Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

mardi, 19 septembre 2006 03:00

1992-2000

Un best of d’Atari Teenage Riot ? Alec Empire et ses trois sbires (Hanin Elias, Nic Endo et (feu) Carl Crack, alias « The Black Sid Vicious ») ont toujours craché sur le capitalisme, et pourtant les voilà compilés comme de pauvres victimes de notre ère marketing. Elle est bien bonne ? A moitié, puisqu’une telle entreprise (ici un gros mot) semble en totale contradiction avec le message véhiculé par le groupe berlinois pendant ces huit années d’irascible existence. « Revolution Action » ? En mid-price au Media Markt, 18 titres, que de la balle. En à peine dix ans, ATR a quasiment inventé un style musical, entre breakcore et techno-trash, le ‘digital hardcore’. Un mix revêche de beats hardcore et de riffs diaboliques, sur lequel nos quatre amis teutons gueulent ‘Rage ! Fight ! Die ! Get Up ! Destroy !’, ce genre de slogans marteau-piqueur. Dommage que Carl Crack soit mort en 2001 de trop d’excès : on attendait l’album « nine eleven » d’ATR… Trois albums (« Delete Yourself », 1995, « The Future of War », 1997, « 60 Second Wipe Out », 1999), quelques Ep’s, assez de bruit pour inquiéter maman et vivre à fond toute crise de puberté. ‘Make some fucking noiiiise !!!’, dit le proverbe : sans Atari Teenage Riot, ça va sans doute être difficile. N’ayons pas de remords (« No Remorse », feat. Slayer, ici absent), la migraine va passer.

Bonne nouvelle pour les amateurs de musique pop moderne : il y a du neuf du côté des labels. Il s’appelle Moshi Moshi et compte déjà à son actif quelques plaques d’évidente qualité. Après le disque pétulant d’Architecture in Helsinki, saluons donc l’apparition dans les bacs de cet EP d’Au Revoir Simone. Quatre jeunes filles de New York, toutes fans de Mum, Lali Puna et de Stereolab, qui de leur quarante doigts tapotent des synthés en chantant de jolies choses, comme c’est dit dans le titre. Enregistré à Brooklyn dans l’appart d’un pote, « Verses… » distille donc ses charmes mélancoliques comme une bonne vieille tisane après une nuit d’enfer. Et le brunch automnal un dimanche d’ennui ? Aussi… Bref il s’agit bien d’un disque à écouter en couple, ou même quand on est seul, pour se rappeler l’être absent, comme quand on renifle ses draps. Un truc de filles fait par des filles pour des filles ? Entre autre, mais Au Revoir Simone, comme ses contemporains de Morr Music (par exemple), titille nos zones d’ombre (les textes) et réveille la part de l’autre (masculin/féminin) qui sommeille en chacun de nous. C’est beau, touchant et chaleureux : de la pop synthétique qui appelle l’édredon, terrain des rêves et du confort à deux. A bientôt, Simone…

lundi, 20 février 2006 02:00

Generation

Trois ans plus tôt, la ‘hooligan house’ vivait son heure de gloire ; et ses beats puissance 4 de débouler sur le dancefloor comme un chien dans un jeu de quille. ‘Hooligan’, parce que fish & chips, « Carton Jaune » de Nick Hornby, refrains braillés en chœur et gros poumtchaks qui tapent comme on cogne les chopes. Et les Audio Bullys, responsables de tubes massifs comme « We Don’t Care » ou « Real Life », en étaient les plus fiers ‘Artabans’ : de leurs vrais noms Tom Dinsdale et Simon Francken, débarquaient sur les ondes deux beaux ‘lads’ venus foutre le bordel, la cannette à la main et les slaches qui collent. Mike Skinner (The Streets), certes, avait pavé la voie. Mais les Audio Bullys ont fait pipi dessus, et tout le monde s’est marré. Résultat : « Ego War », un premier disque aux beats balèzes et aux hymnes boueux, comme au stade ou dans un festival, quand il pleut (et en Angleterre, il pleut beaucoup). Sur ce nouvel album, Francken et Dinsdale nous réservent évidemment la même popotte, la rage en moins : déjà de l’embonpoint, mais si ça se trouve c’est de ‘génération’… Le pire du ridicule, c’est ce sample de « Bang Bang » de Nancy Sinatra, sur du big beat graisseux (« Shot You Down »). Frankie, dans son caveau, doit bien se marrer ! Et il n’a pas entendu le reste, surtout cet « I Want Let You Down » douteux (on dirait du Felix), et ces ballades trip hop qui manquent de pêche… Seuls « Made Like That » (avec Roots Manuva) réussit à sortir son épingle du jeu : normal, c’est un sample de « Rocky » ! L’œil du tigre, les gars, l’œil du tigre !

mardi, 23 mai 2006 03:00

The Fall of Math

Ils s’appellent 65daysofstatic, et ‘personne ne les stoppera’ (cfr livret) dans leur conquête d’un territoire déjà bien balisé : le post-rock. Parce que ces quatre Anglais de Sheffield croient qu’ils ont sans doute inventé un nouveau (sous-)sous-genre : le post-rock drill’n’bass ou un truc qui y ressemble. Car au lieu de répéter à l’envi la formule consacrée du dit style (‘ça pète, ça pète plus, ça pète’ ou ‘ça pète pas, ça pète, ça pète plus’), les 65daysofstatic ont préféré y injecter une bonne dose de breakcore à la Venetian Snares. Autrement dit : ici les guitares demeurent épileptiques, mais elles sont chahutées par de gros beats acides en pleine rupture d’anévrisme, tendance Rephlex/Skam/Planet Mu. Le moins qu’on puisse écrire c’est qu’au début l’on reste coi, devant tant de puissance rythmique. Et puis on pense au monde qui nous entoure, surtout le matin, quand les oiseaux piaillent. On l’imagine alors sous une bulle de verre, à l’abri des nuisances. L’homme, lui, est ‘enfermé dehors’ : il contemple ce jouet qu’il aimerait secouer, et puis s’y frotte, comme s’il était un essuie-glace. Un peu défectueux parce qu’il n’est pas parfait, son mouvement d’aller-retour sur la paroi solide provoque de légers crissements, stridents, désagréables. Dans sa tête résonne « The Fall of Math », et il se dit qu’il l’a échappé belle. Parce que sous le bocal où frétille ce qu’on appelle l’humanité, on l’entend bien, cette musique de chez GB. Les ‘Linkin’ Park du post-rock !!!’, semble crier la pub. Puis l’homme, aigri face à cette mascarade, brise la glace et libère le monde. Happée par l’appel d’air, la musique disparaît. L’homme se réveille : c’était juste un cauchemar. Il s’était endormi en écoutant « The Fall of Math ». Un nouveau jour commence.

 

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

It´s All Around You

Tortoise, sans doute le groupe américain à qui on peut reprocher d’avoir lancé (grosso modo) la vague post-rock il y a plus de dix ans. Avec le temps, difficile de se souvenir du bien-fondé de cette étiquette : post-rock ? Du recyclage en règle d’une certaine tendance jazz et kraut-rock (Can, Weather Report,…), voire la version pédante d’un rock progressif qui fit le malheur des coiffeurs dans les années 70. En 2004, que reste-t-il de Tortoise, cité à tort et à travers depuis ce jour béni (sic) où dans leur cave John McEntire et ses potes ont eu la bonne idée de s’essayer au vibraphone ? Pas grand-chose. Du moins c’est ce qu’on croyait après le pénible « Standards », sorti il y a quatre ans sur Warp et qui voyait Tortoise s’enliser dans une bien piètre caricature : la sienne (du post-post modernisme ?). D’où cette résolution pour l’année nouvelle : revenir à quelque chose de moins ambitieux mais de plus excitant, bref éviter l’esbroufe techn(olog)ique et parier cette fois sur l’humain, le plus terrestre. Sur cette nouveauté : des voix (certes passées au crible synthétique), sur le très beau « The Lithium Stiffs »… Tortoise prouve ainsi qu’il lui est encore possible d’un peu renouveler sa palette sonore : épicé par ses riffs bourdonnants et sa batterie qui vitupère, « Salt the Skies », le titre de clôture, sonne même franchement (post-) rock’n’roll. Mais que les fans se rassurent : « It’s All Around You » est du Tortoise pur jus, infusé par ce bon vieux vibraphone (les typiques « Stretch » et « On The Chin ») et ces subtiles collisions sonores, moins surprenantes qu’il y a dix ans, mais toujours un poil au-dessus de la mêlée.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Triggerfinger

Du blues-rock bien couillu dans la tradition US, plein de guitares qui bourdonnent et de rythmes tournoyants : Triggerfinger nous vient pourtant de Flandre, et ses trois membres ont joué avec Hooverphonic, Monza, BJ Scott et Angelico. Rien de très rock’n’roll, donc, mais qu’on ne s’y trompe pas : Triggerfinger connaît ses classiques (Led Zeppelin, QOTSA, JSBX, Bad Company,…). Pas étonnant dès lors qu’Herman Schueremans les ait invités pour jouer cette année sur la Mainstage de Werchter. Le son est énorme, même sur la reprise étonnante d’« Au Suivant » de Jacques Brel… Pour les fans de rock qui cogne et qui colle de près aux racines du blues. Solidement roots et sacrément jouissif. Envoyez la purée !
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Till Death Do Us Part

Après le trip métallique plutôt gras du bide (« Skull & Bones », 2000) et le bide tout court (« Stoned Raiders », 2001), on n’attendait plus grand chose de Cypress Hill… « Another Body Drops », le titre d’ouverture de ce sixième album, nous rassure : hargneux, détonnant, on retrouve enfin le Cypress Hill qu’on aime, en grande forme malgré l’abus toujours conséquent de substances illicites. Du rap pour les rockers ? Plus tellement : sur cet album Cypress Hill varie pour une fois les plaisirs, au lieu de nous resservir l’habituel mixture « rap plombé de riffs heavy », devenue leur marque de fabrique mais aussi, à la longue, leur fardeau. Rap, reggae (« What’s Your Number », le single, pompé sur « Guns of Brixton » des Clash), dancehall (« Ganja Bus », avec Damian Marley, le fils de), latino (« Latin Thugs »), (bad) trip-hop (« Never Know »), r’n’b (« Till Death… »), dub (« Busted in the Hood »),… « Till Death Do Us Part » pourrait bien être le disque le plus éclectique de la bande à Muggs et B-Real. Evidemment, parce que Cypress Hill reste Cypress Hill, c’est aussi reparti pour un tour d’esthétique morbide (les squelettes), d’interludes hommages à la fumette (la pipe à eau de « Bong Hit ») et de tics métal encore insistants… Mais petit à petit, ces clichés tendent à disparaître, et Cypress Hill de rêver au come-back fracassant, comme il y a dix ans, quand il était un des groupes majeurs de la scène hip hop internationale. « Till Death Do Us Part » sonne en tout cas comme le meilleur album de Cypress Hill depuis… « IV » (1998). Prochaine étape : remplacer les pétards par le bâton de réglisse ?
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Crèvecœur

Il y a quelques mois encore on croyait Daniel Darc mort. Un souvenir, qui hantait nos esprits : « Cherchez le garçon », il a disparu dans les limbes, crucifié sur l’autel du ‘sex and drugs and rock’n’roll’, lessivé par des années de dérive solitaire, l’anonymat forcé… Et puis la rédemption, ce « Crèvecoeur » crépusculaire qui annonce pourtant des lendemains qui chantent, peut-être. Daniel Darc est revenu de tout, écorché vif à la langue râpeuse, Notre Dame des Fleurs version destroy, les bras noircis par le vice mais l’esprit encore clair, le cerveau si brûlé qu’il est vierge de péchés. Daniel Darc expurge nos peines, rassasie nos idées les plus noires : la résurrection n’en est que plus belle, et « Crèvecœur » un grand disque. D’amour, de confidences, d’amitié, de doutes et d’espoirs. Point de cynisme dans ces 13 titres au phrasé douloureux, à l’écriture en clair obscur. Les paroles cinglent, hésitent, pointent les souffrances du siècle sans tomber dans le morbide. Le cœur bat, le sang afflue, au contact de l’air il noircit et joue de nos vies. Daniel Darc est bien vivant, et sa musique est essentielle : à l’origine il rencontre Frédéric Lo, qui le remet sur pattes. Nouveau tandem sur le fil du rasoir, mais sur la même longueur d’ondes : aux mélodies sensibles, aux arrangements magiques de son metteur en son, Darc réplique de ses mots violents, de ses maux tentants. La Bible en poche, il récite le Psaume 23. « Pardonnez nos enfances comme nous pardonnons à ceux qui nous ont enfantés » : Daniel Darc se relève, respire et expie. Il jongle avec le bonheur si fragile, préfère les nuits blanches au repos du guerrier. C’est un disque de survivant, mais peu importe : c’est un grand disque. Mieux vaut le redire, et plonger dedans, encore et encore. « La nuit ne dure pas/Le soleil détruit tout chaque fois » : on broie du noir, pour que subsiste l’espoir. On ne crèvera pas, même si c’est temporaire. Il faut survivre, laisser des traces, et ‘si le cœur flanche, la mémoire, elle, résiste encore’.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Wathever The Weather – Concert électrique

Sur la pochette de cet album live, Dionysos pose au beau milieu d’un cimetière hanté par des petits fantômes qui chantent, une momie à lunettes qui fume une clope et trois femmes aux regards électriques. Le dessin est signé Joann Sfar, l’un des plus talentueux auteurs de BD de ces dernières années (« Le Chat du Rabbin, « Petit Vampire »,…), dont l’univers magique sied bien à la musique du quintette français. Une musique délicieuse et dadaïste qui tire de l’enfance toute sa sève créatrice, son enthousiasme décalé mais sincère, son allant magnifique et charmant. Comme sur la pochette, la pop-rock enjouée de Dionysos semble munie de roulettes pour avancer plus vite et surmonter tous les obstacles avec la grâce d’un skateur en plein voltige. On connaît d’ailleurs les talents de cascadeur de Mathias, adepte fougueux des crowd surfing et des sauts sans élastique… « Y saute bien ! », dit d’ailleurs un monstre à chapeau à son copain batracien sur la photo d’un des concerts (furieux) du groupe : « Trop bien ! », qu’il lui répond, admiratif. C’est vrai que Dionysos, en live, est une incroyable machine à sauter et à danser : la preuve par ce disque, duquel on ressort en sueur, comme pour de vrai. Quel plaisir d’entendre « Frog », « Anorak » ou « Coccinelle » joués à vitesse V-V’, dans une ambiance de feu qui vaut bien le plus déjanté des sabbats de sorcières ! Où l’on remarque aussi que les chansons de Dionysos puisent dans le blues d’Amérique (la reprise d’« I Put a Spell on You »), ce produit du terroir qui pactise souvent avec le diable… Ce qui explique la présence de tous ces vampires sur la pochette : ils sont les plus grands fans de Dionysos (d’où l’autre reprise, celle de « Thank You Satan », de Léo Ferré). Attention qu’en écoutant ce disque, vous aussi ne soyez pas victimes d’un sortilège diabolique… Parce qu’une fois dans le lecteur, ce CD vous hypnotise et vous met vite en transe. Vous voilà prévenus ! Et surtout, faites bien gaffe aux vampires : petits ou grands, quand ils pogotent ça fait un massacre.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Wathever The Weather – Concert acoustique

Sur la pochette de cet album live, Dionysos pose en pleine forêt enchantée, entouré de petits monstres qui fument la pipe, un vampire-lune au regard diabolique et une femme arbre aux cheveux de branches. Le dessin est signé Joann Sfar, un des plus talentueux auteurs de BD de ces dernières années (« Le Chat du Rabbin, « Petit Vampire »,…), dont l’univers magique sied bien à la musique du quintette français. Une musique délicieuse et dadaïste qui tire de l’enfance toute sa sève créatrice, son enthousiasme décalé mais sincère, son allant magnifique et charmant. Comme sur la pochette, la pop-rock enjouée de Dionysos semble munie de roulettes pour avancer plus vite et surmonter tous les obstacles avec la grâce d’un skateur en plein voltige. On connaît d’ailleurs les talents de cascadeur de Mathias, adepte fougueux des crowd surfing et des sauts sans élastique… On connaissait moins ses penchants pour l’acoustique, même si le répertoire de Dionysos se prête finalement bien à tous les gommages et les coloriages. Quel plaisir d’entendre « Song For Jedi », « Coccinelle » ou « Tokyo Montana » dépouillés de leurs oripeaux électriques, nous montrant ainsi leurs plus beaux atours comme une femme quand elle se dénude. On remarque alors que les chansons de Dionysos puisent dans les plus fertiles des terreaux d’Amérique : la country et le blues, deux genres à dimension humaine, donc plus proche de nous, de la vérité. Du piano boogie de « Spiderman » et « Surfin’ Frog » aux silences orageux d’« Anorak » et d’« I Love You », on nage en plein bonheur, heureux d’entendre ces chansons comme pour la première fois. C’est bête à dire, mais Dionysos nous rappelle à quel point la musique est d’abord une affaire de plaisir, d’innocence, de rêve et de surprise. Il ne faut pas l’oublier.
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