La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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L’heure personnelle de Lucie Valentine

L'artiste belge Lucie Valentine dévoile « Minuit Moins Toi », le titre phare de son nouvel Ep éponyme. Une chanson touchante, lumineuse, qui célèbre le moment de bascule : celui où la douleur laisse place à la paix après une séparation. Née d’un atelier…

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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

vendredi, 31 janvier 2003 01:00

Cast Of Thousands

Le premier album d'Elbow, " Asleep in the Back " (2001), avait laissé une impression fugace de disque agréable à l'écoute, sans plus. C'était du pop-rock un peu renfrogné, trop timide pour vraiment marquer son temps. Enfanté dans la douleur, ce " Cast of Thousands " prend une autre tournure : Elbow a mûri et ose davantage, aux niveaux chant, mélodies et lyrisme (leur marque de fabrique, à l'instar des Doves, leurs amis). Sur le morceau d'ouverture, " Ribcage ", Guy Garvey s'est par exemple accroché un micro à la gorge, qu'on n'entende plus (ou mal) le découpage des syllabes. Une technique qui donne au morceau une patine un peu glauque, comme si le chanteur était sur son lit de mort et ânonnait une dernière prière. Il y a d'ailleurs des chœurs (ceux du London Community Gospel Choir, déjà entendus chez Blur) qui l'accompagnent dans son oraison funèbre, comme si le paradis ouvrait ses portes et laissait entrevoir sa lumière. De cette musique des anges (" Fallen Angel ", plus enlevé), Elbow a retenu non pas la candeur, mais un certain fatalisme : c'est beau, mais pas folichon. Sur " Fugitive Model ", les violons donnent envie de pleurer plutôt que de rire. Puis " Snooks " nous rappelle que Radiohead reste une influence majeure d'Elbow : ces rythmes tribaux, ce cri déchirant… Sans doute que les cinq Mancuniens ont écouté et aimé " Kid A " et " Amnesiac ". Le milieu du disque recèle les plus belles perles : " Switching Off ", " Not A Job ", deux ballades aériennes d'une finesse de diamantaire, et surtout " I've Got Your Number ", longue complainte relâchée, entre notes bleues et riffs hendrixiens. Vers la fin, notre attention se dilue un peu, faute de refrains vraiment accrocheurs… Elbow se retire de la scène, en douceur, et nous laisse seuls avec nos rêves. Au loin, des anges passent, après un dernier tour de ronde (" Flying Dreams "). La nuit tombe, les enfants dorment. Chut.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Profession de Foi

Voilà un album de rock fusion qui déménage sans faire de son malin, met le feu sans jouer au gros dur. Da Familia, c'est quatre types bourrés d'énergie (Pablo au micro, Jeda à la basse, Sko à la batterie et JP Devox aux guitares et programmations) dont la musique emballe dès la première écoute, une " Culture Mixta " de rock, de métal, de hip hop, de funk et de ragga. " Hè perdido la fè " ouvre la bal sous les meilleurs auspices, avec ses grosses guitares à la Watcha et son groove rappelant Starflam (à la prod', Jean-Charmes Crémers). " Culture Mixta " ravive la flamme du P-Funk, avec sa basse rutilante et ses appels à la tolérance : " Y a pas de B-Boy, y a pas de Rocker/On est juste nous sur le son/… On n'mélange pas qu'les styles/Mais aussi les générations ". Da Familia mixe culture de la fête et prises de position, parce que la déconne peut ouvrir les horizons : " J'ai des idéaux dont j'débats/Objectif : rester vrai, rester nous dans c'qu'on fait ". La musique reste ici un médium contestataire, pour parler de la drogue (" Fumigène "), condamner le machisme (" 7/69 "), hurler son dégoût du système (" En mon âme et conscience "). Du nu-métal épicé de " Solidaire " (leur " Antisocial " à eux ?) au chaloupé titre de clôture (même pas crédité), cette " Profession de Foi " débordante de rage (et de tubes) prouve que Da Familia est loin d'être une blague belge. Et que le rock fusion à la française (Pleymo, Wtacha, Lofofora,…) n'est pas réservé qu'à nos voisins de l'Hexagone. Big up !

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Réévolution

‘Ennemi de soi-même, comment aimer les autres ?’, chante Etienne Daho dès les premières notes de ce nouvel album : une introduction d'une impudeur téméraire, qui nous rappelle avec véhémence que le Français s'est toujours plu à tout remettre en question, aussi bien lui-même que sa musique. Une " réévolution ", comme l'impose le titre. Une confidence, murmurée à nos oreilles comme l'on dévoile ses plus grandes faiblesses. Un témoignage étonnant, presque intimidant, dévoilant les obsessions et les peurs d'un grand songwriter au cœur tendre mais fragile. Le doute, donc, est semé… Mais déjà la mélodie s'envole, les violons s'élancent, et Daho nous rassure : " Quand demain se lèvera/Je serai libre ". " Retour à toi ", à l'amour sans cesse évalué, à ces nobles sentiments qui font de belles chansons. Retour à la normale. Daho, " debout et les poings levés " (" Réévolution "), se bat vaillament face à ces démons qui le hantent. Le son, plus rock, plus live, traduit cette assurance. " Pourquoi sentir l'orage en soi " (" L'orage ") puisqu'il reste de l'espoir, d'être un jour aimé, compris, choyé ? C'est le souhait d'Etienne Daho, dont chaque album ressasse les mêmes lubies : la peur de vieillir, d'être oublié, " d'in-voluer ". Depuis " Corps et Armes ", on sent pourtant poindre un sentiment de quiétude chez l'homme d'Oran, ne serait-ce que dans le chant, si juste, si clair, si apaisé. Les mélodies, elles aussi, distillent cette envie d'être en paix, avec soi-même et les autres. A la première écoute, ça paraît trop mou, un peu vague. Mais le temps donne vite raison à ces chansons sans morgue, au charme insidieux. Si " If " (déjà présent sur l'album de Ginger Ale) agace par ses rimes du Jeu des Dictionnaires, des titres comme " L'inconstant " (et ces riffs orageux) et " Talisman " (son " Heroes " à lui ?) subjuguent par leur évidence. Daho, l'éternel adolescent, à la fois charismatique et fragile, délicat et viril : une image qu'il cultive avec honneur et sincérité. " Peu importe si le flacon est éphémère, pourvu que le charme opère ", clame-t-il à la fin de l'album (" Les Liens d'Eros ", en duo avec Marianne Faithfull)… Pour nous, cette pop n'a rien de périssable, puisqu'elle distille ses charmes depuis plus de 15 ans. Une ré(é)volution, encore et toujours…

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Damer (Ep)

"I wanna be in your radioshow", chantent les quatre donzelles de Damer sur le premier morceau de cet EP fleur bleue… Le problème, c'est que leurs chansonnettes pop n'ont rien d'exceptionnel, et surtout, ressemblent à s'y méprendre à du Belle & Sebastian… mais sans pour autant damer le pion au groupe de Stuart et de la charmante Isobel. Pourtant, l'espoir de passer un jour sur les ondes n'est pas totalement vain pour ces quatre jeunes filles venues d'Hollande : eh oui ! Isobel vient de jeter l'éponge, laissant Stuart tout seul et tout triste… Allez-y, jeunes libellules, sautez sur cette occasion en or ! Battez-vous ! Séduisez ces faux jeunes aux dents longues, faites leur retrouver le sourire ! Sans Belle, Sebastian n'est qu'un pauvre minable, et vous feriez bien d'en profiter.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Ghetto Pop Life

La galaxie Lex (succursale hip hop de Warp) brille de deux nouvelles étoiles : DJ Danger Mouse, producteur aux mains d'or, et Jemini " The Gifted One ", MC new-yorkais au flow limpide et corsé. A deux, ils viennent de signer un premier album qui a tout d'un classique : samples bétonnés, rimes habiles, humour gratiné, sens du groove et tubes en cascades. " I was born a MC ", prétend Jemini dans l'intro de ce disque boombastic : tout au long de ces 14 titres d'une qualité irréprochable, le rappeur squatte le mic sans qu'on s'en lasse. C'est que dans l'ombre, Danger Mouse balance la sauce avec grande classe : violons à la Busta Rhymes (" Born-A-MC "), chœurs d'opéra (" Ghetto Pop Life "), guitares funky (" Omega Supreme "), cuivres " morriconiens " (" The Only One "), r'n'b sans la mélasse FM (" Copy Cats ", " Yoo-Hoo ! "), blues en 78 tours (" Don't Do Drugs "), soupirs féminins (" I'm a Doomee "), notes bleues (" Knuckle Sandwich "),… Il y a belle lurette qu'on n'avait plus jasé de la sorte sur un album de hip hop ! Tout, ici, est propice à la déconne, mais avec un savoir-faire et un panache qui se révèlent le plus souvent la marque des grands disques. Sur quelques titres, des invités en grande forme se joignent à la fête : J-Zone, The Pharcyde (la claque " Medieval "), The Liks des Alkoholiks et Prince Po d'Organized Konfusion… Tous avec la ferme conviction qu'il est encore possible de faire du rap comme il y a 15 ans, sans frime ni stéroïdes (rappelez-vous le Daisy Age, Prince Paul, Pete Rock, etc.). Et même si l'on est avant tout là pour s'amuser, il y a aussi des moments de réflexion, comme sur " Bush Boys " et " Here We Go Again ", véritables diatribes anti-impérialistes qui prouvent qu'en Amérique, des voix osent encore s'élever face à l'ignorance, l'incompétence et l'injustice. Pour toutes ces bonnes raisons, réservons à cette galette une place de choix dans notre discothèque. Le disque hip hop de l'année ?

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Transatlanticism

Benjamin Gibbard n'a même pas 25 ans, et déjà une belle carrière derrière lui : après l'excellent album de son side-project électro-pop The Postal Service (" Give Up ", une perle), voici qu'il récidive la même année en compagnie de son groupe plus " indie-rock ", Death Cab For Cutie. Mais cette fois, le jeune prodige a calmé ses ardeurs et nous propose un joli recueil de 11 chansons douces-amères, portées par sa voix toujours si caressante, des riffs parfois rebelles et du piano aux notes légères. S'il inaugure le bal par un titre taillé pour les ondes (" The New Year ", de la pop sophistiquée mais pas vaniteuse), Gibbard ne se prend pas la tête : à choisir, mieux vaut rester dans l'ombre que d'être grillé par les spotlights. Parce que DCFC, malgré son évidence mélodique qui rappelle Papas Fritas, Bright Eyes et les Pet Shop Boys de " Being Boring " (ben oui), n'est pas vraiment taillé pour le succès de masse. Exposer ces vignettes pop à la lumière aveuglante des diktats FM équivaudrait à les dénaturer et les détruire. Pour apprécier justement ces chansons raffinées, mieux vaut donc les écouter tout seul dans sa chambre, les écouteurs sur les oreilles. La démarche est égoïste, mais le bonheur, ici, est à ce prix. Une fois apprivoisées, peut-être alors pourront-elles être partagées. Liée par une indéfectible joie, la petite communauté réunie autour de Gibbard pourra dès lors reprendre en chœur les " pa pa pa " de rigueur, et s'extasier devant ces compos aux charmes vénéneux. Jusqu'à se perdre et se fondre dans l'allégresse collective d'un grand moment pop devenu trop rare.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Castaways and Cutouts

Après un EP 5 titres, Colin Meloy et sa troupe de folkeux opiniâtres sortent leur premier album, taillé dans le folk-rock le plus lancinant et dans la pop la plus champêtre. A cinq, ils jouent d'un peu de tout : accordéon, piano, orgue Hammond, pedal steel, theremin, percussions. Sur cet enchevêtrement digne des Levellers et de Sheryl Crow (pire : Tom Petty), la voix de Meloy se paie le luxe de singer Neil Finn de Crowded House… Tout un programme ! Ajoutez au tableau du western spaghetti (" A Cautionary Song ") et des riffs à la Camper Van Beethoven (" Odalisque "), et le compte est bon : The Decemberists n'inventent rien, et on s'ennuie ferme. Un peu comme au mois de décembre, tiens, coincé chez soi à regarder la neige tomber dehors, à moitié somnolent. Vivement le printemps.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Good Morning Monsieur Edvard

Ancien journaliste à Rock & Folk, producteur à ses heures, guitariste et batteur au sein des Groovers, de Ghost Train et de Nikki Sudden, Dimi Dero s'est décidé à franchir le cap de l'album solo. Sans doute influencé par Violent Femmes, Jeffrey Lee Pierce, Birthday Party et Neil Young, DD chante en anglais (et sans accent !) de violentes complaintes folk-blues-rock, toujours sur le fil du rasoir. D'habitude, on reste perplexe avec ces Français qui se prennent pour des Amerloques prêchant leur rock dans le Grand Canyon (Louise Attaque…) : n'est pas 16 Horsepower qui veut. Pas de ça avec DD : lui sait vraiment y faire. On croirait presque qu'il nous vient du Texas. Le Texas, ses groupes qui beuglent (d'At The Drive In à Nashville Pussy) : DD, lui aussi, aime bien pousser dans les aigus, jusqu'à se péter les cordes vocales. A l'écoute de " Rumbling et Mutism " par exemple, on se croirait en plein " Rapaces " de Von Stroheim, ce film ou deux types se retrouvent enchaînés en plein désert, à gueuler à la mort (même si c'est un film muet). Parfois, ça vire presque gothique, à la Baptists Generals (" Curtain Raiser On A Masterpiece ", le climax du disque) : DD est un écorché vif, pas de doute. Après, ça se gâte un peu, DD hurlant à la lune comme s'il était chez le dentiste. Mais la musique, elle, reste sacrement pêchue (" Cheers ! ", " Coal Factory "). A la fin (la chanson-titre), DD, en clône parfait de Peter Murphy et de Lux Interior, répète " You are on the bridge " comme si sa vie en dépendait, puis rigole, machiavélique. Ce type a un grain, c'est certain.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Seven Easy Pieces

Voilà un groupe dont la musique devrait réveiller les morts. Parce que non contents de surfer sur la vague garage de ces derniers mois, les Detroit Cobras ont décidé de ressusciter Janis Joplin et Jimi Hendrix, Robert Johnson et Aretha Franklin. Ces intégristes du manche ont en effet pour credo de ne jouer que des reprises qui datent au moins de trente ans. Dans un style blues-rock sexy et furibard, tout droit sorti des pires bouges de Detroit. Leur but : nous faire redécouvrir des perles oubliées du rock, du R&B, de la soul et du rock'n'roll ; mais surtout se fendre la poire à jammer entre potes un soir de guindaille, avec trois accords et un esprit aussi étroit que la braguette qu'on entend s'ouvrir au début de cet EP 7 titres (ils sont drôles, en plus). Sans doute que ces anachronismes vivants (deux filles, trois garçons) se foutent pas mal de savoir que depuis trois décennies, on a inventé plein de nouveaux courants musicaux, du hip hop à l'électro. Sans doute que toutes ces machines, c'est pas trop leur tasse de thé, qu'" on n'est pas des robots ", et bla bla bla. Toujours est-il qu'on est en 2003, et que ce truc érige la régression en " fuck attitude " super cool. A la limite, on aurait rien dit si ces branleurs de guitares jouaient leurs propres compos… Mais celles des autres ! D'accord, on y croise des gars des Black Crowes, d'Electric Six, des Oblivians. Ouais, ça déménage. OK, la chanteuse est trop bonne… Mais non, rien à faire : le 100 % rétro (et contrefaçon), c'est bon pour les frustrés, les puristes, les paresseux, les nostalgiques et les vieux cons. Chez Musiczine, on préfère aller de l'avant. Et referme cette braguette, vilaine fille ! ! !

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Dangerous Magical Noise

Mick Collins, on le sait, est un vieux de la veille question garage punk : les Gories, les Blacktop, et maintenant, depuis quelques années, les Dirtbombs… Qu'on ne vienne donc pas lui dire qu'il prend le rock'n'roll revival en marche : des coups pourraient se perdre. Quand Jack White usait encore ses pantalons (rouges) sur les bancs de l'école, Mick Collins gueulait déjà dans un micro. Pas étonnant qu'aujourd'hui, toute la scène de Detroit le traite avec respect, tel un Don Corleone aux lunettes noires et au sourire de bête. D'autant que tout au long de ce nouvel album, moulé dans le groove le plus crade et hypnotique, Mick Collins se paie le luxe d'écraser (presque) toute concurrence. Ca démarre en trombe par " Start The Party ", où l'on retrouve avec plaisir ce qui fait des Dirtbombs un grand groupe : rythmique endiablée, terrorisme sonore, glamour et décadence. Des chansons d'amour, surtout, hululées avec panache par un écorché vif saoulé à l'essence plombée de General Motors. Le genre de Mr 100.000 volts tripé au rock incantatoire des Stooges et à la soul humide de James Brown et de la Motown. Voilà pour le tableau… Que personne ne se plaigne après d'en prendre plein la gueule ! L'adrénaline n'a jamais rien eu d'inoffensif… Niveau gros son qui pète, " Dangerous Magical Noise " est donc une pure merveille, le disque idéal pour à la fois se taper la tête contre les murs et se taper une gonzesse, de préférence une fan de rock braillard qui tache. A celle-ci, on dédiera " Don't Break My Heart ", " Sun Is Shining " et " Earthquake Heart ". En cas de râteau, il restera toujours " I'm Through With White Girls ", chanté par Jim Diamond, bassiste en chef (il y en a deux) et producteur vedette d'à peu près tout ce qui chante et fait du rock à Detroit (cfr la compile " Sympathetic Sounds of Detroit "). C'est ça qui est bien chez les Dirtbombs : dans tous les cas, ils tombent à point. Au prochain album, on exigera d'être remboursé par la mutuelle.

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