L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Concerts

Rachael Yamagata

…Songs Sinking Into Heart

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Entre douceur et ardeur, Rachael Yamagata effectuait son premier (examen de) passage sur les planches belges. Celles de l’Ancienne Belgique. Dans un club à la limite du surbooking. Un succès de masse inattendu pour la jeune femme venue présenter son second ouvrage, le doublé « Elephants / …Teeth Sinking Into Heart ».

Fraîchement signée chez Warner, Rachael Yamagata a proposé au public un set réfléchi, parcourant à part égale « Happenstance » et « Elephants / …Teeth Sinking Into Heart ». Entamant son set par les délicats « Elephants », « Be Be Your Love» et « What If I leave », la jeune femme est soutenue par quatre musiciens. Elle a toujours le mot pour rire et conte ses déboires avec les hommes, principale source d’inspiration de ses textes. Après avoir demandé à l’assemblée ce qu’il y avait d’intéressant à faire sur Bruxelles après son concert, elle charmera d’ailleurs un certain Pierre. Ce petit veinard aura droit à une sympathique improvisation après lui avoir proposé un dîner en tête-à-tête. « Sidedish Friend », « Faster » ou « Accident », les chansons les plus pop-rock de son répertoire sont les plus acclamées mais également les moins passionnantes. Mais le band (composé de musiciens ayant accompagnés, entre autres, Beth Orton, Sophie B. Hawkins, Iggy Pop, Tom McRae ou encore Rufus Wainwright) tient la route et donne une dimension ‘live’ supérieure aux extraits de « …Teeth Sinking Into Heart ». Le set atteint son climax lors de l’interprétation cathartique d’un titre de 10 minutes extrait de « Elephants », en l’occurrence « Sunday Afternoon », clôturant un concert gracieux et généreux. Yamagata effectue un dernier retour sur scène, seule au piano sur « Reason Why ». 1h20 de pur bonheur.

Organisation : Ancienne Belgique.     

Ray LaMontagne

Une voix d’exception

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Ils étaient nombreux à attendre de pied ferme la venue du barbu dans nos contrées, longtemps ignorées par ce dernier. Initialement prévu à l’Orangerie du Botanique, le concert belge de Ray LaMontagne a par conséquent suscité une demande beaucoup plus grande que l’offre. Bye Bye l’Orangerie. Celle-ci a rapidement cédé sous la pression et laissé à son grand frère, un Cirque Royal Medium comble, l’honneur d’accueillir le singer-songwriter.

L’attachante Priscilla Ahn a ouvert la soirée de la plus séduisante des manières. Nouvelle recrue de la scène folk, la petite sœur spirituelle de Neko Case et Jenny Lewis a charmé le public en deux temps trois mouvements, entrecoupant les extraits de son prometteur premier ouvrage, « A Good Day », par de nombreuses interventions à la fois drôles et touchantes. Une artiste à tenir à l’œil.

Accompagné de cinq musiciens, Ray LaMontagne a démarré son set sans cérémonie. D’entrée de jeu, l’homme a dévoilé toute sa puissance vocale sur un « Henry Nearly Killed Me (It’s A Shame) » intense. Sa voix grave et éraillée est de celles qui vous traversent jusque dans les entrailles et vous touchent au plus profond de l’âme. Particulièrement lorsqu’il interprète les chansons les plus apaisantes de son répertoire, que ce soit en compagnie de son groupe (« Trouble », « Sarah », le céleste « I Still Care For You ») ou seul à la guitare (« Burn »). L’homme est venu pour chanter et rien d’autre, comme il le soulignera à un trouble-fête qui lui reprochait de façon peu courtoise son manque de communication avec le public. Sa communication, Ray LaMontagne la transmet à travers sa musique, un folk aux limites du blues et de la country (« Empty », « Three More Days ») parfois teinté de rock (« Meg White ») ou de soul (« You Are The Best Thing », « Hey Me, Hey Mama »). En clôture d’un concert remarquable de près d’1h30, Priscilla Ahn se glisse sur la scène afin d’accompagner LaMontagne sur le titre-phare de son dernier opus, « Gossip In The Grain ». Un duo fascinant précédé par une excellente reprise de Sam & Dave, « When Something Is Wrong With My Baby ». Une conclusion digne de ce nom pour un concert providentiel.

Organisation : Le Botanique

 

I Like Trains (iLiKETRAiNS)

Voyage en première classe

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Les premières parties suscitent rarement mon enthousiasme. Ce soir, ce n’est pas le cas. Il y a iLiKETRAiNS. Pour être honnête, j’ai longtemps hésité avant d’aller revoir Sisters Of Mercy ; mais la présence de ce supporting act m’a définitivement décidé.

Originaire de Leeds, iLiKETRAiNS pratique de la cold-wave proche d’Interpol. Tous les ingrédients sont bien réunis : le baryton mélancolique, la basse hypnotique et les accords de guitares chatoyants mais cinglants. Ce voyage en première classe transporte aussi bien les spectres de Joy Division, And Also The Trees et Nosferatu, parmi les influences 80’s, que de Swerverdriver, pour celles du début des  90’s (Swervedriver) ; et même de Silver Mt. Zion, pour les wagons post-rock. Cette formation est également responsable de textes soignés. Engagés aussi. Ainsi une compo comme « Beeching report » dénonce la décision prise par Richard Beeching, d’avoir restructuré (démantibulé ?) la British Railways. A l’époque des services peu rentables avaient été supprimés et des gares peu fréquentées fermées, à son initiative. Une décision impopulaire qu’il avait étayé à travers un rapport respectant aveuglément la philosophie libérale des States. Témoins de leur engagement, les membres d’iLiKETRAiNS déboulent en uniforme d’accompagnateurs de train. Le trajet est agréable. Les plages montent crescendo avant le déferlement final. Elles nous transportent, nous transcendent et nous libèrent spontanément, en nous incitant à pratiquer le headbanging. Très généreux, les cheminots britanniques nous gratifient d’un arrêt supplémentaire lors du titre « A divorce before marriage ». « A song we never played before » nous garantissent-ils. En l’espace de 6 ou 7 titres et d’une bonne demi-heure, cette première partie nous aura emballés, et les applaudissements nourris du public n’auront pas été usurpés.

Dur, dur par contre d’écrire une review enthousiaste après avoir assisté à la piètre prestation des Sisters of Mercy. Comme la grande majorité du public (NDR : des trentenaires et des quadragénaires), j’ai encore en tête les trois albums (« First, Last and Always », « Floodland » et « Vision Thing ») écoutés en boucle à l’âge de 15 ans. Et les images du concert du Royal Albert Hall, le seul filmé officiellement en 85. Or, on est bien loin de cette ambiance londonienne : le groupe ne ressemble plus à rien, mais on le savait déjà depuis longtemps. Surtout depuis que deux des pions majeurs, Craig Adams et Wayne Hussey, se sont barrés. Ce soir, il y a bien deux jeunes loups qui tentent même de nous les faire oublier. Ils ont beau être convaincus de leur mission, leur performance est médiocre. Si les deux gratteurs originaux étaient dans la salle, ils seraient morts de rire, en regardant et surtout en écoutant ces deux guitaristes de foire… Andrew Eldritch campe aujourd’hui un look bourrin. Suffit de contempler son tee-shirt. Mais on le savait aussi, depuis qu’il a voulu se démarquer du style gothique. Bref, le résultat proposé ce soir ne ressemble plus à rien. Un spectateur averti s’est même décidé à écrire sur le forum de l’AB, que la formation ne vaut pas plus qu’un cover band de ducasse ! Pourtant, les Sisters of Mercy appartiennent à la famille des Artistes dits ‘classiques’ du Rock. Et malgré l’absence de nouvel album, depuis près de 20 ans, ils parviennent à remplir la salle de l’AB, deux soirées de suite. Même au prix exorbitant de 35 Euros ! Car oui, malgré ce tarif, le public n’aura droit qu’à 1 heure 20 de set, rappels y compris. Bon allez, pour ne pas froisser les quelques fans conquis (NDR : on serait tenté d’écrire aveuglés ou endoctrinés), je vous communique quand même une idée de la setlist du concert de ce soir. Mais s’ils reviennent, ce sera sans moi. Car trop c’est trop et la coupe est pleine (NDR : ou vide, c’est comme vous voulez…)  

Organisation Live Nation

 

My Vitriol

Chronique d’un retour inattendu

Écrit par

Les Anglais de My Vitriol se sont distingués en 2001 par la confection de « Finelines », un premier ouvrage acclamé par la presse, le public sans oublier de nombreux artistes dont certains allaient jusqu’à décrire le combo comme ‘le meilleur groupe rock du début de siècle’. Très discret, le quatuor a publié en 2002 une version double de sa plaque, réintitulée « Finelines / Between The Lines » avant de prendre l’étonnante décision de retourner dans l’anonymat. En 2007, la formation publie « A Pyrrhic Victory », un Ep inespéré, et annonce son retour. Mais il aura fallu attendre deux années supplémentaires avant les revoir sur scène. Chose faite ce lundi sur les planches du VK.  

La première partie était assurée par Daktari, un jeune groupe belge officiant dans un rock plutôt standard et pas vraiment transcendant. La formation n’a d’ailleurs pas réussi à rassembler plus de 50 quidams dans la salle. Le moment idéal pour aller faire un tour au bar.

Un bar quasi désert. Ne serions-nous donc qu’une petite cinquantaine à s’être réunis pour fêter le retour des anglais de My Vitriol ? Ceux-ci attaquent la scène vers 21h30 et la salle s’emplit un tout petit peu plus qu’au moment de l’avant-programme. En tout et pour tout, une centaine de personnes seulement se sont donné rendez-vous dans la salle molenbeekoise. 8 ans d’absence, ça se paie. Ce qui n’a pas eu l’air de contrarier Som Wardner et ses collègues qui entament leur set sur une fausse note avant de se reprendre et envoyer un « Moodswings » surpuissant aux oreilles de l’assistance. My Vitriol joue fort. Très fort. Des boules Quiès auraient d’ailleurs été les bienvenues. Le quatuor interprète principalement des morceaux de « Finelines », leur premier ouvrage. Un classique qui n’a pas pris une ride même si la formation semble parfois un peu rouillée. A deux ou trois reprises, le quatuor dérape avant de se reprendre, très dignement et professionnellement. Entre deux tubes, il propose quelques nouveaux morceaux, promettant un second recueil à la hauteur de « Finelines / Between The Lines ». Les Anglais offriront également au public belge une reprise décente de « Hey Hey, My My », le classique de Neil Young avant de clôturer le set de près d’1h30 par un « Always : Your Way » très attendu.

My Vitriol a encore besoin de se roder sur les planches avant d’effectuer un retour digne de ce nom ; mais le show auquel les quelques fans fidèles ont assisté laisse présager le meilleur pour le quatuor.   

Organisation : VK

O’Death

Tempête à 31 nœuds...

Écrit par

Avant de se produire en concert au cours de la soirée, O’Death avait déjà accordé un set l’après-midi. Un mini-concert quasi acoustique destiné aux enfants. Une initiative particulièrement intéressante et surtout éducative, imaginée par l’Aéronef. Une belle manière de préparer les futurs mélomanes aux spectacles et surtout les plonger dans l’univers de la musique. Le tout s’opère dans une atmosphère ludique et sous la surveillance des parents. Actuellement ces événements se déroulent une fois par mois et sont gratuits. Attention, les parents ne sont admis que s’ils accompagnent leur progéniture. Profitons-en également pour féliciter les artistes qui acceptent de participer à ce type de spectacle, en adaptant leur musique à cette audience enfantine.

Mais revenons à la soirée, pour laquelle, 31Knots était prévu en première partie. Un trio issu de Portland qui déménage, c’est le moins que l’on puisse dire. Grand, vêtu d’un costard blanc, Joe Haege déboule sur la scène, mais en venant de l’arrière de la salle. Il porte une valise à la main, qu’il dépose sur le podium. Il commence alors à se dévêtir, laissant alors apparaître une succession de costumes, en un temps record. Mais plus jamais, il ne revêtira son trois-pièces immaculé. Il change d’ailleurs de fringues tout au long du spectacle. Et lorsqu’il n’en a plus assez, il les puise dans sa valoche. Le strip-tease s’arrête cependant au caleçon long. Et le déguisement s’achève par un uniforme de G.I. en permission. J’allais oublier l’essentiel, c’est aussi et surtout le chanteur/guitariste. Jay Winebrenner, le bassiste, est coiffé de son habituel bonnet sibérien. Il l’enlève très rarement. Et passe à la guitare, lorsque Joe se concentre uniquement au chant. Derrière, Jay Pellicci, cogne ses fûts avec une détermination et une précision jamais prises en défaut. La musique de 31Knots n’est pas facile à encaisser, les changements de tempi fréquents, oscillant du très rapide à l’extrêmement lent, en passant par le spasmodique ; mais elle est bigrement bien ficelée et très puissante, surpuissante, à la limite assourdissante. Joe est un showman hors pair. Il descend dans le public à plusieurs reprises, micro, pied de micro ou guitare à la main. Il titube, trébuche, se roule par terre, tombe dans les bras d’une fille ; et, en fin de parcours, nous gratifie d’un solo à la Carlos Santana. Jay, le suit une seule fois dans la fosse, pour s’y asseoir et continuer à gratter son manche. Et à l’issue de cette tempête, le public a réclamé un rappel. Que le trio a accordé. Une fameuse claque et déjà des acouphènes, avant de passer au groupe suivant…

En l’occurrence O’Death. Un quintet newyorkais dont le style campe un cocktail de country, de folk, de punk, de bluegrass et de rock, parfumé de saveurs tziganes, gothiques, jazz et roots. En outre, sur les planches, trois des musiciens (le bassiste, le violoniste et le drummer) ont un look de métalleux (NDR : les chevelures !). Après un morceau, ils sont d’ailleurs torse-nus arborant de magnifiques tatouages sur le corps. Le reste du line up implique un joueur de banjo, qui se charge épisodiquement de l’ukulélé tout en assurant la seconde voix et le chanteur/guitariste Greg Jamie. Et ce quintet va nous dispenser un set de brève durée, mais particulièrement entraînant, tourmenté, débordant de passion. Seul Jamie reste calme, impassible, au beau milieu de la tourmente, et de son falsetto bouleversant qu’il accompagne de sa sèche, il prend un soin particulier à soigner la mélodie. Tour à tour, Bob Pycior au violon et Gabe Darling (NDR : les cheveux roux, il ne peut qu’être de descendance irlandaise !) au banjo (dont la lanière est constituée de chiffons noués) se réservent un billet de sortie. Aux drums, David-Roger Berry participe également au show. Tantôt, il frappe comme un malade sur ses peaux. L’instant suivant, son drumming est plus souple ou allègre. Il a également l’art de faire tournoyer ses sticks entre les doigts. Parfois, il se lève, monte sur sa batterie, et empoigne la barre de jeux de lumières qui se trouve juste au-dessus de lui. Il a placé une chaîne sur une de ses caisses et remplacé un tom par une poubelle en plastique. Ses cymbales ont des kilomètres. Aussi, pour les renforcer, il fixe, de temps à autre, une seconde de plus petite taille, sur la plus grande. Lors des rappels, il va même accrocher un tambourin sous son pied droit. Enfin, beau gosse, Jesse Newman (NDR : il est roux également !) balise le groove de ses accès de basse. Mais chez cet ensemble, si les compos dérapent parfois dans la frénésie, leur technique n’est jamais prise en défaut.

 
 

Le combo va accorder deux rappels, et lors du second se fendre d’une superbe reprise du « Nimrod’s Song » des Pixies. Le public en veut encore, mais le groupe est cuit. Il est en fin de tournée européenne et David-Roger a d’ailleurs démantibulé sa batterie après le dernier morceau. N’empêche, on a vécu deux bons concerts, ce soir…

 
 

Organisation Aéronef.

 

O’Death

L’art de maîtriser la tourmente…

Écrit par

Avant de se produire en concert au cours de la soirée, O’Death avait déjà accordé un set l’après-midi. Un mini-concert quasi acoustique destiné aux enfants. Une initiative particulièrement intéressante et surtout éducative, imaginée par l’Aéronef. Une belle manière de préparer les futurs mélomanes aux spectacles et surtout les plonger dans l’univers de la musique. Le tout s’opère dans une atmosphère ludique et sous la surveillance des parents. Actuellement ces événements se déroulent une fois par mois et sont gratuits. Attention, les parents ne sont admis que s’ils accompagnent leur progéniture. Profitons-en également pour féliciter les artistes qui acceptent de participer à ce type de spectacle, en adaptant leur musique à cette audience enfantine.

Mais revenons à la soirée, pour laquelle, 31Knots était prévu en première partie. Un trio issu de Portland qui déménage, c’est le moins que l’on puisse dire. Grand, vêtu d’un costard blanc, Joe Haege déboule sur la scène, mais en venant de l’arrière de la salle. Il porte une valise à la main, qu’il dépose sur le podium. Il commence alors à se dévêtir, laissant alors apparaître une succession de costumes, en un temps record. Mais plus jamais, il ne revêtira son trois-pièces immaculé. Il change d’ailleurs de fringues tout au long du spectacle. Et lorsqu’il n’en a plus assez, il les puise dans sa valoche. Le strip-tease s’arrête cependant au caleçon long. Et le déguisement s’achève par un uniforme de G.I. en permission. J’allais oublier l’essentiel, c’est aussi et surtout le chanteur/guitariste. Jay Winebrenner, le bassiste, est coiffé de son habituel bonnet sibérien. Il l’enlève très rarement. Et passe à la guitare, lorsque Joe se concentre uniquement au chant. Derrière, Jay Pellicci, cogne ses fûts avec une détermination et une précision jamais prises en défaut. La musique de 31Knots n’est pas facile à encaisser, les changements de tempi fréquents, oscillant du très rapide à l’extrêmement lent, en passant par le spasmodique ; mais elle est bigrement bien ficelée et très puissante, surpuissante, à la limite assourdissante. Joe est un showman hors pair. Il descend dans le public à plusieurs reprises, micro, pied de micro ou guitare à la main. Il titube, trébuche, se roule par terre, tombe dans les bras d’une fille ; et, en fin de parcours, nous gratifie d’un solo à la Carlos Santana. Jay, le suit une seule fois dans la fosse, pour s’y asseoir et continuer à gratter son manche. Et à l’issue de cette tempête, le public a réclamé un rappel. Que le trio a accordé. Une fameuse claque et déjà des acouphènes, avant de passer au groupe suivant…

En l’occurrence O’Death. Un quintet newyorkais dont le style campe un cocktail de country, de folk, de punk, de bluegrass et de rock, parfumé de saveurs tziganes, gothiques, jazz et roots. En outre, sur les planches, trois des musiciens (le bassiste, le violoniste et le drummer) ont un look de métalleux (NDR : les chevelures !). Après un morceau, ils sont d’ailleurs torse-nus arborant de magnifiques tatouages sur le corps. Le reste du line up implique un joueur de banjo, qui se charge épisodiquement de l’ukulélé tout en assurant la seconde voix et le chanteur/guitariste Greg Jamie. Et ce quintet va nous dispenser un set de brève durée, mais particulièrement entraînant, tourmenté, débordant de passion. Seul Jamie reste calme, impassible, au beau milieu de la tourmente, et de son falsetto bouleversant qu’il accompagne de sa sèche, il prend un soin particulier à soigner la mélodie. Tour à tour, Bob Pycior au violon et Gabe Darling (NDR : les cheveux roux, il ne peut qu’être de descendance irlandaise !) au banjo (dont la lanière est constituée de chiffons noués) se réservent un billet de sortie. Aux drums, David-Roger Berry participe également au show. Tantôt, il frappe comme un malade sur ses peaux. L’instant suivant, son drumming est plus souple ou allègre. Il a également l’art de faire tournoyer ses sticks entre les doigts. Parfois, il se lève, monte sur sa batterie, et empoigne la barre de jeux de lumières qui se trouve juste au-dessus de lui. Il a placé une chaîne sur une de ses caisses et remplacé un tom par une poubelle en plastique. Ses cymbales ont des kilomètres. Aussi, pour les renforcer, il fixe, de temps à autre, une seconde de plus petite taille, sur la plus grande. Lors des rappels, il va même accrocher un tambourin sous son pied droit. Enfin, beau gosse, Jesse Newman (NDR : il est roux également !) balise le groove de ses accès de basse. Mais chez cet ensemble, si les compos dérapent parfois dans la frénésie, leur technique n’est jamais prise en défaut.

Le combo va accorder deux rappels, et lors du second se fendre d’une superbe reprise du « Nimrod’s Song » des Pixies. Le public en veut encore, mais le groupe est cuit. Il est en fin de tournée européenne et David-Roger a d’ailleurs démantibulé sa batterie après le dernier morceau. N’empêche, on a vécu deux bons concerts, ce soir…

Tracklisting

Home
Only Daughter
Adelita
Spider Home
Underwar
Fire on Pestigho
Mountain shifts
Hogtie
Low tide
Down to reest
A light that does not dim

Rappels

Nathaniel
Nimrod’s song

Organisation Aéronef.

 

Bénabar

L'effet Bénabar

Nouvel ouvrage, nouveau spectacle. Le week-end dernier l’‘Infréquentable’ Bénabar s’est arrêté deux soirs de suite à Bruxelles afin d’y présenter ses dernières compos. Première étape, une Ancienne Belgique comble.

L’avant-programme était assuré par Charlotte Marin, petite pile électrique blonde venue présenter son condensé d’humour en chanson, « Et en plus, je cuisine… ». En fusion avec l’assistance, Marin s’est montrée à la fois pleine de sagesse (« Jamais revoir ses ex », « Demain j’arrête ») et déraisonnable (« Crazy du Shopping », « Croqueuse d’homme »). La jeune femme deviendra très probablement une artiste incontournable dans un futur proche.

A l’heure du show de Bénabar, un homme se dresse dans l’obscurité à l’arrière de la scène, micro à la main. Les demoiselles hurlent, attendant impatiemment que le chanteur se retourne et leur en apprenne plus sur « L’effet papillon ». Mais, contre toute attente, le petit malin apparaît sautillant sur la scène, par la gauche. Tandis que le leurre se retire tranquillement, Bénabar happe son public dès les premières secondes de son show. Entre son essai éponyme et « Infréquentable », l’interprète passe en revue le meilleur de sa discographie. Et il suffit de voir les –très– larges sourires sur le visage de l’assistance féminine pour savoir que le spectacle fait mouche. Une chose est sûre, le rendez-vous est pris le lendemain soir au Cirque Royal !

Pour visionner les photos du concert, voir rubrique ‘Live Photos’.

Organisation : Ubu

 

Soldout

Bleeps & beats

Écrit par

Depuis deux ou trois ans, l’Ancienne Belgique organise ponctuellement ses ‘now_series’. Chaque édition de ces sympathiques soirées à petit prix accueille de quatre à cinq formations opérant dans le même genre musical. Ce jeudi 19 février, la salle bruxelloise accueillait Anderson, Casiokids et, en tête d’affiche, Soldout. Trois formations résolument electro-pop introduites par le Dj set de MVSC.

MVSC (Jean Montevideo vs. Cosy Mozzy) donnait donc le ton de la soirée, lors d’un set qu’une arrivée tardive ne me permet pas de retranscrire dans ces lignes. Juste le temps de distinguer les dernières notes d’une formation (Montevideo ?) qui clôturait le show des DJs à 20h30, heure à laquelle les Amstellodamois d’Anderson débutaient leur show à l’ABClub. Le duo, révélé par le sympatoche « weareradioanderson » publié en 2005, venait présenter son nouvel ouvrage, « It Runs In The Family ». Dissimulés derrière leurs synthés, Bas et Jeroen balancent leurs ritournelles attendrissantes en toute simplicité, les très bons singles « Imagine You In Front Of Me » et « Trevor * On The Dancefloor », en tête. Une demi-heure et quelques bières plus tard, une ABBox pleine à craquer accueillait déjà la tête d’affiche de la soirée.

Emballés par « Cuts », la nouvelle fournée de Soldout, on était impatients d’assister à sa retranscription ‘live’. Charlotte et David, tout de noir vêtus, apparaissent sur une scène plongée dans une quasi-obscurité, à l’image de « Cuts ». Les premières basses de « The Call » s’échappent des baffles et la réponse du public est immédiate. De part en part, l’ABBox est secouée de vibrations tandis que le duo enchaîne sur plusieurs morceaux de ce second essai, pratiquement dans l’ordre présentés sur le disque. Peu loquace, la formation bruxelloise remercie tout de même son public avant de reprendre sans cérémonie l’un de ses premiers tubes, « I Can’t Wait ». Pourtant convaincants pendant toute la première partie de son spectacle, Soldout s’est montré relativement décevant par la suite. Sans aura ni énergie, le duo semble être entré sur le mode pilote automatique. Le rendu des compositions suivantes tombe relativement à plat bien, même si le hit final, « I Don’t Want To Have Sex With You » parvient à relancer la machine. Un peu tard…

Chargés de clôturer la soirée sur la scène de l’ABClub, les cinq gaillards de Casiokids se sont une nouvelle fois montrés à la hauteur. Après une première apparition sur les planches en première partie de of Montreal, les Norvégiens ont assuré un set sautillant et sans fausse note. Le leader de la bande n’a d’ailleurs pas hésité à se joindre au public l’espace d’un morceau au titre imprononçable. Leur electro-pop irrésistible va très certainement parler d’elle dans les prochains mois, la formation publiant son nouvel essai sur le très bon label Moshi Moshi, ce 2 mars.

Pour mater les photos de cette soirée fortes en bleeps & beats, rendez-vous à la rubrique ‘Live Photos’.

Organisation : Ancienne Belgique

Metronomy

Un peu trop métronomique…

Écrit par

L’aventure de Metronomy débute à Totnes, dans le Devon, en Angleterre. Enfin celle de Joseph Mount. Son père lui offre un ordinateur. Et le fiston y développe rapidement une expérience en matière d’électronique. A un tel point qu’il commence même à composer de la musique, à l’aide de son PC. Et de devenir, au fil du temps, de plus en plus compétent, dans le domaine. Qu’il met alors au service d’un groupe (NDR : deux autres musiciens sont impliqués chez Metronomy : le drummer Oscar Cash et le bassiste/claviériste Gabriel Stebbing), destiné à concrétiser ses projets. Ses compos arrivent aux oreilles de d’Erol Alkan. Il flashe sur le titre "You could easily have me" et décide Joseph à venir les interpréter en club, flanqué de sa formation… Dans la foulée, le combo publie un single, "Radio Lady" ; un titre imparable qui figure d’ailleurs sur « Nights Out’ », leur premier opus paru en septembre. Les concerts se multiplient. D’abord dans de petites salles, puis de plus grandes. Et pour cause, le public devient de plus en plus conséquent. Pour la seconde fois, le combo se produisait au Botanique. Quelques mois plus tôt, c’était en première partie de Ladytron. Mais ce mardi 17 février, ils occupent la tête d’affiche.

Pourtant, les circonstances ne sont pas favorables pour jouer ce soir. Et pour cause, juste avant le spectacle, des olibrius ont fracassé les vitres de leur minibus. Une situation qui n’est, bien sûr, pas de nature à faire le vide dans sa tête avant de monter sur les planches. Néanmoins, il faut reconnaître que le groupe va nous gratifier d’un set électro pop de bonne facture. De courte durée, mais particulièrement dense. En 80 minutes, la formation va nous dispenser les titres issus de « Nights Out ». De quoi nous permettre d’apprécier la musique de ces Britons.

Trois synthés vintage, des guitares, des basses, un saxophone, une boîte à rythmes et un Mac. C’est l’équipement sur lequel les 3 musiciens au look étudié et aux vocaux éthérés, vont se partager au cours de cette soirée. Dès les premiers accords, on est plongé dans une pop électronique d’une autre époque. Celle des eighties. Très mélodique. Et surtout, britannique, bien sûr. Le groupe manifeste un bel enthousiasme sur les planches et ne se prend pas trop au sérieux ; enfin, en apparence. Car la conception du spectacle est impeccable. D’ailleurs, les versions des compos interprétées différent peu de celles de l’album. Ce qui n’a pas trop l’air de déranger le public. Et à l’applaudimètre, « A thing for me », « My heart rate rapid » ainsi que « Radio Ladio » emporteront la palme. Le trio va nous réserver également une drôle de chorégraphie basée sur des ‘lumières-pendentifs’ qu’ils arborent fièrement. De ce spectacle, on retiendra surtout l’utilisation de véritables instruments, en sus de leur matos électronique. Bref, Metronomy nous a accordé un set réussi et plaisant, à défaut d’être transcendant. Réglé comme du papier à musique aussi. Ce qui n’a pas empêché la majorité des spectateurs présents, de quitter la salle, enchantés par leur prestation…  

Organisation Botanique

 

Woodpigeon

Solennité, intimisme et décontraction

Écrit par

Les Canadiens de Woodpigeon ont accordé, cette année, le troisième concert organisé dans le cadre de l’opération ‘New Talents, Cool Price !’ Lancée par le Botanique (une place pour la modique somme de 5 à 8 euros), cette initiative ‘Moins cher que le cinéma’ – comme le mentionne justement leur site– semble être un excellent filon, au vu de la centaine de spectateurs qui avaient répondu présent pour assister au spectacle de ce dimanche 15 février, programmé à la Rotonde.

Pas de première partie. Le concert débute dès 20h30. Deux jeunes filles font leur apparition et s’installent respectivement derrière leurs claviers (piano/synthé). Dès l’intro terminée, les quatre autres membres du groupe les rejoignent sur scène. Le chanteur, Mark Hamilton, se réserve également la sèche. Le guitariste est plus discret. Il se cache même derrière cette forêt féminine, constituée des deux claviéristes (dont l’une se charge également et circonstanciellement du mélodica et l’autre des percus), d’une contrebassiste et d’une violoniste. A l’instar de l’album, les compos jouées en concert sont paisibles, mais l’absence de drums se fait cruellement ressentir sur certains titres. Heureusement, la superbe voix de Mark Hamilton, soutenu par les chœurs féminins, comble régulièrement cette carence en rythme. Malgré la solennité et l’intimisme de leur musique, rappelant tantôt Sufjan Stevens tantôt Grizzly Bear, le climat demeure décontracté. Faut dire que le band n’hésite pas à multiplier les boutades…

Après une dizaine de chansons, Woodpigeon quitte la scène, pour y revenir à peine quinze secondes plus tard. Un rappel au cours duquel, le combo de Calgary va nous interpréter deux nouvelles chansons, tout en sollicitant la participation du public. Après une heure de set, les spectateurs semblent satisfaits et applaudissent chaleureusement. Un bon moment de détente après un week-end chargé. Parfait pour affronter une nouvelle semaine de travail !

Organisation Botanique