La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

logo_musiczine

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

The Wolf Banes - De Casin...
Hooverphonic
Concerts

Antwon

Set enflammé pour public riquiqui…

Écrit par

En débarquant vers 19h45 à l’AB, on me signale, à l’entrée, être le premier arrivé et que seuls 30 tickets ont été vendus. C’est le nombre de spectateurs qui assisteront au set de Rozz Dyliams, programmé en supporting act. Et on n’en dénombrera qu’une cinquantaine, lorsque Antwon, la tête d’affiche, entamera sa prestation. Soirée cependant hip hop, ce soir, au Club de l’Ancienne Belgique.

Les deux artistes prévus à l’affiche sont américains. Etabli à Seattle, Dylan Ross est à la fois producteur et rappeur. Le décor est plutôt dépouillé. Seule une table campe sur les planches. En arrière-plan, une toile représentant un Antown rageur et guerrier a été tendue. Sans adresser le moindre regard à l’auditoire, un Dj vient se planer derrière les platines et commence immédiatement à mixer le son. Puis, Dylan le suit. Coiffé d’un durag, les oreilles percées, il est vêtu d’un jogging dont le pantalon est prêt à tomber. Il a une bonne bouille (NDR : pas le froc !) et dépose deux bouteilles de pinard sur le bord de la table. Micro en mains, il invite le public à se rapprocher du podium et déclare : ‘Let’s go to the party’. A l’instar de tout Mc’s digne de ce nom, il occupe tout l’espace scénique, en déambulant de gauche à droite et vice-versa. Son flow est, en général, rapide. Son hip hop old school est teinté de funk. L’atmosphère devient plus lourde, lorsqu’il agrège drum&bass et emorap (NDR : populaire aux States, depuis 2010, l’emorap est le fruit d’un mélange entre rap classique et punk ; en outre, il touche une génération de rappeurs nés dans les années 90 qui n'hésitent pas à reprendre tous les codes de la période punk, comme les piercings, les tatouages faciaux tout en se livrant à une consommation excessive de drogues). La voix est entraînante et parfaitement mélodieuse. Ce qui n’est pas le lot de tous les rappeurs. A la manière d’un certain Russ, il a un don pour faire grimper la température. Et ce malgré la présence d’un public aussi réduit.

De son véritable nom Antonio Williams, Antwon est né en Californie. Agé de 32 ans, il doit son style unique à sa voix caractéristique et son passé punk. Précurseur de la génération 2.0 de rappeurs, nés sur YouTube ou SoundCloud, il est influencé par la rage de Death Grips tout autant que par la rêverie de Cocteau Twins. Parue l’an dernier, sa dernière mixtape, « Sunnyvale Gardens », se la joue éclectique grâce à la collaboration du producteur Kaytranada, du rappeur Matt Ox et de Lil Peep, le (défunt) prince du sombre genre de l’émo-rap.

C’est le même Dj qui soutient Antwon dont la tenue est plutôt cool : coiffé d’une casquette, il a enfilé un short et un tee-shirt de couleur verte. Ce qui permet de percevoir ses tatouages. Et ils sont impressionnants. Il invite également le public à se rapprocher et va nous proposer des extraits de ses deux derniers opus. Des vinyles d’ailleurs en vente, au stand merchandising. En début de parcours, son flow est assez rapide, presque a capella, avant que de grosses basses viennent laminer le tout. La musique est d’ailleurs écrasante, et évolue au rythme du pas lourd et calibré imprimé par l’artiste. En outre, sa voix de baryton accentue cette sensation. Véritable bête de scène, il parvient à manipuler un auditoire, pourtant réduit à sa plus simple expression. Il libère une énergie phénoménale, et le public lui rend bien, un public qui tout au long du spectacle a dansé, jumpé, levé les bras au ciel, chanté à tue-tête, en oubliant les soucis du quotidien ; car il s’est bien amusé. 

Déjà qu’il prenait des selfies au sein de la fosse, pendant le set de Dylan Ross, mais à la fin du show, chaque spectateur a eu droit à sa poignée de main...

(Organisation : Ancienne Belgique)

Lana Del Rey

Rétro, cool, sexy, troublant et parfois improvisé…

Écrit par

Dans le cadre de sa ‘LA to the moon tour’ (Trad : ‘Depuis Los Angeles jusqu’à la lune’), Lana del Rey se produisait, ce mardi 17 avril, au Sportpaleis d’Anvers. La salle est presque comble pour accueillir la New-yorkaise. Le public français s’est déplacé en nombre, l’artiste ayant décidé de boycotter l’Hexagone.

Le supporting act est assuré par Cat Power. Etonnant quand on sait qu’elle a entamé sa carrière à la mi-nineties. Mais il est vrai que confinée dans l’underground, elle n’a jamais rencontré de succès qu’auprès d’un public averti. Faut dire que son cocktail de punk, blues et folk, parfois teinté de soul, est particulièrement intimiste et surtout dépouillé. Vêtue d’une longue robe noire à volants, elle grimpe sur l’estrade sans adresser le moindre mot à la foule. Elle est soutenue par un préposé à la guitare, un multi-instrumentiste (gratte, basse, claviers) et un drummer, installé de biais, sur la gauche. Une toile protège le matos de Lana. Il ne reste donc guère d’espace pour Chan et sa troupe. Bien que douce et paisible, sa voix semble habitée, et elle l’accompagne de gestes, un peu comme Joe Cocker. Elle demande à la régie de monter le son de son micro. On l’entend donc maintenant parfaitement. Guère de remue-ménage jusqu’au moment où un épouvantable larsen a failli déchirer les tympans des spectateurs. Petit problème technique, heureusement rapidement résolu. Lorsque le multi-instrumentiste revient aux claviers, c’est pour nous réserver une bouffée de country et d’americana. Après 40 minutes de concert, Cat remercie Lana, le public, et présente ses musicos, d’un accent sudiste, à couper au couteau… 

Lana Del Rey a donc publié son dernier elpee, « Lust for life », en juillet dernier. Et c’est à la suite de cette sortie qu’elle a entamé ce périple de 37 dates, qui s’achève dans trois jours, à Madrid. Filmique, mélancolique, sa musique nous replonge dans une ambiance qui sent bon les 50’s voire les 60’s. Les médias ont décrit son style comme du ‘Hollywood Sadcore’, un genre au cours duquel elle décrit des romances tragiques, mais plutôt glamoureuses. Elle a composé toute une série de titres destinés au grand écran, dont « Young and Beautiful », qui a servi au long métrage « Gatsby le magnifique » et adapté « Once Upon A Dream » pour le dessin animé « Maléfique » de Disney. La Belgique lui a forgé son succès et Lana confirme qu’elle porte ce pays dans son cœur.

Le rideau dissimulant le matos en arrière-plan tombe et on découvre le décor prévu pour le show. Un cadre où sont représentés des rochers, des palmiers et autres plantes indigènes susceptibles de nous nous transporter, dans l’imaginaire, sur une plage sise quelque part sur l’île Hawaii. De chaque côté de l’estrade, deux petits écrans ont été installés. Et un grand, en fond de scène.

Les baffles crachent une intro puisée dans le répertoire d’Henry Mancini, « Experiment in terror ». Ce qui permet à la troupe de s’installer sur le podium. Deux immenses triangles, pointes vers le bas, sont suspendus au-dessus des artistes. La scène est structurée en escaliers. La plupart des musicos disposent de leur propre estrade. Devant celle du claviériste, Byron Thomas, trône un piano à queue. Tom Marsh dispose d’une batterie classique et d’une électronique, dont il va se servir plus régulièrement. Tout en haut et au centre, on remarque la présence de fauteuils de plage, en velours vintage. Ils sont destinés essentiellement à la paire de choristes/danseuses Ashley Rodriguez et Alexandria Kaye. Blake Stranathan se consacre à la guitare et Kevin McPherson à la basse ou la contrebasse, lorsque les deux gratteurs ne jouent pas des claviers. Le light show est particulièrement luxuriant.

Lana débarque sous un tonnerre d’applaudissements. Sexy, elle est vêtue d’un simple tee-shirt à l’effigie ‘Malibu’, d’une minijupe de couleur brune à paillettes, et est chaussée de bottes de même teinte grimpant jusqu’aux genoux. Les choristes ne le sont pas moins, et s’installent dans les chaises longues.

Le concert s’ouvre par « 13 Beaches ». Première constatation, Lana a pris de l’assurance. Tant derrière le micro que dans son attitude. Elle salue le public. Le set baigne au sein d’une ambiance rétro et cool. Même si sa musique libère des ondes davantage positives, l’artiste tient néanmoins à préserver son image de starlette hippie hollywoodienne des années 60 qui l’a rendu célèbre. Elle s’autorise quelques pas de danse qui vont même jusqu’à la dévergonder. Elle est d’ailleurs accompagnée de danseuses en ‘live’, avec qui elle entreprend des chorégraphies sensuelles, notamment sur la chanson « Cherry ». D’autre part, désireuse d’en finir avec son habituel spleen sentimental, Lana Del Rey a choisi de modifier certaines de ses chansons en live. Elle a affirmé qu’elle ne voulait plus chanter la partie ‘He hit me and it felt like a kiss’ qui figure dans le texte d’« Ultraviolence ». Suite au scandale qui a mis en cause le réalisateur Harvey Weinstein, Miss Del Rey a décidé de ne plus chanter son titre « Cola », dans lequel elle y faisait référence. Pendant « Pretty When You Cry », la chanteuse et ses 2 performeuses se couchent sur le sol. C’est sexy, sensuel et troublant. Ce qui n’empêche pas Lana de continuer à chanter d’une belle voix vintage. « White Mustang » est balisé par les ivoires. Elle regarde le public dans les yeux. La folie envahit alors la foule qui reprend à l’unisson les paroles. Les choristes viennent placer deux sièges haut devant la scène et s’en servent comme des ‘go go dancers’. Et les synthés traitent le tout à la sauce électro. Lana chamboule sa setlist, interprète ses succès, et nous réserve même un medley. Elle descend du podium et va à la rencontre des premiers rangs. Tout en continuant de chanter, elle réalise des selfies, signe des pochettes de cd’s et, en retour, reçoit des cadeaux de la part de ses fans, présents qu’elle dépose en bord de scène. Lana est touchée, sensible, pleine d’humilité. Elle casse les codes et devient aux yeux du public quelqu’un d’humble qui a des valeurs. Place ensuite au hit, « Vidéo Games », traduit en morceau electro/pop burné. Le titre achevé, elle demande à l’auditoire ce qu’il a envie d’entendre. Comme le boss, elle assure. L’auditoire a choisi « Gods & Monsters » et « High By The Beach ». Elle se dirige vers le pianiste qui semble incarner le rôle de chef d’orchestre. Grâce à la technique, l’avant-scène se transforme en mer bleue au sein de laquelle Lana, ses choristes et ses musiciens vont évoluer, et tout particulièrement pendant « Summertime Sadness » et « West Coast ». Au cours de ce dernier morceau, Lana va jouer en picking sur une gratte électrique, alors que les choristes distribuent des fleurs à la foule. Marilyn Monroe apparaît en hologramme derrière le band, tout au long de la cover du « Happy Birthday Mr. President ». Le show s’achève par « Off To The Races ». Pas de rappel, mais au bout de 100 minutes de prestation généreuse en émotions, l’auditoire n’avait pas de raison d’être déçu.

Setlist : « Intro » (Experiment In Terror) (Henri Mancini song), « 13 Beaches », « Cherry » (Scarborough Fair by Simon & Garfunkel outro), « Pretty When You Cry », « White Mustang », « Born to Die », « Blue Jeans », « Lust for Life », « Change, Black Beauty, Young and Beautiful », « Ride », « Vidéo Games », « Gods & Monsters » (demande public), «High By The Beach » (demande public), « Honeymoon », « Yayo », « Ultraviolence »,« Summertime Sadness », « West Coast », « Happy Birthday Mr. President » (Marilyn Monroe song), « National Anthem », « Off To The Races ».

(Organisation : Live Nation)

 

 

Ben Harper with Charlie Musselwhite

Un set qui nous a laissé des poussières d’étoiles dans les mirettes

Écrit par

Ben Harper, 48 ans, et Charlie Musselwhite, 74 balais, se produisaient à la Madeleine de Bruxelles, ces 13 et 14 avril. Votre serviteur a été accrédité pour le deuxième jour. Né dans le Delta du Mississippi, Charlie a publié 35 albums. Et Ben, tour à tour flanqué de The Innocent Criminals, The Blind Boys of Alabama ou Relentless Seven, une bonne quinzaine, sans compter ses collaborations. Dont celle que les deux artistes ont entamée en 2013 et qu’ils ont traduite par deux elpees, « Get up », paru il y a quatre ans, et « No Mercy In This Land », en mars dernier. Harmoniciste légendaire, Musselwhite a notamment bossé en compagnie de Bonnie Raitt, The Blind Boys Of Alabama, Tom Waits, INXS et Neil Young. Harper se sert très souvent d’une Weissenborn électrifiée ou pas (NDR : une gratte d’origine hawaïenne), qu’il pose sur les genoux. Mais également d’autres guitares, dont la plupart sont de véritables objets de collection. Particulière, sa technique à la slap slide, caractérisée par un appui sur les cordes à l’aide d’une tige en acier, est héritée des joueurs de blues du Mississippi.

Le duo est soutenu par Jimmy Paxson, aux drums, planté sur une estrade, Jesse Ingalls à la basse et Jason Mozersky, à la seconde gratte. La déco est intimiste. Dès que les musicos débarquent sur le podium, Ben lève les bras au ciel, et salue l’auditoire. Charlie sourit. Il a emmené une valise qui doit contenir au moins une douzaine d’harmos. Il y plonge la main et en extrait un exemplaire. Et déjà les applaudissements fusent. Blues plutôt classique, « When I Go » ouvre le set. Les sonorités des cymbales suggèrent une poursuite exécutée par des alligators. Une voix semble émerger des marais humides du Bayou. Ben troque sa sèche contre une électrique pour « Bad Habits ». Si depuis le début du concert, la paire est assise, elle se lève pour attaquer ce blues classique. Un style au sein duquel le Californien excelle, même si en général, il ne pratique pas un blues pur et dur. En outre, on peut affirmer qu’il a de la présence sur les planches. Il se rassied et attaque « The Blues Overtook Me », à la lap slide, alors que debout, derrière le micro, Charlie signale ‘que le blues est dans la maison ‘. Et il chante. Un rôle qu’il ne se réservera qu’à trois reprises

Tout au long de « I Ride At Dawn », Harper et Charlie opèrent une rencontre subtile entre le Delta du Mississippi et le blues chicagoan. La gratte du premier cité semble hantée à la fois par Robert Johnson, John Lee Hooker et Lightning Hopkins, pendant « Get Up », alors que l’harmo du second, l’est plutôt par Sonny Boy Williamson et Little Walter. Et son souffle enveloppe les riffs bien mélodiques tracés par Ben à la six cordes. Lorsque l’harmonica est mis en exergue, le natif de Calremont prend un peu du recul pour laisser son compère totalement s’exprimer. Le show recèle cependant des moments plus rock, comme « Found The One ». Lors de la ballade instrumentale, « Nothing At All » Harper siège derrière le piano, alors que les interventions à l’harmo de Musselwhite s’intègrent naturellement à l’ensemble. La voix de Ben est empreinte de mélancolie tout au long de la reprise du « When Love Not Enough » de Memphis Minnie et Kansas Joe McCoy. Et le show s’achève par « Levee Breaks ».

Après 10 minutes d’interruption, le team remonte sur l’estrade pour accorder 5 titres. Tout d’abord le burné « The Bottle Wins Again ». Puis, une version du « Yer Blues » des Beatles. Mais surtout « All That Matters Now », que chante Ben a cappella, face à un auditoire silencieux et sous le charme. De quoi en avoir les larmes aux yeux. Un concert de 120 minutes qui nous a laissé des poussières d’étoiles dans les mirettes. Si vous avez encore l’occasion d’assister à un concert de Ben Harper et Charlie Musselwhite, ne manquez pas l’aubaine ; car Charlie n’est plus de première jeunesse… 

(Organisation : Live Nation)

Setlist : « When I Go », « Bad Habits », « The Blues Overtook Me », « Love And Trust », « I Ride At Dawn », « Get Up », « I Don’T Believe A Word To Say », « Movie On », « I'm in I'm Out and I'm Gone », « Nothing At All », « Trust You To Dig My Grave », « Found The One », « I’m Going Home », « Bloodside Out », « When Love Not Enough » (Memphis Minnie & Kansas Joe McCoy cover), « Levee Breacks ».

Rappel : « No Mercy In This Land », « The Bottle Wins Again », « Long Legged Woman », « Yer Blues » (Beatles cover), « All That Matters Now ».

Pour les photos, c’est ici (CréditLéonce Collet)

 

 

 

 

Amenra

Au-delà des mots et des sens…

Écrit par

C’était à Charleroi qu’il fallait se rendre en cette douce soirée de printemps. Et pour cause, le combo courtraisien Amenra, auteur l’unanimement reconnu « Mass VI », s’apprête ébranler autant les murs de l’Eden que les âmes et les cœurs de près de 500 metalheads réunis pour l’occasion. Plus qu’un concert, on va assister à une expérimentation des sens où une myriade de pensées et de ressentis vous prennent à la gorge pendant un peu plus d’une heure. Ou quand la musique devient spirituelle.

Hormis quelques dates de plus en plus sporadiques programmées au Coliseum, Charleroi n’incarne pas, dans l’imaginaire collectif de l’amateur de musique lourde, la ville belge par excellence qui accueille le plus de concerts de Metal. En apprenant que le Centre Culturel de la ville, décide d’accueillir Amenra à l’Eden, on a donc le droit d’être étonné. Mais un étonnement qui vire rapidement à la satisfaction. Caractérisée par son esthétique raffinée –une élégante brasserie aux urinoirs à gueules de requin– cette salle à taille humaine peut accueillir jusqu’à 600 personnes tout en se prévalant d’une excellente acoustique. À peine le temps de savourer une ou deux pressions servies dans des gobelets frappés du logo des lieux que s’ouvrent les portes de l’arène du jour. Le Paradis va devoir remiser ses couleurs en coulisses et laisser place à la palette de gris.

Il revient à Fär d’immerger lentement le public dans l’obscurité. Originaires de Brakel, ce duo réunissant An-Sofie De Meyer au chant et Tim De Gieter au synthé et aux beats, est pour l’occasion flanqué, derrière son kit de batterie, de Sigfried Burroughs, échappé du groupe electro Onmens. De l’electro dark, c’est également ce que propose Fär. Ces trois lettres, à la graphie gothique, sont projetées en blanc sur l’écran géant tendu à l’arrière du podium. Face à elles, de noir vêtue et à la chevelure blonde tombant sur les épaules, An-Sofie envoûte le public de sa voix claire et robotique, portée par les nappes froides et aseptisées émanant des synthés de Tim, au t-shirt amplement déchiré sur les côtés et littéralement déchaîné sur ses instruments. Sigfried, penché sur ses fûts, contribue à la séance d’hypnose collective. Ce band originaire de Flandre-Orientale va nous accorder un généreux set d’un peu plus d’une demi-heure. Et son expression sonore procure un effet semblable à celui d’un bon verre de whisky : une progressive inhibition des sens et une mise à l’aise où l’environnement se transforme en chez soi. Un grain de folie aurait néanmoins permis au show de véritablement décoller, se contentant ici de garder pied alors qu’on aurait clairement pu planer.

Le stand de merchandising, situé à l’arrière de la salle, est à présent pris d’assaut. Il faut dire qu’il est particulièrement achalandé : t-shirts, pulls, casquettes, bonnets, vinyles, cd’s, affiches, livres, calepins et autres raretés frappées de la touche artistique du band. De quoi amaigrir quelques portefeuilles. Un étal qui illustre parfaitement le concept incarné par la formation : Amenra est certes un groupe de musique, mais il se situe bien au-delà. C’est un univers, un vecteur de sentiments qui passe par l’oreille, la vue, l’esprit et son inconscient. Une lecture par la lorgnette d’une face plutôt sombre de la réalité et des sensations. Une expérience de l’obscurité.

Les lumières s’éteignent. Le logo est projeté sur un écran disposé à l’arrière du podium, une espèce de triskèle terminée par des serres de rapace. La fosse commence à s’emplir d’une envoûtante odeur d’encens. Une épaisse fumée blanche occupe l’espace. Les membres du groupe pénètrent silencieusement sur les planches, le visage fermé. Ils sont tapis dans l’obscurité, à l’exception de Colin H. Van Eeckhout, vocaliste de la formation. Il s’agenouille dans un faisceau de lumière, dos au public. Puis s’empare du long cylindre ainsi que de la barre métallique placés devant lui et les fait tinter par série de deux coups. Une fois, deux fois, trois fois… Le temps se dilate, plus un bruit ne s’échappe de l’auditoire. Un silence religieux. Les yeux perdus dans le vague et vêtu d’un t-shirt noir où figure comme seule inscription la marque de skateboard ‘AntiHero’, Matthieu Vandekerckhove commence à glisser son plectre sur les cordes de sa gratte. La tension monte. Levy Seynaeve et Lennart Bossu, respectivement bassiste et guitariste, quittent leur face-à-face avec leur ampli pour se planter au bord de l’estrade. Bjorn Lebon donne le la d’un gros coup de cymbale et « Boden » entame la Messe. Le son est assurément lourd, pesant et fort, mais pas saturé. Autant les murs de l’Eden que les cages thoraciques se mettent à vibrer. La voix hurlée, aiguë et plaintive de Colin déchire l’espace. La fosse, constituée majoritairement de trentenaires et de quadras, est soudainement prise d’un spasme, balançant la tête et même le haut du corps au rythme hypnotique de la batterie. La transe opère.

Une salve d’applaudissements clôture la fin du premier morceau, suivi d’un retour au silence arraché par quelques ‘chut’ de part et d’autre de la foule. Silence, le souffle se bloque. Le très mélancolique « Plus près de toi », issu du dernier LP d’Amenra, « Mass VI », poursuit l’office. Aucune fausse note, le set est carré, les extrémités en sont même ciselées. Autant les parties lourdes et violentes arrachent tout sur leur passage, autant les instants plus calmes sont d’une absolue fragilité, telle une feuille morte prête à s’envoler de l’arbre au premier coup de vent. Colin ôte sa chemise noire et dévoile son t-shirt tout en demeurant toujours de dos face à son audience. Une habitude du vocaliste. Plus les morceaux s’égrènent, plus il semble habité par les compositions. Les veines de ses bras deviennent de plus en plus apparentes, gonflées à bloc. Chaque hurlement lui est arraché, propulsant son corps vers l’avant. Ses mains acérées fendent l’espace, quand elles ne viennent pas agripper ses flancs ou son dos, dans une torsion de bras digne d’un envoûtement. Il faudra attendre la moitié du set pour finalement apercevoir son visage pendant quelques secondes, les yeux ulcérés et plongés dans l’horizon, comme s’il lui était vital de déverser sur son auditoire un trop-plein d’énergie accumulé depuis le début du concert. Retour ensuite dans sa bulle de violence intérieure, tel un métal en fusion qui s’écoule sans aucun filtre. L’homme finira par faire tomber le t-shirt, laissant apercevoir cette immense potence inversée en traits pleins lui recouvrant le dos.

Les autres musiciens demeurent, a contrario, dans la retenue, chacun enfermé sur lui-même, n’ayant pour échange avec le public que de rares contacts visuels. Une profonde introspection dont la somme de ces bulles, pourtant d’apparence hermétique, finit par englober chaque recoin de la salle. Un vaste mouvement circulaire, une tempête d’émotions à laquelle il devient impossible de résister. Les âmes sont également tantôt bercées, tantôt bousculées, si pas heurtées, par ces projections en noir et blanc de ruines, de visages, de paysages, de torrents d’eau ou encore d’animaux aux contrastes accentués. « Nowena », issu de « Mass V », permet à Levy Seynaeve, à la chevelure pour le moins ébouriffée, de s’approcher du pied de micro planté au milieu de l’estrade et d’imposer sa voix gutturale, conjointement à celle de Colin. Le temps n’est plus qu’une perception théorique ; il se dilate, se reforme sur lui-même, se détend à nouveau. « . Silver Needle. Golden Nail. » devient apocalyptique. Les sonorités se fondent les unes dans les autres puis s’arrêtent sans crier gare. Abruptement. Huit morceaux plus tard, le cérémonial prend fin. Les musiciens déposent leur instrument sans un mot et disparaissent en coulisses. Hébétée, la foule comprend petit à petit que le rituel est achevé. Les lumières se rallument dans la salle, toujours sans bruit. Les consciences se réactivent, retissent des liens avec la réalité. Un arrière-goût de trop peu envahit le corps, telle une sensation de manque après de longs mois d’abstinence. Quelle que soit la durée, l’âme de tout un chacun a été ensorcelée un moment par des sonorités, dont il serait vain d’essayer d’y apposer plus de mots que nécessaire. Une danse folle où la psyché a pris la main des sens et ont, ensemble, tournoyé diaboliquement pendant plus d’une heure.

(Organisation : Eden)

Setlist : “Boden”, “Plus Près De Toi (Closer To You)”, “Razoreater”, “Diaken”, “Nowena | 9.10”, “Terziele”, “Am Kreuz”, “Silver Needle. Golden Nail”

Daan

Avec des bouchons Daan les oreilles…

Écrit par

C’est la première fois que Daan se produit au Salon de Silly. Son dernier elpee, « Nada » remonte déjà à novembre 2016. Et il va nous en proposer de larges extraits. Un disque qui a pour cadre l’arrière-pays catalan ; et pour cause, il a servi de documentaire pour le photographe Peter De Bruyne. Mais c’est le producteur Stef Van Alsenoy qui a permis au son et à l’image de se conjuguer, afin de transformer ce concept en chansons. Le concert est sold out depuis plus de deux mois. L’un des artistes les plus francophiles du Nord de la Belgique a attiré, ce soir, un public partagé entre francophones et néerlandophones. 

Goodbye Moscow assure le supporting act. Il s’agit du projet de Benjamin Hutter. Votre serviteur avait eu l’opportunité de le découvrir en première partie de Faon Faon, dans le cadre de la ‘Release party’, accordée au Brass, en novembre 2016. Et il avait été séduit.

Ben a posé ses valises à Bruxelles, en 2015, année au cours de laquelle il a publié un premier Ep intitulé « De Rêves Inachevés ». Il vient de lancer une opération de crowdfuning pour tourner un clip à La Rochelle.

Ce soir, il est seul, entouré de ses machines qui restituent la musique, les beats et les samplings ; la voix chaude et éthérée de Benjamin servant alors de fil conducteur. Et il chante dans la langue de Voltaire.

Pas de lampadaires ce soir, juste la TV vintage affichant le logo du soliste d’un jour. Le matos déjà installé de Daan prend énormément de place. Ce qui n’empêche pas Benjamin d’être très à l’aise derrière ses machines.

Devant ses claviers, ses mains ondulent. Manifestement, il maîtrise son sujet. Les Chœurs de l’Armée Rouge résonnent juste avant la pièce d’entrée, « Souvenirs Futurs ». Fondamentalement positif, « Célébrons » évoque le jour, la nuit, les saisons qui défilent et surtout l’amour, la jeunesse, la lumière du soleil, la pluie et les larmes d’un jour. La vie est un jeu. « Reste Avec Moi » constitue un cri du cœur. C’est également la plage d’ouverture de son Ep. Elle incite pourtant la foule à remuer le popotin. Et c’est un des objectifs de Hutter.

Il reprend « Le Courage Des Oiseaux » de Dominique A. Une de ses deux influences majeures ; l’autre, c’est Etienne Daho. Passionné par les étoiles et la conquête spatiale, ce doux rêveur et poète visionnaire nous entraîne progressivement dans sa galaxie. Les étoiles, le cosmos, la voie lactée et les périples lointains qui peuplent notre imaginaire. L’excursion prend son départ à « Moscow », mais s’égare du côté de la Voie Lactée, « Comme Gagarine ». Vantant les vertus de la lumière du soleil, « Si l’Eté » prélude une croisière qui traverse « L’Océan »…

Setlist : « Souvenirs Futurs », « Célébrons », « Reste Avec Moi », « Le Courage Des Oiseaux », « Moscow », « Comme Gagarine », « Si l’Eté », « L’Océan ».

Sur les planches, Daan Stuyven (NDR : qui se consacre au chant et à la gratte), est soutenu par Isolde Lasoen (drums, backing vocals), Steven Janssens (guitare), Otti Van Der Werf (basse) et Jeroen Swinnen (synthés).

Morceau d’ouverture, l’instrumental « Fermavida » nous entraîne au cœur de la Catalogne. Un titre étrange, sombre et beau à la fois. Daan débarque au milieu de la compo et est chaleureusement applaudi par un public acquis à sa cause. Grisonnant, vêtu d’un costard et chaussé de lunettes fumées, il campe un hybride entre Gainsbourg et Arno. Troublante, ténébreuse, sa voix me fait penser à Johnny Cash. Notamment tout au long de « Wrong Heart », une plage colorée par un léger filet de gratte et de claviers. Malgré la chaleur ambiante, on sent alors une légère brise vous caresser le visage. Mais à partir de cet instant, le volume sonore va monter progressivement en puissance. Si bien que, bouchons dans les oreilles, votre serviteur se réfugie au fond de la salle. Petite info, ce n’est pas l’ingé-son du Salon qui est derrière les manettes, mais celui de Daan. Le responsable du light show lui fait la remarque, mais le préposé aux curseurs ne la prend pas très bien. Et pourtant, il serait si facile de solliciter les conseils du personnel attaché aux lieux. Dans l’intérêt des artistes et des spectateurs. Quand on ne roule pas dans sa propre bagnole, on perd facilement ses repères. Puis, on n’est pas dans un festival, que diable. Bref, avec les boules-Quiès dans les portugaises, c’est tolérable. Mais dommage que l’on perde autant de sonorités aigues. Heureusement, il n’y a pas trop d’infrabasses, même si Seven Lives » est particulièrement électro. Interactif, séducteur auprès du public féminin, Daan s’adresse à l’auditoire en signalant qu’il aime bien l’ambiance de village. Comme celle de Silly, dont le Salon vient de fêter ses 20 ans d’existence. Les compos les plus paisibles passent bien mieux la rampe. A l’instar de l’americana « Friend » ou du tendre « Forever Man ». Daan chante une nouvelle fois de sa voix de baryton, « Damaged Goods ». Tout en restant bien concentrée derrière ses fûts, Isolde tempère le vocal du leader de ses chœurs éclairés et judicieux. Caractérisés par ses connotations orientales, « Propellor » en revient à l’électro, mais dans un climat plutôt proche de Bowie…

Extrait de « Simple », « Brand New Truth » réveille en notre for intérieur, un sentiment de nostalgie. La voix du Louvaniste se révèle alors particulièrement bluesy. « La Vraie Decadence » (« Le Franc Belge), en français dans le texte, ce n’est pas dire ce qu’on pense ? Clin d’œil à Gainsbarre qui n’a jamais pratiqué la langue de bois ? Steve Janssens libère ses cordes et dynamite « Everglades » avant que « The Mess » ne termine le show.

En rappel, Daan et sa troupe vont nous réserver deux titres. D’abord « Icon », qu’il chante alors d’une voix de crooner, à la fois hantée par Johnny Cash et Hugo Race. Avant de clore les débats par l’électro jouissif « Exces ».

Setlist : « Fermavida », « Wrong Heart », « Nontrol », « Seven Lives », « King Of Nothing », « Blurred », « Wheel » , « Friend », « Forever Man », « Damaged Goods », « Propellor », « Brand New Truth », « Decisions », « La Vraie Decadence », « Everglades », « The Mess »

Rappel : « Icon », « Exces ».

(Organisation : Silly Concerts ASBL)

Dominique A

Puissance ‘A’!

Dominique A vient donc de publier un nouvel album. Baptisé « Toute latitude », il a été enregistré en compagnie d’un groupe et fait la part belle au rock électrique et électronique. Et l’auteur-compositeur-interprète a prévu d’en graver un second, à l’automne prochain. Réalisé en solo, il proposera des mélodies plus acoustiques et intimistes. Et s’intitulera « La fragilité ». ‘Toute latitude’, c’est également le nom du périple qui transitait par l’Aéronef de Lille, ce jeudi 12 avril.  

Ce soir, Dominique est entouré d’un quatuor réunissant Jeff Hallam à la basse (NDR : filiforme, il tient sa basse très haut, parfois comme une arme, quand il ne fait pas corps avec elle ; et puis parfois, il se sert d’une petite console électronique) ainsi que Thomas Poli aux claviers, machines et guitares (NDR : dont une pedal steel). Tous deux avaient déjà participé au sessions de l’elpee et la tournée de « Vers les lueurs », paru en 2012. Sans oublier Sacha Toorop, complice de longue date, et Etienne Bonhomme, longtemps collaborateur de Claire Dit Terzi, aux batteries, ce dernier, se concentrant plus régulièrement sur ses drum pads.

La salle est comble lorsque le quintet grimpe sur le podium. Dominique semble surpris par le monde qui peuple l’Aéronef, ce soir. Et il le signale d’emblée. Un public multigénérationnel et particulièrement chaud. Le set s’ouvre par « Cycle », titre qui ouvre le nouvel opus, et embraie par « La mort d’un oiseau », une plage qui reflète son indignation face aux sévices qu’on inflige aux animaux, sa stupéfaction vis-à-vis de l’idée du mal, sa colère face à un monde qu’il n’aime pas et qui se complaît dans l’apathie ambiante. Des thèmes qu’il défend tout au long de son dernier long playing. Le son est puissant. Parfois très. Et pour de nombreux titres, l’intensité se développe en crescendo. Le natif de Provins (NDR : c’est en Seine-et-Marne) alterne registre chanté et déclamatoire. A l’instar de « Les deux côtés d’une ombre », une compo angoissante et obsessionnelle, entraîné au cœur d’une mécanique industrielle infernale, au cours de laquelle il se déhanche. La fusion entre organique et électronique est parfaitement équilibrée. Et le robotique « Va t’en » en et une autre démonstration. Régulièrement, Thomas se sert de la pedal steel pour libérer des sonorités gémissantes. Le light show est caractérisé par des rectangles –aussi bien concrets que virtuels– placés au-dessus des musiciens, qui reflètent des rayons lasers. Et le tout est parfois déchiré par des lumières stroboscopiques. Mais la scène est plongée dans le rouge, tout au long du très électrique « Aujourd’hui n’existe plus » et bleu pendant « Vers le bleu » (NDR : of course !). « Se décentrer » nous rappelle que la terre n’est pas le centre de l’univers et l’Europe, pas le centre de la terre. Frémissant et caractérisé par le vocal overdubbé, « Le reflet » prélude sans doute le climat du prochain opus, « La fragilité ». « Toute latitude » et « Le sens » sont chargés de swing, ce dernier est en outre, souligné de chœurs. Atmosphérique, « L’océan » communique l’impression vibratoire de l’eau. La voix nous porte pendant le puissant « Rendez nous la lumière ». Hypnotique, envoûtant même, « Corps de ferme à l’abandon » est riche en texte, et dans son imaginaire, on se projette l’idée de la ferme à l’abandon et du château. « Lorsque nous vivions ensemble » évoque la vie rangée, qui s’arrête… à la maternité. Lorsque Thomas empoigne sa guitare, les compositions deviennent, très souvent plus rock et les éclats d’électricité foisonnent. Et c’est la tendre ballade « Eléor » qui clôt le set.

Premier rappel ! Qui s’ouvre par le très beau et romantique « Au revoir mon amour » et embraie par le musclé « Immortels », au cours duquel les deux drummers libèrent toute leur énergie. Dansant, « Le twenty-two bar » ressemble à un paso doble au rythme accéléré. Et « Le courage des oiseaux » a été traduit en titre électro dansant, un peu dans l’esprit de Visage. Mais la foule en réclame davantage.

Lors du deuxième rappel, elle est en délire. Le combo nous réserve alors encore « Le convoi ». L’entame est minimaliste, mais à l’instar de nombreuses compositions interprétées ce soir, elle monte progressivement en intensité… avant l’explosion finale. Dominique A remercie le public qui applaudit encore quelques minutes à tout rompre. Deux heures dix d’un concert puissant et de qualité. De quoi rassasier l’auditoire présent ce soir.

En première partie, on a eu droit à Powerdove, le projet d’Annie Lewandowski pour lequel elle est aujourd’hui soutenue par Chad Popple aux percussions et à la batterie et le multi-instrumentiste (banjo, concertina, cuivres rafistolés, percus artisanales et tutti quanti) Thomas Bonvalet. Expérimentale, la musique de ce trio est à la fois percussive et atmosphérique, la voix de l’Américaine, qui se sert également d’une sorte de keytar, est particulièrement éthérée. Lorsqu’il ne frappe pas sur ses cymbales ou les bois de ses fûts, parfois quand même sur les peaux, Chad tripote des cordes à l’intérieur d’une sorte de barbecue qui répercute des sonorités proche du marimba. Le résultat est sans doute original, mais manque cruellement de punch.

(Organisation : l’Aéronef) 

Setlist

1) Cycle
2) La mort d'un oiseau
3) Pour la peau
4) Les Deux Côtés d’une ombre
5) Vers le bleu
6) Va t'en
7) Le sens
8) Aujourd’hui n’existe plus
9) Le Reflet
10) Se décentrer
11) L'Océan
12) Toute Latitude
13) Rendez-nous la lumière
14) Le commerce de l'eau
15) Lorsque nous vivions ensemble
16) Exit
17) Cap Farvel
18) Corps de ferme à l’abandon
19) Le métier de faussaire
20) Éléor

Encore:

21) Au revoir mon amour
22) Immortels
23) Le Twenty-Two Bar
24) Le courage des oiseaux

Encore 2:

25) Le convoi

Marlon Williams

Bouleversant, sur fond de rupture…

Écrit par

Néo-zélandais, Marlon Williams pratiquerait une forme de country torch folk. En fait, un cocktail entre country, bluegrass et americana. Ce n'est pourtant pas le fils de Hank, même si –en général– il est coiffé d’un chapeau de cow-boy. En 2016, il avait accordé une interview à Musiczine (NDR : à relire ici), après son concert accordé au Huis 123. « Make Way for Love », son deuxième opus, est paru en février 2018. Il fait suite à un éponyme, gravé en 2015 (NDR : chronique à redécouvrir ). Ce soir, ce spécialiste du picking à deux doigts se produit à l’ABClub, et le concert est soldout.

C’est un de ses vieux complices, Delaney Davidson, qui assure le supporting act. Cool, il a ce qu’on appelle communément une bonne bouille. Pas étonnant que le public féminin soit charmé par ce quadragénaire. Et sa voix de crooner n’y est pas non plus étrangère. Il est seul, armé d’une gratte semi-acoustique, et va se servir d’une loop station ainsi que d’un micro américain. Il ouvre le show par « Strange I Know », après avoir fixé les tapotements de la caisse de sa guitare dans son looper pour les traduire en percus. Et manifestement, il est doué pour élaborer ses boucles. Les sonorités de sa gratte sont précieuses ou extrêmes. Il casse une corde lors du show. Pas de quoi le déstabiliser. Transformée par le micro américain, sa voix colle bien à cette musique, ce delta blues qui dévale des montagnes abruptes, escarpées et humides de la Nouvelle-Zélande. Particulièrement communicatif, Delaney nous livre, sans retenue, ses sentiments. Mais c’est lorsqu’il interprète « So Far Away  », un extrait de son nouvel elpee, qu’il va démontrer toute l’étendue de son talent. A revoir, c’est une certitude…

Sur l’estrade, il y a du matos haut de gamme, dont deux grattes semi-acoustiques, une Martin & Co et une Gibson. Elles appartiennent à Marlon Williams, qui débarque seul pour attaquer « Solo » (NDR : titre ad hoc !). Chaussé de baskets, il est vêtu d’un tee-shirt de couleur blanche et d’un pantalon de jogging de teinte bleue. Ce soir, il va nous proposer de larges extraits de son second long playing, « Make Way For Love ». Des compos écrites sur fond de rupture, car sa copine Aldous Harding, l’a quitté avant l’enregistrement de l’opus. Il est ensuite rejoint par un trio batterie/guitare/basse. « Come To Me » est une invitation à l’accompagner dans sa douloureuse introspection sentimentale, un morceau aux sonorités de gratte particulièrement subtiles. Après le blues immaculé « Beautiful Dress », « I Didn't Make A Plan » est troublé par des accords d’ivoires torturés, ténébreux, reflet d’un spleen d’une âme qui pleure. Une fragilité qui n’empêche pas la grâce. Tout au long de l’étrange « The Fire Of Love », on a l’impression de discerner des incantations mi-vaudoues, mi-veloutées. Pendant « Can’t I Call You » (Trad : Est-ce que je peux t’appeler ?), la frappe du drummer ressemble à des détonation d’arme à feu, alors que la ligne de basse est aussi tranchante qu’une lame de rasoir. La voix de Marlon remue les tripes. Il apparaît sous un autre jour, par rapport au premier LP, au cours duquel il n’étalait pas ses tourments amoureux. La mélodie de « What's Chasing You » est solide et accrocheuse, bien soulignée par la superbe voix de l’artiste. Précieuse, c’est en général elle qui crée seule les harmonies. Il ose une chanson signée Aldous, « Nobody Sees Me Like You Do », malgré la séparation. Avant la cover bouleversante du « Carried Away » de Barry Gibb. Marlon siège alors devant les ivoires et s’émerveille face aux aptitudes vocales manifestées par son bassiste. Il y a de quoi, car cette voix est remarquable. Delaney revient sur le podium pour accompagner la troupe pendant deux morceaux, dont un au cours duquel le gratteur va se consacrer au violon. Et en rappel, on aura droit à « Love Is a Terrible Thing » ainsi qu’à une sublime reprise de Screamin’ Jay Hawkins, « Portrait of a Man »…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

 

 

Les Cowboys Fringants

Des multi-instrumentistes jusqu’au bout des santiags !

Écrit par

Originaires de Repentigny, dans la région de Montréal, les Cowboys Fringants comptent un peu plus de 20 années de carrière. A leur actif, une dizaine d’albums dont 800 000 exemplaires se sont écoulés à travers toute la francophonie. Tous les membres du groupe participent à l'écriture des chansons, mais la très grande majorité est signée par le guitariste, Jean-François Pauzé. Ce dernier estime que pour comprendre et se situer dans ce monde, il faut préalablement connaître ses racines, son histoire et l’origine de toute identité. Ce qui explique pourquoi les textes abordent régulièrement des thèmes sociopolitiques, dont celui de l’indépendance du Québec. Mais également écologiques. En 2009, le combo s’était produit deux soirées de suite à l’Ancienne Belgique, devant une salle comble. Et c’est encore le cas, ce soir.

On reste dans l’univers du Québec pour le supporting act, puisque c’est Dumas qui a l’assure. Il figure parmi les auteurs-compositeurs-interprètes de sa génération les plus doués et prolifiques En dix années de carrière, il a publié plus de 11 elpees. Et son dernier, « Nos idéaux », dont il va nous réserver de larges extraits, est paru en février dernier. Il avait déjà été programmé aux Francofolies de Spa. Mais c’est la première fois qu’il foule les planches de l’AB. Il ne faut pas plus de 5 minutes avant qu’il ne fasse l’unanimité au sein de l’auditoire. Et pas seulement en faisant le pitre ! Armé de sa sèche, il chante d’un accent trahissant ses racines, tout en s’appuyant sur des samples de basse, de percus et de claviers, qu’il manipule à l’aide de pédales, posées à ses pieds. Pop/rock légèrement teintée d’électro, sa musique est plutôt festive. Ses accords sur sa gratte sont nerveux. Et à plusieurs reprises, il invite la foule à chanter avec lui. Un excellent chauffeur de salle !

Place ensuite aux Cowboys Fringants qui débarquent en fanfare. Le quatuor est accompagné de trois musiciens de tournée, dont un trompettiste. En escalier, une estrade prend toute la longueur du podium. Sur laquelle sont installés deux drummers, dont André Brazeau, qui a enfilé un short et un tee-shirt hawaïen. Karl Tremblay, le chanteur, dont l’accent canadien est vraiment savoureux, a une bonne bouille. On dirait un trappeur. Et il déclare : ‘Nous sommes ici pour jouer de la musique et on espère que vous allez passer une bonne soirée. Bon spectacle’. Le show peut commencer. « Bye bye Lou » ouvre les hostilités. Et déjà, malgré la (fausse) impression d’un spectacle improvisé, tout est réglé comme du papier à musique. Les deux drummers sont au turbin, mais ce sont la trompette et le violon qui dominent le sujet. Country festif, « Joyeux Calvaire » incite la foule à lever les bras, sauter sur place et danser ; on se croirait presque lors d’une grande farandole qui s’ébranle pendant la kermesse au village. Ou alors au sein d’un gigantesque pub irlandais. C’est une certitude, les artistes soignent l’interactivité. Pendant « En Berne », Karl crache son venin sur le gouvernement de son pays : ‘Peu importe ce qui se passe, on n’a pas le choix d’emmerder tous les bouffons qui nous gouvernent’. « Mon Grand-Père » aurait pu figurer au bal musette d’une fête foraine. L’ambiance est au zénith. Tous les musiciens sont polyvalents et jouent de plusieurs instruments. Ils transitent de l’un à l’autre. Y compris les drums. Même Marie-Annick, pourtant préposée aux claviers, à la mandoline et au violon. Des multi-instrumentistes jusqu’au bout des santiags ! Le clown de service n’est autre que le bassiste. Et il a le don de faire réagir le public. Il apporte ainsi une cargaison de ballons à gonfler afin de les transformer en répliques de chiens, puis les distribue dans la fosse. Il va même s’y jeter pendant cinq bonnes minutes, en fin de parcours, se laissant porter par le peuple.

Tout au long de « La Catherine » et « Marine Marchande », la foule reprend les paroles des refrains en chœur. Epatant ! Tout comme pour « Les Etoiles Filantes » qui clôt le show. De la fosse aux gradins, l’auditoire chante à l’unisson. Et il a réservé une belle surprise au band : des feux de Bengale et des avions en papier, en référence aux paroles de la chanson, ainsi que les iPhones allumés, balancés de gauche à droite (NDR : ou l’inverse, selon). Magique !

Le combo nous réserve « Tant qu’on aura de l’amour » lors du rappel. Les Cowboys sont venus, les Cowboys ont vu et les Cowboys ont vaincu. César n’aurait pas dit mieux !

(Organisation : Live Nation en accord avec Auguri)

Alaska Gold Rush

Il y a de l’or au-delà de cet « Horizon »…

Écrit par

Nouvelle ‘release party’ pour Alaska Gold Rush, organisée dans le cadre de la sortie de son nouvel Ep 6 titres, « And The Sky Dives Again ». L’événement est programmé ce jeudi 5 avril à la Rotonde du Botanique. Plus de 200 préventes laissent supposer une salle comble. Ce sera le cas.

June Moan assure le supporting act. C’est le projet du guitariste de Mountain Bike, formation qui a décidé de mettre son aventure entre parenthèses, pendant une année. Il est venu défendre son nouvel essai, qui sortira sur cassette le 11 mai prochain. Sous un format électrique, il est habituellement soutenu par le drummer César Laloux (NDR : cet ex-BRNS a rejoint récemment Mortalcombat) et le bassiste Marc Pirard. Mais ce soir, Aurélien se produit en solitaire, armé de sa gratte semi-acoustique. Sa voix est cependant approximative, mais l’artiste justifie cette imperfection par une solide crève. Par contre, sur sa gratte, sa technique en picking est épatante et évoque même un certain Ty Segall, dont il a repris « Goodbye bread », en 2012.

Setlist : « Julian’ Hair », « Twenty », « I didn’t », « Saddess Trip », « Tomorrrow », « Norman », « Back Acid », « Without You » 

Alaska Gold Rush réunit des chercheurs d’or qui ont troqué pelle et pioche pour une guitare et un set de batterie. Depuis le Delta du Mississippi jusqu'aux plaines désertiques du Nouveau-Mexique, Alexandre De Bueger et Renaud Ledru explorent un folk énergique, fortement imprégné de culture américaine, comme on traverse des villes fantômes. Parviendront-ils jusqu’en Alaska ?

Constitué de quelques lampes de chevet vintage, le décor est dépouillé et cosy.

Laid-back, « Into The Sun » ouvre le set. Sous le soleil brûlant du désert du Nouveau-Mexique, les cymbales sifflent comme le serpent à sonnettes. Manifestement, le nouvel Ep est plus rock. « No Time » poursuit son périple à travers les plaines de l’Ouest. Le lightshow se pose en éventail sur le duo. Alex, qui s’est coupé les cheveux, s’emballe à la batterie. La voix de Renaud est claire mais percutante. Il nous invite à replonger en 2016, à travers l’entraînant « Silhouettes », un extrait du premier opus, « Wild Jalopy Of The Mist ». Et le souligne oralement. Cap ensuite vers la Louisiane en transitant par les vastes prairies de l’Ouest Américain. Les spectres de John Cougar Mellecamp, Alex Chilton et Elliott Murphy rôdent. Le tandem poursuit sa ruée vers le métal jaune en proposant un recueil de chansons spécifiques qui oscillent du blues au rock'n'roll, en passant par le folk, le psychédélisme et le garage, sans oublier d’en revenir régulièrement à ses sources roots. Et il y a de l’or au-delà de cet « Horizon », une compo minimaliste et élégante, (NDR : le clip est à découvrir ici), extraite du nouvel Ep et également parue en single. Atypique, superbe et finalement proche de Peter Doherty, la voix de Renaud prend aux tripes, tout au long de « Gallows Birds ». Egarés dans le Bayou, les musicos sont poursuivis par des alligators affamés. Tout en accordant sa gratte, Renaud annonce que la chanson suivante parle de la quête de sommeil. Sous une légère brume, « Cross The Dead Night » se glisse délicatement entre les gouttes d’une pluie fine. Le jeu de guitare est raffiné et la mélodie accroche. Le souffle d’un harmonica colore un périple, accompli à bord du California Zéphyr, un train qui traverse les Etats-Unis d’Est en Ouest, tout au long de « Before You Lose Your Tongue ».

Renaud révèle qu’il y a longtemps, les artistes se sont contactés, par hasard, sur un site de rencontre. Ils vont alors interpréter le premier morceau qui a provoqué cette rencontre. Il s’agit de « Helicopter Hills », rarement joué en concert.

Indolent, « Morning Is Clear »  raconte l’histoire d’une personne dépressive qui n’est jamais au bon moment ni au bon endroit. Après « Broken Treaties », la paire s’éclipse…

En rappel, le duo va nous réserver deux titres sculptés dans l’americana et le bluegrass, « Psychobilly Mad Heavyweight » et « Where The Mountain Ends ». Le voyage est terminé, et s’achève alors au pied des Rocheuses…

Setlist : « Into The Sun », « No Title », « Silhouettes », « Gallons Birds », « The Years », « Cross The Dead Night », « Before You Lose Your Tongue », « Rich », « Poor Black Mattie », « Dirty Road », « Helicopter Hills », « Morning Is Clear », « Horizon », « Broken Treaties » 

Rappel : « Psychobilly Mad Heavyweight », « Where The Mountain Ends » 

(Organisation Botanique)

 

Le Mystère des Voix Bulgares & Lisa Gerrard

Le Mystère enchanteur des voix célestes...

‘J'habitais à Londres dans la plus stricte pauvreté, sans aucune perspective sur ce que je voulais faire dans la vie, excepté mon amour pour le chant. J'ai été voir le Mystère des Voix Bulgares et j'ai pensé : c'est ça, c'est le sommet. On ne peut pas aller plus loin que ça'...*’ C’est ce que Lisa Gerrard avait alors déclaré, il y a 35 ans. Aujourd’hui, la chanteuse iconique de Dead Can Dance et ses idoles de jeunesse sont réunies pour enregistrer un album et accorder quelques concerts exceptionnels. Ce soir, l'AB et le festival BRDCST nous proposent une très belle première européenne et la foule est impatiente de vivre ce spectacle unique, concentré sur ces 'splendeurs vocales’...

Au moment où les chanteuses du Mystère des Voix Bulgares débarquent, on se souvient que ce projet, fondé en 1952, avait été détecté en 1975 par feu Marcel Cellier, un ethnomusicologue de nationalité suisse. Il était tombé sous le charme des chants bulgares et avait décidé de les restituer sur un disque, en se servant d’arrangements plus contemporains. Mais le résultat escompté est plus que mitigé. Cependant, la légende raconte que Peter Murphy, le chanteur de Bauhaus, révèle alors cette découverte à Ivo Watts-Russel, le patron de 4AD. Ce dernier a le coup de foudre pour le collectif. Aussi, en 1986, la réédition de l'elpee par le label anglais, récolte un immense succès et lance la légende des Voix Bulgares dans le monde entier. Préfigurant l'émergence de la 'world music', elles inspireront non seulement Dead Can Dance, mais aussi Cocteau Twins, Kate Bush, Björk et plus récemment, Grimes, Drake et Gorillaz.

Mais revenons au spectacle proposé ce soir. Il est scindé en deux partie : la première est consacrée aux Voix Bulgares, sans Lisa Gerrard. Vêtues de costumes traditionnels, les vingt chanteuses sont disposées en arc de cercle et dès le début, la puissance de leurs voix frappe les esprits ; ce qui contraste avec le naturel, très souriant, voire espiègle de leur attitude. Les chants traditionnels sont ponctués de cris ou de gloussements, qui amusent l’auditoire. Six musiciens accompagnent les Voix : un guitariste, un contrebassiste, un flûtiste, une violoniste, un percussionniste et un 'human beatbox'. Ce dernier se taillera d'ailleurs un joli succès en solo lors d'un intermède étonnant. Mais ce qui frappe également, c'est le lien, évident, entre les mélodies et les techniques de chant des Voix Bulgares et celles appliquées par Lisa Gerrard chez Dead Can Dance, comme par exemple, dans « Cantara » ou « Tristan ». Bien entendu, le duo Gerrard-Perry a intégré cette influence dans un ensemble bien plus étendu, impliquant également des éléments orientaux, africains et médiévaux.

Après la pause, la violoniste et le percussionniste nous réservent un intermède musical basé sur les sons d'une viole et d'un 'hangdrum', une sorte de 'steeldrum' dont la forme est proche d’une soucoupe volante. Moment tant attendu : Lisa Gerrard pénètre sur la scène sous un tonnerre d'applaudissements. Drapée dans une robe ample aux reflets bleutés, elle est, comme d’habitude, majestueuse. Souriante, elle rayonne une infinie bonté. Par rapport au dernier concert, accordé par Dead Can Dance, au Cirque Royal, en 2012, elle paraît cependant marquée par le temps qui passe. Sa voix sublime de contre alto, par contre, n'a que peu changée. Enchanteresse, vibrante, ample et sombre, sa tessiture est toujours chaude et ronde. Très vite, l'ensemble interprète le single « Pora Sotunda », sorti fin 2017, qui annonce un opus fort attendu. Une atmosphère envoûtante baigne alors la salle ; touché, le public frissonne de bonheur.

Loin d'accaparer toute la lumière, c'est à de nombreuses reprises que Lisa Gerrard laisse la place aux solistes des Voix Bulgares, qui viennent chacune à leur tour à l'avant du podium. Et quand la voix hypnotique de Gerrard s'associe aux lignes répétitives du hangdrum, on a l’impression d’assister à une marche ténébreuse d'une immense profondeur.

Au moment de quitter l'Ancienne Belgique, on a la gorge serrée tant l'émotion a été intense. Force est de constater que l'association entre les Voix Bulgares et Lisa Gerrard fonctionne à la perfection. On aura vécu un moment unique, poignant et d'une sublime beauté. Bien vite l'album !

* Interview de Lisa Gerrard: sur youtube.com, à découvrir ici

Organisation : AB + BRDCST

Photo : Phil Blackmarquis

Page 33 sur 132