La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

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dEUS - 19/03/2026
The Wolf Banes - De Casin...
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

I love total destruction

Pour enregistrer leur cinquième opus, cette formation écossaise (NDR : d’Edimbourg pour être plus précis), a reçu le concours du guitariste Malcolm Ross (Josef K, Orange Juice) et de Gareth Sager (The Pop Group) au piano et à la clarinette. Ce dernier avait déjà participé à la confection du précédent elpee, « Received transgressed and transmitted », paru en 2001. Nonobstant deux fragments qui s’égarent dans le reggae/dub, « I love total destruction » trempe dans la pop expérimentale. Expérimentale, mais toujours mélodique. Fruit d’un mélange subtil d’influences qui oscillent de Captain Beefheart (le désordre créatif) à Orange Juice (postacard oblige !), en passant par le Fall, Beck (lorsque la basse roule son groove), T Rex (les harmonies vocales glamoureuses du titre maître et d’« I am the sky), Supergrass (le très contagieux « Hanging around ») et Tortoise (dès que le post rock navigue aux confins du jazz et de l’électro). On y trouve même du garage (l’excellent « The end of definition »), quelques effluves jamaïcaines, un peu de free jazz (les drums surtout) et une forme de psychédélisme très personnelle. Bref, un elpee fort intéressant, original, auquel il y manque cependant un titre véritablement accrocheur pour mériter de décrocher un must…
mardi, 07 avril 2009 22:50

Grace/Wastelands

Peter Doherty s’est racheté une conduite. Et aussi un prénom. Ne dites donc plus Pete, mais Peter. A 30 balais, aurait-il enfin atteint l’âge de la maturité ? C’est en tout cas, ce que la presse, dans son ensemble, laisse supposer. Spécialisée ou non. La came, l’alcool et les excès : ce serait du passé. On veut bien le croire. Mais personnellement, je demeure toujours aussi sceptique. Par contre, il faut reconnaître que son premier album solo est remarquable. Et le mot est faible. Un disque pour lequel il a notamment reçu le concours du guitariste de Blur, Graham Coxon, pratiquement sur toutes les plages. Ainsi que de Stephen Street, à la production. Sans oublier ses potes de Babyshambles. Peter signe ou cosigne tous les textes et s’est chargé de toutes les (superbes) illustrations du booklet.

Partagé en 12 plages, l’elpee est essentiellement acoustique. Ce qui ne veut pas dire qu’il soit minimaliste. Les arrangements et/ou les orchestrations sont même somptueux. A l’instar de « 1939 returning », de « A little death around the eyes », caractérisé par son refrain en mode tango et du cinématique et gracile « Salomé » (NDR : une référence biblique !) Trois titres pour lesquelles une section de cordes, au sein de laquelle on retrouve l’ex Durutti Column, John Metcalfe, apportent une dimension raffinée, digne de John Barry, à la mélodie. On a même droit à du mellotron et à de la guitare électrique sur le caressant et chaleureux « New love grows on trees », morceau légèrement psyché réminiscent de Luna. Et dans le même registre, « Palace of bone » lorgne vers un Guy Chadwick (NDR : cette voix !) échappé de House of Love. Plusieurs compos baignent dans le jazz et/ou le blues. Caractérisé par cette guitare en picking, presque manouche, et ses drums frottés par des balais, « Arcady », le morceau d’entrée, en est une belle illustration. Tout en adressant un clin d’œil au Kinks, « Sweet by and by », trempe carrément dans le dixieland. Et en finale, l’allègre « Lady don’t fall backwards » trahit constamment des accents syncopés, nonobstant cet orgue vintage (NDR : un farfisa ?), qui envahit progressivement l’espace sonore. Vous avez certainement déjà eu l’occasion d’entendre ou d’écouter le single « Last of the English roses ». Les références au reggae dub de Clash sont incontestables. Petite variante, la présence de ce mélodica fantomatique. Un instrument qui hante d’ailleurs la plupart des plages de cet elpee. Finalement seuls trois fragments épousent un profil essentiellement acoustique. Tout d’abord « I am the rain », malgré son interlude latino, « Sheepskin tearaway », dont Peter partage un duo en compagnie de la chanteuse écossaise Dot Allison et enfin le bouleversant et contagieux « Broken love song ».

Œuvre savoureuse, empreinte de romantisme et de poésie, « Grace/Wastelands » se pose déjà comme un des musts de l’année 2009. Quant à savoir si le gaillard respectera le calendrier de sa tournée, c’est une autre histoire…

 

mardi, 07 avril 2009 21:46

All the plans

La Britpop? C’est passé de mode! Et pourtant, certains groupes s’accrochent encore et toujours. Parfois avec succès. Comme Coldplay. Souvent sans. Pensez à Travis. Et Starsailor en est une autre illustration. « All the plans » constitue le quatrième elpee du quatuor de Wigan. Un disque qui a reçu le concours de Steve Osborne (New Order, B-52’s) à la mise en forme.

Sur les onze plages de cet opus, quatre parviennent à éviter le piège de la ballade sirupeuse et hyper léchée. Tout d’abord, le morceau d’entrée, « Tell me it’s not over ». Caractérisé par son piano sonore, il aurait pu figurer au répertoire de la bande à Chris Martin. Encore que parfois, il me fait davantage penser aux Veils. C’est d’ailleurs le cas également pour le morceau maître. Un titre enrichi de claviers fluides et bercé de guitares bringuebalantes (NDR : Ron Wood est venu donner un bon coup de gratte !) Reste encore le cinématique, ‘enniomorriconesque’ « The Thames » et l’étrange finale, aussi dépouillée que paisible, « Safe at home », au cours de laquelle James Walsh se fait crooner. A contrario, on ne s’étendra pas sur l’insipide « You never get what you deserve », au cours duquel il emprunte carrément les inflexions de Bono. Pas la peine de tirer des plans sur la comète, mais je crains fort que l’histoire de Starsailor s’achève à moyen terme ; à moins que le band n’accepte de descendre en seconde division… Seul l’avenir nous le dira…

Première formation indie à être signée par le label Warp, Maximo Park nous vient de Newcastle, en Angleterre. Un quintet très prometteur qui semble principalement tirer son inspiration des Smiths et des débuts de Roxy Music. C’est en tout cas l’impression que nous a laissé ce single deux titres. On devrait y voir plus clair lors de la sortie de l’album ; mais s’il est de cette trempe on risque de prendre une fameuse claque…
jeudi, 29 novembre 2018 11:39

Something in the water

Pour enregistrer son deuxième album, ce quintet originaire du Midwest (NDR : de Green Bay, très exactement) s’est rendu à Detroit. Dans les studios Ghetto. Histoire, peut-être, de retrouver l’esprit punk pur et dur de MC5. Une des influences majeures chez Mystery Girls. Mais qu’ils prennent le soin de diluer dans un garage/blues/psyché/punk/rock qui doit autant aux Stones de la fin des sixties/début des seventies, à Blue Cheer, à 16th Floor Elevators qu’aux Fleshtones. De solides références qui nous valent un album excitant, savoureux et qui ne manque pas de groove. Guitares débridées hormonées aux pédales wah wah, harmonica poussiéreux, drums frénétiques et vocal guttural sont les ferments de cette solution sonore toute juvénile. C’est parfois revivaliste, souvent âpre, mais l’énergie dispensée est tellement intense, qu’on n’a pas le temps de penser, ni de souffler. En fin de parcours, « This is stereo » s’enfonce même dans un délire psychédélique que n’aurait pas renié un Loop ou Spacemen 3. A cet instant, on se demande même ce qu’ils ont pu mettre dans leur eau (NDR : je n’ai pas dit mono !!!)…
vendredi, 31 décembre 2004 18:20

The Wagon fair

Premier opus solo pour Minco Eggersmann, leader de At The Close Of Every Day. Un disque pour lequel il a quand même reçu le concours de l’un ou l’autre invité. Et en particulier de l’harmoniciste Thomas Denver Jonsson et du joueur de pedal steel Fredrik Wilde. D’un bassiste, d’une pianiste et d’une choriste également. Tout un petit monde qui n’intervient que très pudiquement tout au long de l’opus ; laissant l’essentiel du gâteau sonore à la six cordes acoustique et à la voix de Minco. Dans un style qui rappelle Mark Eitzel et Mark Kozelek. D’abord à cause de la voix profonde, torturée, bouleversante de Minco. Et puis de sa manière de jouer de sa guitare sèche. Tantôt en picking, tantôt à travers des accords plaqués et douloureux ; mais le plus souvent pour tramer une contre mélodie. Les douze fragments de « Wagon fair » sont, en outre, inspirés par une nouvelle inspirée de “The Devil’s playground”, un documentaire que la BBC a consacré à la communauté Amish implantée au Nord de l’Amérique (http://fr.wikipedia.org/wiki/Amish.)
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Solresol

« Solresol » constitue le deuxième elpee de ce sextuor drivé par un certain Pierre de Gaillande. Ce chanteur/compositeur de nationalité française vit aux States depuis un bon bout de temps. A New York pour être plus précis. Avant de fonder Melomane, il a sévi successivement chez Film Star, Creedle et Morning Glories. Et pour son nouveau groupe, il n’a pas recruté des manchot, puisqu’on y retrouve des anciens musiciens de Dylans (Quentin Jennings), God is My Co-Pilot (Daria Klotz), Frank Heer (Huggy Bear), Jesse Neuman (Weird Al Yankovic Band) et Kenny Savelson (également ex Morning Glories). De France, Pierre a ramené son goût pour la chanson cabaret. Un style qu’il mêle à du jazz, de la pop, du rock et du latino, avant de le tapisser de littérature bohème. Melomane est ainsi responsable d’une musique expérimentale, mais pas avant-gardiste, complexe mais mélodique, filmique mais agréable, éclectique mais pas futile, une musique que le combo dispense avec un feeling ténébreux, brumeux et décadent. L’éventail instrumental utilisé y contribue : guitare, basse ; drums, claviers dont le piano électrique, violoncelle, trompette, theremin, steel, xylophone miniature, etc. sans oublier les bruitages. Mais aussi le duo vocal échangé entre Pierre et Daria. Cake rencontre Calexico !
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Grungy Funky Punky Rock

Fondé en décembre 2003, Menolly nous vient du Nord de la France. Un quatuor qui rêve d’enregistrer son premier album. En attendant, il nous propose cet Ep quatre plages, concocté au cours de l’été dernier. Et rien que le titre de ce disque vous donne une petite idée du style pratiqué par la formation. Des références ? Nirvana, Siverchair, Noir Désir et Rage Against The Machine. Enfin, chez les trois garçons qui se réservent la guitare, la basse et les drums. Mais dans cet univers de brutes vient se poser la voix de Lau, dont le timbre fragile, candide, proche d’une Deborah Harry, prend le soin de canaliser les mélodies, au point de les rendre contagieuses. Sur les deux premiers fragments notamment. A contrario, lors des deux derniers morceaux, elle force sa voix, comme si elle avait été contaminée par la fureur de son entourage. Si le groupe ne manque pas de bonnes idées, il lui reste encore pas mal de pain sur la planche. D’abord afin de trouver le parfait équilibre entre l’instrumentation et le chant, deux tendances qui s’opposent manifestement au sein de leur musique. Ensuite pour améliorer la qualité des enchaînements, encore trop précaires pour ne pas trahir un certain manque d’expérience. Et si vous voulez en savoir davantage sur le groupe, je vous invite à aller visiter leur site…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Echoes from the engine room

Pour enregistrer son premier album, ce quintet limbourgeois a reçu le concours de Peter Crosbie, à la production. Un Australien qui avait déjà été choisi pour mettre en forme le single « Half-lit cigarette », sur les conseils de Luc Van Acker. Après avoir sévi le temps de 4 albums chez les Dugites, une formation obscure des eighties qui avait notamment tourné en compagnie d’INXS, Midnight Oil et Split Enz, Peter s’est lancé dans la production. Sa carte de visite mentionne d’ailleurs des collaborations opérées auprès de Troy Newman, James Griffin, Bad Boy Johnny, Danielle Gaha, Gary Glitter ainsi que de Jason Donovan. Au cours d’un périple accompli avec ce dernier, il a décidé de se fixer à Bruxelles pour entamer une carrière de compositeur de bandes sonores destinées aux séries de TV, films, pièces de théâtre et ballet modernes. Sans pour autant négliger son travail de production. Axelle Red, BJ Scott et Arno ont ainsi bossé sous sa houlette. Mais venons en à cet « Echoes from the engine room » ! Découpé en 10 fragments, il est sculpté dans la britpop. Une britpop essentiellement inspirée par Oasis, Coldplay et surtout Ash. Ash ? A cause du sens mélodique mélancolique, contagieux, hymnique, utilisé dans les ballades. Pensez à « Candy ». Et puis du timbre vocal d’Erwin Marcisz qui campe un hybride entre celui de Liam Gallagher et Tim Wheeler. A la bande à Chris Martin ? Lorsque piano bringuebalant et guitares décapantes enflamment le refrain électrique (« Into the terraplane ») ou encore sous une forme aquatique. A l’instar d’« It’s never gonna be (what I had in mind) ». Enfin Oasis, pour l’emphase que manifestent le vocal sur “Dragon’s lair” et “Summer (= resurrected) ». Et lorsque l’univers sonore prend de l’ampleur, c’est pour épouser une forme électrique davantage convulsive (« Tragedy at the bookshop »), caressées d’harmonies vocales limpides, un peu comme chez Fountains Of Wayne. Des harmonies qui soulignées d’un filet de clavier, deviennent même angéliques, sur le titre maître, un fragment très fruité, acoustique et minimaliste (Girls in Hawaii ?). Enfin, « A shiny metal dream » campe une ballade empreinte de pop pure, une chanson à siffloter sous la douche (New Musik ?). Bref, un opus fort agréable qui se laisse fondre dans l’oreille comme un bonbon à la menthe sur la langue…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

You are the Quarry

“Maladjusted”, le dernier opus solo de l’ex Smiths remonte déjà à 1997. « You are the Quarry » constitue son huitième essai en solitaire. Un disque pour lequel il a reçu le concours de Jerry Finn, un des producteurs le plus courtisés aujourd’hui (NDR : il est notamment responsable de la mise en forme de plaques pour Blink 182, AFI ou encore Green Day). Et puis du groupe en compagnie duquel il bosse depuis des lustres. En l’occurrence, les guitaristes Boz Boorer et Alain Whyte, le bassiste Gary Day et le drummer Dean Butterworth. Tout un petit monde rejoint pour la circonstance par le claviériste de Jellyfish, Roger Manning. Pour la première fois, la formation et Mozz n’ont pas opéré les prises séparément, mais lors des mêmes sessions d’enregistrement. A Los Angeles et à Londres. Une bonne trentaine de chansons, dont douze ont été retenues pour cet elpee. Avec pour résultat une œuvre qui alterne le très bon et le moins bon. Le moins bon, lorsqu’il s’égare dans le mélo pathétique et ampoulé. Et sous cette forme, la voix emphatique de Morrissey indispose. A contrario, ce timbre fait merveille dès que les chansons épousent un profil tourmenté. Et les variations de tempo tout comme l’agitation et l’intensité des cordes de guitares n’y sont pas étrangères. Parfois même comme à l’époque de Smiths. Une impression qui se manifeste sur les trois premiers fragments de la plaque. Mais les deux titres qui emportent toutes mes faveurs répondent aux noms de « I’m not sorry », plage balayée de percussions jazzyfiantes, réminiscente de la période postcard d’Aztec Camera ; et puis l’étonnant « How could anybody possibly know how I feel ? », dont la progression des cordes de guitares me rappelle un certain « I want you » des Beatles. Pas de lyrics susceptibles de susciter controverses ou polémiques au sein de ses chansons, mais des sujets ambigus, amers, spirituels, complexes, qui dépeignent sa vision très personnelle, ténébreuse, de la comédie humaine…