Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Austra

Reines de Lumière...

Austra, c’est le nom de la Déesse de la Lumière, dans la mythologie lettone. L'adjectif ‘lumineuse’ convient donc parfaitement à Katie Stelmanis, la chanteuse canadienne originaire de la rive orientale de la mer Baltique, à la tête d’Austra. Révélée par le hit alternatif "The Beat And The Pulse" et par un premier album époustouflant intitulé "Feel It Break", Stalmanis se produisait le 11 juin dernier, pour la première fois en Belgique, au sein de sa formation d'électro-pop 'dark'. Le concert était quasi 'sold out'. Le public qui avait rejoint la salle du Vk* à Bruxelles était assez diversifié, même si une majorité de jeunes femmes était visiblement influencée par le look très tendance de Katie (NDR : la frange dans les cheveux !)

C'est un groupe au grand complet qui prend possession de la scène, impliquant pas moins de 6 musiciens. Le premier morceau, "Young And Gay", qui est explicite sur l'orientation sexuelle avouée de Stelmanis, permet de constater en toute logique une prédominance de musiciennes. Et pour cause, y militent Maya Postepski (batterie), ex-Galaxy (NDR : le combo précédent de Stalmanis), et les très jolies jumelles Sari et Romy Lightman, par ailleurs impliquées au sein d’un projet d'indie-folk, baptisé Tasseomancy. Le line up est complété par le bassiste/claviériste Dorian Wolf (auparavant chez Spiral Beach) et le claviériste Ryan Wonsiak (Ze and the Boyfriends).

Après un "Hate Crime" tout en retenue, "Lose It", le deuxième single de l'album, permet au groupe de faire monter la pression. Vêtue d'une longue robe blanche en satin, Stalmanis est tout simplement resplendissante. Très concentrée sur son chant, elle accompagne chaque phrasé par des gestes des bras et des mains ; une technique qu'elle doit certainement à sa formation. Rappelons que dans son jeune âge, elle a suivi des cours de piano classique et appartenait au Chœur d'Enfants de l'Opéra canadien. Emportée par la musique, elle virevolte sur l’estrade comme une petite fille aux cheveux d'or. A ses côtés, Sari et Romy Lightman, affichant un look très particulier de gitanes en costumes folk alternatifs, ont une très forte présence scénique, chantant et dansant sans discontinuer.

La musique est d'une intensité rare, croisement entre le lyrisme noir et mélancolique de Stelmanis et les rythmes tour à tour electro-danse, trance ou expérimentaux. Pour la voix, on pense à Kate Bush ("Darken Her Horse" véhicule des accents empruntés à "Running Up That Hill"), Björk et Bat For Lashes ; mais aussi à la vague de chanteuses 'dark' qui déferle actuellement, que ce soit Zola Jesus, elle aussi américaine originaire d'Europe de l'Est, Chelsea Wolfe ou Florence And The Machine. La musique lorgne quant à elle clairement vers New Order, Glasser, Anne Clark, Radiohead ou The Knife.

Le volet central du concert, plus calme et plus expérimental, s'articule autour des titres "The Choke", "The Villain" et "The Future". On remarque les très belles polyphonies vocales des trois chanteuses et surtout l'incroyable efficacité et le charme impérial de Maya Postepski. L’aisance déconcertante de la percussionniste lui permet de dispenser des parties de batterie dotées d'un swing très fin.

Le point culminant du concert est atteint par "Identity", un véritable bijou de new-wave, imprimé sur un rythme hypnotique, baignant dans des nappes synthétiques et balayé par ces voix haut perchées, lancinantes et irrésistibles. "The Beat And The Pulse" va littéralement nous ‘achever’ : nous sommes en extase, les mains en l'air, pendant ce hit électro –en version longue– qui cartonne depuis plusieurs mois déjà sur les dance floors.

En rappel, Austra nous gratifie d'un morceau inédit, de très bonne facture, et clôture par un excellent "Spellwork", le troisième simple de "Feel The Break". On sort de la salle étourdis par la beauté éblouissante d'une prestation qui aura été en tous points magique... Un voyage féerique plein de profondeur et de lumière... D'ores et déjà un des meilleurs concerts de l'année....

Regardez ici la vidéo de "The Beat And The Pulse" au Vk*: 

Auparavant, Chevalier Avant Garde, également venu du Canada, avait ouvert la soirée en jouant une pop ‘minimal wave’ mélodiquement soignée (surtout dans le très beau "Over The Fountain", tiré de l'album "Heterotopias") mais manquant, dans l’ensemble, de relief.

(Organisation Vk*)

 

The Weeknd

A Change Is Gonna Come

Écrit par

Phénomène R’n’B à l’ascension fulgurante, Abel Tesfaye, plus connu sous le nom de The Weeknd, était de passage à Bruxelles ce mercredi 6 juin. Un concert annoncé à peine deux semaines plus tôt et sold-out en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Le Canadien, auteur de pas moins de trois mixtapes gratos publiés l’an dernier, a jeté son dévolu sur la petite scène du Recyclart. L’occasion rêvée de vérifier concrètement si le Canadien est bien à la hauteur du buzz qui l’entoure.

En publiant trois albums en cinq mois (« House Of Ballons, « Thursday », « Echoes Of Silence »)  et en les distribuant gratuitement sur la toile, le jeune Tesfaye, alias The Weeknd, a rapidement focalisé l’attention de la presse spécialisée sur lui. Tant et si bien qu’il n’a fallu que quelques jours pour épuiser le stock de tickets disponibles, malgré l’annonce tardive et un tarif relativement élevé pour du sang neuf (28€ !). Le petit prodige du R’n’B profite –dans tous les sens du terme– largement du tapage médiatique opéré en sa faveur.

Il y a moins d’un an que The Weeknd a démarré sa première tournée et le moins que l’on puisse dire est que le mec est déjà bien rôdé. Entouré de musicos pour un ‘vrai’ live, le chanteur originaire de Toronto ne débarque sur les planches que peu après 21h30. En attendant le début des festivités, l’assistance a eu tout le loisir d’humer les doux effluves de pissotières du Recyclart. Pas l’endroit rêvé pour ce genre de concert, bien que tout à fait convivial. Enfin, une convivialité qui n’est appréciable qu’à condition d’être coincé dans les premiers rangs. La scène, trop basse, n’octroyant une vue que très limitée aux fans traînant bon gré mal gré à l’arrière.

Hurlements en masse dès l’arrivée du jeune homme sur scène. Tesfaye et ses acolytes démarrent le concert par « High For This », un tube, déjà. Et des tubes, la soirée en sera parcourue de long en large ! Il faut dire que The Weeknd transporte le genre vers des sphères inédites, à l’instar de Drake. Un vrai ravalement de façade pour le R’n’B, qui en avait plus que besoin. Le son est extrêmement bien géré. La voix du Canadien remplit chaque coin de la pièce sans jamais flancher. Principalement downtempo, les extraits de ses mixtapes prennent une tout autre dimension sur scène. Comme ce « Life Of the Party », repris en chœur par les –évidemment nombreuses– demoiselles de l’assistance (qui s’égosilleront d’ailleurs sur la plupart des morceaux) ou encore « D.D. », reprise du « Dirty Diana » de Michael King Of Pop Jackson, duquel il emprunte quelques intonations. Le set monte graduellement en pression. Les morceaux s’enchaînent naturellement et sonnent tous comme des hits. « The Birds », « Gone », « Montreal » ou « The Party & The After Party » et son sample de Beach House, s’échappent des baffles sous une ambiance embrasée, à l’image de ces morceaux, bandes sonores parfaites pour la chambre à coucher.

The Weeknd achève son show par « The Knowing », « The Morning » puis, au rappel, « House Of Balloons » et « Wicked Games », quasiment tous repris à gorges déployées par les filles de l’assistance, donnant une dimension un peu trop midinette à l’ensemble. Des chœurs qui sont, additionées aux arômes insupportables de la salle, probablement le seul bémol de la soirée, le gamin de Toronto ayant largement assis sa réputation. Le set, qui a duré à peine plus d’une heure, a dévoilé à la Belgique un artiste naturel, humble et réellement talentueux. Un buzz bel et bien mérité.

(Organisation : VK)

 

Dirty Three

Le rock n’est pas mort, Dirty Three en est la preuve vivante…

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Mea Culpa, je n’avais jamais entendu la moindre note dispensée par Dirty Three, avant d’aller les découvrir, ce 6 juin, à l’AB de Bruxelles. Mais on m’avait tellement dit du bien à leur sujet, et notamment en ‘live’, que je me suis finalement décidé à me rendre à un de leurs concerts. Paraît même que c’est un des meilleurs groupes, au monde, sur scène…

Bien sûr, je savais vaguement que Warren Ellis avait milité chez les incontournables Bad Seeds chers à Nick Cave et que le trio australien était responsable d’une musique instrumentale dominée par le violon de son leader charismatique ; mais c’était à peu près tout !

Le public qui assiste à ce set dans l’AB Box est clairsemé (quel bonheur, finalement !) pour accueillir le trio issu de Melbourne. Il fait suite à celui de Papa M (David Pajo). Warren Ellis a une aura presque magnétique. A cause de son look de père spirituel vaudou (NDR : non, ce n’est pas Sébastien Tellier !)

Dès le morceau d’ouverture, on se rend compte être en présence de musicos tout bonnement fabuleux. Outre sa présence scénique, Ellis est un véritable virtuose. Et puis, il peut s’appuyer sur deux excellents collaborateurs. Aux drums, Jim White maîtrise parfaitement toute la puissance qu’il libère. Quant aux interventions de Mick Turner à la guitare, elles sont aussi précises que diaboliques. Leurs longues constructions sonores mêlent le post-rock (oui, oui !), le blues et le jazz. Et le résultat est fascinant, effrayant et divertissant, à la fois. On comprend mieux pourquoi le band est régulièrement sollicité pour composer des B.O. de films, car leur musique est éminemment cinématographique. Pas la moindre faiblesse au cours de leur spectacle. Et puis, on apprécie ce contraste parfait entre l’humour décalé et ravageur (NDR : en français, le rockeur habite Paris) du leader et le climat ténébreux de leur musique.

Après deux heures de prestation, l’auditoire en redemande. Au sein de cette ambiance électrique, les Dirty Three ont démontré que les véritables musiciens de rock existaient encore… Pas étonnant qu’un spectateur leur a demandé de reprendre une compo des Stooges, dont l’esprit hantait, ce soir, les lieux…

(Organisation AB)

 

Future Of The Left

Not On Top

Écrit par

En 2009, Future Of The Left faisait un carton plein en envahissant la Rotonde du Botanique. Depuis, Andrew Falkous et Jack Egglestone ont fait le ménage devant leur porte et se sont dénichés un nouveau préposé à la guitare, Jimmy Watkins, ainsi que Julia Ruzicka, ex-Million Dead, désormais chargée de la basse. Le Future Of the Left nouveau effectuait un arrêt express ce mardi 5 juin, cette fois au VK, pour y présenter leur troisième LP, « The Plot Against Common Sense ». Noise Rock pur jus.

Si certains ne se sont toujours pas remis de la dissolution de McLusky en 2005, Falkous et Egglestone ont définitivement tourné la page et continuent leur bonhomme de chemin sous la bannière de Future Of the Left. Trois ans après son dernier passage en Belgique, le quatuor a investi le VK, une salle peut-être encore trop grande comparée à sa fan-base belge. C’est donc devant un parterre assez clairsemé que les Gallois ont délivré un set rageur, fractionné entre des morceaux de « Curses », de l’excellent « Travels With Myself And Another » et du petit dernier, « The Plot Against Common Sense ».

Falkous le sait, les fans sont principalement là pour entendre des morceaux du second LP. C’est donc par les tranchants « Arming Eritrea », « Small Bones, Small Bodies » ou le radical et hautement efficace « Chin Music » que démarrent les festivités. Bien qu’il envoie tout ce qu’il a dans le ventre, le leader de la bande n’a pas spécialement l’air ravi d’être là et enchaîne quelques morceaux avant d’adresser quelques railleries aux fans excités des premiers rangs. « Sheena Is A T-Shirt Salesman », leur dernier single en date, introduit la partie du set reservé au nouvel LP. Ça casse pas la patte à un canard et on lui préfère largement des titres moins brouillons, comme « Failed Olympic Bid », « Robocop 4 – Fuck Off Robocop » et ses paroles hilarantes ainsi que l’épique « Notes On Achieving Orbit » qui clôture le concert un peu plus tard.

La formation, certainement déçue par le manque d’entrain manifesté par l’assistance, se contente de jouer ses titres les uns derrière les autres, avec moins de bonne humeur que lors de leur passage en 2009. « Manchasm » et « adeadenemyalwayssmellsgood », deux extraits de « Curses », n’arrivent même pas à arracher le moindre sursaut d’enthousiasme dans le public, sauf aux premiers rangs. Falkous s’est d’ailleurs montré particulièrement cassant dans ses échanges avec le public.

A viser trop haut, Future Of the Left s’est fait couillonner. Un nouveau passage dans la Rotonde aurait été autrement plus excitant, autant pour le groupe que pour les fans, bien trop dispersés entre les murs du VK…

(Organisation : VK)

 

Django Django

Le début d’une belle aventure…

Écrit par

Ce quatuor irlando-écossais qui a migré vers les contrées branchées du London-East est la sensation pop-rock de l’année. Info ou intox, nous allons vérifier. Formé en 2009, le groupe est prêt à prendre la place de feu Beta Band, dont le claviériste (John Maclean) n’est autre que le frère du batteur-producteur de Django Django (David Maclean). Le line up implique également un chanteur/guitariste (Vincent Neff), un choriste/bassiste (Jimmy Dixon) et un synth/opérateur (Tommy Grace), ce dernier, constituant plus que probablement le cerveau du band. Originale, cette formation dilue son art-pop au sein de teintes électroniques afin d’emballer un package loin d’être indigeste.

Ce soir, la tête d’affiche entame son set très en retard. Il fait suite à celui des Bruxellois de BRNS, programmé en première partie… Monsieur le synth-opérateur opère son line-check tranquillement mais alors, vraiment tranquillement !

Lorsque le combo monte enfin sur les planches, c’est pour nous proposer la même introduction que celle de leur première plaque. Il enchaîne très vite par l’excellent « Vor » qui révèle quelques difficultés : justesse du chant, un mix un peu faiblard, une prise en main des instruments plutôt lente, …

Mea culpa, le groupe n’en est qu’à ses débuts. Ces petits soucis ne sont que passagers et probablement liés à leur manque d’assurance en ‘live’. Seule note négative puisque passé ce track, « Firewater » vient relever le niveau et le son est proche de la perfection. D’ailleurs le public en redemande. Après avoir démontré ses capacités surf-rock en conjuguant les deux voix angéliques, le quatuor nous emmène dans un monde electro-psyché, tout au long de l’excellent « Waveforms ». C’est bon, c’est parti, tout le monde avoue petit à petit que Django Django mérite son étiquette de ‘révélation 2012’. Les percussions sont omniprésentes et l’auditoire est enchanté. « Skies over Cairo » chauffe la foule, mais l’ambiance est poussée à son paroxysme sur le tube « Default ». Un dernier morceau et quelques excuses plus tard, le groupe quitte la scène… Evidement, le band n’en est qu’à son premier elpee, ce qui explique cette prestation très courte. Mais suffisante pour les pardonner in extremis, grâce à l’excellent rappel « Silver Rays » avant de leur dire ‘Bye-Bye’.

Une certitude, ce jeune (même pas 90 ans à eux 4) groupe possède suffisamment de potentiel pour vivre une longue aventure, une aventure qui devrait nous étonner encore un peu plus d’ici quelques années voire quelques mois…

C’est pourquoi, j’ai envie de leur dire ‘A bientôt !?’

(Organisation Le Grand Mix)

 

And Also The Trees

Etre ou ne pas être…

Le Magasin 4 (www.magasin4.be ) est situé Avenue du Port à Bruxelles. C’est le long du canal, près de Tour et Taxis. Le parking est aisé. Les prix démocratiques. Il s’agit d’un ancien hangar qui a été totalement réaménagé. Pendant 15 bonnes années, la salle était située rue du Magasin, au n°4. Le nom a été conservé, malgré l’année sabbatique inévitable qui a suivi le déménagement. La programmation y est très variée et alternative (Hardcore, Funk, Punk, Métal, Rock Alternatif, Ska, Pop, Ragga, Reggae, Musiques Expérimentales, Chanson Française, Jazz et moult fusions originales), mais pas inintéressante. Elle sert d’abord même de tremplin ou de découverte. S’y produisent également des artistes et des groupes injustement méconnus du grand public, dont les aficionados sont restés fidèles. C’est le cas d’And Also The Trees. Née en 1978, cette formation insulaire sillonne souvent le Vieux Continent. En août 2010, elle avait accordé un concert ‘unplugged’ de toute beauté, à l’Abbaye de Forest, mais surtout le 25 novembre 2007, un set exceptionnel, à la Rotonde du Botanique, pour défendre son remarquable album « (Listen for) the rag and bone man »… Mais place à la prose d’Akim Serar pour nous parler de cette belle soirée. (B.D.)

C’est un pays imaginaire, une contrée fantastique où l’on croise des êtres hors du commun, aux noms étranges et aux histoires atypiques.

Ils se nomment Red Valentino, Prince Ruppert ou simplement la fille à l’accordéon.

Une lande balayée par les vents, qui s’éveille chaque matin dans d’épaisses brumes, où les hivers sont rudes et les étés doux.

Un endroit où le temps semble perdre toute emprise, épargnant les plus jolies fleurs.

Un lieu où l’océan aime à rugir, comme animé par le chant des sirènes qui l’habitent.

Parcourant les monts et vallées depuis maintenant plus de trente années, And Also The Trees sont les troubadours de ces vastes étendues sises quelque part entre Albion et le pays des fées.

Trente-trois années pendant lesquelles, la voix et la guitare des frères Jones ont tissé les contours de ce monde qui se devine derrière un voile sombre et mélancolique.

Forcément, le parcours était semé d’embûches, et bien peu auraient osé miser un shilling sur la carrière de ce groupe mésestimé dans sa propre Angleterre et adoré outre-Manche par quelques cohortes d’obscurs corbeaux encore trop attachés aux oripeaux gothiques ou new wave.

Mais bien loin des clichés et surtout des modes, le groupe originaire du Worcestershire a su se réinventer, et passer outre un passage à vide que beaucoup voyaient comme le signe du déclin.

Après avoir revisité son répertoire en mode acoustique, le moment est donc venu pour AATT de se rappeler fièrement à ses disciples, par le biais d’un nouvel album (« Hunter, not the hunted », voir chronique ici ) qui prouve, si besoin était, que le talent et la passion cohabitent toujours dans la caboche de ces deux frères aux chevelures si différentes.

De retour sur nos terres en ce jeudi d’Ascension (signe divin de leur retour au sommet ?), le quintet s’apprêtait à livrer une prestation de haute volée dans un Magasin 4 fort bien rempli.

Mais d’abord, l’occasion était donnée aux (très) jeunes Thieves Of Silence de prouver que l’héritage de la Cold Wave pouvait être assimilé par de jeunes pousses nées dans les années Grunge.

Sur le son calibré d’une boîte à rythmes martiale, les quatre éphèbes offraient un set d’une étonnante maturité, aux sonorités  certes datées (le clavier de l’oncle Sumner, l’effet Flanger piqué à papa Smith, …) mais avec panache et conviction.

Le contraste entre ses frimousses pubères aux gestuelles étudiées devant la glace et l’impressionnante maîtrise affichée, étant des plus surprenantes.

De quoi patienter avant la messe tant attendue.

Qui comme un nuage de brouillard se faufilant parmi le public massé au devant, commençait sur les premières notes de « Domed », réservant une entrée théâtrale à Simon Huw Jones.

Quoi de plus normal, pour ce chanteur au style racé d’acteur Macbéthien ?

Faisant la part belle à l’album « (Listen For) The Rag And Bone Man » et bien sûr au dernier opus, le concert de ce soir soulignait combien l’électricité sied bien à cette troupe qu’on imagine pourtant plus facilement à la lueur tamisée de cierges se consumant lentement sur quelques vieux chandeliers.

Nullement avare, And Also The Trees s’offrait à ses nombreux fans de la première comme de la dernière heure, avec bonheur.

Quelques titres plus anciens (« A Room Lives In Lucy » et bien sûr l’incontournable « Virus Meadow » en rappel, mais point de « Slow Pulse Boy », comme pour stigmatiser le désir de les revoir au plus vite) venant balancer parfaitement la cohérence d’une carrière hors des sentiers battus.

Et sans effet de style ou de maniérisme déplacé, ils s’en sont allés, comme la mer se retire sur une plage toute abandonnée à ses caresses. (A.S.)

A l’issue du set, votre rédac’ chef, également présent, avait aussi quelques réflexions à émettre. D’abord, le début de concert, était un peu trop brouillon à mon goût. Il a, en effet, fallu quatre ou cinq titres, avant que l’ingé ne trouve le bon équilibre. Mais il est vrai qu’à partir de ce moment, on s’est laissé emporter par les vagues sonores qui ont déferlé, poussées par une houle bien insulaire, sur les falaises de nos tympans…

Autre constatation, les attitudes de Simon. Je ne sais pas pourquoi, mais elles m’ont rappelé celles adoptées par Jim Morrison, il y a plus de quatre décennies. En outre, depuis qu’il s’est rasé la barbe, l’aîné des frères Jones affiche une certaine ressemblance physique avec feu le leader des Doors.

Préposée aux claviers, Emer Brizzolara se consacre davantage au dulcimer. Ce qui confère une sonorité plus orientale aux compos d’AATT.

Le toucher de guitare si caractéristique de Justin est intact. Notre photographe du jour et collaborateur de longue date Vincent (voir ses clichés ici) s’est ainsi rendu compte de l’influence de sa technique sur de nombreux gratteurs. Même contemporains.

Enfin, la formation a eu la gentillesse d’accorder deux rappels conséquents. Et les aficionados ont vraiment apprécié ce geste de générosité. (B.D.)

Organisation : Les Fruits De La Passion

(Voir aussi notre section photos ici )

 

Steven Wilson

Dans la Cour du Roi Wilson

Leader de Porcupine Tree, Steven Wilson a développé un projet solo afin de pouvoir donner libre cours à sa boulimie créatrice, mais aussi pour pouvoir toucher à des styles de musique qui ne s’inscrivent pas dans la lignée de son groupe progressif emblématique (jazz-rock, trip-hop, indus, drone, ...) En 2008, cette démarche a débouché sur un album très personnel et éclectique à souhait : "Insurgentes". Récemment, Wilson a poussé la logique plus loin. Il a réuni une équipe de virtuoses issus du milieu jazz-prog afin de concrétiser ce concept dans le cadre d'un nouvel opus, "Grace For Drowning", et d'une tournée complète sous son propre nom.

C'est donc avec grande curiosité que nous attendions ce concert, accordé dans la salle de l'Ancienne Belgique en configuration ‘AB Box’ (sans les gradins et sans les balcons). Beaucoup ont sans doute été surpris par l’accueil opéré sous la forme d’un fond musical de Bass Communion, encore un autre projet, ambient/drone celui-là, de ce diable de Wilson. Un voile presque transparent sépare le public de la scène et les images de Lasse Hoile projetées sur ce voile contribuent déjà à créer une atmosphère sombre et mystérieuse.

Lorsque les lumières s'éteignent, c'est le batteur, l'Allemand Marco Minnemann, qui entame seul les premières mesures de "No Twilight Within the Courts of the Sun". Il est vite rejoint par l'ex-bassiste de Kajagoogoo Nick Beggs, le guitariste Aziz Abrahim, le claviériste Adam Holzman et le flûtiste/saxophoniste/clarinettiste Theo Travis. D'emblée, les sonorités sont carrément jazz-prog et on se trouve plongés 40 ans en arrière, à l'époque des King Crimson, Yes et autre Van der Graaf Generator. Steven Wilson apparaît enfin au milieu de son nouveau super-groupe et grâce à son jeu de guitare et à sa voix trafiquée, le morceau acquiert une modernité évoquant Nine Inch Nails (époque « Fragile ») et Rush, avant de s'éteindre dans une sarabande d'harmonies que ne renieraient ni Happy The Man, ni le Genesis de la période Gabriel.

Notons qu'à ce moment, le voile entre la scène et le public est toujours présent (il le restera pendant 4 morceaux) mais on peut voir les musiciens au travers des projections. Une voix de vocodeur très grave introduit ensuite le morceau suivant: "Good evening, welcome to the concert. I am a collector", avant de céder le relais à "Index", une chanson du dernier elpee, consacrée à un collectionneur. Fidèle à son habitude, Steven Wilson évolue pieds nus sur l’estrade. Vêtu de façon très simple (t-shirt et pantalon) il porte une barbe de quelques jours. Par rapport aux concerts de Porcupine Tree, il joue beaucoup moins de ses instruments. Il se comporte plus comme un chef d'orchestre, soulignant les impulsions majeures et stimulant les musiciens. Sur "Deform to Form a Star", les nappes de mellotron évoquent à nouveau King Crimson et Genesis. Le band embraie par "Sectarian", un instrumental au cours duquel on se retrouve dans des rythmes syncopés à la Rush ("YYZ") ; et vers la fin du morceau, au moment le plus 'dramatique', le voile tombe soudain en une fois, provoquant une jolie clameur dans la foule.

Wilson impose ensuite une pause en abordant le très calme "Postcard" ; mais c'est un interlude de courte durée car la setlist a prévu ensuite "Remainder the Black Dog", un tour de force de neuf minutes au cours duquel tous les avatars du prog-rock sont revisités par la patte du maître. L'intro hypnotique au piano rappelle "Carousel" du groupe injustement inconnu Happy The Man et la suite est une claire évocation du "Voyage of The Acolyte" de Steve Hackett, lequel joue d'ailleurs sur l'enregistrement studio du morceau.

Aux premières notes de "Harmony Korine", le public manifeste son enthousiasme, et non sans raison. Il s'agit de la chanson la plus aboutie, la plus abordable aussi que Wilson ait composée depuis longtemps. Une intro à la guitare façon U2 et une mélodie digne d’"Exit Music For A Film" de Radiohead : il n'en faut pas plus pour déclencher cet engouement ! C'est clairement un des moments forts du concert.

Après "Abandoner" et ses accents trip-hop, et "Insurgentes", la douce plage titulaire du premier elpee, Wilson annonce ensuite une chanson inédite: "Luminol". Un nouveau tour de force musical qui nous emmène en voyage dans les univers de Yes, Utopia, UK et Rush ; mais le meilleur reste à venir. Wilson explique ensuite le thème de sa chanson suivante. En fait, elle reflète la fascination qui le ronge pour les tueurs en série. Il demande s'il existe des tueurs en série célèbres en Belgique. Lorsqu'un fan crie ‘Dutroux!’, Wilson confie ne jamais avoir entendu parler de lui : étonnant! Après avoir imposé le silence total (particulièrement à deux fans très bruyants), Wilson entame le chef d'œuvre "Raider II", dédié au tueur américain Dennis Lynn Rader (BTK pour "Bind Torture Kill"). Quelques notes très basses au piano, des bruits inquiétants diffusés en quadriphonie dans la salle, l'ambiance est terrifiante et on entend les mouches voler... Un grand moment ! Ensuite, le morceau se déploie pendant 20 minutes en une succession d'ambiances jazz, heavy metal, prog, drone, voire doom, pour finir en une explosion bruitiste ahurissante. Les musiciens quittent ensuite un à un la scène sous les acclamations d'un public réellement conquis.

Au cours du rappel, nous aurons droit à un excellent "Get All You Deserve". Le début est très calme, mais quand Wilson disparaît pour revenir affublé d'un inquiétant masque à gaz, on imagine une suite encore plus ‘dark’ que "Raider II". Et en effet, les guitares saturées ainsi qu’un Minnemann déchaîné sur ses fûts conduisent à un final apocalyptique.

Au moment de tirer les conclusions, force est de constater que Wilson a formé autour de lui un nouveau groupe très soudé et d'une virtuosité extrême. On est en droit de se poser des questions sur l'avenir de Porcupine Tree, d'autant que le prochain elpee de Wilson devrait être enregistré à nouveau en compagnie de la formation du projet ‘solo’.

Pour paraphraser King Crimson, un des groupes référence de Wilson (dont il vient de remasteriser les premiers albums), il vaut mieux être ‘In the Court of the Crimson King’ ou, dans ce cas-ci, ‘In The Court of the Wilson King’! (Merci à Bruno pour ce trait d'esprit)...

Organisation : AB

 

High Damage

Le gourou et ses sorciers…

Écrit par

Quel plaisir de retrouver High Tone, groupe actif depuis 15ans sur la scène dub-électro et ultra-investi dans leur label Jarring Effects. Quel plaisir également de retrouver High Tone dans ses expérimentations collaboratives ! Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais ce soir, le groupe réitère une expérience déjà réussie en compagnie de pointures françaises issues du monde du dub telles que Kaly Live Dub (en 2002 avec Kaltone), Improvisators dub (en 2005 avec Highvisators) ou encore Zenzile (en 2006 avec Zentone). Sur ce coup là, c’est Brain Damage qui rejoint High Tone dans l’aventure ; et c’est parti pour 3h30 de show !

L’arrivée du gourou ! (Brain Damage Dub Session)

Brain Damage, maintenant seul suite au départ du bassiste, nous propose son show en mode ‘sound system’ et le jeu en vaut la chandelle…

Il est 20h40, un doux parfum règne sur Tourcoing et Martin entre dans sa ‘cage’ située devant la régie, face à la scène afin d’ouvrir le bal. Une installation impressionnante faite de lampes tentaculaires, de lumières bien calculées et d’un écran plutôt original sur lequel de la vidéo est projetée en continu. Cette première partie dévoile, en réalité, la refonte du groupe Brain Damage qui se concentre sur le sound-system en y ajoutant sa patte live. L’ambiance s’annonce torride. Pendant quelques quarante minutes, un son reggae/dub bien pêchu va nous être asséné. Des morceaux puissants tels « Royal Salute » ou envoûtants comme « Genetic Weapon » ont gonflé le public à bloc.

L’entrée en scène des sorciers (High Damage)

Un à un, les membres d’High Tone montent sur l’estrade ; à cet instant, c’est un dilemme pour le public… On profite du show en se tournant vers notre ami Martin, toujours survolté devant la régie ou on opte pour l’excellente installation scénique derrière laquelle on aperçoit à peine les musiciens. Ce qui est sûr, c’est que le VJing est à l’honneur ce soir ; et les multiples projections ont un effet hypnotique sur la foule. Un premier morceau vient ravir l’assemblée. C’est d’ailleurs celui qui ouvre la galette issue de cette riche rencontre, à savoir « The Dawn ». Ensuite, les sons joués par les Lyonnais sont triturés selon les envies du Stéphanois face à eux. Eh oui, on croirait presque assister à un match Lyon-Saint-Etienne, sauf que les buts sont des bombes (« ZZZ », « Dub on tune in and drop out »). Les passes se résument à des effets sonores impressionnants et aucun carton ne sera brandi. Trêve de plaisanterie, il faut bien avouer que ce set de près d’une heure a été intense (autant que l’album), bien léché et surtout très réussi. Un voyage à travers l’ethno-dub qui s’achève par l’excellent « The Dusk ».

Les sorciers sans leur gourou (High Tone)

Comme chaque bonne chose a une fin, nous sommes ravis de voir, d’entendre et de sentir High Tone reprendre le flambeau mais, cette fois, sans Brain Damage. Une sorte de (re)présentation de leur dernier album « Out Back » (2010), enrichi de quelques tracks plus anciens, destinés à faire vibrer les aficionados du groupe. Le style est plus dur, plus influencé novo-dub et nous empêche de rester en place. Le dubstep s’affirme tout au long de « Dub What » qui fera presque saturer les enceintes du Grand Mix ou encore « Uncontrolable Flesh ». N’oublions pas de préciser que la voix délicate de Pupajim sur « Rub a dub anthem » vient adoucir les mœurs et réveiller la foule. Que du bonheur ! Fin de ce set explosif, carré, puissant et impressionnant. Eh non ! Une petite pause après presque 3h de concert et les zicos viennent nous suggérer, euh... pardon, nous imposer l’excellent « Spank » qui va faire littéralement imploser la salle avant de couronner le tout en beauté par « Ask the dusk ».

Ce soir, le Grand Mix s’est envolé grâce à une soirée magnifiquement orchestrée par des gourous-sorciers qui sont loin d’être en panne d’idées !

(Organisation : La passerelle)

 

Coeur de Pirate

Comme on jette l’encre à l’amer

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Elle est haute comme trois pommes, mais affiche ce petit esprit espiègle qui lui sied si bien.

Et puis, musicalement, on dira ce qu’on voudra, ses chansons ont quelque chose de touchant.

Pas renversantes, mais justes. Sans esbroufe. A l’image de cette petite fille aux multiples tatouages (plus Rock & Roll que camionneurs) qui se tient sur scène devant un parterre conquis et heureux. Des visages ébahis.

Des sourires multiples et des paroles qui s’articulent sur les lèvres des (très) jeunes au (beaucoup) moins jeunes.

Et des milliers d’étoiles. Comme celles qui brillaient dans les yeux de ma fille ce soir.

Bien des raisons de dire : ‘Merci Béatrice Martin’.

Effectivement, c’est elle que toutes et tous sont venus admirer ce soir.

Mais en public poli et bon enfant, l’assistance fait un accueil jovial à Monogrenade, groupe québécois fort sympathique dont le pop/folk suspendu aux cordes (deux violons et un violoncelle) s’agite sous une brise tantôt légère, tantôt tempétueuse.

Desservi par un son inégal, la formation a néanmoins soulevé l’enthousiasme et retardé l’impatience de ces centaines de cœurs qui trépignaient d’impatience.

Quelques sonorités émanant d’un ampli Fender, par le jeu de quelques pédales du meilleur effet, n’ont d’ailleurs pas laissé insensible votre serviteur, plutôt rôdé à d’autres ambiances que celle de ce soir.

Dans une atmosphère somme toute très différente de celles auxquelles je suis habitué, l’attente s’installe. Fébrile. L’excitation est palpable. Surtout chez les enfants présents.

Car ils sont nombreux ce soir.

Cœur de Pirate, c’est un peu le Tintin de la musique. Son auditoire s’étend de sept à septante-sept ans.

Cette réflexion peut paraître anodine, pourtant, elle prouve au moins deux choses : la première, c’est que sous leur aspect propre et lisse, ces chansons recèlent différents degrés de lecture. La deuxième, c’est que je ne serais pas là si je n’avais pas une fille de huit ans, complètement fan.

Parce que très franchement, je vais avoir du mal de vous parler de ce concert. Oh, pourtant, la prestation très professionnelle de ses musiciens était appréciable. Enceinte, l’interprète assume courageusement cet enchaînement de dates, vaille que vaille. La tendresse de ses chansons se dévoile comme les pages du journal intime d’une jeune fille en fleurs (parfois fanées) ou le comique d’une pause pipi intelligemment chorégraphiée en cours de spectacle. Mais, tout simplement, parce que toute mon attention était rivée sur ma fille qui rêvait éveillée une soirée attendue depuis si longtemps.

Une petite fille parmi d’autres petites filles, des moins grandes aussi (voir des plus vielles), et aussi des garçons ou même des papys, mais une petite fille au sourire rayonnant et qui m’émouvait à chaque fois qu’elle s’en allait d’un grand signe de main pour attirer le regard de son idole, à peine à quelques centimètres d’elle.

Une idole généreuse qui ne manquait aucune occasion de renvoyer sourires et gestes, remerciements sincères et ‘je vous aime aussi’ en retour.

Et si ma description vous paraît nunuche et vous renvoie au fantôme de Chantal Goya, détrompez-vous !

Musicalement, son spectacle tient absolument la route.

La voix est juste et transfère l’émotion au-delà du spectre lumineux d’un light show sobre et parfaitement calibré.

Le son swingue quand il le faut, le piano se fait intime quand la femme enfant aux bras de marins (les tatouages, pas les muscles !) appose ses mains délicates sur ses touches d’ivoire.

Fort judicieusement balancé, ponctué de ses hits (« Francis », « Comme des Enfants » ou « Adieu ») et agrémenté d’interventions échangées avec l’auditoire, ce concert était parfaitement calibré, en évitant le piège de la mise en scène stoïque.

Cœur de Pirate ne peut pas plaire à tout le monde mais ne dérange personne.

Et surtout, ses albums semblent apporter un certain bonheur à ceux qui y trouvent écho, aussi bien dans les paroles douces amères que dans les notes qui s’égrènent comme la mélancolie aux vents.

Elle n’est pas bien grande mais elle affiche une grandeur d’âme qu’elle communique à son public. Béatrice Martin est un sacré bout de femme et ma fille en est fan.

Alors je ne peux que crier haut et fort : ‘Vive Cœur de Pirate !’

(Organisation Live Nation en collaboration avec Asterios Spectacles)

 

 

The Feeling Of Love

En différé de Manhattan-sur-Meuse

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Ce lieu nouveau fleure bon l’underground. Une petite salle qui se cache à l’entrée d’un garage. Tiens, justement, c’est le nom de cet endroit. Le Garage. Mais plus qu’une simple allusion à l’endroit qui l’héberge, c’est la relation au véritable esprit qu’il faut souligner ici. Pour nouveau qu’il est, ce refuge à décibels jouit déjà d’une belle identité. Liège a peut-être trouvé son CBGB.

Et pour l’occasion, c’est à un concert de belles fripouilles auquel nous sommes conviés.

Crade et tonitruant, le son du Prince Harry envahit l’espace clos et s’agrippe illico à nos tympans impatients de saigner à blanc, blanc comme le bruit dispensé par ce combo liégeois.

Sous ses allures foutraques, les trois valeureux Principautaires assènent et matraquent leurs compositions aux forts relents Post Punk et aux accents New Wave.

Bien loin des bienséances de la cour de sa gracieuse Majesté, c’est un conglomérat de saturations et de basses écrasantes qui est jeté à la marre et aux oreilles des spectateurs amassés dans l’espace confiné.

Bien que confronté à de petits soucis d’ordre technique, le trio local ne s’économise pas. Haletant, vociférant, transpirant à pleines gouttes l’essence même du genre, il nous livre du Rock hargneux et déglingué comme on l’aime. Il y manque sans doute un peu de finesse ; mais il demeure, somme toute, fort plaisant.

A trois, on peut faire beaucoup de bruit. Ce que cherche à prouver The Feeling Of Love.

Après avoir éprouvé la version du ‘One Man Band’, G. Maretta a transformé son projet solo en trio.

Leur Rock Psyché s’habille de couleurs No Wave ou l’inverse ; mais bien plus encore. Les larsens suintent par tous les pores et jettent l’encre sur des tatouages encore frais. La rythmique fiévreuse secoue l’épiderme et lacère le marteau et l’enclume de nos pavillons endommagés. L’ouïe, l’ouïe (oh baby I gotta go). Frénétiquement, chaque vague se fracasse sur le devant de la scène et éclabousse de son écume un parterre captivé.

Livrant sans temps mort son implacable vérité : le Rock n’est pas fait pour se réinventer. Il est fait pour perdurer.

Et dans ce cadre qui lui sied à ravir, il ne pouvait que s’exécuter.

(Organisation : Jaune Orange) 

 

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