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Biohazard 8/8/26
Ora Cogan

The Veils

Une voix insaisissable...

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En mai 2004, les Veils s'étaient produits à Bruxelles dans le cadre des Nuits du Botanique. Un excellent concert accordé dans le cadre de la sortie d'un tout premier album. Apparemment le leader, Finn Andrews, n'était pas trop satisfait de ses musiciens, puisque dans les semaines qui ont suivi, il les a tous virés. Ce qui lui a valu une image de type difficile, acariâtre et à la limite inabordable. Août dernier, la formation se produisait au Pukkelpop. Sous un tout nouveau line up. Et puis pour y présenter les nouvelles chansons de son second opus, « Nux Vomica ». L'occasion idéale pour un entretien à bâtons rompus. Encore qu'avant de le rencontrer, une certaine appréhension m'avait envahi : cet artiste serait introverti, peu bavard et fort peu intéressant à converser. Comme quoi les clichés ont la dent dure. Parce que Finn est un type fort intéressant. Un peu timide, mais d'une grande gentillesse, extrêmement sensible et surtout profond. Le tout, c'était simplement de poser les bonnes questions…

Le Strychnos nux-vomica est un arbre sempervirent originaire de l'Asie du sud-est. Il pousse dans des habitats ouverts et atteint habituellement la taille d'environ 25 mètres. Son écorce recèle des composés toxiques, dont la brucine. Mais les semences enserrées à l'intérieur des fruits de l'arbre produisent de la strychnine, un alcaloïde extrêmement toxique, dont on se sert en médecine. En homéopathie, ce remède est le plus prescrit de tous, le plus fréquent en raison de la masse de ses symptômes, et surtout parce que les affections qu'il guérit correspondent aux troubles fonctionnels les plus souvent rencontrés en médecine. En particulier, les troubles digestifs et la tension nerveuse. C'est une des médications les plus adaptées aux conditions de vie moderne, stressante et rapide. Avant de commencer notre entretien, je lui montre un tube de granulées de Nux Vomica 5CH. Finn a l'air un peu embarrassé : « En fait, je ne connais pas bien l'homéopathie. Je n'en ai qu'une vague idée. J'ai des amis qui se soignent par cette médecine. Je sais qu'il existe des choses qui marchent. Mais pour moi cela reste un mystère… » Alors pourquoi avoir choisi un tel nom pour son album ? Finn se justifie : « Au départ, c'était le titre d'une chanson. Mais elle collait bien au thème général du disque. Parce que cet arbre symbolise la contradiction : il est à la fois toxique et curatif… » Serions nous donc en présence d'un concept album ? Finn clarifie : « Mon premier album ('The Runnaway Found') était plus conceptuel. Enfin, son écriture. C'est-à-dire que je compose au cours d'une période assez brève. Mais il est vrai que lorsque je m'arrête, l'intervalle de pause est parfois très long. Aussi, on peut attribuer la notion de concept, à la phase assez courte au cours de laquelle j'écris. Même si elle est assez féconde. Maintenant, le terme concept n'est peut être pas le plus judicieux. Il est un peu trop prog à mon goût… » Finn passe autant de temps en Nouvelle-Zélande qu'en Angleterre. A croire qu'il compte deux esprits et deux domiciles. Finn raconte : « Il y a un peu des deux. En fait jusqu'à présent j'ai vécu autant de temps en Angleterre qu'en Nouvelle-Zélande. Et je ne me sens pas plus néo-zélandais qu'anglais. Mais cette situation provoque inévitablement un trouble. Qui s'estompe au fil du temps. Je n'ai pas pour autant une double personnalité… » Mais doit-il fuir aux Antipodes pour écrire ? La réponse fuse : « Pas forcément. Honnêtement, cela pourrait être n'importe où. Mais il est vrai qu'il existe moins de pression de l'autre côté du globe qu'en Grande-Bretagne où rien n'a changé depuis quatre ans. La pression est toujours la même. Evidemment on peut imaginer qu'à cause de cette pression on perd un peu de la qualité esthétique d'un album. Notamment lorsqu'on doit sortir des singles. Mais j'aime ce type de pression. Par contre, il est vrai que lorsque je me trouve en Nouvelle-Zélande, je ne dois pas trop me soucier de l'environnement ni du management. Il y est plus facile de s'isoler… »

‘Nux Vomica’ a été mis en forme par Nick Launey, un producteur notoire dont la carte de visite mentionne des collaborations aussi prestigieuses que Queen, le Jam, XTC, David Byrne, INXS, Silverchair, PIL, Talking Heads, Gang of Four ou Nick Cave. Ce qui méritait quelques explications, vu la carte de visite du personnage : « En fait, lorsque j'étais gosse, je jouais en compagnie de ses enfants. C'est un ami proche de mes parents. Et puis on s'est perdu de vue pendant une bonne dizaine d'années. A l'origine, je n'avais aucune connaissance du monde des studios. C'était très confus en moi-même. A un certain moment, je me suis rendu compte que ce job était trop compliqué pour moi ; et c'est Nick qui m'a mis en contact avec le label Rough Trade. C'est un type fantastique. Il a immédiatement perçu les problèmes que je rencontrais et les solutions qu'il fallait envisager. Son timing est parfait. Sa lecture musicale est extraordinaire. Il a une patience d'ange. Il a développé une véritable philosophie de travail. Ce qui explique pourquoi il est aussi apprécié par les artistes. La vie d'un groupe est faite de hauts et de bas. Certains groupes sont éphémères. Travailler sous sa houlette est sécurisant. Pourtant, il utilise très peu d'overdubs. Privilégie les prises 'live'. L'approche de son travail est à la fois vivante et organique. Il plus intéressé par la performance que par le travail sur un ordinateur. C'est un ingénieur du son incroyable ! »

Finn possède une voix assez particulière. Lors de ses chansons les plus blues, elle épouse parfois le timbre de feus Jeff voire Tim Buckley, son père. On a parfois l'impression qu'elle est hantée par un esprit vaudou. Peut-être celui de la Nouvelle-Orléans… Finn confesse : « Je vis un conflit intérieur avec ma voix. J'e l'ai travaillée pendant trois longues années dans ma chambre avant de la faire écouter à quelqu'un. Elle est très difficile à maîtriser. C'est une préoccupation constante. Une source d'inquiétude. Parfois cette situation me persécute. J'ai toujours peur qu'elle m'abuse. J'essaie de la comprendre et de la maîtriser. Mais elle et toujours imprévisible. Parfois je ne la reconnais même pas moi-même. J'ai toujours aimé les chanteurs qui ont de superbes organes. Des artistes comme Bing Crosby ou George Michael ont une belle voix naturelle, lisse. Ce n'est pas mon cas. Mais je me suis rendu compte que j'avais plutôt intérêt à tirer le meilleur parti de mes capacités plutôt que de me soucier de la sonorité de mes cordes vocales. J'apprécie tout particulièrement des chanteurs comme Van Morrison, Tom Waits, Dylan, Léonard Cohen. Mais ils n'ont pas nécessairement de jolies voix. Van Morrison peut-être davantage aujourd'hui. J'ai mis longtemps pour accepter mon propre timbre… »

Deux chansons du nouvel album parlent des difficultés rencontrées par Finn à l'école, en Angleterre. 'Jesus for the jugular', tout d'abord. « Au cours de mon adolescence, j'ai fréquenté une école chrétienne qui imposait des règles très strictes. Or à la maison, toute la famille - il y avait quatre enfants - baignait au sein d'un univers artistique. A cause de mes parents (NDR : Finn est le fils de Barry Andrews, claviériste d'XTC). Je n'ai pas du tout bien vécu cette expérience. Je pose un regard amer sur cette période et ne la porte pas du tout dans mon cœur… » 'Advice for young mother be', ensuite. A premier abord un clin d'œil aux Shirelles. Ensuite le single qui a bénéficié d'un clip vidéo assez amusant. Mais finalement une remise en cause du système d'éducation. Finn confirme : « Elle est complémentaire à la précédente. Le monde est bien moins malintentionné qu'on veut nous faire croire. Si vous appliquez tout ce que les profs vous racontent à l'école, vous foutez votre vie en l'air. En fait, c'est une chanson légère qui raconte des choses sérieuses… » A ce propos, qu'est ce qui est le plus important pour notre interlocuteur : le succès ou l'intemporalité de ses chansons ? Question difficile… « La première chose, c'est de poursuivre son chemin. Et dans un premier temps récolter du succès. Je ne crache pas dessus. C'est normal. Et puis tu vises le second objectif. Question difficile, en effet. Si vous pensez trop à ce type de question, vous oubliez d'écrire. Le rock compte plus de 60 ans d'existence. Avant de devenir intemporelle, une chanson a peut-être besoin d'un siècle. McCartney n'a toujours pas cessé de chanter. Et à mon avis, il n'est pas prêt de s'arrêter. C'est sa vie… »

En bref, les musiciens des Delays et des Veils sont des amis. Ils ont accompli de longues tournées ensemble, en bus. Il leur arrive de jammer, mais dans le car. Pas de projet à court terme de collaboration. Enfin, pas dans l'immédiat. Peut-être un peu plus tard. Une chose est sûre, ils s'apprécient beaucoup. Signé Elvis Costello, ‘Shipbuilding’ est une des compos préférées de Finn. La version interprétée par Robert Wyatt. Toujours à cause de la voix. Finn a un jour déclaré que la démocratie était faite pour les idiots. Pas de panique, c'était une blague. Il respecte le consensus démocratique ; mais en tant que leader il a le devoir de prendre les décisions finales. Parce qu'il discerne le déroulement des événements. Il a aussi tâté de la peinture. Mais faute de temps, il a abandonné. Ajoutant : « Le résultat n'était pas probant. Et puis j'ai commencé à m'intéresser à la musique dès l'âge de 13 ans. Et à en jouer… » Enfin, Finn envisage-t-il un jour de travailler en compagnie de son père ? Question délicate. « J'ai un peu bossé avec mon paternel. En fait, j'écoute surtout ses conseils. Si nous voulions collaborer ensemble, le projet exigerait une coordination très importante. Et puis non, je crois qu'on n'en a pas trop envie. On se côtoie ; mais on travaille séparément… » 

Merci à Vincent Devos 


Daan

Les bons états Daan !

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Même s'il y a déjà quinze ans qu'il arpente la scène musicale belge (dont une sacrée période au sein de Dead Man Ray), Daan Stuyvens n'a jamais paru aussi en forme qu'aujourd'hui !  Peut être parce qu'il semble avoir trouvé bonheur et équilibre dans sa vie… Daan vient tout juste de sortir « The Player », son quatrième opus en solo. Un disque, en effet, pétant de forme, très mélodique, diversifié et inspiré. Le registre électro-pop-rock-dance n'a pas changé mais il semble encore mieux exploré.

C'est vrai que je me sens bien. Je rencontre moins de soucis qu'avant et ma vie privée m'intéresse de plus en plus. C'est sans doute la raison pour laquelle il y a vraiment beaucoup d'énergie et de joie de vivre dans le nouvel album…

« The Player » est un album très accrocheur. As-tu voulu élargir davantage ton audience, après le succès de « Victory » ?

Avant, j'avais un peu une réputation de 'marginal', aux yeux du public. « Victory » a fait évoluer les appréciations dans la mesure où il a beaucoup mieux marché que mes autres albums et cette situation m'a forcément ouvert des portes et octroyé un statut plus relevé. On écoute donc peut être plus facilement mes disques. Ce que j'ai cherché à faire ici : créer un lien entre ma vie personnelle et la musique. Depuis que j'habite Bruxelles, je rencontre plein de monde, je vis plus de moments parfois inattendus. Tout cela m'a beaucoup inspiré et quand j'avais une idée, je la chantais sur la boîte à messages de mon GSM. Ce disque c'est donc un peu le contenu de ma boîte, si tu veux.

L'album file un peu dans tous les sens. C'était voulu ?

J'ai toujours travaillé très vite. Je pars dans un trip et il en sort des idées. Après, j'opère un certain tri, mais forcément il y a des tas de couches différentes qui restent. C'est très bien, c'est justement ce dont j'ai besoin. Je ne me flanque pas automatiquement derrière un instrument pour écrire une chanson ; je laisse libre cours à mon inspiration. J'ai besoin de ces conditions un peu chaotiques.

Le disque est aussi ton plus fort sur le plan simplement mélodique. Y as-tu apporté une attention particulière ?

Une approche assez binaire, en somme : laissons les belles choses être belles. J'ai simplifié mon jeu mais sans méthode scientifique, juste à l'esprit !

Ton clip tourné à Berlin ?

Juste une idée un peu folle. Ce sont souvent les meilleures !

Sur « The Player », tu chantes aussi en français (« Le Vaurien ») et en allemand (« Adrenaline »)!

Oui, c'est un peu inattendu aussi. Mais je trouve que le résultat sonne bien. Alors pourquoi pas ? Mes proches ont été un peu surpris. Le ton général de l'album pas du tout, par contre. D'ailleurs, il y recèle beaucoup de références qu'ils ont comprises tout de suite !

Le Daan 2006 a-t-il des idées expansionnistes ? Genre faire le forcing pour marquer le coup à l'étranger ?

Comme tout le monde, je ne dirais pas non. On partira d'ailleurs donner quelques concerts à droite et à gauche en février/mars prochains. Mais bon, chaque chose en son temps. J'ai vraiment envie de profiter de ce que je vis. Plus que jamais !

Ton approche des concerts évolue ?

Elle se complète, je dirais. Je peux désormais aborder plusieurs formules. En festival, je joue les morceaux les plus dansants ; en salle, je peux introduire plus de nuances et je donne des 'concerts piano' pour m'amuser aussi avec le reste. Chaque pièce a sa place dans le puzzle ! 

 

 

 

 

Psapp

Cat Power !

Écrit par

Galia Durant et Carim Classmann ne font pas de la musique. Ils s'amusent. Les deux garnements viennent d'offrir au monde le jouet le plus innovateur de la décennie. « The Only Thing I Ever wanted » s'adresse à tous les enfants, de 3 à 83 ans. Les risques de surconsommation sont néanmoins très élevés. Histoire d'en savoir plus sur leur formule magique, Musiczine a rencontré les têtes pensantes de Psapp lors de cette exceptionnelle édition du Pukkelpop. Si l'on s'imaginait qu'interviewer le duo serait, naturellement, un jeu d'enfant, c'était sans compter sur les interruptions impromptues provoquées par la diabolique Sock Pupett.

A quoi ressemblait la vie avant Psapp pour vous ?

Galia Durrant : La rencontre s'est effectuée par l'intermédiaire d'un ami commun, Tim. A l'époque, je jouais au sein d'un groupe et Carim participait à plusieurs projets. Aucun d'entre nous n'était satisfait de sa situation (NDR : Première interruption de la Sock Pupett que Galia menace de démembrer)… Nous avons ensuite collaboré avec toute une série de personnes avant de travailler en duo. C'est à partir de ce moment que avons vraiment été enthousiasmés par notre travail…

Psapp, c'était le nom de l'un de vos chats ?

Carim Classmann : (Rires) Oui, effectivement. Un chat que nous n'avons jamais rencontré. En fait c'était un chat-fantôme.

G.D. : Elle (NDR : apparemment une femelle) nous a envoyé un mail en nous ordonnant d'appeler le groupe 'Psapp'. C'était une chatte très puissante qui nous a menacé de…

C.C. : … de faire sonner notre musique comme du George Michael. Elle nous a menacé d'autre chose, non ?

G.D. : Oui. De nous transformer en Phil Collins.

L'horrible cauchemar !

C.C. : Je n'avais pas envie de perdre tous mes cheveux alors j'ai cédé.

G.D. : Ouais. Elle faisait vraiment peur. C'est la raison pour laquelle le groupe s'appelle 'Psapp'. Tu veux entendre mon imitation de Phil Collins ?

Non merci ! Comment vous est venue l'idée d'utiliser des objets insolites tels que des jouets dans vos compositions ?

G.D. : C'était un processus naturel. On ne s'est jamais dit 'Tiens, on utiliserait bien tel jouet'»…

C.C. : Ces objets ont toujours été notre propriété.

G.D. : On disposait tous les deux d'un stock de jouets que…

(NDR : Seconde interruption de la Sock Puppet) C'est décidé, je la kidnappe quand je m'en vais…

C.C. : Mais enfin… Ca met du piment !

G.D. : Elle est pas mal, hein ? On en a fabriqué plusieurs sur la route, à l'aide de chaussettes et de coussins. Tout le monde dormait dans le bus alors on s'est amusé à en confectionner quelques unes (NDR : ils se mettent à jouer avec deux sock pupetts).

CC. : Pour en revenir à la question, lorsque nous nous sommes rencontrés, nous disposions tous les deux une large collection d'objets bizarres et Galia possédait un énorme assortiment de vieux synthés Casio pour gosses…

G.D. : Oui, j'en avais bien une dizaine ou une quinzaine.

C.C. : A vrai dire, les jouets n'ont en fait pas tellement d'importance. C'est le son qui doit être intéressant. On collectionne tout objet susceptible de produire des sons étranges. Evidemment, si ces objets ont une apparence amusante, c'est encore mieux.

G.D. : On n'utilise cependant pas une aussi grande quantité de jouets qu'il n'y paraît. Mais surtout des objets insolites tels que des tables, des instruments de cuisine, du bois, des verres, des meubles ou encore des cailloux. A cause du bruit lorsqu'on marche dessus.

C.C. : Plutôt varié donc. On teste beaucoup d'objets afin d'en mesurer la musicalité. Certains fonctionnent bien, d'autres moins. J'ai offert, par exemple, un poulet en plastique à ma sœur pour la Noël. Il a fini sur deux morceaux !

G.D. : Nous sommes en général toujours emballés par les sons que nous n'avons pas encore eu l'occasion d'expérimenter dans les albums. Utiliser les mêmes instruments plusieurs fois de suite m'ennuie rapidement. Et comme nous ne sommes pas millionnaires, on ne peut pas se permettre d'acheter des tonnes d'instruments. Du coup, on les fabrique nous-même.

D'où votre son si particulier. Quel est votre processus d'écriture ?

C.C. : On écrit ensemble en studio. Le point de départ, ce sont des bribes d'idées qui prennent forme tout au long de la journée.

G.D. : Il est également très important pour nous de travailler ensemble. Je n'écris pas les paroles dans mon coin. On a des idées plutôt similaires. C'est un peu comme si nous communiquions par télépathie ! Cette méthode nous permet d'avancer assez rapidement.

C.C. : Il nous est logiquement plus facile de comprendre l'autre quand on est dans la même pièce. Ensuite, le processus se déroule naturellement. On ne réfléchit pas trop à ce que l'on fait. Le soir, on décide des idées à exploiter ou à jeter.

Votre musique est impossible à comparer avec quoi que ce soit de connu. Quelles sont vos influences ?

G.D. : Il est assez difficile de répondre à cette question parce qu'elle signifie que nous avons écouté l'un ou l'autre disque avant de se dire 'tiens, j'aimerais bien que ma musique soit similaire'. Ce n'est pas trop dans notre manière de travailler. Du moins, pas consciemment. On n'a pas envie de reproduire le même genre de musique que d'autres.

C.C. : Si, pendant le processus d'écriture, je devais me rendre compte que l'une des chansons résonnait comme quelque chose de connu, je l'abandonnerais pour passer à autre chose.

G.D. : Il y a néanmoins beaucoup d'artistes que l'on adore vraiment tous les deux. Nos goûts varient d'Erik Satie à Fela Kuti en passant par The Cure…

C.C. : Oui, on ratisse large, des années 20 aux années 80… Les Sex Pistols sont des idoles pour nous mais je ne pense pas que notre musique soit vraiment similaire !

G.D. : Moi, si !

C.C. : Tu veux parler de notre nouvelle chanson, « Anarchy Of The Sock Puppet » ? (Rires)

Comment décririez-vous « The Only Thing I Ever Wanted » par rapport à « Tiger, My Friend » ?

C.C. : (NDR : après une troisième interruption de sa Sock Puppet). On n'a pas vraiment pensé à créer quelque chose de différent, c'est venu naturellement. Le nouvel album est toutefois beaucoup moins électronique et plus acoustique mais il retentit un peu comme 400 chats dans un parc à ordures. Il existe une autre atmosphère sur « Tiger, My Friend ».

G.D. : Les deux albums traduisent notre amour des sons étranges et des harmonies vocales.

C.C. : Les sons dépendent aussi énormément des instruments dénichés pendant les enregistrements.

Vous avez été révélés par le titre « Cosy In A Rocket ». C'est aussi le générique de la série « Grey's Anatomy ». Ces événements ont-ils changé la vie de Psapp depuis que la série et la chanson sont devenues des gros hits ?

C.C. : En fait, il n'a pas récolté de gros succès en Grande-Bretagne. Le phénomène est plutôt américain. Il n'y a donc aucune conséquence sur notre manière d'écrire ou sur nos vies en général. De plus, la télé n'est pas vraiment notre tasse de thé…

Et si vous étiez approchés par des créateurs de séries ou des cinéastes afin d'écrire une bande son pour leur œuvre, accepteriez-vous de le faire ?

C.C. : On ne se sentirait pas à l'aise dans l'exercice. Certes, le groupe pourrait créer l'un ou l'autre titre pour un projet qui lui semble intéressant. Si c'est une commande pour un programme comme « Friends » ou un truc du genre, ça ne risque pas d'arriver.

Et s'il s'agissait d'un album de reprises pour la comédie musicale « Cats » ?

C.C. : (Rires) Je ne suis pas un grand fan des reprises mais nous en avons déjà fait deux pour l'instant. Les deux titres contiennent le mot « Cats » ! Il s'agit de « Everybody Wants To Be A Cat » (NDR : tiré du film de Dinsey 'Les Aristochats') ainsi que « In The Year Of The Cat » d'Al Stewart.

D'où vient cette obsession pour les chats ?

C.C. : Depuis hier, c'est fini. Maintenant, ce sont les Sock Pupetts (NDR : suivi naturellement par la quatrième interruption de ces derniers).

G.D. : On l'a toujours été, en fait. C'est un animal amusant. A vrai dire, les chats sont en quelque sorte assez humains. Ils sont à la fois fiers et stupides…

Vos vidéo-clips se marient à merveille avec vos compositions. Etes-vous en charge de la direction artistique ou est-ce le régisseur ?

G.D. : On se charge de toute la partie artistique. Pour le clip de « Hi », par exemple, il s'agit d'une idée apparue il y a très longtemps mais elle n'avait jamais abouti car, avant de signer chez Domino, nous n'avions pas le budget.

C.C. : De plus, ce clip ne ressemble à aucun autre que je n'ai pu voir. Certaines personnes apprécient, d'autres se demandent 'qu'est ce que c'est que ce truc ?'… La part de rejet et d'admiration est équivalente.

Quels sont vos projets à court terme ?

C.C. : Enregistrer un troisième album. On emménage dans un nouveau studio le mois prochain.

G.D. : Oui, on se concentre surtout sur cet objectif pour l'instant. C.C. : Fabriquer plus de Sock Puppets…

G.D. : Nous sommes occupés de préparer un expo. Elle se déroulera fin septembre, à Paris. On aimerait aussi s'impliquer dans l'animation et les comic books. Bref, des activités très variées !

C.C. : On a beaucoup d'idées mais peu aboutissent !

G.D. : Effectivement, lorsqu'on se lance dans un projet, il arrive fréquemment qu'il bifurque et prend une direction totalement différente ! Dis, tu vas quand même pas nous kidnapper notre Sock Pupett pour de vrai ?

Si, si !

Kim Salmon

Un poisson très électrique

Écrit par
Ancien membre des Scientists et des Beast of Bourbons, Kim Salmon continue d’alimenter la veine rock garage et rebelle, mais en compagnie d’un nouveau groupe : les Surrealists. Et dans un style plus roots que chez Nick Cave, apparu lui aussi voici une quinzaine d’années. Cet ex-émigré à Londres, est retourné vivre aujourd’hui chez lui, en Australie. Rencontre.

Vous n’habitez plus Londres?

Non. En fait, lorsque j’y habitais, on m’a offert beaucoup d’argent pour que je vide les lieux et quitte le pays. C’est la raison pour laquelle j’ai ensuite vécu trois ans à Perth, pour finalement m’établir à Melbourne, où je vis à l’heure actuelle.

Conway Savage joue du piano sur votre dernier album. As-tu entendu l’album que Mick Harvey, musicien aussi chez Nick Cave, a consacré à Serge Gainsbourg ?

Oui, cet album de reprises est une excellente idée. Gainsbourg n’est tout de même pas célèbre dans le monde entier. C’est donc une bonne façon de le faire connaître, surtout que certaines versions que Mick a enregistrées sont vraiment très réussies. Même que je préfère sa version de « Bonnie & Clyde » à l’original, pourtant déjà d’excellente facture.

Puisque nous en sommes à parler des Bad Seeds, je ne vois pas comment on pourrait éviter d’évoquer la personne de Nick Cave. Faites-vous partie de son petit cercle d’amis?

Je la voyais venir celle-là... En fait, à Melbourne, on te juge selon ton degré de proximité avec Nick Cave. Il y a comme un phénomène de hiérarchie. Ni moi, ni mon groupe n’ont envie de faire partie de ce petit jeu. Finalement, on ne le connaît qu’assez peu. Peu importe après tout.

Pourquoi reprenez-vous « Holocaust » d'Alex Chilton ?

Parce que c’est une chanson que j’aime beaucoup. Je n’ai en tout cas pas cherché un titre susceptible de véhiculer un message politique. Et pas davantage pensé à attirer l’attention du monde sut la montée du racisme et des nationalismes. Non, le thème de l’holocauste est abordé dans son sens le plus large. Il s’avère que dans l’Histoire, l’holocauste a pris une signification très spécifique que le mot n’avait pas au départ. Ce terme existait bien avant. « Holocaust » signifiait ‘une grande catastrophe’. Maintenant, si cette chanson peut faire réfléchir les gens sur ces questions, tant mieux ; mais j’avais davantage un concept poétique qu’une motivation politique lorsque j’ai choisi de l’interpréter…

Quelle place occupe l’épisode des Beast of Bourbons dans ta carrière musicale ?

On m’a souvent conseillé de me consacrer davantage à ce groupe. Personnellement, j’avais l’impression que l’énergie que j’y déployais était dépensée au détriment des Surrealists, de mon œuvre personnelle. La maison de disques me promettait que Beasts of Bourbon ferait un bon tremplin pour les Surrealists. Finalement, je me suis donné à fond pour l’album « Bloody Tom » des Beasts en consommant toute l’énergie que j’aurais pu consacrer aux Surrelalists.

Gardes-tu des contacts avec James Baker et Dave Faulkner?

Bien entendu, ce sont de vieux amis. Je rencontre assez régulièrement James dans un pub où nous buvons quelques bières ensemble. A cause de son emploi du temps très chargé, je vois Dave moins souvent. Nous avons depuis longtemps le projet de participer tous les trois à la bande originale d’un film, mais jusqu’ici, rien n’a jamais pu se concrétiser.

Les Fleshtones, Alan Vega et les Cramps apprécient tout particulièrement la scène garage australienne. Ces groupes ou artistes représentent-ils quelque chose pour Kim Salmon?

Pas du tout. Je n’ai rien à foutre de ces types.

On connaît ton admiration pour Iggy pop. Alors, la reformation des Stooges, c’est une bonne idée ?

Dis donc, c’est loin d’être fait tout de même ! J’en ai parlé à Ron Asheton, il y a deux ou trois ans et il avait l’air de s’en foutre royalement. Mais sinon, ça me plairait. J’aurais enfin l’occasion de les voir à l’œuvre, au risque d’être déçu évidemment. Je pense en tout cas que ce serait une reformation, plus honorable que celle des Sex Pistols, qui se mettent en contradiction avec ce qu’ils proclamaient à la grande époque du punk. Les Stooges n’ont jamais tenu des propos aussi durs sur la vieillesse, etc.

Dernière question. Vous avez vécu à Perth. Connaissez-vous Ed Kuepper?

Il est de Brisbane, pas de Perth ! Je l’ai rencontré une ou deux fois. Je faisais la première partie d’une de ses tournées australiennes quand je jouais en solo, il y a quatre ans. Il est venu un jour et il m’a invité.

Vous aimez sa musique?

Il y a certains trucs bien. J’apprécie certaines de ses chansons. Il a de bonnes idées. Certaines fonctionnent, d’autre pas. Je n’aime pas sa façon de chanter, mais bien son jeu de guitare. Son attitude est très respectable : elle exclut les compromis…


Version originale de l’interview parue dans le n° 45 du magazine Mofo (juillet/août 1995)

Adrian Bouldt

Une place pour l'amour

Écrit par

Caractérisé par le timbre envoûtant de la séduisante Delphine Bouhy, Adrian Bouldt revient sur le devant de la scène. Avec « Places For Love », son deuxième album, la formation liégeoise se positionne davantage encore dans le sillon d'An Pierlé et d'Hooverphonic. La pop aérienne d'Adrian Bouldt évolue désormais sous d'autres cieux. Là où les coups de foudre menacent l'auditeur...    

Votre nouvel album s'intitule « Places For Love ». C'est également le titre d'une chanson de ce disque. Pourquoi ce choix? Avez-vous la sensation qu'elle résume l'esprit de ce deuxième cd ?

Cette décision a été prise un peu par hasard. Et finalement assez tardivement dans le processus de production. C'était à la fin de l'enregistrement. Ce choix nous est apparu comme quelque chose de fort logique. Nous étions convaincus qu'il conférait une chouette image aux différents titres de l'album. Sur « Place For Love », de nombreuses chansons parlent d'amour. Ce qui nous permet également d'aborder certains thèmes plus 'difficiles' avec davantage de légèreté. Ces 'endroits pour l'amour' constituent donc une sorte de contrepoids aux chansons les plus 'dures' de ce nouveau disque.  

Vous l'avez souligné, vos chansons évoquent souvent l'amour. Peut-on affirmer qu'il s'agit là de votre thème de prédilection ?

L'amour demeure un sujet central dans les relations humaines. On le retrouve aussi au cœur de nombreuses disciplines artistiques. L'amour est un sujet central dans tous les arts et pas seulement dans la musique. Ici, ce thème est développé à travers les textes de Delphine, notre chanteuse. Souvent, elle tend à mettre cette émotion en exergue. Mais ce n'est pas notre seul centre d'intérêt...

Dans votre processus créatif, les textes sont à mettre à l'actif de Delphine Bouhy. Pour le reste, comment fonctionnez-vous ?

Chacun apporte ses idées. Celles-ci font l'objet d'un dialogue permanent. Nous répétons régulièrement en nous basant sur ces différents points de vue. Ce qui explique pourquoi nous avons de nombreuses chansons en chantier. Enormément de choses sont ainsi abandonnées en cours de route. C'est toujours très délicat de laisser des idées de côté. Nous avons aujourd'hui deux albums et plein de chansons dans nos tiroirs. Chez Adrian Bouldt, le processus créatif est commun. Lorsque tous les membres du groupe sont satisfaits du travail accompli sur une composition, nous la conservons.

Par rapport à votre premier album (« Presents », 2003), un changement s'est opéré chez Adrian Bouldt. Que ce soit au niveau des arrangements ou de la finition du disque, vous marquez un pas en avant. Comment expliquez-vous cette évolution ? 

C'est une partie intégrante de l'évolution du groupe. Pour le premier album, nous avons davantage travaillé en vase clos. Nous avions bénéficié des studios de la Soundstation, à Liège sur une très longue période. Ce qui explique pourquoi l'enregistrement a nécessité huit mois. En ce sens, le premier album a tendance à partir dans tous les sens... Mais nous ne le  renierons jamais ! C'était une expérience très forte. Pour « Places For Love », nous souhaitions réaliser quelque chose de plus 'carré', en nous concentrant davantage sur la production. Nous voulions changer de direction et placer nos priorités autrement. Nous avons également cherché à dialoguer avec quelqu'un d'extérieur au groupe. Lors du premier album, nous avions beaucoup moins de recul par rapport à notre musique.

Pour produire ce nouvel album, vous avez donc fait appel à Rudy Coclet. Ce dernier a travaillé avec Arno, Mud Flow ou encore Sharko. Sa collaboration a-t-elle changé votre approche créative ?  

On ne peut pas affirmer qu'il ait changé notre vision des choses. Mais sa présence a certainement influencé notre approche musicale. C'est quelqu'un qui a beaucoup d'expérience. Pendant la conception du disque, il sentait des choses que nous ne ressentions pas forcément. De plus, il dispose d'un certain recul par rapport à notre répertoire. Et ça, c'était essentiel. En sa compagnie, nous avons énormément appris dans le cadre des travaux en studio. Et le rapport humain était extraordinaire. 

Vous avez eu recours à une multitude d'instruments pour concocter ce disque : Wurlitzer, banjo, kazoo, violon, etc. Est-ce la nouvelle marque de fabrique d'Adrian Bouldt ?

Nous avions déjà réalisé des arrangements à l'aide de nombreux instruments sur « Presents ». Mais à l'époque, nous osions moins qu'aujourd'hui. De façon générale, la manière de fonctionner reste la même. Si l'orchestration du disque s'entend davantage sur « Places For Love », c'est en grande partie grâce à la contribution de Rudy Coclet. Il nous a vraiment donné une direction à suivre. 

Certains vous comparent à d'autres artistes belges comme An Pierlé ou Hooverphonic. Comment percevez-vous ces différentes filiations ?

C'est assez étrange au début. On ne s'y attend pas forcément... En évoquant notre musique, les auditeurs parlent également de Björk ou de Lamb. En fait, ces analogies nous font plaisir. Généralement nous aimons les artistes auxquels nous sommes comparés. Dans certains cas, on peut même parler d'influence... Mais nous écoutons tellement de groupes que les comparaisons sont souvent inattendues...

En tant que groupe de musique contemporain, accordez-vous une importance particulière à Internet et aux nouvelles technologies ?

Aujourd'hui, il est impossible d'ignorer le réseau Internet. Nous disposons bien évidemment d'un site Internet. Par ailleurs, nous essayons de tirer profit du potentiel d'une plate forme sur le site Myspace.com. A l'époque du premier album, l'information se limitait vraiment à notre propre site. Maintenant, nous essayons de créer des liens, de nous rapprocher d'autres communautés d'artistes. Internet constitue par ailleurs une intarissable source de découvertes...

 

Low

Introspection électrique

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Depuis le début des années nonante, un groupe s’obstine à caresser la beauté musicale dans le sens contraire du poil : Low, trois lettres qui modèlent une ascension. De bas en haut. Toujours. Et, une fois encore, la formation d’Alan Sparhawk évite le repos, les lauriers et tout autre considération, préférant se concentrer sur l’essentiel : sa musique. Fouiller les sons, remuer les technologies pour toucher à l’essence d’une vie nouvelle. Voilà, en substance, le programme de « Drums And Guns », le nouvel album des Américains. Profondément marqué par les incivilités d’un gouvernement belliqueux (à ce titre, on se penchera sur les paroles de l’introductif « Party People » : ‘All soldiers they’re all gonna die’), Low dépose armes et guitares. Désormais, la puissance incantatoire du groupe passera par des sonorités électroniques. Mais cela ne change pas la donne : délicate, austère et hypnotique. Ne craignons rien, jetons-nous à Low !

Alan, tu es originaire de Duluth, dans le Minnesota. Bob Dylan est également natif de cette ville. Considères-tu Duluth comme une bourgade propice au développement personnel des grands musiciens ?

Alan Sparhawk : C’est assez difficile à dire... Duluth se situe à la frontière entre les Etats-Unis et le Canada. Il y fait très froid. Nous sommes à quelques pas des Grands Lacs. La vie de ce centre urbain est rythmée par les fermes, les usines métallurgiques, quelques magasins. En fait, en évoquant l’existence de ma ville à voix haute, je me rends compte qu’il s’agit d’un endroit très éclectique. Cependant, Bob Dylan n’a pas vraiment dû rencontrer l’essence même de Duluth. Au contraire, il devait s’y sentir aliéné dans sa jeunesse car, dès qu’il en a eu l’occasion, il a filé : à Minneapolis, d’abord et à New York, ensuite, où il est devenu célèbre. Il existe pourtant une atmosphère particulière qui se dégage de cet endroit. De là à dire que Duluth guide toute notre création artistique, il y a un pas que je ne franchirais pas. Mais il est indéniable que le froid, le vent, l’absence de soleil ont un impact sur notre vision des choses et de notre musique. Nous aimons vraiment cette ville.       

Tu es marié avec Mimi Parker, actrice phare de votre formation. Ton épouse t’accompagne donc sur la route. Est-ce difficile d’associer vos vies professionnelles et privées ? La musique fait-elle surgir des tensions au sein de votre couple ?

A.S. : Evidement. Déjà, à la base, faire partie d’un groupe de musiciens n’est pas une chose facile à gérer. Dans un même ordre d’idée, le mariage ne constitue pas qu’une partie de plaisir. Le fait de travailler ensemble sur un projet artistique peut entraîner quelques tensions. En même temps, travailler ensemble et partager ces instants nous procurent une indescriptible satisfaction. C’est une chance que de vieillir proche l’un de l’autre, d’avancer ensemble sur un projet, de le voir grandir. Mon mariage est une bénédiction, j’ai la chance d’avoir une femme formidable et une famille compréhensive. Il est vrai que certaines tensions peuvent surgir mais elles sont toujours bénéfiques. Nous n’avons pas cherché à établir une frontière délimitée entre notre vie professionnelle et privée. Ce serait bien trop difficile. Il faut laisser les choses se dérouler naturellement. Parfois, à la maison, nous sommes en train de jouer de la guitare et les enfants débarquent dans la pièce pour jouer. Généralement, on ne se pose pas de questions : nous allons jouer avec les enfants. A la maison, on ne s’impose aucune contrainte. On se contente de vivre les choses comme elles viennent. Il ne faut pas rendre la vie trop compliquée : elle l’est déjà pas mal comme ça !

En Europe, votre précédent album (« The Great Destroyer ») était signé sur le label anglais ‘Rough Trade’. Cette fois, on vous retrouve sous l’égide du célèbre label « Sub Pop ». Comment s’explique ce changement de crémerie ?

A.S. : En fait, aux Etats-Unis, nous sommes signés sur le label Sub Pop depuis des années. Le patron du label est fan de notre musique. En Europe, « The Great Distroyer » était distribué par le label anglais Rough Trade. Je n’ai rien contre Rough Trade. Pas de ressentiment en vue, donc. Simplement, il était temps de partir. Les gens qui avaient travaillé pour nous chez Rough Trade ont emprunté d’autres chemins. On les adorait vraiment. Dès lors, on ne se sentait plus comme à la maison. Ce n’était plus les mêmes personnes. Et, chez Low, nous accordons beaucoup d’importance à la notion de stabilité dans le travail. C’est la principale raison pour laquelle nous sommes passés chez Sub Pop pour la gestion internationale de notre album.

Lors de votre dernière tournée, vous aviez déjà joué quelques morceaux de “Drums and Guns”. Quand avez-vous composé les chansons de ce nouvel opus ? 

A.S. : Certaines chansons du nouveau cd ont été écrites à l’époque de « The Great Distroyer ». Nous avons pris le temps de retravailler ces morceaux, de les reconsidérer. Quand nous sommes entrés en studio pour le précédent, nous disposions d’un stock d’une vingtaine de chansons. Cependant, certaines d’entre elles présentaient un côté inachevé. Il fallait donc les laisser mûrir. Elles possédaient un indéniable potentiel. Mais il fallait pouvoir l’utiliser à bon escient. D’ailleurs, musicalement parlant, il existe une distinction entre « The Great Destroyer » et « Drums and Guns ». Pour le précédent, nous avons tout enregistré comme si nous étions en concert. C’était très brut, très élémentaire : guitare, basse, batterie. Cette fois, nous recherchions de nouvelles sonorités. Nous avons donc abandonné la tradition pour mieux explorer les sons. Pour « Drums and Guns », la première étape s’est concentrée sur l’élaboration des morceaux. Les voix sont ensuite venues s’ajouter. C’est la première fois que nous expérimentons à ce point. Certaines personnes trouveront que ce disque est trop électronique. Mais, en fait, « Drums and Guns » est peut-être notre œuvre la plus artisanale ! On ne s’est jamais imposé le biais des musiques électroniques. Ces sonorités se sont imposées lors du travail sur les morceaux. Rien n’était prémédité ! J’espère simplement qu’en écoutant ce nouvel album, les gens percevront l’évolution sonore recherchée ces deux dernières années.

Vous avez confié la production à Dave Fridmann. Dans quelle mesure sa personnalité ressort-elle de « Drums and Guns » ?

A.S. : Lors des sessions d’enregistrement, Dave a été notre plus proche confident. Parfois, on se disait : Oh lala, c’est une véritable catastrophe !  Et Dave nous soutenait le contraire. Il a vraiment essayé d’explorer nos idées les plus folles. Nous étions un peu comme des enfants découvrant de nouveaux jouets. Il n’a pas arrêté de nous encourager. Parfois, on ne comprenait plus rien et lui, dans un élan magistral, il survenait : On va prendre ces deux sons-là et cette voix : voilà la chanson !  Pour mener à bien ce nouveau projet, nous avions besoin d’une personne talentueuse, calme, capable de reconstituer des fragments sonores pour en délivrer une chanson. Dave était parfait dans ce rôle. Il était un peu comme un professeur à notre égard.

Lauren Hoffman

Les réjouissances mélancoliques

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Cheveux noirs, teint pâle, regard songeur, Lauren Hoffman tient la déprime en otage. Normal. A 17 ans, elle s'était fait voler la vedette par la jeune Fiona Apple. Depuis, son monde s'est renversé. Aujourd'hui, elle cherche à le retrouver. Et tous les chemins sont bons pour se refaire une santé. Le moral de Lauren au beau fixe, nous profitons d'une éclaircie dans ce regard noir pour lui poser quelques questions sur sa carrière, sur « Choreography », son dernier album. L'art d'écrire la danse se chante ici. A l'ombre des jours heureux.

Tu as commencé la musique très jeune, à l'âge de 17 ans. Quelles sont les principales difficultés rencontrées par un artiste qui commence aussi jeune ?

Pour moi, la plus grosse difficulté résidait essentiellement dans ma propre approche des choses. A l'époque, je me cherchais vraiment. Ma personnalité peinait à éclore. Parallèlement, il y avait de plus en plus de personnes qui me prêtaient attention. Cette confrontation entre la quête de ma personnalité et la sollicitude du public ne m'a pas été très favorable. Cependant, avec du recul, je pense que la clef de cette situation est davantage à chercher dans un manque de maturité.

A cet âge-là, est-ce que l'on se lance dans la musique de son plein gré ? Etait-ce ta seule volonté ?

Je dois reconnaître que mon père m'a beaucoup soutenue. A l'époque, il travaillait dans l'industrie musicale. Mais ce n'était en aucun cas son choix. La décision finale m'est revenue. Choisir d'embrasser une carrière de chanteuse n'est pas évident... surtout à 17 ans. Cependant, on peut dire que mon entourage m'a encouragée à écrire des chansons, à jouer de la musique.

Dans tes différentes biographies, on peut lire que tu étais une grande amie de Jeff Buckley. De quelle nature était votre relation ?

Une connexion très puissante existait entre nos deux personnalités. Certaines analogies de l'existence nous ont réunis. Je ne venait de nulle part et me retrouvais finalement signée sur un gros label (NDR : Virgin Records). Pour sa part, il était quasiment inconnu. Puis, soudainement, il a accédé au rang de star incontournable. Chaque fois que nous nous sommes vus, l'entente était parfaite. Mais il était si souvent sur la route... Notre relation n'en était pas moins solide. C'était mental, presque spirituel... A sa mort, une part de moi a également disparu...

Depuis 1997, tu n'as composé que trois albums : « Megiddo » en 1997, « From the Blue House » en 1999 et, sept ans plus tard, nous découvrons enfin « Choreography ». Comment expliques-tu ton retour après une absence aussi longue ?

Personnellement, je n'ai pas vraiment d'explication. C'est l'ordre naturel des choses. Et puis, quand on y pense, trois albums en dix ans, c'est exactement le même cheminement que celui de Fiona Apple. Alors quoi ? En quoi ce temps d'attente entre mes disques serait-il trop long ? Je peux vous affirmer qu'il ne s'agit pas d'une stratégie commerciale ! Après mon deuxième album, j'ai vécu une année complète de dépression nerveuse. Après cet épisode tragique, j'ai passé deux années à l'université. Suite  à ce passage studieux, j'ai pris mon temps pour réfléchir, envisager des perspectives d'avenir. Pendant deux ans, j'ai composé, écrit de nouvelles chansons et cherché les meilleures façons d'aborder et de penser ma musique. Je me suis alors concentrée sur l'enregistrement de « Choreography ». Pendant un an, j'ai enregistré, réenregistré pour, enfin, arriver au résultat final. Après cela, j'ai démarché auprès de différents labels... Et nous y voilà : sept ans d'absence !

Ton nouvel album s'intitule donc « Choreography ». Quel est son sens profond ? Est-ce un clin d'œil à ces sept ans d'absence ?

La signification du titre de mon nouvel album n'a pas de lien direct avec cette absence prolongée. « Choreography » a un sens un peu obscur, difficilement saisissable à premier abord. Une des raisons d'être de ce titre repose dans sa prononciation : « Choreography », ça sonne comme « Pornography », mon album préféré de Cure. Plus largement, il s'agit d'un hommage à mon passage à l'université. Là-bas, j'ai étudié la danse, les chorégraphies et toutes ces choses qui m'ont donné l'envie de poursuivre et d'enregistrer ce nouvel album, d'être une artiste au sens noble du terme. Pour moi, « Choreography » est un mouvement dans l'espace. Je considère que c'est la même chose pour mes chansons. En appelant ce disque « Choreography », je révèle donc une part substantielle de mon univers musical.

Ton album est signé chez Fargo, un label parisien. Comment expliquer cette signature sur un label français ?

Ils ont toujours apprécié mon travail. Et, pour ma part, je suis toujours heureuse de venir présenter mes chansons en Europe. En ce sens, on peut affirmer que cette décision est naturelle. J'avais déjà entendu parler du label auparavant. Lors de précédents voyages en France, certaines personnes me disaient qu'il s'agissait d'un excellent label. Alors, quand ils sont venus me trouver en me demandant de signer mon disque chez eux... Je n'ai pas hésité !

Ton nouvel album s'ouvre sur « Broken ». Pourquoi as-tu choisi cette chanson d'ouverture comme single ? L'entrée en matière commence ainsi par un tube. Est-ce un choix conscient ?

En réalité, ce n'est pas un single ! Cette chanson est très populaire sur ma page My Space. Pour l'instant, je peine à faire sortir mon disque aux Etats-Unis. L'album vient de paraître en Europe par l'entremise de Fargo. Donc, aux Etats-Unis, il n'y a pas d'album et par conséquent, aucun single. Ici, en Europe, je ne pense pas qu'ils vont sortir un single en particulier. Mais, au final, cette décision revient au label. Les gens qui y travaillent savent ce que les gens aiment.

La plupart de tes chansons sont empreintes d'une mélancolie tenace. As-tu l'impression d'être mélancolique ?

C'est naturel d'être heureux et malheureux de façon équivalente. En fait, il existe des choses merveilleuses dans les moments les plus tristes de l'existence. C'est très paradoxal, mais parfois, je ressens une joie profonde d'être malheureuse. Cela me permet de découvrir des émotions profondes, très intenses.

The Kooks

La meilleure énergie...

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Responsable d'un premier et chouette album en début d'année (« Inside in/Inside out »), les Kooks ont le vent en poupe ! Non seulement ils appartiennent, tout comme The Subways et The Arctic Monkeys, à la nouvelle vague du rock britannique juvénile et insouciant, mais ils manifestent, sur les planches, une maturité assez étonnante pour des musiciens aussi jeunes (NDR : ils n'ont pas 20 ans !). La veille d'accorder des interviews, et réduite sous la forme d'un trio (NDR : Max, le bassiste, n'avait pas fait le déplacement), la formation avait accordé un showcase particulièrement convainquant à bord du Ric's Boat, Quai des Péniches à Bruxelles. Bien sûr, on y a rien vu ; mais on a tout entendu… Pour cet entretien, pas de Luke (le chanteur), mais bien Paul (le drummer) et Hugh (le guitariste). Pas un problème en soi, puisque les quatre membres du band se partagent aussi bien les compos de la musique que des lyrics. Mais, sa participation aurait sans doute permis de développer certaines questions que nos deux gaillards ont parfois laissées à l'état embryonnaire voire sans réponse. Ce qui ne les empêche pas d'être éminemment sympathiques…

Ainsi, le groupe a déclaré que les journaux et magazines étaient sous contrôle. Que lorsqu'ils lisaient des interviews, ils se demandaient si ce qui était relaté était vrai ou pas. Et pourquoi ce sujet ne pourrait pas faire l'objet d'une chanson ? Hugh répond : « Je pense qu'on a déformé nos propos. Nos griefs ne s'adressent pas aux journalistes, mais aux rédacteurs en chef (NDR : merci !) qui envoient leurs collaborateurs sur le terrain pour écrire des articles qui les arrangent bien. Les journalistes ne sont que des instruments (NDR : merci pour eux !) Et on coupe tellement dans leurs articles que le contenu finit par être totalement déformé. Ainsi il devient parfois impossible de se faire une opinion exacte de ce que l'interlocuteur a raconté. C'est une honte ! » Paul ajoute : « Les Stereophonics ont déjà écrit une chanson qui relate ce sujet 'Mr winter' ». A croire qu'ils sont paranos ! Ce qu'ils admettent. Et qu'ils traduisent à travers leurs lyrics. Dommage qu'ils ne se soient pas davantage épanchés sur le sujet… Ce qui nous aurait permis de savoir pourquoi ils pensent que pour une bonne info écrite à leur sujet, 10 sont erronées…

Pour enregistrer leur premier album (' Inside in/Inside out'), les Kooks ont bénéficié du concours de Tony Hoffer à la production. Un personnage dont la carte de visite mentionne la mise en forme d'albums de Supergrass et de Belle & Sebastian. Pourtant, à l'origine, c'était Paul Stacey qui avait été approché pour faire ce job. Paul a joué chez Oasis à leurs débuts (NDR : tout comme son frère d'ailleurs) et milite aujourd'hui au sein du super groupe The Syn (NDR : au sein duquel on retrouve les ex-Yes Chris Squire et Alan White). Mais finalement, la piste Stacey a été abandonnée. Hugh explique : « Nous avons enregistré une démo et un single sous sa houlette. Mais le résultat n'était pas concluant » Paul ajoute : « On peut même dire qu'il était totalement foireux. Les autres étaient démoralisés. Il n'y avait plus que le tour-manager (NDR : il s'appelle aussi Tony !) et moi-même pour y croire encore. Ils étaient presque prêts à tout abandonner. Mais nous sommes parvenus à les convaincre de nous tourner vers Hoffer. » Et il faut reconnaître que le résultat est allé au-delà de toutes les espérances. Hugh confirme : « Il  nous a énormément aidé. Il a joué un rôle fédérateur, parce qu'on partait tous azimuts. Il est parvenu à insuffler un sentiment d'unité à notre disque. Et puis à tirer le meilleur de nous-mêmes. D'ailleurs, pour le prochain album, nous comptons bien renouveler l'expérience… » L'opus a été concocté au sein des studios Konks de Ray Davies. Etonnant que l'ex leader des Kinks ne se soit pas manifesté pour donner de la voix sur l'une ou l'autre compo. Paul clarifie : « En fait, on lui avait demandé de venir faire les backing vocals sur ‘Jackie big tits’ ; mais on a pris trop de retard lors des sessions. Et le jour où il aurait dû nous rejoindre, il était parti en tournée… »

Tony (le tour-manager) a apparemment une influence positive sur le quatuor. Et il ne manque pas d'idées. Il envisage ainsi de faire tourner le groupe, dans le futur, en compagnie de vieux musiciens de blues. Un peu comme Jon Spencer a fait dans le passé. Et ce n'est pas un bobard. Mais Hugh remet les pendules à l'heure : « C'est un projet. Qui pourrait se matérialiser ultérieurement. Mais pour l'instant, priorité à notre tournée. C'est une bonne idée, parce que ce dans genre de démarche, tu n'es pas là pour entrer en compétition avec un groupe ou un artiste, mais pour opérer une fusion. Et puis, si on le fait, ce sera pour le fun… »

Le groupe a choisi pour patronyme le nom d'une chanson de Bowie, issue de l'album 'Hunky dory'. Un disque qui est sorti en 1971. Vu leur âge, les musiciens des Kooks ont dû fouiller dans les vinyles de leurs parents et écouter leurs conseils. Paul confesse : « C'est mon père qui m'a fait découvrir ce disque ! » Hugh embraie : « Luke m'en a fait une copie. Et c'est ainsi que je l'ai découvert. Et manifestement, il est génial. Le mixing est stupéfiant. La production est parfaite. C'est ce qu'on a voulu reproduire sur notre album. Capturer une atmosphère. Immortaliser 4 gars dans le rythme. Etreindre sans user de violence. Avec juste le chant, deux guitares, une basse, des drums et des backing vocaux. » Paul commente : « On ne doit quand même pas être les premiers à reproduire cette ambiance. A s'enregistrer 'live' en studio. A capturer la meilleure énergie ! Certains groupes ou artistes se concentrent uniquement sur le travail en studio. Ils respectent une structure. On pose la basse et la batterie. Puis on y ajoute la guitare, puis le chant. Parfois dans un ordre différent. Où est la passion ? Les morceaux sont joués, mais il n'y a pas d'esprit d'ensemble. Chacun joue sa partition sans se soucier de celle des autres. En général, ces gens-là, on ne les voit jamais en tournée. Ce n'est pas notre philosophie… » Hugh insiste : « Aujourd'hui, la tendance est de retourner aux sources. De faire comme on fait… »

Les musiciens du groupe avouent une multitude d'influences : depuis la pop au punk, en passant par le jazz, le blues, le reggae, la soul, le ska, le funk et j'en passe. Des noms ? Bowie, bien sûr. Et puis dans le désordre Police, les Beatles, le Clash, Dylan, le Velvet Underground, The Smiths, les Stones, les Doors, Manson et j'en passe. Paul est, en outre, un grand fan de reggae. Bob Marley et Peter Tosh en tête. Et de soul. Des classiques aussi : Stevie Wonder, Otis Redding et Marvin Gaye. Ironisant : « Pas pour rien qu'aujourd'hui, les standards de la soul sont utilisés pour servir de bande sonore aux spots publicitaires de la TV. » Ce qui explique sans doute pourquoi, lors de leur showcase accordé la veille, ils ont interprété ‘You make me crazy’ de Sammy Hagar, popularisé par le duo Gnarls/Barkley. Paul raconte : « En fait, nous l'avons jouée pour la première fois en direct sur Radio 1. Elle était alors n°1 dans les charts, et on nous a demandé d'interpréter une chanson de quelqu'un d'autre. C'était un peu la folie en studio… » Les Kooks n'en sont d'ailleurs pas à leur première cover. A leurs débuts, ils on ainsi joué le ‘Reptilia’ des Strokes. Paul précise : « En fait, nous ne l'avons reprise qu'une seule fois. C'est une bonne chanson d'un groupe qu'on apprécie tout particulièrement. Ce n'est pas une raison pour passer tout leur répertoire en revue. D'ailleurs aujourd'hui, nous avons suffisamment de compos personnelles pour commencer à jouer celles des autres. Mais bon, dans certaines circonstances, ça peut arriver… » Par contre il leur arrive de composer un morceau se référant à la chanson d'un autre artiste. A l'instar de ‘Eddie's gun’. Dont les lyrics font allusion d'une manière très humoristique aux pannes érectiles (NDR : ou d'éjaculation précoce) rencontrées par le jeunes de leur âge. Paul s'explique : « Cette compo parle du canon d'un fusil et on a choisi le nom Eddie à cause de la chanson de Cochran » (NDR : il imite le riff de guitare du célèbre 'C'mon everybody' de la voix).

Pour votre information sachez que le quatuor est établi à Brighton. Que Luke est originaire de Londres. Qu'ils ont tous un accent à couper au couteau (merci encore à Vincent et à mon enregistreur portable !). Que leur album sera disponible aux States en octobre. Et qu'ils se produiront le 7 novembre à l'Ancienne Belgique. Pas la peine d'essayer de vous procurer des places, le concert est déjà sold out. Pas de panique, les Kooks figurent à l'affiche du festival des Inrocks de cet automne. Ils joueront notamment à l'Aéronef de Lille, le 9 novembre prochain. En outre, vu le succès récolté par le groupe, d'autres dates devraient être programmées. Et puis vous pouvez toujours vous consoler avec l'acquisition de leur opus. Vous ne le regretterez pas ! 

Merci à Vincent Devos.

 

  

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