New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

mardi, 13 juin 2006 03:00

Fictions

Une renaissance pour elle : il y a deux ans, Jane Birkin confiait la composition de « Rendez-Vous » à des artistes en vogue chez les jeunes (Mickey 3D, Miossec, Feist, Chao, Molko,…) et à quelques sexagénaires de sa trempe (Hardy, Bryan Ferry, Souchon, Paolo Conte, Veloso,…) : l’album était concept (des duos) mais pas variet’, d’où le soulagement, l’oreille attentive, « Blow Up » et « Melody Nelson ». Pour « Fictions », l’Anglaise s’occupe cette fois toute seule de l’interprétation, mais encore une fois elle est bien entourée : à l’écriture on retrouve ainsi The Divine Comedy, Tom Waits, Gonzales, Rufus Wainwright, Beth Gibbons, Dominique A, The Magic Numbers, Cali, Neil Young, Arthur H., Kate Bush, Maurice Ravel, Hervé Guibert, aux chœurs l’impeccable Jamie Lidell et aux instruments Johnny Marr, Mocky et… Gonzales. Trois covers (Waits, Young, Bush), huit chansons originales, un texte de l’écrivain Hervé Guibert sur une musique de Ravel. Si la scène pop-rock anglo-saxonne se taille cette fois la part du gâteau, c’est parce que Jane Birkin voulait ‘wremonter à la sourwce de ses owrigines british’ (admirez l’accent). Aurons-nous bientôt droit à l’intégrale de Black Sabbath en version javanaise avec Pleymo et Tool en invités vedette ? Toujours est-il que « Fictions » est une belle réussite, les compositions de chaque invité se révélant pareilles à elles-mêmes, c’est-à-dire plutôt bonnes (« Living in Limbo » de Gonzales, également à la production, et « Steal me a dream », signée The Magic Numbers).

mardi, 28 novembre 2006 02:00

Young Machetes

La première fois qu’on a entendu les Blood Brothers, c’était il y a quatre ans lors de la sortie de l’album « Burn, Piano Island, Burn », une méchante claque math-hardcore tourneboulant nos certitudes musicales et rythmiques, aux effets plus sournois qu’une intraveineuse de kétamine. S’enfiler ce disque d’une traite, c’était s’exposer à de sérieux black-out épileptiques. Cinq types de Seattle déchaînés sur leurs guitares et leurs fûts, soufflant le chaud (piano, cuivres, percus) et le froid (synthés, voix) en pleine déroute politique (Bush, l’Amérique – grosse colique cathartique). Sur ce nouvel album (leur quatrième), les Blood Brothers creusent toujours le même trou : Amérique et fosse septique, autre rime, ‘same bullshit’. Sauf qu’ici le chant se fait parfois plus triste, voire moins crispant. Sur la moitié des titres, les Blood Brothers tentent ainsi de renverser la vapeur, même si personne n’est jamais à l’abri d’une sale brûlure : sous le pansement la plaie suppure, mais cette fois sans risque d’amputation. On peut presque danser sur ce disque (du cabaret-disco-punk ?), à moins d’avoir peur de se fouler la cheville : aïe, ça fait mal, mais comprendre la douleur c’est déjà la tuer. ‘Everybody needs a little devastation’ : tu l’as dit bouffi, alors qu’est-ce que t’attends pour faire péter la sauce ?!?

 

mardi, 28 novembre 2006 02:00

Summer Kling

Deux ans après « Zweite Meer », l’Allemand Frank Schültge Blumm récidive dans une veine post-pop-jazz qui rappelle à la fois Tortoise (circa « TNT »), Tied & Tickled Trio et Jagga Jazzist. Entouré d’une pléthore de musiciens (douze en tout, dont Anne Laplantine aux machines et Harald ‘Sack’ Ziegler au cor), le Teuton a profité d’un été ensoleillé à Berlin (d’où le titre) pour enregistrer ce qui s’apparente à son disque le plus lumineux. « Summer Kling » déroule ainsi ses arpèges radieux et ses glissandos mats le long de seize titres aux ambiances fragiles, comme un mois d’août en pleine Bavière. Seize miniatures où l’on entend des flûtes, du melodica, de la trompette, du violon, du trombone, de la clarinette, du piano, du metallophone, ou encore de la contrebasse et du banjo… Autrement dit une véritable auberge espagnole, qui n’empêche pas notre homme d’avoir les idées claires. De ces seize ritournelles aux confins du jazz et de la pop cinématique on retiendra non pas des mélodies, mais une certaine idée de la note bleue : comme la couleur d’un ciel sans nuages, à la sérénité réconfortante. Atmosphère, atmosphère, ce disque a une gueule d’atmosphère.

 

mardi, 28 novembre 2006 02:00

Nocturnes

Rien à voir avec Chopin, malgré le fait que Michael Krassner et sa bande (cette fois Fred Lonberg-Holm au violoncelle, Jacob Kollar au piano préparé et Frank Rosaly aux percussions) jouent une sorte de musique électroacoustique qui emprunte autant ses humeurs au baroque qu’à l’americana de Ry Cooder, au post-rock de Constellation qu’aux soundscapes de Clogs et de Max Richter. Pour ce quatrième album, Boxhead Ensemble continue donc son parcours cinématographique : huit pièces à l’amplitude souffreteuse, qu’on pourrait écouter en regardant du Lynch ou du Eugène Green. Si les « Nocturnes » n°5, 3 et 7 convoquent l’imaginaire US à coup de pedal steel fantômes, les autres pièces mêlent davantage pizzicatos et nappes lointaines extirpées d’un orgue en berne (« Nocturne 10 »). Seule la « Nocturne 4 », parasitée de cliquetis électroniques à la Raster_Noton, nous arrache d’une torpeur bienséante. La pellicule semble écornée, et le film de buter sur une image étrange : celle d’un quatuor prisonnier de ses propres lubies, qui n’arrive pas à se renouveler. Voilà qui est fort ennuyeux.

 

mardi, 19 septembre 2006 03:00

The Future Crayon

Trois albums (« The Noise Made By People », 2000, « Haha Sound », 2003, « Tender Buttons », 2005), une compile de leurs premiers morceaux (« Work and Non-Work », 1997), et voilà que Warp a la bonne idée de réunir sur un seul CD la plupart des autres titres que Broadcast a signés au fil de ces années. Qu’ils soient issus d’Ep’s (les fameux « Extended Play 1 & 2 », « Come On Let’s Go », « Pendulum » et « Echo’s Answer ») ou d’efforts collectifs (« We Are Reasonable People », la sortie n°100 de Warp, et « All Tomorrow’s Parties 01 », du nom du festival), ces 18 titres reflètent bien toute l’étendue sonique et mélodique du quintet de Birmingham, aujourd’hui un duo (le couple Trish Keenan-James Cargill). Du ‘space pop’ « Illumination » aux dilatations kraut de « Minus Two » et de « Violent Playground », cette compile retrace sans le vouloir la carrière d’un des groupes les plus attachants de ces dix dernières années. En convoquant les fantômes des United States of America, des frères Barron et de Hans-Joachim Roedelius, Broadcast imagine en musique nos rêves les plus surréalistes. On vient de découvrir que même dans le coma, l’homme pense et possède une conscience. Peut-être entend-t-il, comme B.O. de ses visions mentales, une musique proche de ce qui se trame ici… « Poem of Dead Song » ? C’est le titre d’un des plus beaux morceaux de cette compile. Même morte, elle résonne : ça doit être ça, l’état végétatif.

lundi, 06 février 2006 02:00

Darkness at noon

A Hawk And A Hacksaw est le dernier projet en date de Jeremy Barnes, du groupe culte Neutral Milk Hotel. Et cette fois, l’Anglais s’attaque à la musique klezmer, en la dynamitant de l’intérieur. « Laughter in the Dark », le morceau d’ouverture, sonne ainsi comme une drôle de comptine transylvanienne, bardée de cuivres menaçants, d’accordéon qui crépite, de piano magique et de percus en transe. Et ce n’est que le début, car la suite est du même acabit : on se croirait presque chez Silver Mt. Zion, à la (grande) différence qu’ici les cordes sont remplacées par des grelots et des trompettes qui hurlent. C’est l’Europe de l’Est qui se retrouve dans le collimateur, avec à l’affiche du drive-in local (en pleine forêt noire) « Le Bal des Vampires ». Mieux que le générique de « Strip-Tease », « Darkness at Noon » doit sans doute s’écouter au clair de lune, surtout si elle est pleine. C’est alors qu’on commence à entendre des voix, qui sifflent comme le vent au milieu des sapins. Au loin, une étrange lueur sépia attise notre inquiétude : on se croirait dans l’« Europa » de von Trier. T’y comprends quelque chose ? Non, mais bon : ça vaut toujours mieux que le pouêt-pouêt à la Kusturica. Plus fou que foufou, « Darkness at Noon » n’a guère d’équivalent dans les bacs des disquaires. C’est pour ça qu’il fait peur, et c’est bon d’avoir peur. Pas vrai ?

mardi, 24 octobre 2006 03:00

Love And Other Planets

Alors que le premier album d’Adem, « Homesongs », sentait le disque fait maison, « Love… » surprend d’entrée de jeu par son aspect davantage fouillé. Un xylophone, des chœurs, une guitare plus charnue, et même de la batterie, aux détours de certaines chansons : même si Adem continue à chanter sur le fil, il ne le fait plus sans filet. Sans doute que le succès de « Homesongs » a ragaillardi un peu notre homme, qui doit se sentir un peu moins seul. On passera les détails de l’album-concept (les étoiles, la galaxie, cfr l’interview), pour s’attarder sur le son, moins fragile. Et qui a pris de l’altitude. Comprenez de l’amplitude. Dommage qu’Adem soit avant tout un producteur, et pas un authentique chanteur : une faiblesse notamment décelable sur la chanson-titre (un comble), qui laisse comme un goût amer. A force de jouer au songwriter dépité qui geint dans son home-studio, Adem finit par agacer. Une déception : on s’est peut-être emballé un peu vite.

mardi, 22 août 2006 03:00

L´encre, la sueur et le sang

L’égoïsme, le racisme, l’intolérance, la drogue, l’alcool, le proxénétisme, l’industrie du disque, le snobisme, le capitalisme, l’obscurantisme, la misère sociale, la frime, l’adoption, la drague, le gangsta rap, le marketing, l’argent, l’indifférence, le chômage, l’amitié, la guerre, l’amour et Starflam : pour son premier disque solo, Akro se pose en bon samaritain de la plume versatile, prêt à donner de sa voix pour jouer au grand frère modèle, dans un monde où, pour citer NTM, ‘tout n’est pas si facile / tout ne tient qu’à un fil...’ Le Liégeois parle d’expérience : il a connu chez Starflam les remises en question, le succès et les critiques faciles. Objectif de cette escapade en solitaire : mettre les points sur les ‘i’, en tapant fort dessus pour que le message atteigne bien sa cible. Aux beats et aux scratches, DJ Mig One, et derrière le mic’ des invités triés sur le volet : Roldan d’Orishas, Buckshot et Steele de Boot Camp, Christa, Sandrine Collard, James Deano (avec M.A.X.), Bienvenu (sans Sonar) et, cerise sur le gâteau, le Starflam Crew, sans Balo, parti bivouaquer chez les Flamands d’Arsenal… Si dans l’ensemble Akro parvient à tirer son épingle du jeu hip hop par la fluidité de son flow et une écriture qui sans cesse s’affine, le rappeur de Tox City tombe parfois dans les clichés dont il pense être lui-même le pourfendeur. « Paradoxe » est justement le titre d’un des morceaux présents sur cet album ; et à force de se prendre pour le mec qui a forcément raison, Akro passe surtout pour un donneur de leçons (ça rime). En fin de compte, on préfèrerait l’entendre rapper sur des textes qui ne pointent pas sans cesse du doigt les carences de notre système et les turpitudes de notre race humaine : ça nous ferait des vacances. L’homme, un loup pour l’homme ? Sans blague couzin !

mardi, 23 mai 2006 03:00

Bang Bang Rock and Roll

On ignore si Eddie Argos, le leader d’Art Brut, aime Dubuffet et Warhol, mais en tout cas il aime le rock’n’roll. Rien de plus simple, certes, que d’en jouer : la preuve par ce disque, qui mixe à l’arrache tous les plans foireux du rock, en deux temps trois accords, sans oublier l’humour, à la Jonathan Richman. L’Art Brut se voulait spontané, sans prétentions culturelles et sans démarche intellectuelle. Il faut pourtant voir derrière ces 12 titres en apparence simplets l’un des discours actuels les plus malins sur le rock, son business et ses tares, et ses plaisirs aussi. En ruminant d’une voix hachée (à peine chantée) ses historiettes sur l’amour, la musique, L.A., le Velvet Underground et le NME, Eddie Argos se pose en penseur postmoderne d’un genre musical qui bien souvent se mord la queue. Peut-on parler d’autocritique (le rock est mort, vive le rock !), de mise en abîme à la Debord (la « société du spectacle rock ») ? Moins bêtes qu’ils en ont l’air, les rockeurs d’Art Brut viennent de pondre un disque drôle, jubilatoire, parce qu’ils se moquent d’eux-mêmes et de leur « art » tout en pondant de sacrés tubes (« Formed A Band », « My Little Brother »). De l’art du quotidien, de l’analyse sociale et musicale, les bons refrains et l’attitude en plus. Ces types ont tout compris : s’ils font partie du cirque rock’n’roll, ce ne sont pas eux les clowns. Du rock’n’roll, certes, mais dont la mise en scène participe à sa propre critique. Pas cons, les mecs !

lundi, 06 février 2006 02:00

Anthology - This Station Is Non-Operational

Est-il nécessaire de rappeler aux fans de riffs braillards que les Texans d’At The Drive-In étaient (et demeurent) les plus beaux spécimens d’une certaine idée du rock américain de ces dix dernières années ? Faut-il enfoncer le clou en déclarant sans rougir que « Relationship of Command » (2000), leur dernier disque avant la chute, tel Icare, s’avère un chef-d’œuvre d’emocore irascible et malin ? Avant les Strokes et toute leur clique de garçons gominés, At The Drive-In osait jouer un rock toutes guitares en avant, sur la piste d’un cirque déserté par la masse. 2001, le rock emballe à nouveau les minet(te)s, les Texans lâchent l’affaire. Ils sont déjà ailleurs, chez Mars Volta pour les uns, chez Sparta pour les autres. Sur cette anthologie on retrouve trois titres du classique de ces gars d’El Paso (« One Armed Scissor », d’où est tiré le titre, « Enfilade » et « Non-Zero Possibility »), même si tout l’album s’avère encore cinq ans plus tard, un beau ‘best of’ à lui tout seul. Pour le reste, des extraits des premiers Eps (« Vaya » et « El Gran Orgo ») sortis à l’époque dans une indifférence totale, mais aucune trace du premier long format de la bande à Bixler/Rodriguez (« Acrobatic Tenement », 1996). Où l’on découvre qu’avant la gloire subite At The Drive-In pratiquait un rock hardcore/noisy davantage convenu (l’axe Big Black/Sonic Youth/Fugazi), dont Jim Ward - chez Sparta -reproduit aujourd’hui tristement l’héritage. Des titres comme « Incetardis » et « Rascuache » (écoutez également la cover du « Take Up Thy Stethoscope and Walk » de Pink Floyd) annoncent quant à eux le virage plus prog rock des fantasques Mars Volta, sans doute l’un des groupes rock actuels les plus impressionnants, sur scène comme sur album. « Metronome Arthritis » ? Une écoute intensive de cette anthologie prévient la maladie. Le médecin nous l’a dit : ‘Au moins trois fois par jour, avant le repas et avec un verre d’eau’. Le régime est drastique, le résultat ahurissant.

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