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Diam´s

Dans ma bulle

Il y a deux ans au festival de Dour, de tristes sires à l’esprit étriqué gâchèrent la fête de Diam’s et de ses fans. Boîtes de conserve, bouteilles, détritus : autant de projectiles lancés à la figure d’une rappeuse qui ‘n’avait rien à faire là’, parce qu’elle vend des disques et passe en boucle sur NRJ. Bref, car elle incarne le commerce, les hit-parades FM et le rap midinette. Si ces abrutis avaient jeté ne serait-ce qu’une oreille aux disques de la Parisienne, ils auraient sans doute ravalé leur fierté de ‘baraquis’ et compris que Diam’s est loin d’incarner la varièt made in France. Cette France des Enfoirés, qui vote à droite et chante « Je te donne » alors qu’elle ne pense qu’à pomper notre pèze. Certes, « Dans ma bulle », le troisième album de Diam’s, cartonne (350.000 exemplaires déjà écoulés). Mais ce n’est que justice. Car Diam’s parle d’amour, de respect, de tolérance, à une époque où tout s’enflamme sur l’autel de l’individualisme et de la haine. Sa « France à elle » n’a rien à voir avec celle de Sarko, du beaujolpif, des Choristes et de Laurent Gerra. Au contraire elle emmerde Le Pen (« Marine »), comme en leurs temps les Bérus, Noir Désir et Suprême NTM… Autant dire qu’écouter ce petit ‘brut de femme’ s’avère d’utilité publique ; d’ailleurs ses disques se vendent par brouettes entières ? Tant mieux ! D’autant qu’au-delà du contexte, la forme reste centrée sur le groove (l’énorme « La Boulette », « Big Up », « Me Revoilà », « Cause à effet »), avec en point de mire le hip hop d’Eminem, de Suprême, d’IAM et d’Assassin. Si les ballades R’N’B s’avèrent un peu faiblardes (« Par Amour », « T.S » et son piano à la « You » de Ten Sharp), « Dans ma bulle » mérite son succès. Parce que Diam’s est une sacrée tchatcheuse, sensible, intelligente et combative, qui a toujours préféré la folie des passions à la sagesse de l’indifférence. Anatole France. Aux armes la jeunesse !

Various Artists

Americans Abroad!!! Against Me!!! Live in London!!!

Écrit par

Humour, point d’exclamation et punketé. Against Me ! nous revient de Londres. Un concert enregistré sous le bras, le quatuor de Gainsville (Floride) nous laisse entrevoir l’étendue de ses prétentions scéniques. Et force est de constater que Tom Gabel et ses potes ont des arguments à faire valoir : un look de bûcheron écossais dépravé, un punk-folk urgent pour danser bourré et complètement déshabillé ou, encore, de solides mélodies à chanter debout sur le comptoir de son pub préféré. Etrange rencontre entre les Pogues et les Dirtbombs, Against Me ! devrait tourner en compagnie d’Archie Bronson Outfit, son lointain cousin britannique. Pour les néophytes du folk-rock branché sur 10 000 volts, ce concert à Londres constitue une excellente porte d’entrée sur l’univers de ces folkeux affolés. De chouettes compostions (« Americans Abroad », « Don’t Lose Touch ») à découvrir d’urgence. Ceux qui limitent le punk rock ricains aux incartades de NOFX devraient écouter cet album. Il fera son (petit) effet.

Various Artists

Cooperative Music Sampler Volume 3

Écrit par

Cooperative Music est une subdivision du label V2 qui relaie actuellement City Slang, Wichita Recordings, Rabid Records, Bella Union, Memphis Industries, Moshi Moshi, Setanta et Luaka Bop. Le troisième volume de ce sampler propose un disque audio et un DVD. Une bonne manière de découvrir en son et en image la richesse du catalogue de cette association. On ne vous fera pas l’injure de décrypter les groupes ou les artistes qui figurent sur cette compile. La plupart ont déjà été chroniqués dans Musiczine. La tracklist me semble donc amplement suffisante. La voici :

CD

1. A Gap Has Appeared - Filed Music
2. Fancy Robots - Justine Electra
3. Young Folks - Pter Bjorn And John
4. Ticket To Immortality - The Dears
5. Twelve - Forward, Russia!

6. In Flight - Amusement Parks On Fire
7. Sing Songs Along - Tilly And The Wall
8. Pull Shapes - The Pipettes
9. Deep Down - Calexico
10. Head Home - Midlake
11. Fear - Lambchop
12. Love Ain't Just A Four Letter Word - Jenny Wilson
13. Wake Up - Lo-fi-fnk
14. Like A Pen - The Knife
15. Always For You - The Album Leaf
16. Baby I - Amy Milan
17. Put A Penny In The Slot - Fionn Regan
18. Widow's Weed - Espers

DVD:

1. 7/4 (Shoreline) - Broken Social Scene
2. 16.16.6 - The Drips
3. Twelve - Forward, Russia!
4. Moonpigs - Blackmail
5. (Oh) god - The Most Serene Republic
6. I'll Bring The Sun - Jason Collett
7. Young Folks - Peter Bjorn And John
8. Wishbone - Architecture In Helsinki
9. Your Kisses Are Wasted On Me - The Pipettes
10. Fraud In The 80's - Mates Of State
11. Paul Simon - The Russian Futurist
12. Let My Shoes Lead Me Forward - Jenny Wilson
13. Festival - Dungen
14. Young Bride - Midlake
15. Sleep Tonight - Stars
16. Dirty Frames - The Tiny
17. We Share Our Mother's Health - The Knife
18. Pac Mac/Shopping Cart - Schneider TM

19. Cruel – Calexico

 

Cecilia :: Eyes

Echoes From the Attic

Etrange : les premiers riffs qui naissent du néant rappellent ceux de « Fin de Siècle » de Noir Désir, et déjà tout est dit. Non pas que les Cecilia :: Eyes fassent de l’indie rock à la française, mais cette citation (emprunt ?) décrit bien la musique qu’ils tentent de produire. Ses couleurs ? Grises, entre le clair et le foncé, comme sur la pochette (un gros voilier, semble-t-il échoué sur la plage de Coxyde). Le gris est une belle couleur, plus proche finalement de la mélancolie que de la tristesse. Test : insérer « Echoes From The Attic » dans votre lecteur CD quand il y a du monde dans votre salon. Attendez les réactions. (…) ‘Yo, vieux, tu veux qu’on se tire une balle ou quoi ?!?’ (rires) La mélancolie irriterait-elle, dans un monde où le sourire reste la meilleure arme pour réussir et se faire des amis ? Et Mylène Farmer, bordel ?!? Cet EP contient 6 titres, pour la plupart courts, calmes, à l’instar des mélopées les plus sages de Mogwai. Ici peu de tectonique à la Sweek ou à la GY!BE, mais des ambiances fragilement délétères, qui peinent à se lever comme le font les morts quand ils écoutent Michael Jackson. A la fin chante une fille qu’on imaginerait bien jeune et jolie. Elle parle d’anges et de sommeil, et dans nos rêves on lui susurre « Kiss me »… Du post-rock avec une fille qui chante ? Seulement sur le dernier morceau, et c’est très bien ainsi. Ils nous viennent de Morlanwelz, et leur premier EP tient la route au moins jusqu’à Saint-Idesbald. A quand un festival ‘Couleur Cafard’ à l’hippodrome d’Ostende ?

Cercueil

Ep

Écrit par

Tout d’abord, je n’aime pas du tout le nom du groupe. J’en ai fait part à Stéphane, un de nos deux spécialistes en métal. Et il a bien rigolé. Faut dire que dans le style, les patronymes mortuaires pullulent. Passé cette aversion, j’ai dû me rendre à l’évidence : le potentiel de ce duo lillois est considérable. Enfin, c’est l’impression qu’a laissée cet EP 5 titres. Cercueil joue une musique hybride (NDR : de l’électro dark pop, paraît-il !), quoique largement dominée par les synthés. Une musique balayée par le falsetto assez particulier, sinusoïdal, de Pénélope Michel (NDR : parfois sa voix me fait penser à celle de Mathieu Chedid). Enregistré par Fred Norguet (Sleepers, Burning Heads) au sein des studios le Chalet à Bordeaux, cet Ep démontre déjà leur capacité à varier les styles. Depuis « Low » (NDR : une référence à Bowie ?) qui évolue à la croisée des chemins d’Ultravox voire de Tubeway Army (les synthés !), d’Ozark Henry (ses débuts surtout) et de Tuxedo Moon (les accords de basse sont aussi ténébreux que ceux assénés par Peter Principle) à « U need it », une plage sculptée dans la country spectrale (ce banjo !), en passant par l’obsessionnel « Opening night ». Réminiscent de feu Nico, mais en plus alerte, cette plage est hantée par une trompette qui n’est pourtant pas jouée par Luc Van Lieshout (NDR : encore un musicien de Tuxedo Moon). Reste « Noche », dont le traitement électro, nonobstant la présence de ce fameux banjo, rappelle inévitablement celui qu’avait opéré Radiohead sur ses albums « Kid A » et « Amnesiac ». Et puis « Sponger gene ». Caractérisé par un clavier vintage, il s’achève par un refrain paradoxalement disco. Etonnant et surtout à suivre de très près !

 

Cursive

Happy Hollow

Écrit par

Ok, on l’avoue, on avait jusqu’aujourd’hui considéré « The Ugly Organ » comme étant le travail le plus abouti de Cursive. La formation ayant perdu l'un de ses membres en cours de route, on craignait un retour faiblard et peu convaincant. Et c’est avec un immense plaisir que l’on tend la joue pour recevoir la nouvelle grosse claque du quatuor. Celui-ci revient armé de son éternelle maîtrise de la plume incisive et des mélodies rédemptrices ainsi que d’une passion exponentiellement décuplée. « Happy Hollow » nous transporte dans l’Amérique de Dorothy, pauvre âme condamnée à taire ses rêves (le single « Dorothy At Forty ») et vivre éternellement au sein d’un village de ploucs aux discours religieusement hypocrites, là où valeurs familiales et patriotisme font office de lois (« Dorothy Dreams Of Tornadoes », « Bad Sects » « Flag and Family »). En 14 chapitres, Cursive conte le malaise d’une peuplade enterrée dans une société bien-pensante d’où elle ne peut s’extraire. Une société au sein de laquelle aucune opinion ne peut être émise et la moindre déviance est intolérable (« The Sunks », « So-So Gigolo »). Dédié à tout païen qui se respecte, « Happy Hollow » en appelle à un soulèvement intelligent dans lequel les mots sont les armes les plus tranchantes (« Rise Up ! Rise Up ! », « Hymns For The Heathen »). Utopique mais efficace. A nouveau, Cursive frappe un grand coup et classe sans difficulté cet essai parmi les meilleures productions de l’année.

Eric Bachmann

To The Races

Écrit par

Membre de Crooked Fingers et Archers Of Loaf, Eric Bachmann fait ici ses premières armes en solo. « To The Races » a entièrement été écrit dans le fond d’un van, perdu en plein Nord- Ouest des Etats-Unis. En résulte 10 petites ritournelles folk sympatoches mais loin d’être extraordinaires. A vrai dire, les vocalises de Bachmann deviennent crispantes quelques minutes à peine après l’ouverture d’un « Man O War » inutilement longuet. Dans son ensemble, « To The Races » est en quelque sorte la bande son idéale pour un remake de ‘La petite maison dans la praire’. « Little Bird » incarnerait Papa et Maman Ingalls vaquant tranquillement à leurs tâches fermières tandis que « Carborro Woman » accompagnerait leurs trois jeunes filles s’amusant à se rouler comme des demeurées jusqu’au pied d’une colline. Eric Bachmann serait alors le nouveau maire de Walnut Grove et, comme il ne s’y passe jamais grand-chose, passerait son temps à pousser la chansonnette aux élèves de Miss Beadle avant de lui faire la cour à coups de « Genie, Genie » ou de « Lonesome Warrior ». Happy Ending oblige, l’affreuse famille Oleson se ferait humilier publiquement pour la énième fois, puis virer du petit village tandis que tous ses habitants reprendraient en chœur « So Long, Savannah ». Aaaah, nostalgie, quand tu nous tiens…

Joe Bataan

Mr. New York is Back (DVD)

Écrit par

Ce copieux DVD retrace le parcours du roi de la soul latine, de sa jeunesse tumultueuse dans Spanish Harlem à son ascension dans la musique, grâce à son audace et son imagination. Un chouette documentaire qui, à l’aide d’images d’époque et de témoignages de Joe himself, parvient à nous transmettre l’atmosphère populaire d’un quartier et d’une série de musiciens qui allaient créer la salsa. Dans les années septante, Joe Bataan a eu l’idée de marier la salsa à la soul en la baptisant « Salsoul ». Passionnant donc, mais uniquement en anglais et en espagnol.

C’est une prestation scénique de 1995 qui suit. Captée au club SOB’s, elle marque le retour à la scène de Joe après 15 ans d’absence. C’est une réalisation aux moyens limités (le son n’est pas exceptionnel), mais le groupe a un sens du groove plutôt impressionnant.

Parmi les autres bonus, on signalera la présence de deux clips consacrés à « Rap-o Clap-o », le tube pré hiphop de Joe, qui a obtenu un énorme succès européen, en 1980. Comment dire, la réalisation a légèrement vieilli… On a également droit aux images d’un concert espagnol accordé en 2005, où le nouveau groupe de Joe s’illustre dans de belles versions de « Rap-o Clap-o » et « Muchacho Ordinario ». Et pour que votre info soit complète, sachez que la plaque recèle une réalisation basique au caméscope de Joe Bataan revisitant les lieux où il a passé sa jeunesse. Malheureusement le son est quasi inaudible. Ce qui permet de conclure que ce DVD constitue avant tout un témoignage pour les fans. D’ailleurs, dès que la projection est terminée, on ne peut s’empêcher d’aller s’écouter un petit « Call My Name ».

 

 

Blood Meridian

Kick Up The Dust

Écrit par

Pas d’interférence. Pas de bagnole, pas de jobs. Juste quelques bons amis, un peu de bière, des litres de whiskey et une brume hallucinogène à y perdre ses derniers neurones. Le décor est planté. Bienvenus dans « Kick Up The Dust », premier album de Blood Meridian. A la tête de ce projet barré, Matthew Camirand, écrivain à l’imagination débordante et fan transi des histoires impulsives de John Fante, est également actif au sein des excellents Black Mountain et Pink Mountaintops. Mais aujourd’hui, Blood Meridian est au centre de (toutes) nos préoccupations.

Passionnant. Le disque nous tient en haleine. Sans savoir pourquoi. Juste comme ça. Pourtant, les références sont bien présentes. Faut être complètement sourdingue pour les louper : Bright Eyes, Meat Puppets, Pavement, Neil Young, Gun Club. Et, cerise dans le ciboulot, c’est toute l’âme de Nirvana qui arpente ce disque. En général, le référent Nirvanien n’augure rien de bon. Mais nous sommes ici en compagnie d’une exception. Pas de rugissement, pas de guitare explosée, pas de grunge. Juste quelques bonnes mélodies, un psycho-folk drogué jusqu’à la moelle et la compagnie d'un chien (stupide ?) nommé Wandle. Blood Meridian signe un album bouleversant. Le disque rêvé par Cobain au lendemain de ses jérémiades acoustiques et fleuries sur MTV ? L’Histoire ne connaît pas la réponse. Mais des chansons de la trempe de « Most Days », « Soldiers of Christ » ou « Get Someplace Else » constituent de belles hypothèses de recherche.

Les histoires de Blood Meridian s’achèvent toujours mal. ‘Nous essayons d’écrire des histoires d’amour. Mais à la fin, il y a toujours un personnage qui meurt, un truc qui part en couilles.’ Matthew Camirand glorifie le rock’n’roll des lendemains qui déchantent. « Kick Up The Dust » devient alors la bande son idéale d’une histoire d’amour. Celle-là même qui unit les deux derniers survivants d’une explosion nucléaire. Espérons que nous serons de ceux-là.

 

Blues Lee

Home

Écrit par

Blues Lee est une formation belge. Limbourgeoise très exactement. Elle est née en 1995. Deux ans plus tard, elle était déjà invitée au Belgium R&B Festival de Peer. Depuis, elle s’est produite sur de nombreuses scènes européennes et même en Afrique du Sud ainsi qu’aux Caraïbes. Elle a commis son premier elpee en 1999 : "Fame's got a name". Un live ! Il sera suivi de "Bubba" en 2001 et "In the crack of the map" en 2004. Le line up réunit cinq musiciens : Bies Biesmans, alias JB, au chant, à l’harmonica et aux saxophones, Karel Phlix aux guitares, Jan Corthouts à la six cordes rythmique, Jan Ieven (ex El Fish) à la basse, au tuba et aux percussions ainsi qu’Yves Bosmans aux drums.

Bies, Karel et Jan se partagent l'écriture des douze plages de ce nouvel opus. La guitare de Karel ouvre le feu pour introduire "Honey please don't", une compo imprimée sur un tempo assez soutenu. JB chante et alterne ses interventions entre l'harmonica et le saxophone. Les arrangements sont bien travaillés. Les lignes de basse sont apportées par le tuba. Investie par les percus, l'atmosphère est très louisianaise. Largement amplifiée, la guitare continue de diriger les débats tout au long du plus funky "Liar". Les vocaux sont impeccables. Karel, Jan et Yves apportent leur concours aux chœurs. JB excelle au saxophone ténor pendant que la basse de Ieven virevolte sur une toile de fond sonore à la fois dense et remarquable. "For a ride" change une nouvelle fois de registre. Une ballade jazzy bien ciselée. A cet instant, nous ne sommes plus très loin de l’univers d’un Steely Dan. La voix de Bies domine magistralement les arrangements ambitieux où tous les instruments trouvent leur place. Tout en finesse, le solo jazz de Karel Phlix fait merveille face à la sonorité étrange, désuète du violon de Niels de Caster. Au sein de ce décor, on distingue bien les deux saxophones : celui de JB et puis d’un invité, l'ami Gert Servaes (Big Mama's Kitchen, Dizzy Dimples). Amusant et dansant, presque cow-boy dans la démarche, "Hillbilly Joe" constitue un interlude country. Nils de Caster s’y éclate entre violon, lap steel et mandoline. Blues rock primaire, "Lazy ways" campe un shuffle à la texane. La démarche est très simple. L'impact direct. Soutenu par une section rythmique solide comme du béton, JB souffle dans les aigus comme un Jimmy Reed inspiré. La voix de Bies est susceptible de changer de registre. A l’instar de "Peaceful soul", une parenthèse roots insérée au sein de cet opus assez électrique. La guitare acoustique de Jan se frotte pour la circonstance à l'harmonica. Blue Lee emprunte alors des routes bien étranges, poussiéreuses… Karel fait glisser son bottleneck sur la guitare Resonator. Il trace ce chemin tant redouté : "Destination Hell". La rythmique s'alourdit. Les musiciens ne doivent-ils pas croiser la route du diable en personne? L'ensemble s'emballe. L'harmonica pousse des cris d'effroi. Le démon doit leur avoir insufflé une sacrée dose d'énergie pour exécuter un rock'n'roll boogie échevelé de la trempe de "Nicole". Tous les musiciens poussent Karel, leur soliste, à l'avant-plan, tandis qu’un autre invité, Patrick Cuyvers (Hideaway), malmène son piano. Compo originale, "Seven days" ne maque pas d’intérêt. Biesmans chante autoritairement cette excellente plage couverte d’accents menaçants. Ce southern rock rocailleux se mue cependant en western, lorsque les cordes réverbérées et le sax soprano se mettent à disserter face à une machine rythmique surprenante, de laquelle émerge la basse fantomatique de Ieven. Cette flambée de fièvre s’achève par un délire instrumental intégral. Blues Lee concède "Shovin'", un excellent instrumental très jump et swing. Au cours de cette plage les différents instrumentistes rivalisent de virtuosité. Le titre maître est très complexe. Il s’ouvre tout d’abord dans le rap. Et face aux percussions syncopées d'Yves, l'orgue Hammond de Cuyvers épouse un profil très funk. La production de Ieven est ici encore mise en évidence. Divertissant mais discutable, "Blind bold & barefooted" achève cet opus qui a le défaut de ses qualités : il fourmille probablement de (trop) nombreuses idées.

 

 

Almond’s Drive

Get your pogo shoes on

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La vie du chroniqueur est faite de ces moments d’égarement où l’on choisit un disque juste parce que la pochette nous fait rire. C’est un peu le cas de ce trio français pratiquant, excepté quelques incursions dans le hardcore et le métal, un punk rock très mélodique ; mais également très ‘californien’ (Sum 41, etc.). De la musique ‘pêchue’ (le titre annonce la couleur) dont l’énergie est bien rendue par la production musclée du disque. Néanmoins, nos gaillards restent fidèles aux codes du genre. Ne vous attendez donc pas à une quelconque révolution ; mais à quelques morceaux sympathiques dans le style (ce qui n’est déjà pas si mal). On épinglera pour exemple le rock’n’roll « Goddamn », « Nobody » ou encore « Usa » et son intro espagnole. Le reste est loin d’être indigne mais s’adresse d’abord aux fanatiques du genre, qui devraient, tout naturellement, y trouver leur compte…

Art Brut

Bang Bang Rock & Roll (special edition)

Écrit par

Avant de jouir d’une distribution digne de ce nom, Art Brut en a chié. Beaucoup. Trop. Finalement, le petit label Fierce Panda leur a laissé une chance. Notre chance en quelque sorte. L’année dernière, nous découvrions donc « Bang Bang Rock & Roll », premier album miracle de ces sympathiques Londoniens. Nous vous en disions tant de bien (voir l’élogieuse chronique de G.E.). Aujourd’hui, Art Brut est signé sur une Major. La terre tourne à l’envers : dans le sens des musiciens, à contresens des desiderata de l’industrie musicale.

Comment explique-t-on qu’en 2005, Art Brut se soit fait balancer de toutes les maisons de disques ? Qu’en 2006, ces mêmes maisons de disques viennent leur déposer une valisette de diamants pour les héberger ? Plusieurs raisons sont avancées : un sens aiguisé de l’observation, un super patronyme, des refrains idiots à gueuler comme des sots et un accent britannique caractéristique. A faire tomber les irréductibles fans de Blur et Pulp. Au chant, la verve d’Eddie Argos fait des ravages : « Formed a Band », « Bang Bang Rock & Roll », « My Little Brother », « Bad Week-end ». Il y a plus d’un an que la mayonnaise n’est pas prête de tourner ! En cause, une distribution internationale appropriée et un disque bonus du plus bel effet. De nouvelles chansons sans ambitions viennent ainsi donner une bonne leçon aux productions prétentieuses de bon nombre de leurs contemporains. Et toujours de chouettes histoires : celle d’un gars qui se fait frapper à l’école (un fan de rock ? Un fan d’Art brut en 2005 ?) sur « These Animal Menswear » ou, encore, celle d’un type gratouillant dans sa chambre en se prenant pour une star (Art Brut en 2005 ?) sur « Maternity Ward ». Sans oublier les versions live des grands moments du disque (« Rusted Guns of Milan », « Modern Art »). Bref, vous l’aurez compris : Art Brut, c’est fort !

Festival Sziget 2006 : mardi 15 août.

Et m**** c'est déjà le dernier jour du festival… Après une semaine, on aimerait tant remonter le temps, et revenir au début de l'événement. Car 7 jours passent bien trop vite, lorsqu'on vit un des festivals le plus merveilleux au monde. Consolation : les organisateurs nous ont concocté un bouquet final particulièrement alléchant.

En 2004, Iggy Pop a rameuté ses Stooges pour accomplir une tournée de concerts et festivals. Une initiative qui n'a pas nécessairement été perçue d'un bon œil par tout le monde. Pourtant, à plus de 60 balais, l'Iguane continue de dispenser une énergie incroyable sur les planches. Et puis le respect qu'il manifeste à l'égard de son public mérite qu'on lui tire un coup de chapeau. 'We are the mother fucking Stooges ! 'We are fucking happy to be here !' balance Iggy, avant d'attaquer "1970". Les tubes s'enchaînent sans le moindre répit. Iggy Pop est dans son jus. Il court, danse, bondit et se roule par terre. Derrière, de leurs riffs ravageurs, les frères Asheton envoient la sauce, pendant que Mike Watt frappe puissamment les cordes de sa basse. Les hymnes rock n' roll défilent : de "Tv Eye" à "1969", en passant par "Loose" ou encore " I wanna be your dog". Clou du spectacle : James Osterberg invite le public à monter sur scène pour se déhancher en entonnant "No fun". Le service de sécurité hongroise n'apprécie pas trop la plaisanterie. Et ne l'apprécie même pas du tout, en fait ! Un jeu du chat et de la souris, entre festivaliers et agents de la sécurité, anime le frontstage. Le grand Pop manque même de prendre une tarte lorsqu'il se met à enlacer un fan malmené par un auxiliaire. Nonobstant l'obstruction, les slams s'enchaînent à une cadence infernale. Après une bonne heure de rock n' roll, les Stooges se retirent. Puis reviennent pour accorder un rappel. Au cours duquel ils reprendront une seconde fois le mythique " I wanna be your dog ". Avant de vider définitivement les lieux, sous un tonnerre d'applaudissements.

Mais quel est donc ce groupe, dont la musique aussi éclectique et entraînante provoque une telle ambiance ? Debout sur le Zinc ! Un ensemble déjanté, composé de huit musiciens, qui parvient à agréger rock, folklore tsigane et irlandais d'une manière plutôt originale. Débordant d'énergie, la joyeuse équipe met le feu au chapiteau Wan2, en allumant ses chansons à l'aide de rythmes irrésistibles ; des chansons à textes qui dépeignent judicieusement et humoristiquement la vie quotidienne. Le public, constitué alors essentiellement de francophones, en profite, bien évidemment pour faire la fête. Comme bien souvent sous cette toile…

Place maintenant à La Bottine Souriante, invitée à user ses semelles sur les planches de la scène world... Autre scène, autre style pour cette formation québécoise dont l'instrumentation fondamentalement folk est enrichie d'un jeu de claquettes. Et le résultat est aussi agréable à voir qu'à entendre. Un set à la fois entraînant et vivifiant au cours duquel, le combo fait preuve d'une grande maîtrise. Tout au long de ce festival, la scène world a vraiment fait l'unanimité. Son taux de fréquentation en est la plus belle démonstration. Et puis, c'est également l'endroit idéal pour conjuguer danse et bonne humeur.

C'est à Prodigy que revenait l'honneur de clôturer les concerts programmés sur la grande scène. Un set qui démarre sur les chapeaux de roues. La présence et le charisme de Maxim Reality y est sans doute pour quelque chose. Tel un maître de cérémonie, il pose un regard altier sur la foule. A contrario, Keith Flint se montre plus discret. C'est à peine si on remarque sa présence. Malheureusement le son est médiocre. Une cacophonie au cours de laquelle on a peine à reconnaître "Smack my bitch up". Ce qui n'empêche pas le public de vider ses dernières cartouches sur l'air de hits tels que "No good", "Breathe", "Firestarter" ou encore "Fire". C'est d'ailleurs la notoriété de ses hits qui va sauver le set du naufrage.

Il y a des lustres que nous espérions assister à un show d'Afro Celt Soundsystem. Fruit d'une liaison illicite entre culture celtique et africaine, consommée sur lit de sonorités électro, leur musique est tout à fait épatante sur disque. Live, la formation accorde une importance toute particulière à la dimension visuelle. A cause des costumes. C'est une certitude. Il y a même la présence d'un Indien. On se demande quand même comment un tel cocktail d'influences disparates peut tenir la route. Et aussi bien ! Apparemment le climat qui règne au sein du groupe y est pour quelque chose. Dans la foule, l'ambiance et de plus en plus chaleureuse. Elle est même propice à de charmantes rencontres multiculturelles (NDR : voir notre section photo).

Le denier choix cornélien du festival traduit une hésitation entre le métal lourd de Morbid Angel et le rock alternatif de Gogol Bordello. La foule semble partagée équitablement entre ces deux pôles. Il faut avouer que le métal et le punk rencontrent un franc succès auprès de la jeunesse hongroise ; une jeunesse rebelle qui a traversé différentes crises sociales... Finalement, nous optons pour Gogol Bordello. Presque un hype outre-Manche (NDR : le combo était programmé au Reading Festival !) ; mais dont la notoriété n'a pas encore atteint le Vieux Continent. Ne pas les confondre avec "Gogol 1er", probablement un des groupes français les plus atroces. Gogol Bordello est un ensemble cosmopolite : un chanteur ukrainien, un batteur californien, un accordéoniste russe et un guitariste israélien. Inévitablement, leur musique brasse une multitude d'influences. Plus subtiles les unes que les autres. Encore que sur les planches, celles des Bérurier Noirs et de La Mano Negra, dont ils reprennent le bon vieux "Mala Vida", nous semblent les plus évidentes. Le spectacle est, en outre, animé par des danseuses asiatiques. Nonobstant les 7 jours de festival, le public ne semble guère fatigué et les slams se succèdent allègrement. Le chanteur (NDR : un personnage excentrique comme ce n'est pas possible !) y participe même ! Et à l'instar du set des Stooges, accordé quelques heures plus tôt, le show s'achève dans un joyeux bordel lorsque les fans viennent les rejoindre sur scène. Nonobstant les inévitables contraintes imposées par un service de sécurité, parfois un peu trop musclé...

Les dj's de la Party Arena et notamment Mylo se chargent d'achever les derniers survivants.

Le sol est jonché de canettes Red Bull et autres boissons énergétiques destinées à tenir le coup. La bière ne coule plus à flots. Les jambes commencent à faiblir. Malgré la volonté de prolonger la fête jusqu'au bout, rester éveillé relève maintenant d'un combat permanent. Faut dire qu'après une semaine de festival, au cours duquel on a accumulé des kilomètres de marche, il y a de quoi tomber sur les rotules. Le soleil se lève pour la dernière fois sur le Sziget 2006. Les stands commencent à être démontés. On plie la tente. On range ses affaires. Les premiers festivaliers sont sur la route du retour. La fatigue se lit sur les visages mais en même temps un petit sourire nous en dit long sur la fantastique semaine qu'ils viennent de vivre.

Un séjour inoubliable. A cause de la programmation, du public et de l'ambiance. Et puis, parce que ce rassemblement tranche véritablement avec la routine des festivals européens…

Pharrell Williams

In My Mind

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Faux cool, vrai N.E.R.D., Pharrell Williams est un sacré bosseur. Connu pour ses talents de producteur (Sous l’égide The Neptunes, en compagnie de Chad Hugo), l’homme aime travailler quand ses potes vont s’amuser. Ainsi, entre quelques productions prestigieuses (Britney Spears, Kelis, Justin Timberlake, Usher, etc.) et plusieurs millions de dollars, Pharrell a mis en boîte ses propres chansons. Elles lui trottaient dans la tête... « In My Mind », confession discographique de son géniteur, révèle les différentes facettes de sa musique. Hip-Hop, Rock, R’n’B et Soul se côtoient dans un grand branle-bas de combat. Bienvenue dans la tête de Pharrell : un endroit où les stéréotypes s’estompent comme les glaciers au Groenland. Ici, les blacks écoutent du rock. Les blancs se prennent pour James Brown. En signant ce premier album solo, Pharrell s’est attaqué aux étiquettes. Une par une, il les arrache à grand coup de chansons qui ne manquent pas de panache…

Lancé il y a plusieurs mois par le sulfureux single « Can I Have It Like That », le premier album de l’omniprésent Pharrell vient (enfin) trouver refuge sur notre platine. Elle s’incline. Le son, les bruissements, les arrangements, la production jouent dans les jardins de la perfection. Mais pouvait-on douter du talent du jeune homme ? On pointera tout de même du doigt ses marottes musicales : Michael Jackson (écouter « Stay With Me ») et Prince (se balancer sur « Angel »). Cet album est également l’occasion d’inviter quelques amis pour des collaborations de premier choix : Kanye West sur l’époustouflant « Number One » ou Slim Thug sur l’imparable « Keep It Playa ». Petite rature au tableau, « Young Girl », duo marathon (plus de huit minutes) en compagnie de Jay-Z, pèche par envie de trop (bien) en faire. Pour le reste, on saluera ce bel effort solo de Pharrell, un mec bien dans sa tête.

Venus Del Rocco

A single room

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Cette formation française pratique une pop acidulée filtrée par la bossa-nova, l’électro de salon, les années 60 et un peu d’indie rock. Claviers vintage, lignes de basse à la Gainsbourg et atmosphères désuètes se conjuguent pour soutenir la voix de Valérie A., rappelant quelque peu celle de Lio. Une belle production, plusieurs chouettes compositions (« Mine too », « Maggy », « Watch the Boys Go By ») et des arrangements très classe constituent les éléments de base de cet opus. Et nonobstant sa brièveté, il vaut largement le détour, surtout pour celles et ceux qui aiment la pop music chantée dans la langue de Shakespeare avec un accent frenchie.

Festival Sziget 2006 : lundi 14 août.

La fin du festival approche mais on ne la sent pas vraiment venir. Au Sziget, on n'échappe pas à l'espace temps. Quel jour sommes nous ? Quelle heure est-il ? 15 heures ? Il faut se dépêcher, « Tout sur ma mère » de P. Almodovar est projeté, pour l'instant, sur l'écran du Magic Mirror (cabaret). Et dans une heure et demie, les premiers concerts de la journée vont commencer…

Sous un soleil éclatant, (NDR : manifestement, on aura été gâté cette année) Beatsteaks monte sur les planches de la grande scène. Heureux de participer à l'événement, les Allemands nous aident à décoller les paupières des yeux, pas encore entièrement ouverts ! Leur mélange de ska et de punk est animé par Arnim Teutoburg, le frontman bondissant ! Leur répertoire inclut plusieurs reprises ; et notamment « Sabotage » des Beastie Boys ou encore « No one knows » de Queens of the Stone Age. Ouvrir la journée d'un festival est une tache difficile. Nous en avions parlé. Le combo germanique a réussi ce challenge. On ne peut que l'en féliciter.

Les 15 minutes d'intervalle qui séparent la programmation entre la scène world et la grande scène, nous autorisent à aller jeter un coup d'œil à la prestation de The Gathering. Pas très folichonne, à vrai dire. Drivée par la chanteuse Anneke Van Giersbergen, la formation se complaît dans son métal symphonique. Sur disque, la solution sonore est potable ; mais sur scène, la transposition s'avère mollassonne et sans saveur.

Une bonne raison pour foncer vers la scène world où se produit l'Ivoirien Tiken Jah Fakoly. Dynamisée par des rythmes afro-reggae, sa musique est festive et stimulante. Mais aussi revendicatrice. Il dénonce le colonialisme, l'exploitation et l'injustice dont est victime le peuple africain. Cette diatribe est traitée dans les lyrics de ses chansons. A l'instar de morceaux comme " Quitte le pouvoir ", " Françafrique " ou encore " Y'en a marre ". Tel un lion, l'Ivoirien court, bondit, se déchaîne ou élève les genoux à hauteur des épaules. Dépasser cette limite relève de l'impossible. Son show bien rodé met une ambiance de feu. Après avoir chaviré sur la musique des Balkans, l'île d'Obuda succombe aux charmes de la musique africaine…

A l'instar de tout grand festival, le Sziget vit au rythme des déplacements des foules. Mais devant la scène world, le spectacle est inattendu. Constitué en majorité de francophones et d'Africains, le public de Tiken Jah Fakoly vide les lieux, visiblement ravi de la prestation de l'Ivoirien. Mais en même temps, comme par magie, une toute autre audience, plus orientale, prend sa place. Nous avions entendu dire le plus grand bien de Leningrad, de véritables vedettes en Russie. Un vent favorable qui demandait confirmation. Une chose est sûre, leur prestation semble très attendue et leurs fans survoltés. Une quinzaine de musiciens déboulent sur scène. Un véritable raz-de-marée ! A l'instar des Négresses Vertes originels, 2 frontmen excitent la foule. L'un deux ressemble au chanteur de Ska-P, tandis que l'autre arbore un physique proche de François Hadji Lazaro. En plus trapu encore. Ce qui explique sans doute pourquoi il demeure assis la plupart du temps. Savant mélange de ska, de punk et de polka, leur musique est soutenue par une flopée de cuivres destinée à rythmer le set, sans lui laisser le moindre répit. La réputation de ce combo n'a pas encore dépassé les frontières des pays de l'Est. Ce qui explique sans doute pourquoi les différents drapeaux qui s'agitent dans le public arborent surtout les couleurs de l'Europe Continentale ou de l'Orient (Lituanie, Roumanie, etc.). Impressionnant ! Une toute grande découverte.

Après avoir vécu un show aussi époustouflant, Placebo a fait l'effet d'une douche froide. Ceux qui ont vécu leurs premiers concerts mémorables accordés au Botanique ou au Brielpoort de Deinze n'ont pas reconnu le groupe. Paradoxal lorsqu'on sait que Brian Molko et sa bande jouissent aujourd'hui d'une énorme popularité. Guère de contact ni de dialogue établi avec celui-ci. Il y a bien une descente de Molko au milieu de la foule ; mais elle balisée entre les grillages. Faut pas rêver non plus ! Un bien triste tableau pour une tête d'affiche. Ce set insipide, qui ne laissera certainement pas de souvenir impérissable, atteint même la profondeur de l'abysse lors de l'adaptation totalement foireuse d'"Every you, every me". Accélérer le tempo n'était certainement pas une bonne idée. Superbe sur disque la reprise du "Running Up That Hill" de Kate Bush ne ressemblait plus à rien. Bref, une grosse déception…

Petit détour via la scène Pesti Est où tous les soirs des petites formations rendent hommage à des artistes aussi prestigieux que Frank Zappa, Miles Davis ou encore The Doors. Ce soir, c'est Rage Against The Machine qui est mis à l'honneur. Un exercice de style accompli par une formation hongroise. Ses adaptations du mythique groupe américain nu metal sont plutôt réussies. L'étrange ressemblance physique et vocale entre le chanteur et Zack de La Rocha est troublante. Un bien bel hommage !

Que pouvait-on attendre d'Exploited ? Les voir enfin en chair et en os, après deux annulations successives en Belgique ? Compréhensible. A l'instar des Sex Pistols (NDR : et on a pu le constater lors de la dernière tournée opérée par la bande à John Lyndon), on est à 100 lieues de l'esprit punk. Les exigences des vedettes frisent l'indécence. Les apparitions se résument au minimum syndical. On ne sait plus s'ils jouent du punk ou du trash. Bref, le groupe a mal vieilli. Paradoxal lorsqu'on sait qu'hormis le légendaire Wattie, le line up est composé de très jeunes musiciens. Un Wattie qui impressionne davantage pour son physique que par sa voix aussi grasse que lui. Derrière la scène, une banderole affiche fièrement '25 years of anarchy and chaos'. Mais on se demande si la survie du groupe ne procède pas davantage d'une opération de marketing (NDR : pourtant incompatible avec l'esprit punk) que d'une volonté de maintenir en (sur)vie une légende. Les nostalgiques du punk auraient davantage intérêt à  se tourner vers des groupes authentiques comme les Buzzcocks ou UK Subs. 

Il est déjà 2 heures du mat' et nous quittons la tente peuplée d'Iroquois, pour aller se balader une dernière fois sur le site. Personne ne semble vraiment fatigué. A croire que la vodka permet de garder le tonus. Les nombreux dance-rooms continuent à se remplir de clubbers et de jolies jeunes filles locales… Quel marathon ce Sziget ! Il s'agit d'être en forme…

 

Festival Sziget 2006 : dimanche 13 août

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Au petit matin du dimanche, une petite couche de boue recouvre les allées. Il a plu cette nuit ! Quelques heures plus tard, on n'en parlera plus, car la météo semble vouloir nous sourire. On en profite donc pour continuer à découvrir les activités et les scènes les plus insolites, les plus étranges, les plus délirantes … A l'image du festival.

Le jardin des tentes par exemple. A l'entrée on vous prie d'enlever vos chaussures pour ne pas salir la moquette. Et finalement, après avoir accumulé les kilomètres, les pieds enserrés dans des chaussures, se déplacer en ne conservant que les chaussettes est une sensation bien agréable. L'endroit est plutôt calme. De longues pièces de tissus sont accrochées un peu partout. Un refuge parfait pour s'accorder une petite sieste au chaud, se relaxer en écoutant un peu de musique. D'ailleurs, certains n'hésitent pas à y emporter leur duvet. Mais c'est également un foyer pour les victimes du vol de leur tente !

Autre attraction : le Luminarium. On doit y faire la file. Très longtemps. Appelé aussi la grotte du spectacle, à cause de son réseau de bulles colorées, de tunnels et de salles, ce labyrinthe à ballons s'étend sur plus de 800 m2. Il y fait plus de 40°. Une bonne aventure psychédélique, mais surtout une expérience à découvrir ! Vous aimerez ou vous détesterez ; mais vous ne pouvez y rester indifférent.

Mais il est temps de rejoindre les concerts ! Et en particulier celui de Gentleman & the Far East band. Il y a beaucoup de monde pour accueillir l'Allemand. Le soleil est revenu et l'heure est à la détente. La combinaison de reggae et de dance est idéale pour se réveiller de bonne humeur. Le timbre vocal du leader de Gentleman est singulier, fragile ; mais il maîtrise parfaitement son sujet. Il chante dans la langue de Shakespeare. Dommage que sa prestation soit constamment interrompue par des 'yeah sziget' intempestifs !

17 musiciens délurés montent sur les planches. 17 Hippies ! Des néo-hippies déterminés à nous entraîner à la rencontre de ballades sud-américaines, mélodies serbes, hongroises ou encore freyleks juifs. Le tour du monde musical est absolument savoureux. L'ambiance survoltée. Sur scène, la panoplie des instruments est impressionnante : guitare, accordéon, trompette, saxophone, violoncelle violon, banjo, clarinette, ukulélé, trombone… La formation allemande parvient littéralement à faire décoller la foule en dispensant des morceaux aussi allègres que " Jovane " ou encore " Besho ". Tant sur scène que dans le public, on affiche un sourire jusqu'aux oreilles ! C'est la foire, le bordel : c'est la fête quoi !

Lord Bishop Rock s'était déjà produit l'an dernier au Sziget. Un trio qui n'est donc plus une découverte, mais qui était bien décidé à confirmer tout le bien qu'on pensait de lui. Voluptueux, son cocktail de rock et de blues est particulièrement explosif. Ses versions de " Purple haze " et de " Voodoo chile " sont speedées. L'ensemble du répertoire est d'ailleurs manifestement influencé par le maître Hendrix. Géant de couleur noire, Lord Bishop n'en finit plus de solliciter et de provoquer l'assistance. Le chanteur/guitariste est assez ironique dans ses propos, mais il manifeste également une grande générosité. Il donne tout ce qu'il a dans le ventre, sur scène… et offre même deux albums et sa bouteille de whisky ! Mais c'est la rasade de rock n' roll qu'on savoure le plus. Les grosses distorsions ne font pas dans la dentelle. Le son est brut et efficace ! Le groupe accordera deux rappels. Dont une cover du classique " Johnny B. goode ". Après une bonne heure de show, c'est l'ovation ! Lord Bishop et le public s'applaudissent durant 5 bonnes minutes. 'Thank you and see you next time !'

Le chapiteau tzigane est également une excellente initiative prise par le Sziget. Mais pour la circonstance, l'espace n'est pas exclusivement réservé à un groupe ou un artiste. En fait, tous le soirs, des formations issues de différentes nationalités se produisent devant un public chauffé à blanc. Un endroit où se donnent rendez-vous les musiques rom d'Europe. Du swing manouche au flamenco, de la musique tsigane Olàh aux fanfares des Balkans. Au cours de cette semaine on a ainsi pu notamment assister aux sets de Dela Dap, un ensemble autrichien de nu-jazz, du trio batave Johnny Rosenberg, des Australiens Nadya's 101 Candles Orkestra, des Français Les Doigts de l'Homme ou encore des Roumains Giani Lincan & Gipsy Band. Simple amateur ou fin connaisseur, on est peut-être émerveillé face à l'énergie dispensée par tous ces musiciens. La tente tsigane est un passage obligé du festival car à l'image du Sziget, on y rencontre une pluralité de nationalités et de cultures dont le dessein est commun : partager et faire la fête !

Festival Sziget 2006 : samedi 12 août

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Ce samedi 12 août est sans doute la journée du festival la plus alléchante ! Coté affluence, un nombre record de festivaliers est attendu. Manquerait plus que la pluie ne s'en mêle ! Les nuages gris s'amoncèlent pourtant et les averses surgissent. Il n'en fallait pas plus pour voir fleurir les premiers ponchos et anoraks. Le Sziget avait déjà la réputation d'être le Woodstock européen. Une allusion qui risque finalement de se confirmer…

Les Ecossais de Sons and Daughters sont les premiers à passer sur la Grande scène. Leur folk électrique est teinté de pop. Des morceaux tels que " Choked " ou encore " Royal Used " sont plutôt agréable à écouter. Au sein de l'assistance on semble également apprécier la performance, mais personne ne parvient pas à se lâcher complètement. Décidément les concerts programmés en journée ont du mal à décoller ! 

Un concert de dEUS, c'est un peu comme à la loterie. Soit le son est nickel et on vit une formidable expérience musicale. Soit il est merdique et les mélodies sont noyées dans un vilain brouillamini. Heureusement aujourd'hui, la bande à Barman est dans un bon jour. Elle est même en pleine forme et au sommet de son art. Le public est ravi. Sur les planches les musiciens semblent également prendre leur pied. Et ce ne sont pas les quelques gouttes qui vont contrarier le show, bien au contraire !

Sur la scène world, les Français d'Orange Blossom font sensation ! Des textes en arabe, un peu de djembé, un violon électrifié, le tout soutenu par des samples et vous obtenez un délicieux cocktail d'électro métissée. On est en extase pendant " Habibi ", en transe pour " Cheft El khof ", en lévitation sur " Yazaman ". Le potentiel des Nantais est certain. Mais en privilégiant les parties préenregistrées sur l'instrumentation conventionnelle, le combo pourrait perdre tout crédit… 

Sur la grande scène, Heaven Street Seven nous balance une solution sonore inspirée par la pop anglo-saxonne au sein de laquelle la guitare de Gábor Balczer est bien mise en évidence. Etonnant pour un groupe hongrois. Qui chante dans sa langue du pays des Magyars. Leur set ne manque pas de charme, mais si la majeure partie s'agglutine au pied du podium, ce n'est pas pour les acclamer, mais pour se ménager une place idéale avant d'assister à la prestation du groupe suivant. On perçoit d'ailleurs un léger soulagement, lorsque le band débarrasse le plancher…

Les roadies installent donc le matériel. En fond de scène, dix fragments d'écrans. Le concert s'annonce déjà impressionnant. Le mot est lâché. Idéal pour qualifier Thom Yorke qui se multiplie à la guitare, au chant, au piano. Le reste du groupe semble parfois plongé dans le coma. Ce qui ne l'empêche pas de nous réserver leurs classiques de haute volée : " Paranoid Android ", " No Surprises ", " There There ", " Lucky ". On appréciera l'enchaînement " Exit music – Karma Police ". Le groupe interprète également deux nouvelles chansons : " 15 step " et " Nude ". Propre, sans bavures, planant, ahurissant. Ce sont les termes judicieux pour qualifier le concert accordé par Radiohead, ce soir. Comme chaque soir. C'est ça le problème : la routine, l'absence de feu sacré…

 

 

 

 



Festival Rock the City 2006

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Pour la deuxième édition du sympathique festival bruxellois, les organisateurs sont restés fidèles au joli cadre du parc de Woluwé qui, pour la circonstance, a été épargné par les incessantes pluies de ce début de mois d'août.

Les groupes se succèdent à partir de 13h00. Pour notre part, nous arrivons au moment où la formation gantoise Waldorf effectue son soundcheck. La foule est pour l'instant clairsemée, maigre fréquentation qu'on mettra sur le compte de ce temps gris rappelant la Toussaint. Auteur d'un album éponyme publié l'année dernière pour le compte du sympathique label gantois Kinky Star (NDR : il est également responsable des premiers efforts de Vive La Fête), ce combo pratique un rock fortement inspiré par les années septante. Un rock musclé mais sans imagination et encore moins d'humour. Les titres laissent peu de traces dans l'esprit et le volume sonore élevé provoque la fuite d'une bonne partie de l'audience qui décide alors d'aller se réfugier vers la portion de gazon la plus éloignée possible des diffuseurs.

Tandis que des petits malins ont trouvé le moyen d'assister au festival sans bourse délier, Montevideo investit à son tour la scène. Considéré depuis longtemps comme le secret mieux gardé de la capitale,  ces quatre jeunes gens ont écumé les scènes bruxelloises et wallonnes pendant quelques années, avant de voir leur réputation croître grâce à leurs concerts énergiques et ludiques. John Stargasm (chanteur de Ghinzu) les a tirés des limbes de l'underground pour produire leur premier album éponyme. Un disque paru début juin ! Comme d'habitude, leur disco-funk-punk-noisy démarre sur les chapeaux de roue et recueille l'adhésion du public présent. 45 minutes au cours desquelles, Jean Waterlot, chanteur particulièrement goguenard, communique à merveille avec le public entre les petites bombes rock dancefloor assénées par la formation : " Groovy Station ", " Sluggish Lovers ", " Liberation for Women " ou encore " Sunshine ". Malgré l'une ou l'autre petite baisse de régime, Montevideo est sûrement un des meilleurs groupes de scène en circulation de ce côté-ci de la frontière linguistique ; statut qui a également l'air de convaincre le guitariste de Das Pop, qui battra du pied pendant une bonne partie de la prestation des Bruxellois.

Il y a quelques années que Das Pop (NDR : encore des Gantois !) n'a plus donné signe de vie. Jusqu'ici, sa pop richement texturée a rencontré davantage de succès à l'étranger qu'à l'intérieur de nos frontières, où les choix esthétiques délibérément kitsch les ont un peu isolés du monde rock ; mais ne leur a toujours pas permis de toucher un plus large public. Réduit à un trio (Tom Kestens est parti fonder Lalalover), D.P. pratique une musique bien plus directe que dans le passé. Plus de pistes play-back ni de synthés eighties, éléments qui ruinaient substantiellement leurs prestations voici encore quelques années. Ils viennent présenter un nouvel album qui devrait paraître tout prochainement. Une plaque produite par les frères Dewaele (Soulwax, 2 many Dj's), frangins qui avaient déjà mis la main à la pâte sur le magnifique " Electronica for Lovers ", un des premiers single de Das Pop. C'est donc un public un peu plus consistant qui assistera à ce set mené tambour battant, entre nouveautés et classiques de la formation ; mais réarrangés sous une formule plus rock. Bent Van Looy chante et joue (très bien) de la batterie et son timbre vocal évoque toujours autant celui de David Bowie. Niek Meul et Reinhard Vanbergen assurant le tandem basse-guitare tout en se concentrant sur les secondes voix. Un beau concert, malgré une communication sommaire et l'impression que le groupe cherche à enchaîner les titres le plus vite possible.

C'est à Rhesus qu'incombe la lourde tâche de clôturer le festival. Peu connu en Belgique, ce trio français pratique un pop-rock constellé de tentations noisy qui font penser aux Pixies. En 2005, il a remporté le concours 'Ce qu'il faut découvrir', mis sur pied par les Inrockuptibles. Leur premier album " Sad Disco " est paru cette année chez Pias ; mais leur notoriété procède d'un pub consacrée à un cosmétique. Un spot au cours duquel ils apparaissent lors de l'interprétation de leur " Just Let Go ". Une chanteuse et un chanteur se partagent le micro sur des compos électriques qui hésitent entre sonorités sans concession et tentations pop-rock très (trop) classiques. L'ensemble mérite le respect ; mais on se demande quand même pourquoi ce band était tête d'affiche, alors que sa place se situait nettement plus bas…

 

Festival Sziget : vendredi 11 août

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Cette troisième journée commence par une mauvaise nouvelle. Suite à la tentative d'attentat perpétrée à Londres, Coldcut et Gomez sont contraints d'annuler leur concert. On espère qu'il n'en sera pas de même pour Radiohead le lendemain. Mais pour l'heure, 50 000 personnes sont attendues ce vendredi sur l'île d'Obuda, pour assister aux 200 programmes de la journée.

Suite à la place laissée vacante sur la grande scène par Gomez, Guru's Jazzmatazz démarre le concert une heure plus tard que prévu. Emmené par le leader Guru et accompagné par Solar & Doo Wop, le groupe dispense un hip hop légèrement teinté de jazz et de soul. Guru et ses acolytes ne cessent de solliciter le public pour reprendre les paroles en chœur. Ils y seraient sans doute parvenus en se contentant de 2 ou 3 répliques. Mais les relances incessantes finissent par lasser.

Au même moment, les Boukakes débarquent sur la scène world. Les 7 musiciens de la formation montpelliéraine brassent différents horizons musicaux où se mêlent rock, raï, électro, et funk. On retiendra des morceaux comme " Bledi ", parfaite synthèse du style pratiqué par cet ensemble français. Sur scène, la présence du derbouka et la voix chaleureuse de Bashir rappellent que la musique maghrébine constitue l'influence majeure du combo. Une performance loin d'être désagréable, au cours de laquelle on se laisse volontiers entraîner aux rythmes de " Allawi " et autre " Mama ".

La petite pause concert permet de déambuler dans les allées et de se diriger vers l'espace théâtre de rue et le chapiteau danse et théâtre. On le dit et on le répète, ce festival est gigantesque ! On peut ce soir assister à la représentation de la troupe polonaise Teatr Osmego Dnia. Sur fond de musique bien psyché, un char circule à travers le public, véhiculant à son bord des barbares qui braillent et crachent du feu. Des fenêtres s'enflamment lentement. Une mise en scène médiévale relatant la guerre. Frissons !!!

Retour vers la grande scène. Sur le chemin, il est loisible de piquer une tête dans la piscine de chocolat (NDR : Oui, cette histoire peut paraître invraisemblable mais elle est véridique. C'est aussi ça le Sziget !). Un bain nourrissant au terme duquel vous aurez la certitude d'être laissé en paix pour la suite des événements.

Le dernier acte de la Grande scène est accompli par les sexy, groovy, funky, Scissor Sisters. 'Disco's not dead' devrait être leur slogan. Leurs vêtements à paillettes parlent pour eux. D'ailleurs, leur patronyme évoque une position sexuelle lesbienne. Mais venons-en à la musique. Le son est parfois médiocre mais tout dépend de l'endroit où l'on est situé. Devant, on a la chance d'être épargné par les saturations pénibles aux tympans. Pas la peine de s'attarder sur le génie de leurs compositions. Ils sont responsables d'un mélange de pop et de rock, saupoudré d'une pincée de disco. Il n'y a plus qu'à danser et sautiller allègrement tout au long des " Laura " ou " I don't feel like dancin' ". Indubitablement, il n'y a pas d'alternative. Ah si… rigoler !

Fin de soirée, petit détour au Silent Disco. « Quekcekça ? ». Il s'agit d'un chapiteau au sein duquel on danse et on chante, mais dont il ne sort pas la moindre note de musique. Curieux, vous décidez d'y aller faire un tour afin de percer le mystère. Enigme résolue, lorsqu'on vous pose des écouteurs sur les oreilles. Il vous reste alors à choisir le canal et à régler le volume. Et en route pour le déchaînement instantané jusqu'à 4 heures du matin ! Un concept plutôt sympa. D'autant plus que la musique diffusée est loin d'être de mauvais goût. Des Ramones aux White Stripes en passant par les Foo Fighters ou encore Dolly Parton. Dans le futur, les organisateurs devraient pousser quelque peu le volume, vu les jacasseries, il devient parfois pénible d'entendre ce qui passe dans le casque.

Omar Rodriguez-Lopez

Omar Rodriguez

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On connaît surtout Omar Rodriguez comme le leader de The Mars Volta et puis pour avoir sévi au sein du défunt et mythique At The Drive In. Parallèlement, Omar mène également différents projets dont un sous son propre patronyme. Ce qui n’empêche pas les autres membres de son groupe, et en particulier son frère Marcel (batterie et claviers) et le saxophoniste Adrian Terrazas-Gonzales (guitare, sitar, basse), de participer à cette aventure alternative. Ni à différents invités d’apporter leur collaboration.

Passée l'introduction bruitiste, le groupe entre dans le vif du sujet, proposant un jazz-rock tendance free déjanté, radical, emmené par une guitare névrotique et un saxo caractériel. La seconde plage a dans un premier temps un effet hypnotique, mais elle s'enlise ensuite, faute d'arguments neufs. La troisième (« Jacob Van Lennepkade ») est d'apparence plus sereine car basée sur un bon groove. Guitare et saxo y greffent leurs soli incandescents, oscillant entre funk et dissonance. Sa finale semble rallier un certain classicisme avant de s'automutiler. Comme la précédente, cette compo souffre de sa longueur (plus de 17 minutes). Alors que les volutes de sitar et saxo restent en suspension pendant tout le quatrième morceau, l'album se clôture par « Spookrijden op het fietspad », assis sur une belle charpente rythmique enfiévrée. Le saxo y joue les régulateurs de mélodie en dialogue avec la guitare nasillarde. S'ils maîtrisent bien leurs instruments, les protagonistes ont tendance à se complaire dans des démonstrations un peu nombrilistes. Du coup, la plage la plus intéressante s'avère aussi la plus courte. Omar Rodriguez s'adresse donc à un public averti.