Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Hooverphonic
Suede 12-03-26
Concerts

Arno

Ni en douceur et encore moins en profondeur…

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Arno est en tournée jusque l’an prochain. Il était ainsi programmé à la Maison de la Culture de Tournai, ce mercredi 9 octobre 2015. Il s’était déjà produit au même endroit, en janvier 2013. Et il est revenu. Tout comme le public ‘scaldéen’. La salle est d’ailleurs pratiquement comble. Son dernier album solo remonte à 2012 (« Future vintage »). Heureusement, qu’en ‘live’, il a quand même le bon goût de varier son répertoire. Faut dire que sa discographie est conséquente. Le temps que les spectateurs trouvent leur place assise numérotée et le concert d’Arno peut commencer. Il est alors 20h15.

Avant que le set ne débute, les haut-parleurs crachent une intro baptisée « Ostend dub ». Les musicos montent alors sur le podium. Un guitariste, un drummer ainsi que ses fidèles bassiste et claviériste. Sans oublier Meneer Hintjens. Et l’ouverture (« We want more ») est offensive, malgré les accords de gratte ‘floydiens’. Hormis le théâtral « Laisse-moi danser », la première partie du spectacle est d’ailleurs assez agressive, percutante, funkysante même. Les Tournaisens ne s’y attendaient certainement pas. Avant d’aborder « Vive ma liberté », 3 cuivres (trompette, trompette à coulisses et saxophone) ainsi que deux choristes rejoignent le quatuor. Les premiers s’installent à l’arrière-plan, sur la gauche, et les secondes, également en retrait, mais à droite. Ils campent sur de petites estrades. Et la compo prend une coloration ska. Plusieurs titres vont d’ailleurs adopter ce tempo au cours de la soirée ; et finalement sous cette nouvelle mouture, ils prennent une autre dimension. Arno sort bien sûr quelques vannes, nous raconte l’une ou l’autre histoire tendre. Comme celle de sa grand-mère et de ses tantes, avant d’interpréter un « Lola » aux cuivres sépulcraux et aux sonorités de claviers balkaniques. Il fustige également, sans pourtant les nommer explicitement, certains politiciens issus du Nord du pays (‘comme dans les années trente, mais ils n’ont pas de moustache’). Il présente également sa cover de Pete Seeger, reprise au cours de la second guerre mondiale par Marlène Dietrich (NDR : il doit s’agir de « Sag mir, wo die Blumen sind »), un morceau dont la fin hymnique est enrichie de chœurs gospel (NDR : les choristes ont de remarquables voix !) Un bémol quand même ! Dommage que le claviériste ne passe pas à l’accordéon pour certaines valses ou se contente de reproduire les sonorités slaves de cordes, à l’aide de ses synthés.

Parfois Arno s’assied, même pour certaines compositions qui ont la pêche. A l’instar du funky « L’amor », moment au cours duquel la scène est baignée par un light show de couleur rouge. Le meilleur moment du concert est certainement atteint par « Meet the freaks ». Pas de claviers cependant pour ce blues décapant au cours duquel le gratteur a opté pour une cigar box. Il y fait glisser son bottleneck sur les cordes. Et puis « Whoop that thing », titre qui monte progressivement en intensité avant d’atteindre sa pleine puissance ; et pendant lequel les deux filles (NDR : une Anglaise et une Américaine, dixit Arno) dansent comme des figurines égyptiennes. Soutenu par son pianiste, Arno nous réserve son incontournable « Dans les yeux de ma mère ». Et en fin de parcours n’oublie pas ses deux célèbres reprises de TC Matic, « Oh la la la » et « Putain Putain » (NDR : une version au sein de laquelle il intègre des bribes du « Wild thing » des Troggs ; alors que les cuivres y glissent l’ancien hymne de l’Eurovision), dont le public reprend en chœur ‘Nous sommes tous des européens’. Grosse acclamation ! Une partie de l’auditoire commence à se lever et frappe dans les mains en cadence. Alors quand Arno attaque l’adaptation du tube d’Adamo, « Les filles du bord de mer », le public s’enflamme. Ni en douceur et encore moins en profondeur. Plutôt parce qu’il est conquis. Arno lui demande d’agiter les mains et balayé par les faisceaux lumineux, le spectacle est impressionnant. A ce moment, il en profite pour faire de l’ombre aux psychiatres et autres psychologues…

Le groupe vient à peine de quitter le podium, qu’il y revient pour un rappel. Cependant, il accordera uniquement le classique « Bathroom singer », au cours duquel Arno se sert de cymbales tout en fredonnant ses ‘dingelingeling’. Arno et sa troupe ne reviendront plus. Deux heures de show, quand même. Et manifestement, l’artiste était en petite forme. Sur les planches, il buvait même de l’eau. C’est dire…

(Organisation : Maison de la Culture de Tournai)

Mobb Deep

Y a-t-il un Dj dans la salle ?

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Il y a 20 ans, le duo Mobb Deep, réunissant Prodigy et Havoc, publiait son deuxième elpee studio, « The Infamous ». Ce projet procurera une certaine notoriété pour Mobb Deep et constituera une pierre importante apportée à l’édifice du Hip-Hop East Coast –principalement– mais également du Rap en général. Si le succès n’a pas toujours été au rendez-vous par la suite, « The Infamous » va influencer beaucoup de rappeurs, à travers le monde. A l’occasion de ce 20ème  anniversaire, Mobb Deep avait choisi l’Orangerie du Botanique pour célébrer l’événement…

Annoncé sold out avant l’heure, le duo avait donc décidé de rejouer ses plus grands classiques sur une scène belge, devant 700 personnes. Un podium plus que minimaliste car seul le DJ figurait en arrière-plan des deux MC’s du Queens, sur une estrade dépourvue de tout décor… Même si le public était avant tout présent pour écouter du bon son Old School, un cadre ou même un logo du band aurait pu habiller un tantinet un espace très vide…

Quoiqu’il en soit, c’est un détail qui est vite passé inaperçu dès l’arrivée d’Havoc et Prodigy pour attaquer « Survival Of The Fittest », un morceau dont l’ambiance très sombre colle parfaitement à l’entrée des deux protagonistes du jour. L’auditoire est immédiatement réceptif à l’idée de réécouter les plus grands classiques du combo, notamment issus de ses premiers long playings studios, dont bien sûr « The Infamous ». Chaque compo est une occasion pour l’auditoire de s’extasier ; et ce dès les premières notes jouées de titres qui, au fil du temps, sont devenus iconiques dans le milieu Hip-Hop. Que ce soit sur « Hell On Earth », « G.O.D. Part III », « The Learning », « It’s Mine », « Quiet Storm » ou encore « Thug Muzik » –pour n’en citer que quelques uns– Mobb Deep fait honneur à sa discographie et entretient le bonheur de la foule dans l’Orangerie.

Malgré un public conquis d’avance, le duo n’est pas très proche de celui-ci. S’il y a bien quelques ‘checks’ accordés aux premiers rangs, il n’y a guère d’interaction entre les spectateurs et la paire. Bien que les morceaux soient plus que correctement interprétés par Havoc et Prodigy, Mobb Deep s’est contenté d’enchaîner les titres avant de finir en apothéose par le très célèbre « Shook Ones ». Un morceau emblématique pour la formation qui a bien entendu ravi l’Orangerie.

Après une seule heure de set, le crew se retire sur la pointe des pieds. Si la prestation était assez courte, et malgré la distance entre Mobb Deep et son auditoire combiné avec un DJ quasi transparent, une grande majorité était assez satisfaite d’avoir pu réécouter en live ce mythique groupe new-yorkais qui se fait hélas trop rare en Belgique…

(Organisation : Botanique)

Steve Hackett

Hanté par le spectre de Peter Gabriel…

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Agé de 65 balais, Steve Hackett est en tournée, périple qu’il a baptisé ‘Acolyte To Wolflight With Genesis Revisited '. Pas de supporting act. La salle est sold out. Normal, puisqu’il s’agit de l’ex-sixcordiste de Genesis, venu notamment défendre son dernier opus, « Wolflight », paru cette année. Il s’agit du premier album studio original de Steve. Le précédent, « Beyond The Shrouded Horizon », remontait à 2011. Enfin, depuis 2013, il revient se produire tous les ans à l’AB, comme s’il accomplissait un pèlerinage. Et pourtant, chaque concert est différent.

Un peu d'histoire. En 1971, Steve Hackett rejoint Genesis. Il devient le cinquième membre du band. Guitariste, il est recruté pour sa maîtrise de l’instrument et surtout son aptitude à innover. Outre son concours à la gratte, il participe à l’écriture et aux arrangements des compos. Ce qui va contribuer au succès de la formation et tout particulièrement celui récolté en Belgique. Il participe à l’enregistrement de 8 albums. Malheureusement, des divergences musicales le poussent à quitter le combo. Il embrasse alors une carrière solo, amorcée par la confection d’un elpee personnel en 1975, « Voyage of the Acolyte ». Pionnier dans l’art du ‘tapping’, son talent est également reconnu dans le jeu de guitare dite ‘classique’. Mais il est surtout notoire pour ses expérimentations éthérées. Sans verser dans la démonstration technique, il y privilégie constamment le sens de l'harmonie tout en entretenant un univers sonore poétique, décalé et onirique.

Votre serviteur débarque vers 18h00. Il y croise ses habituels potes et surtout les fans de la première heure. Surprise de taille pour l’Ancienne Belgique : les tickets sont numérotés et le placement est contrôlé. Donc, pas question de vivre le spectacle en compagnie de ses amis. Pas trop heureux de la situation, je me retrouve dans la fosse, à l’extrême gauche. Pas mal casé, quand même, il faut le reconnaître. Juste en face de Ron Townsend. Il va se charger des instruments à vents. Depuis les clarinettes à la flûte, qu’elle soit droite, simple, piccolo ou traversière. Il participe également au chant et aux claviers. Juste derrière lui, sur une estrade, s’est installé le préposé au piano et aux synthé Roger King. C’est l’instrumentiste qui fédère toute l’expression sonore. Son vis-à-vis campe également sur un podium surélevé. Il s’agit du drummer Gary O’Toole. Coiffé d’un chapeau melon –mais pas chaussé de bottes de cuir– sa double batterie est impressionnante. Devant lui, se plante Roine Stolt, qui alterne gratte et basse. Et il s’y révèle aussi discret qu’efficace. Il est chevelu et porte des lunettes. Steve Hackett s’installe à l’avant-plan. Il se réserve la guitare –électrique ou acoustique– et assure le chant. Par rapport aux shows précédents, il va d’ailleurs davantage se consacrer aux parties vocales. Pourtant, il y a un vocaliste supplémentaire. Nad Sylan. Il a un look androgyne. Et apporte son concours, circonstanciellement, aux vocaux. Son timbre est, en outre, très particulier (NDR : serait-il hanté par Peter Gabriel ?) Enfin, le spectacle bénéficiera d’un light show aussi sobre qu’efficient.

En montant sur les planches, Steve se saupoudre les mains et le manche de sa guitare de talc, puis salue l’auditoire, en affichant un large sourire. 

Une intro symphonique prélude « Corycian Fire » (« Wolflight »). Le son émane de deux haut-parleurs disposés au balcon, à mi fosse. Cette compo est superbe et me fait penser au Robert Plant post Led Zep. Un cocktail subtil entre musique issue du Nord de l’Afrique, classique, prog, rock et psychédélisme.

Les musicos débarquent pour attaquer la deuxième compo. Il s’agit du titre maître de « Spectral Mornings » (NDR paru en 1973, il s’agit du troisième long playing). Steve arrache des sonorités singulières et merveilleuses de son manche, en se servant également de ses pédales. Il focalise tous les regards. Un peu comme Steve Vai ou Joe Satriani. Il présente certains morceaux. Mais aussi ses musiciens. Dans la langue de Molière.

Après « Every Day » (« Spectral Mornings »), il troque sa gratte électrique contre une semi-acoustique. Il aligne alors « Love Song to a Vampire », « The Wheel's Turning » et « Loving Sea ». Les interventions de Ron à la clarinette ou aux flûtes sont magistrales. Dignes de Ian Anderson (Jethro Tull). Et le premier volet du spectacle de s’achever par l’instrumental classieux « Shadow of the Hierophant ». Steve est assis et se sert d’une sèche. Une belle démonstration de son talent de sixcordiste.

La seconde partie va survoler les 40 années de carrière de Steve. Et tout particulièrement celles vécues chez Genesis. « Foxtrot » (« Get 'Em Out By Friday », « Can-Utility And The Coastliners » et « Watcher of Skies », malheureusement sans son intro au mellotron), « Selling England By The Pound » (« After The Ordeal », caractérisé par ses claviers emphatiques et au cours duquel Ron va esquisser un petit pas de danse, le lumineux « The Cinema Show », dont l’histoire de Roméo et Juliette est revisitée et « Aisle of Plenty ») ainsi que le titre maître de l’oeuvre majeure « The Lamb Lies Down on Broadway » figurent ainsi au sein du tracklisting. Ce dernier morceau est vraiment un des sommets du show. Théâtral, il constitue la cerise sur le gâteau. Enfin une des cerises, car la dernière chanson, « The Musical Box » (NDR : issu de « The nursery crime », cet opus recèle des comptines sordides, faussement infantiles, qui mêlent magie, sexualité, cruauté et meurtre) en est une autre. A cet instant, votre serviteur jubile… 

Cette période de concert baigne bien évidemment dans la prog. Nad participe davantage aux vocaux. Son timbre est alors très proche de celui de l’Archange ; ce qui permet plus facilement de replonger dans le passé de Genesis. 

En guise de rappel, la troupe va nous accorder deux morceaux. Tout d’abord « Clocks - The Angel of Mons » (« Spectral Mornings ») et le prodigieux « Firth of Fifth » (« Selling England By The Pound »), au cours duquel chaque musicien va s’autoriser un petit solo.  

Malgré l’excellence du set, il faut avouer que le spectre de Peter Gabriel a plané tout au long de la soirée…

(Organisation : Ancienne Belgique et Live Nation)

Tom McRae

Ce n’est pas encore la fin du monde, mais de la tournée…

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C’est la deuxième fois en quelques mois que votre serviteur assiste à un concert de Tom McRae. Le précédent s’était déroulé à l’Archiduc de Bruxelles, en avril dernier. Un showcase organisé dans le cadre de la sortie de son dernier album, « Did I Sleep And Miss The Border ? » Ce soir, l’AB est en mode semi-flex. Et le spectacle est sold out. Il s’agit de l'avant-dernière date de la tournée qui s’achèvera à Paris le 3 octobre

Brian Wright assure la première partie. C’est le guitariste de Tom McRae. Il est issu de Waco, au Texas. Il compte 4 albums solos à son actif : « Dog Ears » en 2006, « Blurbird » en 2007, « House On Fire » en 2011 et « Rattle Thier Chains » en 2013. Cinq ans plus tôt, et plus ou moins à la même époque, il assurait déjà le supporting act pour son leader.

Brian a une bonne bouille qui sent bon le soleil du Sud des Etats-Unis. Son humour est transcendant. Et il le manie le plus souvent en raccordant sa gratte. Une semi-acoustique. Parfois on se demande s’il ne la désaccorde pas expressément pour sortir ses vannes. Il est également armé d’un harmonica. Un profil qui colle parfaitement à la country.

« Former Queen Of Spain » concède des accents hispaniques. « Red Rooster Social Club » est un bluegrass spasmodique. Il nous confesse que « Rosalee » est une chanson composée par son épouse, alors qu’il s’agit du nom de sa fille. Il nous réserve également une cover étincelante du « The Biggest Thing That Man Has Ever Done » de Woody Guthrie. Et le set s’achève dans un climat de bonne humeur. Parfait pour préparer le show de McRae.(Pour les photos c'est ici)

Ce soir, Tom McRae est donc flanqué de son fidèle groupe, The Standing Band. Il réunit Olli Cunningham (synthés, percussions, vocaux), Oli Kraus (violoncelle), Richard Hammond (basse, contrebasse, percussion, vocaux), David Walsh (batterie) et enfin Brian Wright (guitares, banjo, pedal steel). Pas d'accordéon ni de violon pour ce concert, mais un violoncelle. Sept lumières rouges marquées de notes de piano, derrière lequel siège Olli Cunningham, préludent l'arrivée des autres artistes... Mais ce sont de puissants spots bleus qui vont les mettre en exergue.

Tom est bien sûr en avant-plan. « The Dogs Never Sleep », issu du dernier opus « Did I Sleep And Miss The Border », ouvre le set. L’interprétation est puissante et convaincante. Particulièrement efficace, le drummer s’y révèle souverain. Ses frappes sont métronomiques. En outre, la section rythmique est parfaitement en phase. La formation est bien soudée. Et il ne faut qu’un petit geste de Tom pour que la musique s'emballe.

Pour « The High Life », Tom délaisse sa gratte. Il adresse un signe à l’ingé-son pour remonter le volume du micro, avant que le morceau ne démarre. Et en trombe ! Tom saisit le pied du microphone et s'accroupit, puis le relève tout en chantant.

La voix de McRae est écorchée et rocailleuse. Et elle colle parfaitement à ses ballades. A l’instar d’« End Of The World News (Dose Me Up) », qu’il aborde d’abord, seul, à la sèche. Ou encore « Let Me Grow Old With You ». Des ballades qui manifestement enchantent l’auditoire ; il reprend d’ailleurs régulièrement les refrains en chœur.

Très interactif, Tom présente chaque chanson ; en l’illustrant parfois d’un petit trait d’humour.  Sur « Expecting The Rain  », le nouveau single, Tom utilise un peu sa voix comme un instrument. Il la module même à la manière de Christophe. Superbe, « Christmas Eve, 1943 » est un titre à la mélodie contagieuse et au refrain enjôleur.

Pour « A & B Song », un extrait du tout premier LP (NDR : il est éponyme !), paru il y a 15 ans, il entame le morceau paisiblement, un peu comme une autre ballade, avant qu’il ne monte en puissance, intensité qu’il communique à l’aide de sa six cordes acoustique. Autre plus ancienne plage, « Walking 2 Hawaii » (« Just Like Blood ») est interprétée en duo. Tom à la gratte et Oli Kraus au violoncelle pour ce classique empreint d’une douce mélancolie…

« Hoping Against Hope » évoque la fin du monde. Le set tire à sa fin. Place ensuite au solide « What A Way To Win A War », premier single (NDR : il ne figure pas sur ce disque, mais est téléchargeable sur les différentes plateformes officielles) qui a précédé la sortie du nouveau long playing. Les musicos et Tom chantent presque a cappella. Impressionnant ! Et la foule est ravie ! « Silent Boulevard » (« All Maps Welcome ») achève officiellement le concert. Une compo, déchirée entre douceur et puissance, au cours de laquelle Tom est au sommet de son art. 

En rappel, le combo nous accorde encore « Ghost Of A Shark » (« Just like Blood ») et « The Boy With The Bubblegun », un titre bouleversant, illuminé par les interventions du violoncelle. A ce jour, ce concert figure parmi mes trois meilleurs de cette année…Pour les photos, c'est )

(Organisation : Ancienne Belgique)

High Hi

Très jeunes et pourtant déjà tellement matures…

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Le Salon, situé dans le beau village de Silly, a une nouvelle fois démontré son audace ! Les sympathiques membres fondateurs ont toujours le chic pour dénicher les perles rares. La programmation est plus qu’intelligente et permet aux néophytes de découvrir de nouveaux genres.

Ce samedi n’a pas failli à la règle ! Ce soir, il s’agissait en quelque sorte d’une ‘battle’ nord-sud, puisque Reject, groupe wallon, se produisait avant High Hi, venu tout droit de Flandre.

Reject avait l’honneur d’ouvrir les hostilités. Plutôt dans une veine rock, un tantinet alternatif, le quatuor a franchement manqué d’enthousiasme !

Pourtant habitué aux scènes live, il n’est pas parvenu à convaincre l’auditoire plutôt clairsemé.

Seul le bassiste donnait l’impression de s’amuser véritablement !

Non pas que la musique soit foncièrement mauvaise, mais l’ego surdimensionné de chacun des musicos impacte directement la musicalité du set. Les grattes nous assènent des sonorités trop bruitistes qui dénaturent complètement l’âme des morceaux.

La formation s’évertue à marteler une présence sonore à tout prix, au détriment de la qualité. Moins d’individualisme et un peu plus de subtilité dans le jeu enrichiraient très certainement le set. Quant à l’enchaînement des titres, il donne le tournis !

Le leader chantonne dans un ‘franglais’ à peine audible et compréhensible. Encore une fois, s’exprimer dans la langue de Shakespeare est une idée plutôt alléchante ; mais quand on n’est pas anglo-saxon, un minimum de savoir et de savoir-faire est nécessaire. Dommage !

Parfaitement inconnu au sein du paysage musical, High Hi a, par contre, servi de couperet face à la déception et à la morosité ambiantes laissées par leurs prédécesseurs !

Ne cherchez aucune signification manichéenne dans le choix du patronyme du groupe ! Il n’y en a pas !

Le trio, réunissant des musicos âgés d’une petite vingtaine d’années, a soufflé un vent de bonheur et d’exaltation aux quatre coins de la salle.

Mené tambour battant par la belle Anne-Sophie, ce groupe aux influences ‘indie pop’ est originaire de la région de Louvain.

Energique à souhait, le band n’a pas à rougir du parcours réalisé depuis ses débuts.

Venus défendre les couleurs d’un Ep quatre titres, ces primo arrivants se sont rencontrés un beau jour de 2010 sur les bancs de l’école secondaire pour unir leur force. Un beau mariage pour le meilleur, mais pas pour le pire…

Le son diffusé était d’une qualité irréprochable, notamment celui de la guitare lead, d’une limpidité proche du surréalisme.

La chanteuse, arborant une paire de chaussures rose fluo pour l’occasion, sautillait sur chaque riff de guitare se donnant ainsi corps et âme. Une vraie hystérique proche de l’extase!

Leur jeune âge est inversement proportionnel à la maturité dont ils font preuve !

De l’aveu même du band, toute démarche commerciale est proscrite. C’est une erreur ! Le potentiel radiophonique de leur répertoire est bel et bien réel. Ces petits deviendront grands !

La seule ombre au tableau émane de la qualité médiocre de leur mini elpee. Les arrangements bâclés dénaturent vraiment ce qui aurait pu devenir une jolie carte de visite !

Set list :

Calm Down Sir
Age
White Rabbit In The Black Hole
Tommy
Islands Full Of Gold
You
This Never Dies
Fear Of Snow
In The Drugs Don’t Kill You I Will

Her

(Organisation : Le Salon de Silly)

 

Tout Va Bien

Tout Va Bien dans le meilleur des mondes…

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Dans le cadre de ‘Liveurope’, la première initiative paneuropéenne destinée à soutenir les artistes émergents, l’AB accueillait Tout Va Bien et Rebeka, ce mercredi 30 septembre. ‘Liveurope’ est un label de qualité européen attribué aux salles de concerts dont les critères d’excellence et de diversité déterminent la politique artistique. Coordonné par l’AB, ce projet est destiné à stimuler les jeunes talents issu du Vieux Continent, tout en leur permettant de se produire devant un nouveau public. Et c’est l’Ancienne Belgique qui en est l’organe coordinateur.

Rebeka est un duo électro réunissant Iwona Skwarek et Bartosz Szczesny. Il est issu de Poznan, en Pologne. Il a publié un elpee en 2013. Intitulé « Hellada », il a été consacré ‘album de l’année’ par Gazeta Wyborcza, journal musical local.

Blonde, Iwona porte de longs cheveux. Elle se consacre aux machines et aux synthés, ainsi qu’au mellotron et à la boîte à rythmes. Mais également à la guitare. Sur les planches, elle remue pas mal. Outre la basse, Bartek se réserve également les synthés. Ils se font face-à-face, de biais, par rapport à l’estrade, mais scrutent l’auditoire. Car l’estrade est étroite et guère extensible.

Le concert est sold out et toute la soirée, la foule sera invitée à danser. Les artistes sont heureux d’être là et prennent manifestement leur pied sur les planches. Les déhanchements d’Iwona sont sensuels. Cristalline, fraîche, spasmodique, l’électro-pop du couple accroche instantanément.

« Roksana » entame le show en douceur, avant que les sonorités électroniques finissent par s’imposer. Vocodée, la voix de Mrs Skwarek me fait penser à celle de Robyn. Caractérisé par sa mélodie et surtout son refrain contagieux (NDR : à siffloter sous la douche !) et imprimé sur un tempo rock, « Nothing To Give » met progressivement en exergue la voix fascinante et pétillante de Iwona. Son timbre est ample et chargé de nuances. Il est susceptible de se révéler tour à tour paisible ou explosif. Après « 555 » et « Into the Ground », les deux musicos changent d’instru. Iwona se consacre à la guitare et Bartosz à la basse. Ce qui n’empêche pas la musique d’être dynamisée par les beats électro. Le plus souvent propices à la danse. A l’instar de « Melancholia », qui déclenche pas mal de remue-ménage dans la fosse. Quant à « Fail », il est davantage marqué par l'école berlinoise. Après « Breath », « Stars » clôt le set. Excellent, et d’une durée de 60 minutes…

Tout Va Bien est le nom de scène choisi par Jan-Wouter Van Gestel. Malinois, il est âgé de 21 printemps. C’est en novembre 2012 qu’il crée la page Facebook de Tout Va Bien. Un patronyme que lui a déniché StuBru. TVB est un des trois finalistes de l'édition 2013 du concours 'De nieuwe Lichting', organisé par cette station radiophonique.

Il grave en single une version anglaise du « Ne Me Quitte Pas » de Brel. C’est son premier. Pour son deuxième, « This Fight », il reçoit le concours du producteur Arne Van Petegem (Styrofoam, The Notwist), une chanson taillée pour la bande FM ; elle va d’ailleurs squatter le Top 30 de l’émission ‘De Afrekening’, pendant plusieurs mois. Et même atteindre le Top10, cinq mois plus tard. Entre-temps, il part à Los Angeles, pour enregistrer son album. L’opus s’intitule « Kepler Star » (2015), titre inspiré d’une supernova dont l’explosion a brièvement illuminé l’univers, il y a cinq siècles. Le monde de l'espace l'inspire.

Il y a du monde dans la salle. Les parents de Jan sont également présents. Et il a accordé une interview à Musiczine, juste avant le set de Rebeka… Ce n’est pas le premier concert de Jan à l'Ancienne Belgique. Il y avait déjà assuré le supporting act pour Ozark Henry et Jessie Ware. En outre, il a écumé la plupart des festivals prestigieux en Belgique (Lokerse Feesten, Nuits Botanique, Rock Werchter, Pukelpop et bien d'autres). Et grâce à son talent, il va la représenter dans le cadre de l’Eurosonic qui se déroulera à Groningen. Un rendez-vous incontournable pour tous les programmateurs de salle de concerts et de festivals. Une sorte de  marché européen de la musique.

Un grand calicot reproduisant la voie lactée sert de toile de fond. « Tall » ouvre le show. Jan siège derrière son piano. Ses doigts sont particulièrement agiles sur ses touches d’ivoire. Haut perchée, sa voix est vraiment particulière, mais elle charme. Très attentif et recueilli, l’auditoire semble plongé dans une sorte d’atmosphère mystique. « Sunrise » embraie au sein d’un même climat. Les quatre collaborateurs montent enfin sur l’estrade. Derrière ses fûts, le drummer se sert exclusivement de ses cymbales. Un moment empreint de magie. Les autres musicos rejoignent le podium. Le guitariste à droite, et derrière lui un claviériste/bassiste.  Un deuxième claviériste, se plante à l’extrême gauche. Il est également préposé aux machines.

Jan quitte sa place et empoigne le micro pour le titre maître de son elpee, « Kepler Star ». L’ambiance baigne au sein d’une douceur feutrée. Les spectateurs boivent littéralement les paroles de Jan. Et quoique perçante, sa voix n’est jamais agressive. « Wake Up » est le moment choisi pour se réveiller. Pas brutalement, mais progressivement ; des riffs subtilement incisifs alimentant la fin de parcours. Place ensuite à sa cover du grand Jacques, « If You Go Away ». Et à la sauce Tout Va Bien, elle passe parfaitement la rampe…

Electro/pop, « Oklahoma Skies » est une compo atmosphérique. « Sometimes In Life » est enrobé de chœurs envoûtants. Jan bosse pour l’instant sur les compos de son opus. Il nous en propose, « Start The Fire ». C’est une exclusivité !

Et il fallait s’y attendre, l’incontournable « This Fight » achève le set. De quoi déclencher, dans la fosse, une irrésistible envie de danser collective. Tout Va Bien est à l’aube d’une grande carrière…

(Organisation : Ancienne Belgique).

Beautiful Badness

Hanté par Bocelli et Mercury…

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Par un dimanche ensoleillé, votre serviteur se rend chez Dominique Fronville. Il a généreusement prêté sa propriété pour un spectacle ‘Cerises’. Un concert de 60 minutes, en appartement. La propriété est vaste, les musiciens occupent la terrasse. Tout au plus 40 spectateurs sont installés dans le jardin. Cinq mètres séparent les artistes du public. Une proximité qui rend le spectacle plus feutré et intimiste. Frédéric Bulté (http://soireescerises.over-blog.com/) est le responsable de cette judicieuse initiative.

L'entrée est gratuite. Il suffit de s'inscrire par e-mail, d’apporter sa chaise, sa bonne humeur, son sourire, ses boissons et un billet pour le chapeau qui circulera après le spectacle et constituera le cachet des artistes. Une formule, ma foi, qui tient parfaitement la route...

Franco-bruxellois, Beautiful Badness est drivé par Gabriel Sesboué. Prof de chant, il se consacre tout naturellement aux vocaux. Il est soutenu par Olivier Delescaille à la gratte acoustique et électrique, Gilles Servais aux drums (NDR : il est assis sur un cajon !) et Antoine Guenet aux claviers. Sans oublier une petite nouvelle qui vient d'intégrer le groupe, Raphaëlle Germser, préposée à la basse et au violon. Elle apporte une touche féminine à un ensemble, exclusivement mâle jusqu’alors.

Beautiful Badness profite de l'occasion pour tester les nouveaux morceaux de l'Ep « Many Years ». La sortie de ce disque est prévue le jour de la ‘Release Party’ ; soit le 15 octobre 2015, à la Rotonde du Botanique. En outre, la formation assurera le supporting act de la tournée de Birdpen (NDR : le projet solo de Dave Penny, le chanteur d'Archive). Après avoir salué son auditoire, recueillant ainsi les premiers applaudissements, les musicos se plantent derrière leurs instrus et Gabriel le micro. Curieux, ce dernier n’a pas ôté ses chaussures et ses chaussettes, comme lors de son set accordé en première partie de Fuel Fandango. Faut dire que ce jour là, il avait été victime d’un racket ‘shoes and socks’ (NDR : très rock’n’roll, cette expression !)

« Elder's Choir », le premier morceau, est attaqué sous forme de polyphonie vocale. Seuls quelques accords de piano soutiennent Gabriel. Un départ tout en douceur. « I Will Hunt You Down » est un nouveau titre. Les ivoires balisent l’ensemble. La voix de Gab est emphatique avant qu’elle ne monte dans les aigus. La mélodie accroche instantanément. La sèche s’emballe. Manifestement, les orchestrations s’inspirent de la musique symphonique.

Pour « It's Hard To Do It », Gab empoigne sa sèche. Il est à nouveau épaulé par le piano. « Wasting Your Time » c’est le titre maître du premier Ep. La voix de Gabriel s’envole à la manière de Freddie Mercury. Les grattes s’emballent. S’il n’y avait la musique, on pourrait entendre les moustiques et les libellules voler.

Pas de « Slipping Away » électrifié, mais unplugged. Ce qui permet, à nouveau, de bien mettre en exergue les vocaux de Gabriel qu’il utilise comme un instrument. Il se désaltère et met son micro très près de ses lèvres, un peu comme s’il allait déguster un glace. Et sa voix vous fait fondre, comme si elle restait au soleil. Il aborde alors « Run », un hit qui a permis au combo de se faire connaître. Cajon et ivoires, sont au diapason. Raphaëlle est particulièrement efficace à la basse. Gabriel siège derrière les claviers et déverse son miel sonore dans vos oreilles. Derrière ses lunettes, Gilles ferme les yeux et semble apprécier le moment. L’auditoire aussi. Place ensuite à la deuxième chanson proposée sous le format piano/voix : « The Time ». Un format au sein duquel Gabriel excelle également.

Après avoir fait un peu de promo pour le merchandising et le show programmé à la Rotonde, le combo embraie par « A Sunny Morning », le single qui a précédé le second Ep, paru en janvier 2015. Presque a capella, la compo est magique. Gabriel reprend sa gratte. Raphaëlle troque sa basse contre le violon. Antoine est préposé au banjo. Pas de cuivres cependant pour ce classieux « Many Years », un morceau vraiment épatant (NDR : un single potentiel !) Le timbre de Gabriel remonte dans les aigus sur « Tonight », une superbe chanson. On se croirait à l'opéra (NDR : le spectre d’Andréa Bocelli plane).

En finale du rappel, Beautiful Badness nous réserve une remarquable version du « We Will Rock You » de Queen (NDR : c’est rituel !) ; et à cet instant c’est le fantôme de Freddie qui se met à rôder…

Pendant ce concert, j’ai parfois eu l’impression de me retrouver au sein du chœur d’une chapelle ; à moins que ne soit au Théâtre Royal de La Monnaie.

Alors imaginez, le chapeau était rempli de pas mal de billets bleus, après avoir passé par les mains des spectateurs. Preuve que le set était excellent.

(Organisation : Les Soirées Cerises - Frédéric Bulté)

Christine & The Queens

Une véritable performance musicale, visuelle, théâtrale et chorégraphique…

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Votre serviteur débarque pour la première fois au Zénith de Lille. Une salle à taille humaine,  malgré sa capacité de 7 000 places. Un endroit très accessible à atteindre en voiture. Tout  comme le parking. Comme conseillé par le rédacteur en chef néerlandophone, je stationne  mon véhicule sous le Grand Palais, situé à moins de 5 minutes, à pied. La rumeur colporte que le public français est froid. Nos amis et cousins nordistes sont bien loin de l’être ; ils sont même sympas et chaleureux. Lorsque vous vous adressez à un voisin, dans l’arène, il vous répond gentiment : ‘T'es Belge, toi, t'as un accent’.

Ghost Culture aka John Greenwood assure le supporting act. Il porte de longs cheveux et se  produit seul sur l’estrade. Il se sert d’un laptop, de machines, d’une boîte à rythmes et de  synthés. Insulaire, cet artiste vient de publier en 2015, un album éponyme, «  Ghost Culture  », dont il va nous  proposer quelques extraits. Sa voix me fait penser à celle de Gary Numan, le chanteur charismatique de Tubeway Army, un personnage qui avait fait des ravages au sein des clubs électro et dancehall, pendant les années 80. Les beats sont parfois spasmodiques, comme chez Orchestral Manoeuvres In The Dark (OMD). Ou précis et métronomiques. A l’instar de Metroland voire Kraftwerk. Une chose est sûre, la scène berlinoise hante sa musique. Le retour parmi les premiers rangs est conséquent. Même que certains aficionados commencent à mettre le souk. Bref, un artiste à suivre de près.

Christine and The Queens, c’est le pseudo d’Héloïse Létissier. Elle est née en 1988, à Nantes.  En 2014, son premier opus, « Chaleur Humaine », rencontre un succès certain. Il a été enregistré sous la houlette d'Ash Workman (Metronomy, Klaxons, Summer  Camp) et est nominé à cinq reprises, lors des Victoires de la Musique 2015. Elle y décroche 2  récompenses, dont celle de l'artiste/interprète féminine de l'année.

Et il faut reconnaître qu’elle en a parcouru du chemin, depuis 18 mois. Au fil des concerts, elle se produit au sein de salles de plus en plus grandes. Elle avait accordé un show  remarquable à l'Orangerie du Botanique, puis un autre exceptionnel au Cirque Royal. Elle  opère une tournée des ‘Zénith’ dans l'Hexagone qui transitera par Forest National le 2 octobre  prochain.

Christine affiche un look androgyne à la Bowie et porte un costume de scène de couleur noire  et de coupe masculine. Elle est accompagnée par 4 danseurs et trois musicos, dont un préposé aux synthés, un autre à la boîte à rythmes et un gratteur qui se charge également des backing vocaux. L'intégralité du concert sera filmée.

Le set s’ouvre par « Starshipper ». Des lumières bleues se focalisent sur les danseurs –qui se  contorsionnent– et Christine, dont les déhanchements sont endiablés. Le light show émane  également du plancher, entre les trois musiciens. La fin de la chanson est accueillie par un  tonnerre d'applaudissements. Christine salue le public de Lille et déclare qu’il s’agit d’un  grand début de concert. Manifestement ravie, elle s'adresse toujours à lui, en utilisant la seconde personne du singulier. Son 'Tu' est renversant.

Des beats électro dynamisent « Half Ladies ». Sur l’écran, en arrière plan, elle apparaît tout  de blanc vêtue. Elle exécute alors des pas de danse inspirés par Michaël Jackson (NDR : les  mauvaises langues diraient Fred Astaire…) Le décor change ; enfin surtout l'écran. Il devient  rouge et est entouré de 14 néons jaunes et verticaux. Flanquée de deux danseurs, elle opère un  petit retour sur l'estrade rétro­éclairée, destiné à accomplir un autre petit pas de danse sur «  Science Fiction ». Lorsqu’elle revient au bord du podium, elle est talonnée par deux des  danseurs, le troisième demeurant en retrait. Elle interprète ensuite trois morceaux dans la  langue de Shakespeare : « Save And Holy », « Here » et « No Harm Is Done ». Très yankee,  ce dernier déchire, mais ne figure pas sur le long playing. Deux rangées de néons bleus  éclairent la diva qui passe et repasse, entourée de ses danseurs. Le show est magique,  fabuleux même.

La voix masculine enrichit le « Pump Up The Jam » de Technotronic et « Short Dick Man »  (NDR : une compo signée par 20 Fingers). Il s’agit de celle du rappeur américain Tunji Ige. Et  le résultat est terriblement dansant. Il incite même les spectateurs dans la fosse à se remuer le  popotin et le bas des reins.

Avant d’attaquer « Christine », elle confesse que ce prénom, elle l’a choisi pour le ‘live’. Et  elle s’adresse alors à l’auditoire en lui demandant : ‘Et toi public, nomme­toi !’ Dans une  belle cacophonie, les spectateurs crient donc le leur. Alors imaginez 7 000 personnes en  même temps. Complètement fou ! Mais également le résultat d’une belle communion entre  l'artiste et le public. Des néons tour à tour rouges, bleus ou oranges descendent du ou montent  vers le plafond, suivant les morceaux. Ils magnifient le spectacle.

Pendant le « Who Is Hit » de Michael Jackson, les lumières éclairent Christine par l'arrière. Sa  chorégraphie s’en inspire encore et toujours. (NDR : c’est quand même une fan !) En poussant  le bouchon, on pourrait même affirmer que l’élève a surpassé le maître. Elle et ses danseurs  sont omniprésents sur l’estrade.

Lorsqu’elle aborde « Intranquilité » et « Ugly­Pretty », elle s’assied sur les planches, au milieu des fumigènes. Pendant « Chaleur Humaine », titre maître de son LP, elle empoigne un  bouquet de fleurs et parcourt la fosse à la rencontre de son public, tout en continuant à chanter. Elle le remercie et lance une vanne : ‘Vous n'avez qu'à suivre le bouquet et ce que tout le monde fait’. Un moment fort qui marque la fin du concert en compagnie de quelqu’un qu'elle apprécie et décide de baptiser « Saint Claude ». Habillée d'une veste immense, elle adapte brillamment le « Paradis Perdus » de Christophe. Fin du spectacle…

Enfin, pas tout à fait, car un rappel est accordé. Avant d’aborder « The Loving Cup », elle  déclare penser à Beyoncé, Rihanna et Elton John. Et d’achever les 90 minutes de show par le  splendide « Nuit 17 à 52 ».

Chaque nouveau concert de la diva est une véritable performance musicale, visuelle, théâtrale et chorégraphique. Un spectacle à l’américaine, réglé comme du papier à musique, qui s’appuie sur un light show impressionnant. Héloïse, les stades t'ouvrent les bras, car ton public  t'adore…

(Organisation : Vérone Production + Corida)

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Rome

Croisière en eaux trop paisibles…

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On rencontre peu de comptes-rendus de concerts qui se sont déroulés dans la Zone, sur Musiczine.  Et pourtant, située outre-Meuse, cette salle détient probablement le record de longévité de la région, puisqu'elle affiche bientôt 25 années au compteur sous sa forme globale actuelle. Et peut-être que parmi vous, certain(e)s se souviennent de ses débuts pour y avoir passé des soirées tumultueuses au son de groupes qui s'y produisaient dans un registre alors majoritairement punk/hc/crust ou du style.

Depuis lors, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et la programmation s'y est bien élargie au gré des collectifs extérieurs qui y contribuent. Ainsi peut-on maintenant y voir de temps à autre des formations qu'on aurait plus difficilement imaginé s'y produire à l'époque –encore que si le collectif les Fruits de la Passion vous rappelle quelque chose... – telles que Rome, ce quatuor luxembourgeois apparemment déjà culte bien que découvert tout récemment par votre serviteur.

C'est en effet à la faveur d'un mix déniché sur Youtube que je suis tombé sous le charme de ce projet mené par Jérôme Reuter et dont les influences assez larges embrassent aussi bien le néo folk (cher aux bands tels que Death in June et consorts) qu'une certaine cold wave romantique (NDR : pensez à And Also The Trees) ou encore le spleen que l'on peut retrouver chez des artistes comme Tindersticks. Mais si ces références valent pour les enregistrements studio du groupe qui sont légion –8 albums et une flopée de singles et Ep's en une dizaine d'années– en ce qui concerne le live, la donne est sensiblement différente.

En tout cas j'ai eu du mal à retrouver la richesse de l'univers musical dans lequel m'avait plongé l'écoute de ce mix probablement constitué d'extraits judicieusement sélectionnés de leurs différentes œuvres, le quartet ayant choisi (pour ce set en tout cas) de se concentrer sur des morceaux plutôt pop-rock acoustique à tendance sombre.

Sous un format basse/batterie/clavier/guitare/chant, le combo va donc égrener un répertoire de compositions calmes et léchées qu’on qualifiera de ballades maritimes, à défaut de mieux! Ayant patiemment attendu que le concert décolle un peu, j'ai fini par décrocher et suivre l'action d'un peu plus loin...

Et il m'a bien semblé que les événements suivaient leur cours sans que les vagues ne gagnent en ampleur ni que le tangage s'intensifie ; ces matelots n’ayant probablement pas pris le risque de vous donner le mal de mer et encore moins mettre leur embarcation en péril.

Vous l'avez compris, je n'ai pas ressenti le grand frisson durant cette traversée en eau douce assurée de main de maître par un équipage très pro et rôdé à la tâche, mais manquant tout de même un peu de ressac et de surprises. Le public en revanche –composé de fidèles initiés rassemblés près de la scène– n'a pas davantage boudé son plaisir un instant, applaudissant avec enthousiasme et régularité et demandant moult rappels. Peut-être aurait-il fallu être de ceux-là pour partager la passion qui m'a manqué durant ce spectacle ?

(Organisation: Jungle Booking & Theme La Zone)

Mika

En route vers la voie lactée…

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Surprise en pénétrant au sein de Forest National, la salle a été rénovée. Les vieux fauteuils de couleur orange ont été remplacés par des flambants neufs. C'est la sixième fois que j’assiste à un spectacle de Mika ; et chaque fois, il est différent. Ce phénomène nous communique de bonnes vibrations dans les oreilles et nous laisse des étoiles plein les yeux. Pas de paillettes ni de confettis, cependant ce soir. Si tu souffres de rhumatismes, le kiné Mika te remettra sur pied. Si tu es cardiaque, il soignera ton cœur. Bref, un show de Mika vous permet d’oublier les tracas de l’existence, pendant 120 minutes. Rien que de l’émotion, du rire et surtout du bonheur…

Sur la gauche du podium on remarque la présence d’une caravane vintage. C'est une invitation au voyage dans l’univers de Mika. Mais tout d’abord, place au supporting act, Citizens. Un quintet londonien réunissant Tom Burke, Lawrence Diamond, Mike Evans, Martyn Richmond et Thom Rhoades. Fondé en 2012, le groupe a été repéré par Alex Kapranos, le leader charismatique de Franz Ferdinand. Il tombe sous le charme de leur musique et décide de produire leur album, « Here We Are », qui paraît en mai de la même année.

Tom, le chanteur, s’exprime parfaitement dans la langue de Molière. Derrière lui, deux toms basse sont posés aux pieds d'un guitariste et d’un bassiste. Le drummer s’est planté à l'extrême droite, de biais. A gauche un claviériste/guitariste est coincé près du timon de la caravane.

La formation est venue défendre son dernier elpee, « European Soul », paru en avril 2015 (NDR : lors des sessions d’enregistrement, Laurent D'Herbecourt, responsable de la mise en forme du dernier opus de Phoenix, était derrière les manettes).

Citizens assure donc la première partie de la tournée européenne de Mika, baptisée ‘European Heaven Tour 2015’.

Le set s’ouvre par un morceau dynamisé par un flot de percus. Les accords de grattes sont léchés. Les arrangements ‘beatlenesques’. Et le tout est épicé d’un zeste d’électro. La voix de Tom est perçante, mais harmonieuse elle colle parfaitement aux mélodies soignées et accrocheuses. Burke est également très proche du public. Un futur grand entertainer ! Quant à la musique, outre les références aux Fab Four susvisées, elle se veut dansante, à l’instar de Franz Ferdinand voire des Arctic Monkeys. Un groupe à suivre de très près…

(Set list : It was Idiots, Lighten Up Reptile, Brick Wall, Are You Ready, Caroline, True Romance) 

 

Forest National est sold out pour accueillir Mika. C’est la seconde fois qu’il s’y produit. Mais il s’agit de sa première grande salle en Europe pour ce nouveau périple. Le public est impatient de participer à la fête. Et ce dernier va rappeler cette invitation, à plusieurs reprises. 

Dès l’entame, il marque des points : 'Plus Loin que la lune. Plus loin que le ciel. Plus loin que l'arc-en-ciel', les paroles de la petite intro sont percutantes. Et elle se poursuit par un melting pot constitué d’extraits du répertoire de Judy Garland (« Somewhere over the rainbow » a été popularisé par cette chanteuse, un titre signé Harold Arlen/E.Y. Harbug, dans les années 30), de Prince (« Purple rain »), de Luis Mariano, d’Aznavour et de Juliette Gréco. Une ouverture qui frappe déjà les esprits. Les lumières des Smartphones brillent de mille éclats. La salle ressemble à la voie lactée. Magique ! Et la setlist (NDR : 21 titres quand même) d’embrayer par le morceau maître du dernier LP, « Heaven », moment au cours duquel des leds de teinte rouge/orange descendent du plafond.

Mika est coiffé d’un chapeau et vêtu d’un imperméable de couleur noire. Il s’installe devant la caravane, sur laquelle se sont focalisées des lumières blanches. Il attaque seul au chant, « No Place In Heaven », en s’accompagnent uniquement de quelques accords de piano. L’auditoire acclame cet exercice de style presque a cappella. Mika le salue, ôte son couvre-chef et jette son ciré. Il est alors tout de blanc vêtu. L'avant de la caravane se déploie et laisse apparaître un harmonium. Au dessus de celle-ci s’illumine (NDR : encore des leds !) le mot 'Paradise'. Mika s'accroupit et mime devant l'instrument. Il se retourne plusieurs fois vers la foule et grimace. Fou rire général. L'harmonium s'emballe. L’artiste fait à nouveau face à l’audience pour saluer le public en 5 langues et présenter « Big Girl (You Are Beautiful) ». Le tracklisting fait la part belle au premier long playing, « Life In Cartoon Motion », une machine à hits qui lui a permis d’acquérir une notoriété certaine, en Belgique. D’une  durée de 6 minutes, cette compo est à la fois festive tout en exerçant son charme. Parfois, cependant, elle suscite une forme de délire, dans la fosse. Mika s'arrête 120 secondes, interpelle les spectateurs, leur demande de devenir féroce, de fermer les yeux et de penser aux gladiateurs. Le refrain est alors repris en chœur par l’ensemble de l’auditoire qui ne fait plus qu’un avec lui.

A partir de « Good Wife », il est soutenu par le quintet. Le même que dans le cadre des Lokerse Feesten, fin juillet dernier. En retrait, on remarque –à nouveau– la présence d’une charmante percussionniste. Sans quoi le line up implique trois claviéristes, dont deux doublent aux guitares et un à la basse. Sans oublier le gratteur soliste (également préposé aux cuivres). Le déhanchement de Mika est ravageur. Les bras se lèvent. La fosse est brûlante. Y a-t-il des pompiers dans la salle ? Les spectateurs dans les gradins semblent apathiques. C’est là que votre serviteur est installé. Il aurait préféré l'ambiance de la fosse, plus chaleureuse et instinctive.

Le début de « Grace Kelly » est exécuté au ralenti. Mika signale qu'il a un peu grandi et va tout décélérer. Mika éclate de rire et joint le geste à la parole. Il ajoute que la durée du concert sera de 4 heures. On baigne encore et toujours dans le délire…

Il avoue ses 32 balais. Qu’il a vieilli, mais bonifie comme un Pétrus. Il sent qu’il prend de l’âge et proclame : 'Pour annuler les années. Une seule solution : la danse’. Les plages du premier elpee défilent (« Billy Brown » « Lollipop » « Love Today », sans oublier « Relax, Take It Easy », « Grace Kelly » et « Happy Ending »). De quoi maintenir l’auditoire au sein d’un climat de folie et d'effervescence. Des percussions ibériques agitent « Boum, Boum, Boum ». Mika est dos au public et se déhanche. Il interprète cette belle chanson d’amour dans la langue de Voltaire. Moment choisi pour faire vibrer les cœurs. Au cours de ses 120 minutes de prestation, il va d’ailleurs en chanter d’autre en français ; « L'Amour Fait Ce Qu'Il Veut », « Staring At The Sun (Tant Que J'ai Le Soleil) », « Elle Me Dit » et « J'ai Pas Envie ».

Sur l’estrade, le décor est magnifique. Lors du premier volet, la caravane avait déployé ses ailes pour dévoiler un cadre de rêve. Lors du second, il est illuminé par une boule à facettes ; mais surtout révèle une toile dessinée par Mika et l'Anversois Job Smeets. Un travail qui leur a pris 5 semaines. En fin de parcours, Job est d’ailleurs invité à monter sur les planches pour participer à l’interprétation de « Love Today ». Humble, cet artiste pose une fesse sur un siège minuscule, à côté de Mika. Ce dernier se consacre alors aux claviers et lui au tambourin basque à cymbalettes. Avant que le morceau ne s’emballe.

Tout au long du spectacle on sent qu’une grande complicité existe entre Mika et ses musicos.  Mika mouille sa chaise, tout en préservant une élégance bien insulaire. Il manifeste énormément de respect pour son auditoire. En visionnant la vidéo du concert de Mika au Zénith de Lille, accordé deux jours plus tôt, il appert que celui de Forest était tout spécialement taillé pour le public belge.

« Love Today » termine le show. Mais ce n'est pas fini. En rappel on aura encore droit à « Last Party ». La troupe s’est livrée à fond pendant deux heures. Et la foule lui a bien rendu. Mika remercie ardemment le public belge. Il précise même que la Belgique est une terre d'accueil pour lui. Et j’ai envie de lui répondre : ‘Et toi, l'artiste, du pain béni pour le rêve’.

(Organisation : Live Nation)

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