La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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GrandGeorge

Moins mathématique qu’il n’y paraît !

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C’est le jour ‘J’ (NDLR : le point G ?) pour Benjamin GrandGeorge, puisqu’il publie aujourd’hui son premier elpee, « So Logical » ; une sortie qu’il ponctue d’une ‘release party’. Et le concert programmé à la Rotonde du Botanique est sold out depuis un bon mois. Une bonne nouvelle pour l’artiste qui, jusqu’alors, avait bénéficié de quelques résidences au sein de l’institution. 

StevN alias Steven Codfert assure le supporting act. Chanteur, guitariste et compositeur, ce Franco-britannique est âgé de 23 ans. Puisant ses influences dans la soul, le blues, le jazz et la pop, il reconnaît pour influences majeures, John Mayer, Led Zeppelin, D’Angelo et James Brown.

Dès qu’il monte sur l’estrade, il prend le temps d’expliquer le fonctionnement de sa loop machine, un dispositif qui lui permet d’enregistrer des sons, de les reproduire en boucle tout en les incorporant à une trame instrumentale. Le tout à l’aide de pédales. Un traitement qu’il réserve à sa gratte semi-acoustique ou électrique. Le peuple commence à débarquer, et les spectateurs assis sur les marches sont invités à se lever.

« This Thing » ouvre le set. Steven se lance dans un exercice de human beat box, avant de libérer ses riffs de gratte électrique. Il chante également, d’une voix soul puissante et incantatoire. Un petit riff de guitare loopé balise « Itch ». Steven embraie en frappant des mains et le public applaudit dans la foulée, au grand étonnement de l’artiste, qui semble cependant apprécier. Il s’autorise une légère pause pour réaccorder sa semi-acoustique. Pas de boucles pour « Fired up », un titre plus roots, plus classique, hanté par l’esprit de Joe Bonamassa, qu’il interprète en mode voix/guitare. Un moment au cours duquel l’auditoire est fasciné par sa dextérité sur le manche. Et le concert s’achève en force, par « Somewhere » et « Clap », morceau de blues/roots/soul au cours duquel Steven va se vider les tripes sous le regard épaté de l’auditoire. A revoir, c’est une certitude !

GrandGeorge est un artiste de grande taille. Son nom n’est pas usurpé. Tiens, curieux, il revêt des t-shirts identiques, mais de couleurs différentes, selon qu’il se produit en ‘live’, est représenté sur la pochette ou placardé sur les affiches. Humble, le sourire constamment aux lèvres, il bénéficie d’un fameux capital sympathie. Il va accorder une prestation de 90 minutes ; ce qui est rare pour un artiste qui ne compte qu’un album et un Ep à son actif.

Benjamin se réserve le micro et se consacre à la guitare (acoustique ou électrique), au piano, ou au djembé. Il est soutenu par le fidèle bassiste Nicolas L'Herbette et le drummer Samuel Rafalowicz (NDR : il cache quelque chose sous le bonnet, c’est sûr…)

Dès les premières notes de guitare électro-acoustique, on reconnaît la mélodie de « Come Along ». On est alors invité à traverser les grandes étendues désertiques du Burkina-Faso. Tirant le plus souvent sur le jaune, le light show est à la fois discret et efficace. Benjamin sautille sur place. L’auditoire lui emboîte le pas, applaudissements à la clé. Le courant passe 5 sur 5 entre l’artiste et le public. C’est mathématique ! Caractérisé par sa mélodie contagieuse, le savoureux « How Long » est découpé rigoureusement dans les cordes acoustiques.

Benjamin nous fournit l’exégèse de « Little Boy ». Il était haut comme trois pommes quand ses parents l’ont emmené voir un concert. Le halo de lumière qui se focalisait sur la chanteuse était tellement puissant que son regard restait scotché sur elle. Il pensait qu'elle le regardait et il en est tombé amoureux… Tout au long de ce morceau jazzyfiant, les percus sont discrètes, les accords de basse vaporeux, et les accords de gratte limpides. Des accords qui adoptent un profil flamenco –parfois improvisé– sur « So Fine ».

« Fading Away » nous replonge en Afrique. L’ambiance est particulièrement chaleureuse. Davantage de percus pour « Old Friends », une compo qui lorgne vers… le Who ! Il n’en oublie pas pour autant le titre maître de son long playing, « So Logical ». Mais surtout nous propose un tout nouveau titre, une chanson d’amour qu’il interprète au piano. Il confesse avoir pris des cours pour pouvoir en jouer et explique que c’est sur cet instrument ou sa guitare qu’il a réalisé ses premières compositions.

Benjamin passe du dejmbé à la gratte en transitant par les ivoires pour exécuter « Good Old Money », un titre qui adopte également un tempo ska/reggae, tout en adressant un petit clin d'oeil aux traders. Avant « A Better Dance », Benjamin présente ironiquement son drummer, qu’il a baptisé Hocus Pocus. Et pour cause, ce dernier extrait une basse de son bonnet. Ce qui déclenche un fou rire général dans l’auditoire. Nico en a profité pour piquer la gratte électrique de Benjamin. Et les changements d’instruments se poursuivent, puisque Ben reprend celle de Nico pour attaquer le funk incendiaire « Petit Dej Au Lit ». En fait, tout simplement une invitation à servir de repas aux alligators du Mississipi. Et manifestement, le festin était… « So Fine » ! Puisque GrandGeorge nous le rappelle…

De ce show, on n’en oubliera pas les petites touches d’impro glissées parcimonieusement, mais judicieusement dans les morceaux ; ce qui s’explique, puisque tous ces musicos sont issus de l’univers du jazz. Suivant une logique moins mathématique qu’il n’y paraît ! Et puis la voix de Benjamin, qui me fait de plus en plus penser à celle de Charlie Winston… 

(Organisation : Le Botanique et Ubu Production)

 

 

Villagers

Bien plus qu’une révélation…

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Villagers est une formation irlandaise drivée par Conor J.O’Brien. Son dernier album studio, « Darling Arithmetic », remonte à avril 2015. Et le mois dernier, le combo a publié « Where Have You Been All My Life? », un disque qui réunit d’anciens titres immortalisés lors d’une prestation ‘live’ accordée au RAK de Londres. Le groupe est un abonné au Bota, puisqu’il s’agit déjà de la cinquième fois qu’il s’y produit. Ce qui explique peut-être pourquoi il a choisi l’Orangerie pour ouvrir sa tournée européenne. Et son public est toujours aussi fidèle, car la salle est sold out.

Le nouveau périple de Conor J.O’Brien et de sa troupe sera acoustique. Ainsi, il a emmené dans ses bagages Gwion Llewelyn (batterie, trompette), Danny Snow (contrebasse) et Mali Llywelyn (harpe, synthés). Les musicos montent sur le podium à 21 heures pile. Maître de cérémonie, O’Brien se plante au centre. Barbe touffue, mais bien taillée, il semble particulièrement serein. Il faut dire qu’au fil sa discographie et de ses tournées, il a gagné en maturité et en popularité. Tout en enrichissant ses compositions de touches de plus en plus subtiles. Une progression qu’il va démontrer tout au long du show, en interprétant des morceaux issus de ses trois long playings. Parmi lesquels on épinglera « Everything I am is Yours », « Dawning on Me » et « The Soul Serene », qui figurent sur le dernier opus ; et puis « The Pact (I'll Be Your Fever) », un titre folk à la mélodie presque kitsch. Les arrangements sont particulièrement soignés (ces interventions de harpe et de cuivres !) La voix est parfaitement maîtrisée. Tout comme l’instrumentation. Bref, le quatuor parvient à se réapproprier un répertoire, en version acoustique. O’Brien ne triche pas ! Et le public l’a bien compris, en manifestant son enthousiasme tant pour l’ancien répertoire que le nouveau, qu’il semblait finalement bien connaître.

Villagers est devenu aujourd’hui bien plus qu’une ‘révélation’. Il confirme un talent de songwriter ; celui de Conor J.O’Brien, capable de se transcender aussi bien en studio qu’en ‘live’…. 

(Organisation Botanique)

 

 

Aline

Salut les ‘Copains’!

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Initialement prévu quelques jours après les tragiques événements parisiens de novembre dernier, le concert d’Aline a finalement pu se dérouler au Botanique, en ce dimanche de la Saint-Valentin. Programmé tout d’abord dans l’intimiste Witloof Bar, le set a été finalement déplacé vers la Rotonde.

Pas de supporting act. Sur le coup de 20h15, la formation française monte sur l’estrade. Romain Guerret rejoint ses camarades au bout de quelques secondes. Chaussé de lunettes de soleil, le leader du groupe affiche un look très seventies. Et son premier geste consiste à accorder sa gratte. Le show s’ouvre par « Avenues des Armées », première chanson du dernier album d’Aline, sorti fin août 2015. Les mélomanes qui ne connaissent pas trop le style –proche de la pop insulaire, nonobstant les textes dans la langue de Molière– de la formation marseillaise, sont immédiatement plongés dans le bain. Romain aborde des thèmes universels pour torcher des chansons émouvantes. Et c’est sans doute aussi une raison pour laquelle, ce band parvient à remplir la salle bruxelloise, un dimanche soir.

La set list aligne ensuite ses nouvelles compos ; et il faudra attendre une vingtaine de minutes, avant qu’il n’attaque « Voleur », un titre issu du premier elpee. Qui n’a pas été négligé ; et c’est tant mieux.

Particulièrement heureux de retrouver la ville où son dernier elpee a été produit, Guerret dialogue régulièrement avec ses fans entre la plupart des chansons, en y injectant systématiquement, une pointe d’humour très caractéristique.

En milieu de parcours, le set prend un coup de boost. A cause du plus funk « La Vie Electrique », suivi d’une version légèrement développée de « Je Bois et puis Je Danse ». De quoi faire chavirer définitivement l’auditoire. Faut dire que ces deux morceaux sont les plus notoires du groupe. Enchaîner les singles-phares des deux LPs studio, c’était plutôt bien joué !

Après « Une Vie » (NDR : un hommage à Morrissey), l’ambiance monte encore d’un cran tout au long de « Promis Juré Craché », une composition qui pénètre dans l’univers du rock. Guerret se plaint régulièrement de l’état de sa gratte. Pourtant, ces petits soucis techniques ne sont guère perceptibles. « Plus Noir Encore » clôt le concert. De quoi faire retomber la pression. Avant un rappel au cours duquel la formation va se faire plaisir. En reprenant le « Tout ce que Je Veux » des Désaxés. Mais surtout en puisant dans son ancien répertoire. A l’instar de « La Lune Sera Bleue » et de l’instrumental « Les Copains », chanson qui symbolise parfaitement l’esprit d’Aline.

Bref, la bonne humeur du quintet a illuminé des compos aussi épatantes sur les planches qu’elles ne le sont sur disque. Et permis au public de passer une excellente soirée ; qui s’est d’ailleurs prolongée plus d’une heure, après la fermeture de la Rotonde, les ‘Copains’ taillant tranquillement une bavette en compagnie de leurs aficionados, devant la salle, tout en n’oubliant pas de signer compact discs, vinyles et posters. Si vous avez manqué le concert de cet excellent groupe, il n’est pas trop tard ; car Aline se produira au Reflektor de Liège, le jeudi 25 février. Foncez !

(Organisation : Botanique)

Lemon Straw

En attendant ‘La Vie en Rock’ !

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Ce soir, le Salon de Silly accueille Lemon Straw. Avant l’ouverture des portes, plus de 300 personnes patientent sur le parvis. On risque encore d’être entassés comme des sardines. La dernière fois, c’était lors du concert Nicola Testa. Il y a même des mélomanes qui se sont déplacés depuis le Nord de la France pour applaudir les artistes.

Car ce samedi, il y en aura deux. Wanted Fire assure le supporting act. Un groupe bruxellois fondé en 2010 par Mathieu Leseigneur. Il se consacre au chant et à la sèche. Il est épaulé par Augustin Dethier (Aidan And The Italian Weather Ladies) au cajon, Tim Paez à la seconde gratte (électrique) et enfin Tuan Lé à la basse. A son actif, un Ep intitulé « Unchained », un disque paru l’an dernier.

La scène est exiguë. Tuan se plante à l'extrême gauche. C’est le seul qui se produit debout. Augustin est assis sur son cajon. Il agite en même temps un tambourin à cymbalettes, de son pied droit. Tim alterne entre six cordes acoustique et électrique. Les compos sont interprétées dans la langue de Shakespeare. Une seule exception, le « M » de Mathieu Chedid, dans celle de Voltaire.

« Radio » ouvre le set. La gratte électrique libère des sonorités surf. La voix de Mathieu est autoritaire. « Inner Duel » est bien plus atmosphérique ; à cause des envolées vocales. « White Wolf » est un titre fort intéressant. Les lyrics traitent de l'illusion, l’addiction, le conflit, la dualité ; mais aussi de l'espoir, l'euphorie et du voyage que les musicos vivent et partagent en compagnie du public. Bluegrass, « Beyond » pourrait servir de B.O. à un western spaghetti. La prestation du quatuor a été chaleureusement applaudie. Wanted Fire se produira au Bar Du Matin de Forest le 22 avril prochain et d’autres dates devraient suivrent…

Le line up de Lemon Straw implique le chanteur/guitariste Giani Sabia et deux préposés aux machines ainsi qu’aux synthés, Boris Lori et Xavier Bouillon. Le trio est venu défendre son deuxième  elpee, « Running Home », paru en mars 2015. En fait, ce soir, le band va se produire sous la forme d’un quatuor, puisque Martin Moreau –tiens, il s’est laissé pousser les cheveux– est venu renforcer l’équipe. Pas n’importe qui, puisqu’il s’agit du batteur de la formation athoise, Feel. Sur les planches, il joue, un casque audio sur les oreilles. Et Boris est coiffé d’un chapeau. Pas de basse, cependant, au sein du combo borain (NDR : il est issu de Frameries).

La voix de Giani évoque inévitablement celle du vocaliste de Placebo, Brian Molko. Il joue de la lap steel, assis, à la manière d’une pedal steel. Boris utilise également un dobro, dont le son est bien plus métallique. Et circonstanciellement, il souffle dans un harmo. Le quartet est bien soudé sur les planches.

Des notes d’ivoires amorcent « Air », le premier titre du set, avant que la six cordes n’entre dans la danse. Un morceau de moins d’une minute, qui laisse rapidement la place à la ballade atmosphérique « Does Anyone Feel Like Me », balayée par la lap steel. « Out Of Time » est une compo qui a servi de support à la campagne des 'Iles De Paix'. Boris joue de son dobro qu’il place en position couchée. Le refrain est contagieux. « Wich Side Are You On » est un titre plus rock et surtout plus nerveux. « A Chapel  Of Hope's Stories » est une compo bien cosy. Intimiste si vous préférez. Un seul ancien morceau dans la set list, « See You One The  Other Side ». « I'm Gonna Crawl », « Running Home » et « Run » se contentent d’arrangements dépouillés. Un climat qui permet à Giani de bien mettre en exergue sa voix douce et aérienne. Electro/pop/funk, « Change » est davantage dominé par les claviers (NDR : Dada de Suarez y participe sur disque ; ce n’est pas le cas ce soir). Et le set de s’achever par « Kick Me Out ».

En rappel, Boris est en démonstration à l’harmo tout au long de « The Walls Of Your Prison » avant de colorer, de ses interventions, le final « I Don't Care »…

Lemon Straw assurera la tête d'affiche du festival ‘La Vie En Rock’, qui se déroulera le 2 avril 2016 ; un événement dont les recettes sont destinées à financer la recherche contre le cancer (Voir infos ici

(Organisation : Le Salon + Silly Concerts)

Halestorm

Du show dans le show…

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C’est la quatrième fois que votre serviteur assiste à un concert de Halestrom ; et il ne s’en lasse pas. Faut dire que la chanteuse/guitariste est particulièrement sexy. Et puis elle ne manque pas de talent, tant à la gratte qu’au micro. Ce qui ne gâte rien. Halestrom est une formation pennsylvanienne fondée en 1997. A sa tête, un frère et une sœur Lzzy et Arejay Hale, qui n’ont alors que 10 et 13 ans. C’est même le paternel qui se charge alors de la basse. Il sera ensuite remplacé par Joe Smith, toujours au poste. A l’actif du combo, trois elpees, dont le dernier, « Into The Wild Life », est paru en 2015. C’est cet opus que la formation est venue défendre. L’AB Box est sold out.

Il revient à Wilson d’assurer la première partie. Un quintet issu de Detroit réunissant le chanteur Chad Nicefield, le bassiste James Lascu, le drummer Matt Puhy ainsi que les gratteurs Jason Spencer et Kyle Landry. Les 5 musicos arborent fièrement de superbes tatouages sur les bras.  

Le set s’ouvre en force par « Give 'Em Hell ». Quoique hurlé mais mélodieux, rocailleux et énergique, le chant colle parfaitement au rock’n’roll pur et dur du band. Son attitude  'Sex, Drugs and Rock'n'roll' ne manque d’ailleurs pas d’humour. Le bassiste est gaucher. Comme Macca ; mais ici s’arrête la comparaison. Son attaque sur son manche est autrement sauvage. Chad se frappe constamment la poitrine, comme s’il devait faire son mea culpa, ou se secoue violemment la tête. Il invite l’auditoire à former des ‘round circles’. Sans grand succès ! Il devra d’ailleurs attendre le dernier morceau, « Snake Eyes », pour qu’une dizaine de spectateurs acceptent de le porter audacieusement à bout de bras. De ce concert, on épinglera l’excellente cover du « Hair Of The Dog » de Nazareth. Une bonne entrée en matière. (Pour les photos c'est ici)

Place ensuite à Halestorm. Une batterie imposante trône sur une estrade, au milieu du podium. Jeans de couleur bleue, blouson de cuir noir et body bien aéré, Lzzy déboule sur les planches. Les deux Joe (Hottinger et Smith), respectivement deuxième guitariste et bassiste se plantent de part et d’autre. Le son est nickel. Le light show impressionnant. « Apocalyptic » (« Into The Wild Life ») ouvre les hostilités. Lzzy focalise tous les regards. C’est la star de la soirée. D’ailleurs de nombreux aficionados portent des t-shirts à son effigie. Les compos sont imprimées sur un train d’enfer. La voix de Lzzy est sableuse. Elle change de gratte pratiquement à chaque morceau, mais se sert le plus souvent d’une ‘Jacksons’ de couleur blanche. Pendant « Love Bites (So Do I)», elle lève une main vengeresse puis se met à triturer sa gratte. Ravi, le public applaudit et reprend le refrain en chœur. Avant d’aborder « I Am The Fire », un roadie vient apporter à Lzzy une guitare à double manche. Et elle y étale toute sa technique. Sa dextérité sur ses manches est même déconcertante. Tout au long de « Rock Show » (« The Strange Case Of…»), Joe Hottinger s’autorise un solo de gratte revanchard. Lzzy vient régulièrement affronter son frangin devant ou carrément sur l'estrade, à l’aide de la sienne.

En fin de parcours, Arejay se réserve un solo de batterie de plus de10 minutes. Il utilise des sticks de différentes longueurs et martèle ses fûts en sautant sur place. Un autre show dans le show !  (Pour les photos, c'est )

(Organisation: Ancienne Belgique)

 

 

 

 

Kodaline

Ce soir, les bouchons à Bruxelles, c’était dans les oreilles…

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Il est 18h30, et la file est déjà longue devant l’AB. Elle commence même à hauteur de l'entrée du Music Village. Vous vous en doutez, le concert programmé ce soir est sold out. D’ailleurs toute la tournée européenne de Kodaline affiche complet. En 2013, la formation avait encore foulé les planches du Bota. A deux reprises. A la Rotonde, puis l’Orangerie. Le supporting act n’est pas précisé sur l’affiche. Il s’agit –renseignements pris– d’un combo espagnol qui répond au nom de L.A.. Et c’est lui qui va créer la (bonne) surprise.

Vu la place prise par l’imposant matos de Kodaline, il n’en reste guère pour cette première partie. Les quatre musicos se placent donc en ligne. Un drummer, coiffé d’un chapeau de cow-boy, un chanteur/guitariste, son bonnet enfoncé sur la tête, un autre gratteur et un bassiste. D’après son site web, le band impliquerait six musiciens. Faut croire que deux d’entre eux sont restés à la maison.  

La voix du chanteur est captivante et évoque tour à tour Bono ou Marcus Mumford. D’ailleurs le folk/rock endiablé et nerveux de L.A. lorgne manifestement vers Mumford and Sons. Lumineers, également. La conjugaison des grattes est lumineuse, digne des meilleurs groupes yankees. L’un des sixcordistes découpe des riffs graisseux, vitaminés, alors que le second arrondit les angles. Et pourtant, le sens mélodique est soigné. En outre, le son est nickel. En 30 minutes, L.A. va dispenser de larges extraits de son album « From the City to the Ocean Side ». En applaudissant chaleureusement le public semble avoir apprécié.

Le line up de Kodaline implique Stephen Garrigan (chant, piano, guitare), Mark Prendergast (piano, guitare) Vinny May Jr (drums) et Jason Boland (basse). Une formation irlandaise dont le début de l’aventure remonte à 2011. Son deuxième elpee, « Coming Up For Air », est paru l’an dernier.  

Le rideau est tiré pour opérer le changement de matériel. Aurait-on droit à une surprise ? Quand il tombe, on remarque la présence de 18 rampes verticales recelant de petites lampes leds qui entourent l'estrade sur laquelle est installé le drummer. Mark dispose d’une belle panoplie de claviers. Stephen change de gratte quasiment après chaque morceau. Il la troque contre un synthé à deux reprises. « Ready » baigne au sein d’un light show aveuglant de couleur bleue. Une des couleurs dominantes du show. L’autre ? La mauve ! Lorsque Stephen débarque, il tourne le dos à l’auditoire, empoigne un tabourin garni de cymbalettes et invite la foule à applaudir. Message reçu 5 sur 5 par le public féminin. Celui des premiers rangs connaît les paroles des chansons et les reprend en chœur. Et quand Stephen lance un ‘Brussels’, les acclamations redoublent d’intensité.

Mais, il y a un problème. L’instrumentation est trop puissante par rapport à la voix de Stephen, qui sur disque, se révèle douce, précise et capable d’envolées magistrales dans les aigus. Un volume sonore tellement excessif, que votre serviteur doit régulièrement s’enfoncer des bouchons (NDLR : de circulation ?) dans les oreilles. Pourtant, lorsque l’expression sonore adopte un profil acoustique ou semi-acoustique, les compos passent parfaitement la rampe. A l’instar de « Way Back When », « Brand New Day », « The one » ou encore « Love like this », que Stephen interprète seul, en grattant sa sèche ou en soufflant dans son harmonica. Et si ses quelques interventions au piano sont superbes, elles sont trop rapidement étouffées par le reste de l’instrumentation. Pourtant, le public est chaud-boulette…

Ainsi, en fin de spectacle les filles, en délire, se mettent à hurler de joie… pendant que les portugaises de votre serviteur essuient les plâtres. D’ailleurs, il n’attendra pas le rappel pour vider les lieux…

(Organisation : Live Nation)

Behemoth

De plus en plus proche des limbes…

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Dimanche soir, la ville portuaire d’Anvers baigne dans une atmosphère sombre. Non seulement à cause des conditions climatiques maussades, mais surtout suite au débarquement de quatre grands noms de la scène extrême. Embarqués dans une croisade blasphématoire de quinze dates au cœur du Vieux Continent, les mercenaires d’Inquisition, Entombed A.D., Abbath et Behemoth sont venus déverser dans le Nord du pays leur flot de hargne, de haine et de versets inspirés par le Malin. Les grenouilles de bénitier n’ont qu’à bien se tenir.

L’avis de tempête ne rebute visiblement pas les amateurs du genre. Le Trix affiche sold out, et ses alentours sont rapidement envahis par une marée de voitures. Plus une place de libre, il faut jouer de la carrosserie pour pouvoir garer son engin parmi les 1 100 metalheads du jour. Quelques courageux tentent d’allumer leur cigarette devant les portes de la salle de concert ; d’autres, beaucoup plus nombreux, préfèrent jouer l’ambiance aquarium en s’entassant dans une salle vitrée servant d’intermédiaire entre le monde extérieur et l’arène du jour. Mais vu le monde déjà présent à l’intérieur, il ne fait aucun doute que la majorité des badauds ne veut pas manquer une miette des méfaits du jour. Et on ne peut leur donner tort.

Alors qu’il ne s’agit que du premier concert de la soirée, c’est néanmoins une fosse déjà bien dense qui accueille les Américano-colombiens d’Inquisition. Loin d’être des inconnus dans le milieu, (mal)traitant le riff depuis maintenant vingt-huit ans, le duo pratique un Black Metal brut de décoffrage que les puristes pourraient qualifier de Raw. Visage grimé du classique ‘corpse-paint’ blanc et noir, Dagon, fondateur et guitariste/chanteur (NDR : sa voix est particulièrement nasillarde), arpente les planches d’un pied de micro à l’autre. Pas toujours facile d’occuper l’espace quand on est seul aux avant-postes. Le style lent et répétitif ne manque néanmoins pas sa cible et parvient assez rapidement à captiver l’auditoire. Les headbangings sont timides, mais le public reste compact tout le long du set. Si les sept titres dispensés sont issus des cinq derniers LP du combo, la part belle est néanmoins faite à son dernier, « Obscure verses for the Multiverse ». Bien que finalement un peu linéaire, et frappé malheureusement de quelques problèmes posés par le système sans fil de la guitare, Inquisition va néanmoins laisser une bonne impression et offrir une belle entrée en matière sous des auspices mystiques.

Le Trix a beau être comble, l’endroit est respirable et on ne se marche pas dessus dès qu’on bouge le petit orteil. Par contre, retenez-vous de tout besoin pressant ou d’une envie soudaine de vous procurer des tickets de boissons, au risque de vous retrouver coincé pour un bout de temps. Le stand merchandising est visiblement également victime de son succès : seules les tailles de guêpe parviennent à faire le choix dans le panel des t-shirts, hoodies et autres gilets frappés aux effigies des groupes à l’affiche. Le succès de la tournée était peut-être sous-estimé…

Quoi qu’il en soit, les Suédois d’Entombed A.D. s’apprêtent à monter sur l’estrade. Deux structures sont disposées de part et d’autre du podium, laissant apparaître un double motif de tête de corbeau sur fond noir. Eux non plus ne sont pas des novices en la matière, les artistes proférant un Death Metal old-school, depuis 1987. Définitivement une affiche de talents confirmés. Les membres débarquent tour à tour sur les planches, l’impressionnant bassiste Victor Brandt imposant sa stature de viking. L’ambiance est décontractée, les membres prennent plaisir à partager leur Death Metal bien gras avec la fosse. Malgré sa position en bas de l’affiche, les Scandinaves sont néanmoins autorisés, pour le plus grand plaisir de toutes et tous, de livrer un set de dix morceaux. Telle une vieille marionnette de clown échevelée, Lars-Göran Petrov reprend des forces en s’abreuvant de houblon Made in Belgium, entre chaque morceau ; mais c’est surtout sa voix gutturale qui impressionne. Un show tout en puissance, caractérisé par quelques envolées consistantes de Nico Elgstrand à la gratte. Une prestation qui va encore davantage ancrer leur notoriété au pays des growls.

Place à présent à la première tête d’affiche de la soirée. Abbath est en effet annoncé comme ‘co-headliner’ dans la programmation. Ancien guitariste et vocaliste du mythique Immortal, un des premiers combos de Black Metal, Abbath avait signifié, au cours de l’année 2015, qu’il comptait revenir sur le circuit au sein d’un groupe dont le patronyme serait le sien. Et qui impliquerait notamment l’ex-Gorgoroth et God Seed à la basse. On n’est pas loin du super groupe. Ici non plus, pas de fioriture, tous comme les deux bands qui les ont précédés. Les artistes se contentent d’un backflag frappé de leur logo, en arrière-plan. Creature –c’est le pseudo du batteur Gabe Seeber– opère son entrée. Il est coiffé d’un inquiétant masque aux allures diaboliques. Et est suivi par le nouveau gratteur de la formation, Ole André Farstad, le visage peint de blanc, hormis une fine ligne barrant de bas en haut son œil gauche et sa bouche. Arrive ensuite l’inquiétant et mystérieux King, au regard froid et perçant, précédant l’icône Abbath en personne. Longue chevelure noire, deux grands triangles de la même couleur couvrant ses yeux –contrastant avec le reste de son visage peint en blanc– il a le corps recouvert d’une armure en cuir rigide de couleur noire. Malgré son apparence de guerrier des ténèbres, l’artiste est également connu pour son autodérision vis-à-vis de son personnage et de ses postures ultra stéréotypées, auxquelles le public ne va évidemment pas échapper ce soir. Une heure de prestation, pendant laquelle la formation va exécuter, pour le plaisir de la fosse, aussi bien des nouveaux morceaux issus du nouvel opus (NDR : c’est le premier et il est éponyme) que des compositions nées au cours des grandes heures de gloire d’Immortal, telles que « One by One », « Tyrants » ou encore « All Shall Fall ». Les titres s’enchaînent, conférant au show cette impression de rouleau compresseur. Outre ses mimiques habituelles, Abbath balance maladroitement un ‘Hello Netherlands’ à mourir de rire. A contrario du bassiste, qui prend la poudre d’escampette dès la fin du set, Abbath décroche, à la demande d’un fan une des setlists scotchée sur un retour, et la lui remet, en affichant un grand sourire. Le geste en était presque touchant.

Les esprits ont bien été soignés aux petits oignons (ognons ?), et sont fins prêts à se prendre de plein fouet les morceaux autant possédés qu’envoûtants (envoutants) de Behemoth. Les Polonais sont réputés pour leur précision autant que leur esthétisme, tant pour leur musique que leurs prestations ‘live’. Ils se sont créés un univers qui, pour l’occasion, se traduit par une scénographie impressionnante. Trois pieds de micro sont plantés sur l’estrade. Tous en fer forgé, de couleur gris foncé et au design incurvé, ils sont surmontés par des têtes de serpents enroulés autour de pentagrammes inversés. Ils tiennent la fosse en joue. Placée au centre, la batterie est surélevée. Elle est entourée de deux écrans, au bas desquels sont posées des marches métalliques afin que les musiciens puissent y grimper. Un énorme backflag est hissé en fond de scène, non pas frappé du logo du band, mais bien d’une symbolisation d’un feu, le tout entouré d’un triangle irradiant. Ce même symbole figure également sur le pied de micro réservé à Nergal, chanteur/guitariste de la formation. Les techniciens s’affairent autour des pieds de micro, veillant à régler pilepoil les dispositifs pyrotechniques. Cerise sur le gâteau : deux bâtons d’encens sont accrochés dans le bas de la structure métallique du frontman. Il est 22h30 précise, la messe noire peut commencer.

La salle est plongée dans l’obscurité. La foule hurle, mêlant sa voix à celles de psalmodiassions féminines et plaintives, similaires à des cris de chamanes envoûtées. Les senteurs de l’encens commencent à se propager, des fragrances propices à la stimulation de ces parties de l’imaginaire collectif induisant une séance d’exorcisme. Deux grosses flammes tournoient autour de la batterie. Seth et Orion, respectivement guitariste et bassiste de la formation, sont plantés en haut des marches, devant les écrans. Nergal, quant à lui, rejoint petit à petit son micro et débute le lent et puissant « Blow Your Trumpets Gabriel ». Le combo va interpréter, en première partie, les neuf morceaux de leur dernier album, « The Satanist », dans un climat glauque, sombre et froid. Des projections brutes et crasseuses en noir et blanc de rituels, de désenvoûtements et autres services mystiques couvrent le spectacle d’une chape ténébreuse. Sans compter l’attitude délibérément distante, glaciale et possédée des artistes qui ne ce cessent de fixer leurs fans dans la fosse. Vêtus de guenilles en cuir –garnies de clou– ils paraissent fraîchement sortis des abysses diaboliques afin de célébrer leur liturgie satanique. Une mise en scène mûrement réfléchie, qui laisse apparaître, entre deux morceaux, tantôt une femme vêtue comme une sorcière africaine, balançant son encensoir en direction de la foule, tantôt Nergal lui-même, profitant de cette obscurité dans laquelle la salle est plongée, afin de débouler vers la fosse, calice à la main, pour distribuer des hosties frappées du logo du groupe. La fosse se bouscule, se presse vers l’avant afin de recevoir la divine manne du chanteur. Un ensorcellement généralisé où toute âme a fini, à un moment ou à un autre, par être contaminée.

Les lumières s’éteignent, changement d’ambiance, le venin est désormais diffusé dans les corps. Les Polonais reviennent afin de s’assurer qu’ils sont parvenus à mettre à genoux les derniers survivants, en interprétant tout d’abord « Pure Evil and Hate », opérant ainsi un bond de vingt-deux années en arrière, avant de poursuivre par les surpuissants « Antichrist Phenomenon » et « Conquer All ». Seth est au bord du podium quand il lance les premières notes de « Chant for Eschaton 2000 ». Du sang commence à couler sur le coin de ses lèvres, et se transforme en écume rougeâtre. Il respire un grand coup et finit par cracher le contenu de sa bouche sur les premiers rangs, définitivement souillés par les artistes. Ces derniers achèvent d’interpréter le morceau et quittent définitivement le lieux, aussi froidement qu’ils étaient arrivés.

Behemoth a une fois de plus démontré qu’il est devenu une valeur sûre de la musique extrême, tant musicalement que visuellement. En vingt-cinq années de carrière, Behemoth est passé du Black au Death Metal pour finalement, depuis quelques long playings, parvenir à transcender une synthèse de ces deux styles. Il crée, innove et, au risque de se casser les dents, ose franchir des lignes pourtant peu accessibles. Plus le temps passe, plus il prend de l’altitude en s’exposant par le riff et l’image. Ce qui lui permettra de traverser encore, dans le futur, bien des frontières qui le séparent des limbes, où nul ne s’est plus aventuré depuis des siècles et des siècles…

(Organisation : Biebob/Rocklive)

The Rhythm Junks

Les nouvelles roots du blues…

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The Rhythm Junks réunit des vieux briscards issus de la scène blues, roots et jazz du Nord de la Belgique. A l’origine, le line up impliquait Steven De Bruyn, Tony Gyselinck (Toots Thielemans) et le vétéran Roland Van Campenhout. Le trio s’était ainsi produit à l’AB en 2010, dans le cadre de la sortie de l’album « Fortune Cookie ». Et votre serviteur avait eu l’opportunité de rencontrer les deux premiers cités. Depuis Roland a cédé sa place à Jasper Hautekiet (Amiral Freebee).

Célébrant ses 11 années d’existence, la formation vient de publier son quatrième elpee, « It Takes A While ». Et a donc décidé de repartir en tournée pour le défendre. Elle va même assurer le supporting act de Balthazar et de Triggerfinger.

Si la salle n’est pas sold out, elle est copieusement garnie. Posée devant lui, la valise de Steven recèle des tas d’instruments : une panoplie d’harmonicas, des machines pour amplifier le son, un sequencer (qu’il a baptisé synthé graphique) et un looper. Il dispose même d’un ‘omnichord’. Egalement baptisé auto-harpe, cet instrument électronique de construction japonaise ressemble à une gratte sans manche, et il libère des sonorités métalliques analogues.

Dès « How Long », Steven improvise. Il jongle entre ses différents harmos et exploite déjà son micro américain ainsi que de sa loop station, alors que la section rythmique adopte un profil, ma foi discret. L’impro terminée, il adresse un regard à Jasper, dont la basse se met à vrombir. Un peu fort, quand même. Steven est en grande forme. Il sautille ou danse en soufflant dans sa musique à bouche. Coiffé d’un chapeau mou de paille, Tony martèle ses peaux et ses cymbales. Et il est plus que convainquant derrière ses fûts. Le morceau ne dure que 180 secondes sur l’elpee, cette version ‘live’ dépasse les 8 minutes.

« Calling Massala » rend hommage à Massala, une artiste que Steven a rencontré lors d’un festival de jazz à Nairobi (Kenya). Elle apprend la musique à des enfants. Séduit par le projet, il lui a envoyé 150 harmonicas. Et a aussi accordé des cours via Skype à l’éducatrice.

Steven abandonne son harmonica pour empoigner le fameux omnichord, dont il extrait des sonorités vraiment singulières. Tout en donnant parfois de la voix. Et le public d’applaudir sa prestation, à plusieurs reprises.

Place ensuite à « Why Would I Worry », le premier single du long playing. Steven triture les boutons des machines placées devant lui. Il passe de nouveau d’un harmo à l’autre, dont deux imposants qui communiquent une touche blues/roots au morceau, nonobstant le recours à l’électronique. Enfin, pas à travers des beats electro, mais simplement pour servir d’amplification à son instrument de prédilection. Précision quand même, sa voix reste naturelle. Elle n’est ni triturée par un vocodeur ou un quelconque filtre.

« The Game Is Up » atteint sa pleine puissance ; faut dire que la frappe de Tony est particulièrement énergique. Il se réserve son petit solo lors de « Shopping Again ». Pour deux plus anciennes compos, « Hunters » et surtout « Some People » (« Pop Off »), Steven utilise son fameux synthé graphique. Des compos qui font mouche.

« Checking In » lorgne manifestement vers le r&b des Stones. Celui de leurs débuts. Un titre au cours duquel l’harmo libère une belle dose d’agressivité.

Pas de cuivres, comme sur l’album « Pop Off », pour « Join Da Bus » ; mais la version parvient quand même à mettre le souk dans l’auditoire. D’ailleurs, à ce moment précis, l’expression sonore voyage entre la Jamaïque, l’Afrique et la Louisiane…

Steven manipule ses machines pour alimenter « Winter Bones ». Et notamment cet omnichord. Enfin, « Trying To Listen » semble déchiré entre électro et blues/roots, plongeant le mélomane dans une atmosphère empreinte de mystère. Ce qui n’empêche pas les trois musicos de briller sur leurs différents instrus.  

Plus étrange encore, « Headphone City » évoque… dEUS….

Deux titres seront accordés lors du rappel. D’abord le paisible « Ofline Land », compo qui opère un retour aux années 70 voire 80. Puis « Best Kept Secret », un blues fangeux mais sans gratte. Une invitation à naviguer dans le Delta, pour sillonner le bayou, en barque, sous le regard sournois des alligators, qui rêvent sans doute de croquer ces Rhythm Junks

(Organisation : Ancienne Belgique)

GrandGeorge

La preuve par six !

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GrandGeorge se produit dans la Rotonde ce vendredi 5 février, un concert destiné aux pros du spectacle. Il y a un peu plus de monde que les deux jours précédents.

Né à Versailles, Benjamin GrandGeorge est âgé de 34 ans. Il s’était établi à Bruxelles, à cause de son job (NDR : il est ingénieur). Et avait pris une année sabbatique pour se consacrer à la musique. C’est un de ses potes qui va transmettre une de ses maquettes chez PiaS, où il signe en 2013. Il rencontre le producteur/mixeur américain Mark Plati (David Bowie, Bashung, Puggy), sous la houlette duquel il publie son premier Ep « So Fine », dont le titre maître l'a fait connaître au grand public. Il vient de publier son premier  album, « So Logical ». Depuis, il a tout lâché pour vivre sa passion. Et ce choix lui réussit apparemment très bien.

Sur les planches, Benjamin –armé de sa sèche– est soutenu par le bassiste Nicolas L'Herbette et le drummer Samuel Rafalowicz, deux musiciens chevronnés qui viennent de l’univers du jazz. D’une durée de 30 minutes, le set proposera 6 morceaux. La preuve par six ?

Et s’ouvre par le titre maître du nouvel opus, « How Long ». La mélodie est tellement contagieuse, qu’une fois enregistrée dans la boîte crânienne, on n’arrive plus à s’en débarrasser. Place ensuite à son tube de l'été 2015, « So Fine ». Il y injecte une belle dose d’énergie et y met tout son cœur. Son entrain et sa bonne humeur sont communicatifs.

GrandGeorge signale que la prochaine chanson synthétise bien son projet. Il adore les mathématiques, la musique en général et tout particulièrement celle qui vient de l’Afrique. Une chanson tout au long de laquelle, il s'est amusé à faire côtoyer des rythmes et des mesures qui ne sont pas sensées être compatibles. Et c’est le batteur qui amorce ce « Fading Away ». Habité par son chant, GrandGeorge se balance. Il tâte du djembé. Puis de ses cordes, entame un duel avec le bassiste. Les manches des instruments se frôlent. On ressent les vibrations au sol et on a envie de danser. Mais par respect pour le public, on reste collé à son banc. La gratte s’impose naturellement tout au long de « So Logical », le morceau maître du dernier elpee ; une plage à la jolie mélodie. GrandGeorge signale que réserver un titre qui ne figure pas sur l’album aux prestations ‘live’ est plutôt sympa. Son titre ? « Good Old Money ». Une compo ska/pop sautillante et sucrée qui adresse un petit clin d'oeil aux traders, puis opère une petite incursion dans la soul et le Delta.

Avant de terminer le set, il présente ses musicos. Et reconnaît être devenu un hôte régulier de la Rotonde (NDR : résidence et concerts). Et y revient d’ailleurs ce 18 février. Il troque sa sèche contre une électrique. Et achève la prestation par un morceau de funk incendiaire, « Petit Dej ».

(Organisation : ProPulse)

Milo Gonzalez

Entre nylon et métal…

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Le premier ‘jeudi acoustique’ de l'année 2016, programmé au Salon de Musique à Silly, se déroule ce 4 février. Une formule inédite pour la région. Un artiste vient présenter son répertoire. L’entrée est gratuite. A la fin du show, on fait passer le chapeau. A l’affiche, ce soir, Milo Gonzalez, un jeune virtuose de la guitare issu de Venice Beach, en Californie. Capable de s’exprimer à travers le classique, le flamenco, le punk, le blues, le bluegrass ou le psychédélisme, il se sert d’une guitare dont les cordes sont partagées entre métal et nylon…

Une cinquantaine de spectateurs se sont déplacés pour applaudir le prodige américain. « Battle Squids » ouvre les hostilités, une compo nerveuse abordée dans l’esprit de Rodrigo y Gabriela. Deux minutes trente au cours desquelles il affiche déjà tout son savoir-faire. Il est habile de ses dix doigts. Cinq se consacrent sur les 3 cordes du haut (métalliques) et cinq sur les 3 cordes du bas (nylon). Milo raccorde sa gratte après chaque chanson.

Milo Gonzalez enlève chaussures et chaussettes afin d’optimaliser son contact avec les différentes pédales de distorsion placées devant lui. « Desert Marauder » baigne dans un climat classique alors que « Purple Green Ice » nous entraîne dans le flamenco. Sur disque, cette dernière compo dure 3 minutes. En ‘live’, le double. La dextérité manifestée sur le manche, par l’artiste, est stupéfiante. Une B.O. idéale pour sonoriser un documentaire consacré à une aurore boréale.

Pas de percus pour « Sun And Moon », un titre folk que Milo chante d’abord d’une voix douce, avant de tenter de la pousser dans les aigus. Sans doute pour couvrir le léger brouhaha propagé par l’auditoire. Pas convainquant. Pas grave, c’est surtout sur sa gratte qu’il est balaise. A l’instar d’« Ice Age », qu’il achève en picking. Il est enfin à la hauteur, au micro, sur « Encounter », un titre réminiscent de Neil Young. Mais également tout au long du dernier titre du set, « Like A Book ». En rappel, il nous réserve une version d’un morceau signé par le légendaire pianiste, Erik Satie. Et franchement, en privilégiant les trois cordes en nylon, il réussit parfaitement cette interprétation…

(Organisation : le Salon de Silly)

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