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Jean-Claude Mondo

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mardi, 17 octobre 2006 03:00

Hauling

Alias Jawbone, Bob Zabor est issu de Detroit, la Motor City. Un ‘one man blues garage punk band’, une définition qui correspond bien au personnage. Dont le style sauvage, primaire, caractérisé par un son garage, libère une fameuse dose d’énergie punk. Bob définit sa musique comme du ‘post-last war pre-next war blues’. Ce qui ne veut pas dire grand-chose. La toile de fond appartient pourtant bien au blues. Il avait commis un premier album en 2003 : "Dang blues", un opus qui avait attiré l’attention du célèbre et regretté DJ anglais, John Peel. Cette situation allait lui permettre de signer sur le label anglais Loose Music responsable de la distribution de ce premier elpee ; et puis d’un second deux ans plus tard : "Hauling".

L’homme-orchestre ne se prend pas trop sérieux. Il se secoue pour créer ses propres percussions. Sa voix est directe, très présente, nullement sophistiquée. Il joue nerveusement de sa guitare déjantée. Son harmonica hurle à la première alerte. Dès les premiers accords de son "Dose of powder", nous entrons de plein pied dans l'univers chaotique de Jawbone. Il ne s’accorde guère de répit tout en célébrant son mal être à tue-tête. Des cris furieux traversent "Doney holler". L'harmonica détonne. Un peu comme si Sonny Terry avait fumé une bonne partie de la moquette. C'est pourtant le 'whoopin' sound’ de ce dernier qui définit la référence de cette attaque en règle. L'artiste ajoute - mais est-ce encore possible ? - une dose de fureur et martèle son bottleneck pour livrer un puissant "Bullcat", un delta blues psychotique! Parfois, Jawbone concède l’une ou l’autre compo plus abordable. Et je pense tout particulièrement à "Jump jump", un instrumental magnétique, irrésistible, dynamique et participatif. Au cours de cette plage il démontre qu’il est un musicien habile et doué. Signé Roger Miller, l'excellent "Chug a lug" est de la même veine. Il y manifeste l’enthousiasme qui hantait les Stones originels, mais sur le rythme d'un Jimmy Reed dopé! Il peut également manifester de la tendresse. Et notamment lorsqu’il chante "John said" en s’accompagnant à la guitare acoustique. Il l’interprète comme un vieux bluesman devant son pavillon minable et poussiéreux du Mississippi, d’une voix de fausset, plus proche de Mick Jagger que de Muddy Waters! Son côté primaire est chez lui un gage d'authenticité. Il pourrait pénétrer dans n'importe quel juke joint de Clarksdale et y mettre le feu à l’aide de son bottelneck. A l’instar du savoureux "Trouble on my doorstep". Mais toute l’intensité manifestée par ce musicien éclate dès qu'il met un pied dans son garage. Faites le plein d'oxygène avant d'écouter des brûlots comme "Long dang discount Jesus teenage blues" ou encore le boogie métallique à la simplicité désarmante, "Saucy sauce". L’excitation y est à son comble. Personnellement, je me passe en boucle le monstrueux "Reap what you sow". Et je ne suis pas encore repu…

mardi, 05 août 2008 03:00

Dance party take out

John Lee Williamson a enregistré cet album en 1998. A Venture/Los Angeles. Pour la circonstance, il a été épaulé par le guitariste/chanteur Bobby Bragg, le pianiste David Morgan, le chanteur harmoniciste ‘Primordial Slim’ Rick Germond, le bassiste David Chamberlain et le drummer Rich Diamond.

Canalisée par la slide de Bobby et l'harmo de Rick, l'entrée en matière est d'excellente facture. Ce "The Crave (Night and day I crave for you)" est d’ailleurs digne des meilleurs titres d'Elmore James. "Ain't that sad" campe un blues lent, désenchanté. Bobby ‘King Hat’ Bragg le chante d’un timbre empreint de soul. David dispense un minimum de notes sur son piano électrique. Invité, Del Franklin met au service des Hats son saxophone ténor saturé d'émotion. "Hustler" est imprimé sur un tempo particulièrement indolent. Un slow blues chargé de feeling, brûlant. John Lee chante face à l'harmonica de Germond dont l’inspiration est manifestement puisée chez Little Walter. Le rythme reprend des couleurs pour "Jelly Roll". Il est même contaminé par une bonne dose de swing. Les accès d'harmo sont détonants. "Niagara Jr light" épouse une ligne de conduite allègre tout en lorgnant vers le Chicago blues urbain. Bobby, John Lee et Rick chantent en chœur. Manifestement ils prennent beaucoup de plaisir lors de cet exercice vocal. La guitare et le piano laissent échapper leurs flots de notes. Dommage que la finale de cette plage soit aussi abrupte. Tonique, "Rhythm gladiator" rend incontestablement un hommage au grand Bo Diddley, une légende qui nous a malheureusement quittés depuis peu. Le sax nous confie de bien jolies confidences sur un autre blues lent intitulé "Watch her to trust her". "That's my baby" persiste et signe dans un registre Chicago primaire mais efficace. Deux titres on été immortalisés ‘live’. Ils démontrent le potentiel de ces musiciens sur les planches. Tout d’abord, le notoire "Flip, flop & fly". Ensuite "Fishtail cars". Un morceau caractérisé par la présence de Bobby Joe Holzman à l'harmonica. Cet elpee de bonne facture s’achève par le récréatif "TV 's the thing".

 

mardi, 05 août 2008 03:00

Live from ‘The Amp House’

Conjure Root est un petit label monté par John Williamson. Objectif présenter ses différentes expériences. Flashback ! John vit à Atlanta, en Georgie. Nous sommes en 1993. Il fonde d’abord Crossfire, puis Buick 59, avant de diriger les Southside Jukes en compagnie de l'harmoniciste Joe Lee Bush. Chez Williamson, rien n'est jamais simple ou au contraire, tout est d’une simplicité enfantine. Cet enregistrement n'est pas d’un très grand niveau technique. Il est simplement (!?!?) le fruit de la rencontre entre des musiciens déterminés à recréer des sonorités susceptible de dater d'avant 1940. Des premiers enregistrements occasionnellement électriques. Rien de hi-fi, bien entendu. Pas de performances hors norme. Mais de la sobriété et d'excellentes vibrations.

Ces personnages se sont donné rendez-vous dans un infâme joint du Nord d'Atlanta. Ils entament leur set. Felix Reyes (NDR aujourd’hui il drive encore ses Cats) se réserve la six cordes. Le Dr Mighty Paul Linden (NDR : il a milité au sein du band de Sean Costello) souffle dans son harmonica ou siège derrière le piano. Ron Logsden est préposé aux drums, Matt Sickles à la basse, Eddie Tigner aux ivoires (quand Paul joue de l'harmonica) ; et, enfin, notre serviteur, John Lee cumule le chant et la gratte rythmique. Tigner est pianiste. Il est âgé de plus de 80 balais. Il a sévi au sein des Ink Spots, un groupe vocal de R&B qui s’était illustré par une version originale du classique "Route 66", un morceau qui figure d’ailleurs sur cette plaque. Il s’en était même servi pour intituler son premier opus solo. Un disque paru en 2001, chez Music Maker. Pour la circonstance, il avait reçu la collaboration du groupe Chicken Shack (rien à voir avec le blues band anglais), au sein duquel militait Reyes, Linden, Logsden et Sickles ; mais pas Williamson (NDR : le monde est petit!) Le tout est enregistré ‘Switch blade style’ comme ils le confessent! Pour créer les effets d’une chambre d'écho, ils ont utilisé un bocal rempli d'eau comme filtre. En fait, ils cherchent à restituer le son des premiers disques du label Trumpet, une époque au cours de laquelle le blues n'était encore qu'aux prémisses de sa popularité. Cette session n'a pas bénéficié d’un matos performant ; et, malgré le travail opéré sur les bandes, un souffle permanent altère le confort d’écoute. Ces acteurs de cette rencontre unique ont choisi pour patronyme celui de Mercury Brothers.

Le concert s’ouvre par le "Garden hose boogie" de Paul Linden. Le piano barrelhouse est excellent. Manifestement les musiciens s'amusent. Ils le démontrent notamment sur le saignant "No more doggin'", au cours duquel piano, cordes et voix se mêlent dans une même allégresse. Le piano de Tigner canalise le band vers un blues lent et ensoleillé. Il chante "Help me make it thru the nite", un morceau au cours duquel la guitare de Reyes et l'harmonica de Linden sont bien inspirés. De très bons moments émaillent cette grosse heure de blues d'une autre époque. J’en épinglerai cependant "Lickin' gravy", un slow blues chargé d'émotion. John Lee est aux vocaux, Felix se réserve les cordes et l'harmo de Paul monte dans les aigus. "Wait for me", ensuite. Une plage caractérisée par son dépouillement extrême. "Chop top car", encore. A cause de son swing et de son style inspiré par BB King. Et enfin "Mama stop breakin' down", une compo empreinte d’émotion et de mélancolie…

 

On retrouve Johnny Williamson près de chez lui. Il est toujours aussi hanté par le downhome blues. Cet elpee remonte à 2005. Et les indications mentionnées sur la pochette nous mettent immédiatement au parfum : on est en présence de Juke Joint music! Johnny drive désormais ses Superstitions en compagnie de son pote louisianais Demar Dupree, un harmoniciste qui a bien intégré la science des maîtres du swamp blues : Slim Harpo, Lazy Lester, Jerry McCain et bien entendu l'inégalable Little Walter. TJ Sullivan se réserve le rôle de premier gratteur. Le trio cherche manifestement à reprendre la place laissée libre par les regrettés Lester Butler et ses Red Devils, du Hollywood Fats Band. A moins que ce ne soit celle des Fabulous Thunderbirds, première époque. Bien sûr, les musiciens ne sont pas aussi talentueux, mais ils parviennent à nous faire partager leur juke joint music.

Demar met le feu aux poudres en soufflant dans son harmo dès l’intro de "Boogie twist". Cette plage est limpide et remarquable. Le rôle des trois musiciens est bien défini ; pourtant, il n’y a ni basse, ni batterie. Le chant de Demar est ponctué circonstanciellement de petites phrases assassines. Johnny assure la rythmique tandis que TJ reste à l'affût! Dupree reprend également le dépouillé et impeccable "Early in the morning", un slow blues notoire signé Sonny Boy Williamson I. Sullivan sort enfin de sa réserve pour attaquer "Extra Jimmy", une courte plage instrumentale au cours de laquelle il ne tolère que la présence de son ami Williamson. Soutenu par les deux guitares, Dupree revient chanter "Ridin'. Manifestement, tout au long de cet elpee, la richesse du jeu rythmique de Johnny est bien mise en évidence. Il assure les vocaux pour "TV"s the thing". Demar est de retour. Il assène de puissants coups d'harmo en soutien rythmique. Williamson est bien conscient d’avoir pu s’appuyer sur deux authentiques disciples de Little Walter : Joe Lee Bush, au sein des Southside Jukes ; et pour la circonstance de Demar Dupree. Une aubaine ! Ces musiciens ne peuvent cacher le plaisir évident de jouer. Instrumental, "Bayou dream" est simple et désarmant. Face aux accords réverbérés de Sullivan, l'harmonica s’élève dans les tons aigus, sans pour autant se départir d’un sens évident de la mélodie. Totalement libéré, Demar adapte "You ain't nothin' but fine", un standard des T-Birds de la grande époque. La mélancolie des bayous louisianais enveloppe "What's goin' on wrong". Toujours en conjuguant simplicité et efficacité désarmantes. Légèrement chevrotante, la voix de Dupree réverbère un écho susceptible de nous rappeler Sonny Boy Williamson 2 ; surtout quand il s'attaque à "Checkin' on my baby". Un exercice de style vocal qu’il reproduit sur "Alley cat". Il chante encore "Pretty little thing", tout en s'accompagnant à l'instrument chromatique. En finale, "Steady" constitue une synthèse parfaite de cet opus sculpté dans le downhome blues, une œuvre dont la simplicité et l’authenticité constituent les ingrédients principaux.

 

mardi, 05 août 2008 03:00

Juke town

Nous sommes en 2006. John Williamson s’est établi sur la côte Ouest. Il monte une nouvelle équipe au sein de laquelle on retrouve le chanteur/harmoniciste louisianais Dumar Dupree ; mais également des musiciens locaux, dont le jeune guitariste Mike Recendes (NDR : il n’est âgé que de 24 ans !). Figurent également au sein de cette équipe le saxophoniste Jay Stolmack et une section rythmique constituée du drummer Rick Torres et du bassiste Sergio Osollo.

L'album s’ouvre par le titre maître. Une superbe plage sculptée dans le plus pur style West Coast. Le swing est omniprésent. Depuis la voix de Dupree à la guitare, en passant par le sax ; mais c’est cependant l'harmonica du même Demar Dupree qui signe le premier envol en solitaire. Direction Chicago Southside des fifties, pour un boogie instrumental à la Elmore James intitulé "Hawaiian boogie". Le morceau déménage bien. Métallique, la slide se détache bien de l’ensemble pendant que le Dr Jay Stolmack se déhanche sur son sax comme un Eddie Shaw au sommet de sa forme. Slow blues classique, "Tin Pan alley" traîne paresseusement… Les Superstitions revisitent ainsi avec bonheur plus de trente années de blues urbain ayant suivi la grande guerre, abordant au passage des styles différents relevant de Chicago, bien sûr, mais aussi de la Louisiane, du Texas et de la Californie. Malgré son jeune âge, Mike Recendez est un guitariste brillant. Il étale tout son potentiel sur "Gamblin' for my bread", retraçant l'axe musical entre Chicago et L.A, sur le rythme exotique du mambo. Le même Mike remet aussitôt le couvert sur "Cleo's moody". Hypnotique, la rythmique laisse décoller les cordes, le sax de Dr Jay Stolmack et l'harmo de Demar. Le R&B aux accents jazzy est aussi abordé sur "300 lbs of Joy". Le bon vieux John Williamson est de bonne humeur. Sa voix graveleuse peut rappeler Howlin' Wolf. Rich Torres martèle ses peaux. L’équipe prend la direction de la Nouvelle Orléans, pour y dispenser un "Party Gras" au caractère festif. Rich soutient Recendez dans son ascension vers les sommets, tandis que Dr Jay souffle généreusement dans son sax, comme Big Jay McNeely ou encore Joe Houston. La palette de sonorités est particulièrement ample. Elle peut aussi lorgner du côté de Memphis. Et du soul R&B. En particulier sur "That's all I need", une ballade qu'Elvis n'aurait pas reniée dans sa période Sun. "No minors allowed" marque le retour au blues basique. Un instrumental. Le tempo est très lent. Dr Jay manifeste beaucoup de finesse pour souffler dans son sax ténor. L'homme possède à la fois du talent, de la sagesse et de la sensibilité. Il cède le relais à Mike, apparemment inspiré par ce qu'il vient d'entendre et étend ce blues à fleur de peau! Rocker léger et pétillant, "Jo Ann" s’attarde au pays des bayous. Autre blues lent, "Let me explain" s’enfonce au cœur des swamps. La voix fatiguée de Williamson est convaincante. "Nighthawk" constitue sans doute le meilleur blues lent. Empreinte d’authenticité et de mélancolie, l’atmosphère est tout à fait remarquable. La slide est lumineuse. L'harmonica omniprésent. Le swing contamine les cordes sur "Rock a while". Du pur rock'n'roll dont les riffs défilent comme chez Chuck Berry. De toute bonne facture, cet elpee s’achève par "Voodoo workin'". Toutes en reverb, les guitares donnent le ton, pendant que le sax ténor s’éclate sur le devant de scène… 

 

mardi, 18 juillet 2006 03:00

What´s wrong with right

Drivée par le chanteur Chris Gaffney et le chanteur/guitariste Dave Gonzalez (NDR : ex-leader des Paladins), cette formation est née en octobre 2003. Elle pratique de la western soul, c'est-à-dire le fruit d’un mélange entre country et vieux R&B. Leur premier elpee est paru en 2004. Un disque enregistré à Tucson, en Arizona. Ces Californiens y sont retournés pour mettre en boîte ce nouvel opus. Pour la circonstance, Chris et Dave sont soutenus par David Berzansky à la pedal steel guitare, Hank Maninger à la basse et Dale Daniel à la batterie. Au cours des deux dernières années, ces musiciens ont accordé plus de trois cent concerts, une expérience qui leur a permis de se forger un son bien personnel.

L'album s’ouvre par une ballade bien country. Dès l’intro on reconnaît le phrasé de guitare de Gonzales. La steel guitar est particulièrement expressive tout au long de cette bien jolie plage roots, interprétée d’un timbre chaleureux, grave et pur par Chris Gaffney. Invité de marque, Joe Terry se réserve la plupart des parties d'orgue Hammond et de piano sur cet opus. Caractérisée par une mélodie généreuse, le titre maître est absolument superbe. La voix de Gaffney brûle comme le soleil de l'Arizona. Il n' y a guère d'ombre au pied des cactus géants. La steel guitare surchauffe et laisse suinter quelques petits filets sucrés, tout en libérant énormément de tristesse et d'intensité. "Keep it together" marque un changement radical de style. La voix de Gonzales est davantage rebelle. Le rythme bien plus alerte. Pourtant, il n’est guère question ici de rockabilly à la Paladins, mais de soul contagieuse d'excellente facture. Dave se réserve un solo étincelant, une performance immédiatement talonnée par la steel guitar de Berzansky. Opérée par Dann Penn, la mise en forme est parfaite. Un personnage illustre, auteur, il y a bien longtemps, du fameux succès des Box Tops d'Alex Chilton : "The letter". Pour cet elpee, il signe deux chansons. Tout d’abord "Cry like a baby", une superbe compo qui ressemble étrangement à "The letter". Nerveuse, trempée dans la soul, cette plage bénéficie du concours de choeurs et puis de l'accordéon de Gaffney. Ensuite, une ballade country qui touche au sublime : "It tears me up". Chris la chante d’un ton grave face à l’orgue et la lap steel. Un instrument sur lequel Berzansky irradie "The last time" de toute sa classe. Et les perles s’enfilent. A l’instar du remarquable "Life's little ups and downs". "If daddy don't sing Danny Boy" nous plonge au sein d’une atmosphère différente. Dave joue de la baritone guitare sur cette cette ballade folk bien rythmée qui évoque un certain Dylan. Même l'intonation vocale de Gaffney rappelle le vieux Bob. Gonzales se souvient qu’il a vécu à San Diego. A quelques miles de la frontière mexicaine. Il imprime un tempo latino à "Rebound", nonobstant le piano sautillant de Terry, l'accordéon et les cordes enfin débridées du beau Dave. "Cowboys to girls" baigne au sein de la même ambiance. Soutenu par des chœurs, Chris chante, d’une légère pointe latin-soul dans le timbre. Dave Gonzales reprend une dernière fois le rôle de vocaliste pour attaquer son "Different today" qui évolue dans un style purement country. De très bonne facture, cette plaque n’émarge ni au blues ni au rockabilly, mais à la western soul. Mais une western soul particulièrement brillante et esthétique. A l’instar de la plage instrumentale qui achève ce disque : "Son of Saguaro" ; un morceau qui pourrait servir de bande sonore originale de film pour un western!

 

mardi, 04 juillet 2006 03:00

Both sides of the gun

Benjamin Chase Harper est né en Californie. A Claremont. En 1969. Au fil du temps, ce chanteur guitariste a acquis une notoriété en développant un style très personnel et original, où se mêlent blues, folk, gospel, funk, rock et reggae. Il est parvenu à s'inspirer intelligemment de monstres sacrés tels que Robert Johnson, Jimi Hendrix et Bob Marley, pour n'en citer que trois. Très jeune, ce prodige s’exerce à la guitare acoustique dans l'atelier musical de ses parents. Il dispose alors notamment d’une Weissenborn (NDR : du nom du luthier allemand qui la créa). Il commet son premier album en 1992. En compagnie de Tom Freund : "Pleasure and pain". Un opus qui recèle pas mal de blues dont les classiques "Dust my broom" et "Sweet home Chicago". Lors d'un concert, il impressionne Taj Mahal qui l’invite à tourner quelque temps en sa compagnie. L'année suivante, il fonde les Innocent Criminals. Sous ce line up, paraît un premier elpee en 94, "Welcome to the cruel world", puis "Fight for your mind" en 95, "The will to live" en 97 et "Burn to shine" en 99, une oeuvre entièrement composée par Harper. Il embraie ensuite par un album enregistré en public : "Live from Mars". En 2001. Puis encore par "Diamonds in the inside" en 2003, "There will be a light" en 2004, pour lequel il reçoit le concours des Five Blind Boys of Alabama, un ensemble gospel qui participera encore à la confection d’un autre long playing immortalisé en public : "Live at the Apollo". A Harlem. En 2005.

Double CD, "Both sides of the gun" rencontre en une bonne heure de musique, les deux facettes du personnage : Ben le doux et Ben le dur. Ce qui explique la présence de deux disques différents. Le premier elpee expose la face tendre et délicate de l’artiste. Il s’ouvre par le brillant "Morning yearning". Le ton est à la musique de chambre. A cause de la présence d’un ensemble de cordes, nonobstant le chant de Ben. Ballade précieuse, contagieuse, "Waiting for you" communique sans ambiguïté un message d'amour. Dès que la mélodie pénètre dans votre oreille, elle ne la quitte plus. Posé dans le même écrin, "Picture in a frame" illumine l’œuvre de sa beauté immaculée. Pour la circonstance, les Innocent Criminals sont au grand complet (Michael Ward à la guitare, Jason Yates aux claviers, Juan D. Nelson à la basse, Francis Charles à la batterie et Leon Mobley aux percussions), communiquant à la texture sonore une dimension plus compacte et électrique. La voix de Harper est incontestablement le plus bel instrument de l'ensemble. Expressive, unique en son genre, elle est davantage mise en évidence lorsque l'environnement est dépouillé à l'extrême. A l’instar de "Never leave lonely alone", limité à Ben et la basse de Matt Cory ; ou encore "More than sorry", une compo saturée d’émotion, nonobstant la présence Danny Kalb à la guitare. Ben revient flanqué de son ensemble de cordes pour évoquer l’histoire d’un amour difficile : "Reason to mourn". Il chante divinement cette plage. Son vague à l'âme lui permet d’inoculer une sensation de désespoir à sa guitare amplifiée. Le premier disque s'achève sans jamais perdre de son intérêt.

Dit ‘dur’ ( ?!?!?), le second disque s’ouvre dans un registre totalement différent. On a même parfois l’impression de remonter le temps. Pour y revivre l'époque du "Sgt Pepper" des Beatles. Et « Better way » en est le plus parfait exemple. Un parfum d’Asie méridionale flotte dans l’atmosphère. Les sonorités riches, élégantes, complexes, entretenues par sitar et tablas, nous plongent dans une certaine sérénité. Tout au long de ce morceau, la voix de Harper est réverbérée à l'infini. Elle finit même par se déchaîner pour hurler sa quête du droit chemin. Le tamboura de David Lindley (Kaleidoscope) alimente la fête des percussions. Greg Kurstin s’assied derrière son orgue Hammond B3 pour seconder un Ben soudain passé au funk. Il semble hanté par le diable, lorsqu’il chante le titre maître. La tension est omniprésente. Le ton monte. Les fourmillements commencent à envahir nos doigts de pieds. Harper pousse le volume de son ampli. Les cordes s’alourdissent et épousent un riff plus ‘rollingstonien’ que nature pour célébrer "Engraved invitation". Responsable de toute l’instrumentation et de toutes les parties vocales, l’artiste est à la fête. On s'attend même à voir débouler Mick Jagger au micro! Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Notamment lorsqu’il se risque à l’exercice du disco riche et épais sur "Black rain", à la manière d'un Stevie Wonder des bons jours. Ballade roots, ma foi fort classique à première écoute, "Gather 'round the stone" s’ouvre sous la forme d’une parenthèse. Mais peu à peu, le climat se trouble. La voix semble véhiculer une forme de malédiction. Et la guitare de déferler en emportant tout sur son passage! Harper se mue en rocker lorsqu'il est rejoint par un second gratteur : Jason Mozersky. "Please don't talk about murder while I'm eating" libère une fameuse dose d’agressivité. Les vibrations électriques persistent et signent tout au long de "Get it like you like it". Le riff est dur et épais. Les cordes électriques de Michael Ward et de Mark Ford des Black Crowes crèvent l'écran! Ben saisit sa guitare slide pour nous rassurer. Il n’a pas oublié son blues. Et le démontre à travers "The way you found me". Face à la sobriété de l’accompagnement tout en swing, son bottleneck dévoile une facette sauvage de son jeu. Avant de nous quitter, Harper rappelle Mozersky. L’occasion rêvée de mêler les deux facettes : riff pur et dur, très sudiste, dans sa réalisation et allégresse acoustique, limpidité du toucher en contre-pied. Un superbe album pour cet artiste majeur!

 

 

mardi, 30 mai 2006 03:00

Doctor´s oven

Hell's Kitchen est un trio suisse, genevois, très exactement. Une formation qui alimente son blues contemporain à l’aide de divers instruments afin de produire des sonorités susceptibles d’aiguiser notre curiosité. Bernard Monney chante et joue des guitares, Nicolas Roggli se charge des contrebasses ; et enfin, Cédric Taillefert se réserve la ‘percuterie’, soit une panoplie de percussions insolites composée de ressorts, de couvercles de poubelles et autres casseroles. Sans oublier un plus classique washboard. Le trio avait déjà commis un album démo en 2001 ("Blues from the beancan"), et l’année suivante "The big meal". Nos cuisiniers ont déjà partagé la scène avec T-Model Ford, 20 Miles, Bob Logg III ; et ce n’est pas une surprise lorsqu’on écoute cet opus ! La démarche si peu orthodoxe de Fat Possum a, bien entendu, résonné à leurs pavillons.

La ‘percuterie’ entre en action dès les premières secondes de "My house is on fire". Les invocations vocales font rapidement leur apparition ; et dès le débarquement des cordes métalliques, le choc est inévitable. La démarche du combo helvète est bien originale et très personnelle. Le climat n'est pas à la franche gaieté ; mais il est vrai que la maison est en feu ! La ‘contrebassine’ de Nicolas rejoint ses amis pour attaquer "Jack is a writer". Les échanges vocaux sont bien fantomatiques sur "Brick of my body", laissant planer une certaine sensation d’épouvante. Seul maître à bord de cette cuisine inusitée, le diable hante tout naturellement cet univers cauchemardesque. Les cordes sont triturées, lacérées, déjantées, malmenées, pour entretenir cette atmosphère pâle et lugubre. Pour varier les saveurs, les cuisiniers n’hésitent pas à utiliser d'autres instruments. A l’instar de Paul Thernan. Au banjo sur "Dance machine". On les imagine bien arpentant les routes du vieux Sud américain à l'écoute de "Stay in my block" ; mais des routes bien cabossées pour obtenir une telle solution sonore. Même Paolo, qui a ramené son harmonica, ne peut que répercuter des tonalités d'outre-tombe ; et pourtant il aime disserter de cette guitare rythmique qui fédère tout sur son passage. Bernard concentre l’intégralité de ses tics nerveux pour malmener ses cordes. Il se lance dans un boogie improbable sur "Nice", pendant que Cédric et Nicolas secouent leurs instruments comme des âmes damnées. Paolo a retrouvé son harmonica et s'invite même au beau milieu de l'enfer. Le trio se calme quelque peu pour aborder "Unfair", un blues lent très personnel, introduit par l’orgue Hammond de Sarten et contaminé par un violoncelle bien malade. "Lumpi is my dog" incarne leur vision Howlin' Wolf du blues. La forme rythmique est bien empruntée au géant de Chicago. La contrebassine trace un chemin parsemé de longues dérives digitales. Les cordes se complaisent au cœur de cette étreinte. La recherche de la mélodie n'est pas le souci de Hell's Kitchen. Le travail sur le son l'emporte. Tout au long de "Milano", l'ambiance n'est pas très transalpine, mais plutôt teutonne au sens propre de la recherche ; dans un style réminiscent des formations de Krautrock rencontrés naguère. Cédric saisit son washboard. Nicolas imprime un rythme galopant et libère Bernard qui chante un "Misery" plutôt classique avant que Sarten ne fasse subir les derniers outrages à son piano. "Lumfo" est une litanie blues très dépouillée dont la démarche peut évoquer le vieux Captain Beefheart flanqué de son Magic Band, dans ses moments les plus étranges. Pas au niveau vocal, cependant. Cette prière collective finit même par vous convertir et vous serez peut-être surpris de répondre favorablement à cette invitation pieuse. Le ‘four du docteur’ accouche en fin de parcours de l'improbable "Easy start", un morceau dont la recette du riff stonien a été mis à la sauce suisse. Hell´s Kitchen a réalisé sur cet opus, de excellent travail sur les sonorités ; cependant je vous invite à consommer cette plaque à doses homéopathiques. Surtout si vos oreilles ne sont pas averties.

 

 

mardi, 20 juin 2006 03:00

Golden voice blues

Très prisé par la critique, ce jeune guitariste allemand (NDR : issu de Munster très exactement) n'est plus un inconnu puisqu'il compte déjà plus de vingt ans de métier. Particulièrement doué, ce gratteur présente de sérieux atouts et de solides références. Et pour cause, ce disciple de Peter Green et de Larry Carlton synthétise sa propre fusion de blues, de jazz et de soul. Son premier album, "Guitar deluxe", remonte à 1994. Depuis, il aligne régulièrement des albums sous son patronyme ou flanqué du Johnny Rogers Band. A l’instar de "Soul serenade", paru en 2001. Commis en 2004, "Blue hour", son précédent opus, relevait du Gregor Hilden Band. « Golden voice blues » est un disque instrumental. Il recèle onze plages issues de sa plume, pour lesquelles il est soutenu par son trio de base : Horst Bergmeyer aux claviers, Erkan Özdemir à la basse et Klaus Schnirring aux drums ; autrement dit, la très réputée section rythmique des Bluescasters de Memo Gonzales. Deux souffleurs ont collaboré à la confection de quatre plages : Tommy Schneller au saxophone et Keith Dunn à l'harmonica.

"Shuflfin" met directement le feu aux poudres. Gregor reproduit immédiatement la tonalité chère au Peter Green de la grande époque (NDR : celle de la fin des 60s). Il détient une Gibson Les Paul Goldtop de 68 et un ampli Fender Deluxe Reverb de 64. Pour ce Chicago shuffle, Horst est au piano et Tommy aux saxophones. Le niveau technique de Gregor est très élevé. Pourtant, il ne dispense que les notes nécessaires, des notes concédées à l'économie comme le faisait si bien le grand Green. Il embraie sur "Golden voice blues". Un morceau imprégné par le style de T-Bone Walker. Un blues fin de soirée particulièrement agréable au cours duquel sa complicité avec le pianiste est un plaisir pour les oreilles. Mr Hilden persévère dans le swing. La section rythmique se fait légère pour aborder "Off beatin". Un excellent jump imprimé sur un tempo modéré. Une compo qui marque une nouvelle fois le retour de Schneller au saxophone ténor. Décidément versatile, Gregor prend la direction de la Louisiane en empruntant des accents nonchalants. Le swamp blues devient le théâtre de son nouvel essai tout au long de "Smack Bertha's shuffle" ; une plage enrichie par l'harmonica de Dunn et le piano de Horst. "Late rent shuffle" nous plonge dans le monde du blues et du swing. La rivalité entre les cordes, le sax baryton et l'orgue Hammond est tonique. "Mature blues" est un slow blues fort classique. Tout est bien mis en place. La guitare se divertit face au piano et à l'harmo de Keith Dunn. Du bon travail ! Proches de Mike Bloomfield et de BB King, les cordes évoluent derechef dans un registre fort proche de l’univers de Peter Green, bien sûr ! Gregor saisit sa Danelectro Baritone pour s’enfoncer dans un Memphis R&B très séduisant. Intitulé "Baritone boogaloo", ce fragment est éclairé d'un solo de saxophone. Débordant de groove, "Jammin" constitue un exercice instrumental à la texane, proche de Freddie King. Les différents musiciens accomplissent impeccablement leur rôle. Gregor, Horst, Keith, Erkon et Klaus sont unis voire soudés pour le meilleur ! Autre blues lent, "Sweet 'n'sour" réverbère un son puissant, saturé d'écho. La Gibson de Gregor nous flanque des frissons partout, tant son toucher est à fleur de peau et sa sensibilité exacerbée. Slow blues classique, "Earth blues" est soutenu par la section rythmique. Cette compo aurait pu servir de bande sonore pour un Chicago Blues Band. Mississippi Heat, par exemple. Le champ est d’abord laissé libre au brillant pianiste Horst Bergmezyer, à Dunn et Hilden enfin. Cet excellent album s’achève par "Greg's boogie", un boogie au cours duquel chaque musicien met un point d’honneur à donner le meilleur de lui-même pour atteindre un excellent résultat d’ensemble. A écouter absolument !

 

 

lundi, 20 mars 2006 02:00

Beautiful dreams Sessions Vol 3

Eddie Hinton n'est plus de ce monde. Il est disparu en 1995, à l’âge de 51 ans. Il était originaire de Tuscaloosa, dans l'Alabama. Au cours de sa jeunesse, il milita au sein de groupes obscurs comme les Spooks ou les Five Minits. Il acquiert une certaine notoriété, fin des 60s, lorsqu’il devient le guitariste des célèbres studios Muscle Shoals. A cette époque, il partageait un appartement en compagnie de Duane Allman, avant que ce dernier ne fonde l’Allman Brothers Band. Entre 1967 et 1971, il apporte sa collaboration à des célébrités comme Wilson Pickett, Arthur Conley, Aretha Franklin, Joe Tex, Percy Sledge, Elvis Presley, les Box Tops et Otis Redding. En 1977, il commet "Very extremely dangerous", sous la houlette de Barry Beckett. La vague du disco le prive cependant de travail ; et il doit se résoudre à élire domicile dans la rue. A Decatur, dans l’Alabama. C'est là qu'un ami, John D Wyker, le retrouve et l’encourage à enregistrer un nouvel elpee : "Letters from Mississippi". Hinton signe ensuite chez Bullseye et y édite deux opus : "Cry and moan" et "Very blue highway". En 1995, il retourne chez lui à Birmingham où il travaillait sur un nouvel album lorsqu'il est emporté par une crise cardiaque. Ces dernières années, le label Zane avait déjà consacré deux collections à des sessions d'Eddie Hinton : "Dear y'all" et "Playin' around".

« Beautiful dreams » constitue donc le troisième volume de ces sessions, immortalisées entre 1966 et 1980. Hinton possédait une voix extraordinaire. Eraillée, graveleuse, elle était taillée pour chanter le R&B. En 1964, Eddie végétait chez les Spooks. L'année suivante, Fred Styles, bassiste des 5 Menits, lui demande de rejoindre son groupe. Il y retrouve alors le drummer Bill Connell et le claviériste Paul Hornsby. L'année suivante Connell quitte cette formation pour les Allman Joys (des frères Allman). Johnny Sandlin le remplace. Si Hornsby se forgera un nom, notamment comme producteur du Marshall Tucker Band et de Charlie Daniels, Sandlin deviendra le producteur des Allman Brothers Band. Des enregistrements du quartet avaient été opérés en 1966. Ce sont les quatre plages qui terminent cette plaque. Vu l'époque, les reprises de R&B sont exécutées de manière assez brute et primaire, mais elles ne manquent ni de dynamisme ni de conviction. L’enthousiasme et la bonne humeur envahissent "Blue blue feeling", "Lay it on me" ainsi que la reprise du notoire "Turn on your love light", un morceau jadis popularisé par Bobby Bland. Les mêmes musiciens allaient se retrouver quelques années plus tard. En 1974. Chez les Tuscaloosa All-Stars. Ils y concocteront quelques démos en studio. L’aventure impliquait également le guitariste Tippy Armstrong et le claviériste Mike Duke (qui joua en compagnie de Delbert McClinton). "Nice girl" ouvre ce disque. Une gentille ballade soul caractérisée par la profondeur du chant. Le jeu sur les cordes est clair et parcimonieux. "You made me sing" est un plage qui vous flanque des frissons partout, tant la voix libère de l'émotion. Pas étonnant qu'on lui ait donné le surnom d'Otis Redding blanc! Plus rythmé et dansant, "Just another wild love affair" est toujours d’aussi bonne facture. Deux plages datent de 1975. Des sessions qui ont alimenté l'album "Dear Y'all". Tout d’abord "You left the water running", une compo qui fut également adaptée par Otis Redding. Hinton est ici uniquement soutenu par la fameuse "Muscle Shoals Rhythm Section" : David Hood à la basse et Roger Hawkins aux drums. Le timbre vocal d’Eddie est très proche de Sam Cooke. Sur "Beautiful dreams", Hinton est seul. Il chante et joue de la guitare acoustique. Cette plaque recèle aussi des prises alternatives de titres gravés auparavant sur support. Et notamment l’énergique "Everybody meets Mr Blue" et le séduisant "Let it roll". Deux morceaux qui bénéficient du concours des Rocking Horses. Ces plages me rappellent quelque part les Box Tops, combo qui faisait régulièrement appel aux Muscle Shoals! Cette œuvre recèle encore quelques plages puisées ça et là, comme l’inédit "Alleyway", un R&B largement cuivré et très funky datant de 1979 ; ou encore des démos à l'accompagnement dépouillé, et en particulier "I won't let you down" et "Same old thang". De bonne facture, cet opus honore la mémoire de cet excellent chanteur, hélas toujours aussi méconnu…