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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

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Jean-Claude Mondo

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vendredi, 08 mars 2013 10:23

Magic Slim au paradis des bluesmen…

L'un des derniers grands bluesmen est décédé ce 21 février 2013, à l'hôpital de Philadelphie. Magic Slim, de son vrai nom Morris Holt, avait 75 ans. Il était né dans l'état du Mississippi. Ce chanteur/guitariste noir possédait un physique plutôt ‘bourru’. Il avait entamé sa carrière, comme bassiste au sein de l'orchestre de Magic Sam, fer de lance du Chicago Westside blues. Slim va devenir rapidement un des piliers de ce mouvement musical. Il fonde ensuite son propre groupe, Magic Slim & The Teardrops. Il publie son premier album en 1977, "Born on a bad sign". Il va en enregistrer une bonne trentaine, les derniers, surtout pour le label californien Blind Pig et autrichien Wolf. Slim était l'un des meilleurs bluesmen de son époque. Primaire, son blues électrique était aisément indentifiable par son impact direct.

 

mercredi, 27 février 2013 15:35

Blood for Kali

Guy Verlinde, alias Lightnin' Guy, est un Brugeois âgé de 37 ans. Un bluesman belge qui chante, joue de l'harmonica et de la guitare. Il avait monté son premier groupe en 1993, les Smokin' Chilluns. Il rencontre alors Mario Noppe, le guitariste et leader de Maxwell Street. Ce dernier lui apprend la technique de la slide et l'invite à le rejoindre dans sa formation, band qui se rebaptise Mo' Rice. Guy se focalise ensuite sur l'harmonica. Il reconnaît alors pour maîtres, Sonny Boy Williamson II, James Cotton et le regretté Lester Butler. Devenu une valeur sûre du blues belge, Guy joue sur plusieurs tableaux. Il est le leader des Mighty Gators, en compagnie desquels il publie l’excellent opus "Live from the heart", en 2009. Il se réserve la guitare slide chez les House Rockers, une formation responsable de l’elpee "Lightnin' Guy plays Hound Dog Taylor", publié sur le label français Dixiefrog, en 2012. Enfin, il se produit également en solo.

Ce long playing aborde une facette de l'artiste qui n'avait pas encore été explorée. Guy signe douze des quatorze plages. Le disque s’ouvre par le titre maître. Lightnin' Guy est armé de sa resonator acoustique et souffle dans son harmo diatonique. Il chante en tapant du pied. Plutôt que de déesse indienne, cette plage baigne dans le delta du Mississippi. Le violoncelle de Toon Vierick amorce "99%", une ballade empreinte de douceur. Des backing vocaux soutiennent la voix de Guy. Les sonorités de ses cordes sont belles, pures, immaculées. Un doigté subtil qui caresse également "Yser", un hommage rendu à cette rivière flamande et "Against the grain". La voix colle bien au répertoire intimiste ; elle se met au service de chansons qui baignent davantage dans un registre folk que blues, à l’instar de "Don't you cry", caractérisé par la superbe voix de Miss Ibernice MacBean. "Enraciné dans le vent" est un bien joli intermède musical". L’elpee recèle deux covers. Tout d’abord une reprise majestueuse et bouleversante du célèbre "Voodoo Child" de Jimi Hendrix, une piste au cours de laquelle les cordes de sa Weissenborn sont limpides, tandis qu'il tape du pied sur sa valisette. Puis le "Bring it on home to me" de Sam Cooke, plage pour laquelle il a reçu le concours d’un invité à l’harmo, Steven Troch. Le blues n’est quand même pas négligé. Et nous révèle quelques moment exquis, au cœur de cette musique des racines, dont "Runnin' back to you" et "Reckonin' blues", illuminé par la Resonator. "Ovestrong revisited" bénéficie des interventions subtiles de mandoline, accordées par Willy Devleeschouwer et des accords de piano de Patrick Cuyvers. De toute bonne facture, cet album s’achève par "Boogie train", un  boogie endiablé au cours duquel notre Guy se vide complètement les tripes...

 

mercredi, 27 février 2013 15:28

The shadows in me (Ep)

Psychanoïa est une formation française née en 2004, un quatuor responsable d’un rock metal progressif. C’est la même année qu’il publie un premier opus. Et il est éponyme. Le claviériste quitte alors le navire et est remplacé par un chanteur. Leur deuxième long playing, "Nemesis", paraît en 2008. Le nouveau vocaliste met à son tour la clef sous le paillasson ; et il faudra attendre fin 2010 pour voir débarquer un nouveau membre, le chanteur/claviériste, Ivan Jacquin. Le combo publie une démo 4 titre fin 2011, puis un Ep 3 titres, "The shadows in me", prélude à la sortie d’un nouvel elpee.

Issu de la Franche-Comté, le band réunit donc aujourd’hui le guitariste Olivier Gaudet, le bassiste Jean-Philippe Ciman, le drummer Thierry Charlet et le chanteur/claviériste Ivan Jacquin.

Un riff de guitare puissant ouvre "The shadows in me". Telle une anguille, la voix d'Ivan se faufile entre les engrenages formés par les cordes. Il a une bonne voix, naturellement puissante, capable de se dresser face aux riffs lourds assénés par Olivier. Si cette plage possède un potentiel indéniable, notamment la montée en crescendo de l’orgue véritablement salutaire, la sortie en solo des cordes me reste sur l’estomac. "Thin roads to nowhere" adopte un profil différent. Le style lorgne davantage vers la prog. Celle instituée par Marillion, Twelfth Night voire IQ. La structure des différents tableaux démontre un goût pour la complexité des arrangements. Les changements de tempo sont judicieux. "The letter" révèle une face encore différente de leur style. Une compo plus âpre, violente et métallique. De toute bonne facture, elle emprunte tour à tour à Dream Theater, Pink Floyd voire même, en cherchant bien, à King Crimson. On devrait en savoir davantage lors de la sortie du prochain album…

 

mercredi, 27 février 2013 15:26

Don't give up on me

Josh Smith est âgé de 33 ans. Né dans le Connecticut, ce jeune bluesman a passé l'essentiel de sa vie sous le soleil de la Floride. Dès sa tendre enfance, il écoute le blues, celui de Muddy Waters, BB King et T-Bone Walker. A 13 ans, il rejoint les Rhino Cats, le groupe qui a élu résidence au club M de Fort Lauderdale. A 14 ans, il publie son premier elpee, "Born under a blue sign". Et un deuxième, l'année suivante, "Woodsheddin'". Dès 1997, il drive son propre trio, Josh Smith and the Frost. Le combo grave un album "Too damn cold", sous la houlette de Jim Gaines. A partir de 1999, il tourne à travers le monde et enregistre un nouvel opus, "Woman", toujours mis en forme par Gaines. Enfin, "Deep Roots" paraît en 2006 et "Inception" en 2009, une œuvre instrumentale.

En 2010, Josh est signé par le label allemand Crosscut. Ecurie pour laquelle, il vient de concocter « Don't give up on me ». Pour la première fois, Mr Smith se réserve l’intégralité de l’écriture et de la production. Lors des sessions d’enregistrement, il a quand même reçu le concours, du bassiste Calvin Turner, du drummer Carl Lemar Carter et de deux claviéristes, Charles Jones et Denis Hamm.

"Bad side" baigne dans une ambiance nonchalante, décontractée, laidback si vous préférez. Une atmosphère qu’on retrouve sur les derniers elpees d'Eric Clapton. Même la voix est un tantinet rocailleuse. Bien claire, la guitare est parfaitement adossée au chant. Malheureusement, les arrangements de cordes sont souvent trop chargés, voire totalement inutiles. Dommage, car la guitare prend un superbe envol, dans l'esprit de BB King. Soul, "Made for me" est une chanson caractérisée par la présence de voix féminines. Les interventions du clavier sont judicieuses et la six cordes bien présente. D’excellente facture, le titre maître met en exergue la voix sensuelle et évocatrice de Josh. La guitare emprunte à nouveau des motifs sonores à Lucille, l'instrument fétiche de BB King. "I've always been" baigne dans un climat funky ; mais on distingue d’abord en toile de fond, puis tout à fait distinctement, l'harmonica magique de Mr Kim Wilson. Homogène, cet opus trempe dans le laidback blues ; mais sa mise en forme est trop sophistiquée. Pourtant, il recèle de superbes plages comme "That ain"t me", "The middle" ou encore "Sneaky Jo Turner", un instrumental digne d’une bande sonore de film! "That ain't love" clôt l’elpee. Un chouette boogie dont l’impact irrésistible procède de son dépouillement. En fait, Josh est alors uniquement soutenu par sa seule section rythmique. Un choix qu’il aurait dû privilégier…

 

mercredi, 27 février 2013 15:24

Alive at the Deep Blues Festival

Alive Natural Sound est un label californien particulièrement dynamique. Au cours des deux dernières années, il a publié toute une série d’albums intéressants, dont ceux de Swamp Dogg, André Williams, Buffalo Killers, Plimsouls, T-Model Ford, Black Keys, Left Lane Cruiser et plus près de nous, John The Conqueror. Le plus souvent ses artistes pratiquent une musique alternative, fruit d’un cocktail de rock, de blues et de psychédélisme. Cette compile a été immortalisée en ‘live’, lors du Deep Blues Fest de Bayport (NDR : c’est dans le Minnesota) qui s’est déroulé au cours de l'été 2012. Un festival ‘underground’ qui réunissait notamment sept groupes ou artistes de l’écurie en question.

Relativement notoires, les Buffalo Killers ouvrent les hostilités. Leur son nous replonge dans les sixties. Les voix des frères Gabbard évoquent Steve Stills et Neil Young. Et "River rock" en est une belle illustration. Long blues, "It's a shame" est hanté par le Cream de Bruce, Clapton et Baker. Les musicos affichent une cohésion parfaite. La compo tient parfaitement la route. Mark ‘Porkshop’ Holder apporte sa teinte bleue, à l’aide de son harmo…

Le rock sans concession de Lee Beans III & The Glory Fires véhicule des accents punk. Dévastatrice, sauvage, métallique, la musique de ce combo issu de l’Alabama semble contaminée par la scène de Detroit issue des 60’s (Stooges, MC5). "There's bomb in Gilead" et surtout "The red, red dirt of home" en sont de belles illustrations…

Autrefois, Brian Olive sévissait comme guitariste chez les Greenhorns et Soledad Brothers. Il a décidé de se lancer dans une carrière individuelle. Son univers musical est passionnant. Il puise ses références dans le passé. Dans le rock, le southern soul de Stax et le blues, essentiellement. Mais il parvient à créer une mixture homogène. Rafraîchissante, habilement interprétée, elle s’appuie sur une section rythmique de choc, un orgue Farfisa aux sonorités délicieusement désuètes et une guitare bien sentie. Boogie, "Travelling" est imprimé sur un tempo haletant. Voix envoûtante et guitare au son ‘fuzz’ irrésistible alimentent le blues lent,  "Bonelle"…

Le rock, le blues et le psychédélisme nourrissent Radio Moscow, une formation issue de l'Iowa. A la tête du combo, le chanteur/guitariste Parker Griggs. Il écrase ses pédales wah wah en pensant sans doute à Jimi Hendrix, n’hésitant pas à en remettre une couche. Son trio dévaste tout sur son passage. Son garage est hypnotique, acide, saturé de fuzz. Et la formation le démontre sur les deux plages qui lui sont réservées, "Hold on me" et "Little eyes".

Left Lane Cruiser nous vient de l’Indiana. Un duo responsable d’un boogie blues punk infernal. Il sort tout ce qu’il a dans le ventre pour attaquer "24 hour blues". Le tandem a invité deux potes pour nous asséner une version ‘décoiffante’ du classique "Ramblin' on my mend". Pas de doute, après avoir entendu ces deux titres, les pionniers du blues ont du se retourner dans leur tombe!

Un seul morceau pour John the Conqueror. Dommage, car le trio, en ‘live’ a vraiment la pêche. Son blues rock inspiré par le british blues du passé est excellent ; d’ailleurs l’impact causé par "Three more" est bien plus percutant que sur disque.

Aled et Brenning Clifford se chargent de la finale. Un duo de frangins gallois. Le premier se charge du chant et de la guitare, le second des percus. La paire est réputée pour ne faire aucune concession. Leur attaque est permanente et excellente. Exquis, "Be your own invention/Stranger dig" est un boogie digne de Rory Gallagher et ZZ Top. Rockin’ blues zeppelinesque, "Hanry's Funeral shoe", constitue leur morceau de référence.

 

mercredi, 27 février 2013 15:17

Voodoo Guitar

Bien que nouveau groupe belge, The Bluesbones est né sur les cendres deux formations défuntes. Le chanteur Nico Decock et le guitariste Andy Aerts sont issus The Blues Conspiracy. Le bassiste Ronald Burssens et le batteur Dominique Christens de Cora Lee and No Trouble. Le line up a, en outre, intégré un tout jeune gratteur de moins de vingt ans, Stef Paglia. Quintet, The Bluesbones pratique un powerblues rock largement amplifié, dans l’esprit des Anglais de Danny Bryant Red Eye Band.

Superbe boogie, "Cruisin" est imprimé sur un tempo très rapide. Nico chante, mais les guitares ne lui laissent guère le temps de s'exprimer. Elles s'abattent comme un torrent de cordes… Long blues lent, le titre maître adopte un profil dramatique. A cause de la progression des six cordes, dont la montée en crescendo est chargée de sensibilité et d’intensité. Autre boogie, "Allergic to work" est une plage dynamique, propice à la transposition en live. Nico se lâche. Sa voix est grave. Il semble possédé… Encore un blues lent : "She's got the devil". Les riffs sont lourds. Dès que Nico s'éloigne du micro, le soliste récupère les événements. Il s'impose même. Ses interventions montent progressivement en puissance. Il dégote même les notes meurtrières, communiquant un climat tragique à l’ensemble. Et finalement, la voix parvient à reprendre le dialogue avec les riffs surpuissants. Une formule dont les Bones semblent s’accommoder. Pas question de délicatesse chez les Bluesbones. Ce n’est pas leur style ! Leur énergie est dévastatrice et leurs compos terriblement efficaces. Sur scène, leur prestation doit remuer les tripes. Rockin' blues, "Mr Highwayman" est issu de la plume de Howlin' Wolf. Une piste évoluant sur un mid tempo, mais particulièrement offensive. Si les musicos étaient américains, ils seraient certainement issus du Sud. "Believe me" donne un coup d'accélérateur. Indolente, très mélodieuse, cette plage lorgne à nouveau vers le southern rock de Danny Bryant. Conjuguées en harmonie, les grattes libèrent des sonorités limpides, dignes de Wishbone Ash. Ce qui n’empêche pas la voix de Mr De Cock de tirer son épingle du jeu. Percutant, "Depression" est balisé par la slide. Cette œuvre s’achève par une version ‘Symphonic’ (?!?!?) de leur "Believe me". Une adaptation empreinte de douceur, parcourue par des accords de piano paisibles. Les ivoires talonnent la voix de Nico qui s'épanouit dans ce climat où les cordes ne lui volent enfin plus la vedette. 

 

mercredi, 27 février 2013 15:03

John The Conqueror

Prince africain, John the Conqueror aurait été vendu comme esclave. Il est ainsi entré dans la légende afro-américaine. On l’associe à John the Conqueroo dont les pouvoirs magiques sont associés à la tradition hoodoo ; en fait, il s’agit de racines de plantes (ipomoea jalapa) aux vertus psychédéliques. Ce thème revient régulièrement dans les lyrics des bluesmen. John the Conqueror est également le patronyme choisi par deux cousins originaires de Jackson (NDR : c’est dans le Mississippi), Pierre Moore et Mike Gardner, pour leur formation. A l’origine, le band se limitait à un duo, Pierre aux guitares (NDR : c’est également le producteur et le principal compositeur) et Mike à la batterie. Ce n’est que bien plus tard que la paire va engager un bassiste, issu de Philadelphie, Ryan Lynn. Leur style ? Un cocktail de southern rock qui a bercé leur enfance, du punk qui a marqué leur adolescence, mais aussi de blues et de soul. Ils mettent en boîte deux EPs. De quoi attirer l’attention de Patrick Boiselle, le responsable d'Alive Natural Sound. Ce qui leur permet de graver leur premier long playing officiel.

"I just wanna" s’ouvre comme une work song. Des voix a capella sont soutenue par quelques percussions avant qu'une guitare largement amplifiée n’opère son entrée. Nous sommes alors plongés au sein d’un blues rock d'excellente facture, au cours duquel les percussions de Mike Gardner libèrent toute leur intensité, pendant que les conquérants chantent en chœur. Puissante, "Southern boy" est une plage caractérisée par des sonorités très électriques et des percussions tribales. Entraînants, les vocaux de Pierre dominent cependant le sujet. Imprimé sur un tempo lent, "Lucille" est une ballade découpée par une rythmique quasi reggae. La voix se détache nettement de l’ensemble, malgré le riff implacable. Blues rock classique, "All alone" évoque l'ancienne école anglaise, et tout particulièrement le Free de Paul Rodgers, même si Conqueror prépare le tout à sa propre sauce. Ballade soul, "Time to go" révèle des accents Stax. Un morceau dépouillé à l'extrême. La voix de Pierre est naturelle, limpide et empreinte d’une grande sensibilité. Mais soudainement, le rythme change et adopte le profil d’un rock/soul à la Faces. De bonne structure, "Say what you want" et "Come home with me" constituent des rockin' blues qui font mouche. Particulièrement originale, "Letter of intervention" est une compo sculptée dans le rock ou plus exactement le southern rock austère, presqu’écrasant. Un poids répercuté, en bonne mesure, sur "Passing time".

 

mercredi, 20 février 2013 12:09

Wheels in motion

John F. Klaver appartient à la nouvelle génération des bluesmen hollandais. Ses maîtres répondent aux noms de Jimi Hendrix, Robben Ford et Gary Moore. Il les a donc beaucoup écoutés. Les a étudiés. Puis a énormément bossé avant de se mettre à composer. Finalement, il a monté son John F Klaver Trio, en 2007, devenu au fil du temps le John F. Klaver Band.

Son premier elpee, "Jetpepper", remonte à 2008. Il précède "Back for more", publié en 2011. Un long playing unanimement apprécié par la critique musicale, et considéré, au cours de cette année, comme le meilleur album de blues des Pays-Bas.

Pour enregistrer ce nouvel opus, John a reçu le concours de Bob Fridzema à l’orgue Hammond, d’Iris Sigtermans à la basse et d’Eric Dillisse aux drums. Il signe 9 des 12 titres.

Le titre maître ouvre la plaque. Notre quartet est immédiatement mis sur orbite. Une plage qui baigne dans un climat funk, réminiscent de l’Allman Brothers Band originel, c’est-à-dire lorsque les frères Duane et Gregg se partageaient les commandes. Shuffle brûlant, "Dust" est adossé à la section rythmique. Solide, puissante et rugueuse, la voix de John F est parfaitement soulignée par l'harmonica de Big Pete, un seigneur de la musique à bouche. Quant au gratteur, il se réserve une sortie explosive, très texane. Le tempo imprimé tout au long de "Devil woman" libère des accents jazz. Ou plus exactement swing. Fridzema tapisse le tout à l'orgue Hammond, pendant que Klaver brille de mille feux aux cordes. "Wrong over right" est balisé par un riff hypnotique. Un blues rock au cours duquel la guitare largement amplifiée se libère, grâce au jeu de pédales. "Piece of mind" lorgne à nouveau vers Gregg Allman. Un blues lent que Klaver chante impeccablement, pendant que l’orgue Hammond enduit soigneusement la toile de fond. Rob Mustert, spécialiste batave de l'orgue Hammond, apporte son concours à "Gimme summon", une plage instrumentale. John F et l’organiste s’y rencontrent au cœur du swing. Les cordes sont particulièrement inspirées voire même originales sur "Dynamite". "Moment for two" est un slow blues empreint d’une grande sensibilité, un moment propice à l'étreinte, interprété avec panache. Tout au long de cet opus, les exercices de virtuosité sont légion. A l’instar de "I told ya", caractérisé par ses échanges entre guitare et orgue ou la finale, à nouveau hantée par l’Allman Brothers. Cet elpee devrait assurer la consécration de ce musicien de talent.

 

mercredi, 20 février 2013 12:02

Woman & Work

Lucero nous vient de Memphis, dans le Tennessee. Une ville dont le cœur a toujours battu au son de la musique. Le rock'n'roll, blues et soul se sont toujours croisés, les labels Sun et Stax y étaient établis, Elvis Presley et BB King y ont vécu. La musique de Lucero est susceptible d’emprunter différentes facettes, telles que le rock sudiste, le punk (NDR : surtout à leurs débuts) et le country alternatif. C’est d’ailleurs ce que les musicos déclarent. Ce ne sont pas des débutants, puisque la formation est née en 1998. Leur dernier opus, "1372 Overton Park", était paru en 2009 chez Universal Music. Ce "Women and work" constitue leur huitième long playing. Une œuvre qui baigne dans le Memphis country soul teinté de rock et blues. Le chanteur/guitariste Ben Nichols, l’autre gratteur Brian Venable et le claviériste/accordéoniste Rick Steff en sont les figures de proue.

"Downtown" ouvre la plaque. Une piste attrayante, de brève durée, mais dont les interventions vocales me rappellent Rod Stewart, en moins éraillé. Les cuivres amorcent "On my way downtown", un excellent R&B. La voix de Ben Nichols s’inscrit parfaitement dans l’ensemble où chaque instrument tient parfaitement son rôle. Boogie, le titre maître est mis sur orbite par le piano de Steff, une compo qui rocke et rolle dans une chaude ambiance ‘memphisienne’ ! Jolie ballade, "It may be too late" trempe dans le R&B. Une compo indolente caractérisée par les interventions conjointes du piano et de l’orgue et dont la mélodie contagieuse rappelle les vinyles Stax d’une certaine époque. Rockin' R&B, "Jumper" déborde de dynamisme et libère énormément de groove. Du groove funkysant entretenu par les cuivres de Jim Spake et Scott Thompson. Un vrai coup fumant ! La voix de Ben emprunte un ton plus rugueux pour attaquer "Who you waiting on?", une piste qui baigne dans un climat roots. Lucero nous entraîne à Nashville pour aborder "Can't stand to leave you", un morceau de country populaire, parcouru par la pedal steel de Todd Beene. De toute bonne facture, cette plage bénéficie d’arrangements particulièrement subtils. "When I was young" et "Sometimes" adoptent un profil semblable. De solides compos nappées de claviers, déchirées par la slide ; mais au cours desquelles la pedal steel s'affirme. "Like lightning" replonge dans le rock'n'roll. Et cette belle tranche de musique yankee s’achève par "Go easy", un titre empreint de douceur, au cours duquel la voix de Nichols est enrobée d’un puissant chœur gospel…

 

mercredi, 20 février 2013 12:00

Wooden songs

Alias Joakim Malmborg, Old Kerry McKee est suédois. Issu de Gothenburg, très exactement. Il se réserve l’écriture des compos et des lyrics, chante, joue de la guitare et des percussions. Bref, c’est un véritable homme-orchestre. Difficile d’imaginer que ce Nordique a fait ses armes au sein d’un groupe de death metal où il se chargeait des drums. Sa nouvelle orientation, il l’a adoptée en 2008. Avant de devenir ce folksinger, il a beaucoup écouté Townes VanZandt et Johnny Cash, mais aussi Bob Dylan et Reverend Gary Davis. Son univers musical n'est guère ensoleillé ni paisible ; à contrario, il est plutôt sombre voire ténébreux.

On est d’abord plongé dans les bruits urbains ; mais rapidement, une guitare prend le relais. Magique, rythmique, elle est bientôt rejointe par une voix qui semble venir de l'au-delà, une voix évacuant tous ses sentiments de détresse au même moment. "Flor" cherche à retrouver toute l’authenticité du country blues. A cause du son, qui grésille comme un vieux 78trs.  Kerry chante à nouveau comme un possédé, libérant ses mots comme si sa vie en dépendait. Et il n’est pas loin de nous épouvanter. Maltraitées, ses cordes souffrent. Une plage vraiment impressionnante ! "Death, Oh death" n’est pas plus paisible. Les accords de sa gratte épousent les trémoussements de sa voix qui sanglote. L’instrumentation assurée par le vieux Kerry est à la fois riche et complexe. "Broken leaf" s’ouvre par un riff stonien, puis nous entraîne dans un univers sonore plus accessible. Il souffle dans un harmo à la manière du jeune Dylan ; mais en même temps il parvient à gratter ses cordes et à manœuvrer ses perçussions au pied. "Soiled, tattered & thirsty" et "One day" passent également correctement la rampe, même si ces deux pistes se révèlent un peu plus répétitives. Contagieuse, "One day" est une compo que l’on se surprend de reprendre en chœur avec lui. Kerry injecte toute sa sensibilité dans la voix pour attaquer "The rocking chair". Toujours aussi incertaine, l'aventure s’achève sous la forme d’un titre énigmatique, "Untitled", un morceau qui clôt cet elpee, en reproduisant les mêmes bruitages qu’en début de parcours…    

 

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