nous aspire, et nous dévore de l'intérieur sur "The Future is Unwritten » ...

Le clip de "The Crossroads of Lost souls" est à découvrir ici

 

Sheitan & the Pussy Magnets

Sheitan & the Pussy Magnets n’ont envie de rien…

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Sheitan & the Pussy Magnets est un quintet indie rock parisien dont l’attitude désinvolte et les mélodies entêtantes pourraient être considérées comme des manières de mauvais garçons pour agiter une foule.

L’influence du rock british ne se cache pas chez le combo (The Smiths, The Last Shadow Puppets...), mais la bande son qu’il compose pourrait être celle d’un film noir des années 60. C’est un juste équilibre entre mystère et candeur taquine, où les fuzz sont en embuscade d’une ritournelle.

Originaires de la banlieue sud parisienne, les deux compositeurs, Alec (guitare/chœurs) et Rawad (guitare/chant), ont faim d’écrire, de composer, de mêler leurs influences et de partager l’entrain de leurs maux. Ils sont soutenus par Vincent à la batterie, Étienne à la basse (ex-Red Woods) et Michael aux claviers (Mandarina).

Le premier Ep de ma formation, « Nothing To Be Said », est paru fin 2021.

Courant 2022 le groupe est repassé en studio pour y enregistrer un second Ep intitulé « In The Mood For Nothing ». Il sortira le 10 mars 2023.

 

Boy Harsher

The Runner (original soundtrack)

Écrit par

Depuis Savannah (Géorgie, USA), le duo Boy Harsher –autrefois connu sous le patronyme de Teen Dreamz– s’est forgé une identité très forte. Augustus Mullet et Jae Matthews naviguent clairement dans les eaux sombres d’une synth-pop aux accents ‘dark’. Influencé par les 80’s, et tout particulièrement par DAF, mais aussi par le cinéma en général, il n’est pas surprenant qu’il produise une B.O. après 3 albums très bien reçus par la critique.

« The Runner », c’est le titre d’un court métrage d’épouvante réalisé par le tandem et le nom d’un synthétiseur modulaire aux sonorités proches de celles du drone, créé par la marque Moffenzeef.

Entre gore et thriller, ce film noir est abordé dans l’esprit d’Asia Argento, de John Carpenter et pourquoi pas de David Lynch. Huit titres sombres et atmosphériques mais mélodiques cadrant à merveille avec l’ambiance glaçante des images…

Une immersion au sein d’un univers aussi passionnant qu’angoissant...

 

Grandma's Ashes

Le printemps de Grandma's Ashes…

Écrit par

Grandma's Ashes et un trio féminin parisien qui pratique une forme de rock alternatif teinté de prog, de stoner, de gothique et… d’humour noir.

Après avoir gravé un Ep en 2021 (« The Fates »), le trio sortira prochainement son premier elpee. Il est d’ailleurs en cours d’enregistrement.

En attendant, il nous en propose un extrait, "Spring Harvest", sous forme de clip, et il est disponible ici

"Spring Harvest", la récolte du printemps, est un titre solaire qui inspire un état second de légèreté, de libération. Ce single s'inscrit dans une esthétique rock 90's dans la veine de groupes comme Hole, sans perdre de vue la base de la recette Grandma's Ashes : guitares saturées et riffs nerveux, refrains entêtants, ainsi qu'une section rythmique solide et élaborée.

Le groupe explique : ‘"Spring Harvest" est pour nous une sorte d'ode à la solitude et aux relations sans lendemain pour la combler, un temps. On avait très à cœur de retranscrire la mélancolie presque adolescente qu'on ressent lorsqu’on rêve à l'amour, torturé, seul dans son lit, en s'abandonnant à l'ivresse des sens pour mieux s'oublier.’

 

 

 

Flasher

Par amour de Flasher…

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Flasher est un duo réunissant le guitariste Taylor Mulitz et de la batteuse Emma Baker. Son nouvel opus, « Love Is Yours », paraîtra ce 17 juin.

La vidéo du titre maître a été réalisée par Camilla Smura (qui a également signé le clip du single « Sideways ») constitue un hommage au National Treasure, parce que, tout comme la salle du trésor cachée sous l'église Trinity, l'amour qui dure est la plus grande aventure que l’histoire n’ait jamais révélée.

« Love Is Yours » fait suite à « Constant Image », sorti en 2018. Il a été enregistré à Washington, D.C., sous la houlette d’un ami de longue date, Owen Wuerker, qui a également contribué à l'instrumentation en se consacrant à la basse, les percussions, les synthés et à la guitare.

Bien que les chansons traitent de la désillusion et de la perte, la musique évoque la chaleur et l'optimisme.

Le clip de « Love is yours » est à découvrir

 

 

Washed Out

Purple Noon

Écrit par

Lancé par Toro Y Moi en 2011, Ernest Green, aka Washed Out, en est depuis déjà à son 4ème album qu’il a intitulé « Purple Noon ». Sa pop de chambre, très rêveuse, irrésistible à ses débuts, avait tendance à quelque peu s’endormir depuis son précédent elpee ; et ce n’est pas cette nouvelle livraison qui inversera la tendance…

« Purple Moon » est agréable et interprété avec talent, mais il souffre d’un manque d’âme, de surprises ou de mélodies fortes. Sa chillwave teintée de pop baléarique vous permettra d’égayer de bien belle manière vos apéros lounge mais ne vous remuera pas les tripes pour autant…

Bat For Lashes

Lost Girls

Écrit par

Il aura fallu près de trois années pour que Natasha Khan revienne au-devant de la scène en publiant son cinquième opus.

Un opus semi-conceptuel narrant les errances d’un personnage fictif nommé Nikki Pink qui évolue dans un imaginaire cinématique très 80’s.

Ce qui pourrait, à tort, paraître prétentieux, voir ennuyeux. Certes, l’album nécessite une approche attentive et concentrée pour en saisir toutes les subtiles nuances, mais une écoute distraite en révèle déjà le potentiel.

Devenue totalement indépendante, l’artiste aux commandes dirige notre écoute par le biais de sonorités synthétiques froides et sombres et prend possession de son propre univers qu’elle nous renvoie en miroir.

À l’auditeur d’alors plonger et se laisser conter.

Prolifique malgré un relatif hiatus médiatique, l’Américaine, longtemps comparée à Kate Bush, laisse libre cours à ses visions, s’émancipe de toutes obligation contractuelle et délivre son album le plus mûr et le plus abouti.

Les dernières notes de « Mountain », dernier titre de l’œuvre, se font d’ailleurs écho de la majesté qui émane de ce beau et grand disque appelé à être, non pas un classique, mais sobrement une pièce majeure dans la discographie d’une artiste hors norme.

Hors des sentiers battus, Bat For Lashes trace le sillon de ces femmes fortes qui écrivent l’histoire à leur manière.

While She Sleeps

Une véritable machine de guerre…

Écrit par

Triple affiche, ce soir, puisque vont se succéder Vein, Everytime I Die et en tête d’affiche, While She Sleeps. Fondé en 2006, W.S.S est issu de Sheffield, en Angleterre. A l’origine, il réunissait 5 potes d’école, mais le chanteur, Jordan Widdowson, a été remplacé par Lawrence ‘Loz’ Taylor, en 2009. A son actif, quatre elpees, dont le dernier « So what », est paru en mars 2019, un album jugé par la critique, comme celui de la maturité. A l’instar de Bring me The Horizon, il est considéré comme un des acteurs majeurs du metalcore. Et la soirée est sold out…

Issu de Boston, Vein est chargé d’ouvrir les hostilités. Il est 19 heures, et il se produit face à un parterre plus que clairsemé. Le quintet réunit le chanteur Anthony DiDio, le drummer Matt Wood, le bassiste Lhaubouet ainsi que les guitaristes Jeremy Martin et Josh Butts. Il est venu défendre son dernier opus, « Errorzone », paru en 2018. Son style ? Un cocktail entre punk, metalcore, hardcore, qu’il a baptisé mathcore. « Ideation : Self-Destruct » ouvre le set, une compo au cours de laquelle les riffs des six cordes entretiennent un climat angoissant. Hurlé, le chant n’est guère mélodique. Bien que les gratteurs et le vocaliste déménagent sur les planches, la qualité médiocre du son n’est pas de nature à dynamiter le show… et surtout pousse votre serviteur à prendre l’air… (voir notre section photos ici)

Setlist : « Ideation : Self-Destruct », « Demise Automation », « Rebirth Protocol », « Heretic », « Progenitor ».

Every Time I Die embraie, Un combo fondé à Buffalo, dans l’Etat de New York, en 1998, par les frères Keith (chant) et Jordan Buckley (guitare). Depuis sa création, le line up a vécu de nombreux changements. Si la fratrie est toujours bien au poste, ainsi que le second gratteur Andrew Williams, il implique aujourd’hui le bassiste Stephen Micciche et le drummer Daniel Davison. Son dernier et huitième long playing, « Low Teens », remonte quand même à 2016. La formation va nous livrer un concert d’honnête facture sans plus. Pourtant, les musicos font le max pour faire la différence. De timides ‘circle pits’ se forment d’ailleurs dans la fosse, mais faute de light show, le set ne décollera jamais… (voir notre section photos )

Le grand rideau qui masque l’estrade s’ouvre sur While She Sleeps. « Anti-Social » entame le bal ; et dès le départ, on se rend compte qu’Adam Sauvage sert de carburant à une véritable machine de guerre. Que ce soit derrière ses fûts, aux claviers ou au MPD. Et son drumming libère une puissance phénoménale. Taylor a coupé ses cheveux et sa barbe, mais quand il pousse sa voix dans ses derniers retranchements, elle passe bien la rampe. Bref, il s’est manifestement bonifié dans l’exercice vocal. Constamment en contact avec son auditoire, il se vide littéralement les tripes, lorsqu’il ne se laisse pas porter par la foule. L’ambiance est électrique. Moshpits, wall of deaths, circle pits et crowdsurfing éclatent dans la fosse et ne cesseront qu’au bout du show. Les sonorités de grattes sont torturées, huileuses. La section rythmique est parfaitement soudée. Les interventions à la basse d’Aaran McKenzie sont vrombissantes ou dispensées en slap. Les riffs de 6 cordes se révèlent souvent écrasants et hypnotiques, mais toujours bien en phase avec les backing vocaux. Et les jeux de lumières impressionnants, quoique aveuglants, sont dignes de ceux proposés par Bring Me The Horizon. Moment intimiste quand même, le classique "Four Walls", au cours duquel la foule reprend le refrain en chœur. Bref, Les gourous du metalcore ont encore frappé… (voir notre section photos ici)

Setlist : « Anti-Social », « I'Ve Seen It All », « Inspire », « Civil Isolation », « Tropkies Of Violence », « Brainwashed », « Set You Free », « Fakers Plague », « Empire Of Silence », « Death Toll », « Four Walls », « The Guilty Party », « Hurricane ».

« Haunt Me », « Silence Speaks », « You Are We »

(Organisation : Ancienne Belgique)

Boy Harsher

Careful

Écrit par

Au cours des dernières années, on a pu observer l’intérêt croissant d’un certain public pour les sonorités héritées des eighties que l’on associe fréquemment à des formations telles que Joy Division, Bauhaus, Siouxsie and the Banshees ou encore The Birthday Party. Une nouvelle vague de groupes dont la musique se caractérise par une ligne de basse imposante, un rythme (plus ou moins) entraînant et des claviers plongés au sein d’un climat relativement glacial voire ténébreux. Ce mouvement a accouché de bands comme Preoccupations, Protomartyr ou encore Whispering Sons, en Belgique, et la liste est loin d’être exhaustive, mais révèle au fil des mois de nouveaux visages. A l’instar de Boy Harsher, un duo originaire du Massachusetts. Formé en 2013, il a d’abord choisi pour patronyme Teen Dreamz, avant d’en changer l’année suivante. Augustus Muller (synthés et rythmes) et Jae Matthews (chant) ont récolté des critiques unanimement positives pour ce deuxième album paru sur leur propre label Nude Club.

Sur cet opus, la formation a bien assimilé ses classiques en proposant un mélange entre électro kitsch, indus et post punk, tout en adoptant les spécificités du style décrit ci-dessus. L’expression sonore baigne au sein d’une atmosphère bien froide pour ne pas dire gothique et pénètre rarement dans la lumière. Ce qui ne signifie pas que les compos suscitent la morosité. On imagine d’ailleurs parfaitement être entraîné par Boy Harsher jusqu’au bout de la nuit au cœur d’étranges clubs suintant de transpiration. Mais surtout, la paire parvient à transcender ses compos minimalistes grâce à des mélodies accrocheuses et la voix envoûtante de Jae qui débite pourtant des paroles loin d’être réjouissantes.

Les nostalgiques des 80’s apprécieront certainement. Et peut-être même que Boy Harsher parviendra à emmener de nouveaux adeptes dans sa spirale. “Careful” possède en tout cas les atouts pour y parvenir.

Flasher

Constant image

Écrit par

Premier elpee pour ce trio issu de Washington DC, un disque qui a été enregistré au sein des studios de Brendan Canty (Fugazi), sous la houlette de Nicolas Vernhes (Animal Collective, War on Drugs, Deerhunter). La musique de Flasher est manifestement influencée par les eighties, et tout particulièrement, le post punk, la new wave, le shoegaze et la dream pop, naviguant à la croisée des chemins des univers alors fréquentés par les Cars, The Cure (cette basse propulsive à la Simon Gallup), Sad Lovers & Giants, Magazine, Modern English (ces harmonies vocales à trois voix !), les Pixies, My Bloody Valentine et même Wire (« Business universal »). Les mélomanes les plus jeunes évoqueront, sans doute, davantage Protomartyr, Ought et Preoccupations. Cordes de gratte tour à tour spasmodiques ou tintinnabulantes colorent généreusement cette expression sonore paradoxalement anxiogène et allègre. Anxiogène, à cause des lyrics qui reflètent l’inquiétude de nombreux Américains face à la politique de leur gouvernement et tout particulièrement de leur président. Allègre à cause du ton des compos qui semblent refléter une sorte d’insouciance. Et le résultat est excellent !

Vanished Souls

Vanished Souls

Écrit par

Vanished Souls est une formation hexagonale, issue de Chantilly très exactement, qui pratique ce qu’on pourrait qualifier du neo-prog. Après avoir gravé un Ep en 2012 et un premier elpee, l’année suivante (« CiTies R real »), il nous propose donc son deuxième opus. Et il est éponyme. Cinématographique, atmosphérique, mélancolique, hypnotique, la musique de ce quintet navigue au confins des univers explorés par Archive, Pink Floyd post « Dark side of the moon » et Yes. Une expression sonore à laquelle, le groupe a pris le soin d’ajouter des ingrédients électroniques, histoire de la rendre la plus contemporaine possible. Il y a même un flow rap sur l’étonnant « Am your shadow ». Enfin, dernier titre du disque, le complexe et majestueux « Silencio » lorgne vers le Radiohead de la mi eighties. Vivement conseillé aux amateurs du style…

 

Keeshea Pratt

Believe

Écrit par

Issue du Mississippi, Keeshea Pratt est une chanteuse de blues et de soul. Depuis un peu moins d’une année, elle est soutenue par son propre backing group, à Houston. La formation a remporté l'International Blues Challenge de Memphis, en janvier dernier. Le Keeshea Pratt Band implique huits musicos, dont le bassiste Shawn Allen (NDR : c’est également lui qui assure la direction musicale), le guitariste Brian Sowell et le drummer Nick Fishman. Sans oublier la section de trois cuivres qui réunit le saxophoniste Dan Carpenter ainsi que les trompettistes James Williams III et Misaki Nishidate, de nationalité japonaise. Shawn Allen signe l'essentiel du répertoire. Apparemment, plusieurs invités ont participé aux sessions, mais les notes reproduites sur la pochette restent assez énigmatiques sur le sujet. Chris ‘Kid’ Andersen, le célèbre gratteur des Nightcats de Rick Estrin est bien mentionné parmi les guests. Et apparemment, Nick Fishman et sa troupe (Charlie Gurke, Ken Moran, Henry Hung, Tommy Folen, Colin Hogan, Bob Welsh ainsi que Joshua Cook) apportent également leur collaboration…   

Bien posée, la voix de Miss Pratt domine parfaitement son sujet. A l’instar de "Make it good", un r&b lent bien soutenu par les cuivres et l'orgue Hammond. Ou encore du blues indolent, "It's too late". Fishman imprime le tempo du r&b nerveux "Have a good time Y'all", alors que Carpenter s’autorise un billet de sortie au saxophone. Ballade soul, "In the mood" met en exergue les parties de gratte. Exotique, "Shake off these blues" se caractérise par l'envol des trompettes et les brefs soli des différents instruments. Un tour de rôle qu’on retrouve tout au long du funky "Out of mind". Solide, le titre maître est souligné par des interventions à la slide, chargées de feeling. La section rythmique sculpte les riffs du blues/rock "Can't stop now", une plage au cours de laquelle les guitares sont vraiment accrocheuses. Enfin immortalisé ‘live’, "So bad blues" est un blues lent qui s’étire sur plus de 8'…

 

ASHES (France)

Something In The Air (Ep)

Écrit par

Clémence de la Taille a choisi comme patronyme musical ASHES. La Bordelaise milite également au sein du duo Calame, en compagnie de son frère Arthur. Cette auteur/interprète est également peintre et sculpteur sur métal. Son projet implique également Syan, aux claviers et machines, matos dont se sert également Clémence. Cependant, elle se réserve les vocaux.

Ténébreuse, son électro/pop laisse quand même filtrer quelques rayons de lumière. Ce qui lui permet de créer des paysages sonores atmosphériques et envoûtants.

Il est clair que Clémence recherche la légèreté dans la puissance, la lumière dans l'ombre et l'équilibre dans la violence.

« So Do I » est censé transporter le mélomane au sein d’un univers vaporeux ; mais après s’être immiscé subrepticement sans le creux de l’oreille, la voix de Clémence est rattrapée par les beats frénétiques…

« Something In The Air » n’est pas une reprise de Thunderclap Newman, mais une plage électro/pop sucrée/salée par la voix feutrée de la vocaliste (le clip est à découvrir ici)

Une voix qui lorgne plutôt vers celle de Sharleen Spiteri sur « Lady In Black », une compo tendre, plaisante et à la mélodie accrocheuse… 

Le titre maître est étrange, envoûtant même. Il pourrait même servir de B.O. pour un film d’épouvante. Le spectre de Mike Oldfield plane même. Faut dire que son titre, « Ashes », a peut-être brûlé en enfer…

Joan Shelley

Joan Shelley

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Deux ans après avoir publié le paisible « Over and Even », Joan Shelley nous propose déjà son sixième elpee ; et il est éponyme. Première constatation, la native de Louisville (NDR : c’est dans le Kentucky) n’y réserve pas vraiment de bouleversement notable. Lors des sessions d’enregistrement, elle a d’ailleurs encore reçu le concours du guitariste Nathan Salsburg et du pianiste James Elkington. Pourtant, elle a quand même bénéficié de la collaboration de Jeff Tweedy (Wilco) à la production et de son fils, Spencer, à la batterie. Du beau monde, manifestement…

Minimaliste, l’instrumentation est cependant parfaitement calibrée ; et tout particulièrement les lignes de guitare. L’écriture est subtile. Les musiciens sont talentueux. Et la songwritrice parvient à insuffler aux compos un supplément d’âme, grâce à des variations parfaitement maîtrisées. Si certaines mélodies accrochent instantanément, à l’instar de « Where I’ll Find You », d’autres nécessitent plusieurs écoutes avant d’être appréciées à leur juste valeur. 

Dépouillé et authentique, le folk de Joan Shelley se savoure au coin du feu, lors des longues nuits d’automne…

 

Joan Shelley

Over and even

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Joan Shelley nous vient de Louisville, dans le Kentucky. La musique de cette jeune femme évolue à des années lumières de celle proposée par certaines de ses contemporaines qui se (com)plaisent à en faire des tonnes en habillant leurs morceaux de cuivres, de cordes, et autres instruments. Son folk est donc minimaliste et authentique.

Et « Over and Even », son troisième album, constitue un bel exemple. Joan et Nathan Salsburg se consacrent à la guitare. Une instrumentation simple et efficace qui met bien en exergue la voix douce et paisible de Mrs Shelley. Selon les titres, des interventions de piano ou de lap steel viennent discrètement enrichir l’ensemble. En outre, elle échange quelques harmonies vocales bien senties et surtout remarquées, en compagnie du roi du folk, Will Oldham, sur « Stay On My Store », « Jenny Come In » et « Subtle Love ». Malgré cette instrumentalisation dépouillée, Joan Shelley parvient à insuffler un souffle à ses morceaux ; comme sur l’excellent « No More Shelter ». Et finalement, les compos de cette artiste parviennent à nous entraîner dans un univers très proche de Bonnie Prince Billy (bien sûr), Joan Baez ou encore Emmylou Harris.

Joan Shelley démontre, tout au long d’« Over and even », qu’il n’est pas nécessaire d’enfouir de bons morceaux sous une orchestration luxuriante. Parfois la grâce d’une sèche est bien plus efficace et troublante qu’une armée de violons.

 

Shemekia Copeland

Outskirts of love

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Dans l’univers du blues contemporain, Shemekia Copeland est assurément l'une des les plus populaires. C’est la fille du regretté bluesman texan, Johnny Copeland. Née à Harlem (New York), elle n’affiche encore que 36 ans. Et pourtant, sa carrière est déjà bien remplie. En 1998, elle signe un contrat sur le label chicagoan, Alligator. Elle y sort son premier opus, "Turn the heat up!", la même année. En 2008, passe chez Telarc International et y grave "Never going back", l'année suivante. En 2012, elle est couronnée ‘New Queen of the blues’ lors du Chicago Blues Festival. La couronne lui est remise par la fille de Koko Taylor, qui avait décroché ce titre, l’année précédente. Pour publier son 7ème opus, elle a décidé de revenir sur son écurie originelle, Alligator. Les sessions d'enregistrement se sont déroulées au sein des studios de Nashville, sous la houlette d’Oliver Wood. Le leader des Wood Brothers, se consacre également à la guitare. Elle a également reçu le concours d’autres collaborateurs, dont Jano Rix à batterie et aux claviers ainsi que Lex Price à la basse.

Shemekia ne signe qu’une seule chanson. Le reste est quasi-intégralement constitué de compositions dévolues à Wood et son manager John Hahn, mais également de reprises. Plutôt blues/rock, les deux premières plages sont issues de la plume de Hahn et Oliver Wood. Tout comme l’excellent titre maître. Un morceau bien nerveux au cours duquel le chant de Shemekia passe en puissance, alors qu’Eric Fritsch tapisse l’ensemble de son orgue pendant que Will Kimbrough (NDR : il est issu de l'Alabama) se distingue à la gratte. Et si "Crossbone Beach" évolue dans le même registre, c’est la steel guitare de Robert Randolph qui y tire son épingle du jeu. Puissante, la voix de Shemekia déchire l’écran sonore sur "Devil's hand", une composition écrite par son père. Homogène, "The battle is over" est un morceau popularisé il y a un bail, par Sonny Terry et Brownie McGhee. Caractérisée par sa rythmique proche des Rolling Stones, l’adaptation vire davantage au rock. Les choses sérieuses commencent dès "Cardboard Box", un titre cosigné par John Hahn et l'Anglais Ian Siegal. Miss Copeland est épaulée par le célèbre bluesman californien Alvin Youngblood Hart, au chant et à la guitare. Et la conjugaison naturellement autoritaire des vocaux est très réussie. "Drivin' out of Nashville" incarne bien le style de la Music City du Tennessee, une piste de country/rock, balayée par la pedal steel de Pete Finney et fréquentée par la six cordes de Guthrie Trapp, un des requins de studio locaux. Shemekia chante enfin "I feel a sin coming on", un blues popularisé jadis par Gene Watson et surtout Solomon Burke. Enrichie par la participation de Matt Glassmeyer au saxophone, la version est superbe, alliant, passion, expression et détermination. Jess Winchester est considéré comme un spécialiste de la country. Il signe "Isn't that so", une plage dynamisée par les percus néo-orléanaises. Jano Rix siège derrière le piano et très inspiré, Oliver Wood se consacre aux cordes, sur ce morceau qui démontre l’amplitude de styles abordés sur ce long playing. Shemekia s'attaque alors à un des classiques de ZZ Top, "Jesus just left Chicago", une plage figurait sur l’LP "Tres Hombres", gravé en 1973. On y ressent bien le climat originel institué par le trio texan. La voix transpire de vécu ; mais bonne surprise, Billy Gibbons –dont les sonorités de gratte son bien identifiables– y apporte son concours. Miss Copeland poursuit sa lecture blues d'un passé glorieux, en abordant le "Long as I can see the light" de John Fogerty, une chanson qui figurait sur le "Cosmo's Factory" de Creedence Clearwater Revival, un elpee paru en 1970. L'émotion est intense. L'intervention aux cordes de Will Kimbrough constitue un morceau de bravoure. Place ensuite à la cover funky du "Wrapped up in love again" d'Albert King, auquel participe son ami, Arthur Neilson, à la guitare. Le "Lord, Help the poor and needy" de Jessie Mae Hemphill (NDR: une blueswoman issue de Mississippi) clôt cette plaque. Emouvante, dépouillée, cette finale trempe dans le gospel le plus pur…

 

Shearwater

Fellow Travelers

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Le concept du nouvel essai de Shearwater traduirait-il la petite baisse d’inspiration que semble traverser Jonathan Meiburg depuis « Animal Joy » voire même « The Golden Archipelago », deux opus datant respectivement de 2012 et 2010 déjà. Le groupe d’Austin a donc décidé d’interpréter des compos signées par des formation qui les ont accompagnés en en tournée. Et il arrive même parfois que ces exercices de style soient exécutés avec le concours de leurs auteurs. Heureusement, la voix unique en son genre de Jonathan Meiburg –qui semble émaner du fond d’un canyon arizonien– parvient à magnifier certaines reprises comme celle du –déjà magnifique– « I Luv the Valley Oh !! » de Xiu Xiu, même si la cover n’atteint pas le niveau émotionnel de l’originale…

Et les résultats sont très inégaux. Les plus belles versions ? Celle du « A Wake for the Minotaur » de Tom Petty déjà adapté par Sharon Van Etten qui participe d’ailleurs à cette reprise. Celle du « Fucked Up Life » des Baptist Generals, qui bénéficie du concours de Clinic. Les plus anodines ? Le « Hurts Like Heaven » de Colplay ainsi que le « Natural One »  de Lou Barlow (Folk Implosion). Un disque plaisant mais pas vraiment indispensable. Bonne nouvelle quand même, la formation bosse sur un nouvel elpee que l’on espère digne de « Palo Santo », « Rook » ou « Winged Life », les sommets de l’œuvre du Texan.

Shearwater se produira en concert le 29 avril au Bota et le 4 mai au Democrazy de Gand.

 

Sheba

Butter on my rolls

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Surnommée The Mississippi Queen, Sheba est née à Sunflower, dans le Mississippi (NDR : of course !) De son véritable nom Martha Booker, elle est issue d'une famille de cueilleurs de coton. Sa vie était d’ailleurs essentiellement partagée entre ce dur labeur et l'église, où elle chantait le gospel. Elle accompagne sa mère, ses frères et sœurs pour aller vivre en Floride, où elle commence à chanter au sein des Grove Girls. Elle rencontre Freddie Nelson et le couple s'installe à New York. Ils s'y produisent sous le patronyme de The Swingers. C'est alors qu'elle se passionne pour la mythique chanteuse de jazz, Billie Holiday. Quinze ans plus tard, elle retourne à Miami en compagnie d’un autre musicien, Yosiah Israel. Elle y découvre enfin le blues, la musique de ses racines, à l’écoute de BB King, Koko Taylor et Etta James. Elle fonde ensuite les Rhythm Kings. Le groupe multiplie les tournées puis grave son premier elpee, "Miss Good'n' Plenty". Elle cherche de nouveaux musiciens et engage finalement le True Blues Band, ou plus exactement le Roach Thompson Blues Band, c’est-à-dire le backing group du guitariste floridien Warren ‘Roach’ Thompson, soit le bassiste George ‘Chocolate’ Perry, le drummer Michael ‘The dog’ Gauthier, également préposé aux gadgets électroniques, claviers, cuivres et cordes synthétiques ainsi que le joueur de slide, Chuck Juntzman. C’est flanquée de ce line up qu’elle a enregistré ce " Butter on my rolls", œuvre pour laquelle elle signe toutes les chansons!

L'album s’ouvre par le rythmé "Dance jump", une plage chargée de swing. La voix de Sheba est bien forgée dans le gospel. Naturelle, puissante elle est même remarquable. Roach Thompson libère des notes vivaces dès qu’il en a l’opportunité. Gauthier essaime des sonorités synthétiques à l’aide de ses claviers. Pas vraiment ma tasse de thé. La Mississippi Queen chante autoritairement "Real good woman", un excellent blues lent tapissé par l’orgue, et au cours duquel les cordes de Roach vibrent subtilement. Dommage, une nouvelle fois, la présence de ces cuivres synthétiques. Gauthier et Perry auraient mieux fait de s’abstenir ! De toute bonne facture, "Big man" est imprimé sur un tempo contagieux. La voix de Sheba est talonnée par les cordes délicates de Thompson. Tendre ballade, "Can't help lovin' my man" véhicule des intonations soul et jazz. La slide de Chuck Juntzman s’impose tout au long du vivifiant "Oh so good". Bien rythmée, "Pourin' rain" est une plage destinée à la danse, une compo que Roach colore de tonalités personnelles. En libérant des accords de gratte acoustiques et métalliques, à l’aide de sa Resonator, Juntzman nous ramène dans son Mississippi natal. De quoi apaiser Sheba qui nous raconte longuement, tout au long de ce "Blues of my soul", les lointains souvenirs de son enfance. "Butter on my rolls" est introduit par des accords de piano, un superbe blues lent qui met en exergue sa voix saturée d’émotion. Une voix qui se fait grave pour interpréter, "Don't say goodbye", une chanson d'amour… Après un jump blues musclé intitulé "Ms Good-n-Plenty", l’opus s’achève par "Good good lovin'", un dernier blues chargé de passion, mais malheureusement, une nouvelle fois altéré par des claviers synthétiques…

 

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