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Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

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Teethe : de la douleur au soulagement…

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Jean-Claude Mondo

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jeudi, 11 avril 2013 20:39

Sweet spirit

Chanteuse, guitariste et compositrice, Kelly Richey vient juste de fêter ses 50 balais. Elle est originaire de Lexington, dans le Kentucky. Elle monte son KRB (NDR : Kelly Richey Band) en 1990. Son premier opus, "Sister's gotta problem", paraît en 1994. Trois ans plus tard, elle s’établit à Cincinnati, dans l’Ohio. Son style ? Le blues rock. Pas étonnant que ses héros répondent aux noms de Stevie Ray Vaughan, Jimi Hendrix et Roy Buchanan.

"Sweet spirit" constitue déjà son douzième elpee. Son backing group réunit le bassiste Freakbasse, le drummer Robby Consenza et le percussionniste Duane Lundy (NDR : qui se charge également de la production). Et plusieurs invités, sont venus participer aux sessions d’enregistrement.

L’ouverture est plutôt classique. "Feelin' under" est un rockin' blues bien ficelé. Kelly possède une bonne voix, déjà érodée par le temps, mais qui s’intègre parfaitement dans l’ensemble. Très soudée, la section rythmique supporte parfaitement son leader. Blues lent rituel, "I went down easy" véhicule des accents dramatiques. Les cordes sont attaquées dans l’esprit d’Hendrix, et libèrent des sonorités, à limite, déjantées… Solide, la section rythmique épaule son leader tout au long de "Leavin' it all behind", un rockin' blues robuste, autorisant quelques petites sorties en dérapage contrôlé. Mélodique, mais personnelle, "Something's going on" est une compo contaminée par un funk instinctif, réminiscent de Stevie Ray Vaughan. La tigresse se calme quelque peu sur "Everybody needs a change". Même sur ses cordes. La présence de Bernie Worrell (ex-Parliament/Funkadelic) à l’orgue explique peut-être cette attitude moins sauvage. "Fast drivin' Mama" est certainement la plage au cours de laquelle elle semble être réincarnée par SR Vaughan. Un titre qui libère énormément de groove. Kelly tire un max de sa Fender Stratocaster. Elle dirige parfaitement la manœuvre tout au long de "One way ticket". Sa voix est décharnée et ses cordes sont bien inspirées. "Risin' sun" est une plage étonnante, différente de l’ensemble. Mais également remarquable. Les sonorités de cordes sont plutôt lugubres. Le timbre de Miss Richey évolue en mode mineur. Les interventions de guitare pénètrent alors dans un univers magique, proche du délire psychédélique. Un morceau étonnant, mais particulièrement réussi. Elle devrait d’ailleurs davantage creuser dans ce style… Indolent, "Dyin" est dépouillé à l'extrême. Apaisées, les cordes réverbèrent des accords travaillés. En final, "Hard workin' woman" replonge dans le rockin' blues nerveux. Elle force quelque peu sa voix. Robert Lee Carroll siège derrière l'orgue. De bonne facture, ce long playing est quand même un peu court, à mon goût. Et pour cause, il ne dure à peine que 30'.

 

mardi, 09 avril 2013 21:29

Tribute to Bessie

Zanzibar est une formation réunissant des artistes issus de différents pays. Un projet interracial, interculturel, destiné à mettre en exergue une musique très ‘black and white’, où se rencontrent blues et jazz. Le collectif a eu la bonne idée de rendre ici hommage à Bessie Smith, la première diva du blues. Elle a commencé à enregistrer en 1923. Elle va même faire fortune, avant de sombrer dans l'alcoolisme et la misère, après la Grande dépression de l’année 1930. Elle est décédée tragiquement, à l’issue d’un accident de voiture qui s’est produit à Clarksdale, au cœur du Delta. Elle avait 43 ans. En fait, elle a perdu la vie, vidée de son sang, car un hôpital réservé aux blancs n'avait pas voulu la prendre en charge. Elle avait mis en boîte plus de deux cent chansons dont une bonne partie figure sur cet opus. Le métissage de la musique de Zanzibar est naturel dès lors qu'il appartient à l'héritage culturel de trois continents. Le responsable de ce projet est un Belge, un digne représentant du piano boogie woogie et barrelhouse, Renaud Patigny. La chanteuse est congolaise. Elle est âgée de 90 balais. En outre, Sylvie Nawasadio possède une morphologie assez proche de l’Impératrice du blues. La section rythmique est constituée de deux percussionnistes togolais et d’un joueur de tuba, le Belge Didier Heggerick. Enfin, une section de cuivres, réunissant trois saxophonistes, complète l'ensemble.

"Devil's gonna get you" ouvre la plaque. La musique est douce. La voix veloutée. Le piano bien senti, face aux interventions de basse du tuba! Blues lent, "Yellow dog blues" est signé par le légendaire W.C Handy. Membre du Fats Domino, Jimmy Molière se réserve la gratte. Tout comme sur "Hop scop blues". Trois plages issues du répertoire du Bessie sont interprétées en lingala : "On revival day", "Poto Poto" et "Yembela ye" ; ce qui communique un climat encore plus afro aux trois pistes. Miss Smith a décroché son plus grand succès en 1929, "Nobody knows when you're down and out". La voix de Sylvie est empreinte de passion sur ce morceau, appuyé par les interventions brillantes de Renaud, aux ivoires. "Cake walkin babies from home" démontre la corrélation qui existait alors entre les musiques populaires afro-américaines : jazz, blues, ragtime. Titre amusant, "Kitchen man" constitue un exercice de style vocal pour notre Congolaise. Tout en délicatesse, le piano barrelhouse de Patigny colore "Lock and key". Voix empreinte de sensualité et cuivres chatoyants alimentent "Careless love", un superbe blues fin de soirée. Chargé de passion, ce long playing s’achève par "Tossing and turning", une relecture contemporaine d'un style ancestral.

 

mardi, 09 avril 2013 21:20

As the years go passing by

Jeff Healey était un remarquable guitariste canadien de blues, rock et jazz. Il vivait à Toronto. Il avait perdu l’usage de la vue, alors qu'il n'avait qu'un an! Il est décédé en 2008, à près de 42 ans. Mi-80’s, il fonde son Jeff Healey Band, en compagnie d’une section rythmique qui lui restera fidèle jusqu'au bout : le bassiste Joe Rockman et le drummer Tom Stephen. Son premier album, étrangement intitulé "See the light", paraît en 1988.

Ce coffret réunit trois CDs, immortalisés ‘live’, en Allemagne, mais accordés à autant d’endroits différents. Un premier pour l’émission Ohne Filter Extra en mai 1989, le second pour Extraspät, en avril 1995 et le dernier à nouveau pour Ohne Filter Extra, en octobre 2000. Un répertoire souvent semblable mais dispensé à quelques années d'intervalle. Ce qui explique son intérêt!

En 1989, il se produit en formule trio. Le premier elpee était paru peu de temps auparavant. Six titres en sont extraits. La plaque s’ouvre par "I'm tore down", un classique de Freddie King. Jeff démontre déjà tout l'étendue de son talent sur ce blues imprimé sur tempo très enlevé. Son approche personnelle des compositions de John Hiatt, "Confidence man" et surtout le sensible "Angel eyes", est étonnante. Il reprend à sa sauce le "When the night comes falling from the sky" de Dylan avant de se calmer pour aborder "River of no return", une plage issue de la plume de Jon et Sally Tiven. Et la guitare s’y autorise quelques dérapages savamment contrôlés. Le "Roadhouse blues" des Doors est rendu à la manière… des Doors. Il termine ce premier chapitre, par "See the light", se permettant même des exercices de style inspirés par Hendrix.

Nous sommes en 1995. Au cours de cette année, il avait gravé "Cover to cover", un long playing consacré à des reprises. Sept pistes figurent au répertoire du concert. Pour la circonstance, il avait recruté un second gratteur : Pat Thrall, un ancien acolyte de Johnny Winter, de James Cotton et du Downchild Blues Band! Parmi les meilleurs moments de ce compact disc, on épinglera le délicieux "Stop breaking down" de Robert Johnson, le blues lent "As the years go passing by", une superbe version, empreinte de sensibilité, le "Yer blues" de John Lennon, caractérisé par ses riffs lourds et ses changements de tempo, mais surtout ses interventions de slide acharnées, infernales. Le "Roadhouse blues" s’étale sur près de 10', alors que la cover du "While my guitar gently weeps" de George Harrison est fantastique…

Fin 2000, il se produit à nouveau sous la forme d’un quatuor. Comme deuxième guitariste, il a choisi le prometteur Philip Sayce, alors sixcordiste pour la chanteuse américaine Melissa Etheridge (NDR : depuis, il a embrassé une carrière en solitaire). Jeff venait de publier "Get me some". Trois morceaux y sont puisés. Soit "Which one", le captivant "Love is the answer" (Neil Young?) et le brillant "Feel better". La voix de Healey est plus éraillée. L'accumulation des tournées explique sans doute ce phénomène. Sa guitare est plus bavarde mais toujours aussi experte. Il restitue toute l’intensité dramatique du célèbre blues lent "How blue can you get", un titre issu du répertoire de BB King. Sayce se réserve le micro tout au long du "Put the shoe on the other foot" d'Albert Collins, un blues lent de bonne facture, qui passe ensuite en mode funky. La troisième mouture d’"Angel eyes" est la meilleure.

Un bel hommage à la mémoire de feu cet artiste attachant! 

 

mardi, 09 avril 2013 21:06

Raise your hands

Elle est jeune, compose et chante tant le blues que la soul. Deb Landolt est issue d'El Paso, au Texas, tout près de la frontière mexicaine. Elle vit cependant aujourd’hui à Colombus, dans l'Ohio où elle drive son groupe, les Drifter Kings. La formation avait gravé un premier elpee, intitulé "Diamonds on the desert floor", en 2011. Un disque qui n’était pas passé inaperçu à l'International Blues Challenge de Memphis. Le line up de Drifter Kings réunit John Popovich (du Sean Carney Band) aux claviers, Sean en personne aux cordes, Melvin Powe à la basse et Jan Roll à la batterie. De nombreux amis sont venus apporter leur concours, lors des sessions d’enregistrement, qui se sont déroulées au studio Cadiz, dans l’Ohio.

"What would a good woman do" ouvre l’elpee. La voix de Deb colle parfaitement à ce titre de southern soul. Elle est soutenue par Philip Pemberton, préposé actuel au micro, chez Roomful of Blues. Et est enrobée de chœurs sur "Hush your mouth", une ballade bien funky. Le tempo s'accélère et emprunte celui du chemin de fer imprimé par Jan Roll. Un country blues parcouru par la slide de son ami californien, Colin John. Une intervention judicieuse, face à l’orgue de Popovich. "Let's get lost" est une tendre ballade trempée dans la soul. La voix de Deb est très expressive. John double à l'orgue et au piano électrique. "The last time" est un excellent soul blues. San Carney (NDR : un remarquable gratteur établit à Colombus) met le nez à la fenêtre. Son doigté est empreint d’une grande délicatesse. Ce qui n’est guère une surprise. Deb chante passionnément, tout en en gardant sous la pédale, "Coa breeze", une plage soul imprimée sur un mid tempo. Blues funky, "Married to the blues" bénéficie de la participation de trois guitaristes invités pour la circonstance. Jimmy Thackery (ex-Nighthawks), Matt O'Ree (il est issu du New Jersey) et Bart Walker (lui, de Nashville) se relaient. De son timbre de baryton, Big Lou prêche à l'avant-plan. Slow blues de toute bonne facture, "Finally forgot your name" est enrichi par la présence des cuivres du Roomful of Blues. Compo très mélodieuse, "Raise your hands" passe bien la rampe. Tout est parfaitement en place. Depuis le chant à l’orgue, en passant par les chœurs et la six cordes de Brent Pennell. Gospel blues, "To find his home" est une compo chargée d’émotion. Face au piano de Popovich, les cordes acoustiques et les nombreuses voix, notamment celles de Jim Pemberton et Shaun Booker, s’emboîtent impeccablement. Le long playing recèle deux reprises en fin de parcours. Tout d’abord le "Muddy Jesus" du Texan Ian Moore. La coloration de la piste est davantage blues rock. A cause des cordes. Que se réservent les Floridiens JP Soars (leader des Red Hots) et Damon Fowler. Et enfin, le "New coat of paint" de Tom Waits, une piste intimiste, dépouillée, limitée aux vocaux et aux ivoires…

 

mercredi, 03 avril 2013 21:25

Long walk home

Kevin Selfe est un artiste méconnu. Et pourtant, ce Virginien a été signé par le label californien de blues notoire, Delta Groove. Il a décroché un diplôme en météorologie, à l'université de Raleigh, en 1995. Il décide cependant de tourner le dos aux prévisions climatiques, pour embrasser une carrière musicale, et tout particulièrement dans l’univers du blues et de la soul. En 97, il rejoint le groupe local Fat Daddy Band. Il y militera six ans et participera à l’enregistrement de trois elpees. Il passe alors chez Little Rodger & The Cheap Thrills. En 2005 enfin, il fonde son propre groupe, Kevin Selfe & The Tornadoes. Au cours de sa carrière, il a accompagné des légendes comme Eddie Clearwater ou Carey Bell.

La formation grave un premier opus en 2006, "Selfe-Contained". Il s’établit alors à Portland, dans l’Oregon et remonte ses Tornadoes. Le combo publie "Playing the game", en 2009. Kevin se réserve le chant, la guitare et l’harmonica. Il est soutenu par le drummer notoire Jim Bott (Mannish Boys, Mighty Flyers) et le bassiste Alan Markel (Insomniacs). Il signe les onze plages et assure la production du long playing.

"Duct tape on my soul" ouvre la plaque. Du west coast jump bien nerveux, cuivré et tout en swing. Le coup de balai de Bott se charge de rendre l’ensemble homogène. Selfe s’autorise déjà un envol largement inspiré par T-Bone Walker. "Mama didn't raise no fool" est une compo aussi rythmée. L'harmoniciste californien Mitch Kashmar se réserve également une sortie remarquable ; mais il est relayé par Kevin qui ne tient plus en place. Le spectre de T-Bone plane à nouveau sur "Moving day blues", un slow blues à la texane. Gene Taylor (Fabulous Thunderbirds/Blasters) siège derrière le piano. Une superbe piste, au cours de laquelle, talonnée par le front de cuivres, la guitare se débride et s'envole vers les sommets. Retour aux origines du Delta pour "Last crossroad". Un chouette boogie qui adopte un profil plus minimaliste, limité au bottleneck et à la section rythmique. Caractérisé par un riff cher au regretté Magic Sam, "Dancing girl" nous transporte dans le Westside de Chicago. Kashmar est au chant. Le solo de  Kevin est éblouissant. Une slide aux intonations métalliques contamine "Midnight creeper", un morceau de plus de 7’ qui baigne au sein d’un climat sombre et lugubre. Boogie woogie amusant, "Walking funny" est illuminé par la dextérité de Gene Taylor sur ses 88 touches en ivoire. "Too much voodoo" est sans doute la plage la plus contagieuse. La mélodie accroche facilement. L'orgue de Dover Weinberg y est sans doute pour quelque chose, mais également la guitare dont les sonorités semblent être empruntées, à Mark Knopfler au sommet de son art. "Second box on the left" baigne dans le swing et lorgne du côté de Guitar Watson sur une piste au cours de laquelle les saxophones se libèrent. "The blues is my home" opère un dernier saut dans le Delta avant de céder le relais à "Put me back in jail", un blues rocker galopant qui termine l'aventure, tel un Jimmy Reed hyper speedé …

 

mercredi, 03 avril 2013 21:23

Drink drank drunk

Nick Nixon est originaire de Nashville, dans le Tennessee. C’est loin d’être un débutant, puisqu’au cours des sixties, il était un des piliers de la scène blues locale. A l’époque, il a bien connu le Band of Gypsies de Jimi Hendrix et Billy Cox. Dans les 70’s, il relevait de l’écurie Chess. Il a publié plusieurs elpees sous son propre nom. Dont "No end to the blues", en 2001, pour le label hollandais Black Magic et "Back down south", en 2005. Le présent opus a bénéficié du concours de l’Andy T Band, une formation drivée par le guitariste Andy ‘T’ Talamantez, un musicien d'origine californienne qui a beaucoup tourné en compagnie de Guitar Shorty et Smokey Wilson. Il avait collaboré à l’enregistrement de "Ready to roll", un elpee crédité à Smokey Wilson and The Andy T Band, publié en 2003.

La cover du "Midnight hour" de Clarence Gatemouth Brown baigne dans le Texas blues. La voix de Nick est puissante. Andy se révèle gratteur de grande classe. Ron Jones s’autorise une intervention au saxophone. Blues lent, "Don't touch me" est issu de la plume de Johnny Guitar Watson. Sous cette nouvelle version, Mr T ne dispense que les notes nécessaire devant le piano de Christian Dozzler (NDR : cet-ex Mojo Blues Band est de nationalité autrichienne). La voix est très expressive tout au long du titre maître, une compo signée Yom Hambridge et Gary Nicholson. "Have you seen my monkey" nous plonge dans le zydeco. L’accordéon de Dozzler s’impose, pendant qu’Andy se déchaîne sur ses cordes. Piste instrumentale, "Dos danos" est alimenté par des échanges de guitares entre Andy et le Texan Anson Funderburgh (NDR : il se charge également de la production). "No end to the blues" opère un retour dans le blues. Miss Markey et Nick se partagent les vocaux. Kevin McKendree siège derrière le piano. Et il y brille de mille feux ! Imprimé sur un mid tempo, "On my way to Texas" est une compo bouleversante. A cause des cordes d’Andy, inspirées de Freddie King. "Hi-heel sneakers" est un classique du blues signé Tommy Tucker. La voix de Nick est superbe. Anson Funderburgh assure la rythmique, dans l’esprit de Jimmy Reed. Dernier blues lent du long playing, "Life is too short" est chargé d'émotion. Mr T gratte parcimonieusement ses cordes. Anson se réserve encore la rythmique sur "You look so good", Hash Brown, l'harmonica. Une formule qui ressemble étrangement à la paire Funderburgh/Sam Myers, qui a sévi autrefois. De bonne facture, cet elpee s’achève par la cover du "I got a woman" de Ray Charles, une version dont la touche ‘tex mex’ est apportée par l'accordéon de Dozzler.

 

mercredi, 03 avril 2013 21:14

Suzie cracks the whip

Blues Traveler est, à l’instar de nombreuses formations rock américaines, réputée pour ses jams. Elle aime se produire sur scène, pour y dispenser des concerts interminables, et chaque soir différents. Dans l’histoire du rock le plus célèbre est manifestement le Grateful Dead, un combo californien (San Francisco) qui a marqué de son empreinte l'acid rock des sixties. Depuis, d’autres lui ont emboîté le pas. Dont l’Allman Brothers Band, Widespread Panic, Phish et Govt Mule…

Blues Traveler est originaire du New Jersey. Ce groupe est né en 1987. A sa tête, le génial harmoniciste John Popper et le gratteur Chan Kinchla. Le line up implique également trois autres musiciens. Son expression sonore est assez complexe. Fondamentalement rock, elle invite néanmoins une foultitude d’autres courants, comme le blues, le funk, la soul, le folk ou le psychédélisme. Eponyme, son premier long playing est paru en 1990. Il faut attendre le quatrième opus, "Four", pour atteindre la reconnaissance internationale. Ce sera en 1994. Le combo se produit lors du 25ème anniversaire du festival de Woodstock, et y récolte un certain succès. Il tourne même en première partie des Rolling Stones. En août 1999, leur bassiste Bobby Sheehan, est retrouvé mort, suite à une overdose. Le band décide néanmoins de poursuivre l’aventure, en compagnie de Tad Kinchla, le frère du guitariste. « Suzie cracks the whip » constitue leur 14ème elpee, si on compte leurs trois disques enregistrés ‘live’.

"You don't have to love me" ouvre les hostilités. L’impact est immédiat. Une compo, par ailleurs, sortie en single. Tout est bien en place. Le lead vocal est enrobé de chœurs. Popper s’autorise déjà une sortie sur sa musique à bouche, en distillant très rapidement ses notes. "Recognize my friend" débute tout en douceur. Le rythme s'accélère progressivement, mais la mélodie est naturelle. On ressent le bonheur des musicos de chanter à l’unisson. "Devil in the details" baigne au sein d’un même climat empreint de sérénité. C’est Chan qui se réserve alors un billet de sorite sur ses cordes. "All things are possible" trempe dans le reggae. L’orgue de Ben Wilson se fond dans le tempo. Popper en profite pour dessiner des arabesques sur son instrument. Solide blues rock, "Things are looking up" est propulsé par les solides percussions de Brendan Hill. Le refrain est enchanteur. La machine, parfaitement huilée. Un climat propice aux envolées. Ce dont profite, sans attendre, John. La voix féminine de Crystal Bowersock  rejoint Popper sur "I don't wanna go", une plage fluidifiée par l’orgue. Tout comme sur "Nobody fall in love with me", un morceau plus pop, avant que l’harmonica ne déchire, tel un coup de tonnerre, l’univers sonore. Popper est vraiment un prodige sur son instrument. Caractérisé par les changements de rythmes parfaitement combinés, "Cover me" constitue manifestement une des meilleurs plages de l’elpee. Sautillant, le piano est insatiable, alors qu’on assiste à une nouvelle fête de la musique à bouche. Le long playing ne souffre d’aucune faiblesse. La production est soignée. L’ensemble, homogène. Et puis, il y a ce petit côté pop qui transparaît instantanément des compos. Signé Chris Barron, un ami de jeunesse de John à l’époque où Blues Traveler et Spin Doctors partageaient le plus souvent la même affiche, "Saving grace" est sculpté dans le rock…

 

mercredi, 03 avril 2013 21:13

Lv

Chickenfoot est manifestement un super groupe de hard rock. Le line up implique le chanteur Sammy Hagar, longtemps membre de Montrose et Van Halen, mais qui a également accompli une carrière individuelle. Le guitariste Joe Satriani, ensuite. Un maître technicien que l'on ne présente plus. Le bassiste Michael Anthony (ex-Van Halen) et le drummer Chad Smith (ex-Red Hot Chili Peppers) complètent l'équipe. Eponyme, leur première œuvre était sortie en 2009. La suivante s’intitulait "Chickenfoot III". Elle est parue en 2011, et il n'y a pas eu de « II »! La formation a choisi pour logo l'emprunte d’un pied de poulet (NDR : c’est également celui du symbole de la paix!) Cet elpee a été immortalisé ‘live’ et propose une face A et une B, qui naturellement figurent sur le même CD.

La première partie réunit quatre titres issus de la tournée "Different devil", opérée en 2012. A l’époque, Kenny Aronoff assurait la batterie. La première piste, "Lighten up", a été enregistrée à Chicago. Puissante, sculptée dans le hard rock, elle est entretenue par des éminents spécialistes du genre. Hagar est l'archétype des chanteurs du style, mais sa voix n’est jamais criarde. Cependant, la vedette est incontestablement Joe ‘Satch’ Satriani. Il torture sa guitare Ibanez et aligne un nombre incalculable de notes. Nous les retrouvons à Seattle quelques jours plus tard pour "Big foot", un hard rockin' blues marqué au fer rouge par la puissante section rythmique, bien à l’avant-plan. Toujours prêt à bondir, Joe maîtrise parfaitement son sujet. Dans le passé, Satriani a tourné en compagnie de Deep Purple, et on s’en rend compte en écoutant "Last temptation". Plus paisible, "Something going wrong" permet au mélomane de souffler quelque peu. La guitare de Joe est bien sentie ; il démontre ici qu’il est capable d’injecter de la sensibilité dans ses compos.

La seconde partie remonte au mois de septembre 2009. A Phoenix. Et elle est épatante. Chad Smith est préposé à la batterie. Excellente, "Oh yeah" est une plage plutôt funky, imprimée sur un mid tempo. L’intervention sur les cordes est particulièrement remarquable. Le dialogue échangé entre Sammy et Joe rappelle très fort ceux entre Plant et Page, chez Led Zeppelin! Une approche zeppelinesque qu’on retrouve tout au long de "Down the drain", "Turnin' left", "My kinda girl" et "Learning to fall", une finale tout en douceur. Ces morceaux figuraient tous sur le premier long playing…

 

mercredi, 03 avril 2013 20:43

Back to the woods

Originaire de l’Alabama, Chuck Leavell est pianiste. Il est âgé de 60 balais. Il a milité chez l’Allman Brothers Band, au cours des fameuses années 70. Un bon bout de temps. Il a ensuite fondé Sea Level. Depuis plus de 30 ans, il tourne en compagnie des Rolling Stones. Il a également épaulé, entre autres, Eric Clapton, George Harrison et Govt Mule. Dans ses moments libres, Chuck se consacre à ses plantations d’arbres, près de Macon, en Géorgie. Dans ce domaine, il jouir d’ailleurs d’une fameuse réputation.

Il a publié cinq albums sous son nom. Le dernier en date, il l’a sous-titré "A tribute to the pionners of blues piano", en hommage à ces pionniers qui ont tant apporté au blues, dès les années 30, à l’instar de Leroy Carr, Roosevelt Sykes ou encore Little Brother Montgomery.

Et c’est par "No special rider", une compo signée LBM que démarre l’elpee. Les rythmes sont manifestement empruntés à la Nouvelle Orléans. Créatif mais bien maîtrisé, le piano s’illustre face à une solide section rythmique. Leavell est un disciple de Leroy Carr. Il reprend d’ailleurs cinq titres du Texan. Carr était un formidable pianiste. Il s’est le plus souvent produit en duo, en compagnie du guitariste Scrapper Blackwell. Et la paire a donc aussi beaucoup enregistré ensemble. Alcoolique notoire, il est décédé alors qu’il avait à peine trente ans. Ce qui ne l’a pas empêché de graver une trentaine d’elpees.

Chuck chante d’une voix pudique, "Evening train". Keith Richards est préposé à la sèche. Danny Barnes, un multi-instrumentiste texan, capable de s’illustrer tant dans le blues, le jazz, la country que bluegrass, chante et se réserve le banjo sur "Naptown blues". Et la guitare acoustique, tout au long de "Low down dirty". Toujours issue de la plume de Carr, "Mean mistreater" est une autre adaptation parfaitement réussie. Faut dire que les parties vocales sont assurées par Miss Candi Staton, notoire dans l’univers de la soul et du gospel ; et son timbre chargé de feeling fait vraiment la différence. Memphis Slim était un remarquable pianiste de blues et de boogie woogie. Il a vécu les dernières années de son existence, en France. Johan Mayer se charge de la six cordes, sur la version très agréable du "Wish me well" de John Len Chatman. Superbe blues lent, "Losing hand" figurait au répertoire de Ray Charles. Face aux saxophones, les interventions de Davis Causey (NDR : il a joué en compagnie de Leavell, chez Sea Level) à la guitare, sont bouleversantes. Le titre maître, "Back in the woods", a été écrit par Charlie Spand, au cours des années 20. Cette compo est encore considérée aujourd’hui comme une énigme du blues. Otis Spann était l'un des plus grands pianistes du blues. Il a sévi pendant les années 50 et 60, à Chicago. Il a aussi longtemps milité chez le Muddy Waters Band. Quel plaisir de retrouver son "Boots and shoes", façonné par les cordes électriques de Keith Richard et John Mayer! Une cover de Skip James, un artiste attachant issu de Bentonia, dans le Mississippi : "If you haven't any hay". La fête aux ivoires s’achève comme elle a commencé, c’est-à-dire par un titre de Little Brother Montgomery, son plus célèbre ; en l’occurrence "Vicksburg blues" que chante et joue respectueusement Mr Leavell… Passionnant !

 

mercredi, 03 avril 2013 20:40

From Detroit… to the Delta

Né à Detroit en 1949, James Montgomery est chanteur et harmoniciste. Il drive également son propre Blues Band, un groupe qu’il a fondé en 1970. Ce combo est considéré comme le leader de la scène blues issue de New England, une région sise au Nord des USA, réunissant six états dont le Massachussets, le Connecticut et le Rhode Island, entre autres! Dès 1974, il est signé par le label Capricorn, pour lequel il grave "First time out". Il a partagé la scène de nombreuses grosses pointures du blues. Et c’est avec une pointe d’émotion qu’il se rappelle s’être produit en compagnie de Muddy Waters, au Mall de Boston. Il a tourné durant plusieurs années comme membre du backing group de Johnny Winter Band. Sa discographie personnelle est assez conséquente. Si le blues créé à l'origine dans le Sud est passé progressivement dans le Nord, suite à l'émigration massive des Noirs, vers les grandes villes à la recherche du travail, on assiste aujourd’hui au phénomène inverse. Et pour cause, les amateurs de blues n’hésitent pas à effectuer un pèlerinage, à la recherche des racines. C'est ce qu'a voulu accomplir Montgomery, depuis Detroit, la grande ville industrielle, afin de retourner vers Clarksdale, au cœur du Delta.

"Intoxicated" démarre bien de Detroit. Largement cuivré par les Uptown Horns, ce R&B déménage. Solide, la section rythmique porte le souffleur qui opère sa première escapade. Contaminés, tous les musicos chantent en chœur, cette compo chargée d’intensité. Signé par l'incontournable Willie Dixon, "Same thing" nous entraîne sur la route du Sud. En acier, le rythme est imprimé par le riff de guitare amplifié de George Mc Cann. James s’autorise une sortie puissante et remarquée sur son harmonica. La slide lorgne déjà vers le Mississippi. "Little Johnny" évolue sur un tempo plus élevé, mais sur celui du chemin de fer. James est soutenu par deux anciens membres d'Aerosmith, Brad Whitford aux cordes et Joey Kramer à la batterie, mais surtout son ex-boss, Johnny Winter qui se déchaîne sur sa Firebird slide. "Motor City is burning" est un titre qui a été popularisé par John Lee Hooker. Montgomery le chante d'une voix grave proche de John Lee. Il crache ses poumons dans son instrument devant les coups de boutoir de Kramer. Séduisante, dansante, "I don't want to have a heart" est une plage légèrement teintée de funk par les cordes rythmiques de McCann. Et James en profite pour s’illustrer sur son instrument chromatique. Les percussions lourdes d'une work song et les accents métalliques de la slide ouvrent "Delta storm", avant que la compo ne glisse vers une ballade R&B bien cuivrée et rythmée. James est convainquant aux vocaux. La surprise ? Le traitement infligé au classique de Bo Diddley, "Who do you love". Un motif rythmique, hypnotique, répète nerveusement le refrain, mené comme une rap party, par le spécialiste DMC, soutenu par un accompagnement qui vire au heavy metal. Rien de tel qu’un bain dans le Delta pour reprendre ses esprits. A l’instar de "Put your money where your mouth is", dont le rythme nonchalant est entretenu par la guitare slide. La version du "Hit the road Jack" de Percy Mayfield est excellente, très personnelle et fort originale. Le tempo est enlevé. McCann est très inspiré aux cordes. Miss Charise White, une ancienne Raylette de Ray Charles, apporte son concours aux vocaux. De bonne facture, cet elpee s’achève par la brillante et bouleversante cover du "Black Cadillac" de Lightnin' Hopkins. On replonge dans le Delta, lors de cette plage, caractérisée par la présence de James Cotton en personne, qui se réserve l’harmonica!   

 

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