New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

logo_musiczine

Farfouiller dans la Pure Carrière…

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort. Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force.…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

dEUS - 19/03/2026
Hooverphonic
Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

lundi, 09 mars 2015 12:44

Breaking and entering

Issue de Detroit, dans le Michigan, Eliza Neals est une chanteuse de blues/rock. Elle est aussi pianiste. Mais également auteur-compositeur et productrice. En 2012 et 2013, elle a décroché des Music Awards, dans sa Motor City. Quoique encore jeune, cette artiste a déjà publié de nombreux albums : "I'm waiting" en 2003, "Liquorfoot" en 2005, "No frogs for snakes" en 2008 et "Messin' with a fool" en 2012. Pour enregistrer "Breaking and entering", elle a reçu le concours de toute une ribambelle de collaborateurs. Des sessions qui se sont déroulées à Detroit et Ferndale, dans le Michigan, à Weehawken (New Jersey), et à Nashville (Tennessee).

Le dobro d'Howard Glazer nous entraîne dans son "Detroit drive". La voix d'Eliza est surprenante, expressive, au bord de la rupture. Acoustique, cette ouverture est également marquée par les pulsations rythmiques communiquées par Erik Maluchnik. Blues lent incandescent, le titre maître est balisé par les cordes de Glazer, désormais largement amplifiées et torturées. Eliza extirpe des mots de sa gorge, sans doute ravagée par les excès. "Jekyll and a hound" est sans aucun doute l'une des meilleures plages de l’elpee. Elle a été mise en boîte à Memphis, sous la houlette de Mike Puwal, qui assure aussi les parties de guitare. Rockin’ blues, "Goo Goo glass" concède des accents pop, une plage construite sur un riff débridé, dispensé par Glazer. Dans l’univers du rock, Kenny Olson est un guitariste particulièrement notoire et apprécié par ses pairs. Métalliques, ses interventions sont impressionnantes tout au long de l’indolent "You", un morceau au cours duquel Eliza siège derrière l’orgue Hammond tout en chantant d’une voix relativement plus douce. Olson participe également à "Southern comfort dreams", sur un rythme à peine plus soutenu, en écrasant judicieusement sa pédale wah wah. Rock entraînant, "Pretty gritty" est dominé par les cordes de Mike Puwal et les accords de piano sautillants de Miss Neals. La voix d’Eliza parvient à s’extraire de chœurs imposants sur "Windshield wipers", une piste aux accents pop. Dansant, "Sugar daddy" lorgne ver le R&B. Mike Puwal revient une dernière fois apporter son concours sur "I'm the girl", une autre plage dansante. Howard Glazer, le gratteur de Detroit, contribue aux deux derniers morceaux. Il est seul pour épauler Miss Neals, au chant et aux claviers sur "Spinning". Et ses interventions sont tourmentées et déjantées. La finale est en réalité une version condensée du long blues qui donne le titre à l’elpee, une adaptation baptisée communément ‘Radio Edit’.

 

lundi, 09 mars 2015 12:36

These blues

Agé de 66 ans, Donald Ray Johnson est un bluesman de couleur noire. Originaire du Texas, il a entamé son parcours musical en chantant dans l'église du quartier et lors des réunions de famille. Très jeune, il se consacre aux percussions, avant de se convertir au blues. Après avoir accompli ses obligations militaires, il s'installe à San Diego où il rencontre Lowell Fulsom, Bobby Womack et Pee Wee Crayton. Il joue ensuite en compagnie de Philip Walker et Joe Houston, à Los Angeles. Il croise alors le producteur Perry Kibble et deux jeunes Afro-américaines, Janice Marie Johnson et Carlita Durham. Ensemble, ils fondent A Taste of Honey. En 1989, il s’installe à Calgary, où il s'est forgé une solide réputation locale, comme chanteur de blues! Son dernier elpee, "It's time", date de 2010. Il faisait suite à "It ain't easy being blue", paru en 1995, "Donald Ray", en 1999, "Pure pleasure", en 2002 et "Travelin' man" en 2006. Cet LP est sous-titré "The Best of Donald Ray Johnson" et constitue donc un concentré de ses précédentes productions.

"Ain't no fun to me" ouvre la plaque. Imprimée sur un mid tempo, cette ballade soul/blues est issue de la plume d’un spécialiste du style, Al Green. La voix de Donald est chaleureuse et bien adaptée au genre, dont la coloration blues est procurée par un harmo parfaitement intégré. Des accords de gratte subtils illuminent, "Gone so long", un excellent blues. "These blues" est un extrait du dernier long playing, une piste qui évolue sur rythme enlevé. La guitare entre en effervescence, alors que la sortie du saxophone ténor est tout à fait judicieuse. Autre superbe ballade, "Always on my mind" trace une ligne mélodique intense, alimentée par une guitare électrique pourtant parcimonieusement dispensée. Plutôt contaminée par le style Memphis, "Slow down baby" est une compo qui passe bien la rampe. Orgue et cuivres se partagent la part du lion. La rythmique adoptée sur "Me and Jack" est enlevée et solide. "Last two dollars" est sculpté dans une soul de bonne facture. La voix est impeccable. Donald Ray Johnson est un excellent chanteur. Le saxophone, un délice pour les tympans. Nonobstant son titre, "No guitar blues" est un blues lent classique. La six cordes s’implique généreusement. Le saxophone est omniprésent. Le piano et de l'orgue tapissent l’ensemble. Sans doute la meilleure piste de cette collection. "It ain't easy being blue" et "Thrilling you killing me" figurent sur le premier opus gravé en 1995. Un disque qui privilégiait la quintessence du blues, philosophie rappelant l'Electric Flag de la fin des sixties, un combo alors fréquenté par l'excellent guitariste Mike Bloomfield. Le remarquable phrasé sur la gratte nous le rappelle. Ce "Best of" s’achève par deux pistes gravées sur leur dernier long playing, publié en 2010, dont la finale, "It's time", évoque Santana. Surtout à cause des percus, de l’orgue et des cordes de guitare éruptives. Excellent !

 

lundi, 09 mars 2015 12:35

Morose Elephant

"Morose Elephant" constitue le quatrième opus de ce chanteur/guitariste californien. Il fait suite à "Jeff Jensen", paru en 2007, "I'm coming home", en 2009 et "Road worn and ragged", en 2013. L’artiste a toujours aimé mêler les styles : rock'n'roll, funk, jazz et blues. En 2004, il fonde le Jeff Jensen Band. Il participe quatre fois à l'International Blues Challenge de Memphis. Depuis 2011, il y réside d’ailleurs. Il s’est produit pendant deux années auprès du formidable harmoniciste, Brandon Santini. Lors de ses tournées, il est soutenu par une section rythmique. Soit le bassiste Bill Ruffino, et un nouveau batteur, le jeune noir Robinson Bridgeforth.

La Texane Reba Russell donne la réplique vocale à Jeff sur "Make it through", un R&B funkysant. Ce dernier libère ses cordes dans un style très élégant. Victor Wainwright, un pote, siège derrière le piano électrique tout au long du solide "Get along", une plage aux sonorités métalliques. Et Jensen nous y réserve un envol irrésistible. Il se révèle toujours aussi brillant sur "Fall apart", une ballade R&B intimiste, discrètement cuivrée, dans le parfait esprit du southern soul de Memphis. Robinson canalise le tempo sur ses fûts tout au long de "Going home". Un titre funk qui ne manque pas de charme au cours duquel la voix de Miss Russell vient une nouvelle fois se joindre à celle de notre leader! Et les interventions de guitare sont belles à pleurer! "Paper walls" concède des accents empruntés à la valse et au jazz. Chris Stephenson joue sur un piano d'enfant et double à l'orgue Hammond. Signé Memphis Minnie et Kansas Joe McCoy, "What's the matter with the mill" lorgne vers le Memphis blues de BB King. Jeff et son ami Victor Wainwright partagent les vocaux, avant que ce dernier ne vienne se défoncer sur les 88 touches de ses ivoires, lors d’un boogie woogie furieux. Le violon d'Anne Harris colore "Ash and bone", une ballade acoustique, de teintes joliment surannées. "Elephant blue" baigne dans une atmosphère jazz, une piste instrumentale caractérisée par des échanges entre la guitare, l'orgue de Stephenson et la basse de Bill Ruffino. "Bad bad whiskey" est un succès décroché par Amos Milburn, en 1950. La nouvelle version a été traduite en country/blues classique. Victor se réserve le micro sur ce morceau dominé par les cordes acoustiques et l'harmonica d'Eric Hughes, un concitoyen de Memphis. "I'll always be in love with you" opère un retour au R&B cuivré. Victor Wainwright brille de mille feux au piano sur cette cover d’un ancien hit de Brenda Lee. Et avant de refermer cet opus, on a encore droit à un bonus track : "Empty bottles". Un duo acoustique échangé entre l’harmoniciste notoire californien, Gary Allegretto, et Jeff Jensen, qui se consacre également aux vocaux.

 

lundi, 09 mars 2015 12:34

In phase

Gregor Hilden est de nationalité allemande. Un guitariste de blues qui jouit d’une belle expérience, puisqu’il a déjà publié une dizaine d'albums. Il ne chante pas ; aussi, très souvent, il sollicite le concours de collaborateurs. Et quand ce n’est pas le cas, il se contente d’une œuvre exclusivement instrumentale. Pour enregistrer "In phase", il a bénéficié de la participation de son backing group, constitué d’un claviériste, d’un bassiste et d’un drummer.

"Mr Magic" ouvre la plaque. Un funk très clean. Alors que Dieter Steinman imprime le tempo, l'orgue Hammond tapisse l’expression sonore au sein de laquelle la guitare se libère simplement, clairement, dans une tonalité proche de celle si chère à Carlos Santana. "In phase" baigne au sein d’un climat atmosphérique qui me rappelle un autre esthète des cordes, l'Anglais Snowy White. Une plage empreinte de délicatesse et vraiment belle. Blues rythmé, "On blues" vire à la musique d'ambiance, une piste qui met l'accent sur le piano électrique de Thomas Hufschmidt. Le long playing recèle quelques morceaux qu’on pourrait qualifier de fusion entre rock, jazz, funk et blues. A l’instar de "Rock-Zabern" et "Desert song". "Springtime" est illuminé par sa très jolie mélodie. Parmi les titres les plus purement blues, on épinglera "Blues from the outer side", au cours duquel le piano électrique est bien mis en exergue, l’indolent et superbe "Naylor's blues', le trop bref à mon goût "63", et "Fleetwood Mac", une compo qui réverbère des tonalités très proches de celles dispensées à l’époque par Peter Green. La guitare est d'ailleurs une Gibson Les Paul Gold Top! Il s’agit d’une des deux reprises du long playing recèle. La seconde est consacrée au "Chitlins con carne" de Kenny Burrell. L’opus s’achève par "Farewell blues", un morceau sculpté dans la pureté cristalline. Gregor Hilden est un excellent musicien qui ne quitte guère l'Allemagne. Il se produit régulièrement en compagnie d’un autre remarquable gratteur teuton, Richie Arndt, ou encore des UK All Stars de Sam Kelly!

 

lundi, 09 mars 2015 12:29

Songs from the road

Originaire du New Jersey, Dana Fuchs est une chanteuse de blues/rock. Quoique âgé de 40 balais, elle ne manque pas de charme. Elle avait entamé son parcours musical dès 16 ans, au sein du groupe Holiday Inn. Elle s’établit à New York et rencontre celui qui est toujours son compagnon, le guitariste John Diamond. Elle monte alors son Dana Fuchs Band, et publie un premier elpee, "Lonely for a lifetime", en 2003, puis un live en 2008, intitulé "Live in NYC". Elle interprète le rôle de Janis Joplin dans la pièce musicale "Love, Janis", un rôle qui lui va comme un gant, vu la similitude entre sa voix et celle de feu l’icône texane. Ce qui va lui ouvrir la voie du succès. Et tout particulièrement lors de la sortie des elpees "Love to beg", en 2011, et surtout "Bliss Avenue", en 2013.

Les deux supports (cd et dvd) consacrés à "Songs from the road" ont été immortalisés au Highline Ballroom de New York, en mars 2014. Pour la circonstance elle avait reçu le concours de Jack Daley à la basse, Joe Daley à la batterie et des Screaming Sirens aux chœurs.

Dana entame le show par son titre fétiche, "Bliss Avenue". Eraillée, sa voix s’enflamme très vite, et évoque inévitablement celle de la mythique Janis Joplin. Redoutable gratteur, John Diamond y torture les cordes de sa Telecaster. Et elles vibrent tout au long du blues/rock "Handful too many". Soutenu par des chœurs gospel, "Livin' on Sunday" baigne dans un climat plus funky. Pete en profite pour tirer son épingle du jeu. Dana est la plupart du temps sur les genoux pour interpréter "How did things get this way". Illuminé par les harmonies de trois vocalistes blanches, Elaine, Nicki et Belle, ce rock déménage. La voix de Mrs Fuchs est particulièrement expressive, tout au long du lent et mélancolique "So hard to move". Dana avait entamé sa carrière dans le gospel. Et on s’en rend compte, lorsqu’elle joint sa voix à celle des trois autres voix féminines sur "Summersong". Judicieusement intitulé, "Set it on fire" est un brûlot rock'n'roll. Emouvante, "Sad salvation" est une ballade gospel acoustique. Dana empoigne une sèche pour attaquer "Tell me I'm not drinking", une autre ballade vivifiante. "Love to beg" est le seul morceau qui ne figure pas sur le dvd. Caractérisé par une excellente introduction, il glisse vers le r&b, dans un style proche des Small Faces circa 60s, en imaginant que la voix de Steve Marriott s’efface au profit de vocaux féminins. A cet instant, les cordes de Diamond font merveille. Elles sont même carrément déjantées. Un des meilleurs moments du concert ! Sculpté dans le country/rock, "Rodents in the Attic" adopte le rythme du cheval au galop, une piste hantée par Ennio Morricone. Dana reste littéralement collée au plancher alors que son Jon est étincelant sur sa gratte. Pete siège derrière le piano pour le blues/rock classique, "Nothin' on my mind". Le tempo se calme pour "Vagabond wind", un blues au cours duquel, chargée de feeling, la voix de Dana se révèle tout bonnement exceptionnelle. Digne de Janis. Miss Fuchs vit son répertoire. Elle manifeste beaucoup de présence sur les planches. Et elle le démontre encore sur "Long long game", une plage au cours de laquelle John s’autorise un étonnant envol psychédélique sur sa six cordes. "Keep on walkin'" est un autre R&B incandescent. Le public est debout. En rappel, elle attaque "I've been loving you too long", une ballade qui figurait au répertoire d’Otis Redding. Puis le "Don't let me down" des Beatles, une compo signée par John Lennon, en 1969. Et ces deux versions sont bouleversantes. Excellent!

 

lundi, 09 mars 2015 12:28

Swamp it up!

Bien qu’elle ait choisi un patronyme à consonance louisianaise, cette formation est en réalité française. Elle est même originaire de la Gironde. Un quintet qui réunit les mêmes musicos depuis 1997. A ce jour, il a enregistré "Blues attack" en 1998, le live "Bon Ton Roule" en 1999, "Radio Gumbo" en 2002, "Raw & spicy covers" en 2007, "Fire on the Bayou" en 2008 et "Here comes the crawfish groove" en 2010, avant de publier ce "Swamp it up! " Bien évidemment, ses membres aiment la Louisiane sous toutes ses coutures musicales ; que ce soit à travers le cajun ou le zydeco pratiqué du côté de Lafayette, du swamp blues rencontré à Baton Rouge ou encore du jazz, du funk et du swing prodigués à la Nouvelle Orléans. Tous chantent, dont trois comme solistes. Le line up s’établit donc comme suit : Fabio Izquierdo (accordéon, harmonica, percussions diverses), Cédric Le Goff (piano, orgue), Fabrice Joussot (guitare), Jean-Charles Duchein (basse) et Stéphane Stanger (batterie et percussions). Ils jouissent d’une solide réputation ; ce qui leur a permis de participer, comme invités, à de multiples sessions d'enregistrement.

Nous plongeons immédiatement dans la Crescent City, soit la Nouvelle-Orléans, dès  "Pitchtraow tune". Les cuivres, les voix et le piano de Cédric y entretiennent l'ambiance. "Tailgator groove" reflète la joie de vivre, une compo qui trempe dans le zydeco au cours de laquelle l'accordéon (of course), la planche de Philippe Sauret, l'orgue et la guitare sont bien en place. Fabrice Joussot signe "Dance around me", une ballade empreinte de charme et de tendresse, et légèrement teintée de cajun. "Freeborn man" nous entraîne dans les marais, près de Baton Rouge, une plage remarquablement interprétée par Loretta, la chanteuse des Bad Kings. Anthony Stelmaszack se consacre à la six cordes alors que Fabio souffle dans les aigus comme feu le légendaire Slim Harpo. Fabrice se réserve le micro sur "My dog", un titre de roots/rock entraînant. Et Cédric pour "What ya doin' first", un titre de funk. Sa voix est superbe, alors que le trombone de Thomas Besse est en effervescence au cœur du brass band. Syncopés, les accords de piano colorent de sonorités néo-orléanaises "Real, real man", une plage hantée par Huey Smith, Allen Toussaint et Professor Longhair. Cédric est toujours aux ivoires pour attaquer "Don't look back", un blues lent de bonne facture, avant d’être rejoint par le front de cuivres et l'orgue Hammond. "Women & Buicks" retourne au cœur des bayous, un rock entretenu par l’accordéon, alors que la guitare ne tient plus en place. Soutenue par les chœurs du Gumbo Special, la voix de Sugaray Rayford (NDR : il est hébergé par l'écurie Delta Groove) est puissante et expressive tout au long de la reprise du "Pray for your daughter" d'André Williams, une piste parcourue par le banjo de Manu Bertrand, un spécialiste du bluegrass. Caractérisé par ses accords de gratte reverb, dignes de Tony Joe White, "The great zombie" macère dans le swamp rock. Evoluant sur le rythme indolent des marais, "Rainy day night in Georgia" clôt ce remarquable opus, une plage que chante Jimmy Burns, bluesman issu du Mississippi, d’une voix particulièrement expressive… 

 

lundi, 09 mars 2015 12:21

Olanes, trains and Eric (Dvd)

La carrière d’Eric Clapton est déjà très longue. Sa notoriété, il l’a forgée au fil de ses expériences, qu’il a menées chez les Yardbirds, Bluesbreakers, Cream, Blind Faith, Derek and the Dominoes et bien entendu, en solitaire. La plus longue, il faut le préciser. Au fil du temps, la musique de l’artiste est devenue plus pop, même si elle a toujours conservé des racines blues. Ce qu’il a constamment démontré sur les planches. Ses enregistrements ‘live’ sont innombrables. Ce Dvd a été immortalisé dans le cadre de la tournée "Mid and Far East Tour", en 2014. Il nous livre seize chansons (en comptant les deux en bonus) dont certaines appartiennent à son répertoire intemporel, depuis plusieurs décennies. Il recèle également des interviews, des  séances de répètes et des reportages filmés lors de ses voyages en train ou en avion. Artiste plus que notoire, Clapton peut se permettre d’engager de brillants collaborateurs. Pour la circonstance, il a entraîné ainsi dans l’aventure, Steve Gadd et Nathan East pour constituer la section rythmique, Paul Carrack et Chris Stainton, aux claviers, ainsi que deux choristes, Michelle John et Shar White.

"Tell the truth" date de l'époque Derek and the Dominoes. C’est le titre qui ouvre le Dvd. "Pretending" embraie. Il s’agit de la première piste de l’elpee, "Journeyman". "Crossroads" est devenu un classique. Il remonte à l’époque de The Cream. Une compo signée par le légendaire Robert Johnson, et imprimée ici sur un tempo plus lent. Blues indolent, "Driftin' blues" a été écrit par Johnny Moore et Charles Brown, au cours des années 40. La nouvelle version est acoustique. La reprise du "I shot the sheriff" de Bob Marley a toujours été un moment incontournable lors d'un concert de Clapton. "Layla" et "Wonderful tonight" sont deux chansons qu'il avait destinées son ex-épouse Pattie Boyd, également une ex de feu Georges Harrison… Ce périple nous entraîne au Japon. Qui rend hommage à Eric pour son 200ème concert accordé au pays du soleil levant. On le retrouve ensuite, également, à Singapour, au Bahrein et à Dubai. Parmi les blues les plus remarquables, j’épinglerai les versions du "Little queen of spades" de Robert Johnson, du "Key to the highway" de Big Bill Broonzy, du "Before you accuse me" de Bo Diddley, du "Hoochie Coocie man" de Willie Dixon, sans oublier le clin d’œil adressé à son grand ami, disparu il y a peu, JJ Cale, à travers "Cocaine". La dernière piste, "High time we went", est signée Joe Cocker (NDR : encore une légende récemment décédée) et Chris Stainton. On en arrive donc aux bonus tracks, au cours duquel Eric chante unplugged le traditionnel "Nobody knows you (when you're down and out)", une composition issue de la plume de Jimmy Cox, datant de 1923, et "Alabama woman blues", de celle de Leroy Carr, remontant à la même époque!

 

lundi, 09 mars 2015 12:20

Blues people

Eric Bibb est chanteur/compositeur. Il est âgé de 63 balais. C’est le fils de Léon, vocaliste de folk et de blues, mais également acteur. La discographie d’Eric est déjà conséquente. Il se considère comme un troubadour du blues. Il aime en rappeler les origines puisées aux sources afro-américaines. L'un de ses héros est le Dr Martin Luther King, qui a tant lutté pour les droits civiques des noirs. Il a intitulé son nouvel elpee, "Blues People" (NDR : traduisez, ‘le peuple du blues’), soit le même titre que l’ouvrage d'Amiri Baraka, signé sous le pseudo de LeRoi James, en 1963. Une approche sociale et politique du blues et du jazz qui a contribué au mouvement ‘Black Power’, destiné à la lutte contre la ségrégation raciale. Pour enregistrer cet opus, Bibb a reçu le concours de nombreux amis et collaborateurs.

L’ouverture de "Silver spoon" est empreinte de pureté et de dépouillement, un peu dans le style du John Lee Hooker originel. La section rythmique opère discrètement son entrée, avant que la guitare électrique –particulièrement inspirée– de Popa Chubby –un pote new-yorkais– n’entre dans la danse. Eric et Michael Jerome Brown cosignent "Driftin' door to door". Ce dernier se consacre à la slide sur cette piste, afin de ressusciter l'esprit du légendaire Bukka White, au sein d’un climat cool, digne de JJ Cale! "Turner station" baigne dans une même atmosphère intimiste. Le producteur, Glen Scott, siège derrière l'orgue Hammond, alors que Brown s’illustre à la slide électrique. Bibb reprend le "Chocolate man" de son ami Guy Davis. Et ce dernier, y participe. Nappé de cordes ténébreuses, "Rosewood" relate l’histoire du massacre d'Afro-américains, dans la petite ville de Rosewood (NDR : c’est en Floride), perpétré en janvier 1923. Eric adapte le "I heard the angels singin" du Reverend Gary Davis, un morceau caractérisé par les interventions à l'harmonica du Français J-J Milteau et le concours des voix envoûtantes des Blind Boys of Alabama. Il partage le chant auprès de la vocaliste de couleur noire Ruthie Foster (NDR : c’est une Texane !) et d'Harrison Kennedy (ex-Chairmen of the Board) tout au long de "Dream catchers", une compo qui mêle habilement gospel et reggae. Eric et son producteur Glen Scott conjuguent leurs voix sur le superbe "Chain reaction", une plage au potentiel commercial indéniable. De nombreux artistes ont apporté leur collaboration à "Needed time", une véritable fête vocale : Taj Mahal, Ruthie Foster, les Blind Boys of Alabama ainsi que Browne à la slide. Linda Tillery (NDR : fin des 60’s, elle assurait les vocaux chez Loading Zone, un combo issu de San Francisco) se réserve le micro sur "Remember the ones", un R&B légèrement cuivré. Le chanteur sud-africain Andre De Lange, apporte sa touche indigène à "Home". Enfin, cet excellent opus s’achève par "Where do we go", une plage à laquelle participe la charmante citoyenne de la Nouvelle Orléans, Leyla McCalla, au chant et au banjo.

 

lundi, 09 mars 2015 12:19

Red Rova

Balkun Brothers est un trio de power blues/rock. Il est issu de Hartford, dans le Connecticut et réunit de jeunes musicos : le bassiste Caleb Battersby et les frères Balkun. Steve se charge du chant et des guitares, Nick des drums. A ce jour, le combo a gravé un Ep 6 titres en 2013 ; en l’occurrence, l’impressionnant "God bless our fallout shelter". Puis un LP baptisé "Bluesch Metal Live from the Baeschment", paru en mars 2014, un disque sculpté dans le hard rock, métal, funk et psychédélisme. Octobre 2014, le band a gravé un second Ep 5 titres, intitulé "We. In. Detroit". Et le nouveau long playing a été publié en janvier 2015!

Les frangins signent l’intégralité de leur répertoire. Le trio a déjà remporté plusieurs challenges dans leur Etat du Connecticut, au cours de ces deux dernières années. Steve n'a pas encore trente ans. Il a étudié la musique au Berklee College of Music de Boston, puis a suivi une formation de luthier en Georgie. Il fabrique ses propres guitares et est propriétaire d’un magasin d’instruments, chez lui, à Hartford. Nick a lui monté son studio : ‘Balkun’. Equipé professionnellement, il est ouvert aux autres musiciens. Les frères sont des passionnés et leur musique ne laisse pas indifférent.

Dès le premier morceau, "Oh yeah! (Last Jam)", on se prend une belle claque en pleine tronche. Le son est puissant. La guitare, largement amplifiée. La section rythmique, parfaitement soudée et littéralement en plomb. Seule la voix trahit une certaine jeunesse. Superbement jouée, la guitare est hantée par Jimi Hendrix, tout en préservant la cohérence du morceau. Au bout de 4’, le tempo s'accélère. Nick pousse son frère dans ses derniers retranchements ; et Steve tient parfaitement la distance. Introduit par des sonorités cosmiques, "Redrova" prend ensuite la tonalité métallique du Delta et se convertit au blues hard rock. La slide dirige alors la manœuvre, avant de s’autoriser un trip psychédélique. La construction musicale est complexe et intelligente. "Got my boots" s'enfonce davantage dans le delta blues originel. Les percus sont variées. Très métallique, la guitare Résonator domine le sujet. Steve pose sa voix sur la plage lente et atmosphérique "Keep me warm". Son timbre est totalement différent. Déjantées, les cordes montent progressivement en puissance, avant d’atteindre le sommet. Rapide et nerveux, "Song for an arachnid" est contaminé par la country. Funky blues, "Bippidee Bopp" est une piste bien construite. Steve s'applique sur sa slide et en libère des sonorités à la fois personnelles et originales. Titre de brève durée, "Keep it up" concède des accents boogie et jazz. "Sally's blues" est un autre blues lent. Larry Fallstrom double au piano et à l’orgue. La six cordes prend un billet de sortie, dans un style plus classique, même si l'escapade s’avère encore remarquable ! Dave Sadloski  souffle dans son harmonica sur le country/blues "Fried Pickle Party", un court intermède acoustique. Cap vers le Mississippi pour "Slidin' buff", encore un country blues parcouru par une slide fringante. Et elle embraie dans le même registre sur "Tell me", un blues bien rythmé, proche de Chicago. Brillante, cette œuvre s’achève par "Too damn long". Le climat est lugubre, mais authentique. Cette piste nous entraîne de nouveau au cœur des collines du Mississippi ; mais témoigne encore de cette facilité affichée par les frères Balkun, lorsqu’ils s'expriment à travers le blues.

 

jeudi, 26 février 2015 18:10

Current state of Blue

C’est Mike Crownover qui a fondé cette formation, en 2008. Elle nous vient du Texas et pratique du blues/funk. Pour compléter son line up, Mike engage le chanteur/guitariste Rick Jackson, le bassiste Rik Robertson, le trompettiste Jim Brady, et enfin le saxophoniste Anthony Terry. Le combo publie un premier long playing en 2012. Il est éponyme. Pour enregistrer ce second elpee, le band est retourné au studio Sugarhill de Houston. Et pas moins de quatre batteurs ont participé aux sessions.

Rick Jackson signe sept des douze plages. Sa voix est puissante et claire. Et elle s'impose dès l'ouverture, "Buy the blues", un blues lent bien cuivré, tapissé par l'orgue Hammond de Travis Doyle. Une compo au cours de laquelle la guitare s'intègre parfaitement dans l’ensemble. Teinté de jazz, "Current state of the blue" est une plage plus cool. Les drums de Walter Cross alimentent le feeling swing. La trompette et le saxophone se libèrent tout en s’adaptant au climat général de l’œuvre. Solide r&b, "Louis Blues" est dominé par la voix de Jackson. Les deux grattes s’autorisent un envol collectif devant les cuivres et l'orgue. Les musicos se révèlent particulièrement soudés tout au long de cet exercice de style propice à la danse. "Favourite fool" est une ballade lente guidée par la voix soul, expressive de Rick, alors que la trompette de Jim Brady musarde dans le décor sonore. Plage funk, "Love unmade" est parcouru de changements de rythme subtils. Jackson se réserve la guitare acoustique avant que les autres instruments, trompette, percussions et cordes électriques ne tirent leur épingle du jeu. La cover empreinte de douceur du "Bell bottom blues" d'Eric Clapton (NDR : période Derek & The Dominoes) est impeccable, mais sans surprise. Autre reprise, le "Mississippi Queen" de Mountain. Ce qui démontre que ce band texan est capable de reprendre des titres de blues/rock nerveux. Caractérisé par ses cuivres totalement libérés, "I gotta play" opère un retour au southern R&B classique. "Bought & sold" baigne à nouveau dans le R&B bien funky, une piste balisée par la basse de Robertson et la batterie de Joey Riggins, alors que Rick en profite pour écraser sa pédale wah wah. Pensez à Chic voire à Tower of Power. Le piano roadhouse de Randy Wall et l'orgue Hammond de Paul English trament la cadence de "Blues man dying", un titre de blues subtilement teinté de rock, au cours duquel, la guitare peut enfin mettre le nez à la fenêtre. Le notoire (NDR : surtout en Europe) "Still got the blues" de Gary Moore passe facilement la rampe ; pourtant, je suis convaincu que le NRB aurait pu pondre un slow blues autrement personnel. Et "She take me", responsable d’une dernière envolée funk, clôt ce long playing…

 

Page 53 sur 216