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Jean-Claude Mondo

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mercredi, 15 mai 2013 18:59

Hurricane

Ce jeune bluesman insulaire a le vent en poupe. Flanqué de son Redeye Band, il a gravé plusieurs albums qui se sont bien écoulés sur le marché, et tout particulièrement "Just as I am", paru en 2010 et "Night life", en 2012. Son nouvel opus, il l’a publié sous son propre nom. Mais si la présence de son backing group n’est plus mentionnée, son paternel, Ken Bryant se réserve toujours la basse. En outre, la formule trio est préservée.

Danny démarre en force par "Prisoner of the blues". Puissant et percutant, ce blues rock libère énormément d’intensité dramatique. L'envol aux cordes est étincelant. "Greenwood 31" rend hommage à l'un des grands guitaristes du blues de Chicago, Hubert Sumlin, pionnier de la guitare électrique blues, et longtemps gratteur de service auprès de Howlin' Wolf. Danny restitue parfaitement le phrasé de Sumlin. Complainte blues indolente, "Can't hold on" met bien en exergue la voix expressive de Danny. L'orgue de Richard Hammerton soutient judicieusement l’ensemble, et à nouveau, la guitare est au sommet de son art. "Hurricane" adopte un profil pop, pas tellement adapté à l’artiste. Hanté par le diable, "Devil's got a hold on me" est imprimé sur un tempo boogie enlevé. Autre blues lent, "I'm broken" libère une fameuse dose d'émotion. La voix du fils Bryant, tout particulièrement. Une compo empreinte d’une grande sensibilité, au cours de laquelle, Danny libère des notes improbables. Beau à pleurer ! "All or nothing" opère une nouvelle incursion dans le pop/rock. Et elle est réussie cette fois, avouons-le ! "Losing you" nous replonge dans un univers mélancolique, un univers que Bryant aime explorer. Désenchanté, "Painkiller", le titre qui achève l’elpee, en est une nouvelle démonstration. Une compo au démarrage plus acoustique, caractérisé par les interventions d’un piano, mais également d’une mandoline, pincée par le frère cadet, Kirby. Avant que Danny ne reprenne le collier en rebranchant l’électricité.

 

mercredi, 15 mai 2013 18:49

Wishing well

Hans Theesink est un artiste prolifique. Ce chanteur/compositeur/multi-instrumentiste est originaire des Pays-Bas. Agé de 65 ans, il réside depuis bien longtemps, à Vienne, en Autriche. Sa discographie est impressionnante. Son plus gros succès, "Baby wants to boogie", remonte à 1987, une compo pour laquelle il avait reçu le concours de John Sass. Ce dernier y assurait les parties de basse, à l’aide de son tuba. En 2012, il avait publié un superbe album en compagnie du chanteur noir américain Terry Evans. Il a enregistré et produit ce nouvel opus chez lui, à Vienne, pratiquement seul. Il n’a d’ailleurs toléré la présence que de quelques invités. Hans possède une voix très caractéristique. Un solide baryton. Particulièrement folk blues, son répertoire pioche au cœur des racines traditionnelles américaines.

D’un ton grave, il chante "New home upon the hill", une compo qui traite de la succession de catastrophes climatiques : les ouragans, les raz-de-marée, etc. Ces calamités naturelles lui rappellent un épisode vécu au cours de sa jeunesse, lorsque des digues se sont rompues aux Pays-Bas. Les interventions de David Pearlman à la pedal steel sont empreintes de délicatesse. Une douceur que l’on retrouve sur le titre maître, une ballade que Theesink dépeint comme une suite de tableaux. "Wayfaring stranger" rend hommage à Johnny Cash, une plage qui baigne dans la sérénité. Pedal steel et mandoline balisent élégamment ce traditionnel country. Autre tribut, celui rendu à Townes Van Zandt, sur son "Snowing on Raton". Tout comme "Hellbound". Inspiré de son vieil ami, ce chant country est cependant personnel. Hans défend très bien la cause de la musique roots. Dans le genre, il est capable d’adapter des morceaux passés ou non à la postérité. A l’instar de "Make me down a pallat on your floor", "Alberta let your hair hang down low" ou "Delia". Hans a beaucoup voyagé. Il s’est produit dans le cadre de l’Hilmalayan Blues Festival, au Népal. Une source d’inspiration pour composer le très joli blues "Kathmandu", une piste pour laquelle il a bénéficié de la participation de Gyan Singh aux tablas. Theesink s’est également attaqué au répertoire de Dylan. En l’occurrence, l’épique "Ballad of Hollis Brown", une longue ballade dépouillée, où se mêlent cordes acoustique, astucieusement amplifiées et un harmonica. Subtilement rythmé, "Did'nt we try" est un superbe blues au refrain contagieux.

 

mercredi, 15 mai 2013 18:48

Great day in the morning

Brad Vickers est issu de Long Island, près de New York. Ce bluesman a baptisé son backing group –drôle d’idée !–Vestapolitans ; encore que le patronyme pourrait émaner d’un tuning de guitare imaginé à Sébastopol ! A ce jour, il avait publié trois albums personnels ; et le dernier, "Travellin four", était paru en 2011. Très blues, il s’inspirait de mythes du style comme Tampa Red, Leroy Carr ou J.B Lenoir. Pour enregistrer ce nouvel opus, Brad a voulu explorer un autre filon, plonger plus loin dans le passé, au cœur des roots tout particulièrement, en se frottant au ragtime et au skiffle. Margy Peters à la basse, Bill Rankin aux drums et VD King au banjo constituent ses Vestapolitans. Lors des sessions, il a reçu le concours de quelques invités.

Brad chante son "Little gem" sur un tempo enlevé, proche du rock'n'roll. Il est soutenu par Jim Davis et Matt Cowan aux saxophones, Dave Gross à la basse (NDR : c’est également ce jeune producteur qui se charge de la mise en forme de l’elpee) et Margey Peters aux backing vocaux ainsi qu’au violon. Dynamique, "Train goin' Westward bound" baigne dans une atmosphère rétro. Les cuivres sont toujours présents. Epaulé par les interventions d’une mandoline et d’un banjo, Brad a opté pour le bottleneck. Caractérisé par la présence des violons de Margey et de Charles Burnham, "Saving string rag" trempe dans le pur ragtime. Blues champêtre et acoustique, "Sit down and walk" est une compo fort bien ficelée. Pour la circonstance, Brad est uniquement secondé par sa section rythmique. Le violon de Burnham nous entraîne au sein d’un climat western swing, tout au long de l’entraînant, et même dansant "Great day in the morning". Margey se réserve les vocaux sur "Saturday blues". Cool, l’ambiance rappelle les vieilles demeures du Mississippi. Vivifiantes, les percus de Rankin adoptent un rythme soutenu, comparable à celui du chemin de fer sur "Chapter and verse". Retour au blues, sur "It's a good life", une plage rythmée, tout en swing, alimentée par les ivoires et les saxophones. Deux reprises sur ce long playing. Tout d’abord "Frisco town", un titre signé Memphis Minnie. L’atmosphère est bien rendue, grâce au violon de Miss Peters. "Anna Lou blues" ensuite. Le recours au bootleneck est particulièrement subtil, tout au long de cette piste issue de la plume de Tampa Red. Brad est rejoint par les chœurs de deux vocalistes notoires sur la côte Est des States, Christine Santelli et Gina Sicilia, sur "The way it's got to be", un blues très rythmé, dansant, souligné par les interventions des deux saxophones. Baum est passé à l'orgue Hammond, lorsque Christine et Gina chantent en gospel, l’excellent "Together for good". Morceau traditionnel, "Dallas blues" clôt le long playing. Une piste proche du séculaire Dixieland, interprétée tout en décontraction, dans l’esprit de ce style jazz de la première époque, plage au cours de laquelle violons, mandoline et clarinette sont à la fête…

 

vendredi, 19 avril 2013 16:45

Days like this

D’origine roumaine, Linda est née à San Benedetto del Tronto, en Italie. Elle a 34 ans. Et est chanteuse. Elle s’est produire en avril 2004, sur la place St-Pierre de Rome, pour le pape Jean-Paul II, dans le cadre des journées de la Jeunesse. L'année suivante, ce sera devant Benoit XVI. En 2006, elle termine deuxième lors du concours Eurovision, organisé en Roumanie. Elle a publié deux elpees dans la langue de Verdi, en 2005 et 2010. En 2011, elle interprète une compo de Nina Simone pour United Colours of Benetton. Et elle a été invitée à enregistrer, mais dans la langue de Shakespeare, sous la houlette de Larry Skoller, guitariste américain de blues notoire, établi aujourd'hui à Cognac. Et c'est une surprise, car cette jeune dame a non seulement une très bonne voix mais tout au long de cet opus, elle nous propose une musique très américaine, entre soul, blues et R&B alors que jusqu’à présent elle n’avait abordé que les registres classique, populaire et jazz. Il est vrai que Linda apprécie beaucoup Etta James mais aussi Tina Turrner, Chaka Kahn et Sister Rosetta Tharpe. Les sessions se sont déroulées à Chicago, au studio JoyRide. Elle a ainsi pu bénéficier de la participation de musiciens expérimentés, qui ont notamment joué pour Stevie Wonder et Aretha Franklin.

Si le début de cet opus trempe dans la soul, les dernières plages adoptent un profil nettement plus blues. Elle entame son parcours par le "Days like this" de Van Morrison. Le rythme est très dansant. Illuminés par les cuivres, les arrangements sont sculptés dans la soul. Marqueal Jordan s’autorise une sortie sur son sax ténor. "Pain" maintient le rythme. Miss Valori maîtrise bien sa voix. Elle reprend deux morceaux d’Ike Turner. Tout d’abord "The way you love me". Soutenue par l'harmoniciste français Vincent Bucher et le pianiste Tim Gant, elle y injecte une sensibilité plus blues. "I idolize you", ensuite. Une plage franchement plus R&B au cours de laquelle le guitariste texan Mike Wheeler tire son épingle du jeu. Le chant est parfait. Imprimé sur un tempo lent, "So doggone good" aborde une autre facette du R&B. Et cette piste est excellente. Dans le même style, elle aborde majestueusement "The jealous kind", face aux cordes acoustiques et l'orgue Hammond. Elle adapte "My turnmy time", une ballade R&B issue de la plume de Deitra Farr, vocaliste chicagolaise qui avait milité chez le Mississippi Heat. Sa version du hit des Pretenders, "Don't get me wrong", est balisée par une rythmique reggae. Sa cover du "Move over" de Janis Joplin est très personnelle, plus proche d'Etta James. La piste blues la plus pure est sans aucun doute "I smell trouble", une chanson popularisée en 1957 par Bobby Blue Bland. Mike Wheeler est brillant aux cordes tout au long de cette splendide reprise. Le long playing s’achève par "If I can't have you". Elle y échange un duo remarquable avec le chanteur de soul Mike Avery (NDR : le cousin de Magic Sam).

 

vendredi, 19 avril 2013 16:43

Ark (Ep)

Il y a un bon bout de temps qu’on a plus assisté à la naissance d’un nouveau groupe de jump californien. Atomic Road Kings. Oui, si on veut, car ce ne sont pas des débutants. Les figures de proue sont l'harmoniciste Eric ‘Jailhouse’ Van Herzen et le chanteur/guitariste Kyle Jester. Le premier a milité chez le Walter Trout Band, Rhythm Lords ainsi que 2000 Lbs of blues, et plus récemment sévi au sein du Social Distortion de Mike Ness, un groupe de punk blues rock. Le second drive son KJ Blues Show et accompagne régulièrement Candye Kane et Earl Thomas. Le line up est complété par le drummer Tom Essa, qui participe également à l’aventure des Mississippi Mudsharks, combo issu de San Diego, et le bassiste Brent Harding, toujours membre de Social Distortion. Le climat qui règne tout au long de ce long playing évoque le regretté Lester Butler. La voix de Kyle Jester n'est pas très puissante et encore moins inoubliable, mais elle colle bien à l’ensemble.

"Voodoo woman blues" est le fruit d’un savant mélange entre rockabilly et west coast blues. Un brûlot très californien (Los Angeles) qui bénéficie du concours de Kid Ramos au sommet de son art. Une piste qui déménage au cours de laquelle, inspiré par Little Walter et Paul Butterfield, Van Herzen se révèle excellent souffleur. Les Kings interprètent "Automatic", le classique de Letser Butler, dans l'esprit du maître. Eric ne tient plus en place. Balisée par les percus de Tom Essa, la cover du "Broke and lonely" de Johnny Winter permet à Jailhouse Van Herzen de se réserver une nouvelle sortie à très haut niveau. Il est aussitôt relayé par Kyle, dont le solo clair et incisif repose sur l'importante assise rythmique. L’ouverture de "Straighten up" est royale. A cause du style jump. Une plage dominée par les cordes de Jester. Signé Magic Sam Maghett, "Easy baby" est un classique du Chicago Westside. La version est impeccable. Une dernière occasion accordée aux deux solistes de rivaliser! De toute bonne facture, cet Ep précède la sortie d’un long playing, prévue pour cet été. Le band se produira en Belgique, pour une douzaine de dates en Belgique, entre le 19 avril et le 5 mai! Pour cette tournée, Brent Harding n'est cependant pas libre. Il sera remplacé par le Liégeois Renaud Lesire, bassiste et guitariste talentueux…

 

vendredi, 19 avril 2013 16:29

Nasty habit

Ron Dziubla est né dans l'Indiana. Il a accompli ses études à Miami, mais vit depuis longtemps à Los Angeles, en Californie. Saxophoniste notoire, c’est cependant un électron libre. Il accompagne souvent d’autres artistes, et notamment Duane Eddie, Los Straitjackets et même Ricky Martin, sans oublier les musicos issus des milieux branchés du blues sud californien, comme Kid Ramos, Janiva Magness, Rick Holmstrom ou les Los Fabulocos. En solo, il enregistre une musique instrumentale. Il avait d’ailleurs publié trois elpees, à ce jour, "Melenhead" en 1999, "Some strange blues" en 2010 (NDR : pour lequel il avait reçu le concours de Rick Holmstrom, Kid Ramos, Junior Watson et Carl Sonny Leyland) ainsi que "Philly Mac!", un Ep six titres, en 2012, bénéficiant à  nouveau de la participation de Ramos et Watson. Les sessions d’enregistrement du nouveau long playing se sont déroulées au Pow Wow Fun Room de L.A.

Imprimé sur un mid tempo, "Fine time" ouvre la plaque. Un blues très bien structuré, dominé par le souffle profond et puissant de notre artiste, dans son saxophone ténor, qui double à l'orgue. Véritable tour de force "Loose" est imprimé sur un tempo frénétique. Le sax s'envole vers les sommets, talonné par les percussions de Pete Curry (Los Straitjackets). Ce dernier se réserve également la production et pas de doute, c’est un spécialiste de la surf music, si populaire en Californie. Ron empoigne son sax baryton pour attaquer "Moan", un autre blues rythmé, alimenté par les cordes de R.J Ronquillo. Le son du baryton est autoritaire et écrasant. James Intveld est chanteur/guitariste de rockabilly. Cet ex-Blasters a apporté son concours sur plusieurs titres. Dont "Slapped", piste sur laquelle il peut titiller notre souffleur révolté. Le titre maître est incontestablement le sommet du disque. Le rythme est très soutenu. Le sax flirte avec les cordes de Ronquillo, pour une nouvelle fête du surf. Pas vraiment de temps mort sur cet LP. Autre blues, "Shaken and stirred" permet à Ron de honker et shouter jusqu'à la jouissance, rappelant les mythiques Big Jay McNeely, Joe Houston et Lee Allen. Il souligne les soupirs sensuels de Mia Muse sur l'exotique et amusant "Lemon drop Martini".  Deux bonnes reprises au programme. Tout d’abord le célèbre "Harlem Nocturne", un standard de jazz enregistré naguère par Duke Ellington, Glenn Miller, King Curtis et Johnny Otis. Puis le "Night train" de Johnny Forrest, un blues qui évolue sur le tempo du chemin de fer, une compo qui figurait également au répertoire de Duke Ellingon. Encore un excellent titre de surf, "Spy step". Et une toute bonne finale pour clore l’œuvre, "Bordello".

 

vendredi, 19 avril 2013 16:23

Standing in the shadows

Les Nimmo Brothers réunissaient Alan et Stevie, deux frères glaswégiens. Les deux frangins écossais ont voulu mener leur propre barque, sans jamais réussir à se départir du style de leur duo. Alan a donc décidé de monter sa formation qu'il a baptisé King King, soit le titre de l'album mythique des Red Devils de Lester Butler. Mais manifestement le style n'est pas vraiment similaire. La formation a publié un premier opus intitulé "Take my hand", en 2011.

Alan, tout comme son frère d'ailleurs, a toujours été des adeptes du regretté Stevie Ray Vaughan, mais sous une forme moins puriste et certainement plus mélodique. "More than I can take" adopte ce profil. Lorsqu’il dispense un solo, Alan est un expert pour faire monter l’intensité dramatique, sans jamais déborder de sa ligne de conduite. Ballade, "Taken what's mine" adopte un format semblable. L’attaque rythmique bénéficie cependant de la complicité de Bennet Holland, à l'orgue Hammond. Et Alan entretient ce climat sur une autre ballade sympathique, "A long history of love". Pour la circonstance, il injecte un maximum de sensibilité dans sa Stratocaster, un peu comme Eric Clapton, et la montée en puissance de son intervention est tout en retenue, parfaitement maîtrisée. King King reprend le "Jealousy" de Frankie Miller. La voix est profonde, généreuse, expressive, à nouveau dramatique. Les notes émanent du cœur et de l'âme. "What am I supposed to do" baigne dans un climat de douceur de vivre. Holland double à l'orgue et au piano électrique. Une atmosphère qui permet à la voix d'Alan de prendre toute sa dimension soul. Les percussions de Wayne Proctor ouvrent "One more time around". Sous une véritable chape de plomb, cette compo est découpée par un riff reminiscent de Free, une formation légendaire, qui a brillé de mille feux à la fin des sixties, en plein british blues boom. Et l’envol des cordes est écrasé par le jeu des pédales. Nimmo reprend d’ailleurs un titre de Free, "Heavy load" (NDR : plage qui figure sur "Fire and water", paru en 1970). Et la version est excellente. La voix d’Alan est même très proche de celle de son idole, Paul Rogers! On pourrait même facilement se tromper. Mais si Alan appréciait beaucoup le regretté Paul Kossoff, il avait surtout énormément d’admiration pour Peter Green et Eric Clapton.

 

vendredi, 19 avril 2013 16:14

Tomorrow

Andy Poxon est un très jeune chanteur/guitariste. Il n’a que 18 ans et a fondé son AP Band en 2009. Ce qui ne l’a pas empêché de se forger une solide réputation dans l'est des Etats-Unis. Soit dans le Maryland, le Delaware, en Virginie et autour de Washington DC. Sur scène, Andy est épaulé par Russ Wasson à la basse et de Mike O'Donnell à la batterie.

Il a publié un premier elpee en 2010, "Red  roots", un disque qui n’est pas passé inaperçu. En juin 2012, il a signé chez Eller Soul. Il a pu ainsi enregistrer son nouvel opus sous la houlette d’un seigneur de blues, Mr Duke Robillard (NDR : ce dernier a également rédigé les commentaires du booklet). Andy a une tête de poupon. Sa chevelure est abondante. Crépue. D’un roux vif. Lors des sessions d’enregistrement, il n’a pas reçu le concours de ses partenaires habituels, mais de musicos expérimentés, en l’occurrence, le Duke Robillard au grand complet et la section de cuivres de Roomful of Blues. Excusez du peu ! Poxon est également compositeur. Ce qui explique pourquoi il est respecté par ses pairs. Il signe d’ailleurs l'intégralité de ce "Tomorrow'.

"Too bad" ouvre les hostilités. De bonne facture, ce blues rocke. La voix est loin d’être juvénile. Il est soutenu par les ivoires de Bruce Bears et la section de cuivres. La six cordes est très active et déménage constamment. Tout est cependant parfaitement en place. Rien n’est précipité. Il aborde "You lied" en toute décontraction. La sortie de cordes est largement inspirée par le Duke. Il est vrai que de ce dernier a apporté sa gratte, et on ne sait pas toujours qui se réserve les cordes. Concis et direct, "College boy" est sculpté dans du pur rock'n'roll. Alimenté par des chœurs féminins et parcouru par le sax de Mark Earley, "Why" est une ballade R&B. Tout au long de "Don't come home", Andy affiche une maturité étonnante. Une compo teintée de jazz et de swing. Les interventions de guitare sont parcimonieuses. Le titre maître est un blues fin de soirée. Une plage étonnante pour un musicien qui n’a pas encore l’âge adulte. D’autant que caressée par la trompette de Doug Woolverton, un disciple de Miles Davis, elle est propice à l'étreinte des couples sur la piste de danse. Andy chante d'une voix nonchalante "All by myself". Les cordes sont en permanence sur le qui-vive tout au long de ce swing nerveux. Plus classique, "You don't love me" est un blues abordé à la mode néo-orléanaise. A cause de ces rythmes syncopés, versatiles. Et des interventions de piano caractéristiques. La guitare se révèle néanmoins percutante. Blues cool, "Please come home" est hanté par Ray Charles. Les ivoires de Bears talonnent les vocaux. Andy démontre à nouveau toute son expérience sur "Fooling blues". Et pour cause, il s’autorise une sortie très rock'n'roll que n'aurait pas renié Alvin Lee sur ce boogie blues balisé par une solide section rythmique et dynamisé par un piano débridé. Longue ballade blues rock, "Carol Anne" réverbère des accents contemporains. Le son de la guitare est superbe. Une surprise, la présence de Frankie Biandino à la steel guitar pour la ballade country "One more time". Et en finale on assiste à un duo entre Poxon et Robillard. Un échange de cordes qui sublime littéralement "Jammin' at Lakewest". Manifestement, Andy est un grand espoir dans l’univers du blues…

 

jeudi, 11 avril 2013 20:50

Six pack of cool

Ex-River City Blues Band, Chris Thayer, alias Big Papa, est chanteur, guitariste et compositeur, mais aussi ingénieur du son, mixeur et producteur. Il est épaulé par le TCB, dont le line up de base réunit le bassiste Steve Brown, le drummer Ray Wilson et le pianiste John Mila de la Roca. L’équipe est ici renforcée par deux cuivres, soit le saxophoniste Maurice Oliva et le trompettiste Marques Crew. Le TCB s'est formé en 2006. Les musicos vivent à Mentone (Redlands), dans la grande banlieue de Los Angeles. Leur premier elpee s’intitulait "Nice 'n' greasy". Dans la foulée, il a gravé "12 Gauge insurance plan", "Live from the Rhythm Lounge" et "Dance with the devil". Le TCB pratique essentiellement du jump blues, un style teinté de swing circa années 40 ; c’est dire si le rôle accordé aux cuivres est important. C’est d’ailleurs le constat qui s’impose, après avoir écouté cet elpee

"Papa's in da house". Big Papa est placé directement sur orbite. Il marche sur les traces de Louis Jordan, Wynonie Harris ou Amos Milburn. A cause de son jeu bien alerte sur les cordes. "A thin line between love and hate" poursuit dans le style. La voix de Papa Chris est pleine de verve. Le piano de John assure parfaitement les arrières. Le saxophone de Maurice et la trompette de Marques (M&Ms) prennent, chacun leur tour, un billet de sortie. "Big bad blues" nous invite à New Orleans. L’ambiance est festive. Le trombone de Tom Cook renforce les deux cuivres. Mr Oliva fait hurler son sax, avant qu’il ne soit à nouveau relayé par la trompette. Cool, captivante, "200lbs of trouble" est une plage inspirée par le jazz traditionnel, au cours de laquelle la guitare tire son épingle du jeu. Deux jump blues qui déménagent : le titre maître et le vivifiant "A lil bit o' smothin". "Baby's got a new friend" prend la direction de la Nouvelle Orléans, mais en plus blues. La voix de Big Papa est excellente, alors que Maurice Oliva brille sur son honky sax ténor. Une seule reprise, mais elle est superbe : "Murder in the first degree", un blues lent signé par le célèbre harmoniciste californien, Rod Piazza, au cours duquel Oliva est à nouveau éblouissant. Blues classique, mais d’excellente facture, "Wait till yo daddy getz home" nous renvoie à Chicago. Le climat est décontracté. Vu son jeu de cordes très fluide, Big Papa semble prendre son pied. Caractérisé par ses échanges vocaux, "Crazy about the girl" est un bon swing jump. Le tempo s’accélère pour "Showtime". L’attaque des cordes est digne des meilleurs ambassadeurs du style west coast. La piste est marquée par une dernière sortie des cuivres. Le dernier morceau baigne au sein d’une atmosphère plus intimiste. Un blues dépouillé, très pur, limité à la voix et au piano de Milo de la Roca, avant que la trompette ne décide de s’immiscer au sein du décor sonore… 

 

jeudi, 11 avril 2013 20:46

Can't go home

Ce blues band batave a choisi pour patronyme, King of the World, soit le titre d’une compo de John Lee Hooker. Une formation drivée par Erwin Java. Guitariste, c’est un vétéran de la scène blues locale. Il a entamé sa carrière chez White Honey ; mais en 1981, il rejoint le Wild Romance d’Herman Brood. A l’époque, le regretté pianiste était très populaire. Erwin intègre ensuite le Muskee Gang, en 1986, un combo dirigé par Harry Muskee, alias Cuby, le bluesman le plus notoire aux Pays-Bas. Le combo emprunte ensuit le patronyme de Cuby and The Blizzards, et cessera son parcours, après le décès de son leader, en 2011.

Bassiste, chanteur et compositeur (NDR : excellent par ailleurs), Ruud Weber est également important au sein du combo. Il a milité chez Albatross, un trio guidé par chanteur/guitariste irlandais Barry McCabe avant de rejoindre White, un des meilleurs gratteurs insulaires, au sein du Snowy White's Blues Project. Ruud est d’ailleurs toujours impliqué au sein de ces S.W.B. L’organiste Govert Van der Kolm (NDT : il a côtoyé l’Anglais Matt Schofield) et le drummer Fokke de Jong complètent le line up.

Ruud Weber est un fameux personnage. C’est lui qui forge la spécificité du groupe. Il accompagne Snowy White, on le remarque dès la première piste, "Bluesified", un blues très raffiné, mélodique et enchanteur. La voix est excellente. Les sonorités dispensées par la guitare de Java rappellent Snowy White, qui à son tour, a beaucoup puisé son inspiration chez Peter Green. Erwin Java est un superbe gratteur. Il dispense ses notes tout en retenue. Plus classique, "Evil thing" est un blues imprimé sur un rythme soutenu. Govert double au piano et à l'orgue. Introduit par la batterie et les percus, "Help me find the way" met en exergue le solide travail de Fokke. Les musiciens chantent en chœur, avant de laisser la guitare de Java se libérer. Ses interventions sont instinctives et reflètent un sens mélodique soigné. Elles poursuivent ensuite une lutte fratricide avec l'orgue. Balisé par les accords subtils du piano de Mr Van der Kolm, "Gone gone gone" est sculpté dans du boogie blues. "Mr Big shot" est un blues aux accents jazz. La section rythmique entretient un swing tempéré. Le chant est excellent et prélude un changement de tempo. Le jeu d’Erwin est entrecoupé de silences révélateurs. Plus surprenant, "Learn to cry" est une compo revivaliste, réminiscente du Pink Floyd. A cause des interventions d’orgue. Mais surtout de guitare, dignes de David Gilmour. Et "Wrong side of life" épouse un profil semblable. "Better leave while you can" célèbre un retour à un blues plus tonique. Première reprise, "Broke and lonely" est issu de la plume de Johnny Otis et Johnny Guitar Watson. Govert s'éclate à l'orgue Hammond sur cette compo syncopée, qui lorgne vers Little Feat. Le regretté chanteur de soul Howard Tate avait interprété "She's a burglar". L’adaptation de ce shuffle est menée à la manière de Stevie Ray. Et le résultat est impeccable. Blues lent, "Let's go get stoned" est une chanson signée Ashford et Simpson. Les Coasters et Ray Charles en avaient créé leur propre version. Avec succès. La voix du chanteur est très expressive. Les solistes se réservent des billets de sortie particulièrement remarquables. "Number one" adopte un profil plus rock. Et en finale, "Can't go home" est caractérisé par une sensibilité mélodique souveraine…

 

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