Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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The Virgins

Du bubblegum au rock’n roll

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The Virgins débarquaient ce jeudi 18 octobre au Grand Mix, à Tourcoing. De quoi pouvoir se rendre compte du potentiel de leur glam punk inspiré par les 70’s, sur les planches. Faut dire que les brûlots mélodiques dispensés tout au long de leur album éponyme, paru en 2008, nous donnaient encore l’eau à la bouche. Le gang new-yorkais est en outre considéré comme un héritier naturel des Strokes. Musicalement, of course ; mais aussi à cause de leur look. Le combo monte d’ailleurs sur les planches, vêtu de jeans serrés et de t-shirts négligés. A croire qu’il incarne le groupe contemporain le plus cool au monde…

Dès l’entame, le band nous balance des titres très énergiques. Plutôt clairsemé, le public semble apprécier. Chanteur et leader charismatique du groupe, Donald Cummings est manifestement hanté par Mick Jagger, le leader des mythiques Rolling Stones. A cause de ses mimiques et de ses dandinements sensuels. Et puis de son dynamisme doublé d’un enthousiasme communicatif. C’est parfois saisissant, mais surtout très réussi. Les lignes de basse souples et moelleuses, tracées par Nick Zarin-Ackerman, contrebalancent à merveille les drums particulièrement solides d’Erik Ratensperger et les interventions incisives de Wade Oates, aux six cordes. Les musiciens semblent heureux d’être là et cherchent à communiquer cette joie à leur public. Ils n’oublient pas les tubes de leur unique opus, comme « Rich Girls », « She’s Expensive » ou « Teen Lovers » ; mais confirment, en affichant une passion certaine, qu’ils ne resteront pas le groupe d’un seul album.

Malgré un set relativement bref, The Virgins a démontré qu’il était devenu un excellent groupe de scène. Et qu’il avait trouvé la formule idéale pour traduire, en ‘live’, son ‘bubblegum’ en rock’n roll…

Organisation Grand Mix

 

Speech Debelle

Un nouveau souffle

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Jeune MC anglaise, Speech Debelle a soufflé les critiques anglais en s’emparant du prestigieux Mercury Prize, qui récompense d’une grosse somme d’argent l’artiste ‘le plus créatif’ de l’année. Première femme à remporter le prix en l’espace de 7 ans, elle succède fièrement à Elbow, Arctic Monkeys, Antony & The Johnsons ou encore Franz Ferdinand dans la liste des lauréats.

Et il fallait s’y attendre, sa venue à Bruxelles n’allait pas passer inaperçue. D’abord programmée au Witloof Bar, Speech Debelle, victime de son succès, a finalement versé son flow sur la scène de la Rotonde, reléguant ainsi les pauvres Baddies dans les sous-sols du Botanique. A 20h30, la jeune femme s’avance en toute décontraction sur le milieu de la scène, accompagnée d’un préposé aux grosses caisses, d’un bassiste et d’un violoncelliste. Affublée de lunettes et vêtue d’un gros pull blanc ainsi que de collants bleus, la petite MC salue le public bruxellois (NDR : son accent est à couper au couteau !) et entame son set par « The Key », titre mélangeant subtilement hip hop et jazz. De quoi donner le ton à la soirée.

Speech Debelle parcourt tranquillement l’entièreté de son premier ouvrage, « Speech Therapy ». Elle livre un hip hop vivant, humain, teinté d’une soul qui n’est pas sans rappeler les premiers travaux d’Erykah Badù. Lorsque vient « Wheels In Motion », Debelle se joue un peu de l’assistance en lui faisant croire, pendant quelques courtes secondes, que son producteur, le grand Roots Manuva, s’apprête à la rejoindre sur les planches. Petite déception lorsqu’elle avoue finalement que le co-interprète de « Wheels In Motion » est remplacé au pied levé par l’un de ses camarades de route. Néanmoins, le gars se montre plutôt talentueux ; de quoi pardonner à la chanteuse sa mauvaise blague. Une petite heure plus tard, Speech Debelle quitte la salle non sans avoir prouvé les raisons pour lesquelles le Mercury Prize est passé sous le nez de Bat For Lashes, Florence + The Machine, Friendly Fires ou encore l’insupportable La Roux. « Speech Therapy » est tout simplement un nouveau souffle pour le Hip Hop féminin made in UK.

Organisation : Botanique.

 

Patrick Wolf

Joyeuses Funérailles

Écrit par

A l’issue de sa tournée promo pour « The Magic Position », son œuvre précédente, Patrick Wolf a annoncé ne plus jamais faire de scène dans le futur. Une résolution qu’il n’a manifestement pu tenir ; le jeune homme achevant une longue tournée européenne. Cette dernière date, il a choisi de la partager en compagnie du public belge, sur la scène de l’Orangerie du Botanique.

A 26 ans, Patrick Wolf détient déjà une discographie solide. Ce soir, était mis à l’honneur « The Bachelor », son quatrième et dernier né. Un ouvrage qui constitue la première partie d’un dyptique dont la seconde moitié, « The Conqueror », est attendue dans les bacs d’ici quelques semaines. Fidèle à son image, le Londonien débarque sur scène, vêtu de ce qui ressemblait de loin à une toge romaine en entamant d’une voix puissante « Who Will ? », premier d’une longue série de titres extraits de son nouvel opus. Balançant sa tignasse à l’aspect curieux (NDR : il annoncera plus tard dans la soirée qu’il s’agit d’extensions dont la bonne moitié s’est déjà volatilisée à force de secousses), il s’empare littéralement de la foule. Wolf se montre capable d’enchaîner, avec une cohérence folle, des titres terriblement ronflants comme « Battle » à des morceaux cristallins, tels qu’un « Tristan » durant lequel le public semble pendu à ses lèvres.

Particulièrement loquace, Patrick Wolf dévoile tout l’attachement qu’il porte à la capitale belge, parle de son petit ami, des habitudes de lui-même et de chacun de ses musiciens dans le bus de la tournée, et de la collection de peluches qu’il a récolté lors de ses tournées. Il ne fallait pas en dire plus pour que les jeunettes de l’assistance, majoritairement Anglaises, lui envoient de quoi élargir son assortiment. Hormis ces passages amusants, bien qu’un peu ‘nunuches’, Wolf, qui compare la dernière date de tournée à une espèce de funérailles, prend un ton plus sérieux lorsqu’il débat de la dépression. Ce thème récurrent traverse à merveille « The Sun Is Often Out », morceau qui se clôture par une acclamation vibrante.

Le concert s’achève par un « The Magic Position » particulièrement irrésistible. Sensation que l’on doit surtout à la talentueuse violoniste qui rehausse de ses cordes chacune des interprétations de Wolf. Après 1h30 de spectacle, les quatre musiciens et le chanteur se retirent devant un parterre surexcité. Le public en veut plus. Aucun rappel à l’ordre du jour. A sa décharge, Patrick Wolf réapparaîtra sur scène quelques secondes plus tard pour annoncer que ‘le groupe doit attraper le dernier Ferry pour rentrer au pays’. Ce dernier s’étant démené comme une bête tout au long de sa prestation, on ne peut que consentir et lui souhaiter le meilleur des voyages retour. 

Organisation : Botanique.

Dez Mona

Dommage cette voix…

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Ce jeudi 8 octobre, Dez Mona, la nouvelle promesse du rock ‘noir, jaune, rouge’ est venu présenter son 3ème album, « Hilfe Kommt ». En avant-première. A l’Atelier 21. J’avoue qu’avant cette soirée, je connaissais très mal cet ensemble anversois. « Hilfe Kommt » constitue pourtant déjà leur 3ème essai. Il fait suite à « Pursued Sinners » et « Moments of Dejection or Despondency », très favorablement accueillis par la presse belge et néerlandaise, à l’époque de leur sortie. La formation puise son inspiration dans le gospel et le jazz, mais l’esprit reste très proche du rock ‘à la dEUS’. On ne nait pas à Anvers par pur hasard. Le groupe est particulièrement reconnu pour ses prestations ‘live’. Dez Mona a d’ailleurs été le premier combo à se produire à l’Ancienne Belgique, sans avoir sorti de disque !

Habituellement arrimé au duo Gregory Frateur (voix) et Nicolas Rombouts (contrebasse), le line up de Dez Mona est ce soir enrichi d’un accordéoniste, d’un pianiste et d’un drummer. En outre, il est soutenu par deux très jolies choristes. Ma première impression est donc favorable. L’ambiance est très ‘cabaret’. Un piano, un accordéon et une contrebasse (NDR : que se réserve Nicolas Rombouts, un sosie saisissant du chanteur français Sebastien Tellier) se côtoient donc sur une scène décorée en salon intimiste. La présentation de « Hilfe Kommt » débute dans une ambiance cosy. Mais, dès les premières notes, l’attention se focalise sur Gregory Frateur. Enfin, sur sa voix. Cet homme ne pourra jamais faire l’unanimité, c’est une certitude. Car s’il possède un magnifique timbre, il le force constamment. Laborieuses au début, les compositions jazzy de Dez Mona prennent peu à peu de l’ampleur. Certains morceaux sont superbes, d’autres relativement anodins. Le public semble pourtant beaucoup apprécier la musique des nouveaux protégés de 62TV ! Les fantômes de Nina Simone rôdent en permanence. Exagérée ou non, l’émotion est palpable ! Leurs rappels sont d’ailleurs à couper le souffle. Des hauts et des bas mais une vraie personnalité et une grande maîtrise.

Le nouvel album de Dez Mona est en tout cas à découvrir. Il a de plus été produit par Paul Webb, réputé pour son travail opéré auprès de Talk Talk et Beth Gibbons. Prenons le pari, que cet opus sera une nouvelle fois de toute bonne facture, une nouvelle œuvre à mettre à l’actif de la scène musicale d’un petit pays, décidemment très rock n’ roll !

 

Revolver

La Pop au Chœur…

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Les trois enfants de chœur de Notre-Dame de Paris ont sorti leurs meilleures armes pour  livrer leur premier concert en Belgique : guitares, piano et violoncelle. Hormis une formation classique, c’est bien au sein de la prestigieuse association ‘Musique Sacrée à Notre-Dame de Paris’ que les trois titis accomplissent leurs premiers pas musicaux. Dès 2006, année de la création du groupe, ils sont emportés par la nouvelle vague de formations françaises aux accents très britanniques (BB Brunes, Cocoon, John & Jehn…) Revolver y ajoute cependant une note d’originalité supplémentaire : la musique classique.

Accompagnés d’un batteur récemment intégré au groupe, les quatre garçons dans le vent  présentent leur premier elpee, « Music For a While », sur les planches de la Rotonde. Lieu intime parfaitement adapté à leur ‘pop de chambre’. Il restait donc au public, venu nombreux au Botanique, à ne pas s’endormir...

« Calm Down » ouvre le feu sur un pop-folk aux riches harmonies vocales et imprime son style musical d’entrée de jeu. La suite prend rapidement la tournure d’une liturgie de l’église Beatles. Le nom du groupe est d’ailleurs délibérément emprunté à l’album « Revolver » des Beatles. Deux ou trois morceaux s’éloignent timidement des sentiers des quatre de Liverpool pour fouler les champs sonores de The Divine Comedy et de Belle and Sebastian. Un set globalement tiède aux instruments dépouillés qui ne prend son envol que tout à la fin du concert.

L’excellent single « Get Around Town » n’arrive (NDR : hélas !), qu’en avant-dernière place des 13 titres de la setlist et secoue la foule. Les planches de la Rotonde tremblent et frissonnent enfin… l’espace d’un bref, trop bref instant. Instant fugitivement  prolongé par le très excité « Balulalow ». Le public à peine échauffé devra se contenter de deux rappels peu originaux et insipides qui signent les limites du répertoire du jeune groupe de l’Hexagone. Une reprise d’Elvis sans grand intérêt vient clôturer le concert.

Grisés par les applaudissements incessants et chaleureux de l’auditoire, les quatre Parisiens reviennent pourtant prendre place au centre du public pour un dernier morceau acoustique. Final original et courageux !   

L’ensemble évoque cependant une jolie broderie ornant un titre phare : « Get Around Town ».

Sans vouloir sombrer dans les jeux de mots pourris, Revolver fait davantage l’effet d’un pistolet à eau que d’un Smith & Wesson. Il éclabousse mais ne renverse jamais !

(organisation Botanique)

 

William Elliott Whitmore

Le plus beau concert folk de l’année…

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Après avoir assisté, l’an dernier, à sa prestation accordée en première partie d’Alela Diane, à l’Ancienne Belgique, j’étais impatient de redécouvrir le songwriter américain William Elliott Whitmore, ce vendredi, à la fameuse Rotonde du Botanique.

Originaire de l’Iowa, William en est déjà à son 7ème album. Intitulé « Animals In The Dark », il est paru cette année chez Anti. Agé à peine de 31 ans, Whitmore est donc encore relativement jeune, mais affiche déjà la roublardise d’un vétéran. Faut dire qu’il pourrait être l’héritier naturel idéal de Seasick Steve voire de Ramblin’ Jack Elliott, dont il partage étrangement le patronyme… Sa voix est en effet impressionnante de maturité et maîtrise. On jurerait que l’animal a vécu plusieurs vies, avant de se réincarner en chanteur folk. Et face à un public de connaisseurs (NDR : acquis à sa cause), il n’a plus qu’à dérouler.

Le chanteur porte la barbe. Il monte sur les planches en compagnie d’un groupe réduit. Sa musique est dépouillée, mais possède cette force directe et indéniable. William s’accompagne au banjo ou à la guitare acoustique pour aborder des sujets intemporels, graves et souvent engagés. L’homme vit d’ailleurs toujours à la campagne, dans son Iowa natal. A la ferme, en toute simplicité, à l’image de sa musique. Ce qui lui permet de se protéger d’un monde qu’il refuse apparemment d’intégrer. Ses compositions sont peu instrumentées mais touchent instantanément le cœur des spectateurs. Sa voix reste son plus grand atout. Eraillée, chaude et profonde, elle nous happe dès les premiers couplets. Quand William Elliott Whitmore se met à chanter « A Good Day To Die » ou « I’d Rather Be The Devil », le public le croit sur parole. Cet homme n’est pas de cette époque. Croyez-le ! Il aurait pu vendre son âme au diable en compagnie de Georges Clooney et ses sbires, au carrefour d’une route déserte au fin fond du Kentucky, dans le ‘O’Brother’ des frères Coen. Arborant un superbe chapeau de Pilgrim, William est tout à fait crédible dans son déguisement de troubadour folk. Le public tape du pied à l’unisson au son de son blues de blanc-bec cul-terreux. Il ne reste plus qu’à fermer les yeux, pour voyager dans le temps…

La musique de William Elliott Whitmore ne suscite jamais l’ennui. Et l’artiste le démontre tout au long de l’heure au cours de laquelle il fait la différence. Deux morceaux sortent cependant du lot : « There’s No Hope For You » et « Hard Times ». Le fantôme de Willy DeVille rôde dans la salle. William a accordé le plus beau concert folk depuis celui de Micah P. Hinson, concédé l’année dernière, dans cette même salle… Ne le ratez surtout plus lorsqu’il se produira près de chez vous…

(Organisation Botanique)

Jesse Dee

Y a quoi à la télé ce soir ?

Écrit par

Grand fan d’Ottis Redding et de Sam Cooke, Jesse Dee a publié en l’espace d’un an deux œuvres pop teintées de soul, deux opus dédiés à la gloire de ses idoles. Ce 1er octobre, le jeune homme venait présenter « Bittersweet Batch », son recueil le plus récent à l’ABClub, devant un public belge très disparate.

Avec sa petite gueule à émoustiller les fans de Charlie Winston, Jesse Dee séduit un parterre majoritairement féminin. Exit la première partie, le Bostonien s’avance sur scène dès 20h30, accompagné de ses cinq musiciens. Des musicos qui, à priori, n’ont pas l’air d’avoir grand chose en commun. On croirait voir débarquer deux aristochats aux cuivres, un pilier de Pub aux grosses caisses, un Richie Rich quadragénaire à la basse et un génie autiste à la gratte. L’interprète chevelu démarre son set sans cérémonie par « Alright », morceau d’ouverture de « Bittersweet Batch ». Tout de suite, le constat est inéluctable. Jesse Dee a de la voix, mais la Soul qui en découle semble légèrement forcée. Le gamin tente de s’élever au niveau de Redding ou Cooke (dont il reprendra respectivement les « A Woman, A Lover, A Friend » et « Nothing Can Change This Love ») mais atteint à peine celui de James Morrison voire d’Amos Lee.

Scéniquement, la troupe est encore loin de la cohésion qui lui attribuerait une quelconque crédibilité. Jesse Dee tente de détendre l’atmosphère en prenant pour cible quelques membres de l’assistance (hein, Enzo…) et en plaçant deux ou trois plaisanteries entre des morceaux qui paraissent de plus en plus similaires et interminables. Le chanteur a encore du pain sur la planche avant de pouvoir prétendre à convaincre les amateurs de Soul, une musique émanant du fond des tripes et pas seulement des cordes vocales…

Organisation : Ancienne Belgique

J. Tillman

Les cinq fantastiques

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En congé temporaire de ses Fleet Foxes, J.Tillman vient de publier son sixième labeur, « Year In The Kingdom » ; le second en moins d’un an. Pour la circonstance, le barbu rendait ce 22 septembre une petite visite à la Rotonde du Botanique ; la seconde en moins d’un an. Les fans belges de l’artiste sont, on ne peut mieux, servis.

A l’instar de sa visite précédente, en mars dernier, Josh Tillman laisse l’honneur à Zach, son frangin, d’ouvrir le bal. Seul derrière sa guitare, le cadet s’échine à transmettre toute l’étendue de sa passion au public. Un effort qui tombe à plat, tant la voix du jeune homme, aussi puissante soit-elle, est tout bonnement anodine. Idem pour la gratte. Son doigté est soigné mais ordinaire. Du haut de sa chaise, Zach Tillman apparaît comme le post-adolescent qui s’est entraîné toute sa vie entre les quatre murs de chambre pour rivaliser avec un grand frère talentueux. Mais le bon garçon ne parvient tout simplement pas à la cheville de ce dernier, ni même de n’importe quel autre ‘folkeux’ du même acabit.

Trois jours après une prestation au Leffingeleuren qui l’a manifestement marqué (NDR : il nous réserve quelques petites blagues bien senties sur l’organisation et la restauration du festival), J. Tillman investit la Rotonde pour la seconde fois cette année. L’homme, qui avait débuté sur les planches accompagné uniquement de sa guitare, est aujourd’hui flanqué de quatre musiciens. Au sein du line up milite Zach Tillman. Loin du micro. Donc bien meilleur. La première partie du set est essentiellement consacrée à « Vacillando Territory Blues », son excellent recueil précédent. La prestation souffre de quelques soucis techniques. L’un des amplis principaux fait des caprices ; si bien que Josh tente visiblement de se contrôler pour garder son calme. Exaspéré, il trouve la bonne parade en plaisantant tranquillement avec son public pendant que l’ingé-son limite les dégâts.

Avouons-le sans détour, la seconde partie du concert, axée sur « Year in The Kingdom », est tout simplement exceptionnelle. J. Tillman prouve, en l’espace d’une demi-douzaine de morceaux, qu’il est de ces artistes qui se bonifient au cours du temps. Les extraits du nouvel ouvrage se révèlent irrésistibles, entre folk classique et psyché déjanté. L’artiste et ses musiciens se déchaînent comme des diables sur leurs instruments et parviennent à faire vibrer les murs de la petite salle. Il est loin le temps ou le songwriter se dissimulait timidement derrière son micro. Après un concert pareil, Josh et sa troupe peuvent revenir chaque semaine. Et Dieu sait qu’on sera immanquablement au rendez-vous. 

Organisation Botanique

(voir aussi notre section photos) 

Magnolia Electric Co.

Coup de vent…

Écrit par

La formation menée par Jason Molina se produisait mardi soir au cœur de l’ABBox dans le cadre du « Tribute To Alan Lomax », l’hommage au grand artiste folk organisé par la salle bruxelloise. L’ex leader de Songs:Ohia est venu défendre son œuvre la plus récente, « Josephine », écrite à la mémoire d’Evan Farrell, leur bassiste décédé il y a peu.

20h10. Les lumières s’éteignent. Tirés à quatre épingles, Molina et ses camarades s’avancent tranquillement sur scène. Le songwriter arbore une petite moustache à la Tom Selleck. Le concert débute par le titre-maître du dernier recueil de la formation. « Josephine », le labeur le plus axé ‘americana’ de Magnolia Electric Co. se traduit par un spectacle ‘live’ chargé d’effets. Jason Molina en fait un peu trop et sa prestation souvent ‘surjouée’ devient exponentiellement agaçante au fur et à mesure que les titres s’enchaînent. Les musiciens, eux, s’en sortent largement mieux et parviennent à allouer de la substance aux morceaux les moins passionnants de « Josephine ». « Whip-Poor-Will » et « The Rock Of Ages » prennent ainsi tout leur sens.

Les membres de Magnolia Electric Co. privilégient les compositions les plus allègres de leur discographie. La force de l’écriture de Molina résidant principalement au cœur des compositions les plus affectées, on ne peut s’empêcher de ressentir une légère déception. Malgré la performance impeccable des musiciens, la formation a délivré un set tristement banal…

Organisation : Ancienne Belgique

(voir aussi notre section photos) 

Scott Matthew

Un ange passe…

Écrit par

Un peu plus d’un an après avoir sorti son premier recueil asthénique, Scott Matthew publie un successeur digne de ce nom. Un elpee sobrement intitulé “There Is An Ocean That Divides And With My Longing I Can Charge It With a Voltage That Its So Violent To Cross it Would Mean Death”. Rien que ça. En ce début de saison, le Brooklynien opérait un passage discret au cœur de la jolie Rotonde du Botanique afin d’y défendre son nouveau bébé. Et quelle défense !

Faisant l’impasse sur la première partie, Scott William Matthew et ses quatre musiciens montent sur les planches à 20h15 tapante. Le gentil barbu s’installe sur sa chaise au milieu de la scène ; et dès les premières notes, c’est le ravissement. Des cordes vocales tellement chargées d’émotions qu’elles laissent le public pendu à ses lèvres. « For Dick », extrait de « There Is An Ocean That Divides », exerce tout son charme. Les regards sont figés sur l’artiste. On remarque même quelques mirettes légèrement mouillées lorsque celui-ci parcourt les splendides « White Horse », « Dog » et « Abandoned ». Scott Matthew n’est pas le plus joyeux des compositeurs et le reconnaît.

Le sympathique gaillard, moins avare en paroles qu’il n’y paraît, délivre un set quasi parfait. Le tracklisting repose en très large partie sur son nouvel opus : du captivant « Wolverine » aux plus enjoués « Thistle » et « Friends And Foes », en passant par le titre-maître, coécrit par sa jolie claviériste Marisol Martinez. Matthew conclut sa prestation d’une heure un quart sur deux rappels au cours desquels il interprète le manifestement très attendu « Upside Down », extrait de son œuvre éponyme et de la B.O. du sulfureux « Shortbus » (NDR : long métrage dans lequel il apparaît). Tout simplement impeccable.

Organisation : Botanique