Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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La vie explosive de Fine Lame

Groupe de rock poétique incisif, enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, Fine Lame convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon. Le groupe a sorti un premier Ep 5 titres le 29 novembre 2022 qui évoque tant le…

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UB40

Le ‘Red Red Wine’d’UB40 est un millésime qui vieillit plutôt bien…

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Mea Culpa, ça n’est pas de ma propre initiative que je me suis rendu au concert d’UB40 ce mercredi soir à l’Ancienne Belgique… Des amis particulièrement fans des vétérans anglais m’avaient en effet convaincu de les accompagner afin de redécouvrir les nombreux hits d’un groupe dont l’image n’est plus des plus moderne…

Formé en 1978, à Birmingham, la bande jouit cependant encore d’une belle notoriété. Faut dire qu’elle a tout de même placé plus de 50 singles dans les charts anglais tout en vendant plus de 70 millions d’albums dans le monde ! Le succès n’est pas un gage de qualité, mais une réécoute de leur large répertoire refile tout de même une sacrée envie de se replonger en live, un brin nostalgique, dans leurs hits reggae/pop incontournables tels que « Food for Thought », « Red Red Wine » ou encore « Can’t Help Falling in Love With You »…

C’est une salle archi-comble qui accueille UB40. Suite à de sombres affaires d’argent, Duncan Campbell remplace son frère Ali. Le chanteur originel a quitté le navire en 2008 et a remonté UB40 Reunited, dont le crédit n’atteint pas celui du combo de base. Le line up implique également le bassiste Earl Falconer, le drummer Jimmy Brown, le guitariste Robin Campbell ainsi que quelques autres musiciens dont une impressionnante section de cuivres drivée par l’inamovible Brian Travers dont les interventions au saxophone sont toujours aussi puissantes. Le son est nickel et le public très réceptif. Mais n’est-ce pas une attitude propre aux émanations rasta ? Le show des insulaires est solide. On sent que l’envie continue de les booster. Et on est manifestement loin d’un groupe en roue libre ou à la recherche de cachet ! Leurs vignettes pop teintées de dub, de reggae et de ska font souvent mouche, même lorsque les morceaux s’éloignent de leurs classiques que les musiciens gardent bien entendu pour la fin ! Nos jambes répondent instinctivement aux rythmes qui, s’ils n’ont rien d’originaux, sont tout simplement irrésistibles. Les musicos on droit chacun à leur moment de gloire ; ce qui rend le concert moins uniforme. Entre le hip-hop entonné par Earl Falconer et la présence de Norman Hassan, le percussionniste au look de lutteur Maori, aux avant-postes, ces tours de rôle apportent de la variation au spectacle ! Claire et bien timbrée, la voix de Duncan Campbell est quasiment identique à celle de son illustre frangin.

Après plus d’une bonne heure de concert, les 9 musiciens reviennent saluer la foule pour trois morceaux supplémentaires dont l’imparable « Can’t Help Falling in Love With You » qui finit d’achever un auditoire réchauffé par ces tempos chaleureux, positifs et contagieux. Un concert d’UB40 est définitivement à conseiller aux personnes qui manifestent des premiers signes de morosité ou accusent un coup de mou…

(Organisation Greenhouse Talent)

Bardo Pond

Magie blanche et berceuses angélysergiques…

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C’est vers l'Avenue du Port que votre serviteur met une nouvelle fois le cap, pour un énième épisode de ces chroniques consacrées au 20 ans du Mag4. Ce soir, la triple affiche est à haute teneur psychédélique (minimum 66,6 % garanti).

Et pour ouvrir, le duo Baby Fire menée par l'incendiaire Diabolita (aussi active au sein de Keiki). Armée d’une six cordes, elle se réserve les vocaux. Sa flamboyante crinière allume quelques étincelles sans réellement parvenir à embraser la salle. Elle était autrefois accompagnée par sa complice Cha à la batterie. Qui a cédé depuis sa place à un collègue masculin, Alain Lefebvre, dont le parcours l'a déjà amené à côtoyer des musiciens de Minimal Compact, Tuxedomoon ou plus récemment Philippe Petit. Une nouvelle alchimie qui exige sans doute du temps pour se créer ; et malgré une certaine présence de Dominique aka Diabolita, on sent flotter un certain vide... Peut-être la scène du Magasin 4 est-elle un peu spacieuse pour accueillir le son minimaliste et rêche, tendu et plutôt introspectif de Baby Fire. Du coup on apprécie en tapant du pied gentiment mais sans vraiment se laisser entièrement séduire par ces compos qui pourtant sonnent plutôt pas mal en studio. En fin de set, la légendaire poétesse de la mythique formation anarcho-punk Crass, Eve Libertine, vient les rejoindre lors d’une intervention vocale assez intense.

Mais le premier décollage viendra de White Manna. Son psychedelic space rock s'installe tranquillement à l'instar de ce que Wooden Shjips peut également communiquer comme ambiance. Une ambiance qui monte ensuite en puissance et en vitesse, pour adopter un profil plus carré et très efficace, dans l’esprit de White Hills, mais sans aller aussi loin qu'eux. Car là où les New-yorkais explosent régulièrement ce canevas dans des abstractions sonores assez réjouissantes, White Manna s'en tient le plus souvent à une utilisation de riffs assez convenus, se contentant de simplement ‘décorer’ leurs morceaux de sons et effets psychédéliques. Mais si la formation ne réinvente vraiment rien, la sauce prend néanmoins ; et le band se fend même d'un surprenant final quasi punk rock à la Ramones.

Atterrissage et pause clope/pétard/bière (entourez la mention utile) avant le second et grand envol proposé par Bardo Pond, prolifique combo noise/drone/psyché de Philadelphie dont on ne compte plus les sorties discographiques. La dernière en date, le superbe "Peace on Venus", sera d'ailleurs assez largement et logiquement représentée dans la setlist de ce soir. Tête d'affiche, le quintet se produit devant un public majoritairement composé d'aficionados.

Mais pour commencer, retour au plus ancien "Amanita" assez apprécié par les fans et dont est extrait "Limerick", tout en langueur hallucinogène et voix distantes. En effet la chanteuse Isobel pose sa voix de façon complètement décalée, toujours en porte-à-faux par rapport à la musique et c'est ce qui fait son charme. Il n'y a d'ailleurs pas que sa voix qui semble en équilibre instable, à en juger par les traits de son visage qui semble fort marqué par les expériences de substances psychotropes diverses que l'on retrouve d'ailleurs souvent citées dans les titres de leurs albums. La musique est souvent lente, distordue, étirée et présente un contraste intéressant et rare entre lourdeur et légèreté. Les riffs sont souvent épais, massifs mais pas vraiment agressifs et contrebalancés par les notes de flûte et cette voix qui se perd dans l'éther et les feedbacks. Riffs massifs qui pourraient d'ailleurs séduire les amateurs de stoner voir même de doom lors de morceaux comme "Fir" qui propose carrément une version inversée du style qu'on pourrait appeler ‘Doom angélique’ (333 en lieu et place de 666). Ailleurs, et particulièrement sur "Chance", le côté bucolique/rustique amené par la flûte et la guitare folk qui côtoient l'électricité et la saturation bien crade et vintage pourraient évoquer Neil Young en cherchant un peu plus loin que les références habituellement citées à leur sujet. Et alors que le concert touche à sa fin, je discute avec un ami au bar du fameux "Tommy Gun Angel", compo que j'aurais tellement voulu entendre et qui semble le ‘pseudo hit’ du groupe… et comme par magie, Bardo Pond entonne les accords du dit morceau! Retour dans la foule pour en profiter au max malgré une légère déception dans l'interprétation ; il faut dire que la version studio possède un tel grain dans la saturation que le reproduire en live est une véritable gageure malgré l'excellent son proposé tout au long du gig.

Quoiqu'il en soit, encore une belle réussite à rajouter au bilan de ces 20 ans du Mag4 qu'on remercie à nouveau bien fort!

(Organisation Magasin 4)

Blonde Redhead

Un long dimanche qui pue…

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Après avoir passé ce long dimanche pluvieux à chercher une activité pour mes deux petites filles et été dissuadé par les nombreuses averses de toute activité extérieure, j'attendais de cette soirée qu'elle pimente enfin cette fin de week-end maussade.

Arrivé légèrement en retard pour la première partie, c'est, muni d'un gobelet king size de ma boisson jaune favorite, que je pénètre dans une Orangerie déjà bien remplie pour satisfaire ma curiosité et écouter Yuko. Malgré une certaine maîtrise technique et une bonne présence scénique, le groupe originaire de Gand n'est pas parvenu, malgré quelques titres, à captiver mon attention et à m'éloigner de ma passion pour la boisson houblonnée. Je m'en allai donc prendre l'air, histoire d'économiser ma concentration et mes tympans, en vue d'assister à la prestation du groupe phare de la soirée : Blonde Redhead.

Il y a quelques années déjà, « Misery is a butterfly » faisait partie de mes disques de chevet ; mais, relativement déçu par les opus qui ont suivi, je dois avouer que mon intérêt pour ce groupe s'est lentement effiloché. C'est cependant avec une certaine impatience que je m’apprête à les voir en live pour la première fois, regrettant toutefois de ne pas avoir eu l'occasion d'assister à leur concert lors de la sortie de mon album fétiche.

Attendus de pied ferme par une salle comble, les frères Pace et la chanteuse Kazu Maeakaimio entrent enfin en scène. Après un départ chaotique dû à des problèmes techniques, le groupe enchaîne, pour mon plus grand bonheur, par une excellente version de « Falling Man ». Les patterns rythmiques originaux et les arrangements subtils de guitare, basse et guitare baryton ne parviennent toutefois pas à me captiver out au long de ce show. Motif ? la setlist mélange anciennes compos et morceaux plus récents. Et puis, pas assez de rock ou d'énergie et trop de retenue à mon goût. Certes, les titres « Melody » et « Misery is a butterfly » constituent les meilleurs instants au cours desquels Kazu nous fait profiter de sa voix douce mais assurée.

Après une dizaine de titres, je succombe néanmoins à l'appel de la bière sans doute précipité par l'ennui qui grandissait en mon for intérieur.

Les fans inconditionnels du trio New Yorkais étaient certainement été plus emballés que votre serviteur, puisqu'ils ont réclamé un rappel, d’ailleurs  rapidement exécuté par un band assez distant.

Bref, malgré mes espoirs, Blonde Redhead n'a pas réussi à clore ce dimanche qui pue par une note excitante. Trop doux, trop propre ou trop ‘arty’, je n'arrive pas à en comprendre les raisons... 

(Organisation Botanique)

 

Moaning Cities

Aux portes d’un Oasis…

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Ce samedi soir, juste après le très joli feu d'artifice, en guise de clôture des fêtes de Wallonie, Moaning Cities investit les planches de L'Alhambra. Il est 22h40.
Sur scène, les artistes dégagent, de par leurs apparences, un côté américain, mais aussi mancunien. Le chanteur et guitariste, Valérian Meunier, ne ressemble pas à Jim Morrison,  mais me fait, instinctivement, penser à lui.
Quant à la marinière rouge et noir de la bassiste-choriste, Juliette Meunier, elle me replonge dans la profondeur des brumes de Manchester.

Bien qu'ayant, à leur actif, neuf dates au compteur, entre les 6 et le 19 septembre, et tant de kilomètres parcourus sur les routes de France, ils transpirent tous d'énergie. 

Dès les premières secondes, les sonorités dispensées sont à la fois propres, bien étudiées, puissantes et hypnotiques.

D'emblée, la formation gagne tous les coeurs; parmi lesquels, ceux des fans de Speaking Corner, les locaux, qui venaient d'assurer leur première partie.

Alors que les trois premiers morceaux ont déjà été joués et que l'ambiance est à son apogée, mes préjugés quant aux apparences du quintette se confirment, musicalement cette fois-ci.

En effet, quand je ferme les yeux, j'entends Oasis et bien sûr les Doors.

Les  chansons s'enchaînent, le set est bien rôdé et la subtilité des arrangements, par le biais d'instruments aux sonorités orientales, devient évidente et transporte l'esprit là où le son des guitares électriques lui demande d'aller.

Cette sensation s'exacerbe au fur et à mesure que le set évolue, et ce jusqu'à son terme.

Le rock psychédélique de Moaning Cities a bousculé mon âme.

Harmonie parfaite entre des instruments d'origines et d'époques différentes.

En d'autres mots : sitar, saz, oudou and rock’n’roll !

Jim Morrison, Noël Gallagher et Kahled AlJaramni réunis dans pour même projet auraient, probablement, fait pareil.

Si c'est arrivé près de chez moi, alors pourquoi pas près de chez vous ?

"Pathways Through The Sail", sorti chez Mottow Soundz, en 2014, est le titre de leur premier opus que vous pouvez écouter, en intégralité,  sur le site officiel du groupe. Et c’est ici 

 

 

 

 

James Taylor

Un dieu vivant…

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Cette soirée au Cirque Royal est particulière. Il y a 8 jours, j’assistais au set de Joan Baez. Ce soir, c’est encore une figure légendaire qui s’y produit. Le sexagénaire James Taylor. Un musicien talentueux dont le show va constituer pour votre serviteur, une véritable surprise.

Il va ainsi parvenir à transformer l'amphithéâtre en salon cosy, pendant près de 3 heures, accompagné de son groupe The All Star Band. Un combo prestigieux dont le line up réunit le fantastique sixcordiste Michael Landau, le bassiste Jimmy Johnson, le drummer Steve Gadd ainsi que Larry Golding aux claviers, piano et synthétiseurs. Et l’ensemble est enrichi par un trio de choristes, Kate Markowitch, Arnold McCuller ainsi qu’Andrea Zonn qui double au violon.

Le songwriter américain a entamé sa carrière au début des années 70. Il a bossé en compagnie de Paul McCartney, George Harrison, Dennis Wilson (Beach Boys) et Art Garfunkel. Parmi les plus légendaires. Il a vendu plus de 40 millions d'albums et décroché pas moins de 40 disques d'or et de platine ainsi que 5 ‘Grammy Award’s.

Le spectacle est divisé en deux parties et séparé par un entracte de 20 minutes. La première sera plus intimiste et consacrée aux compositions personnelles de James. Agé de 66 balais, ce grand chauve se sert d’une gratte électro-acoustique qu'il change à chaque chanson. Il possède une voix de baryton particulièrement envoûtante. Son interaction avec son public –presque exclusivement composé de quinquas– est impressionnante. La plupart du temps, il présente ses chansons dans la langue de Molière, idiome qu’il pratique à merveille. Enfin, vous ne pouvez imaginer le bonheur qui m’envahit en retrouvant Michael Landau à la guitare. A l'instar de Steve Vai, Joe Satriani, Jeff Beck, Peter Frampton et Eric Clapton, il s’agit d’un des plus grands virtuoses contemporains sur cet instrument. Quand au backing group, il s’agit de la crème des musicos issus des States.

James monte seul sur les planches et s’installe sur son tabouret. Il attaque une première perle de son répertoire, « Something In The way She Moves ». Les autres musicos débarquent au compte-gouttes et le backing group est au complet lorsqu’il interprète « Today, Today, Today ». Le voyage vers le Taj Mahal musical est atteint dès le début du concert. Et il se poursuit par « Lo And Behold », « Wandering », « Everyday » (une cover de Buddy Holly), « Country Road », « Milworker », avant de vivre un moment très fort et très intense à travers « Carolina In My Mind ». Tout ce qui me reste de poils sur le caillou s'électrise. Mon dos est trempé de sueur. La beauté de cette compo me laisse pantois. Une grande claque ! La voix de James est profonde, viscérale, ensorcelante. Elle touche l’âme. Malgré 40 ans de carrière, elle est demeurée intacte. James Taylor est un dieu vivant. Je l'ai vu et je l'ai entendu. Un tonnerre d'applaudissements ponctue ce moment privilégié. Mais, on n’est pas au bout de nos (bonnes) surprises. Certains artistes me confient parfois que la musique peut procurer un bonheur incommensurable, indescriptible, lors de moments particuliers. Comme ce soir. « One More Go Round » et un titre plus allègre. Et le premier volet de s’achever par les excellents  « Sweet Baby James » et « Shower The People ».

Le second acte commence également en douceur, par « Stretch Of The Highway », « You And I Again », « Raised Up Family » et « Steamroller ». Une nouvelle chanson : « You And I Again ». Elle parle d’amour quand on a atteint la quarantaine. Pour ce titre, sa guitare est en mode pedal steel et seul le pianiste l’accompagne. Divin !  Mais les deux plages suivantes vont à nouveau m’épater : « Only One » et surtout le « Handy Man » de Sparks Of Rhythm. Sublime ! Suffit de fermer les yeux et vous vous imaginez au cœur des grandes plaines de l’Ouest américain. Toujours aussi brillant, le set nous réserve encore « Fire And Rain », issu de l'album « Sweet Baby James », « Up On The Roof », une reprise des Drifters ainsi que « Mexico », extrait de l’elpee « Gorilla ». Il s’agit de l’avant-dernière chanson. « Your Smiling Face » clôt le show en beauté. La version est plus électrique que l’originale et se démarque de l'ensemble aux accents davantage empreints de douceur.

En guise de rappel, James Taylor nous accorde le « Ho Sweet It Is (To be Loved By You » de Marvin Gaye, une remarquable adaptation chargée de groove. Puis du « You'Ve Got A Friend » de Carole King. Un retour au Nirvana. Il n’y manque que Carole, même si les choristes assument grave pour la remplacer. Et en conclusion, tous les musiciens participent a cappella à l’interprétation du « Wild Mountain Time » de Francis McPeake, une ancienne chanson irlandaise. Une conclusion parfaite pour un de mes meilleurs concerts de l'année…

(Organisation Greenhouse Talent)

Joan Baez

Une (avant)-soirée avec Joan Baez…

Écrit par

Le Cirque Royal accueille, ce dimanche 14 septembre, Joan Baez, une grande dame dont l’engagement sociopolitique a marqué les 60’s et les 70’s. Une contestataire devant l’Eternel, à la carrière particulièrement longue, puisqu’elle l’a débutée, il y a plus de 55 ans. Radicaux, ses textes ont toujours été véhiculés par une musique folk teintée de country, blues, roots, gospel et rock.

Pour votre serviteur, c’est un peu la rentrée, puisqu’il assiste à son premier concert dans une grande salle, après les festivals estivaux. L'amphithéâtre est à la limite du sold out pour ce spectacle proposé dans le cadre de la tournée baptisée ‘An Evening With Joan Baez’. Pas de supporting act, l’artiste entame son set vers 20h15, en n’accusant que 15 minutes de retard sur le timing.

Et elle l’ouvre par le « God Is God » de Steve Earle, seule à la six cordes électro-acoustique. Steve est responsable de la mise en forme du dernier opus de Joan, « Day Afer Tomorrow », paru en 2008. Une belle manière de lui renvoyer l’ascenseur. La setlist est essentiellement constituée de reprises qui mettent en valeur la voix de La New-yorkaise –intacte, il faut le souligner– bien soutenue par deux remarquables musiciens. Soit le percussionniste Gabriel Harris, qui se charge des cymbales, congas, djembe et cajon, mais pas des drums. Et d’un multi-instrumentiste qu’on pourrait qualifier d’homme orchestre : Dirk Powell. Il est préposé à la sèche, au piano, à la mandoline, au banjo, au ukulélé, au violon, à l'accordéon et aux claviers. Un talent à l’état pur ! Le tandem est, en outre, capable de s’adapter à l’ensemble du répertoire de Joan. Le « Daddy, You Been On My Mind » de Dylan nous rappelle que c’est bien elle qui a ouvert la voie au Zim. Elle présente la plupart de ses chansons dans la langue de Molière, et nous signale ne plus avoir interprété cette compo depuis au moins 30 ans, sauf dans sa salle de bains. A chaque morceau, elle change de gratte. Elle attaque « Lily On The West », une chanson traditionnelle irlandaise, désormais passée dans le patrimoine de la musique traditionnelle américaine. Dylan l’avait également adaptée. Et Mrs Baez nous en propose sa propre version. Tout comme la superbe ballade « It's All Over Now, Baby Blues », une autre plage signée par le citoyen de Duluth. Le voyage à travers les States s’étend à toute l’Amérique. Elle dispense ainsi « Mi Venganza Personal », une cover de Luis Enrique Meja Godoy et « Lla Lorona », dans la langue de Cervantès, deux compositions activistes. Elle s’exprime alors dans celle de Shakespeare, et nous parle du Chili, de l'Argentine, du Nicaragua. Dirk siège derrière son piano à queue pour le majestueux « Just The Way You Are », une chanson au cours de laquelle les backing vocals de Grace Stumberg sont absolument superbes. Avant qu’elle n’embraie par « Farewell Angelina », une chanson à nouveau hantée par son vieux compagnon de route, Dylan…

Empreinte d’une grande délicatesse, la voix de Joan est divine tout au long du « Swing Low, Sweet Chariot » de Fisk Jubilee Singers. Un véritable tonnerre d'applaudissements ponctue son interprétation. « Le Temps Des Cerises » est un morceau dont les paroles ont été écrites en 1866 par Jean Baptiste Clément et la musique composée par Antoine Renard, en 1868. L’auteur de la chanson était également un communard qui a combattu pendant la 'Semaine Sanglante' à Paris, en 1871. Elle l’interprète en français. Mais elle en connaît parfaitement le message révolutionnaire… La cover du « Joe Hill » Earl Robinson opère un retour en douceur. Celle du « Give Me Cournbread When I'm Hungry» de John Faney permet à Gabriel de démontrer son brio au djembé. « The House Of The Rising Sun » est un titre qui a été repris à de multiples reprises. Sa paternité n’et pas clairement établie, même si on l’attribue à Ashley et Foster, et que les Animals en ont commis la version la plus solide. Pourtant, celle dispensée par Joan est épatante. Le set s’achève par « Diamonds And Rust ». 50 minutes, c’est un peu court. Vu son répertoire, elle devrait pouvoir tenir plus de 120 minutes.

M’enfin, Joan Baez revient une première fois pour deux autre covers. Tout d’abord « Le déserteur », chanson antimilitariste issue de la plume de Boris Vian, dans son idiome original. Puis « Imagine » de John Lennon, moment chargé d’une grande intensité émotionnelle.

Et une seconde fois pour nous réserver « Here's To You », « The Night They Drove Old Dixie Down », caractérisé par excellente intervention vocale de Grace Stumberg, et le « Gracias A La Vida » de Violeta Parra qui clôt cet excellent concert, auquel on reprochera surtout sa brièveté… Serait-ce une forme de minimum syndical ?

(Organisation : Greenhouse Talent)

 

Cut Hands

Rip it, cut it & dance to this!

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On vous le répète sans cesse, le Magasin 4 fête, pour l’instant, ses 20 ans d’existence, en proposant une ‘prog’ aussi variée qu'intéressante. On se plonge cette fois-ci dans une affiche plutôt expérimentale et sans concession. Quand on joue dans ce créneau on ne s'attend naturellement pas à la grande foule ; et effectivement j'ai retrouvé l'intimé propre aux soirées à prises de risques... Bref nous n'étions sans doute guère plus d'une cinquantaine de personnes au temps fort de celle-ci. Mais c'était après le premier live dont je vais vous parler.

Un premier live assuré par Ripit devant quelques rares spectateurs motivés, projet au sein duquel on trouve Niko, infatigable activiste qui a organisé de nombreux concerts et tourné pas mal aussi bien en Europe qu'en Amérique du Nord. Accompagné sur scène par son acolyte Tzii aux visuels (en compagnie duquel il œuvre aussi dans Fujako, fabuleux duo abstract hip hop/indus/dub) il balance une mixture de beats concassés, de boucles volontairement pas trop carrées et de sons assez noise et profonds qui se déploient librement dans l'espace sonore. Pour y parvenir, il a recours à des moyens assez limités comme une boîte à rythmes antique, l'un ou l'autre synthé et une table de mix. Le résultat connaît évidemment des fortunes diverses, parfois boiteuses, parfois faussement dansantes, mais souvent ‘abîmées’ et longeant des chemins de traverse.

Place ensuite à un duo romain baptisé Germanotta Youth, un duo revendiquant l'étiquette cyber-math-grindcore. Solide programme en perspective pour cette paire ultra speedée, qui combine la frénésie et la précision dans un trip de dingo grâce à un batteur hallucinant (à peine âgé de 22 ans) et un claviériste tout aussi assez impressionnant. Toutes les boucles de batterie sont exécutées live et sonnent comme des rafales de beats qu'on imaginent samplées et accélérées. Mais non! Un résultat obtenu grâce à un usage habile mais parfois un peu systématique de la double pédale, auquel répondent les gros sons de synthés basses et autres également joués en direct. On croirait quelquefois entendre un groupe ‘prog’ sous influence et en 78 tours, gardant toujours des mélodies sous le coude, malgré le bruit et la cadence imposée, incroyable mais quasi-permanente. En effet, il faut souligner la maîtrise du groupe qui malgré l’énergie voire la violence inimaginable libérée, parvient à ne pas dépasser un niveau de volume qui ferait passer sa musique de jouissive à douloureuse. Pareil en ce qui concerne l’intensité du set. Quarante-cinq minutes sont bien suffisantes ! Et nous sommes bien chauds pour la suite du programme.

Et quelle excellente surprise d'entendre William Bennet, membre de White House (tiens on parlait de musique douloureuse...), s'adonner à la transe percussive! En effet, si le côté noise propre à la formation culte n'est pas complètement oublié, il est en tout cas bien en retrait par rapport aux sons percussifs qui dominent largement la musique de Cut Hands. On rentre assez directement dans le vif du sujet ; et petit à petit le Magasin 4 se change en dancefloor electro-indus, métamorphose que j'apprécie particulièrement et n'avais pas encore eu l'occasion de vivre là-bas. Pulsations à la fois tribales et mécaniques, rétro et futuristes qui évoquent aussi bien des rituels vaudous fantasmés (?) que l'ambiance froide et industrielle de vastes hangars abritant des free parties. Nous sommes peu nombreux mais enthousiastes et le set se prolonge au delà du couvre-feu habituel alors que le son s'étoffe et devient plus bruitiste. J'ignore jusqu'à quelle heure la fête a continué, car il a bien fallu se résoudre à aller prendre le train du retour pour un voyage aussi mécanique mais nettement moins plaisant tout de même... Mais quel final pour cette soirée qui nous a encore donné une bien belle occasion d'aller souffler les bougies de la salle de l'Avenue du Port!

(Organisation : Magasin 4)

 

Sham 69

Les papys du punk font plus que de la résistance…

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En 2014, le Magasin 4 fête ses 20 ans ! De 1994 à 2014, plus de 3 300 groupes différents s’y sont produits. Tout d’abord au 4, Rue du Magasin ; et ensuite au 51B, Avenue du Port. Il s'agit d'une aventure humaine et artistique de plusieurs vies. Tout aurait été impossible sans les nombreux bénévoles, artistes, groupes, organisateurs ainsi que tous ceux qui ont contribué de loin ou de près à l’aventure de ce lieu à l'atmosphère unique.

Ce soir la punk attitude est à l’ordre du jour. Les Slugs, Contingent et les toujours aussi fringants –quoique vétérans– Sham 69 vont nous la rappeler. Deux jours plus tôt, votre serviteur était au même endroit pour assister au set de Napalm Death et consorts. Et j’avais passé une mauvaise soirée à cause de la médiocrité du son. Ce mercredi, il est nickel ! Parfait de chez parfait ! Même pas besoin de bouchons dans les oreilles. Et pourtant, c’est du lourd qui va assaillir nos tympans. Dans un auditoire à nouveau sold out !

Les Slugs ouvrent les hostilités. J’avais souvent entendu parler du combo, mais c’est la première fois que j’assiste à un de leurs concerts. Leur dernier opus, « BanqueRoute », est sorti en 2011. Le quatrième doit bientôt paraître. Ce trio réunit Geoff à la basse, Ren à la guitare et de Bini aux drums. Avant de siéger derrière ses fûts, ce dernier enlève chaussures et chaussettes. Les Slugs auraient pu naître d’un croisement entre The Clash, The Damned et UK Subs. Différence, mais elle est de taille, les lyrics sont exprimés dans la langue de Voltaire ou en dialecte wallon. Leur punk est plutôt carré, mais festif, infernal quoique savoureux et surtout divertissant.

« Français-Ca tourne » et l'hilarant « Ca-Banquier » entament le set. Ils enchaînent deux titres à la fois, car les morceaux sont brefs. Pas plus de 3’, suivant un rituel du style. « Canada » rend hommage à nos amis wallons expatriés là-bas. « GPS - Derouf - Coup d'Pie Dan Et Gueule » sont interprétés en dialecte. Les Slugs ont un message à faire passer. Et ils se servent de l’humour pour y parvenir. C'est la rentrée, et je retrouve mes amis Micheleke, Jean-Pierre et bien sûr le photographe Wim de MusicZine (Wim ne semble pas vouloir me quitter). « Mr Le Prof » traite d’un sujet bien difficile à exercer aujourd’hui. « Zoo et Binoche » adresse un petit sourire à Juliette. Et « Karaté-Ninja » clôt le spectacle. Le préposé à la vente des cds ôte son tee-shirt et exhibe son ventre. Il va tenter de faire son sumo en attaquant quelques 'belles bêtes'. 45 minutes, c’était court, mais très bon. Aussi bien pour les oreilles, que pour les jambes. A revoir ! Je m'offrirai bien un petit showcase ‘at home’. En outre, les musicos sont loin d’être des manchots.

Le deuxième groupe qui se produit ce soir, c’est Contingent. Encore des vieux briscards, mais bruxellois. Honnêtement, j’ignore tout de leur parcours. Heureusement, Micheleke, la bible vivante de la musique rock, vient à mon secours. Le combo est né en 1979 ! Et il impliquait le guitariste Eric Lemaître, décédé depuis. En outre, ce concert lui rend hommage, car c’est un des membres fondateurs du band, mais également du Magasin 4.

Aujourd’hui, le line up réunit Bob Seytor au micro, John Baine à la basse, Daniel Wang aux drums et James Neligan à la gratte électrique. Le temps est compté. En trois-quarts d’heure, la set list va égrener 21 titres , dont « Bruxelles », « La Fille De Ma Concierge », « Pas Craquer », « Electric Guerilla », « Poupée Plastique » (NDR : elle est même représentée à l’avant-scène), « Police Control », « Fonctionnaire » et « Tout Seul Ce soir ». Le discours du vocaliste est interprété en français. Et il passe 5 sur 5. Les artistes débordent d'énergie et les spectateurs commencent sérieusement à pogoter.

Place enfin Sham 69, à la tête d’affiche ! Les gaillards on pris de la brioche autant que de l’âge. Je les ai vus il y a plus de 30 ans. Le line up original a changé. Tim V est au chant (depuis 2007 pour remplacer le charismatique Jimmy Pursey), Neil Harris est à la 6 cordes (un membre fondateur, revenu en 2012), Al Campbell à la basse depuis 2009 et le drummer Ian Whitewood (dans l'aventure à partir de 1986). Leur patronyme est inspiré d'un graffiti que le chanteur Jimmy Pursey avait vu sur un mur des toilettes, 'hersham 69'.

23 morceaux vont défiler. Des anciens, mais également des nouveaux. Le dynamisme de Tim est réconfortant. En outre, c’est un excellent communicateur. Les pogos et les crowdsurfings se succèdent dans la fosse. Après tout, c'est ma jeunesse qui défile devant les yeux. Je vais donc participer à la fête et mouiller mon tee-shirt des Sex Pistols avec un bonheur certain. Quel plaisir de rajeunir un papy nostalgique ! « We Got A Fight », « What Have We Got », « Hey Little Rich Boy», « Western Culture », « They Don't Understand » et « I Don't Wanna » déferlent à une allure vertigineuse. Je me mêle aux comiques qui dansent. Allez Micheleke, ne te cache pas, c'est bon ! « Ulster », « Rip Off », « Tell Us The Truth », « Loud Mouth» et « Sweeney Todd » embraient dans le même esprit. La chaleur est de plus en plus insupportable, dans l’auditoire. Ce n'est plus de mon âge…

Sur les planches, les papys du punk font plus que de la résistance. Leur show est dévastateur et puissant comme autrefois. « Family Life », « Thats Life » et « Shout » permettent au public de reprendre son souffle. Mais « Borstal Breakout », « Security Guard », Sing When You Wining » ainsi que « Hurry Up Harry » redémarrent au quart de tour. Si bien que le peuple de la fosse s'invite sur l’estrade pour participer à la fête… aussi vite remballé par les musclés de la sécurité qui rejettent tout ce beau monde d'où il était venu. Les musclés, c'est bon enfant, il ne faut pas exagérer dans la violence. Le concert tire à sa fin, et il fait de plus en plus soif. Aussi, pendant « 3Q And A », je me réfugie au bar. « Cockney Kids Are Innocent » et Angels With Dirty Faces » clôturent le spectacle. Lors du rappel, pendant « If The Kids Are United », deux jeunes gamins décident quand même de remonter sur le podium. Sympa, le service de sécurité ferme les yeux. Merci au Magasin 4 pour cette belle soirée !

(Organisation Magasin 4)

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Massive Attack

Algorithme & Blues

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Dépêché en dernière minute par la grâce d’un sms sur le coup de seize heures trente (et après avoir réalisé que l’événement avait lieu le soir même !), je m’engage donc dans la bouche fiévreuse de Bruxelles, remontant son reflux gastrique par le colon Montgomery pour arriver à l’ouverture des portes.
Si l’événement de ce soir mérite quelques chamboulements de dernière minute (exit la réunion des parents et bonjour l’étiquette de père indigne !), je peux me féliciter de m’être à ce point pressé, vu mon placement en première ligne.
Conditions idéales donc, s’il en est, pour revoir le groupe de Bristol, deux mois à peine après les Ardentes.
Premier constat : l’auditoire réunit presque exclusivement des quadragénaires ; une conséquence du coût déraisonnable des places. Mais à qui doit on en imputer la faute ???
C’est en tout cas une des raisons que mon esprit avance sur l’échiquier de l’analyse en préambule à ce concert à connotation unique. Unique, car il est fort à parier que le prochain passage du groupe se déroulera dans un espace bien moins agréable.
Jouissant du privilège d’invité, je m’abstiendrai donc de relancer la polémique sur la surenchère des prix de concerts et vais donc sagement me contenter de profiter pleinement du spectacle.
Et tout semble parfaitement en place pour celui-ci.

Vingt heures, la sono commence à diffuser les premières nappes de Dub, prévisible incursion vers les abysses lumineuses d’une Massive Attack.

S’y devinent, les sources d’inspiration du groupe qui ont, à l’aube des années 90, révolutionné le monde musical.

Au fil des minutes, certains spectateurs commencent à s’impatienter.

Près d’une heure plus tard, dans l’obscurité tapissée de fumigènes, presque sur la pointe des pieds, les silhouettes investissent le podium.

Ainsi débute la messe.

Pour concevoir l’entité du groupe précurseur du Trip Hop, il faut envisager le spectacle selon deux axes.

D’une part sa musique, bien entendu, mais aussi son visuel dans lequel les membres s’investissent largement.

Indissociables, l’un et l’autre forment une alchimie parfaite lors de leurs shows, renforçant l’impact de la prestation.

Les premières basses viennent s’écraser comme des lames de fond au-devant de la scène et en arrière, un gigantesque écran digital scindé en différentes sections, diffuse invariablement messages anti-propagandes et images de masse lobotomisantes.

Cette collision, loin d’être fortuite, génère un impact direct sur l’émotionnel et le ressenti de la partie musicale.

Mis de telle sorte en lumière, les morceaux de Massive Attack révèlent ainsi d’autant plus leur magnifique noirceur, mais aussi leur éclatante inventivité.

Bien sûr, rien n’est laissé au hasard, et si celui-ci s’invite à l’improviste sous la forme d’un grain de sable venu se loger entre les cordes vocales de Martina Topley-Bird ; lorsqu’elle interprète « Paradise Circus », il n’enraye pas pour autant la machine admirablement huilée.

Pourtant, cette quasi-perfection ne coule pas la performance du groupe dans un moule d’ennui.

Et si ses membres connaissent parfaitement leur partition numérique, ils semblent unis par une osmose interne les reliant les uns aux autres et leur permettant d’ajouter cette infime touche de magie noire qui fait la force de MA.

Tour à tour, Martina Topley Bird, Horace Andy et Grant Marshall (alias Daddy G) viennent prêter leurs voix aux différentes compositions qui se tissent comme autant de toiles lumineuses.

Ce à quoi un light show somptueux vient se superposer, de sorte à donner corps à l’âme du band qu’on peut apercevoir danser entre les faisceaux de lumière.

Manifestement incommodée par un léger refroidissement, la chanteuse semble jouer sur la réserve.

Qu’importe, puisque émane de sa gorge cette mystérieuse sensualité qui habille si bien les titres, s’appropriant avec grâce et élégance les morceaux chantés par d’autres sur disque.

Quant à l’icône du Reggae, fidèle à lui-même, il investit la scène de son aura intemporelle.

Ainsi se succèdent les hits du groupe, sans surprise, mais interprétés avec force et un savoir-faire qui semble décupler au fil des dates.

En guise d’aperçu de l’album à venir (et dont la date n’est pas encore avancée), quelques nouveaux titres se glissent dans la set list.

La méthode de travail a peut-être changé (Robert Del Naja évoquait récemment dans une interview aborder l’élaboration de ses morceaux de manière différente), mais le résultat reste tout aussi convaincant.

Avant un unique rappel, la troupe disparaît comme elle est apparue, soit en catimini.

Mais au final, après trois titres (dont l’incontournable « Safe From Harm » en apothéose) elle s’éclipsera sous les hourras de la foule, baigné dans une lumière crue, les révélant enfin, tous réunis, s’échangeant généreusement congratulations et embrassades sincères.

Fondamentalement, le concert de ce soir n’était pas très différent de leur prestation en festivals, mais dans ce contexte de perfection presque totale, était-il bien convenable de faire la fine bouche ?

(Organisation : Greenhouse Talent)

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Napalm Death

Quand le son est pourri, les oreilles trinquent…

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En 2014, le Magasin 4 fête ses 20 ans ! De 1994 à 2014, plus de 3 300 groupes différents s’y sont produits. Tout d’abord au 4, Rue du Magasin ; et ensuite au 51B, Avenue du Port. Il s'agit d'une aventure humaine et artistique de plusieurs vies. Tout aurait été impossible sans les nombreux bénévoles, artistes, groupes, organisateurs ainsi que tous ceux qui ont contribué de loin ou de près à l’aventure de ce lieu à l'atmosphère unique.

En débarquant à 18h15, le Magasin 4 est déjà blindé. C'est bien la première fois que je vois autant de monde dans cette salle. Peut-être l'effet ‘anniversaire’. Je me faufile parmi les spectateurs et y croise pas mal de monde issu d’outre-Quiévrain. Il fait chaud et même très chaud dans la fosse. Mr Marcaille ouvre les hostilités. Un français assez bien constitué, en slip noir. Il est armé d’un violoncelle et se sert de deux grosses caisses, à l’aide de ses pieds. Ce 'One Man band, c'est un peu le Rémy Bricka du death metal ! Il se démène, triture son instrument et frappe sur ses toms, en même temps. Mais le son est tellement exécrable, que par réflexe, j’enfonce mes bouchons dans les oreilles. Avant d’aller prendre l’air. Je tente à deux reprises de revenir sur mes pas. Mais rien à faire, je n’entends que du bruit, et je retourne à l’extérieur.

Place ensuite à Vorax Virosus, un combo belgo/français. Un trio guitare/basse/batterie, ma foi, fort classique. Le son n’est toujours pas meilleur, même filtré par mes boules-Quiès. Je décide donc de faire l'impasse. Sorry les gars, j’espère vous revoir dans de meilleures conditions. Un petit conseil quand même, prévoyez un ingé-son compétent…

C’est au tour de Visions Of War d’investir les planches. Issu du Nord du pays, il pratique du thrash/crustcore. Il est actif depuis 1996. Dès le soundcheck, les musicos réclament un meilleur son dans les retours de scène. Et réitèrent leurs sollicitations dès le début du set. Apparemment, il est aussi pourri sur l’estrade que dans la salle. Le chanteur a pourtant une très bonne voix et les autres membres du groupe se dépensent sans compter. Je tente de me réfugier derrière la table de mixage (où le son doit être bon). Mais peine perdue. La soirée est plus que mal embarquée. Vu les efforts opérés par le band, j’assiste à l’intégralité de leur prestation, mais un peu à contrecoeur…

J’espère cependant, en mon for intérieur, que les problèmes seront résolus pour la tête d’affiche. Il s’agit quand même de la formation insulaire Napalm Death. Eh bien non, rien n’a vraiment changé. La set list est généreuse et réunit 26 titres. Le public est toujours aussi conséquent, mais la déception peut se lire sur les visages. Le chanteur Mark ‘Barney’ Greenway est pourtant en forme et bouge pas mal. Il s'époumone et chante à tue-tête. Je me suis planté derrière la console, où normalement, le son est censé irréprochable. Pas du tout ! Je recule jusque la sortie. Ce n’est pas mieux ! A la moitié du set, je décide alors de jeter l’éponge et de vider les lieux. Il est très rare que je quitte un concert au beau milieu de son parcours. Mais vu les circonstances, ma décision était inévitable. Car finalement, j’ai passé une mauvaise soirée…

(Organisation : Le Magasin 4)

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