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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

mardi, 19 août 2008 22:13

Live at GBG

Etabli à Dallas, Richard Chalk avoue une passion pour le blues texan. Il a créé son propre label, Topcat, il y a déjà quelques années. Il a eu la bonne idée de sortir ces bandes tout à fait originales, le témoignage d'un passé que bien peu d'amateurs de blues connaissent. En ce mois de décembre 1985, les Paladins accordent une tournée en compagnie du guitariste Hollywood Fats. Elle durera 2 semaines.

Les Paladins sont nés à San Diego, fin des années 70, sous l’impulsion du chanteur/guitariste Dave Gonzales. A l’époque, on retrouve déjà Thomas Yearsley à la basse et Scott Campbell à la batterie. A l’issue de cette tournée, Fats allait rejoindre les Blasters, et notamment son frère Phil, pour remplacer Dave Alvin. En 1986, Michael Mann nous quittait. Cet extraordinaire musicien avait monté son Hollywood Fats Band ; mais il avait également milité chez le Canned Heat. Il ne redoutait alors qu'un seul gratteur : Junior Watson. Et oui, le monde est petit! 

Nous sommes le 19 décembre 85. Au Greenville, Avenue Bar & Grill de Dallas. Ce concert historique n’est pourtant enregistré que sur un petit walkman… Chalk est donc tombé sur cette bande ; et il s’est décarcassé pour la rendre la plus audible possible, avant de nous la restituer. Bien sûr, nous ne sommes pas en présence d’un enregistrement hi-fi ; mais la musique  est tout à fait excellente. Comme il la décrit, c’est de l’‘Old school Texas school houserockin' rockabilly meets swingin' west coast jump blues’. Lors de ce concert, Gonzales chante et assure les parties rythmiques de guitare, pendant que Fats se réserve la majeure partie des solos.

Le concert s’ouvre par le "Hideaway" de Freddie King, un instrumental notoire. Les quatre musiciens ont tout le loisir de s'échauffer ; mais on relève déjà un brillant exercice de style exécuté par Fats! Le "She's fine" de Jimmy Reed épouse un style jump californien. L’introduction est percutante et vivifiante. Gonzales est aux vocaux. Sa voix très caractéristique est légèrement brisée. Les interventions de Fats aux cordes sont extraordinaires. En appui, la rythmique de Gonzales est très perceptible. La fête se poursuit par les classique "I tried" et "Lawdy lawdy Miss Mary" de Chuck Willis. Le rythme imprimé par les Paladins est impeccable. Cordes, basse et percussions forment un véritable bloc, sur lequel la guitare de Fats ne cesse de s’élever vers les sommets. Ce musicien était ‘too much’ ! Lorsque Dave s’autorise son petit solo, Fats se charge automatiquement de la rythmique. Plus de six minutes de bonheur intense ! Le tempo s'accélère encore pour aborder "Whole lotta shakin'", du pur rock'n'roll soutenu par la basse acoustique de Yearsley. Fats est à l’avant-plan tout au long de "The groove", un instru issu de sa plume qui porte bien son nom! "Rooster blues" a été écrit par Jerry West. Et il n’y a aucune hésitation possible, ce sont bien les Paladins qui l’interprètent. Ce subtil cocktail de rockabilly et de blues, caractérisé par la présence d’une seconde guitare, libère un groove très particulier. Autre plage instrumentale, "Tear it up" relève de la plume de Fats. L’interprétation est brillante. Le rythme échevelé. Le "That will never do" de Little Milton adopte un profil texan. Un jump shuffle abordé dans l’esprit de Stevie Ray Vaughan, sauf dans le style du gratteur, plus proche ici d'Albert King. Balayée par la voix 'rockab' et ravagée de Gonzales, le "Let's have a party" d'Amos Milburn épouse le style Paladins. L'intérêt ne faiblit jamais lors de ce concert. Et le "Mystery train" de Junior Parker, le "Sidetracked" de Freddie King ainsi que le "Goin' to get my baby" de Jimmy Reed en sont de nouvelles démonstrations. Géant ! Quand on pense que le premier album officiel des Paladins n’a vu le jour que bien plus tard. Plus d’une année ! Eponyme, il avait été édité par le label Wrestler. C'est dire le côté historique de ce présent document.

mardi, 19 août 2008 22:11

I just keep lovin' him

A l’instar de Jason Ricci, Dennis Gruenling appartient à cette nouvelle génération d'harmonicistes, manifestement digne de figurer au sein de la race des seigneurs. Un jeune musicien, déjà responsable de trois albums concoctés en compagnie de son groupe Jump Time. Des disques parus sur son propre label, BackBender. En l’occurrence "Dennis Gruenling & Jump Time", "Up all night" et "That's right". Il voue une grande admiration à Little Walter. D’ailleurs, cet elpee rend hommage au génial Chicagolais. Il est même mentionné clairement sur la pochette : ‘A tribute to Little Walter’. Dennis apprécie tout autant George ‘Harmonica’ Smith qui avait autrefois milité au sein du Muddy Waters Band. Curieusement, Smith avait emprunté, naguère, le patronyme de Little Walter Jr pour rendre également un hommage à ce maître. Un elpee intitulé, sans surprise, "A Tribute to Little Walter".

Pour réaliser ce nouvel opus, Dennis a reçu le concours de ses potes issus du New Jersey. Et notamment la chanteuse Gina Fox et le jeune gratteur Dave Gross. Ces sessions d’enregistrement ont été opérées dans son fief. Il a également bénéficié de la participation de prestigieux invités. Dont les souffleurs Kim Wilson, Rick Estrin et Steve Guyger. Une parfaite illustration du crédit dont il jouit dans le milieu. Mais ces autres réunions se sont déroulées en Californie. Gruenling a sélectionné des compos immortalisées par Little Walter, mais aussi signées pour d’autres artistes. En fait, nous ne sommes pas ici en présence d’un "Best of", mais d’un éventail de morceaux moins connus du grand public…

L’équipe attaque "Up the line", une compo imprimée sur un tempo rapide. La voix de Miss Fox est suave et subtilement jazzy. Le saxophone de Doug ‘Big Daddy’ Sasfait est le premier instrument à s’offrir le premier billet de sortie. Il est bientôt rejoint par Dennis. Issu de la plume de Muddy Waters, "Lovin' man" adopte parfaitement le style classique du southside blues de Chicago. Steve Guyger chante quand il ne se consacre pas à l'harmo. Au cœur de cette ambiance traditionnelle, au parfum Chicago, il revient chanter le "My little machine" de Jimmy Rogers (NDR : pour lequel il avait joué dans le passé). "I got to go" évolue toujours sur un rythme élevé. Mais dès les premières mesures, on reconnaît la voix de Kim Wilson. L'harmonica est puissant et magique. Rusty Zinn et Bob Welsh sévissent aux cordes. Un très grand moment! "Hot shot" campe un instrumental chargé de swing. Pas d’invités prestigieux sur ce morceau. Gruenling est uniquement soutenu par son propre band. Pourtant, il démontre ici que privé de ses stars, il est aussi efficace. "Too young to know" se traîne sur un tempo très lent. On se croirait revenu à l’époque du Muddy Waters Band, au début des fifties. Rick Estrin chante et libère ses interventions d'harmo meurtrières, pendant que Rusty Zinn assure à la slide. Instrumental tout en swing, "Teenage beat" constitue un autre moment fort de l’elpee. Les échanges sont remarquables et les envols successifs accordés à Dennis, Wilson et Estrin, font le reste. Kim se réserve les vocaux pour "As long as I have you" et Rick Estrin lors du notoire "Temperature". Un style qui fait le lien entre Chicago et la West Coast! Une voix très ténébreuse et brûlante (celle de 'Choice' ?) se consacre à "Corbella", face aux chœurs doowop. Le résultat est surprenant ! Gina Fox revient chanter "If you were mine" et "One of these mornings". Parfaitement maître de son instrument, Dennis s’y révèle pugnace et créatif. On a encore droit à un denier instru : "That's it". Un morceau puissant, dans le style du maître, entretenu par les cordes de Zinn et de Welsh. Le disque s’achève par "You're sweet", une plage qui célèbre le retour victorieux de Steve Guyger.

N’hésitez pas à visiter le site de Gruenling. Il y répercute, bien sûr, cet hommage rendu à Georges Smith. En outre, vous pourrez également commander un single recelant deux plages instrumentales : l’indolent "Blues for Walter" et l’enlevé "Back track", au cours duquel Gruenling et Guyger s’illustrent par un excellent échange aux cordes. Attention, le tirage est limité ! Et bonne nouvelle, les deux artistes ont décidé de monter une tournée, pour honorer la mémoire de Little Walter. Ce sera dès l'automne prochain!

 

mardi, 19 août 2008 22:08

Bluelisted

Ce jeune chanteur/guitariste canadien est aujourd’hui âgé de 27 ans. Ses débuts remontent à 1999. Année de la sortie de son premier elpee, "JW Jones Blues Band". Un an plus tard, il est signé par le label local Northern Blues Music, pour lequel il enregistre l'impeccable "Defibrillatin'". En 2002, il concocte "Bogart's bounce", un opus pour lequel il reçoit la collaboration de Kim Wilson et de Gene Taylor, alors impliqués au sein des Fabulous Thunderbirds. On retiendra encore la sortie de "My kind of evil", en 2004, un elpee produit par Mr Wilson en personne. Faut dire que ce dernier était tombé sous le charme du talent de ce jeune artiste et souhaitait le prendre sous son aile protectrice. Et puis "Kissing in 29 days", gravé en 2006.

Pour ce nouvel elpee, JW est donc passé par les studios Living Room d'Ottawa. Il est épaulé par ses musiciens : le bassiste Martin Régimbald, le drummer Jeff Asselin et le claviériste Jesse Whiteley. Jones compte de nombreux amis. Pas étonnant qu’il ait donc bénéficié de la participation de quelques grosses pointures issues de la scène contemporaine. En l’occurrence Little Charlie Baty et Junior Watson aux guitares. Sans oublier Richard Innes à la batterie et Larry Taylor à la basse ; c’est à dire une des meilleurs sections rythmiques au monde. Celle du Hollywood Fats Band et des Hollywood Blue Flames. Excusez du peu ! Enfin, il serait injuste de négliger la présence des Wind Chill Factor Horns.

Le "Double eyed whammy" de Freddie King est une mise en bouche. Il met en exergue le trio d'enfer de gratteurs face à Taylor et Innes. Un festival de cordes. Tour à tour, chaque musicien prend son envol, en s’illustrant par son style personnel. Et si vous souhaitez en savoir davantage, je vous invite à disséquer les détails de la pochette. Baty et Watson cumulent 70 années d’histoire. Or, c’est la première fois qu’ils squattent le même studio. JW et son band se réservent six plages. Ils y démontrent toute leur cohésion tout au long de ces excellents blues. A l’instar de "Looking the world straight in the eye", abordé dans un style proche du Chicago Westside. Jones chante d’un timbre particulièrement juvénile. Sa guitare est flamboyante, empruntant tour à tour à Albert et BB King, ainsi qu’à Otis Rush. Brillant! "Can't play a playboy" campe un blues rock simple mais entraînant. Un shuffle terriblement efficace. Plus R&B circa Memphis, "Somebody's got to burn" est hydraté par un orgue de circonstance, pendant que les petites lignes sont tracées à la manière d’Albert King. Plutôt blues/rock, "The doctor" est dynamisé par le piano versatile de Whiteley. Elégante compo soul blues, "Silent treatment" est éclaboussée par les interventions de Whiteley sur son clavier. Et le spectre de Freddie King hante l'instrumental "Bogart bounces again". Signé Richard Berry (NDR : c’est lui qui avait écrit le célèbre "Louie Louie"), "Mad about you" baigne dans le pur rock'n'roll fifties. Un morceau saignant, découpé par le saxophone dévastateur de Franck Scanga. Watson assure la rythmique sur "Wasted life", un blues plus relax, au cours duquel, Baty tire son épingle du jeu. Autre instrumental, "Heavy dosage" fait la part belle au jazz swing. Le tempo est rapide ; mais on assiste surtout à une orgie de cordes au cours de laquelle chaque acteur est placé, à tour de rôle, sous le feu des projecteurs. Et notamment Junior Watson, préposé à la basse acoustique. "That's wrong little mama" a été composé par le grand BB King. Charlie et Junior en profitent pour rivaliser dans le style avec le maître. Et Jones de puiser aussitôt au sein du répertoire de BB. Lors de la version du "Waiting on you", il est seul à la gratte. Et il démontre qu’il a manifestement assimilé le style de la légende vivante du blues. Aussi bien les silences que les notes bien senties. Tout au long d’"Out of service blues", un blues lent très swamp, Charlie Baty joue –curieusement, mais fort bien– de l'harmonica, face aux cordes déjantées et complexes de Watson. Le tempo ralentit pour "Tickets on yourself". Les gratteurs s'amusent comme des petits fous ; mais on y détecte immédiatement les interventions de Watson. Excellent !

 

mardi, 12 août 2008 03:00

One more again!

Plus de dix années après sa mort, l'âme musicale de William Clarke est toujours bien présente. Faut dire que le travail inlassable de sa veuve Jeannette y est pour quelque chose. Chaque année, elle ouvre ses tiroirs et nous offre des témoignages inédits du grand harmoniciste californien disparu. On a ainsi eu droit à "Now that you're gone", "Live in Germany", "The early years, Vol 1 et Vol 2", sans oublier une série de Dvd tout aussi intéressants.

"One more again!" réunit des prises alternatives d'enregistrements opérés dans sa période Alligator. Il recèle plusieurs inédits. Ces morceaux sont issus de sessions accordés au cours de l'année 1993 ; des sessions pour lesquelles il avait reçu la collaboration de redoutables musiciens comme Alex Schultz à la guitare, Eddie Clark aux drums, Rick Reed à la basse et Steve F'Dor au piano.

L'opus démarre par un instrumental sans titre (NDR : « Untitled »). William souffle dans l'instrument chromatique comme il était pratiquement le seul à pouvoir le faire. Ses petites incursions sont géniales. Sa sensibilité musicale est omniprésente. Ses collaborateurs se distinguent par leur sobriété et leur efficacité. On ressent leur joie de se produire ensemble. La complicité entretenue entre Clarke et Alex fait plaisir à entendre. Lorsque Schultz prend son billet de sortie, on entend clairement Bill pousser des cris de satisfaction. "I got my bags packed" est un blues imprimé sur un tempo nonchalant. Un de ces blues qui faisaient la marque de fabrique de Clarke. Sa voix libère une émotion intense. Il signe également, sur son harmonica, des phrases d'une profondeur inégalée. Chargée de swing, "Five card hand" évolue sut un rythme plus enlevé. Une compo qui figurait sur "The hard way", un elpee paru en 1996. Pour la circonstance, c'est Alex, un des seigneurs du style west coast jump, qui tire son épingle du jeu. Signé Roy Brown, "Letter from home" est également issu du même opus. Il emprunte donc également au jazz et au swing. Alex et Bill sont manifestement ravis de le jouer ensemble. Les deux complices nous accordent encore un véritable festival de leurs talents sur "Educated fool", un fragment imprimé sur un tempo rapide, emprunté à "Serious intentions", un elpee qui remonte à 1992. Deux versions de "Home is where the heart is" sont ici proposées. Tout d’abord une extrêmement lente au cours de laquelle Greg Verginio se distingue à la six cordes pendant que Steve F'Dor s'éclate derrière les ivoires. William en profite pour entretenir cette flamme incandescente qui le dévorait constamment. La seconde est plus rapide. C’est Alex Schultz qui est ici à la barre ; mais la différence de rythme est tellement marquée qu’on a l’impression de ne pas être en présence de la même compo. Virginio avait également participé aux sessions d’enregistrement de "The hard way", un œuvre qui semble bien constituer la source d’inspiration majeure de ce "One more again!" (NDR : depuis, Virginio a abandonné les voies sonores pour embrasser celles plus mystiques de la religion). Il est également impliqué sur "When I'm with you baby", un autre blues lent et encore un instrumental sans titre, rehaussé par la présence de Juke Logan, à l'orgue. Et en fin de parcours, Alex se montre à nouveau à la hauteur sur "That ain't the way to do it", grâce à son style si personnel, caractérisé par ses nombreuses notes dispensées sur des lignes parfaitement construites ; le tout soutenu par une rythmique tellement légère et balayé par l’instrument chromatique du maître. Un régal!

 

mardi, 12 août 2008 03:00

Riddin' around in my V8 Ford

Luke Miles est né en 1925. Au Texas. Mais ce bluesman noir est disparu depuis bien longtemps. A l’âge de 62 ans. En 1987. A l'instar de noms prestigieux comme T-Bone Walker ou Percy Mayfield, il s’est éteint en Californie. Il était surnommé 'Long Gone'. A cause de son premier enregistrement. Un single intitulé "Long gone", paru en 1961, pour lequel il avait reçu la collaboration de Sonny Terry et Brownie McGhee. Dès 1959, il avait accompagné le grand Lightnin' Hopkins. A Houston. Pour y jouer et enregistrer. En 1964, il grave "Country born", un elpee qui sera suivi par quelques 45 tours. Il va même partager un duo en compagnie de George ‘Harmonica’ Smith sur "Hello Josephine" et "Little sweet thing". Enfin, il figure également sur la collection "Blues from Los Angeles", un recueil caractérisé par les débuts de William Clarke et de ses Nightowls!

John Williamson des Superstitions l'avait rencontré en 78. A Long Beach. Lors de la première convention de la Southern California Blues Society. Long Gone Miles était un artiste élégant, souvent vêtu de blanc. Mais affublé de chaussettes rouges. Williamson est parvenu à mettre la main sur des bandes immortalisant un concert accordé dans un petit pub, sis Washington Boulevard, à Venice, la plage à la mode de Los Angeles. Une prestation accordée un samedi après-midi, devant une cinquantaine de personnes, tout au plus. Déjà très affaibli par le cancer qui allait l'emporter, Mike se produisait pour une des toutes dernières fois de sa vie. Pourtant, sa joie de vivre était manifeste, sur les planches. Et les huit titres de ce disque en sont un parfait témoignage.

Luke ouvre son set par un vibrant "Mojo hand", une compo signée par son ami Sam Hopkins. Le timbre vocal est chaleureux. L'accompagnement est parfois approximatif, mais il est bien soutenu par un harmoniciste très alerte. Indolent, "38 Pistol & a V8 Ford" est un excellent downhome blues. Très Chicago blues, il est dynamisé par la slide. On est plongé dans un climat proche du blues et du boogie. Dans l’esprit de Lightnin' Hopkins. Et c'est encore évident sur le rapide "Shake now baby shake". L'alternance entre les tempos rapide et très lents caractérise à nouveau "My little one room country shack", une plage au cours de laquelle un harmoniciste anonyme se met en évidence. Luke embraie par "It's mighty crazy", un boogie qu’il interprète face à un bien maigre public ; puis enchaîne par "Long gone (with my red pajama's on!)", son hymne personnel. En guise de rappel (NDR : c’est également un bonus track), il nous réserve une finale attachante, mais trop brève, "I can't get along with you", proche du swamp blues. Un document!

mardi, 28 novembre 2006 02:00

Wake up & worry

Mitch Kashmar est un brillant harmoniciste qui jouit d’une solide réputation chez lui, en Californie. Agé de 46 ans, il est originaire de Santa Barbara, au nord de Los Angeles. Dans les années 80, il avait conduit les Pontiax, responsables d’un album sur le label belge Blue Sting. L'équipe du label Delta Groove et en particulier son boss Randy Chortkoff (NDR : également producteur), l’ont accueilli à bras ouverts. Ils lui avaient d’ailleurs déjà permis de graver "Nickel & dimes", l’an dernier.

Ce disque libère un punch incroyable. Et l’ouverture, "I got no reason" en est une belle démonstration. Conduite par l'harmo de Mitch et dynamisée par la guitare enthousiaste de Junior Watson, cette entrée en matière royale est sculptée dans le jump pur et vigoureux. En outre, il y a du beau monde derrière : Fred Kaplan au piano, Richard Innes des Hollywood Blue Flames aux drums et Rick Reed à la basse. Mitch est bien dans son élément lorsqu’il reprend le "Dead presidents" de Willie Dixon. Il y manifeste ici la présence et la puissance créative d’un Sonny Boy Williamson. Mitch empoigne les shakers pour entretenir les rythmes exotiques de "Green bananas", pendant que les claviers de Jim Calice lui confèrent une ambiance festive et joyeuse. Les percussions sont encore bien présentes tout au long de "Funky dee". Le tempo oscille du funk au jazz. Le souffleur empoigne son instrument chromatique et érige, tout en finesse, une bien agréable pièce instrumentale. Mitch jouit d’une excellente plume. Il a écrit plus de la moitié des plages de ce nouvel opus. Le titre maître est soutenu par une section rythmique qui transpire le swing. Un excellent jump blues au cours duquel la sobriété et l’inventivité de John Marx, un ancien collaborateur de William Clarke, fait merveille. Au chant, Kashmar se montre régulièrement à son avantage. En outre, il est capable de dispenser de petites phrases assassines dans les aigus à l’aide de sa musique à bouche. Et le blues vivifiant "Night creeper" en est la plus parfaite illustration ; un fragment au cours duquel Watson en profite pour se déchaîner sur son manche. La joie envahit les cœurs de tous ses musiciens. Le bourbon coule à flots. La folie semble avoir envahi les studios. On a même parfois l’impression de retrouver la chaleur d'un club de L.A. Tous les amis sont venus rejoindre l’équipe pour assurer les chœurs de "Half pint a whiskey", un titre complètement déjanté au cours duquel Watson ne tient plus en place! Notre souffleur se réserve un espace roots, lorsqu’il ne tolère plus derrière lui que l'éclatant Alastair Greene préposé à la National steel guitar. Le duo vire à l’unplugged pour un "Black dog blues" efficace et tonique. Chortkoff est également un harmoniciste talentueux. Il adore mettre son grain de sel sur les œuvres de ses poulains. Il chante donc son "You dogged me", un morceau qui rappelle étrangement le répertoire de Jimmy Reed. Il expire dans les aigus de la même manière, pendant que Kashmar assure les parties de basse sur son instrument. Son maître à souffler est incontestablement Little Walter. Sans surprise, Mitch reprend son "Up the line". Il fait honneur à son ancien maître du Southside de Chicago. Il est hanté par son génie. Et c'est limite si on se rend compte de la présence de Junior Watson et de Rusty Zinn sur la même scène.

 

lundi, 13 mars 2006 02:00

MK

Issu du Michigan, ce vétéran joue de la guitare depuis plus de quarante ans. Pour lui, l’enfer est pavé de bonnes intentions, pourvu qu’il soit saturé de boogie, de hard rock, de blues et de metal. Un style pur et dur auquel ce nouvel opus carbure. Il s’est forgé une réputation en s’inspirant des mythiques Albert, BB et Freddie King, ainsi que Jerry Lee Lewis et Elmore James. En 1974, il émigre à l'Ouest. A Los Angeles, très exactement. Mais ce séjour n’est guère productif ; et après deux ans, il retourne sur ses terres, dans le Nord. En 84, il commet son premier elpee, "Boogie all over your head". Un opus qui ouvre la voie à une production dont les titres en disent long sur le contenu : "Proud to be loud", "Rip it hard" ou encore "The rage called rock'n'roll". Son dernier album remonte à 2002 : "Bad machine".

Dès les premières secondes de "Back to your cages", on se rend compte qu’on est bien dans l’univers sonore de Katon. Son style est direct, agressif, âpre, dur, lourd et efficace : du tout bon Katon, quoi ! Le booklet mentionne que toutes les plages ont été composées et interprétées par Katon. Aucune indication relative à l’un ou l’autre collaborateur. Aurait-il joué à l’homme-orchestre ? La voix de Michael emprunte un timbre grave, caverneux, pour attaquer "On the prowl for a hoochie mama". Ce fragment semble venir d’un autre monde. Un monde impitoyable au sein duquel les riffs de la slide se mêlent à la rythmique de plomb. Et lorsque cette slide passe à l'avant-plan, c’est pour emprunter un profil plus tortueux, gémissant. Le "Diablo boogie" sort tout droit de cet enfer. Une constante : la slide agresse, éclate, vomit et vocifère. La douleur est insupportable ! Blues rock plus classique, "Need it awful bad" est toujours aussi acéré ; mais sans surprise, c’est avant tout un hommage à Jimi Hendrix. Les cordes sont en feu. La débauche se mue en orgie. Impressionnant ! La machine de guerre continue de piétiner tout ce qui ose se manifester sur son passage : "Rock'n'roll man", "Whiskey hill", etc. "In the land of rock'n'roll" permet de souffler quelque peu... Différent, il concède un soupçon de mélodie. Moins coriace, il permet à Katon de démontrer une toute autre facette de son talent. En fait, il cache bien son jeu, car il est capable de se montrer bien plus inventif, en produisant des riffs hypnotiques, aventureux. Ce voyage psychédélique, on l’imagine accompli sur les routes du pays du rock'n'roll à bord de sa Chevy noire ou de sa Ford V8. Superbe ! "Dirty thang" nous remet bien vite le chemin du boogie. Extravertie, sa slide évolue devant les riffs rythmiques bien métalliques. Blues indolent, "Luv a dawg" célèbre une nouvelle rencontre avec le fantôme d’Hendrix, converti aux techniques du 21ème siècle. Démoniaque, cet opus ne pouvait s’achever que par un boogie infernal : "Motor Cycle blues". La section rythmique qui soutient aujourd'hui Michael est composée de Sid Cox à la basse et de Johnny Bee à la batterie (NDR : pour votre information, sachez que Johnny "Bee" Badanjek militait autrefois chez les Detroit Wheels de Mitch Ryder!! Mon Dieu que c'est loin!) Katon est tellement satisfait de cette équipe, qu’il compte réaliser un album ‘live’ lors de sa tournée actuelle, un périple qui passait par le Spirit of 66 de Verviers, ce 6 mars. En outre, il compte éditer un nouvel elpee au cours de l’année 2006. Sur son label Wild Ass. Son titre ? "Diablo boogie : Blues brewed in Hell". Vous êtes prévenus !

 

dimanche, 26 février 2006 02:00

Blues come tumblin´ down

Issu de Los Angeles, John Keith est établi à Tulare County, dans le centre de la Californie, depuis plus de vingt ans. Un chanteur/guitariste réputé pour son fingerstyle traditionnel qu’il exerce dans l’esprit du delta et du Piedmont. Il se produit tantôt en solitaire ou au sein de différents groupes : Revolver (une formation très inspirée par les Beatles), Fat Tuesday (dans un registre proche du Mardi Gras) et surtout le Loose Gravel Blues Band. En 2001, il avait commis un album consacré à des compos personnelles : "Dirty lowdown blues". Et l’année suivante à des reprises (NDR : notamment de Robert Johnson, Charley Patton, Mississippi John Hur et Rev Gary Davis) : "Woke up this mornin", une œuvre immortalisée ‘live’ au Brewbakers Bar & Grill de Vesalia, en Californie... John milite donc également au sein du Loose Gravel, un combo drivé par le chanteur/guitariste Bob Dennison et l'harmoniciste Steve Gaut. Un ensemble responsable d’un elpee en 2000 : "Too Loose blues". Au cours des dernières années, John s’est essentiellement consacré à sa carrière solo, une aventure qu’il concentre la plupart du temps dans la Vallée de San Joaquin!

Pour concocter cette plaque, il a reçu le concours de quelques connaissances : son ami Don Boomer et Rocky Siegenthaler (du Loose Gravel) se partagent les drums, John Lauffenburger se réserve à la basse, Hunt Graves la guitare rythmique, Jeff Levine les claviers et John King le saxophone ténor. Un line up enrichi par la présence d’une section de cuivre (NDR : un trio !) : Grit-tones. Personnage plutôt modeste, John Keith chante et joue de la guitare ; mais aussi de la basse, du piano et du trombone. Il signe cependant onze des douze plages de cet album!

Il prend son départ au Sud des Etats-Unis en interprétant "Mexico", un titre roots pop aux forts effluves latinos. A cause des guitares. Mais aussi des drums soutenus par les percussions exotiques (congas, shakers et cowbells) et des chœurs féminins. John prend la direction du Delta du Mississippi flanqué de sa six cordes. Une Resonator dont les accents métalliques électrisent le titre maître. L'artiste aime changer d'atmosphère. Cuivré, "Won't you please come back to Memphis and share my bed" évolue au cœur d’un triangle formé entre Memphis, Kansas City et New Orleans. Le piano de Jeff Levine roule. Les Grit-tones assument, mais le sax ténor de Kevin Yee et l’alto de Tony Rohrkemper font la différence. Mr Keith attise l'ambiance en chantant le blues d’un timbre chaud et graveleux, dans un style sensiblement proche de Ray Charles, sur le bien nommé "Brother Ray". La superbe voix soul de Syl Grigsby le rejoint au sein d’un décor sonore tapissé par l'orgue Hammond, les chœurs puissants et le saxophone. Excellent ! Enfin, John décide de retourner auprès de ses racines. Les plus pures ! Il empoigne son bottleneck pour attaquer "The mockingbird", ne tolérant que le seul Boomer derrière lui! "Honey Do" emprunte une nouvelle direction. Un blues rock léger qui macère dans le Memphis sound, au sein duquel l'orgue de Levine se détache. John dispose d’une voix susceptible d’emprunter différents registres. Elle colle aussi bien à la roots, au folk pop ou encore à la world, à l’instar d’"I've got a life of my own". En tirant parti du rerecording, il cumule cordes électriques, acoustiques et banjo à 5 cordes. Armé de sa guitare slide, il reprend la direction de la Nouvelle Orléans pour chanter "Only old men sing the blues". Le ton est grave. Le piano est placé à l’avant plan. Plus discrets, les cuivres prennent un certain recul. Impeccable ! Il poursuit dans le même style pour concéder sa seule cover : le "Gimme that wine" de Jon Hendricks. Mais également, un autre fragment issu de sa plume et intitulé "The road". Blues très lent, "Alone in a crowd" observe une ligne mélodique très soignée. L'orgue Hammond de Jeff trace la ligne de conduite avant de laisser Howard "Lazy boy" Kent (NDR : un invité !) prendre son envol sur les cordes. Particulièrement soigné, cet opus s’achève par "Kaikamahine nan!", une plage bercée par la douceur de John à la guitare sèche et de Don Boomer au djembe.

mardi, 02 mai 2006 03:00

80

Paru mi septembre 2005, ce dernier album de BB souffle ses 80 bougies (NDR : il est né le 16 septembre 1925 à Itta Bena, dans le Mississippi). Et à nouveau, il a voulu célébrer cet anniversaire (NDR : à moins que ce ne soit son label) en opérant de multiples collaborations en compagnie d’artistes notoires, à travers ces fameux ‘duets’ dont il semble si friand ! Il avait ainsi commis "Blues summit" en 93, "Deuces wild" en 1997 et encore "Riding with the King" en 2000 ; et ce dernier flanqué d’Eric Clapton. BB est une légende vivante. Immédiatement détectable, son style a inspiré maints et maints guitaristes ; et en particulier ceux qui firent le succès du British Blues Boom et du renouveau du blues aux USA. Parmi les plus célèbres citons Clapton, Peter Green ou encore Michael Bloomfield. Sa carrière a été couronnée de succès, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais surtout et avant tout, il a popularisé une multitude de classiques du blues : "The thrill is gone", "3 o'clock blues", …

Dès l'ouverture, il nous propose la meilleure plage de l’opus : "Early in the morning". BB et Van Morrison, le sublime Irlandais, conjuguent leur voix. L’homme de Memphis fait vibrer Lucille, mais en manifestant beaucoup de retenue. "Tired of your jive" libère pas mal de swing. Les guitares de BB et de Billy Gibbons du ZZ Top s'échangent les notes en ouverture. La voix rocailleuse de Billy est facilement reconnaissable. Pour attaquer le joyau "The thrill is gone", BB a invité son ami Eric Clapton. La version est de bonne facture, mais ce n'est certainement pas la plus convaincante de ce canon du blues. Le "Need your love so bad" de Little Willie John baigne au sein d’une ambiance très laidback. BB chante comme un dieu ; mais la féline Sheryl Crow fait un peu tapisserie. Sa voix et sa démarche paraissent même ici assez fades. "Ain't nobody home" évolue dans un tout autre registre. Soutenu par un front de cuivres, BB goûte au "Philly sound". Pour la circonstance, il est rejoint par d'anciens maîtres du genre : Darryl Hall et John Oates. Bénéficiant du concours du très jeune chanteur, John Mayer, la version de "Hummingbird" me plaît beaucoup. Une compo douce et mélodique, au cours de laquelle les deux voix libèrent énormément de feeling. (NDR : John Mayer vient de graver un excellent album live, "Try it", au sein d’un trio qui implique également Steve Jordan et Pino Palladino). Mark Knopfler (Dire Straits) marque "Fly away" de sa présence. Un moment fort intéressant abordé dans un esprit assez étranger au blues. Les guitares sont exquises et l’excellent piano omniprésent. R&B très cuivré, "Driving wheel" est issu de la plume de Junior Parker. BB est épaulé aux vocaux par Glen Frey des Eagles. Malheureusement, il ne jouit pas d’une voix taillée pour chanter le blues ni pour épouser celle bien plus puissante et orgueilleuse de BB. Long blues lent, "There must be a better world somewhere" est illuminé par la voix de notre King. Par contre Gloria Estefan aurait mieux fait de s’abstenir. Sans pourtant tomber dans le ridicule, Roger Daltrey démontre qu’on ne s’improvise pas chanteur de blues. Surtout quand on doit faire face à son ambassadeur le plus prestigieux. "Never make your move too soon" en est la plus belle illustration. BB est enfin confronté à un partenaire capable de rivaliser avec sa voix ; en l’occurrence un autre vétéran : Bobby Bland. Un remarquable exercice de style opéré tout au long du très dépouillé "Funny how time slips away". L'album s’achève par un boogie furieux immortalisé live : "Rock this house". Elton John tape assez lourdement sur ses touches en ivoire, mais chante un ton en dessous de BB. Heureusement que Lucille se déchaîne. Croisons les doigts pour que BB ait encore le temps de vivre un album plus déterminant avant de rendre son dernier soupir...

 

 

mardi, 28 novembre 2006 02:00

Master of the game

Jackie Payne est originaire de Georgie. Il s’est converti au blues il y a bien longtemps. Lorsqu’il vivait à Houston. Aujourd’hui il compte déjà plus de 40 années d'expérience au sein de l’univers musical. Il a chanté pendant 15 ans au sein du Johnny Otis Revue. Il a notamment accompagné T-Bone Walker, Pee Wee Crayton, Lowell Fulsom et quelques autres. Steve Edmonson est un guitariste qui compte également une longue carrière derrière lui. Il a ainsi apporté son concours aux cordes pour James Cotton Syl Johnson et Luthrer Ticker. Ces deux comparses s'étaient retrouvés chez les Dynatones, à San Francisco, avant de décider de faire route ensemble. Un premier elpee, "Partners in the blues", était paru en 2003 sur le label Burnside. Le backing band bénéficie d’une solide section rythmique, dont Nick Otis, le fils de Johnny. Mais aussi des Sweat Meet Horns, du saxophoniste Green, du trompettiste John Middleton et du claviériste John Thomas.

Le PE Band démarre fort en imprimant un rythme boogie sur "Mean evil woman". La voix riche de Jackie Payne interpelle immédiatement. Soutenu par l’ensemble des cuivres, il se montre très à l’aise sur ce tempo emballé. Le titre maître place définitivement l'ensemble sur orbite. La formation s’y montre déjà au sommet de son art. Un R&B qu'on n'entend plus guère de nos jours. L'orgue Hammond et les cuivres sont bien présents. Edmonson est sur la bonne rampe de lancement. Il en profite pour dispenser un solo très incisif, dans l’esprit de l'Electric Flag de Mike Bloomfield et Barry Goldberg, une formation emblématique de la fin des 60s. "The real deal" entretient ce répertoire musclé. Un blues tout en rythme au cours duquel les musiciens respirent la joie de vivre. John Thomas est passé au piano. Carl Green se révèle impérial sur son saxophone ténor. Payne possède une voix susceptible de s’adapter à tous les rythmes et tous les styles. Plus atmosphérique que celle d'Otis Redding, elle s'adapte facilement au Memphis R&B, coloration Stax, sur la ballade "A fool named me". Signé Steve Cropper et Eddie Floyd, "Just the one" nous remémore de grands moments du passé. Ou plus exactement des mythes. Et en particulier ceux d’Otis, de Wilson Pickett et d’Eddie Floyd. Inspiré par le blues urbain chicagolais des fifties, "Woman in Kansas City" est introduit par un riff saignant cher à Elmore James. Un exercice de style particulièrement réussi. Faut dire que la cohésion manifestée par les musiciens est absolument remarquable. De Chicago, la musique s'enfonce dans le Westside pour épingler "Sweet landlady". Il est vrai que la voix magique, naturellement soul de Jackie Payne est parfaitement adaptée à ce style. Soutenue par les cordes d'Edmonson, cette plage est hantée par l’esprit du légendaire Magic Sam. "Black cat roun' my do" opère un retour dans le R&B de première classe. La machine est parfaitement huilée. La voix est ici au sommet de son art. Un organe également taillé sur mesure pour chanter le blues lent, brûlant, torride. A l’instar de "Wake me up in San Francisco". Plage instrumentale, "Cabranito" est calibrée sous un format proche du BB King band des 60s. Fred Kaplan est installé derrière le piano. Edmonson y étale tout son bio hérité en ligne droite de BB et Clarence Gatemouth Brown. Cet excellent opus de blues et de R&B s’achève par le "I'll take care of you" de Brook Benton, une plage lente, savoureuse, royale même, qui figurait au répertoire du Bobby Blue Bland…