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Stereolab
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Eli ‘Paperboy’ Reed

The Funk Soul Brother

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Le dimanche 26 avril, l’AB se le jouait rétro en conviant sur la scène de son club le petit prodige de la soul, Eli ‘Paperboy’ Reed. A peine âgé de 26 ans et haut comme trois pommes, le ‘funk soul brother’ blanc se lance sur les traces de ses pères spirituels, Otis Redding, James Brown et Solomon Burke. Un sacré défi que le bonhomme relève haut la main.  

La première partie est assurée par The Right Ons, formation originaire d’Espagne mêlant un rock vintage à un esprit plutôt punk. Le quintet se débrouille plutôt bien et distille une énergie exemplaire, incitant le public à quelques déhanchés timides. Mais un son manifestement trop fort gâche quelque peu le spectacle et la fin du set arrive malheureusement presque comme un soulagement.

Vers 21h15, Eli Reed est précédé par ses six musiciens, The True Loves, et exécute une entrée de star balançant un ‘yeah’ guttural, pas loin de la marque de fabrique d’un certain James Brown. Derrière ses airs de fils de pasteur officiant dans une église d’Alabama, le jeune homme montre qu’il sait faire fondre les cœurs de la même manière qu’un Otis Redding et un James Hunter ou donner un sacré coup pied au derrière d’un public amorphe, comme Mr Dynamite l’aurait fait. La formation parcourt de long en large son excellent « Roll With You » et quelques titres de leur obscur premier ouvrage « Walkin’ & Talkin’ ». Mais ce sont surtout les nouveaux morceaux, extraits d’un recueil à paraître en automne, qui parviendront à décoincer les premiers rangs.

Eli ‘Paperboy’ Reed & The True Loves clôture ensuite le show par un « (Doin’ The) Boom Boom » au cours duquel les membres déchaînés de The Rights Ons se joignent à la formation lors d’un final explosif. Les vieux démons du Rhythm & Blues et de la Soul peuvent reposer en paix, la relève est définitivement assurée.

Organisation : Ancienne Belgique.

Peter Doherty

Doherty en guise de cadeau d'anniversaire.

Écrit par

Pure FM avait invité six cents privilégiés à assister au showcase de Peter Doherty, ex-leader des Libertines et des Babyshambles, dans le cadre de la soirée d'anniversaire de la station radio.

Dès 19h30, une file commence à se former devant les portes closes du Botanique, loué dans son intégralité pour l'occasion. Elles s'ouvrent à 20h15. Les bracelets sont distribués ; mais la poignée d'admiratrices de Doherty qui tient absolument à squatter les premiers rangs doit encore patienter trois-quarts d'heure devant celles de l'Orangerie avant de pouvoir pénétrer dans la salle. Si d’aucuns étaient encore sceptiques quant à sa présence ce soir (NDR : dans le passé il s’est surtout illustré par ses retard ou carrément ses absences), les doutes se sont enfin dissipés lorsque le public à été autorisé à investir les lieux. La vérification des invitations à l'entrée nécessite un peu de temps. La salle se remplit donc calmement ; mais lorsque Rudy Léonet, le patron de Pure FM, présente le concert, l'Orangerie est comble…

Peter Doherty s'avance seul sur scène, et contrairement à l'image qu'il aime projeter de lui, il a l'air sobre. Quelques bouteilles l'attendent cependant sur les planches. Il leur fera honneur lors de sa prestation. Simplement accompagné de sa guitare sèche raccordée à un antique ampli Vox, et d'un harmonica, Doherty égrène quelques titres de son album "Grace/Wastelands", mais puise aussi allègrement dans le répertoire des Libertines pour nous offrir des réinterprétations tout en légèreté et en finesse. Si la simplicité des mélodies devient flagrante à l'écoute du jeu de guitare, la richesse des intonations du bonhomme ne fait par contre aucun doute. Et malgré l'un ou l'autre raté dont il n'a cure (il reprend tout simplement le passage loupé et continue), sa prestation est convaincante. En outre, il faut avouer qu’il a montré un grand respect vis-à-vis de son public. Pour preuve, la réelle attention apportée à chacun des présents offerts par quelques spectateurs, et le temps pris à signer un autographe entre deux chansons.

Le set n'a duré au total que trois petits quarts d'heure, rappel de deux titres compris, mais il aura permis à l'ami Peter de démontrer qu'au delà du buzz médiatique qui l'a mis sous les feux de la rampe, et qu'il a lui-même largement alimenté, il est devenu un compositeur et un interprète majeur de cette décennie. Espérons qu'il se recentre sur sa carrière musicale, car le gaillard a réellement du talent.

Celles et ceux qui n’ont pas eu la chance de participer à cet événement pourront se rattraper le 2 mai à Hasselt, puisqu’il se produira dans le cadre du festival Pollslag. 

(Voir également notre section photos)

Organisation Pure FM.

 

Holy Fuck

Magistral

Écrit par

Ce vendredi s’achevait la partie bruxelloise du projet ABClubcircuit. Baptisé ‘Weizigers naar nieuwe muziek’ (Dénicheurs de Talents), le projet concrétise un échange entre l’AB et onze salles néerlandophones participantes. En gardant Holy Fuck pour la fin, la salle bruxelloise s’était incontestablement gardé la meilleure part du gâteau. C’est le moins que l’on puisse dire.

It Hugs Back ouvre le bal devant un parterre dispersé. Inspiré par Stereolab voire Belle & Sebastian, le rock plutôt commun du quatuor britannique ne parviendra jamais à faire avancer un public tapi dans l’ombre ou adossé au bar, à l’arrière de la salle.

Ils n’auraient pas pu trouver meilleur patronyme. Chez les Canadiens de Holy Fuck, les onomatopées fusent, les bouches sont grandes ouvertes et les pupilles se dilatent. Le quatuor débute à peine son set que l’on est happé par la puissance de leurs bidouillages inclassables. L’énergie déployée au sein de leur éponyme et du splendide « LP » est ici décuplée par 100. Derrière ses claviers ‘cheap’, le combo ne s’essouffle pas une seule seconde, gratifiant l’assistance de grandioses et frétillants « Super Inuit », « The Pulse », « Safari », « Milkshake » ou encore un « Royal Gregory » alimenté d’un light show à faire exploser la cervelle d’un épileptique ; et, surtout, ponctué d’un climax carrément orgasmique. Sans parler des nouveaux morceaux. Une succession de gifles en pleine poire qui annonce un prochain recueil au-delà des espérances. Holy Fuck s’est livré ce soir à un set exemplaire, car parfait en tous points. Tout simplement magistral. 

Organisation ABClubcircuit

Priscilla Ahn

Une fois mais pas deux…

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La première fois que le joli minois de Priscilla Ahn nous était apparu en ‘live’, c’était en première partie de Ray LaMontagne au Cirque Royal. Depuis, la jeune femme s’est émancipée et se lance, seule –ou presque– dans une toute petite tournée européenne qui s’est arrêtée au Witloof Bar du Botanique, ce 23 avril.

Peu de monde s était donné rendez-vous dans le sous-sol du Botanique. Le public est assis en tailleur sur le sol du Witloof Bar tandis que Willoughby, singer-songwriter officiant en première partie, se lamente sur sa guitare-basse. Ses chansons se suivent et se ressemblent. Et la fin de sa prestation est un véritable soulagement. Or le jeune homme réapparaît 5 minutes plus tard sur les planches… Heureusement, c’est pour accompagner Priscilla Ahn, de son double instrument.

Parée d’un joli T-shirt à l’effigie de Tokyo, la demoiselle originaire d’un petit village du Minnesota venait présenter son premier ouvrage, « A Good Day », publié en mars par le prestigieux label Blue Note. La voix de Priscilla Ahn est de celles qui transportent instantanément. Mais, ce soir, le voyage est de courte durée. Engageant à premier abord, le set s’essouffle à mi-parcours. La chanteuse au rire contagieux irradie de sympathie mais n’arrive pas à se renouveler, proposant un show quasi identique à celui dispensé en première partie de Ray LaMontagne. Elle parcourt l’entièreté sa première œuvre, l’entrecoupant des mêmes anecdotes racontées précédemment. Au bout d’une demi-heure, sa pop gentillette devient quelque peu lassante. Malheureux pour un spectacle d’1h20. Qui aura cependant plu à celles et ceux qui découvraient Priscilla Ahn pour la première fois sur scène.  

Organisation : Botanique.

Loney, dear

Ce cher Emil

Écrit par

Le mardi soir, il y a bien mieux à faire que subir les affronts musicaux du cru 2009 de l’émission ‘Nouvelle Star’. On peut, par exemple, se rendre à la Rotonde du Botanique pour assister à un petit concert chaleureux et sans prétention, comme celui accordé par Loney, Dear, ce mardi. Et ce n’est pas le public présent ce soir-là qui aurait pu prétendre le contraire.

Accompagné de quatre musiciens, le Emil Svanengen alias Loney, Dear, présentait son cinquième ouvrage sous une Rotonde bien remplie. Présent l’an dernier aux Nuits Botanique, l’homme, affichant un look banal et des chaussures vernies, en a manifestement gardé un bon souvenir et semblait ravi de se produire une nouvelle fois dans cette splendide petite salle. Pas avare en mots, Loney, Dear se connecte volontiers à un public qu’il n’hésite pas à solliciter pour des chœurs bien amenés. Il parcourt essentiellement son « Dear John », de la douceur de « I Got Lost » et « Under A Silent Sea » à l’étonnante electronica harmonieuse de « Airport Surroundings » et « Summers ». Le Suédois est tellement sympathique qu’on ne peut même pas lui en vouloir de ne pas s’attarder sur ses travaux précédents. De ces derniers, Emil et sa bande n’ont tout de même pas snobés les incontournables morceaux « I Love You (In With The Arms) » ou « Sinister In A State Of Hope », qui clôture un show admirablement bien ficelé.

Organisation : Botanique

Ceux Qui Marchent Debout

Sur la route du frenchy funk

Écrit par

Mais qui se cache donc derrière un pareil patronyme ? Ceux Qui Marchent Debout (CQMD) est un collectif de six musiciens qui démontre que le funk n’est pas seulement l’apanage des Américains. En fait, ces franchouillards s’amusent et se plaisent à créer une atmosphère positive et  joyeuse.

Ceux Qui Marchent Debout sont des troubadours aux personnalités différentes, tous amoureux du voyage et du contact qu’offre la proximité de jouer. Debout ! Car tout le secret réside justement dans cette position. Ils jouent et ne se contentent pas de dispenser ‘passivement’ leur musique en concert. S’ils restent debout, section rythmique y compris, c’est qu’ils se déplacent ! Au lieu de disposer d’un drummer traditionnellement assis derrière ses futs, Vitch & Tafani sont mobiles. Ils se partagent respectivement la grosse caisse et la caisse claire ; et tout comme leurs acolytes, quittent volontiers le podium pour rejoindre l’audience au cœur de la Rotonde (voir photos).

C’est ainsi qu’en deuxième partie de concert, ils se sont retrouvé au beau milieu des spectateurs, pour y jouer et partager cette ‘funky music’. Musicalement, on se laisse très vite emporter par cette solution sonore clairement inspirée du funk des années 70, même si on y recèle des traces de rythm & blues ou de reggae sur certaines chansons. De l’old-school des temps modernes dont le principal objectif, une fois le concert terminé, est d’inciter le public à continuer de faire la fête… à danser… et à boire un coup…

La formation parisienne n’a guère de notoriété en Belgique. Pourtant, elle bourlingue de tournée en tournée depuis le milieu des années 90. Elle s’est même produite dans le cadre du festival ‘Couleur Café’ en 2001’, et figure à l’affiche du Vivaola Festival, qui se déroulera à Saint-Nicolas le 14 août prochain. A bon entendeur !

(Voir également notre section photos)

Organisation Botanique.

 

Peter, Björn and John

Les visiteurs du mercredi

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Mercredi est par définition, le jour des enfants. Au cours de ma tendre enfance, la télé diffusait « Visiteurs du Mercredi », une émission présentée par Soizic Corne. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis ; mais épisodiquement, de pareilles sensations d’excitation refont surface. A l’instar de celles qui m’envahissaient quelques heures avant le début de l’émission. Comme pour ce mercredi 25 mars 2009, date à laquelle le trio Suédois Peter, Bjorn & John revenait sur nos terres. Flash-back ! Nous sommes en l’an de grâce 2007. Le 12 janvier, plus précisément. A la Rotonde, se produit Holiday For String et Peter Bjorn & John. Ces derniers sont venus défendre « Writer’s Block », un album extraordinaire paru peu de temps auparavant, un elpee sur lequel figurait le morceau d’anthologie « Young Folk ». Ce spectacle demeure un des plus marquants que j’ai pu vivre à ce jour, tant leur condensé d’énergie et de perfection m’avait subjugué. Deux ans plus tard, le combo allait-il réussir l’exploit de communiquer les mêmes sensations ? Je m’excitais grave …

20h06. James Yuill et son bric-à-brac débarque. L’Anglais vient soumettre à l’audience, son album « Turning Down Water For Air », dont notre collègue Antoine avait rédigé la chronique récemment. La guitare retournée sur le dos, on dirait un Nerd en cravate. Sur scène, il ne compte pour seuls compagnons, que son Mac et quelques consoles. Il ouvre son set par une découpe de beats bien pêchus. Alors que tout le monde s’attend au même traitement electronica que celui opéré sur « Turning Down Water For Air », on est entraîné au sein d’un univers sonore proche d’Electric President, un univers propice aux beats débités et saturés à outrance. Au fil de la prestation James Yuill gagne en sympathie. Entre chaque chanson il s’adresse au public de manière fort décontractée. Vantant plutôt les mérites du groupe qui va se produire après lui, que de se la jouer star. Le public est clairsemé. La salle se remplit graduellement. L’humour de l’Anglais passe bien la rampe. James Yuill s’autorise quelques intros dignes de Daft Punk voire de Chemical Brothers. Quant à sa voix, elle se pose naturellement sur les chansons, à la manière d’un Dave Gahan. Comme références, ont a fait pire. 35 minutes et 8 morceaux plus tard (dont un inédit) le set s’achève, alors qu’il était enfin bien en place. Nous aurions aimé en entendre un peu plus ; mais les règles imposées aux premières parties sont implacables : il faut laisser la place aux suivants sans aucune discussion. Néanmoins, il faudra suivre de près ce cabotin de Yuill ; car vu son talent, il devrait faire parler de lui.

Il est 20h40, et les roadies s’affairent. 40 minutes seront nécessaires pour régler le matos. Interminable ! De quoi trépigner d’impatience. La salle commence à se remplir. Et peu de temps avant que le trio ne monte sur les planches, elle est quasi comble. La température monte d’un cran. En jetant un coup d’œil autour de soi, on remarque la présence d’une audience éclectique. Arborant tous les looks. Du quadra à l’ado. Du BCBG à parapluie au chevelu ébouriffé à moitié stone.

21h15, le public est déjà sous le charme des premiers accords de « Just The Past ». Le trio est devant nous. De front. John Eriksson à la batterie, le flegmatique Björn Yttling à la basse et le fringant Peter Morén au chant, au clavier ou à la guitare. Les trois premiers morceaux sont balancés plein pot, à grand renfort de light show. D’abord plus pop, les compos glissent rapidement vers la britpop tendance Beatles. On s’en prend plein la tronche, le sourire aux lèvres ; même si le jeu de mots placé par Peter, sur « Brussels and Mossels », est d’un goût douteux. Faut dire que l’ambiance est bon enfant. Peter Bjorn & John semblent en parfaite condition. L’émotion est bien palpable. Pas de doute. Et lorsque la formation interprète, « It Beats Me Every Time », on en a la chair de poule. C’est certain, on ne va pas regretter la soirée. Les morceaux s’enchaînent, dont une majorité de titres issus des opus précédents. Mais progressivement, le trio nous réserve des extraits de leur toute dernière galette, « Living Thing », sortie le jour même du concert. Seul « Seasiderock » ne figure pas au répertoire, ce soir. Probablement parce qu’il est instrumental et plus intimiste. Morén ne se tient plus. Il se démène comme un beau diable sur « I’m Losing My Mind ». Le combo livre tout ce qu’il a dans le corps et dans l’âme ; et ça se ressent très fort. Les interventions aux drums deviennent de plus en plus déstructurées. Les breaks beats de plus en plus décalés et corrosifs. La basse percute notre rythme cardiaque. La guitare est chauffée à blanc. On est en plein opéra rock. De quoi nous scotcher sur place. « Fa Si La » libère une énergie pas possible. Tout comme « I Don’t Know What I Want Us to Do » qui nous achève en nous coupant littéralement les jambes juste au-dessus du genou. Le public n’a pas le temps de se relever que le trio attaque « Object Of My Affection ». Les spectateurs participent en frappant dans les mains. Mais la compo est complètement atomisée en fin de parcours. Et les lumières s’éteignent. Déjà ! Il est 22h05. Ces 50 minutes ont filé à une vitesse fulgurante et on espère sincèrement que le rappel va raviver la flamme qui brûle encore au cœur de l’Orangerie.

Trois morceaux seront réservés à cet encore. Des titres figurant essentiellement sur l’elpee « Writer’s Block », dont le fameux « Young Folks », que le public accueille, sous des acclamations nourries. Une réaction guère surprenante, il faut l’avouer. « Up Against The Wall » vient définitivement clôturer le show, un spectacle que Peter va signer d’un dernier stagediving acrobatique. Une bien belle soirée vient de s’achever. Riche en émotions. Même si on en aurait encore voulu davantage. Mais on quitte les lieux, le même sourire aux lèvres que deux ans plus tôt. Pari réussi pour les Suédois. Personnellement, me voilà de nouveau dans tous mes états. Dans le fond, je suis resté un grand gamin…

Tracklist :

Just The Past
I don’t Move Me
Lay It Down
It Beats Me Every Time
Nothing to Worry About
I Want You !
Living Thing
I’m Losing my mind
Fa Si La
I don’t Know What I Want Us to Do
Object Of My Affection

Rappel:

Lets Call It Off
Young Folks

Up Against The Wall

Organisation Botanique

Piers Faccini

Pas un seul grain de sable…

Écrit par

En arrivant au Café Central à 18h30, ce lundi soir, le showcase de Peter Von Poehl était déjà terminé. Activités professionnelles oblige ! Piers Faccini était donc appelé à lui emboîter le pas. Artiste complet, Piers est à la fois, chanteur, compositeur et peintre. Mais aujourd’hui, il est venu présenter quelques titres de son nouvel album. « Two grains of sand » sera d’ailleurs dans les bacs dès le 6 avril prochain.

Sur la petite scène du bar bruxellois, l'artiste est à l'aise, mais humble. Il dégage une certaine sympathie naturelle. Notamment lorsqu’il s’exprime dans la langue de Molière, avec un léger accent anglais. Faut dire qu’il a vécu en France. Dès l’âge de 5 ans, ses parents avaient émigré de l’Albion vers l’Hexagone. Son père est italien (NDR : ce qui explique son nom de famille) et sa mère britannique.

Dès qu’il se met à chanter, on est frappé par ses inflexions tellement proches de Ben Harper se fait sentir. Ce n'est pas un hasard s'ils ont tourné ensemble. Son premier elpee, avait d’ailleurs été mis en forme par JP Plunier, le producteur du Californien. Mais Piers Faccini manifeste davantage de réserve pour dispenser son blues-folk, et joue davantage sur les émotions que celui de la star californienne ! En extrapolant, on pourrait imaginer sa musique comme un mix réussi entre celle de Ray Lamontagne et d’Elliott Smith. Piers a interprété cinq morceaux particulièrement bouleversants. Ce qui donne une envie urgent d’écouter son nouvel opus. Son timbre vocal est chaleureux. Ses interventions à la guitare sont élégantes, discrètes et bigrement efficaces. En fait, on est en présence d’un virtuose du manche, qui ne veut pas en faire trop. Une chose est sûre, ce soir il a démontré que la chanson était un art au sein duquel il excellait. En attendant la sortie de « Two grains of sand », vous pouvez déjà vous procurer le superbe single, "A storm is going to come", paru ce 14 mars, une chanson qui figure également sur la B.O. de la série « Grey's Anatomy »...

 

 

IAMX

Digne d’IAMX !

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Enfin ! Il est enfin arrivé ! IAMX est venu nous en mettre plein la vue et les oreilles, dans une AB sold out depuis déjà quelques semaines, lors d’une présentation de leur très attendu 3ème album, « Kingdom of Welcome Addiction »

Mais est-il encore nécessaire de vous faire les présentations ? Pour celles et ceux qui s’en souviennent, le charismatique Chris Corner était le leader du groupe Sneaker Pimps. Mais en parallèle, il a fondé IAMX, un projet musical électro aux influences eighties, responsable à ce jour de deux albums : « Kiss+Swallow » en 2004 et « The Alternative » en 2006.

C’est donc, très enthousiastes que les fans ont accueilli le show de Chris Corner et de ses acolytes ; c’est-à-dire Dean Rosenzweig à la guitare, Tom Marsh à la batterie ainsi que Janine Gezang au claviers/synthés/basse. Car ce n’est pas à un simple concert auquel nous avons eu le droit d’assister, mais bien à un grand ‘spectacle’ ! A chaque passage du groupe, que ce soit en salle ou en festival, une véritable explosion d’applaudissements accompagne les premières notes de leur set ! Chaque personnage donne tant d’énergie qu’il est impossible de rester stoïque face à leur show ! De véritables piles électriques !

« Bring Me Back A Dog » ouvre les hostilités. Le groupe branche immédiatement les électrodes aux oreilles d’un public qui se presse instantanément vers les profondeurs de leur son électro et dansant. Entre regard vénitien et costume moderno-classico-glam, IAMX, nous précipite au sein d’un théâtre d’ambiance qu’il est le seul capable de nous faire partager. Les premiers accords de « Kingdom Of Welcome Addiction » (NDR : un extrait du dernier elpee) sont dignes d’un DJ set. La suite est impeccable. L’atmosphère cependant plus minimaliste. Les tonalités plus rock voire plus lourdes. Mais toujours, on retrouve cette touche personnelle, dont le groupe a fait sa signature musicale. D’un répertoire riche en mouvements musicaux différents, Chris nous lâche « The Alternative », suivi de « Sailor » et « An I For an I » pour mettre le feu aux poudres. Enflammé et frénétique, le public suit le mouvement. Faut dire que les fans, pour la plupart féminines, étaient relativement remontés ce soir… Certain(e)s avaient même attendu une bonne partie de la journée, devant l’entrée de l’AB, pour se réserver les meilleurs places, face au podium.

Mais la pression s’adoucit sous une ambiance d’ombres chinoise où Chris Corner, derrière un voile, nous communique sa chaleur émotionnelle à travers l’éthéré « I Am Terrified » (du nouvel album) et le magnifique « This Will Make You Love Again ». Cependant, le calme ne règnera guère très longtemps. Le show reprend subtilement pour nous emmener au cœur des festivités du monde de la nuit, comme si nous étions plongés dans une une discothèque. « Spit It Out », « Night Life » ainsi que « Kiss+Swallow », entrecoupés par quelques compos du nouvel opus, font trembler, comme on aime tant, la salle de l’AB ! La foule en redemande. Conquise par cette énergie captivante, elle refuse que cette soirée prenne fin. Certains fans se lancent dans un crowdsurfing. Les bras et les têtes remuent au rythme de la batterie. Au sein de cet univers particulier, les sens se lâchent, laissent parler les corps. Chris communique avec son public, le remercie chaleureusement, arpente toute la largeur de la scène. Janine, Dean et Tom ne sont pas en reste. Ils aiment le ‘live’ et ça se voit ! D’ailleurs, on ne se lasse pas de les suivre ; et même en festival, les gens qui découvrent le groupe sont généralement conquis.

Un rappel sous un tonnerre d’applaudissements nous catapulte sur l’excellent nouveau single « Think Of England », enchaîné à « Negative Sex » et au fabuleux « President ». La foule danse et en redemande encore. La troupe achève cependant son spectacle par « Your Joy Is My Low » et « After Every Party I Die ». Moment choisi par Dean pour ponctuer sa ‘course’ d’un saut mémorable au milieu des fans ! Bref, fougue et originalité ont émaillé ce concert… digne d’IAMX !

Malgré les acclamations de la foule, les lumières se rallument pendant que les haut-parleurs diffusent « La vie en rose » d’Edith Piaf. Que le public, heureux d’avoir passé une superbe soirée, reprend en chœur. Cerise sur le gâteau, Tom et Dean se mêlent aux spectateurs pour partager quelques séances photos.

Le troisième opus d’IAMX, « Kingdom Of Welcome Addiction », paraîtra dans le courant du mois d’avril. Il est déjà disponible sur leur site web : http://www.iamx.eu. Et pour ceux qui n’ont pas eu la chance de participer à cette fête, ce samedi, ils pourront toujours aller les applaudir ce 27 mars, à Herve, dans le cadre du Belzik Festival.

Organisation AB.

 

Animal Collective

Qu’ils retournent dans leur cage, et vite !

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Responsable d’un remarquable album (NDR : « Merriweather Post Pavilion », probablement déjà un des ‘musts’ pour 2009), la formation new-yorkaise passait par l’Aéronef ce 19 mars 2009. Normal dès lors de caresser l’espoir que la transposition en ‘live’ de leur petit chef-d’œuvre soit de la même trempe. C’est-à-dire retrouver cette musique oscillant de la pop éthérée à la noise, en passant par le folk tribal, le néo-psychédélisme et le minimalisme électronique. Et surtout ces superbes polyphonies vocales. Mais en mon fors intérieur, je me demandais quand même comment ils allaient gérer leur cocktail d’influences, puisées aussi bien chez Mercury Rev, Terry Riley, New Musik, Pet Shop Boys, les Beach Boys, Syd Barrett ou encore Aphex Twin, sur les planches. Mauvaise nouvelle, leur principal guitariste Deakin s’est provisoirement retiré du projet. Il n’avait d’ailleurs pas participé aux sessions d’enregistrement du denier elpee. Mais apparemment, donc, ce changement de line up n’avait guère affecté leur muse. C’est ce que m’expliquait un confrère, qui avait assisté à leur prestation, la veille à l’AB. Epoustouflante, paraît-il !

Il revenait à Pantha du Prince d’ouvrir les hostilités. Comme le mercredi, à Bruxelles, d’ailleurs. Alias Hendrick Weber, ce DJ, producteur, compositeur et bassiste est réputé pour son recours au Schaffel beat, soit un rythme syncopé glissant rapidement du classique 4/4 au 6/8, 3/4 voire 12/8 (NDR : il doit avoir la bosse des maths !) Ne m’en demandez pas plus, je suis totalement ignare en la matière. Il s’installe derrière un pupitre drapé de noir. Au milieu du matos d’Animal Collective. Et il se lance dans un set d’une bonne demi-heure, au cours duquel il va tourner des boutons et de temps à autre à frapper une sorte de cloche à l’aide d’une tige. Paraît que ces variations rythmiques sont destinées à faire remuer les corps. Comme lors d’une transe vaudou… En fait, si le sexe féminin a pu admirer un beau garçon qui pourrait facilement poser pour des magazines de mode, je dois avouer que sa prestation m’a laissé de glace. Et en observant plusieurs de mes voisins bâiller, j’ai la nette impression que je n’étais pas le seul dans le cas.

Place au trio Animal Collective. On a enlevé le pupitre de Pantha du Prince pour ne laisser que ceux du trio, habillés d’un drap de couleur blanche. Pour en dissimuler les fils, c’est évident. Geologist s’installe à gauche de la scène. Il éclaire ses gestes d’une lampe frontale. A droite, Panda Bear se plante derrière le sien. A côté de lui, on discerne une cymbale et un tom dont il ne jouera qu’épisodiquement. Au milieu, Avey Tare se partage la guitare et deux claviers sis de chaque côté de lui. Au fond de la scène, on aperçoit également un tom et une cymbale. Encore des percus subsidiaires. Une énorme boule blanche est suspendue au-dessus du groupe. Au fil du show, quelques images psychédéliques y seront projetées. Le light show est on ne peut plus minimaliste. D’ailleurs, pour immortaliser le moindre cliché, les photographes ont galéré toute la soirée.

Bref, venons-en au set proprement dit. D’abord, les beats (NDR : parfois dub) imposés par Geologist plombent toutes les compositions. On est même scotché sur place tant ils sont puissants. J’essaie de reconnaître l’un ou l’autre morceau, mais la bouillie sonore est tellement déstructurée, qu’il est difficile de s’y retrouver. Panda et Avey se réservent les vocaux. Des harmonies qui nous avaient enchantés sur les compos de leur album. Mais ici, on n’entend plus que des onomatopées réverbérées. Manifestement, le groupe a décidé de privilégier l’électronique expérimentale. Et de nous noyer sous des nappes de sons basées sur la répétition. Que ce soit des bruits, des voix, des infrabasses, des rythmes et de tout le saint tremblement. Sur la musique aussi, on suppose… Paraît qu’il faut s’immerger dans leur univers pour en prendre conscience et espérer qu’un moment subliminal se produise. Ce serait du néo-surréalisme (NDR : qui a dit néo-libéralisme ?) Si on veut ! Faudrait alors qu’ils s’expliquent de manière approfondie sur le concept. Parce que tout ce que j’ai pu lire à leur sujet me donne l’impression d’être en présence d’un hype. Que la presse spécialisée s’est empressée de faire mousser, pour paraître branchée. En consultant la presse écrite et celle du web, j’ai même eu la nette impression qu’ils n’avaient pas grand-chose à raconter d’intéressant. C’est peut-être la raison pour laquelle, ils n’ont pas souhaité (NDR : ou leur label) qu’ils s’expriment auprès de Musiczine. L’épreuve du ‘live’ de votre serviteur va durer 55 minutes. Et puis basta ! Franchement, qu’ils se concentrent sur leurs disques. Ce sont des maîtres dans le domaine. Mais pour la scène, après plus de 40 ans de bouteille dans l’univers du rock, il ne faut plus me la faire…

Organisation Aéronef Lille.