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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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dEUS - 19/03/2026
Hooverphonic
Concerts

The Sparks

Un Mael sympathique et l’autre flegmatique… mais ce n’est pas du pourriel…

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Quand on évoque Sparks, on ne peut s’empêcher de penser à « This town ain't big enough for both of us », un tube qui figurait sur l’album « Kimono my house », en 1974. Fondé par Ron et Russell Mael, à Los Angeles, en 1968, le groupe a progressivement évolué, se frottant ainsi aussi bien au glam rock, à la new wave ou au synthpop et s’inspirant même des productions disco. Et notamment celles de Girogio Moroder, qui a d’ailleurs produit le best seller « No. 1 In Heaven », en 1979. Le duo a influencé une multitude d’artistes et de formations, dont New Order, Depeche Mode, Faith No More, les Smiths, Siouxsie and The Banshees et encore Sonic Youth. Affichant près d’un demi-siècle d’existence, Sparks est venu défendre son nouvel opus, « Hippopotamus », le vingt-cinquième si on tient compte de « F.F.S » co-écrit en compagnie de Franz Ferdinand et paru en 2015.

Il n’y a pas grand monde dans la salle lorsque Mister Goonite, de son véritable nom Tyler Parkford, grimpe sur l’estrade. C’est le supporting act. Vêtu d’un costard suranné en pied de poule, l’artiste est seul sur le podium. Il a emporté un bouquet de fleurs, qu’il dépose sur une table basse. A côté d’une vieille platine, un sampler et une enseigne lumineuse sur laquelle est mentionnée ‘Goodnite’. L’artiste pose sa voix, un peu à la manière de Frank Sinatra, sur une bande sonore instrumentale jazzyfiante reproduite par le vinyle, craquements d’époque y compris. De quoi donner l’impression d’être transporté dans les années d’avant-guerre. Celles qui ont célébré Fred Astaire, Dean Martin et bien d’autres. Votre serviteur préfère quand même le répertoire d’un Michael Bublé. Ses compos sont plus explosives et contemporaines tout en conservant cette saveur vintage. Tyler Parkford remontera plus tard sur les planches, mais comme claviériste/choriste des Sparks… (Pour les photos, c’est ici)

Lorsque Sparks débarque sur le podium, la salle est sold out. Les frangins Mael, Ron (72 ans) et Russel (69 ans) sont accompagnés du drummer Steven Nistor (Daniel Lanois, Sparklehorse), du gratteur Evan Weiss (Junk) ainsi que des trois membres de Mini Mansions, le claviériste Tyler Parkford, le bassiste Zach Dawes et le second guitariste Michael Shuman. Ils sont tous vêtus d’un pull marin à rayures. A rayures comme le pull de Russel, qui a enfilé un pantacourt. Chaussé de grandes lunettes, cheveux gominés et moustache en brosse à dents, Ron, lui, porte une veste en tweed et un pantalon à pattes d’eph’. Il a noué une cravate assortie. Il va se planter derrière ses claviers à droite. Et va rester quasi-impassible tout le set. Russel affiche une attitude plus sympathique. Il salue le public en français, et sans le moindre accent.   

« What the Hell Is It This Time? » ouvre le show. C’est un extrait du nouvel elpee. Russel sautille sur les planches comme un lapin au milieu de l’herbe fraîche. Sa voix est haut perchée. Parfois, elle me fait penser à celle de Freddie Mercury. Surtout quand elle monte dans les aigus. A l’instar de « Good Morning » (« Exotic Creatures of the Deep », 1994). « When Do I Get to Sing ‘My Way’ » (« Gratuitous Sax & Senseless Violins ») adopte un profil funky. La température grimpe dans la fosse. « Missionary Position » n’est évidemment pas dénué de connotations à caractère sexuel. Tiens un ancien collègue ! C’est « Sherlock Holmes » (« Angst in My Pants », 1982) qui mène l’enquête. Tout au long de « Dick Around » (« Hello Young Lovers », 2006) les harmonies vocales se superposent en boucle. Des chœurs en cascade qui se muent presque en exercice de style a capella, même si en fin de parcours les grattes plongent dans l’univers du glam. Caractérisé par ses arrangements ‘beatlenesques’, « Scandinavian Design » (« Hippopotamus ») raconte l’histoire d’une dame qui a un faible pour les meubles Ikea. Nouveau single, « Edith Piaf (Said It Better Than Me) ») se souvient, bien évidemment, de la mythique chanteuse française. « Never Turn Your Back on Mother Earth » (« Propaganda »), c’est la compo qui a influencé Indochine et Depeche Mode : même que le band de Basildon l’a adaptée. M’enfin, rien de tel que la version originale. « I Wish You Were Fun » (« Hippopotamus ») relate l’histoire d’une femme fantastique qui n’a aucun sens de l’humour. « My Baby's Taking Me Home » est un morceau entêtant. Presque oppressant même. Et pour cause, Russel répète le titre à tue-tête. Ron se lève enfin. Il ôte sa veste, la plie en quatre et la couche sur le rebord du piano. Il approche du bord de l’estrade et entame une danse frénétique tout au long de « The Number One Song in Heaven » (« No. 1 in Heaven »). C’est un des meilleurs moments de la soirée ! Son numéro terminé, il retourne se placer derrière ses claviers. Un peu comme s’il allait rejoindre les personnages en cire qui peuplent le musée de Madame Tusseau. Enfin, dès les premières notes de « This town ain't big enough for both of us », la foule entre dans un véritable délire. Avant qu’« Hospitality On Parade » (« Indiscreet ») ne termine le show en douceur.

En rappel, « Johnny Delusional » adresse un petit clin d’œil à Franz Ferdinand. Et la prestation s’achève par « Amateur Hour », un autre extrait de « Kimono my house ». Ron remercie alors Bruxelles, là où les frères Mael ont enregistré deux elpees. Et dédie le concert à Marc Moulin… (Pour les photos, c’est )

(Organisation : Greenhouse Talent)

 

 

 

 

Beverly Jo Scott

B.J. Scott au Stock…

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Il y avait bien sept longues années que votre serviteur n’avait plus mis les pieds au Stock à Houdeng. A l’époque, le cover band Rock En Stock y sévissait chaque dernier vendredi du mois, dans une ambiance sympa. La salle a depuis été entièrement rénovée et elle accueille des concerts d’une capacité de 500 personnes. Elle est bien située et le son est excellent. Ce soir, c’est la fête à B.J. Scott. Pour son spectacle elle est soutenue par de nouveaux musiciens ainsi que deux choristes issus de ‘The Voice Belgique’.

Le supporting act est assuré par Romy Conzen, une chanteuse qui a du coffre ! Et de la personnalité. Elle monte sur les planches en solitaire, armée de sa seule gratte semi-acoustique. Originaire d’Eupen, elle est venue présenter de larges extraits de son second elpee, « V For Victory », sorti en avril 2017 sur le label  MVM Music. Un opus découpé en douze plages. Neuf sont interprétées dans la langue de Shakespeare et trois dans celle de Voltaire. Sexy, elle est parfaitement à l’aise derrière le micro. Son timbre est plutôt sableux et évoque Lzzy Hale, la vocaliste d’Halestorm. Et le public, qui s’est pourtant déplacé pour Beverly, va lui accorder de chaleureux applaudissements, à l’issue de sa prestation…

Surnommée ‘Mama Blues’, B.J. Scott est surtout devenue notoire pour son rôle de juré dans l’émission de télécrochet ‘The Voice’. Mais c’est avant tout une référence, dans l’univers de la soul, du gospel (NDR : à l’âge de 6 ans, elle intégrait la chorale, à l’église) et du blues, en Belgique. Pourtant, originaire de Bay Minette, en Alabama, elle n’a débarqué au sein du Royaume, qu’en 1981, où elle s’est installée. A l’âge de 17 ans, elle sillonnait déjà les States de long en large, depuis la Californie à la Louisiane… Pas étonnant qu’elle puise ses sources musicales dans le Delta du Mississippi...

Votre serviteur est tombé amoureux de sa voix rocailleuse depuis belle lurette. De cet accent qui transpire le bayou… Ce soir, elle est épaulée par un nouveau backing group. En l’occurrence le guitariste Roberto Cimino (NDR : ce Liégeois –qui milite également chez The Synd– doit compter parmi ses disques de chevet, ceux de Steve Vai, Joe Bonamassa et Jimmy Hendrix), le drummerl Vetcho, le bassiste Thierry Rombaux (NDR : il colle aux baskets de B.J. depuis quelques années),  le claviériste Raphael Debacker ainsi que les choristes dont seul Carmen Araujo Santamariaest issue de l’aventure ‘The Voice’. , Milla Brune  ne faisait pas partie de cette aventure. Il ne manque plus que Typh Barrow et les mousquetaires féminins sont réunis. La salle est blindée.

 

Le dernier opus de Scott, « Swamp cabaret », remonte quand même à 2014 ; et elle va nous en réserver quelques extraits. Mais bien sûr pas mal de reprises. Dont celle du « Used To Rule The World » de Bonnie Raitt, plus vraie que nature. Puis le « Mona Lisa  Klaxon » de Jacques Higelin, un titre très rock aux cordes chargées d’effets. Et également le « With A Little Help from my friends » des Beatles, mais abordé dans l’esprit de Joe Cocker, Beverly en profitant pour démontrer toute l’étendue de son registre vocal. Tout au long de « Light That Torch » (« Cut  & Run »), la gratte de Roberto fait des étincelles. B.J. nous réserve également quelques ballades. A l’instar du blues « If You Don’T Want Me » qui nous entraîne alors dans le bayou. Faut pas retirer ses chaussettes et faire trempette, car les alligators rôdent... Ou du limpide « No Kiss Goodbye », un morceau au cours duquel les interventions de Beverly. à la semi-acoustique, sont lumineuses. Quant à « Love Me Wild », il adopte un profil davantage roots.

C’est Carmen qui se consacre au micro pour « Something’S Got A Hold On Me », B.J. se limitant au rôle de choriste de luxe. Et Lili Gin, aka Laura Cartesiani (NDR : elle a remporté l’édition 2016 de ‘The Voice’), deux autres titres. Soit son second single, « About You », ainsi qu’une cover de Brandi Carlile, « The Story ». Elle y démontre qu’elle possède également un fameux potentiel vocal…

De son côté, Mila Brune se réserve une nouvelle compo, « Lamb And Lion » et une reprise du «To Know You Is To Love You » de BB King.

Vu son titre, « I Need A Man To Love » ne pouvait être hanté que par Janis Joplin. D’ailleurs lors du rappel elle va proposer une superbe version de « Tell mama » (B.J. avait consacré, une tournée complète à Pearl, il y a quelque temps). Mais également une reprise très personnelle de Nino Ferrer, « Le Sud », ainsi que le classique des Animals, « The House Of The Rising Sun ». Un regret ? L’absence du frémissant « Mobile Bay »… Cependant, pas de stress, Stay tuned, on te garde encore pas mal d’années my Beverly…

 

(Organisation : Le Stock + Rock Nation)

 

Clap Your Hands Say Yeah

Impossible de ne pas avoir envie de frapper dans les mains...

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Si à l’origine, Clap Your Hands Say Yeah était un peu considéré comme un clone de James, il faut reconnaître qu’au fil du temps, il a forgé sa propre identité. D’ailleurs, la formation puise aujourd’hui davantage ses influences chez Tom Waits, Modest Mouse et Talking Heads. Elle vient d’ailleurs de publier un nouvel elpee, « The tourist », et est venue le défendre ce soir, au Botanique… 

Lorsque Ryan McPhun, aka The Ruby Suns, grimpe sur l’estrade, il n’y a pas grand monde au sein de la Rotonde. Perso, j’imaginais qu’il allait se produire au sein d’un groupe. Mais le Californien, même s’il vit en Nouvelle-Zélande depuis très longtemps, est seul sur les planches. Enfin, pas tout à fait, puisque armé dune gratte électrique, il est également entouré d’un PC d’une loop machine et d’un synthé.

L’artiste est vêtu d’un bleu de travail. Et bonne nouvelle quand même, s’il a recours à la technologie moderne, ce n’est pas pour être sous son emprise, mais bien pour l’explorer. C’est lui qui crée les sonorités, et pas la machine qui les reproduit bêtement ! Epatante, sa voix touche parfois au sublime. Sa pop est à la fois expérimentale, subtile et mélodique. Mais, il y a un hic : privé de ses acolytes, l’artiste semble quelque peu perdu sur son île. Quand il reviendra en concert, qu’il n’oublie surtout plus d’emmener son backing group. Le résultat sera certainement et autrement concluant… 

Après trois ans de silence, Clap Your Hands Say Yeah vient donc de graver son cinquième LP. Précédé par le single vaporeux « Fireproof », il confirme la philosophie du ‘Do It Yourself’, prônée depuis le départ. Soit fin 2003, lorsque Alec Ounsworth et Lee Sargent ont été rejoints par Tyler Sargent, Sean Greenhalgh et Robbie Guertin. Ce dernier a cependant quitté le navire en 2015.

Lorsque CYHSY débarque, l’hémicycle est bourré comme un œuf. Chanteur et guitariste, Alec Ounsworth est chaussé de grosses lunettes et coiffé d’une casquette vintage. C’est aussi le leader. Et son look me fait un peu penser à celui de feu John Lennon. Nasillarde, sa voix campe un hybride entre celle de Thom Yorke (Radiohead) et David Byrne (Talking Heads). Il est entouré de deux claviéristes qui se servent également, tantôt d’une guitare ou d’une basse. Le drummer campe en arrière-plan. Et parfaitement synchronisées, ses interventions aux percus sont judicieuses. Enfin, les harmonies vocales échangées entre les musicos sont atmosphériques et surtout remarquables.

Extrait du tout premier long playing, « In This Home On Ice » ouvre le set. Chouette !  Caractérisé par ses cordes frémissantes et spasmodiques, « Better Off  », une compo qui figure sur le dernier essai, confirme que le timbre d’Alec est hanté par Yorke. Tout comme « A Chance To Cure », tiré du même LP. « Yankee Go Home » (« Some Loud Thunder », 2007) se distingue par son refrain fédérateur. Encore un titre issu de « Is This Love? », l’éponyme initial. « Some Loud Thunder » se révèle à la fois rafraîchissant et harmonieux. Alec remercie le public de sa présence et de son attention. Les guitares et la batterie s’emballent pendant « Coming Down » (« Only Run », 2014). Lorsque les morceaux virent à l’électro/pop, malgré la simplicité des accords, les mélodies se superposent, puis tourbillonnent, un peu comme au cours des eighties. Tiré du dernier elpee, « The Pilot » permet à Ounsworth d’afficher l’éventail de ses capacités vocales. Un morceau à la fois somptueux et radiophonique ! « Over and Over Again (Lost and Found) » se distingue par son côté festif. On a envie de remuer et de frapper dans les mains. D’ailleurs, le public réagit au quart de tour. Le set monte en intensité. « Same Mistake » (« Hysterical, 2011) rend le pouvoir au grattes. Mélancolique, « Ketamine and Ecstasy » est bercé d’une immense douceur. Et « Upon This Tidal Wave of Young Blood » achève le set. Enfin, pas tout à fait, puisqu’on aura encore droit, en rappel, à quatre titres, dont « Into Your Alien Arms », au cours duquel Alec va se servir d’une gratte semi-acoustique. Le show aura finalement duré deux bonnes heures. La foule est repartie des tas de mélodies gravées dans la matière grise. Alors on frappe des mains et on dit : ‘Ouais’ !  

(Organisation : Botanique)

 

Microglycérime

Une insurrection old school…

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Il y a au moins 6 mois que votre serviteur n’a plus mis les pieds au Magasin 4, une salle qui privilégie la musique alternative, et le plus souvent la noisy, le rock, le punk et le métal. Parfois, il laisse un peu de place au hip hop. A l’instar de ce dimanche 10 septembre ; puisque y sont programmés Micorglycérine et, en supporting act, Moscow Death Brigade. La faune est dominée par des coqs et des poules aux crêtes multicolores. Sympa !

Microglycérime ouvre la soirée. Le band liégeois a été fondé par Sanboy, Psykosa et Cesare Fondé, en 2002. Sur les planches, le trio de MC’s est soutenu par (drum samples), Alliks (guitare) et El basso (basse). Ils relèvent du collectif Demonios Sekt.

Le flow est tellement puissant et la rime subtile, que parfois, on ne peut s’empêcher de penser à Vince Hanaoo. Le set baigne manifestement dans un climat old school. Sombre et envoûtant, également. « Introspection » explore notre for intérieur. « Metagore » est tout aussi noir, mais chargé d’une violence intense. Une incitation à l’insurrection qui vous conduit au bord du précipice. La voix est rageuse et aussi persuasive que celle de Joe Starr. « Passager Noir » frappe sur le clou avant de se figer sur le glacial « Psychanalysé ». Les paroles s’enfoncent insidieusement dans votre boîte crânienne. Heureusement, le timbre de Cesare adoucit le flow. Les ghettos, la politique : les messages sont engagés. « Diversion », « Sanboy », « Lavage », « Art Gore » et  « Asylume » accordent davantage d’espace à la guitare et à la basse. Et les interventions sont féroces. En final, la formation s’autorise une cover de Brel, « Les Bourgeois ». Non seulement elle est audacieuse, mais elle est épatante. Une véritable claque ! Fallait vraiment oser. Chapeau. Dommage que la prestation soit si courte. A revoir, de toutes manières.  

Moscow Death Brigade peut se targuer de disposer d’un impressionnant merchandising. Ce qui va provoquer un retard de 20 minutes. Mais pas de panique, il suffit de mettre en route le PC. Le duo russe, qui a enfilé des cagoules à trois orifices, grimpe alors sur l’estrade. Un accoutrement destiné à tétaniser la foule. Le set s’ouvre par le brûlot « Brother & Sisterhood », un morceau intéressant qui a été largement diffusé sur la toile. Les voix des deux Mc’s sont impétueuses et persuasives. Elles proclament des textes anti-fascistes. Caractérisée par ses beats féroces, la musique mêle rap, hip hop, hardcore, punk et métal. Les références à Public Enemy et Run D.M.C. sont manifestes. Mais cette expression sonore dispensée par l’ordinateur portable me dérange. S’il se plante, il n’y a plus rien. On se croirait à un spectacle de semi play-back à la Chantal Goya. Pourtant, les spectateurs se lancent dans le crowd surfing ou le stage diving. C’est tout ce qu’on peur retenir ce la prestation de ce tandem masqué venu du froid…

(Organisation : Magasin 4)

Gérald de Palmas

Même de Palmas se met à l’électro…

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Ouvert en 1843, le Théâtre Royal de Mons compte 1 000 places assises. Confortables, il faut le souligner. Ce soir, elles ne sont pas toutes occupées ; mais presque. Gérald de Palmas et, en supporting act, Roberdam, dont votre serviteur avait chroniqué le deuxième elpee album, « Je rêve donc je suis », il y a peu, sont à l’affiche. Les deux artistes partagent le même périple, depuis novembre 2016. Pour un total d’une quarantaine de dates. Celle de ce mercredi 6 septembre est une des dernières de cette tournée. Et très souvent, c’est en fin de parcours qu’ils se lâchent…

Roberdam, aka Damien Robert, se produit en solo. Il se sert d’une gratte semi-acoustique, d’une clarinette et d’un ordinateur, notamment responsable de samples. Sympathique, il entame son set par le sautillant et rafraîchissant titre maître de son nouvel opus. Dans l’esprit de Talisco, ce morceau rappelle les B.O. de westerns signés Sergio Leone. A travers ses vers et ses rimes, empreints de sensualité, d’émotion, d’humour et de besoin d’évasion, mais également en se posant pour réfléchir, il nous parle du quotidien. « Tout Va Bien » se penche sur la situation des enfants au sein des familles recomposées, une situation que l’artiste a certainement vécue. Entre deux morceaux, il nous raconte son itinéraire qui a transité par la ville de Mons (NDR : dont les parents sont originaires). Il signale bien se sentir en revenant dans la cité. Le public le remercie en l’applaudissant chaleureusement. La voix de Damien est superbe. Les arrangements musicaux sont épurés et classieux. « Grandir n’est pas de mon âge » reflète son âme d’enfant. Il décide de remplacer, de manière impromptue, « Diagnostiqué Poète », une nouvelle composition prévue pourtant dans la set list, par le plus pop, spasmodique et sucré « GoodBye My Love ». C’est le choix de l’artiste ! Il sort une clarinette de son sac à merveilles avant d’attaquer le dernier titre, « Vers l’avant ». Acclamations nourries. L’auditoire est conquis. Roberdam poursuivra la tournée, mais en solitaire. S’il passe près de chez vous, n’hésitez pas à aller l’applaudir…

Il ne faudra qu’un quart d’heure aux roadies pour installer les nombreuses rampes de spots et le matos ; micros, guitare, basse et trois synthés compris.

De son véritable nom Gérald Gardrinier, Gérald de Palmas est auteur-compositeur-interprète de variété française. Et tout au long de son set, il va puiser au sein de son répertoire qui s’étale sur 23 années. Trois multi-instrumentistes forment un triangle autour du chanteur qui se sert d’une gratte semi-acoustique. Un déluge de lumières inonde le début de concert. Les artistes semblent décontractés et souriants. Manifestement, ils sont contents d’être sur les planches, ce soir. Et ce show s’ouvre par « Il faut qu’on se batte ». Loin des ambiances bluesy de ses débuts, De Palmas a décidé de mettre sa musique au goût du jour ; et pas seulement à travers « La Beauté Du Geste », un hit extrait de son dernier opus, mais également ses tubes, comme « Sur La Route » (NDR : qui achèvera le spectacle), « Tomber », « La Beauté Du Geste » ou « J’en Rêve Encore » qu’il revisite à la sauce funky et surtout électro. Ce qui n’a pas l’heur de déplaire à l’auditoire, au contraire. Bien sûr, certaines compositions s’écoutent religieusement. A l’instar du délicat « Rose », encore une nouvelle chanson. Au bout de 30 minutes, le public est debout. Et pour cause, le Réunionnais lui réserve un « Au Paradis » d’anthologie. De Palmas ne manque pas d’humour. Ce qui va lui permettre de mettre l’auditoire dans sa poche. Et notamment quand il polarise une plaisanterie sur le cajon, pendant 5 bonnes minutes. La plupart des visages sont d’ailleurs souriants. Et puis, tant dans la fosse qu’aux balcons, les spectateurs dansent ou jumpent. « T’es belle » complimente bien évidemment le public féminin. Qui ne peut que craquer face à la galanterie de ce beau gosse. En pensant sans doute que c’est « Au Bord De L’eau » que tu me « Regarde Moi Bien En Face ».

En rappel, « Elle Danse Seule » et « Sur La Route » vont littéralement enflammer la foule. Conquise par le talent, la sensibilité et la simplicité de l’artiste. Et votre serviteur a été également agréablement surpris par sa prestation…

(Organisation : Médiascène + M.A.R.S.)

 

The Sisters Of Mercy

La décadence à son comble…

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Ce lundi 4 septembre, se produisent deux formations aux styles diamétralement différents. D’abord, Therapy? Irlandaise, mais du Nord, elle pratique une forme de metal alternatif. A ce jour, elle compte 27 années de carrière. Puis Sisters of Mercy. Fondé en 1980, ce groupe est considéré comme culte sur la scène dite ‘gothique’. Du line up originel, il ne reste plus qu’Andrew Eldritch, un personnage imprévisible capable du meilleur comme du pire. Compte-rendu.

Le dernier et quinzième elpee de Therapy ?, « Wood & Wire » est paru l’an dernier. Le combo a toujours puisé sa force et son inspiration à travers des sentiments liés à l’aliénation, la frustration et la dislocation. Il s’inscrit ainsi au sein parmi la catégorie des groupes les plus intransigeants, créatifs et singuliers de sa génération.

Entre le supporting act de The Sisters On Mercy et sa tournée acoustique consacrée à l’album « Wood & Wire », le trio s’amuse énormément. Pas de stress, la set list est identique lors des deux shows programmés à l’AB.

Ce soir, le combo est soutenu par un second gratteur. Les musicos ont une bonne bouille. Andy tout particulièrement, dont le visage suscite la sympathie. Pourtant le climat entretenu est particulièrement sombre. Même, leurs vêtements, sont de couleur noire. Seules quelques lumières blanches nous permettent de deviner leurs silhouettes. Pas un cadeau pour les photographes ! Le répertoire va privilégier les plages des premiers long playings, et tout particulièrement de « Troublegum », paru en 1994. C’est d’ailleurs par « Knives » que le concert s’ouvre. Un véritable hymne truffé de ‘motherfuckers’. Michael McKeegan, le bassiste tourne régulièrement sur lui-même. Les riffs dispensés par les sixcordistes grincent et déchirent l’atmosphère. Andy Cairns est en pleine forme. Le drumming est puissant. La set list nous réserve deux covers. D’abord celle, bien sentie, d’« Isolation » de Joy Division. Puis de « Diane » de Hüker Dü, interprétée en solo par Andy, dans une ambiance de recueillement presque religieux. D’une durée de 45 minutes, le spectacle s’achève en apothéose par « Teethgrinder » (« Nurse », 1992) et un « Potato Junkie » (« Pleasure Death », 1992) d’enfer. Un regret, le manque de réaction de l’auditoire, malgré de nombreuses invitations à s’enflammer. Pas de ‘circle pics’, de pogos ou de jumps. Simplement de chaleureux applaudissements… (pour les photos, c’est ici)

Andrew est seul maître à bord depuis que Gary Marx, Wayne Hussey et Graig Adams ont quitté le navire ; soit plus ou moins 5 ans après les débuts de Sisters of Mercy. Mais la discographie du band est devenue famélique : trois rééditions et deux compiles au compteur. C’est tout ! Et c’est au sein de ce répertoire qu’il puise inlassablement, lorsqu’il se produit en ‘live’.

C’est la seconde fois que votre serviteur assiste à un concert de SoM. La première remonte à 2010, dans le cadre des Lokerse Feesten. Le show suivait celui d’un autre band mythique, Gang of Four. Dont la prestation avait été épatante ! Et à l’issue du set de la bande à Eldritch, j’avais surtout retenu le light show impressionnant et le recours plus que généreux à la machine à fumée. Seules les mélodies des morceaux dits ‘classiques’ étaient néanmoins parvenus à faire la différence.

Ce soir, la décadence semble avoir atteint son comble. Faut dire que le mixing n’est pas de nature à arranger la situation. Aucun contact avec la foule, hormis les trois mots prononcés à la fin du premier morceau. Ah oui, quand même, il adresse un doigt d’honneur aux firmes de disques. Et puis, il disparaît régulièrement et longuement en backstage. Pour finalement, permettre aux deux gratteurs, Chris Catalyst et Ben Christo, de se mettre en évidence. Et surtout de briller. Doktor Avalanche, la célèbre boîte à rythmes, n’a pas encore rendu l’âme. En outre, elle est supervisée par un programmateur qui surveille également deux ordinateurs ‘apple’… destinés à reproduire les sonorités non organiques. Comme lors d’un play-back. 16 morceaux ont été interprétés en une heure de spectacle. Le light show est toujours aussi éblouissant (dans tous les sens du terme). Mais au bout de 30 minutes, on regarde de plus en plus souvent sa montre. Et par respect pour les artistes, on s’éclipse avant le premier rappel. Au cours duquel les incontournables « Something Fast », « Temple of Love « Lucretia My Reflection » et « Vision Thing » vont enfin réveiller l’auditoire. Un non sens ! (Pour les photos, c’est )

(Organisation : Live Nation + Ancienne Belgique)

 

 

 

 

 

 

 

Deerhoof

La gymnastique, c’est fantastique…

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Fondé en 1993, Deerhoof est un groupe underground à l’esprit DIY. Bref, à la pointe de l’expérimentation. Issu de San Francisco, il réunit la chanteuse/bassiste Satomi Matsuzaki, le drummer Greg Aunier ainsi que les guitaristes John Dieterich et Ed Rodriguez. Dans le cadre de l’édition 2014 des Nuits Botanique, il s’était investi dans le Congotronics Vs Rockers, en compagnie de musiciens congolais, américains et européens. Avant-gardiste, sa musique oscille entre noise, pop, punk, rock, jazz et prog. La formation avait assuré le supporting act de Red Hot Chili Peppers, au Sportpaleis, en novembre 2016. Et ce soir, il est programmé en tête d’affiche, au Nijdrop d’Opwijk. Une opportunité à ne pas manquer, surtout quand on sait que cette salle est limitée à 300 spectateurs…

Manngold assure le supporting act. Un sextuor gantois réunissant deux drummers, Karel de Backer et Matthias Standaert, un bassiste, Bruno Coussée, un claviériste qui se sert d’un vieux synthé Korg, et deux guitaristes, Kwinten Mordijck et Rodrigo Fuentealba. Ce dernier en est le leader. Il a sévi a sein des backing groups de Gabriel Rios et de Kris Dane, mais également milité au sein du Fifty Foot Combo, de Novastar et même d’Arsenal. Des artistes ou groupes que votre serviteur apprécie. En outre, il a collaboré à de multiples projets, et notamment en compagnie de Mauro Pawlowski, Bert Dockx, Steven de Bruyn, Bart Maris, Teun Verbruggen ou encore Karen Willems. 

Exclusivement instrumentale, l’expression sonore mêle krautrock, noise, psychédélisme et punk. A ce jour le combo a publié deux elpees, « Manngold De Cobre », en 2014 et un éponyme, en 2016, un opus qui a bénéficié du concours de Stuart Matthews (Quakers, Massive Attack, Portishead), à la mise en forme. 

Tout le monde est en ligne sauf les deux préposés aux fûts, plantés en retrait. Il faut au moins 10 minutes avant d’appréhender l’univers de Mannglod. Qui parfois me fait furieusement penser à celui de Pawlowski. Le concert démarre sur les chapeaux de roues, par « Boogie ». Les drummings sont parfaitement en phase. Les cordes de grattes sont effilées. Plus yankee, « Intro » se révèle davantage aventureux, mais parfaitement maîtrisé. Les cordes scintillent tout au long de « Stunde Null », un morceau au cours duquel la rythmique attaque de front. Et elle monte dans les tours au fil du frénétique « DMB ». « DEMT » vire au punk. « Manngod » et « Glückskugel » décollent littéralement avant de s’achever, 30 minutes plus tard, au bord du précipice…

Deerhoof est venu défendre « Mountain Moves », son dix-septième LP, à l’écoute sur Bandcamp, depuis 3 jours. Il tombera dans les bacs, ce 8 septembre.

Satomi, la bassiste/vocaliste, a enfilé une salopette shorty aux rayures bleu marin. Le line up implique également deux gratteurs et le drummer, Greg Saunier, qui s’est planté en bord d’estrade, à droite.

Cristalline, puérile, spasmodique, la voix de Satomi est vraiment particulière. De petite taille, elle s’éclate en gigotant sur les planches. Les deux sixcordistes multiplient les impros. Pas de souci, la section rythmique, veille. Et tout particulièrement le drumming (NDR : une caisse claire et une grosse caisse, dont il joue, pieds nus), qu’on pourrait qualifier de fédérateur. Et impressionnant ! « I Will Spite Survive » est une nouvelle compo. Noisy/rock lo-fi, donc dépouillé, « Snoopy Waves » (« Offend Maggie », 2008) nous replonge au cœur des eighties. Les drums sont arides. Tout en changeant régulièrement de rythme, les accords de gratte se révèlent hypnotiques. Et deviennent carrément monstrueux pendant « Spirit Ditties Of No Tone » (« The Runners Four », 2005). Un peu comme si on vivait une rencontre hypothétique entre AC/DC –pour  l’efficacité– et Arto Lindsay –pour la folie. Les cymbales s’emballent (NDR : ça rime !) Les titres s’enchaînent à toute allure. Particulièrement bruitiste, « Twin Killers » couvre les parties vocales de Satomi, qui troque sa basse contre la guitare d’un de ses partenaires, pour « The Perfect Me ». Ce qui va lui permettre de s’autoriser davantage de sautillements, et de postures en ciseaux à l’aide de ses bras et de ses mains. « Isla Bonita » scintille de mille feux. Satomi nous parle de son instrument. « Exit Only » s’immerge au cœur même de l’expérimentation. Et pourtant, les aficionados connaissent cette compo et la savourent. « There’s That Grin » est dynamisé par les percus sauvages. Greg dégouline de sueur, tellement il se livre. Régulièrement, il se rapproche de Satomi, mais à genoux, pour arriver à sa hauteur, car elle doit à peine mesurer 1 m 50. Il demande, en plaisantant, s’il doit causer flamand ou français. Des interludes qui lui permettent de reprendre son souffle…

En rappel, le combo nous réserver « Basket Ball Get Your Groove Back », un extrait de « Offend Maggie », long playing paru en 2008. Rayonnante, Satomi est une adepte de la gymnastique. Elle coache même son public. Il est conquis et suit ses instructions rigoureusement. De quoi se dérouiller les jambes et clôturer un concert… en souplesse…

(Organisation Nosta + Toutpartout)

An Pierlé

Une 'dark pop' mystique, hypnotique et sombre, mais illuminée par une intense beauté…

C'est dans le cadre du festival ‘Musiq'3’ qu'An Pierlé se produisait ce soir, au sein de l'église de l'Abbaye de La Cambre ; et vu le succès des réservations, les organisateurs avaient prévu deux concerts successifs : un à 20h et l’autre à partir de 22h. Nombreux sont en effet les mélomanes qui, comme votre serviteur, sont tombés sous le charme de l'artiste flamande. Son diptyque « Arches / Cluster » a séduit un nouveau public qui apprécie les compositions au cours desquelles les grandes orgues sont mise en exergue au sein d’atmosphères mystiques…

C'est au cœur d’édifices religieux qu'An Pierlé a choisi d’accorder les concerts de la présente tournée. Non seulement les lieux y sont propices mais surtout, elle peut se servir des orgues, qui alimentent ses dernières compositions. A la Cambre, comme d’habitude, le podium a été dressé à l'entrée de l'église, en dessous du jubé.

A 20 heures précises, An Pierlé apparaît au jubé. Il fait encore jour et sa silhouette gracile se détache devant les orgues et les vitraux qui brillent de milles couleurs. Elle entame « I Feel For The Child », la première plage de « Arches ». Quelques claquements de doigts, le son des orgues et la voix nous transportent d'emblée dans une autre dimension. L'artiste est habillée d'une robe beige, recouverte d'un châle noir. Autour de ses yeux, son maquillage est souligné de paillettes qui scintillent au gré des faisceaux de lumière. Mais on assiste déjà à un des moments les plus forts de la soirée : le break incrusté au milieu de la chanson. Il est d'une intensité et d'une puissance incroyables. ‘And you drown yourself in silence...’ Enfin, la chanson se termine comme elle a commencée, en douceur, a capella.

L’auditoire, qui occupe complètement l'église, est déjà conquis. Dans la foulée, An Pierlé entame « Road To Nowhere », un premier extrait de « Cluster ». A la fin de la compo, elle descend du jubé pour rejoindre ses comparses sur le podium. On reconnaît son partenaire à la scène comme à la ville, Koen Gisen (guitare, saxophone, percussions). Les harmonies vocales conjuguées par les deux choristes, Loesje Maieu et Kaat Hellings, sont d'une étonnante délicatesse, et leurs interventions aux claviers et aux percussions, particulièrement subtiles. Enfin, Karel De Wilde, l'organiste, est présenté par l'artiste gantoise comme le 'prince de la musique baroque' et un excellent organiste, 'quand il ne mange pas trop de biscuits'...

Après cette petite blague, typique de l'humour de la belle, place à « Golden Dawn », le premier 'single' extrait de Cluster. L'interprétation est superbe. Sublime, le refrain vous saute au cou et vous enlace sans jamais plus vous lâcher : ‘The Golden Dawn is on its way. We dream... Keep dreamin' on...’ C'est lent, voluptueux et tout simplement beau. On en veut aux radios nationales de ne pas diffuser ce titre en boucle, car c'est un véritable hit potentiel, dans la veine du répertoire de Hooverphonic, Agnès Obel, SX ou encore Lana Del Rey.

« Huntifix » creuse encore plus dans le sillon émotionnel. Le saxophone de Koen Gisen et les notes d’ivoires apportent ça et là des couleurs plus 'free jazz'. La composition virevolte lentement, telle une danse sensuelle et on a l’impression de vivre un tête-à-tête virtuel auprès de la belle An : ‘Do you want to undress me, Do you really want to see, Would you like to caress me, Do you want me entirely…’

S'ensuit le superbe « Birds Love Wires », une des plus belles compositions signée par Mrs Pierlé, au cours de ces deux dernières années. Elle nous a d'ailleurs confié qu’il s’agissait de sa chanson préférée dans son répertoire. Elle la présente en évoquant les oiseaux sur les fils de téléphone, une image qui est en voie de disparition à cause des réseaux mobiles. Lors de notre entrevue, elle avait ajouté que la métaphore évoque également la vision de femmes martyrisées dans les pays où elles sont privées de leurs droits fondamentaux.

Pendant « There Is No Time », on se souvient de l'anecdote vécue lors du concert à Laeken, il y a quelques semaines, au cours de laquelle l’artiste avait invité quelques spectateurs à monter sur le podium afin de participer au tournage d'une vidéo. Aujourd'hui, pas de 'happening' : il est vrai que le temps est compté.

La dernière partie du show se déroule dans la perspective d'une montée en puissance. Par manque de temps, « Bedroom Dust » a été enlevé de la setlist et le groupe aligne l'imposant « Sovereign », avant de refermer le set sur le très sombre « Dragon JM ». Sur les visages des spectateurs, on lit l'émerveillement et quelques secondes après les dernières notes, ils se lèvent comme un seul homme pour acclamer le quintet. 

Après avoir chanté une pub pour faire la promo de ses deux albums (encore un moment cocasse), An Pierlé prend congé de l’auditoire sur l'épique « Changing Tides ». Un tambour martial y guide la composition dans une farandole enivrante, qui débouche sur un final époustouflant à trois voix.

On regrette bien sûr de n'avoir pas pu entendre la reprise de « Such A Shame », le classique de Talk Talk, qui fait, en général, partie des rappels. Mais ne boudons pas notre plaisir : le concert a duré près d'une heure et demie et nous a, à nouveau, propulsés au septième ciel.

Pas de doute : grâce à ses deux derniers longs formats et sa tournée des églises, An Pierlé a brillamment réussi un tournant majeur dans sa carrière. Elle a gagné en maturité, en profondeur et a touché une corde sensible dans le coeur de son public. Elle a trouvé sa place, lovée entre Kate Bush, Talk Talk, Dead Can Dance, Messiaen, Hooverphonic et Portishead. Sa 'dark pop' mystique, hypnotique et sombre est illuminée par une intense beauté.

Pour lire l'interview d'An Pierlé, c'est ici

Setlist:

Feel for the Child
Road To Nowhere
Vibra
Golden Dawn
Huntifix
Birds Love Wires
It's Like
Monkey
We Gravitate
There Is No Time
Sovereign
Dragon JM

Rappel:

Changing Tides

(Organisation: Musiq'3)

Photos : G. Lécrivain (Voir aussi notre section ici)

Anthrax

Du métal en fusion dans la cité ardente…

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Certains évènements sont à voir pour les croire : le concert d’Anthrax programmé ce soir en fait partie. Et pour cause, les pionniers américains du Thrash sont devenus, grâce à leurs 36 années de route, des habitués des grosses audiences. Mais, très étonnant, ils se produisent, aujourd’hui, face à un parterre largement réduit. Et pour cause, le Reflektor ne peut accueillir que cinq cents âmes ; et les places étaient vendues, près de deux mois avant le show. L’occasion de passer un moment survolté, hors du cadre habituel, en compagnie de ce band qui a marqué et influencé pas mal de monde, dans l’univers du métal. Plongée dans la fournaise de la salle liégeoise...

Léger come-back : sous une froide nuit de février dernier, Anthrax débarque dans le nord du pays afin d’interpréter intégralement « Spreading the Disease », son second elpee gravé en 85 ; un disque qui a forgé sa notoriété. Quatre mois plus tard, le vent piquant a laissé la place à la canicule. Anthrax n’est plus venu pour un revival de ses heures de gloire mais bien afin de brosser un tableau de sa carrière. Une seule constante : toujours autant de peuple. Le premier parking couvert à proximité du lieu de rendez-vous affiche complet. Direction la gauche, pour s’engouffrer au sein d’une ruelle étroite qui conduit à proximité de la seconde aire. Il semble rester des places, au quatrième étage. Cap ensuite vers le Reflektor, après s’être frayé un chemin entre les badauds étanchant leur soif, jusqu’à finalement débarquer dans la salle de concert. C’est petit, il y a du monde : l’espace risque de vite devenir étouffant.

Il revient aux Londoniens de The Raven Age d’ouvrir le bal. Ces derniers pratiquent un Heavy new-school qui se révèle rapidement répétitif. Les morceaux démarrent généralement de manière assez soutenue mais retombent finalement, tel un soufflé, pour adopter une même architecture dans la composition. La voix Michael Burrough est monotone. Il semble blasé. Une attitude qui n’est pas de nature à aider les morceaux à sortir de l’ornière. Bref, ce n’est pas mauvais, mais après trois morceaux, la lassitude commence à vous envahir. Comme quoi, être un ‘fils de…’ n’est pas toujours miraculeux. En effet, quand on y regarde de plus près, un des deux guitaristes n’est autre que George Harris, le fils de Steve, gratteur intemporel chez Iron Maiden. Rien que ça ! Un élément pas tout à fait anodin, qui a notamment permis au band d’ouvrir à plus d’une reprise pour le mythe insulaire. C’est également la seconde fois qu’il assure le supporting act pour une tournée d’Anthrax. Pas sûr, que ces opportunités se soient présentées, s’il s’était agi d’un autre sixcordiste…

Break d’une demi-heure avant que la tête d’affiche ne prenne d’assaut les planches. Vu le monde présent, mieux vaut ne pas trop s’éloigner, au risque de se voir relégué au fin fond de la salle. Le Reflektor est à présent plein, du pit aux balcons. Alors que l’ambiance était totalement décontractée une grosse semaine auparavant, lors du concert d’Agnostic Front –les musiciens se baladaient tranquillement parmi les spectateurs– un membre de la sécurité garde vaillamment la porte conduisant aux backstages. Et quand cette dernière vient à s’ouvrir, il s’empresse de la refermer aussitôt. Interdiction de voir les stars de ce soir avant qu’ils ne montent sur l’estrade. La musique d’ambiance diminue de volume, la foule s’exclame, imaginant que le show va bientôt commencer. Fausse alerte : ce n’est qu’un morceau pour chauffer les esprits. Et pas n’importe lequel : « The Number of the Beast » d’Iron Maiden. Ah ben oui, tiens… quel hasard ! Les voix s’élèvent, des poings se lèvent. Iron Maiden appartient définitivement à l’ADN des metalheads. Un tel titre, c’est une partie de sa moelle.

Extinction des feux. Et c’est parti ! La petite scène liégeoise est plongée dans le bleu foncé. Les enceintes crachent le « Can’t Turn You Loose » des Blues Brothers. Le batteur est le premier à grimper sur le podium ; et… déception, ce n’est pas Charlie Benante mais bien son substitut, Jon Dette, qui siège une nouvelle fois derrière le kit. En effet, depuis maintenant quelques années, Benante souffre du syndrome du canal carpien. Ce qui lui provoque de fortes douleurs au poignet et l’oblige à se faire régulièrement remplacer. En fond sonore résonne le riff d’ouverture d’« Among the Living », un des plus gros titres du band. Scott Ian, guitariste et boss du team, s’installe à l’avant de l’estrade. Il fait claquer sa guitare et prend possession du morceau. Comme d’habitude, il arbore cette mine si expressive, comme si chaque mouvement d’onglet sur les cordes le transperçait de part en part. Question expression faciale, le bassiste Frank Bello n’est pas en reste. Si son épaisse chevelure noire masque partiellement son visage, il articule les paroles de chaque morceau, tel un être possédé par une quelconque force maléfique. A ses côtés, Jonathan Donais, second gratteur, se montre beaucoup plus discret. Dernier arrivé de la formation (en 2013), il semble souffrir de la chaleur ambiante. Il n’a en effet pas fallu trois tintements de cymbales pour que la fosse s’emballe, se bouscule, joue des épaules, provoquant une augmentation de la température de quelques degrés. Le solaire vocaliste Joey Belladona débarque enfin, vêtu sobrement d’un jean noir et d’un t-shirt à l’effigie de la tournée du band. Les légendes du Thrash se sont déjà emparées de la scène.

A l’instar de Metallica, Slayer et Megadeth, Anthrax appartient au Big 4 of Thrash, à savoir ces quatre plus grands groupes américains qui ont lancé et popularisé le Thrash Metal, au début des années 80. Même s’il est aussi reconnu dans le milieu que ses trois comparses, Anthrax n’est jamais parvenu à prendre un même envol. Habitué des festivals mais bénéficiant dès lors d’une durée de set réduite, le combo new-yorkais a pu, ce soir, déployer tout son talent et sa hargne en une heure et demi de show. Pas de temps à perdre entre les morceaux, excepté pour se rafraîchir à grands coups de rasade d’eau. Le groupe préfère se focaliser sur la communication avec son public lors des morceaux que pendant les breaks. L’aura de Belladona irradie la salle ; le chanteur est visiblement heureux d’être sur les planches. Il échange des regards complices avec le public, frappe dans les mains de ceux qui tentent tant bien que mal de faire du crowdsurfing et distribue à tout va les onglets de Frank Bello (qui, d’ailleurs, n’en utilise pas pour sa basse !) Si les tubes ultra-connus tels que « Caught in a Mosh », « Madhouse » ou encore « Indians » viennent électriser la foule, il faut reconnaître que « Breathing Lightning » ou encore « All of Them Thieves », une plage extraite de son dernier elpee « For All Kings », ont davantage de mal à déchaîner les âmes. L’âge d’or est derrière eux et les musiciens le savent ; en témoigne la liste résolument old school proposée lors de ce set.

Vu la contiguïté des lieux, on se demandait si la formation allait se livrer à fond ? Alors que les musicos auraient pu sortir la carte de l’indifférence, forcés de se produire dans une si petite salle, ils ont heureusement préféré sortir le grand jeu et en s’investissant totalement. Et le public leur a largement rendu. Alors que la fin du show pointait le bout de son nez, la reprise d’« Antisocial » de Trust, mais dans la langue de Shakespeare, viendra mettre un énième clou sur le cercueil des plus sceptiques. Le sol est aussi détrempé que les bustes. Ceux qui glissent sont de suite rattrapés. La déshydratation guette. Les derniers riffs sont expulsés des grattes, les mines des musiciens témoignent de l’effort nécessaire afin d’exécuter ces treize morceaux au cœur du volcan de la cité ardente. Mais peu importe le nombre de metalheads leur faisant face (NDR : Scott Ian ironisera quand même en affirmant avoir dispensé ce soir le plus gros show de la tournée et que l’année prochaine, le Graspop se déroulerait certainement lieu dans cette salle), les Américains ont offert tout ce qu’ils avaient dans le ventre. Et ça, c’est Metal !

Setlist : “Among the Living”, “Caught in a Mosh”, “Got the Time”, “Madhouse”, “Fight 'Em 'Til You Can't”, “Breathing Lightning”, “Intro to Reality”, “Belly of the Beast”, “All of Them Thieves”, “Medusa”, “Be All, End All”, “Antisocial”, “Indians”

(Organisation : Reflektor)

The Dillinger Escape Plan

Pas de nostalgie, mais plutôt de la sueur, de l’énergie et de la chaleur animale…

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Ce soir, l’Ancienne Belgique est configurée en mode Box pour accueillir God Mother, Warsawwasraw et surtout, en tête d’affiche, The Dillinger Escape Plan. C’est la tournée d’adieu du combo américain. Fondé en 1997, il est responsable de 5 elpees, dont le dernier, « Dissociation », est paru en octobre 2016. Bien yankee, contemporaine, violente, sa musique est considérée comme le fruit de la rencontre entre heavy metal et mathcore, tout en intégrant des éléments de jazz et de prog. Les structures rythmiques sont souvent complexes et les tempos rapides. Si DEP a influencé de nombreux groupes, il s’est lui-même inspiré –et notamment– de Refused, Mahavishnu Orchestra, King Crimson, Black Flag et Cynic. Le New York Times a défini le groupe comme suit : ‘Si vous voulez vraiment connaître ces chansons, ce métal passe par le filtre jazz-rock d’Allan Holdsworth et Mahavishnu Orchestra’.

L’ouverture des portes est prévue à 18h30. Il ne sera décrété qu’une heure plus tard. En fait, le bus de DEP est tombé en panne sur la route. Les musicos seront donc contraints à se produire sur scène sans avoir réalisé leur soundcheck. A l’entrée le climat est lourd. Les gens parlent de l’attentat manqué, qui a secoué, la veille, la gare centrale…

A 20 heures, God Mother ouvre le bal. Un quatuor suédois. Issu de Stockholm, très exactement. Peu de monde dans la fosse. Si le drummer, le guitariste et le bassiste restent bien plantés sur les planches, le chanteur est vraiment déchaîné et rejoint l’auditoire, en emportant son micro relié à un fil (NDR : il aurait tout intérêt à s’en procurer un sans, pour ne plus s’entortiller dedans). Le band pratique un metalcore percutant et manifeste une énergie débordante. Hurlé le chant et particulièrement efficace. Convainquant !

Warsawwasraw embraie. Un duo parisien réunissant le chanteur/guitariste John Anthony Huss et le batteur Mathieu Luckas Betard. Ce dernier va se servir des fûts de son prédécesseur. Le chant est hurlé. Les sonorités sont lourdes et expérimentales. Pas trop ma tasse de thé. La salle commence à se remplir ; et elle sera comble pour la tête d’affiche.

Place ensuite à The Dillinger Escape Plan. Le drummer est installé sur une estrade surélevée juste devant une tenture noire sur laquelle est imprimé le nom du band. Le light show se distingue par quatre rangées de trois stroboscopes qui vont mitrailler la fosse, chauffée à blanc. Aux premiers rangs, l’atmosphère est suffocante. Votre serviteur migre vers le fond de la salle. Hurleur de service, Greg Puciato est épaulé par le bassiste Liam Wilson, installé en retrait devant le batteur, ainsi que Ben Weinman et Kevin Antreassian, qui se démènent comme des diables en boîte.

Après un élégant ‘Welcome Motherfuckers’, le show démarre sur les chapeaux de roues, par « Panasonic Youth ». Greg Puciato est omniprésent sur les planches. Il est partout et grimpe sur les baffles placés en front de scène. Son chant hurlé est assez mélodique, mais ‘testonérisé’. Endiablé, le set conjugue intensité et brutalité. Débordante, l’énergie libérée est terriblement électrique. Puciato incite à créer un circle pit et le rejoint. Les musiciens embraient par « Milk Lizard », comme si de rien de n’était, alors que Puciato remonte sur les planches. Pas sûr que la set list ait été respectée. Et l’intensité du show a atteint son paroxysme, lors du rappel, un encore de 3 morceaux.

Etonnant, mais la formation n’a pas abordé le sujet de la fin de son aventure. Et vu la réaction de la foule, on ne peut pas dire que l’ambiance était à la nostalgie, mais plutôt chargée de sueur, d’énergie et de chaleur animale. L’Ancienne Belgique a encore servi de temple du metal…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

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