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Epica - 18/01/2026
Hooverphonic
Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

jeudi, 26 février 2015 18:07

Unforgettable, lost and Unreleased

Ce disque est vraiment singulier. Il est le fruit d'enregistrements opérés entre 2012 et 2013, aux studios Torricalla. C'était avant que leur bassiste, le redoutable Giancarlo di Marco, ne quitte le navire. Ce quatuor italien, établi à Teramo en Italie, implique alors, outre Giancarlo, Pietro Calvarese, à la guitare et aux bidouillages électroniques, Danilo Francesco, également aux grattes, ainsi qu’Alessandro Antinori, aux percussions. Auparavant, le combo avait publié deux 12 inches, "Satori" en 2013 et "Music to watch the clouds on a sunny day" en 2014.  "Unforgettable, lost and Unreleased" est donc un recueil de fonds de tiroirs. L’œuvre ne respecte d’ailleurs aucune ligne de conduite. Giancarlo avait imposé un style à sa formation. Sa basse servait de structure aux jams improvisées des grattes au bord du délire. Elles étaient ainsi susceptibles de s’enfoncer dans le psychédélisme, mais également dans le space et le cosmic rock ; lors d’expérimentations qui semblaient pratiquement sans fin…

Sur les huit plages proposées, outre "Untitled", une brève et douce intro blues, trois plages dépassent les 10’ et une va au-delà des 20 minutes. Cette musique n’est donc pas destinée à votre chaîne hi fi, mais plutôt à la formule ‘live’. L’identité du combo demeure une énigme. La seule photo publiée sur un blog nous révèle des musicos qui ne sont plus de première jeunesse! Le moins âgé affiche plus de 40 balais ! Mais comment appréhender cette expression sonore improvisée et expérimentale, peu soucieuse de la qualité finale ? Prog ? Psyché ? Peut-être en optant pour une extension artificielle. Kraut rock ? Pourquoi pas ? Si on se réfère aux 70’s. Noise ? En adoptant alors une réflexion plus contemporaine.

"Bangkok" est une plage qui s’ouvre dans la douceur. Les guitares s'étirent paresseusement en boucle, dans l’esprit d’un d'Ash Ra Tempel, quatre décennies plus tôt. Avant que la suite ne se soulève, comme dans un tourbillon. Et suivant un même schéma, les cordes de Danilo et Pietro bercent paisiblement "Nicotine", jusqu’au moment où les cordes aux tonalités psychédéliques, pourtant parfaitement maîtrisées, ne viennent brouiller les pistes. Et lorsque les longues plages s’installent, la musique devient expérimentale. "Noise again" nous replonge dans l’univers chaotique et avant-gardiste de Hawkwind. Bref interlude paisible, "No name science" est orchestré par les cordes de Di Franco. "Radon" et "The monarch must die" sont des épopées de longue haleine, propices aux chevauchées cosmiques tourmentées. La première est parcourue d’un discours déclamatoire incompréhensible. La seconde se solde par une digestion laborieuse. Après "Mechanical lady", transition de courte durée, place à l’envol final, "My girlfriend is a zombieslut", une piste de 22’ qui nous entraîne au cœur de terres bien peu inhospitalières…

 

jeudi, 26 février 2015 18:05

The Beat Revolver

Drip Dry Man, c’est le projet d’un Gallois (NDR : il est issu d'Aberystwyth) plutôt énigmatique. Pas de biographie bien précise. En général, il se produit en solitaire. Il y apparaît grimé, jouant sur l'une des ses guitares en caisse de boîte à cigare, se servant de percussions à pied. Sa voix est étrange et grave. Elle nous replonge dans le passé. Les sessions d’enregistrement de cet album se sont déroulées entre le studio Max Trax au Pays de Galles et le Peter's Place de Gand, en Belgique.

Dès l'ouverture, il met la gomme. Tout au long d’"I ain't got nothin to prove", il déclame ses lyrics sur une trame blues/rock, d’une voix caverneuse et chaotique, soutenue par des chœurs paradoxalement délicats ; une plage très susceptible de rappeler le très emblématique Howlin' Wolf. "Candy" adopte un même profil, une piste entraînante qui baigne au sein d’un climat de transe. La ligne de basse de Luc Waegeman (ex-Starfighter, Kinky Star) et les percussions hypnotiques de Peter De Bosschere (ex-Give Buzz, Kinky Star, White Velvet) servent de charpente au développement des guitares du Drip Dry Man et de Tomas Gons sur "Fuck + Forget". Elles s’ébrouent dans un climat écrasant digne du Black Sabbath originel avant de glisser vers un fuzz généreux, réminiscent des Stooges originels. DDM ne se repose guère sur ses lauriers, et poursuit l’offensive sur "I'm the only one you want". Il épaule sa Cigar Box qui produit un déluge de sonorités acides propices à l'aventure psychédélique. La voix devient sépulcrale sur "Up in my business", comme si elle émanait de Captain Beefheart, qui se serait manifesté outre-tombe. Le trio prend ici son pied, et les tonalités métalliques dispensées ne feraient pas tâche d’huile dans l’univers de Jon Spencer. Etonnant, une trompette vient enrichir l’expression sonore de "Lucille". Le climat devient morose, voire sinistre, sur "Ain't nobody home", une plage interprétée en formule trio, grâce au concours de De Bosschere et Waegeman, qui adopte un mode de dérision prôné par un certain Tom Waits. "Do you still love me?" est sans doute la seule piste un rien plus allègre. Bart Maris déballe sa panoplie de cuivres, trompette, trombone et tuba, pour délivrer ce cri d’amour. Et "Roll on" est la plage la plus dépouillée. Les claquements sont percussifs. La basse est minimaliste. Et la voix, meurtrière. "Just 16" clôt l’elpee. Un blues/rock acide, psychédélique, déconcertant, taillé en pièce par les trois grattes. Et la voix est à nouveau hantée par celle du Captain Beefheart, dans un climat digne du Magic Band. Une œuvre pas facile d’accès, mais particulièrement originale…

 

samedi, 21 février 2015 11:33

100% Pure

Sauce Boss est un personnage atypique. De son vrai nom Bill Wharton, cet artiste est à la fois chanteur, guitariste, chef cuistot et conteur. Il prépare ses propres sauces qu'il vend lors de ses concerts. Il cuisine ses gumbos, qu'il partage avec son public à la fin de sa prestation. Il arpente ainsi depuis très longtemps tous les troquets de Floride, Louisiane et du Mississippi. Depuis 1990, il en a mitonné pour plus de 200 000 fans et… gratuitement! C’est également un personnage charitable et profondément humain. En 2003, il a fondé le ‘Planet Gumbo’, une association qui vient en aide aux personnes nécessiteuses et aux sans-abri. Il a publié bon nombre d’albums, dont "Sky blues" en 2002, "Come and get it!" en 2004, "Florida Blues" en 2006, "Raw" en 2008, "Hot 'n Heavy" en 2010, "Live at the Green Parrot" en 2012,  et enfin, ce "100% Pure".

Sauce Boss est seul sur les planches, armé de ses guitares et sa batterie de pied. C'est au son de sa vieille guitare slide largement amplifiée que s'ouvre "100% pure". Il chante d’une voix correcte, sans être trop affirmée, "Zipper Bird". Il se sert généreusement de ses percussions louisianaises et fait glisser son bottleneck le long de ses cordes. La prise de son de la guitare est impeccable sur les premiers accords de "Marquis de Swamp" ; et incontestablement, elle répercute parfaitement le climat lugubre des marais humides du Sud. La voix de Bill s’y révèle possédée, rageuse et narquoise. Une rythmique syncopée amorce "Gonna be all right", une plage aux accents exotiques. Nous sommes bien dans le monde de notre Chef. Et de toute évidence, il vit son répertoire.  Notre gastronome a de plus en plus la rage au corps pour attaquer "Chains". C’est en simulant un mal-être, qu’il aborde le blues indolent "Delta 9 blues", à l’aide d’une slide impérieuse, primaire et poisseuse. Il hurle son désespoir. La slide est de plus en plus malmenée sur l’alerte "Peckerwood" ; le doigt d'acier parcourt frénétiquement le manche de son instrument. Bill extirpe un son métallique de sa Resonator, tout au long de "Chicago Combat Zone", un excellent country blues primaire. Ballade country, "Cadillac of a woman" baigne au sein d’une certaine douceur retrouvée! Un cap country prolongé par "Sun", mais sous un format plus nerveux. Une certaine frénésie envahit "Outlaw blues". La guitare libère de riffs métalliques pour suivre le chant passionné de Bill, sur cette compo qui clôt l’elpee. Ecouter Sauce Boss est une expérience qui vaut le détour ; le voir et goûter son gumbo, doit en être une autre, tout aussi intéressante...

 

samedi, 21 février 2015 11:32

Bucking

Reverse Cowgirls nous vient de Groningen, aux Pays-Bas. Un trio réunissant le chanteur/guitariste Michiel Hoving, le bassiste Harry Kingma, et le multi-instrumentiste Joost Dijkema (chant, guitare acoustique et électrique, bass drums, banjo, harmonica et percussions). Leur musique mêle country, rock'n'roll, bluegrass et swamp rock, dans un esprit punk. "Bucking" constitue leur premier elpee. Les deux vocalistes/gratteurs se partagent l'écriture.

Joost attaque "Damn the damage", armé de son banjo impétueux, épousant la frénésie du rythme. Michiel plaque ses accords rythmiques sur la guitare électrique. Une même ambiance baigne "Professional feeder". La voix est bien maîtrisée, tout au long de cette compo country/rock caractérisée par ses changements de tempo. Pas de pause. Joost prend le relais sur "Common order". Quoique accablée, la voix est toujours à l'offensive, reflet d’une attitude punk. Lancée au galop, "Bad luck & trouble" émarge au country alternatif ; une piste qui ne manque pas de charme. Tout comme "Praire road", un morceau plus paisible, à la mélodie soignée, au cours duquel voix, harmo et guitares excellent. Joost et Michiel chantent à l’unisson "Down south", un titre cosigné. Une plage qui met en exergue le jeu remarquable et tout en picking de Mr Hoving. Et il remet le couvert sur "Bad trip", une composition particulièrement harmonieuse. "Loose" relance la machine. Le train est lancé à toute vapeur. Et entraîne "Rosemary". "Homemade rust" est le titre qui m’a le plus fait flasher. Un superbe morceau de country alternatif illuminé par les interventions à la douze cordes de Michiel. Le banjo de Joost sonne le retour au country bluegrass sur "Chickenstew". Et l’elpee de s’achever par "Alligator", un swamp rock à la louisianaise, parcouru de cordes électriques bien réverbérées…

 

samedi, 21 février 2015 11:28

Inside Out

Harmoniciste canadien, Roly Platt jouit d’une excellente réputation tant en ‘live’ qu’en studio. Il est capable d’aborder une foule de styles différents. Depuis le jazz au swing, en passant par le blues, et même la musique de films et les jingles… Il a côtoyé, sur les planches, des vedettes canadiennes comme Dutch Mason, Matt Minglewood, Ronnie Hawkins, Roy Young ou Suzie Vinnick. Les compos sont majoritairement instrumentales. Et pour cause, Roly ne chante qu’à de très rares occasions.

"Put it where you want it" ouvre le bal. Bien rythmée, cette piste est mise sur orbite par le piano de Lance Anderson. L’intervention à l’harmo est propre, subtile, mais également entraînante. La guitare de John Tilden vient y ajouter son grain de sel. Neil Chapman libère ses cordes aux accents légèrement métalliques alors que Platt rivalise de créativité tout au long de "Mad River", un boogie allègre et plein de charme. Steve Strongman est chanteur/guitariste. Un Canadien. Et à chacune de ses interventions, c’est le bonheur. Ce sera le cas à deux reprises. "Goodmind to wonder" est un blues imprimé sur un tempo bien enlevé. La voix est excellente. Poussé dans ses derniers retranchements, Roly brille, une nouvelle fois, de mille feux. Agité par des percussions, "Congo strut" concède des accents jazz. Les échanges opérés entre l'harmonica, le piano électrique d'Anderson et la guitare de Tilden ne manquent pas de relief. Le thème musical d'"Over the rainbow" date de la fin des années 30. La mélodie est superbe. Roly Platt se la réapproprie. Ce véritable esthète a la même sensibilité dans le dialogue que notre Toots Thielemans. Il ne se borne pas à un style particulier, et se remet constamment en question. "Rippin' i tip" est un pur rock'n'roll, dans le style de Jerry Lee Lewis. Lance Anderson prend son pied aux ivoires, alors que pour la première et seule fois de l’opus, Roly est au micro. Mais pas seulement, car il souffle avec puissance et discernement. Superbe blues lent, "Ocean of tears" a été co-écrit par Roly et Steve Strongman. L’intervention vocale de ce dernier est bouleversante. Mr Platt nous rappelle sa passion pour Ray Charles. Il interprète ainsi brillamment et successivement deux de ses titres, "I got a woman" et "Georgia on my mind". "Funk Shui" met bien en exergue l'orgue Hammond de Lance Anderson. Très intéressant, cet opus s’achève par "Bartender's Blues", une compo acoustique, intimiste, écrite par James Taylor, et interprétée par Jordan John, chanteur torontois notoire.

 

samedi, 21 février 2015 11:27

In the dog house

Quelle drôle d’idée de porter le même nom que l’ex-guitariste de John Lee Hooker ! Bref, le Michael Osborn qui nous concerne est né en Illinois. A 13 ans, sa famille s'établit près de Sacramento en Californie. Il suit des cours de guitare. En 1991, il devient musicien professionnel. Il se lance dans le blues et le rock. Son influence majeure ? Stevie Ray Vaughan. Il prend ensuite une pause dans sa carrière avant de refaire surface en 2006. En 2009, il publie son premier opus, "Fire & Fury". “In the dog house” constitue son nouvel elpee. Il a été enregistré dans le studio Dawghouse de Burbank, sous la houlette d’Alan Mirikitani (alias BB Chung King), qui s’est chargé du la production et du mixing. La majorité des plages sont signées par Mirikitani et Dennis Walker. Chanteur/guitariste, Mike est soutenu par le claviériste Teddy Andreadis, le bassiste Johnny Griparic et le drummer Lee Spath. Outre Stevie Ray Vaugan, Mike reconnaît aujourd’hui pour maîtres, Buddy Guy et Gary Moore. Il est responsable d’un blues/rock bien amplifié.

"Love vs Ego" entame les hostilités. La guitare y talonne la voix bien maîtrisée, qui domine même le sujet. Contagieux, "Company Graveyard" est un solide boogie qui fait mouche. Solide compo, "Lovin' time" est parcourue par des accords de gratte originaux. Et ils sortent même de leur réserve. Imprimé sur un tempo indolent, "Cold man cold" emprunte les riffs texans de ZZ Top ; et la guitare Epiphone est particulièrement adaptée à ce style. Des riffs rythmiques balisent "Fire & Gasoline", une piste rock, traversée par soli aussi soudain qu’audacieux. Andreadis tapisse "Tied up", un blues lent plutôt classique, de ses interventions à l’orgue, alors que le jeu de cordes est emprunté à Buddy Guy. Shuffle à la Texane, "Cheap women" est manifestement inspiré par le regretté Stevie Ray. "Veteran's song" concède des accents southern rock, une piste au cours de laquelle les cordes sont judicieusement libérées. Signé John Fullbright, un chanteur/compositeur issu de l’Oklahoma, "Satan & St Paul" nous entraîne dans l'univers de la country, une chanson de bonne facture enrichie par les interventions à la slide de Randy Mitchell. Autre boogie remuant, "Jump in your fire" nous plonge dans une ambiance fiévreuse. La voix est autoritaire et les intrusions de guitares prolifèrent. Le long playing s’achève par le titre maître, un instrumental au son bien métallique qui adresse un clin d'œil à la surf music. Excellent dans le style !

 

samedi, 21 février 2015 11:25

Space Mambo

The Limboos nous vient d’Espagne, de la région de Madrid, plus précisément. Avant de publier "Space Mambo", son premier opus, le combo avait gravé un single intitulé "Not a soul around"/"Space Mambo". Il revendique pour style le R&B exotique, teinté d’une touche latine. Un quatuor réunissant trois garçons, le chanteur/guitariste Rol Fontoira, le guitariste/organiste/percussionniste Sergio Alarcon, le bassiste Marcos Mascato, et une fille, à la batterie, Daniela Kennedy.

L’opus démarre très fort par les percus de Miss Kennedy qui introduisent "Big Chef", un blues rageur qu'elle cosigne en compagnie de Fontoira Et ce dernier brille aux cordes. "Nervous" véhicule des accents latino-exotiques. L’orgue suranné de Sergio tapisse l’ensemble, alors que la gratte continue de faire la différence. Caractérisé par son jeu de cordes très personnel, "Early in the morning" est un blues hispanique très rythmique. Daniela éblouit au percus sur l’instrumental teinté d’exotisme, "Space mambo". Manifestement, elle constitue un atout majeur du combo. Quoique la gratte soit sculptée dans le blues, "What I'm saying" adopte le profil d’un bon vieux rock du début des sixties. "Tell me pretty baby" est issu du même moule. La voix est claire et la guitare ne tient pas en place. Et à l’écoute de l’excellent "Rockin'", on se rend compte que The Limboos s’est forgé un style bien spécifique. De cet elpee, j’épinglerai encore un "Call me a tramp", dont le cocktail de blues et de rockabilly me semble plutôt proche des Paladins. "Hoodoo", une piste sublimée par les cordes. Et "Jambalaya", plage qui clôt le long playing, dernière opportunité pour savourer les percus de Daniela. Un excellent long playing !

 

samedi, 21 février 2015 11:23

Do what comes naturally

Handsome Jack nous vient de Buffalo, dans l’Est de l’état de New York. Un quatuor fondé en  2004, qui a entamé sa carrière en pratiquant du blues/garage/rock. Depuis, son style a évolué et s’est largement enfoncé dans le blues primaire. Le band a publié un premier album en 2011, "Super Moon", chez Radiator. "Do what comes naturally" paraît chez le très intéressant label Alive Natural Sound, sur lequel il vient de signer. Il a reçu le concours de Zacchary Gabbard, des Buffalo Killers, à la mise en forme.

Le line up réunit le chanteur/guitariste Jamison Passuite, le bassiste Joe Verdonselli, l’organiste/guitariste Phil Allport et le drummer Chad Salmeri. Leur combinaison de garage et de boogie soul s’assimile à la création d’un pont entre le blues du Delta et le southern soul de Stax (Memphis).

Dès "Echoes", on se rend compte que l’horloge de notre quartet s'est arrêtée, il y a déjà quatre décennies. Un blues rock drivé à l'anglaise. Pensez à l’époque où Free et Humble Pie avaient un franc succès. La voix de Jamison est plutôt caverneuse. Elle campe un hybride entre Eric Burdon et Ozzy Osbourne. Le rythme est paresseux. Les solistes restent sur la réserve. Le développement lent de la compo provoque un climat de transe hypnotique. Caractérisé par l’intervention à l’harmonica de Forest Jor, "Creepin" élève le tempo. La guitare met le nez à la fenêtre sur "Between the lines", mais en toute sobriété. "Dead tracks" est imprimé sur un tempo susceptible d’évoquer ZZ Top. Jamison se libère quelque peu sur ses cordes, et finit même par atteindre un pic d'excitation. Et le résultat tien la route. L'orgue de Bob Nave, un vétéran qui militait, au cours des sixties, au sein du combo de bubblegum The Lemon Pipers (NDR : souvenez-vous de "Green tambourine man", paru en 1968), teinte légèrement de pop,"Leave it all behind". "Ride on" opère un retour au blues rock primaire, languissant. En ajoutant un zeste de fuzz dans le son de sa gratte, Jamison lorgne vers Paul Kossoff de Free. Préparé à la sauce Handsome Jack, "Dry spell" n’adopte pas la course du cheval au galop, mais ce boogie baigne dans un climat plutôt proche des Doors de Jim Morrison. Solide, la section rythmique impose son tempo métronomique sur "Ropes chains", un blues rock basique. "You & me" est certainement une des meilleures plages de l’elpee. Hanté par Free, elle est dominée par la voix nasillarde de Passuite. Etonnant, ce long playing se referme sur "Wasted time". Jamison chante devant les voix des deux choristes, Beth et Kristen, sur cette piste brute, primaire…

 

samedi, 21 février 2015 11:21

The Real thing

David ‘D.A.’ Foster est un chanteur de blues. Il a entamé sa carrière à l'âge de 19 ans. Et tout particulièrement quand il est devenu l'un des propriétaires d'un nightclub devenu légendaire, établi dans le Connecticut, le Shaboo Inn, à Willimantic, un club susceptible d’accueillir un millier de personnes. Le patron du club, c'était Dick Waterman, qui manageait alors Bonnie Raitt, Roomful of Blues, Buddy Guy et encore Junior Wells. Les plus illustres bluesmen se produisent dans ce club, début des 70’s. Sa voix, David va la forger au contact de ces musiciens mythiques. En 1979, il fonde Shaboo All Stars, en compagnie du guitariste Matt Murphy, l’ex-gratteur des Blues Brothers, backing band du célèbre harmoniciste James Cotton. En 1982, le club ferme ses portes. Foster poursuit son aventure chez les All Stars, qui impliquent alors l’ancien bassiste d’Electric Flag, Harvey Brooks. En 1987, Brooks remonte cet Electric Flag, à Los Angeles. Il y engage David, aux vocaux, et Mike Finnigan, aux claviers. Foster revient, un peu plus tard, dans le Connecticut, où il relance ses Shaboo All Stars. Il gère alors sa propre boîte, la Shaboo Productions. En 1999, alors qu'il se produit régulièrement au Mohegan Sun Casino, à Uncasville, il décide de changer le patronyme de son combo en Mohegan Sun All Stars. Un bon contrat à la clé, il rappelle son ami Mike. Et aujourd'hui, il peut enfin concrétiser son projet personnel, en publiant "The Right Thing", un long playing pour lequel il a reçu le concours du Phantom Blues Band, dont le line up réunit Mike Finnigan, le drummer Tony Braunagel, le bassiste Larry Fulcher et le guitariste Johnny Lee Schell. Mike et Tony en assurent la production!

R&B classique, "Good man bad thing" ouvre l’LP. Superbe blues rythmé, "The real thing" rocke subtilement. Soutenue par le piano roadhouse de Mike et les cordes de Jimmy Lee, la voix de Foster est souveraine. "We all fall down" est une ballade R&B que David chante face aux voix féminines conjuguées par Julie Delgado et Nita Whitaker. Finnigan y injecte ses interventions à l’orgue, alors que Josh Sklair saupoudre l’ensemble d’accords de guitare subtils. Un même tempo guide "Ain't doing too bad", un R&B légèrement funky au cours duquel les cuivres de Farrell Leonard et Joe Sublett font la différence. Jimmy Lee Schell introduit "This time I'm gone for good", une plage soul, très lente. Empreintes d’une grande sensibilité, ses cordes épousent le chant chaleureux de Foster. La reprise du "Super lover" d'Eddie Hinton est balisée par les percus de Tony Braunagel et Lenny Castro, mais laissent s’échapper les voix féminines et les cuivres. Des voix toujours enchanteresses qu’on retrouve sur "I need a good woman bad" et le "You just can't smile it away" de Bill Withers, une piste illuminée par la trompette de Lee Thornberg. "Smack dab in the middle" est un titre issu de la plume de Charles E. Calhoun, alias Jess Stone, un musicien qui avait notamment écrit pour les Drifters, Big Joe Turner et Ray Charles. Ce dernier l’avait inclus dans son répertoire. Ce R&B bien nerveux préfigurait la naissance du rock'n'roll. Sublett entre en effervescence sur le "Lie top me" de Brook Benton, blues de bonne facture. "Gee baby ain't good to you" baigne dans une atmosphère jazzyfiante, nightclubienne. Et l’elpee de s’achever par la meilleure piste du long playing, un blues basique judicieusement baptisé "Down home blues". Finnigan y double piano et orgue avec bonheur.

 

samedi, 21 février 2015 11:15

Hungry

Chanteur/harmoniciste, Howlin' Bill sillonne les routes depuis plus de 15 ans. Il y est soutenu par un excellent backing group de blues roots. Il a gravé son premier opus, "Cool it", en 2003. Et embraie par "Strike", en 2006, et un ‘live’ en 2009", immortalisé lors d'un concert sold out, accordé à l'Ancienne Belgique. Les tournées du combo sont interminables. Il s’est ainsi produit à trois reprises au Belgium R&B Festival de Peer et a parcouru l’Europe de long en large, transitant notamment par la France, Suède, Norvège, Pologne et Suisse… En 2011, il remporte le premier European blues Challenge, organisé à Berlin. Ce qui lui permet de publier un Ep sous la forme d’un vinyle ("Howl"), puis l’LP "Date with the devil", en 2012. L’année suivante, Howlin' Bill signe sur le label belge Blues Boulevard, et y publie une compilation baptisée "Midnight Hero". Le 1er novembre dernier, la formation célébrait donc ses 15 années d'existence, et début 2015, gravait "Hungry", un nouvel opus, pour lequel elle a encore reçu le concours de ses partenaires habituels, le guitariste Little Jimmy, le bassiste Walkin' Winne et le drummer Daddy T.

Bill a les dents longues. Il le montre dès le premier titre, judicieusement intitulé "I'm hungry", une piste imprimée sur un tempo enlevé. A peine a-t-il chanté un couplet qu’il se met à souffler dans son harmonica, aussitôt rejoint par le petit Jimmy sur ses cordes. Le rythme s’élève encore sur "Drink about it", un piste au cours de laquelle la guitare nous plonge dans un excellent climat swamp. "More than fifty reasons" revient dans un cadre plus propice au blues. Little Jimmy et Daddy T se partagent les choeurs alors que Patrick Cuyvers, invité pour la circonstance, se charge du piano. Blues nerveux, "Highway of life" adopte un tempo proche de Slim Harpo. La section rythmique assure avant que le boss ne se libère sur son harmonica! "Perfect lovers" est une plage country & western. Le son de la guitare est particulièrement réverbéré et la mélodie est digne d’une B.O. d’Enio Morricone. Dépouillé, "You will have to go" est un long blues lent qui met en exergue le talent des deux solistes. Un tempo toujours aussi indolent canalise "Up to you" vers les marais louisianais, dans un climat lugubre. Cuyvers siège derrière son orgue sur "Not my wife", un r&b aux accents funkysants entretenus par les percussions de Daddy T. Et ce même Papa T excelle tout au long de "Rich", constituant une véritable rampe de lancement pour les envolées de Bill et de Jimmy! "Get up" macère à nouveau dans les marais poisseux de la Louisiane. Les musicos chantent en chœur frénétiquement. Les cordes ont quartier libre. Patrick Cuyvers se réserve le piano électrique sur "Robbin' a bank", un excellent funk/soul au cours duquel Jimmy exécute un solo très bien construit. Après "Walk the line", un swamp blues de toute bonne facture, Bill se lâche lors d’une finale country récréative, inspirée par le père Noël…

 

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