La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Teethe : de la douleur au soulagement…

Le groupe texan de slowcore Teethe sortira son nouvel elpee, « Magic Of The Sale », ce 8 août. Sur cet album, il dévoile son monde triste et beau, où les quatre auteurs, chanteurs et artistes distincts de la formation posent une série de questions…

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Apellez-la Madame !

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Révélée lors de ‘The Voice Belgique’, Alice On The Roof a connu une ascension fulgurante, grâce à, notamment, un premier single largement diffusé en radio « Easy come easy go », issu de « Higher ».

 « Malade », dont le clip a été tourné chez ses grands-parents, a surpris tout le monde avec le côté additif de la mélodie.

Intitulé « Madame » son second elpee paraîtra ce 16 novembre.

Manticora mort ou vif !

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Après avoir reçu des retours fantastiques sur son huitième album « To Kill To Live To Kill », paru le 3/08/2018, et après avoir parcouru le continent nord-américain en supporting act de Persefone en août et septembre, Manticora vient d’annoncer sa quatrième tournée européenne qui ne passera malheureusement pas par la Belgique, mais bien les Pays-Bas et la France.

Une nouvelle vidéo extraite de l’album des vétérans danois du trash metal progressif vient de sortir, « Echoes Of A Silent Scream » ; et elle disponible ici

En concert :

09.03.2019: FR - Paris, La Boule Noire

12.03.2019: FR - Lyon, Ninkasi Kao

15.03.2019: NL - Hoofddorp, Podium Duycker

http://www.manticora.dk/

https://www.facebook.com/ManticoraBand/

 

Sur les traces de « Bruxelles » !

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Après avoir enflammé les plus grosses salles de concert avec un opus parfaitement au point intitulé « Bruxelles », Boulevard des Airs nous propose un nouveau single intitulé « Tout le temps ».

Produit par le groupe français, mixé par Lionel Capouillez et masterisé par Pieter De Wagter, ce morceau issu de « Je me dis que toi aussi », accentue l’approche électro-pop moderne amorcée sur leur grand hit qui rendait un bel hommage à la capitale belge.

Pour découvrir le clip, c’est ici

 

 

 

Vianney gâte ses fans pour les fêtes de fin d’année !

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Le concert de Vianney accordé à l’Accorhotels Arena est maintenant disponible en DVD ! Il inclut tous les duos (Bigflo & Oli, Véronique Sanson, Mc Solaar & Patrick Bruel) et 1H30 de bonus (interviews, tournée, coulisses).

Deux CD aussi qui immortalise le concert et un CD 13 titres rassemblant ses reprises emblématiques, l’intégralité de ses duos et 4 inédits (« J’ai oublié de vivre » de Johnny Halliday, « Puisque tu pars » de JJ. Goldman, « Caroline » de Mc Solaar, « Ma force » de Céline Dion) retraçant en chansons, 4 années de musique avec et pour les autres.

Disponible en deux éditions :

- Digipack accompagné d'un livret de 20 pages

- Livre-coffret collector en édition limitée (20x20 cm), disponible en 3 couleurs, 60 pages de photos live exclusives, de dessins & notes manuscrites de Vianney

 

Birdy Nam Nam

A Rush Of Blood To The Head

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Les quatre ‘Turntablists’ aux doigts de fées étaient de passage à l’Ancienne Belgique après avoir remporté, quelques semaines plus tôt, la ‘Victoire de la Musique’ du meilleur album électro de l’année. Il faut dire que « Manual For A Successful Rioting » envoie une claque sans concession, à coups de beats bien bourrins, assénés où il faut, quand il faut. Après s’être produits lors des festivals Polsslag, Pukkelpop et I Love Techno, en 2009, Birdy Nam Nam présentaient leur ‘scud’ pour la première fois en salle en Belgique, sous le toit de l’AB.

Les Liégeois de Partyharders Squad étaient chargés de préparer le terrain. Rien de bien excitant au programme. Le duo enchaîne les clichés du DJing, et chauffe donc la salle en se contentant de cliquer sur la touche ‘next’ de son laptop et de hurler à chaque montée de BPM. Et on n’échappera pas au quart d’heure dubstep, histoire de démontrer qu’on est bien ‘aware’ des tendances émergeantes. Au moins, ça a le mérite de faire danser les kids des premiers rangs. On a beau ne pas adhérer au style des Liégeois, impossible de nier que leur cible est bien atteinte et conquise.

Cinq minutes de répit à peine avant que les Parisiens n’entrent en scène. Ce soir, l’AB affiche complet. Crazy B, Little Mike, DJ Need et DJ Pone, tout sourire, ont l’air motivés. Le public, lui, l’est davantage. Et une énorme installation light-show démontre que la formation joue désormais dans la cours des grands. C'est certain, celles et ceux qui recherchaient la simplicité de leurs premières prestations vont être servis en matière de déception. Le set démarre sur quelques bons souvenirs de l’éponyme, à l’époque où les quatre gaillards privilégiaient les scratches aux bleeps. Mais les extraits du premier opus sont soit retravaillés (ou torturés, c’est selon), soit rapidement passés sous silence, au profit des bangers de la grosse machinerie « Manual For A Successful Rioting ». Ainsi, même le tubesque « Abbesses » n’est plus ce qu’il était. Birdy Nam Nam est désormais une infernale machine à danser et assume très manifestement son statut. Même si le groupe donne parfois l’impression de réaliser à quatre, ce qu’il pourrait facilement exécuter à deux…

Les pieds entre le sol et le plafond, le public adhère à donf et se laisse entraîner sur les beats carnassiers de « Worried », « TransBoulogne Express » ou l’excellent « Red Dawn Rising ». Il faudra deux rappels pour calmer les ardeurs de la foule, chaude comme la braise. Après tout, c’est samedi soir. Un « The Parachute Ending » aux allures de seringue d’adrénaline, vient achever le travail entamé une heure et demie plus tôt. Tandis que ses trois camarades se retirent, Little Mike en profite pour caresser son public dans le sens du poil et exhiber le drapeau belge qu'il s’est fait tatouer au bras. Avant de se retirer, il prend encore le temps de charrier les ‘footeux’ en scandant le nom de son équipe fétiche (NDR :  information qui n’est restée gravée dans mon esprit, que quelques millièmes de secondes) tandis que DJ Pone remonte furtivement sur les planches, en brandissant le maillot de la football team en question. Un final bon enfant qui résume assez bien l’ambiance générale entretenue, tout au long du set des turntablists passés pros du bidouillage.

(Organisation : AB + Live Nation)

The Jai Alai Savant

Le futur leur appartient?

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Pour assister à la première apparition de The Jai Alai Savant en Belgique, l'AB Club n'avait rallié qu'une bonne cinquantaine de personnes. Faut dire qu'au même moment, les Nuits Botanique accueillaient, entre autres, Miossec, Oxmo Puccino, Cold War Kids et consorts. N'empêche, les absents ont eu tort, et vous comprendrez aisément pourquoi en lisant ces quelques lignes. Pour nous faire patienter jusque 21 heures, la projection d'un film consacré à une prestation `live' frénétique de Bad Brains avait été programmée. A voir ! Mais pour la qualité sonore, faudra repasser?

The Jai Alai Savant monte sur les planches. Ralph Darden en tête. Un musicien de couleur noire habillé dans un élégant costard blanc. La barbe en broussaille, des lunettes foncées et les cheveux en pétard, ce chanteur/ guitariste impose par sa stature. Mais aussi par son charisme. Très habile à la six cordes, il n'hésite pas à se servir d'un éventail assez conséquent de pédales de distorsion. En outre, il possède une belle voix dont le timbre campe un hybride entre Sting et Perry Farrell. A la basse, Nash Snyder, longiligne, la tête rasée apporte ses lignes complexes, palpitantes ou dub, appuyant de temps à autre le `lead' de backing vocaux, pendant que Michael Bravine, aux drums, joue dans tous les registres possibles et imaginables en manifestant une souplesse et une dextérité impressionnantes. Et finalement, ces instrumentistes hors norme pratiquent un reggae/funk/roots/dub/psyché/pop (parfois légèrement teinté de ska) terriblement excitant. Parfois aride, souvent bourré de groove, n'hésitant pas à adresser l'un ou l'autre clin d'?il aux Jackson 5 (« Scarlett Johansson why don't you love me ») ou aux Stones, même si on se rend bien compte que les références majeures de la formation répondent aux noms de Clash, The Police, Fugazi, Jane's Addiction et King Tubby. Si bien qu'après deux ou trois morceaux, certains spectateurs se mettent à remuer les pieds, la tête, les jambes ou même à danser. Faut dire que Ralph n'est pas à un déhanchement prêt sur scène. Et il invite même le maigre public à taper dans les mains tout au long de la version allongée d' « Akebono », moment le plus maquant du set, au cours duquel plus personne ne tenait en place dans la salle. Le groupe a même accordé un rappel, moment choisi par Ralph pour enlever sa veste. Bref, The Jai Alai Savant risque fort, à moyen terme, de devenir `hénaurme'. Vous pensez à Werchter ? Sur la scène principale ? Oui, d'ici deux ou trois ans. Et l'assistance présente lors de ce set se souviendra alors d'un vendredi de mai 2005, au cours duquel un futur super groupe se produisait devant 50 spectateurs? On en reparlera?

Olivia Ruiz

Olivia Ruiz, l'idole des (très) jeunes ?

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Ah ce public lillois, toujours chaleureux, éclectique et enthousiaste. Le concert d’Olivia Ruiz, programmé au Zénith en ce milieu de semaine, ne le décourage même pas après un long week-end. Pour preuve, l’accueil réservé à la première partie : Bertrand Louis, un artiste plutôt inconnu malgré la confection de trois albums dont le dernier signé chez Universal. L’artiste n’est d’ailleurs plus tout jeune. Il semble d’ailleurs à l’aise, seul avec sa guitare, et nous propose ses ballades et chansons à texte, abordant notamment les thèmes de l’amour, de la paresse ou même du renoncement au tabagisme…

Malgré un accueil cordial, une partie du public commence à s’impatienter. Et de nombreux enfants présents dans la salle manifestent cette impatience en scandant ‘Oliviiiaaa’. Elle devrait d’ailleurs penser à entamer ses concerts un peu plus tôt, afin qu’ils n’aillent pas se coucher trop tard… Enfin (pour eux surtout), les lumières finissent par s’éteindre, et les musiciens montent sur les planches. Le concert démarre en force, mais on ne distingue pas immédiatement Olivia Ruiz, car elle reste au fond du podium, sur une sorte de mini piste de danse, où elle retournera régulièrement au cours du show. Plutôt sexy dans sa (courte) robe noire à pois rouges, elle est plutôt en forme et secoue sa longue chevelure. Ses deux albums « J’aime pas l’amour » et « La femme chocolat » seront parcourus tout au long d’un set intense, entrecoupés par quelques impros. Et elle est plutôt bavarde la Ruiz ! Les titres sont retravaillés à la sauce rock/folk, teintés parfois de jazz/twist, au cours duquel la chanteuse (et ses musiciens) s’autorisent divers pas de danse. Le track list implique également quelques reprises, dont une de Los Carayos (pour rappeler son côté rock alternatif ou ‘nouvelle chanson française’ comme on le taxe aujourd’hui) et même du « Requiem pour un con » de Gainsbourg.

Le spectre de Mathias Malzieu hante son dernier opus, mais également la scène. On en oublierait presque ses débuts opérés lors d’une émission de téléréalité dont on tira le nom ; car elle mérite bien mieux… Reste toutefois une partie de ce public composé d’enfants et de jeunes parents accompagnant leur progéniture ; mais bon, cette situation change des auditoires traditionnels !

 

 

Deftones

Une véritable machine de guerre?

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Forts d’un prodigieux cinquième album sorti fin 2006, les cinq de Sacramento profitent de leur tournée européenne pour faire un petit tour du côté de chez nous. Ce 10 avril, les Halles de Schaerbeek ont tremblé, non pas sous le poids de Chino mais grâce à une setlist quasi-parfaite.

L’ouverture du show a été assurée par Will Haven, autre formation californienne et, accessoirement, constituée de grands potes de la bande à Chino. Une prestation qui aura ravi les fans mais était somme toute dispensable.

Après un petit intermède d’une demi-heure égayée par une série de chansons superbement hors-contexte s’échappant des baffles, les Deftones débarquent sur scène et frappent un gros coup, enchaînant, d’entrée de jeu, deux de leur plus gros cartons, à savoir « Be Quiet & Drive (Far Away) » et « My Own Summer (Shove It) ». De quoi plonger l’assistance dans un état de folie passagère immédiate. Et les pogos se suivent tandis que Chino, dont le tour de taille commence enfin à être revu à la baisse, s’époumone sur « Lhabia », « Feiticeira » et « Digital Bath ». C’est qu’on retrouverait presque nos 17 ans ! De son côté, le leader de la bande semble s’essouffler et confie les parties les plus gutturales à Chi qui se fait un plaisir à les hurler au micro. S’ensuivent l’extraordinaire « Korea », le tout frais « Beware » et, pour le plus grand plaisir des fans de la première heure, deux titres issus d’« Adrenaline », « Root » et « Nosebleed ». Le public aura droit à quelques minutes de répit grâce au splendide « Xerxes », entamé sur quelques notes au piano. Un répit qui ne sera pas de très longue durée, la formation embrayant immédiatement par d’autres morceaux de leur premier album (« Birthmark » et « Engine no. 9 »).

Le quintet met les petits plats dans les grands et achève son incroyable set sur les géniaux « Passenger », « Around The Fur » et « Headup », titre sur lequel Grady Avenell, l’interprète de Will Haven, vient pousser la chansonnette en compagnie de Chino. Celui-ci revient d’ailleurs à nouveau sur scène au début du rappel, entamé par l’affreux « Back To School (Mini Maggit) », version radiophonique et massacrée de l’épique « Pink Maggit ». Le set se clôture par « Change (In The House Of Flies) » et le monstrueusement grandiose « 7 Words ».

Deftones s’établit une nouvelle fois, avec son métal qui n’a rien de « Nu », comme une véritable machine de guerre scénique qui est parvenue à se détacher de toutes ces formations  auxquelles on l’associait au début de sa carrière (et dont la plupart sont d’ailleurs portés disparus, séparés ou tout simplement retombé dans l’anonymat).

Within Temptation

La tentation du supermarché?

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Il est dix huit heures quarante lorsque nous nous présentons à l'entrée du Zénith. Le temps est inhabituellement chaud pour la saison, puisque le thermomètre extérieur de la voiture affiche les 29°. Accueil bizarre des vigiles, mêlant affabilité et parano. Il est vrai que nous sommes en France, en pleine période électorale. Les consignes de sécurité doivent fuser. Nous voilà donc introduits dans ce temple éphémère du 'Metal pour grandes surfaces', comme diraient les persifleurs. L'organisation est signée 'A gauche de la Lune'. Et de ce côté-là, rien à redire. Soucieux de gagner une place adaptée à la captation de bonnes photos, nous nous engouffrons dans l'arène, où nous arrivons à nous glisser à trois ou quatre rangs du podium. Le public est assez mélangé. Même si le noir domine dans l'habillement, il y a pas mal de trentenaires, voire de cinquantenaires, parmi les ados…

Le premier groupe démarre presque à l'heure. Sup, band français expérimenté, pratique un doom-gothique qui, sur CD, peut receler des plages hypnotiques ou envoûtantes. Il y a des indices d'originalité dans son set. C'est toutefois difficile à juger, tellement le groupe a opté pour une mauvaise balance, où basse abyssale et batterie, toutes deux à fond les manettes, mangent le reste. Il y a deux chanteurs, l'un possède un timbre guttural typique et l'autre une voix claire et belle. Sous-employé et sous-mixé. Bonne idée à signaler : les projections de vieux films en noir et blanc consacrées à des expériences biomédicales. Pour le reste, une prestation trop longue, dans une pénombre permanente, et plus assourdissante (jusqu'à la douleur) qu'intéressante. Le public, d'abord confiant et enthousiaste, s'est d'ailleurs largement réfugié dans une attitude polie et patiente.

Delain, jeune groupe hollandais ami de Within Temptation et incluant son ancien clavier, apporte la note joyeuse de la soirée. Tant mieux pour eux. Alors que Sup a démarré devant une salle à moitié vide, le Zénith est maintenant bien garni, même si ce n'est pas le ‘sold out’. Le son est irréprochable, clair et parfaitement distribué. Le groupe s'engouffre dans les schémas qui ont fait la gloire de ses aînés en y mêlant application et enthousiasme. Outre le line up classique batterie/basse/claviers/guitares (deux guitares !), il bénéficie des services d'une jolie chanteuse, dont la voix est aussi bonne que… celle de tant d'autres. Son pop-metal-sympho adolescent n'apporte absolument rien au genre, mais séduit par sa bonne humeur et sa réaction très spontanée et sympathique face au succès. Un bon set qui a le privilège de la candeur. Et ponctué des rituels propres au genre : guitaristes et chanteuse agiteront régulièrement la tête en mouvements circulaires pour faire virevolter leur longue chevelure, tandis qu'une bonne partie du public brandira à l'envi le poing droit, index et auriculaire tendus. Au capital sympathie, ajoutons qu'on retrouvera plus tard deux musiciens du groupe mêlés au public.

Vingt et une heure quinze. Il fait maintenant étouffant et j'entreprends le périlleux projet d'apporter une boisson à mes accompagnateurs. Après m'être frayé un chemin entre les spectateurs, dont beaucoup se sont assis à terre malgré l'évident manque de place, j'attends désespérément mon tour devant un bar mal organisé et en très net sous-effectif. Au point de craindre rater le début du troisième set. Rassurez-vous, chers lecteurs, je ne commets finalement aucun sacrilège et les pintes au prix prohibitif (pour des Belges) parviennent bien à leurs destinataires.

Lorsque In Extremo, groupe allemand, monte sur les planches, la donne change sensiblement. D'abord, nous avons droit à un vrai décor (la batterie est sur le pont d'un bateau) et des costumes de scène carnavalesques (tenue d’iroquois, kilt, cuir et vieilles étoffes y côtoient motifs égyptiens et tatouages). Ensuite, le band s'écarte de tout standard quant à sa composition : batterie, basse, guitare (essentiellement rythmique) et chanteur sont entourés de trois musiciens, qui se partagent cornemuses (le plus souvent), vielle, harpe, instruments à vent orientaux et autres créations maison. Le chanteur endossera quant à lui une mandoline à deux reprises. La musique d’In Extremo est particulièrement martiale, à l'instar de Rammstein. Mais elle est aussi fort mélodique et festive. Les mélodies, tracées essentiellement par les cornemuses et autres instruments traditionnels, s'apparentent le plus souvent à des gigues, tarentelles, rengaines et autres ritournelles très faciles à mémoriser. On s'habitue vite au chant pourtant très rocailleux et en allemand. Il est donc un peu regrettable que ces ingrédients soient enveloppés d'une rythmique systématiquement aussi bourrin (ceci dit malgré les évidentes qualités du batteur). En 'Mick Jagger teuton', le chanteur arpentera la scène torse-nu pour une bonne partie du concert. Il s'avérera aussi un bon communicateur avec le public, malgré la barrière de la langue, et un frontman impliqué et accrocheur. Ses compères bougent bien et leur 'Rock attitude', amuse vu les instruments brandis. Le son est ici encore parfait et In Extremo s'avérera le point fort de la soirée. D'ailleurs dignement salué par le public.

Car la tête d'affiche, Within Temptation, pourtant bardé d'un récent album bien meilleur que son prédécesseur, se montre finalement bien fade. D'abord, le groupe a opté pour un volume sonore trop élevé. Le son est du coup moins bon que pour Delaine et In Extremo. Ensuite, les morceaux perdent en live toute finesse et toute nuance, tant la priorité est donnée à la pression constante. Tout tend vers une interprétation stéréotypée, laquelle fatigue très vite. Sharon, la belle chanteuse, gesticule avec bonne volonté, contrairement à ses acolytes, qui ont l'air de traverser un boulevard en permanence. Mais elle n'est pas une bête de scène et, ni elle, ni le décor carton-pâte, ne compensent l'insipidité de l'ensemble. Concentré sur les compositions récentes, ce show par trop uniforme connaîtra trois séquences réussies : « Mother Earth », « Ice Queen » et « Caged ». Trois extraits du deuxième album, « Mother Earth », qui incluent breaks et respirations, et dont deux constitueront le rappel (un signe ?) Pour le reste, on a vraiment eu l'impression d'être en présence d’un groupe qui gère sans passion un patrimoine commercial. Rassurons-le. Au terme de ce show devant un public conquis d'avance, il pourra proclamer: 'Encore trois mille clients satisfaits!'. Dont Valérie, notre précieuse photographe.

Il est une heure du matin lorsque nous quittons le parking et la température est encore très douce. A bientôt, Lille.

Progzélyte.

Organisation: A gauche de la Lune.

 

 

Good Shoes

L'art de se prendre un râteau?

Écrit par

A ma gauche, Mr Hudson & the Library, formation brit hop de passage à la Rotonde du Botanique ce mercredi 18 avril. A ma droite, Good Shoes, combo pop rock qui a remis le couvert le lendemain, au Witloof Bar. Bien qu’ils exercent dans des genres quelque peu différents les uns des autres, ces Anglais ont un point commun douloureux : on ne peut pas dire qu’ils déplacent les foules.

Mercredi 18 avril. C’est dans une Rotonde quasi déserte que Mr Hudson & The Library a dû présenter sa première œuvre. Une petite trentaine de personnes à peine s’est déplacée pour découvrir le brit hop printanier de la formation. Un semi-échec étonnant à l’écoute des ‘feel-good-hits’ du quintet, qui ne sont pas sans rappeler Jamie T ou Just Jack. D’autant que « A Tale Of Two Cities », premier essai de Mr Hudson contient d’énormes tubes potentiels tels que les singles « Ask The DJ », « Too Late, Too Late » et « Bread + Roses ». Sur scène, les cinq Anglais ne se sont pas laissés démonter par cette salle quasi-vide et ont offert à la petite assistance un show d’une heure qui n’a pas manqué de coller un beau sourire sur les visages d’un public plus que satisfait.

Jeudi 19 avril. Le Witloof Bar accueille Good Shoes, formation qui aurait gagné à maintenir la date prévue initialement. En effet, se produire en première partie de The Rakes durant les Nuits Botanique leur aurait certainement permis de jouer devant un parterre mieux garni. A peine une petite quarantaine de personnes, dont une majorité anglophone, ont accueilli le combo, venu reproduire en live l’entièreté de leur premier album « Think Before You Speak ». Après un départ mollasson, le quatuor a fini par trouver ses marques et est parvenu à faire danser une minuscule partie du public, au bout de trois ou quatre titres. Musicalement, Good Shoes surfe sur la vague post-Libertines sans vraiment y arriver. On pense surtout à Little Man Tate, The Maccabees ou, dans une moindre mesure, The Mystery Jets. Leur nom ne risque pas de rester gravé dans les mémoires, mais les fans des groupes mentionnés ci-avant devraient tout de même y trouver leur compte.    

 

Loreena Mckennitt

Comme sur du papier à musique?

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Ce concert de Loreena McKennitt était pour moi la toute première occasion de me rendre au Colisée. Cette salle est nichée dans un dédale de petites rues et son accès n'est fléché que dans un périmètre fort réduit.

Concernant Miss Mc Kennitt, je la voyais également pour la première fois. Et j'avoue avoir été attiré notamment par la curiosité : que procurait donc sur scène l'univers particulier de cette artiste assez atypique? Et je n'ai pas été déçu. Loreena, qui passe du piano à la harpe et enfile parfois un accordéon, est entourée de neuf musiciens. Batteur et bassiste assurent une assise rythmique des plus classique. Mais la guitare électrique n'intervient que très rarement, et les autres intervenants ne brandissent que des instruments acoustiques : percussions diverses, hurdy gurdy, bouzouki, lyre, luth, violoncelle, violon,…Tous parfaits dans leurs rôles respectifs. Ceci dit, seuls deux d'entre eux trouveront l'espace pour l'un ou l'autre solo : Caroline Lavelle au violoncelle et le très honorable Hugh Marsh au violon. Le band restitue à merveille cette World Music Celtique avançant souvent au pas du dromadaire. Et le son irréprochable permet de déguster pleinement la finesse et la richesse des arrangements. Du triangle à la harpe, tout est admirablement restitué. Le décor évoque l'Orient et le light show, classique mais de très bon goût, alterne les bleus, mauves et rouge/oranges au gré des ambiances musicales.

Le show privilégiera les deux derniers CDs. Bref : le dépaysement total. Certes, Loreena McKennitt n'est pas ce que l'on pourrait appeler une bête de scène. Elle séduit plutôt son public par ses fréquents messages de sympathie. Sans oublier son chant, qui vaut à lui seul le déplacement. La bonhomie du personnage, accentuée par le rapport un peu mystique qu'elle entretient avec sa musique et sa carrière, sorte d'éternelle quête initiatique, tranche fort avec une organisation qui ne laisse rien au hasard : play list fixée et communiquée préalablement au public, dépliant de bienvenue, image surprotégée (pas d'autorisation de photographier) et marketing redoutable,… De quoi nous ramener très vite à la réalité après la torpeur néo-baba-cool dans laquelle le show nous plonge. N'empêche, le public ravi aura ovationné l'artiste debout pour ses trois rappels. Moi y compris.

Org : France Leduc Productions

 

 

Mr Hudson & The Library

Brit hop printannier pour intimes?

Écrit par

A ma gauche, Mr Hudson & the Library, formation brit hop de passage à la Rotonde du Botanique ce mercredi 18 avril. A ma droite, Good Shoes, combo pop rock qui a remis le couvert le lendemain, au Witloof Bar. Bien qu’ils exercent dans des genres quelque peu différents les uns des autres, ces Anglais ont un point commun douloureux : on ne peut pas dire qu’ils déplacent les foules.

Mercredi 18 avril. C’est dans une Rotonde quasi déserte que Mr Hudson & The Library a dû présenter sa première œuvre. Une petite trentaine de personnes à peine s’est déplacée pour découvrir le brit hop printanier de la formation. Un semi-échec étonnant à l’écoute des ‘feel-good-hits’ du quintet, qui ne sont pas sans rappeler Jamie T ou Just Jack. D’autant que « A Tale Of Two Cities », premier essai de Mr Hudson contient d’énormes tubes potentiels tels que les singles « Ask The DJ », « Too Late, Too Late » et « Bread + Roses ». Sur scène, les cinq Anglais ne se sont pas laissés démonter par cette salle quasi-vide et ont offert à la petite assistance un show d’une heure qui n’a pas manqué de coller un beau sourire sur les visages d’un public plus que satisfait.

Jeudi 19 avril. Le Witloof Bar accueille Good Shoes, formation qui aurait gagné à maintenir la date prévue initialement. En effet, se produire en première partie de The Rakes durant les Nuits Botanique leur aurait certainement permis de jouer devant un parterre mieux garni. A peine une petite quarantaine de personnes, dont une majorité anglophone, ont accueilli le combo, venu reproduire en live l’entièreté de leur premier album « Think Before You Speak ». Après un départ mollasson, le quatuor a fini par trouver ses marques et est parvenu à faire danser une minuscule partie du public, au bout de trois ou quatre titres. Musicalement, Good Shoes surfe sur la vague post-Libertines sans vraiment y arriver. On pense surtout à Little Man Tate, The Maccabees ou, dans une moindre mesure, The Mystery Jets. Leur nom ne risque pas de rester gravé dans les mémoires, mais les fans des groupes mentionnés ci-avant devraient tout de même y trouver leur compte.    

CSS

Une surprise dans les bagages de Cansei De Ser Sexy?

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On attendait de pied ferme le retour des Brésiliens délurés de CSS depuis l’excellent concert presté à la Rotonde du Botanique quelques mois auparavant, à guichets fermés. Cette fois, le combo a eu l’excellente idée d’amener dans ses bagages leurs amis de Tilly & The Wall.

L’ouverture du concert a été assurée par The Holloways, des Brittons distillant un punk pop engageant mais trop instantané. Le genre qui s’oublie quelques minutes après la prestation… Les esprits s’échaufferont un peu plus à l’arrivée des trois filles et deux gars de Tilly & the Wall. Armée d’une artillerie de ‘feel-good-hits’, les filles s’époumonent en tapotant du pied sur des socs en bois fixés au sol, en guise de percussions. Un bon moment, en particulier lorsque le groupe entamera leur tube « Sing Songs Along ».

Une petite demi-heure plus tard, la troupe brésilienne faisait son apparition sur scène. A peine débarquée sur scène, Foxxylove entame devant un parterre extatique non pas le « CSS Suxx » que tout le monde attendait mais un nouveau titre, « Don’t Mess With Holidays ». D’entrée de jeu, l’ambiance se fait à la fois chaude et bon enfant, l’interprète de CSS éclatant de rire à tout bout de champ. Elle entamera d’ailleurs une courte reprise du ‘cultissime’ « No Limit » de 2 Unlimited que l’orangerie reprendra en chœur avec grand plaisir. Le batteur et seul mâle de la formation semblait, lui, pressé d’en finir, coupant la parole à Foxxylove à coups de percussions chaque fois que la jeune fille se lançait dans des divagations avec l’assistance entre les chansons. Cansei De Ser Sexy enchaînera donc ses tubes « Alala », « This Month, Day 10 », « Meeting Paris Hilton », l’excellent « Acho Um Pouco Bom », « Off The Hook »,  et l’incontournable reprise des L7 « Pretend We’re Dead » avant de s’évaporer dans les coulisses pour revenir quelques instants plus tard clôturer le show par un délicieux « Let’s Make Love And Listen To death From Above ». Excellente prestation, à la hauteur de celle exécutée à la Rotonde en décembre 2006.

 CSS (+ Tilly & The Wall + The Holloways)

Biffy Clyro

Bloc Party, le critique pense?

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Suite aux articles dithyrambiques consacrés aux prestations ‘live’ de Bloc Party (ils ont été plébiscités lors du Printemps de Bourges!), je m’attendais à prendre une claque ce soir. Tout était d’ailleurs réuni pour cette consécration : salle bondée (sold out !), service d’ordre sympa, discret et efficace, public enthousiaste, light show impressionnant et groupe plutôt décontracté. Devient-on trop difficile au fil du temps ? L’oreille critique constitue-t-elle une arme à double tranchant ? L’humeur du moment joue-t-elle un rôle prépondérant dans l’appréciation d’un concert ? L’espoir d’assister à un moment unique modifie-t-il la perception des événements ? Des tas de questions du style m’ont traversé l’esprit à l’issue de leur set ; car franchement, je ne l’ai pas trouvé aussi exceptionnel que prédit. Un show de bonne facture, sans plus. Ce qui n’est déjà pas trop mal. Et puis le public était ravi. N’est-ce pas cela l’essentiel ?

Il revenait à Biffy Clyro, d’assurer le supporting act. Un trio écossais au sein duquel militent les jumeaux Johnston à la section rythmique. Lors du premier titre, on a l’impression que le guitariste et le bassiste jouent dos au public, en tenant leur instrument contre l’échine. En fait, leurs visages sont simplement cachés par leur longue chevelure. Les trois membres du groupe chantent. Parfois en solo, parfois en chœur. Simon Neil, à la six cordes, possède un timbre rappelant Kurt Cobain. Les frangins, empruntent un falsetto dans la lignée de Bob Mould. Et il faut reconnaître que les harmonies vocales sont plutôt soignées. Malheureusement, si leur musique rappelle tantôt Fugazi, tantôt Hüsker Dü, elle est un peu trop brouillonne à mon goût. Seuls les passages plus calmes passent plutôt bien la rampe. Si bien qu’au bout de quelques minutes, cette bouillie sonore finit par agacer.

Dès que Bloc Party monte sur les planches, on est impressionné par les jeux de lumières. Il nous en met plein la vue, en quelque sorte. Des figures géométriques lumineuses (elles changeront de couleur toute la soirée) sont fixées sur 7 énormes pilasses, en oblique, de manière à créer un ensemble à la fois homogène et orientaliste. Ces rectangles allongés sont soutenus par des lasers qui changent également de teinte en fonction des morceaux. Très souriant, Kele Okereke mène la danse. De sa voix haut-perchée, si particulière, il entretient la mélodie tout en triturant sa stratocaster. Installé sur un socle surélevé, en retrait de la scène, Matt Tong paraît jeune. Très jeune. Un sosie d’Harry Potter… Mais, de ses rythmes métronomiques, il assume comme un grand. Gordon Moakes est son complément idéal à la basse. Et puis, il assure les backing vocaux. Le plus souvent par le biais des contre-mélodies. Se consacrant même épisodiquement au xylophone. Enfin, le soliste, Richard Lissack semble avoir pour maître The Edge. Ses riffs tour à tour nerveux, épileptiques, voire bringuebalants, en sont la plus parfaite démonstration. Et puis il y a pire comme choix. Musicalement, les influences cold wave et post punk sont manifestes. Puisées notamment chez Cure et Joy Division. Parfois également chez House Of Love (là ce n’est plus de la new wave). Sans oublier les traces de funk blanc. Pensez à XTC et Gang of Four. En affichant de telles références, le résultat ne peut qu’être intéressant. Mais le problème procède plus probablement du climat que Bloc Party ne parvient pas à entretenir. Dans la musique de la fin des seventies et du début des eighties, c’était en quelque sorte le fil conducteur. Lors du set de ce quatuor londonien, on a davantage eu la sensation d’encaisser une succession de tubes. Après une bonne  heure, le groupe se retire sous les inévitables acclamations.

Et revient pour un rappel –rituel- interpréter quatre autres titres, au cours duquel Kele va descendre dans le public à la manière de Bono. Et la foule apprécie ce type de geste. Bloc Party, on est resté avec nos doutes, nos interrogations, et surtout nos craintes : celles de voir un groupe passer au statut de star, alors qu’il n’en est encore qu’à son deuxième album (« A week en  in the city », est paru début de cette année), sans encore être parvenu à se forger sa propre identité. Et c’est souvent ainsi que de grandes promesses s’évanouissent dans la plus grande indifférence… L’exercice d’un troisième album devrait nous en apprendre davantage.

Setlist

Song For Clay - Wainting For The 7.18 - Positive Tension - I Still Remeber - Hunting For Witches - Banquet - Where Is Home - This Modern Love - Uniform - Like Eating Glass- So Here We Are - The Prayer

Rappel

She's Hearing Voices - Srxt - Pioneers - Helicopter

Organisation Agauchedelalune

The Long Blondes

Comme une lettre à la Poste?

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L'Orangerie bat son plein dans l'attente du défilé vintage Long Blondes, qui pose bagage dans une ambiance feutrée, le 'catwalk' décoré d'amplis Epiphone. La nouvelle collection de la couturière Kate Jackson prend alors place sur le podium pour une déambulation de cinquante minutes, retraçant les vieilles photographies d'un almanach nostalgique.

Du « Sweet Heart » ouvre le bal, fidèle au poste, dans une représentation honorable de rock féminin. Tout sourire et la sensualité débordante, Miss Jackson accueille ses adeptes en bonne et due forme, ravis de participer à ce spectacle qui bat la chamade. Notre guide nous propose, en effet, tout un circuit accompli dans les douces vallées d'un rock anglo : celui qui s'est arrêté de grandir, il y a 50 ans. Les titres s'enchaînent comme on changerait l'huile de moteur : « Once & Never Again », « Swallow Tattoo », « Week End Without Make Up ». Toute la clique du « Someone To Drive You Home » y passe, invitant en chemin de vieilles connaissances (le single « Appropriation » entre autres…) Les transitions sont marquées par les quelques mots prononcés en français, balancés depuis des lèvres maquillées de rouge flamboyant, avant de poursuivre les déhanchements, le temps d'un set. Un départ énergique, triomphant, acclamé et envoûtant qui devient cependant vite étiré vers des longueurs au beau milieu de la manche. Les compositions s'enlisent, malgré elles, dans un mimétisme qui crève les yeux, transformant la scène en une sorte de présentoir sans éraflures. Le groupe débite son flux mais la vie manque, la sueur et les clopes aussi, et le sentiment d'assister à de simples accords joués à la chaîne commence à nous envahir. Quand il ne s'agit pas pour la guitariste Emma Chaplin de faire la potiche et d'aligner trois notes, afin de ne pas abîmer son vernis. Le quartet surmonte cependant ses failles et délivre son concert comme on confie une lettre à la poste, cachetée par la voix omniprésente de la factrice, le timbre joliment alléché. Malgré un public statique mais enthousiaste, survolté à l'appel des tubes, la séance se révèle agréable sans pour autant toucher le summum de l'excitation. The Long Blondes, chez soi ou devant ses orbites, équivaudrait presque à la même chose, un son bien habillé mais sans aucune tache.

Organisation Botanique

Dälek

Go with the flow

Cette claque mortelle d'indus hip hop qu'on avait chopée net, il y a de ça belle lurette, à Dour. A l'époque Still faisait encore partie de la bande, griffant ses vinyles d'une main tendancieuse, l'afro balayant l'air empli de limailles de fer. Après un hiatus de deux ans, Dälek est de retour avec le fumasse « Abandoned Language », plus carré, moins bruitiste, mais pas encore 'old school'.

A la place du DJ, MC Dälek et Oktopus ont réquisitionné un authentique guitariste : un type au look métallique, qui pendant toute l'heure du concert triturera son engin comme s'il était en feu. A fond dans les reverbs, il n'en décollera pas. Et puisque nous ne sommes ni des vendeurs d'amplis, ni des journalistes pour 'Riff Magazine', la démarche sonique de ce chevelu shoegazer aura fini par totalement nous échapper. De quel bois se chauffe-t-il ? Est-il à l'origine de ces nappes électriques qui noircissent l'atmosphère ? Peu importe, notre attention se porte derrière le laptop, sur le faciès d'Oktopus : élastique, grotesque, il épouse les basses en faisant de grandes embardées, de la bouche aux sourcils. On se rappelait pourtant de lui dans des circonstances différentes, le cou sur lequel il repose à l'époque bien plus tendu, bovin, explosé aux hormones. Une bedaine un peu flasque, des yeux qui roulent et qui fixent, au loin, l'horizon de cette salle qu'on croirait consacrée au badminton. Entre les deux, Dälek, lui aussi dans son trip ' je rappe sur du bruit, donc je fronce la tête comme du papier mâché'. Il balance ses rimes sur du Jay Dee (« Paragraphs Relentless », « Starved For The Truth »), pointe le sol de sa casquette avant de jeter un regard vers le haut. Et ainsi de suite. Au fil des nouveaux titres, les mélopées indus entament petit à petit leur travail de sape : « Bricks Crumble » séduit quelques personnes, qui hoquètent et frétillent du tibia. Il faut pourtant attendre le revanchard « Corrupt (Knucke Up) » et son refrain scabreux à la Mobb Deep pour se sentir à l'aise, oser le pas de deux, applaudir sans réserve. « (Subversive Script) », « Culture For Dollars » et le classique « Spiritual Healing », accordé en rappel, clôturent en beauté ce concert du dimanche, un poil trop prévisible. C'est qu'il s'agit d'un 'rap' d'introvertis, à consommer au mieux la nuit et seul. Pourvu qu'à Dour ils jouent quand tout le monde dort… Tu parles d'un mirage !

Organisation VK

The Experimental Tropic Blues Band

Vite fait, bien fait?

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Moins de monde que prévu pour cette belle affiche programmée par ' Rock it Mourcourt', une organisation particulièrement dynamique issue de la région de Tournai. Fondée début 2004, sa programmation privilégie la mouvance punk rock garage 60's/70's. Et la configuration du Centre culturel de Mourcourt se prête très bien à ce type d'évènement. Par contre, pas mal de spectateurs (dont plusieurs médias) découvraient pour la première fois cette petite salle. Et il ne fait aucun doute, qu'ils auront apprécié la convivialité de cet espace perdu au beau milieu de la campagne tournaisienne.

 Les Lunar Tiki's, vous n'en avez probablement jamais entendu parler. Et pourtant, hormis la chanteuse, ce quintet est composé de vétérans de la scène rock. On y retrouve ainsi le claviériste Simon Rigot (ex- Bernthøler), le bassiste Philippe 'Flupke' De Clercq (il a milité chez les Moonshades et The Nervous Shakes), le guitariste Roland Bettenville (fan de surf music, cet ingénieur en électronique s'est illustré au sein de diverses formations locales au cours des nineties) ainsi que le drummer Michel Zylbersztajn. Alias Michel Z, il a enregistré un album sous le patronyme NOH MASK, sévi chez les Streets et surtout les Names. Pour ceux qui s'en souviennent encore, The Names s'était produit en première partie de A Certain Ratio, à Manchester en 1980, avait commis un single remarquable l'année suivante (« Calcutta ») et un excellent album en 1982 (« Swimming »), sur le label 'les Disques du Crépuscule' et sous la houlette de Martin Hannett. La chanteuse n'a que 18 ans. Mais sa voix est puissante, claire, sensuelle et bien timbrée. Et quoique de petite taille elle possède une véritable présence sur les planches. Musicalement, les Lunar Tiki's pratiquent un rock/garage/psyché/surf assez efficace. Surtout lorsqu'ils interprètent leurs compos personnelles. Une solution sonore délicieusement rognée par l'orgue Hammond. Un regret : le choix de deux reprises : « L'aventurier » d'Indochine et « Tainted love » de Soft Cell, enfin immortalisée par Soft Cell. Pas assez revues et corrigées suivant le code garage. Donc pas assez originales. Mais dans l'ensemble, cette entrée en matière s'est révélée plutôt réussie…

 Fort d'un premier album épatant (« Hellelujah »), dont les ventes ne décollent toujours pas (un phénomène invraisemblable !), The Experimental Tropic Blues Band est donc reparti en tournée. Après leur set, le trio devait filer sur Mons pour clôturer un mini festival. Ce qui explique pourquoi, en début de prestation, on avait l'impression qu'il en gardait sous la pédale. Par rapport aux concerts auxquels j'ai pu assister du combo, Dirty Woolf semble plus effacé. C'est Boogie Snake qui se charge davantage des vocaux. Il s'agite, se secoue la longue chevelure blonde et dirige les débats. Il se laisse même porter par le public. Bien équilibré, le tracklist alterne compos bluesy et titres plus trash. L'électricité fait rage. A un tel point que Dirty Wolf, commence enfin à se réveiller et empoigne le fil alimentant  les loupiotes pendues au dessus de la scène. L'effet est immédiat : une panne de courant. Mais le groupe en a vu d'autres et Boogie Snake se lance dans un show improvisé au milieu du public, le temps de remettre le jus. Faut croire que cet incident a eu le don de survolter Wolf, puisqu'il s'est enfin lâché, se laissant, à son tour, porter par le public, et se déchaînant à son tour sur scène. L'intensité est alors maximale ; mais le groupe doit encore prester 50 km plus loin. Et en un éclair, remballe le matos, remercie vivement le public et prend la clef des champs. Dommage, car on a eu l'impression de n'avoir eu droit qu'à un échauffement. Question quand même : pourquoi une guitare rectangulaire (elle me rappelle celle de Bo Diddley) est demeurée dans son rack ?

 C'est dans leur combinaison intergalactique que Two Star Hotel avait décidé de se produire. Sous cet accoutrement, la formation de Al et Ben Plastic n'a jamais été aussi proche de Devo. Même dans l'attitude. Robotique, mécanique, hypnotique, son funk blanc me rappelle même parfois Gang Of Four, mais sans les breaks. C'est sans doute ce qu'ils appellent du plastic-avant-rock. Fatalement, mis sur orbite par une musique semblable, on a envie de danser. Un excellent chanteur, une énergie sidérale, un jeu de scène bien en place, il ne manque plus à Two Star Hotel que de baliser ses compos de ruptures pour s'extraire d'une certaine linéarité mélodique et peut-être le concours d'un clavier pour donner davantage d'amplitude à leur odyssée sonore. C'est un avis que partageaient bon nombre de spectateurs lors de ce rendez-vous cosmique. Et sans doute une condition pour que T.S.H. s'extirpe de la zone nébuleuse de l'underground (encore que vu les costumes on se serait cru catapulté dans un épisode de la 'Guerre des étoiles'). Faut-il encore qu'il le veuille…

 Au cours de cette soirée, on a eu droit au show théâtral d'Interlude. Dans les chiottes, dans le public et même sur le podium. Quatre types habillés comme des agents secrets du KGB (devait faire chaud là-dessous) qui chantent –notamment– des comptines de Noël pendant que l'un d'entre eux gratte un ukulélé. Le spectacle est très humour second (voire troisième) degré et s'achève par le strip-tease d'un des membres tournant sur lui-même, la tête surmontée d'une bougie et exhibant des boules (de Noël, bien sûr) accrochées à la taille. Apparemment, le sexe féminin a beaucoup apprécié l'effeuillage…

 

P.Diddy & Snoop Dogg

Bling Bling, Here Comes The King

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La curiosité a parfois de bien vilains défauts. C’est l’esprit plein de regrets que l’on aura prit la route vers Forest National, ce samedi 24 mars. En effet, I’m From Barcelona se produisait du côté du Botanique le même soir. Et entre les deux, il n’y a pas photo, on aurait préféré la seconde option. Mais la confirmation tardive de cet événement nous aura obligés à tenir nos engagements. Grrrr…

La soirée commence bien. A peine a-t-on pénétré dans l’enceinte du bâtiment que des mecs de la sécurité interdisent l’accès au parterre. Leur prétexte : ‘c’est complet ici, désolé’. La mine encore plus déconfite qu’au départ, on se dirige alors vers les gradins. Et là, oh surprise, des escaliers permettent d’accéder sans aucun problème au parterre… Super organisation messieurs ! Mais on ne s’en plaindra pas.

Sur scène, la première partie est assurée par Jibbs, DJ qui se contentera -dans un premier temps- d’enchaîner quelque uns des plus gros hymnes hip hop. Il sera ensuite rejoint par le rappeur C4 et un autre dont le nom nous a échappé. L’un des d’eux n’hésitera pas à aller pêcher une jeune fille du public. Une petite blonde évidemment bien roulée. Invitée à se diriger vers les coulisses, elle sera gentiment insultée par quelques membres masculins de l’assistance apparemment jaloux de ne pas obtenir le même traitement de faveur…

Une fois le set du DJ achevé, Forest National aura droit à un odieux matraquage publicitaire pour le parfum du business man Diddy, diffusé en boucle sur des écrans disséminés sur la scène. A 21h tapante, les lumières s’éteignent et ces écrans changent enfin de programme. En guise d’intro, un montage de clips consacrés de P.Diddy sur un fond sonore saisissant : les basses tellement ronflantes que la salle entière en vibrait. Après quelques secondes du fameux « Going The Distance » de Bill Conti joué par l’orchestre, le rideau se lève devant le rappeur autrefois connu sous le nom de Puff Daddy. Dans son costard tiré à quatre épingles, l’homme se lance soutenu par l’orchestre sur un « Victory » éclatant. Une entrée en matière qui traduira à merveille l’immensité de l’ego de l’homme et nous aura tout de même aidé à oublier que l’on râlait cinq minutes auparavant. Une demi-heure durant, il enchaînera quelques classiques, des extraits de son nouvel album et même deux ou trois reprises (un extrait du « Clocks » de Coldplay et « Sweet Dreams » d’Eurythmics repris en chœur par le public). Il ne manquera évidemment pas de dédicacer le show à la mémoire de feu Notorious B.I.G.

La trentaine de minutes suivante sera réservée à un Snoop Dogg, plus relax (on se demande bien pourquoi) et un chouïa plus simple. « Murder Was the Case » a ouvert un set qui n’aura pas vraiment laissé de souvenirs impérissables. Se sont enchaînés  « Drop It Like It’s Hot », « Gin & Juice », « That’s That Shit », « P.i.m.p » (de -et sans- 50 cent) et autres « Beautiful », agrémentées de chorégraphies plutôt ‘hot’ de danseuses sorties tout droit d’un clip ou d’un strip-club (biffez la mention inutile, s’il y en a vraiment une).

P.Diddy reviendra ensuite seul sur scène pour une nouvelle demi-heure de spectacle ‘m’as-tu-vu’. Accompagné d’un light show à faire exploser la cervelle d’un épileptique, Sean ‘Puffy’ Combs interprétera ses derniers singles « Come To Me » et « Tell Me » singularisés par des apparitions sur écran de Nicole Scherzinger (Pussycat Dolls) et Christina Aguilera avant d’être enfin rejoint par Snoop Dogg pour un avant-dernier acte en duo. Ensemble, les deux entertainers offriront un set plutôt brouillon et maladroit constitué essentiellement d’une sorte de medley mal agencée de titres tels que « Can’t Nobody Hold Me Down », « Been Around The World », « It’s All About The Benjamins », les « Hypnotize » et « Mo’ Money Mo’ Problems » de Notorious B.I.G. ainsi que « Jump Around » de House Of Pain.

Cette partie sera également agrémentée d’une apparition (toujours sur écran) de Busta Rhymes dans un prétendu duplex ‘live’ pour un « Pass The Courvoisier » au cours duquel toute l’assistance va se mettre à sautiller. Les deux personnages se retireront après un déballage de fausses flatteries, du style ‘Belgium, you’re the greatest audience’, certainement adapté sur-mesure pour chacune des villes qu’ils auront visité. Le spectacle s’achèvera pour nous sur le grand classique « I’ll Be Missing You », plutôt ennuyeux. De quoi en profiter pour se diriger vers la sortie avant la cohue.

En conclusion, l’ensemble du show à l’américaine valait bien le déplacement. Et même si l’on déteste royalement le personnage, il faut avouer que P.Diddy est un putain de showman. Quant à Snoop Dogg… Ben c’est Snoop Dogg, quoi, tranquille !

(Organisation : Live Nation)

 

 

 

Kristin Hersh

Et si les Throwing Muses se reformaient?

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Retrouver le Handelsbeurs de Gand est un véritable plaisir. Une salle dont l'esthétique et l'acoustique valent autant le coup d'œil que le confort de l'oreille. Et un concert de Kristin Hersh se prête très bien à une semblable infrastructure, surtout lorsque le groupe bénéficie du concours d'une violoniste et d'un violoncelliste, c'est-à-dire Kimberley et Martin McCarrick, couple qui avait notamment participé aux sessions d'enregistrement de l'excellent dernier opus de Kristin, « Learn to sing like a star ». Un duo qui s'est chargé du supporting act, par ailleurs.

Assis face à face, mais de profil par rapport au public, les époux Mc Carricks nous ont proposé un set fort bien construit, pulsant mais assez austère. Et pour faire passer la pilule, le ménage a eu la bonne idée d'illustrer sa prestation de clips, projetés au fond de la scène. Des vidéos filmées tantôt en noir et blanc (celle relative aux contorsionnistes est absolument impressionnante et d'une élégance rare) ou en couleurs (des scènes de la vie urbaine) au cours

desquelles les différentes techniques de 'ralenti' sont judicieusement utilisées. Le duel instrumental entre mari (pas n'importe qui, puisque la carte de visite de Martin mentionne des collaborations auprès de Siouxsie & The Banshees, Dead Can Dance, Marc Almond et même de Therapy ?) et femme (aussi talentueuse que jolie !) est balisé de samples, de boucles et de boîtes à rythmes. Une indication : imaginez un hybride entre Laurie Anderson, Kraftwerk et Apocalyptica. Pour la musique, of course !

Kristin Hersh monte sur scène. On ne peut pas dire qu'elle soit sexy ! Mince, quand même. Un tee-shirt délavé, une jupe mi-longue à (grosses fleurs). Pas ou très peu de maquillage. Des sandalettes montées sur grosses semelles. Pas de tape à l'œil, c'est une certitude. Tout est dans l'expression du visage pour faire passer ses sentiments de tendresse, de douleur de colère ou de mélancolie. Et aussi dans le timbre gémissant de sa voix aux inflexions si particulières. Entre chaque morceau, elle badine tantôt avec le public ou son drummer. Un rôle pour lequel on retrouve l'incontournable David Narcizo. Et à la basse, Bernard George (impliqué chez 50 Foot Wave, il avait également milité chez Throwing Muses). Elle va interpréter une majorité de titres issus de son dernier album, dont l'énergique « Day glo », « Wild Vanilla », « Nerve endings », le single « Under the gun », « Winter », « In shock », le légèrement psyché « Sugar baby » ainsi que « Thin man », s'accompagnant tantôt à la guitare électrique, tantôt à la sèche. Deux compos issues de « Sunny border blue » (l'orchestral « Dirty answer » et « Listerine »), une de « Hips and makers » (l'hypnotique « Your ghost »; il ne manquait que Michael Stipe) et une autre de Space angels (« Gazebo tree »). Régulièrement, les compos adoptent le rythme d'une valse ou sont imprimées sur un mid tempo. Ce qui n'empêche pas certaines d'entre elles de libérer une intensité électrique impressionnante (Kristin dispose de quatre pédales de distorsion !) David ne se contente pas des drums et des percus (il est franchement impressionnant lorsqu'il agite des maracas de la main gauche, tout en battant la mesure du pied et en frappant ses fûts sur un autre rythme de l'autre main ; il me rappelle même un certain Jonathan 'Butch' Norton, le drummer d'Eels), mais assure de temps à autre les backing vocaux. Dommage d'ailleurs qu'il ne se consacre pas davantage à cet exercice de style, car sa contre-voix se conjugue parfaitement en harmonie avec celle de Kristin. Et toute cette solution sonore est balayée par les interventions de cordes intenses, majestueuses ou vertigineuses des McCarricks. En rappel, la formation va nous réserver une compo de Throwing Muses, « White bikini Sand » absolument remarquable. Et cerise sur le gâteau, Hersh va revenir en solitaire, pour interpréter « Snake oil », issu de « The grotto », en s'accompagnant uniquement à la sèche. Kristin, tu reviens quand tu veux ! Et si c'est en compagnie des Throwing Muses, c'est encore mieux…

Two Star Hotel

Bien le bonjour de la voie lactée?

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Moins de monde que prévu pour cette belle affiche programmée par ' Rock it Mourcourt', une organisation particulièrement dynamique issue de la région de Tournai. Fondée début 2004, sa programmation privilégie la mouvance punk rock garage 60's/70's. Et la configuration du Centre culturel de Mourcourt se prête très bien à ce type d'évènement. Par contre, pas mal de spectateurs (dont plusieurs médias) découvraient pour la première fois cette petite salle. Et il ne fait aucun doute, qu'ils auront apprécié la convivialité de cet espace perdu au beau milieu de la campagne tournaisienne.

Les Lunar Tiki's, vous n'en avez probablement jamais entendu parler. Et pourtant, hormis la chanteuse, ce quintet est composé de vétérans de la scène rock. On y retrouve ainsi le claviériste Simon Rigot (ex- Bernthøler), le bassiste Philippe 'Flupke' De Clercq (il a milité chez les Moonshades et The Nervous Shakes), le guitariste Roland Bettenville (fan de surf music, cet ingénieur en électronique s'est illustré au sein de diverses formations locales au cours des nineties) ainsi que le drummer Michel Zylbersztajn. Alias Michel Z, il a enregistré un album sous le patronyme NOH MASK, sévi chez les Streets et surtout les Names. Pour ceux qui s'en souviennent encore, The Names s'était produit en première partie de A Certain Ratio, à Manchester en 1980, avait commis un single remarquable l'année suivante (« Calcutta ») et un excellent album en 1982 (« Swimming »), sur le label 'les Disques du Crépuscule' et sous la houlette de Martin Hannett. La chanteuse n'a que 18 ans. Mais sa voix est puissante, claire, sensuelle et bien timbrée. Et quoique de petite taille elle possède une véritable présence sur les planches. Musicalement, les Lunar Tiki's pratiquent un rock/garage/psyché/surf assez efficace. Surtout lorsqu'ils interprètent leurs compos personnelles. Une solution sonore délicieusement rognée par l'orgue Hammond. Un regret : le choix de deux reprises : « L'aventurier » d'Indochine et « Tainted love » de Soft Cell, enfin immortalisée par Soft Cell. Pas assez revues et corrigées suivant le code garage. Donc pas assez originales. Mais dans l'ensemble, cette entrée en matière s'est révélée plutôt réussie…

Fort d'un premier album épatant (« Hellelujah »), dont les ventes ne décollent toujours pas (un phénomène invraisemblable !), The Experimental Tropic Blues Band est donc reparti en tournée. Après leur set, le trio devait filer sur Mons pour clôturer un mini festival. Ce qui explique pourquoi, en début de prestation, on avait l'impression qu'il en gardait sous la pédale. Par rapport aux concerts auxquels j'ai pu assister du combo, Dirty Woolf semble plus effacé. C'est Boogie Snake qui se charge davantage des vocaux. Il s'agite, se secoue la longue chevelure blonde et dirige les débats. Il se laisse même porter par le public. Bien équilibré, le tracklist alterne compos bluesy et titres plus trash. L'électricité fait rage. A un tel point que Dirty Wolf, commence enfin à se réveiller et empoigne le fil alimentant  les loupiotes pendues au dessus de la scène. L'effet est immédiat : une panne de courant. Mais le groupe en a vu d'autres et Boogie Snake se lance dans un show improvisé au milieu du public, le temps de remettre le jus. Faut croire que cet incident a eu le don de survolter Wolf, puisqu'il s'est enfin lâché, se laissant, à son tour, porter par le public, et se déchaînant à son tour sur scène. L'intensité est alors maximale ; mais le groupe doit encore prester 50 km plus loin. Et en un éclair, remballe le matos, remercie vivement le public et prend la clef des champs. Dommage, car on a eu l'impression de n'avoir eu droit qu'à un échauffement. Question quand même : pourquoi une guitare rectangulaire (elle me rappelle celle de Bo Diddley) est demeurée dans son rack ?

C'est dans leur combinaison intergalactique que Two Star Hotel avait décidé de se produire. Sous cet accoutrement, la formation de Al et Ben Plastic n'a jamais été aussi proche de Devo. Même dans l'attitude. Robotique, mécanique, hypnotique, son funk blanc me rappelle même parfois Gang Of Four, mais sans les breaks. C'est sans doute ce qu'ils appellent du plastic-avant-rock. Fatalement, mis sur orbite par une musique semblable, on a envie de danser. Un excellent chanteur, une énergie sidérale, un jeu de scène bien en place, il ne manque plus à Two Star Hotel que de baliser ses compos de ruptures pour s'extraire d'une certaine linéarité mélodique et peut-être le concours d'un clavier pour donner davantage d'amplitude à leur odyssée sonore. C'est un avis que partageaient bon nombre de spectateurs lors de ce rendez-vous cosmique. Et sans doute une condition pour que T.S.H. s'extirpe de la zone nébuleuse de l'underground (encore que vu les costumes on se serait cru catapulté dans un épisode de la 'Guerre des étoiles'). Faut-il encore qu'il le veuille…

Au cours de cette soirée, on a eu droit au show théâtral d'Interlude. Dans les chiottes, dans le public et même sur le podium. Quatre types habillés comme des agents secrets du KGB (devait faire chaud là-dessous) qui chantent –notamment– des comptines de Noël pendant que l'un d'entre eux gratte un ukulélé. Le spectacle est très humour second (voire troisième) degré et s'achève par le strip-tease d'un des membres tournant sur lui-même, la tête surmontée d'une bougie et exhibant des boules (de Noël, bien sûr) accrochées à la taille. Apparemment, le sexe féminin a beaucoup apprécié l'effeuillage…

Lily Allen

Rien à signaler

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Lily Allen a été la grande sensation pop de 2006. Mais elle est déjà reléguée au second plan en Grande-Bretagne, la nouvelle coqueluche féminine 'grande-gueule' étant à présent Amy Winehouse. Pas découragée pour un sou, Lily parcourt l'Europe afin de présenter son premier essai, « Alright Still » via un passage d'abord annoncé le 27 février dernier au Cirque Royal et finalement déplacé à l'Ancienne Belgique.

Une saloperie de grippe, c'est pas l'idéal pour se mêler à la populace d'un concert. C'est donc entre deux mouchoirs dans les gradins qu'on décidera d'observer le spectacle. En avant-programme, Stijn accomplit son show tout seul sur scène. Passant le plus clair de son temps à faire le mariole devant le public, on n'aura retenu de sa prestation que les excellents singles « Hot & Sweaty » et « Sex Junkie » qui seront parvenus à remuer deux ou trois personnes. Si, si, du deuxième étage, on les voyait bien, ces deux ou trois personnes. Et on en voyait aussi plus d'une s'emmerder ferme.

Lily Allen n'allait pas changer la donne… Accompagnée d'un orchestre de sept mâles à son service, la pétillante Britannique a ouvert les festivités par « LDN », enchaînant aussitôt sur « Knock 'Em Out » et un « Not Big » qu'elle dédicacera à tous les hommes peu gâtés par la nature. Durant tout le concert, Lily sautillera invariablement de droite à gauche, histoire de combler l'inconsistance de sa prestation. Inconsistance qui se ressentira d'autant plus par le fait qu'à trois reprises, la jeune femme bouchera les trous de sa playlist par des réinterprétations des titres tirés du répertoire de certains de ses compatriotes. A savoir, The Specials (« Blank Expression »), « Oh My God » des Kaiser Chiefs et « Naïve » des Kooks, une formation qu'elle a pourtant en horreur. Le public aura également droit à quelques nouveaux morceaux dont « Sunday Morning » et un très bon « Absolutely Nothing ». Peu communicative avec son public, Lily s'excusera de l'état de sa voix dont le timbre commençait légèrement à se faire la malle. L'assistance a ensuite eu droit à d'assez plats « Shame For You », « Friday Night », « Friend Of Mine », « Littlest Things » et même au génial « Everything's Just Wonderful », bien plus convaincant sur disque. Même le tube « Smile » ne parviendra pas à faire monter la sauce. On comprend mieux maintenant le changement de salle. Il aurait été triste que la moitié du public s'endorme sur les sièges du Cirque Royal. En bref, Lily est une fille bien gentille mais son « Alright, Still » est définitivement destiné aux platines de salon plutôt qu'à la scène.

Organisation Live Nation