L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

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La vérité selon RORI

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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

X Patriot

‘I'm in the middle of a nervous breakdown / I'm a timebomb / How do ya like me know ?…’ Les trois forcenés de Federation X n'ont que faire des habituelles formules de politesse : il faut parer au plus vite à la médiocrité ambiante et rentrer directement dans le lard, seules manières selon eux de réveiller la conscience du peuple, atrophiée par le climat de peur qu'ont instauré Bush et ses sbires. " X Patriot "… tout est déjà dit : ces trois rockeurs (guittare-basse-batterie) ne se réclament d'aucun parti, d'aucune fédération, d'aucune patrie, si ce n'est celle du gros son qui tache, genre rock'n'roll burné et rôti en enfer. Voilà le secret des plus rebelles : tenter de changer les mentalités en restant vierge de tout engagement politique, en misant seulement sur quelques chansons fortes et une attitude irrécupérable. Federation X ne risque pas de faire un jour la une des magazines rock : leur " X Patriot " n'est pas assez limé aux entournures pour plaire au plus grand nombre. C'est violent, carré, sale, sans concessions, barré d'un " X " comme le sont les films interdits aux mineurs et, par là, bannis de la société. Même la production d'Albini ne pourrait rien y faire : ce rock âpre et malade (pensez à Vandal X, Big Black, Murder City Devils) n'est pas taillé pour l'écoute en famille. On préférera se le mettre en boucle pendant nos crises de doute et de colère, à l'abri des regards et des questions indiscrètes.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Get Shot

C'est déjà le sixième album des Suédois de Fireside, et toujours cette volonté de ruer dans les brancards du rock, de la pop (noisy) et du folk, de mélanger le tout et d'en faire une belle omelette, succulente et jamais indigeste. Dans les années 90, Fireside était considéré comme un groupe de hardcore, parce qu'il jouait vite et fort. Depuis " Elite " en 2000, les quatre Scandinaves ont grugé leurs fans et les critiques, en osant un instrumental de 10 minutes (" Elite "), un morceau presque country (" Elevator Action "), sans parler de ces synthés et ces trompettes qui foutaient le bourdon à ceux qui attendaient là des guitares bordéliques et des meuglements hystériques. 2003, l'affaire est entendue : il est bien fini le temps des excès de colère, place aux mélodies pop qui accrochent, aux refrains certes enlevés mais plus si excités. " All You Had " résume bien ce changement de cap : une ambiance pop à la Dandy Warhols, des guitares cristallines à la Soundtrack of Our Lives ( des amis ). Kalle Gustafsson des Soundtrack a d'ailleurs produit cet album, et ça s'entend : le son est léché, net, précis. " Follow Follow " monte vers le psychédélisme, jusqu'à l'explosion de " Betrayer ", comme si les deux morceaux formaient un diptyque. Entre ligne claire (ces guitares acoustiques) et fil rouge tendu à mort (ces riffs qui déménagent), Fireside garde l'équilibre, sans jamais se casser la gueule. A la fois mélodieux et nerveux, " Get Shot " devrait plaire autant aux fans de rock couillu qu'aux amateurs de joliesses pop. De toutes manières, Fireside a pensé à tout : en milieu de course, " I'm Coming Home " ralentit la cadence et déroule le tapis country, comme si Kristofer Astrom, le chanteur, s'exerçait en solitaire (cfr ses albums solos en compagnie des Hidden Truck)… De quoi reprendre ses esprits pour ensuite repartir de plus belle… ou au contraire abandonner la partie. Dommage pour ceux qui se défilent : ils n'ont pas le goût du risque. C'est vrai qu'à la fin, Fireside redouble de violence. Mais cela reste limpide, malgré la saturation, malgré la tension. Voilà un album qui s'écoute autant pour sa vivacité garage que pour ses harmonies pop un peu sixties : autant dire qu'on y retourne souvent.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

#1

" Emerge " constitue le plus gros tube de la génération elektroklash : sexy, sauvage, jouissif. De la dynamite. Le genre d'hymne transgressif que l'on fredonne sans cesse, même après 10.000 écoutes. Alors que le genre, déjà en pleine baisse de régime, ne devrait plus faire long feu, on ressort le premier et unique album de Fischerspooner, alias Warren Fischer et Casey Spooner. Sans doute parce qu'" Emerge " est encore sur toutes les lèvres : " Sounds Good… Looks Good… Feels Good Too " serait en passe de devenir le slogan des adeptes de l'hystérie collective et du Carpe Diem, des clubs aux salles de concert rock. Parce que les deux compères, au départ, ne comptaient pas faire de la musique. Plutôt des expos et des performances vidéos dans les galeries d'art, à semer leur bonne parole à la Andy Warhol et tenter de récolter leurs " 15 minutes de gloire ". C'est ainsi que, de fil en aiguille, Fischer et Spooner sont devenus des stars de l'électro glam-trash, érigés symboles déviants d'une jeunesse électro qui voulait le retour des strasses et du show, de tout ce cirque qu'on croyait réserver à Kiss et Marilyn Manson. Fischerspooner représente la plus bestiale mais aussi la plus sensuelle des incarnations de notre société déliquescente. Comme à l'époque de la Factory, tout est ici basé sur l'apparence, le commerce, le marketing, comme nouvelles règles d'un art qui se veut destiné aux masses. Que personne ne s'y trompe : Fischerspooner n'est qu'une splendide arnaque manigancée par deux génies de la pub avides d'exposition médiatique. Bien sûr, c'est grotesque. Et génial à la fois. Parce que cela prouve une fois de plus que ces 15 minutes de gloire sont à la portée de n'importe quel bon manipulateur. Fischer et Spooner l'ont bien compris, puisqu'ils ressortent leur album une troisième fois (après International DeeJays Gigolo et Ministry of Sound), agrémenté cette fois d'un DVD d'1 heure. Au menu : docs, clips, interviews,… Un complément essentiel au disque, puisque l'image s'avère essentielle chez ces deux pirates de l'information, qui sont parvenus avec talent et malice à détourner le medium musical à leur avantage, encore et toujours (et ça fait presque trois ans que ça dure !). Côté musique ? " Emerge ", énorme. Et une reprise de Wire (" The 15th "), genre slow élektro-glam étonnant de profil bas. Puis d'autres tubes, certes mineurs par rapport à " Emerge ", qui empruntent leur minimalisme à Kraftwerk, D.A.F. (" Turn On ") voire Plastikman (" Horizon ") et Orbital (" Ersatz "). L'expérience, aussi bien musicale que visuelle et promotionnelle, vaut en tout cas le détour. Jusqu'à leur prochain coup d'état médiatique.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Kinkynasti

Derrière Five Deez se cache en fait Fat Jon, qu'on a pu entendre cette année chez Pole et Styrofoam. Preuve que l'homme a du goût, ce qui est presque un luxe dans le monde stéréotypé du rap amerloque. Pour cet album, le deuxième de son groupe, Fat Jon n'a pourtant pas retenu les leçons de ces potes du laptop : ici, on parle toujours de hip hop, et du plus riche. Si " Kinkynasti " n'est pas avare en tubes plaqués or, il lorgne davantage du côté plus abstrait du jazz rap à la Gangstarr. C'est quand les rythmes s'étirent et que les femmes soupirent (" Another Love Affair ", " Tonight ") que Five Deez retient le plus notre attention, même si certains atours plus funky peuvent aussi attiser notre ardeur (" Funky ", comme son nom l'indique). Il arrive également à Five Deez de garder ses mots en bouche et laisser parler la musique : ces instants-là, précieux (" The Ocean ", " The Rain "), nous rappellent alors le meilleur de Cinematic Orchestra, bref le meilleur de l'électro-jazz. De ce disque se dégage une poésie tranquillisante, loin des diktats FM imposés en général par le rap bizness. Du miel pour les oreilles !

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Folly

De l'électro gentille, mais pas terrible : Darren Durham aurait l'intégrale de Tangerine Dream à la maison qu'on ne s'étonnerait pas. Ces petites vignettes évasives (vaseuses ?) d'ambient bon marché n'ont donc pas grand intérêt. Que les nappes ternes du bonhomme s'étalent sur chaque morceau, à la limite. Mais qu'elles tirent sans cesse à elles toute la couverture, là pas d'accord. Pour cela, il y a Jean-Michel Jarre. Et quand Cotton Casino d'Acid Mothers Temple vient pousser la chansonnette, c'est la bérézina : on se croirait dans un resto chinois, à s'emmêler les baguettes dans nos nouilles ramollies, cette muzak en fond sonore. Darren Durham ferait bien d'écouter les BO d'Hisaichi, le maxi d'Alexander Perls et les albums de Brian Eno : il en prendrait de la graine (de soja).

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

As Serious as Your Smile (single)

Rappelons aux distraits que " Rounds ", le troisième album de Kieran Hebden, alias Four Tet, est une merveille d'electrofolk : l'un des disques de l'année. Sur ce maxi, on retrouve l'une des plus belles compositions de l'Anglais, " As Serious as Your Life ", agrémentée d'un remix pas très novateur et d'une version live de 23 minutes ( !) sur laquelle Hebden s'amuse à dynamiter la structure du morceau en parcelles bruitistes rappelant Suicide, Merzbow et Cabaret Voltaire. Un exercice à la limite de l'audible, zébré de stridences post-industrielles qui jurent avec l'univers austral et mélancolique dilué par petites couches sur l'album. C'est angoissant, mais cela reste du grand art. L'interview du bonhomme est toujours en ligne sur notre site… So check it !

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Rounds

Kieran Hebden n'a que 25 ans et compte déjà huit albums à son actif : trois sous le nom de Four Tet, le reste avec Fridge. Mais " Rounds " pourrait bien être son meilleur, tant le jeune homme s'est ici surpassé dans la conception d'une électro-folk en tous points magnifique. " Folk ", parce que son électro est d'abord à base d'instruments acoustiques (banjo sur " She Moves Me ", harpe sur " My Angel Rocks Back and Forth ", cordes et clochettes sur " Spirit Fingers ", piano sur " Unspoken ", clavecin sur " As Serious as Your Life ",…) : une gageure que l'Anglais relève avec une incroyable maîtrise et un goût sans failles. Et pour cause, puisque par-delà cette originalité, Hebden nous gratifie de mélodies éblouissantes, le sommet de l'album étant atteint par cet " Unspoken " à l'allure divine, avec ces notes de piano égrenées sur un beat de batterie entêtant. Magique ! En convoquant ces sons à la chaleur toute organique, Kieran Hebden touche à nos cordes sensibles… Mais ce qui étonne encore davantage, c'est cette faculté d'utiliser les bruits du quotidien (le " pouet-pouet " d'un jouet en plastique sur " Slow Jam ") et de les intégrer dans le canevas de ses ritournelles contemplatives, avec pour conséquence cette impression de proximité rassurante. La musique passionnée et passionnante de Four Tet nous fait du bien, nous console, nous rassérène. On s'y love dès qu'on peut, parce qu'on s'y sent en paix. Un chef-d'œuvre, pas moins.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Everyone Deserves Music

Depuis quelque temps, Michael Franti a décidé de prendre la vie du bon côté : même si ce n'est pas la joie, que Bush est un idiot, que les guerres se multiplient, que la canicule fait rage, il y a aura toujours de la musique pour faire passer la pilule. On vous épargnera les messages humanistes de Michael Franti : il y en a à la pelle sur ce disque, à commencer par son titre. Il est désormais loin le temps où l'ex-basketteur rappait violemment des textes vengeurs sur un hip hop malin et rentre-dedans (Disposable Heroes of Hiphoprisy). Aujourd'hui, Franti se prend pour le pape, répandant la bonne parole ‘urbi et orbi’ et jouant, tant qu'à faire, au bon père de famille, au meilleur ami et à l'employé du mois. Cette naïveté déclinée à toutes les sauces (rap, reggae, disco, pop, funk, samba, karaoké, capoeira,…) peut évidemment, quand il fait beau et qu'on s'est levé du bon pied, faire plaisir à entendre, et mettre encore plus " la patate ". Ca groove, y a pas de doute (" We Don't Stop ", " Love Invicible ", " Bomb The World " avec Sly et Robbie, " Pray For Grace ")… Mais cette avalanche de bons sentiments donne parfois la nausée. " Tout n'est pas noir ", chante Franti, avec ses gros sabots d'alter mondialiste du music business. N'empêche que ses messages de paix, d'amour et de tolérance nous laissent souvent de marbre, faute de nuances et de second degré. A force de vouloir nous faire croire que la vie est si belle, Michael Franti passe juste pour un gros rigolo.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Local Information

Après plusieurs années passées au service d'Hefner, Darren Hayman, sans doute épuisé par la conjoncture actuelle du music business, a décidé de régler ses comptes avec le rock et ses pontes et de se lancer toutes séances tenantes dans un nouveau projet : The French. Au programme : de l'indietronica à la Postal Service/DNTEL. Bref des bleeps sur fond acoustique, des mélodies simples à la guitare égratignées au passage par de l'électro câline. Là où on sourit, c'est à l'écoute des paroles, très référencées : Kylie Minogue (" Porn Shoes ", The Wu-Tang Clan (" The Wu-Tang Clan "), Peter Gabriel (" Gabriel in the Airport "),… Darren Hayman cite ses confrères avec ironie, soit pour les plaindre de leur statut de victimes consentantes FM, soit pour vivre, par procuration, leur trépidante existence de stars abonnés aux récompenses. Darren, lui, n'a jamais connu la gloire, à peine l'estime de quelques mélomanes assez patients pour se pencher sur sa musique. Une musique qui, il est vrai, a perdu ici en saveur ce qu'elle a gagné en évidence : les (mini) tubes s'enchaînent, sans pour autant laisser un souvenir impérissable. Que ce soit chez Hefner ou The French, Hayman n'a donc toujours pas réussi à convaincre. Il lui reste cette indéfectible persévérance qui, on l'espère, le récompensera un jour de toutes ces années perdues à trimer dans l'indifférence la plus totale, alors que d'autres, sans réel talent, se voient sans cesse remerciés pour leur contribution suffisante à l'histoire mortifère de la musique pop.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Mouthfuls

Avant de piétiner gaiement les plates-bandes verdoyantes des Thrills et de Turin Brakes, Eric Johnson jouait du garage sous forte influence sixties. Puis il a rencontré les déjantés de Califone, qui l'ont encouragé à lâcher la guitare électrique pour le banjo, ses vinyles des Sonics pour l'intégrale des Beach Boys. Depuis lors, Eric tente de mettre en musique son Summer of Love à lui, aidé gentiment aux claviers et aux chœurs par Gillian Lisée, un vieil ami dévoué. A deux, ils chantent le verbe bucolique, tels des cousins germains de Kings of Convenience, Belle & Sebastian et Grandaddy (le magnifique " Little Acorn "). Conclusion : il ne faut pas être à cinq pour faire de la bonne zique. On s'échange les instruments (banjo, xylophone, synthés, trompettes, mandoline, percussions) comme on se partage les tâches ménagères. Dans un couple, tout est question de confiance. En 10 comptines miniatures à l'orchestration modeste mais élégante, Fruit Bats prouve que le minimum syndical (quatre mains, deux voix) peut suffire pour séduire… Du beau travail d'orfèvres, qui fond dans les tympans, pas dans la bouche.

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