L’égoïsme, le racisme, l’intolérance, la drogue, l’alcool, le proxénétisme, l’industrie du disque, le snobisme, le capitalisme, l’obscurantisme, la misère sociale, la frime, l’adoption, la drague, le gangsta rap, le marketing, l’argent, l’indifférence, le chômage, l’amitié, la guerre, l’amour et Starflam : pour son premier disque solo, Akro se pose en bon samaritain de la plume versatile, prêt à donner de sa voix pour jouer au grand frère modèle, dans un monde où, pour citer NTM, ‘tout n’est pas si facile / tout ne tient qu’à un fil...’ Le Liégeois parle d’expérience : il a connu chez Starflam les remises en question, le succès et les critiques faciles. Objectif de cette escapade en solitaire : mettre les points sur les ‘i’, en tapant fort dessus pour que le message atteigne bien sa cible. Aux beats et aux scratches, DJ Mig One, et derrière le mic’ des invités triés sur le volet : Roldan d’Orishas, Buckshot et Steele de Boot Camp, Christa, Sandrine Collard, James Deano (avec M.A.X.), Bienvenu (sans Sonar) et, cerise sur le gâteau, le Starflam Crew, sans Balo, parti bivouaquer chez les Flamands d’Arsenal… Si dans l’ensemble Akro parvient à tirer son épingle du jeu hip hop par la fluidité de son flow et une écriture qui sans cesse s’affine, le rappeur de Tox City tombe parfois dans les clichés dont il pense être lui-même le pourfendeur. « Paradoxe » est justement le titre d’un des morceaux présents sur cet album ; et à force de se prendre pour le mec qui a forcément raison, Akro passe surtout pour un donneur de leçons (ça rime). En fin de compte, on préfèrerait l’entendre rapper sur des textes qui ne pointent pas sans cesse du doigt les carences de notre système et les turpitudes de notre race humaine : ça nous ferait des vacances. L’homme, un loup pour l’homme ? Sans blague couzin !