L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Afghan Whigs
The Cure
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Origin Vol. 1

Lors du poll 2002, j’avais plébiscité « Behind the music », le troisième opus de ce sextuor suédois, album de l’année. Un disque qui ne puisait plus exclusivement son inspiration dans l’essence du psychédélisme, mais aussi dans toute l’histoire de la pop et du rock. Je vous invite d’ailleurs à relire cette chronique. « Origin Vol. 1 » est sculpté dans le même moule, mais revisite d’autres pans de l’histoire de cette musique. On y retrouve bien sûr toujours les références aux Beatles (le ‘lennonesque’ « Song for the others ») et au Floyd circa « The Piper at the Gates of Dawn ». Tout au long de « Believe I’ve found », c’est une évidence. Donc à Syd Barrett. Et lorsque la voix nasillarde d’Ebbot Lunberg emprunte ses inflexions sinusoïdales, c’est encore plus flagrant. L’esprit de Roger rencontre ainsi Lenny Kravitz sur le très groovy « Royal explosion (part II) », George Harrison tout au long du contagieux « Bordeline » et l’orientaliste « Wheels of boredom ». Mais à l’instar du défunt Guided By Voices, TSOOL a exhumé l’intensité hymnique du Who. Du chef d’œuvre « Tommy », bien sûr. Pensez à « Pinball wizard ». « Transcendental suicide », même si le sens mélodique rappelle les débuts d’Oasis, et le final « Age of no reply », nonobstant ses claviers rognés, ‘manzarekiens’ (NDR : comme chez les Doors, si vous préférez), épousent ce profil. Si « Bigtime » s’enfonce dans la noisy ténébreuse et hypnotique de Jesus & Mary Chain, l’allègre « Heading for a breakdown » adresse un clin d’œil aux Byrds. Violent, furieux et échevelé, « Mother one track mind » carbure sur un tempo punk que n’aurait pas renié le MC5. Enfin « Lone summer dream » bénéficie d’orchestrations somptueuses dignes de Love. A moins que ce ne soit des Pretty Things. En fait, le psychédélisme de l’œuvre est tellement ample, tellement riche, que je ne puis m’empêcher de penser à la période la plus hallucinée des Jolies Choses. Et pour couronner le tout, Jane Birkin est venue donner de la voix sur « Midnight children », une chanson tout aussi langoureuse, mais forcément moins sensuelle que le célèbre « Je t’aime, moi non plus », qu’elle partageait alors avec Gainsbarre. Et pourtant, on n’a jamais l’impression que l’œuvre souffre de revivalisme. En fait, TSOOL est encore une fois brillamment parvenu à transcender ses influences pour les conjuguer au présent. Et à ce titre, cet elpee mérite de figurer parmi les ‘musts’ de l’année…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Ghosts of the great highway

Alors qu’on attendait impatiemment un nouvel album de Red House Painters, Mark Kozelek nous revient, non pas en solo, mais avec un nouveau projet: Sun Kil Moon. Un projet pour lequel il a reçu le concours du drummer de RHP, Anthony Koutsos, celui d’American Music Club, Tim Mooney, ainsi que l’ex bassiste de Black Lab, Geoff Stanfield. Sans oublier le trio à cordes issu du Conservatoire de San Francisco.
 
Nonobstant sa fidélité au style introspectif, mélancolique, « Ghosts of the great highway » explore de nouveaux horizons sonores. Une œuvre impressionniste qui évoque tantôt la littérature de John Steinbeck, tantôt l’imagerie capturée par les aquarelles d’Edward Hopper. Mark s’essaie même au cubisme (NDR : la période bleue ?), à travers « Pancho Villa » et « Duk Koo Kim ». Deux titres déjà paru précédemment, mais sous des formes différentes. Epopée psyché rock de plus de 14’, « Duk Koo Kim » est sculptée dans un subtil mélange d’acoustique (guitares sèches et mandolines) et d’électricité. Elle constitue d’ailleurs l’âme de cet opus. Quant à « Pancho villa », il achève l’opus sur un ton plus optimiste. A l’instar de l’instrumental « Si, Paloma ». Fermez les yeux et vous vous imaginez déjà sur le littoral hellène, que darde le soleil de ses rayons brûlants… Un seul fragment hausse le tempo : « Lily and parrots », une plage imprimée sur un rythme post punk ; une formule inhabituelle dans le chef de Kozelek. Si l’intensité blanche, ‘crazyhorsienne’ se consume avec la langueur vivifiante, tout au long de l’excellent « Salvador Sanchez », j’ai surtout flashé sur le beau et douloureux « Carry me Ohio », une composition dont la mélodie bercée de guitares bringuebalantes, me rappelle House Of Love. Et le reste est loin de manquer d’allure. Aussi bien « Last tide », un track sculpté dans le heavy folk, enrobé d’arrangements de cordes, réminiscent du 3ème et indispensable elpee de Led Zeppelin. Et puis le tendre et paisible « Gentle moon », caractérisé par ses notes de xylophone scintillantes, ses percussions feutrées et le ténor fragile de Mark. Un must ! A déconseiller, cependant, à ceux qui souffrent du spleen…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Supergrass is 10. The best of 94-04

Pour fêter ses dix années d’existence, une compile vient d’être consacrée à la formation d’Oxford. 21 titres parmi lesquels figurent les inévitables « Caught by the fuzz », « Pumping on your stereo », « Alright », « Moving », « Richard III » ou encore « Sun hits the sky ». Bref, à première vue, rien qui devrait inciter les aficionados de Supergrass à se procurer absolument ce disque. Surtout s’ils possèdent déjà toute la discographie du groupe. Le seul hic procède de la présence de deux inédits : le funky « Kiss of life » et le bondissant « Bullet ». Deux fragments qu’on devrait retrouver sur le prochain maxi. Pour ces fameux aficionados, le choix sera vite fait. Maintenant, si vous connaissez mal la carrière musicale de ce fleuron de la britpop, et que vous avez toujours la nostalgie des Jam, Buzzcocks ou Undertones, vous savez ce qu’il vous reste à faire…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

The day the oldman met the sea

Pour son premier ep, il faut reconnaître que cette formation wallonne (NDR: issus de Marche en Famenne, Mouscron, Namur, etc., la plupart des membres se sont rencontrés à Bruxelles, dans le cadre de leurs études) a mis le paquet pour soigner la qualité technique de ses enregistrements. Et puis les harmonies vocales. Qu’on croirait presque empruntées aux Beach Boys ; quoique les inflexions du chanteur, Matt, lorgnent davantage vers Neil Tennant des Pet Shop Boys. Hyper sophistiqués, les 5 titres de ce disque ne manquent cependant pas de sens mélodique. Légèrement cuivrés, ils évoquent même parfois Beulah, alors que sous une forme plus soul, ils épousent un profil davantage inspiré par Beck, voire Scritti Politti (« Girls are great people to have sex with »). J’ai moins accroché à « Sunday ». Le piano et le vocal en reverb sont ici un peu trop pompés chez Elton John. Et comme je n’apprécie guère Reginald Dwight… Bref, lorsque Superspy aura digéré toutes ses influences, le rock wallon pourra à nouveau compter un nouveau fleuron…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Arty party

Schwarz est une formation espagnole (NDR : issue de Murcie, pour être plus précis) drivée par un certain Alfonso Alfonso. « Arty party » constitue apparemment leur deuxième opus. Un disque habillé par une jolie pochette dont le graphisme est inspiré de Picasso. Pas de castagnettes, cependant chez ce trio, mais une musique très contemporaine qui se nourrit au psychédélisme (Spritualized, My Bloody Valentine), au kraut (Can, Faust) et au post rock (Mogwai, Explosions In the Sky), à la noisy pop (Wedding Present) et à l’électronique (Kraftwerk). Un mélange qui fonctionne plutôt bien, même si on reprochera au chanteur d’abuser parfois du vocoder. D’autant plus regrettable qu’il possède une voix éthérée, claire, qui convient très bien à leur solution sonore. Et il le démontre tout au long des rares fragments sur lesquels elle n’est pas trafiquée. Si les deux titres les plus atmosphériques (« Beauty must die » et « 100% fun free ») réverbèrent des accents de guitare réminiscents de Durutti Column, et l’intro de l’excellent et tempétueux « Droning forever » semble calqué sur le « High time » de Motorpsycho, le final mérite vraiment le qualificatif d’apothéose. Son titre ? « Psychotic hypnotic ». Et il en dit long ! Près de 12 minutes découpées en deux phases. Echevelée, la première nous replonge dans l’univers de Spacemen 3. Le temps de quelques accords orientaux, dispensés au xylophone, et on entre dans une symphonie bruitiste digne de MBV…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Lay of the land

Seachange nous vient de Nottingham, en Angleterre. Un sextuor dont l’originalité procède des sonorités produites par la conjugaison des deux guitares (Dave Gray, Adam Cormack) et du violon (Johanna Woodnutt). Et puis du timbre vocal rudoyant, souvent déclamatoire, mais teinté de mélancolie, de Dan Eastop. A la croisée des chemins de Silencers, des Whipping Boys et d’Immaculate Fools, leur musique est cependant également susceptible d’embrasser une forme garage (« SF »), hymnique (« AvsCo10 »), new wave (« Do it all again ») ou même folk (« Fog »). Mais la plupart du temps, les mélodies reposent sur une structure complexe, ténébreuse, susceptible à tout instant de s’enflammer et de libérer une intensité frénétique, sauvage, volcanique, voire même punk/hardcore (« Forty nights »). Un bémol : la longueur des morceaux ; notamment les plus féroces. Et cet excès d’agressivité est parfois difficile à digérer. N’empêche, pour un premier opus, Seachange est parvenu à démontrer qu’il possédait un fameux potentiel. Suffit maintenant de l’utiliser à bon escient. Pour le prochain elpee ?
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Tribute to Shunatao

Shunatao ne manque pas d’audace ni d’humour : se rendre hommage ! A travers l’adaptation de compositions issues de son propre répertoire. Et en particulier extraites de ses 5 albums précédents. Parce que ce « Tribute » constitue son sixième. Un disque riche, très riche même, baroque, étonnant, susceptible de déraper dans le délire (NDR : le ska, le reggae et le carnaval, aussi !) à tout instant ; mais dont les compositions ne se départissent jamais d’un sens mélodique aussi bricolé que mélodique. Imaginez un mariage entre dEUS et Gorky’s Zygotic Mynci qui aurait reçu la bénédiction de Bowie, David Byrne, Tom Waits et Captain Beefheart, et vous aurez une petite idée du style pratiqué par cette formation issue de Pau. Qui tire parti de tout ce qui lui tombe sous la main pour concocter sa solution sonore : instrumentation conventionnelle et insolite, voix torturées, voilées ou sépulcrales, arrangements faussement simplistes, etc. Original ! Très original même.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Around the sun

“Around the sun” constitue le 13ème album de R.E.M. et leur troisième depuis que Bill Berry a jeté l’éponge. Si en 1998, le trio avait opté pour une formule aussi expérimentale qu’électronique (« Up »), trois ans plus tard, « Reveal » en revenait à une expression sonore plus basique, même si la technologie moderne était encore bien présente. Il faut croire que depuis, le groupe se trouve devant une impasse. Et « Around the sun » en est la plus belle illustration. L’électronique est toujours bien présente. Y compris la boîte à rythmes. La guitare acoustique omniprésente. Il y a du piano ou des claviers. Peu ou pas d’intensité électrique. Des arrangements de cordes. Pour un opus empreint d’une mélancolie presque maladive. Qui ne recèle donc pratiquement que des ballades. Parfois hymniques. Britpop, « Wanderlust » aurait même pu figurer au répertoire d’un Snow Patrol ou d’un Keane. Il y a heureusement l’une ou l’autre exception qui confirme la règle. Et je pense tout particulièrement à « The outsiders » dont l’incursion dans le hip hop procède de la collaboration de Q-Tip de A Tribe Called Quest. Du jazzyfiant et arythmique « Boy in the roll ». Du cosmique « High speed rain ». Et puis surtout de « The final straw ». La meilleure chanson de l’elpee. Réponse à l’alt country de Wilco et sculpté dans des cordes en picking, son folk alternatif s’enfonce progressivement dans les abysses d’un orgue fluide. Dommage que toute la plaque ne soit pas de cette trempe. Bref, Michael Stipe n’a pas l’air de nager dans le bonheur. On savait qu’il avait une dent contre Georges Bush. Qu’il avait manifesté son opposition à la guerre en Irak. Mais pas au point d’inoculer ce spleen tout au long de cet elpee. Parfois, on a l’impression qu’il cherche absolument à reproduire un nouveau hit de la trempe de « Man on the moon ». Mais il a sans doute oublié que la terre continue de tourner « Around the sun »…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

A man in full

Avec son mélange de blues, de rock sudiste et de country, qu’il chante d’une voix âpre et gutturale en s’accompagnant d’une six cordes, Calvin a seulement commencé à être reconnu à sa juste valeur à plus de 40 balais. Et pas dans son Texas natal ! En France. Puis en Europe. A cause de Patrick Mathé, un véritable passionné de la musique qui était à l’époque un des patrons du mythique et défunt label New Rose (NDR : il a rebondi depuis chez Last Call et continue sa mission de défricheur de talents). Bref, rongé par l’alcool et la drogue, Russell avait alors déjà croupi en taule. Hormis sa musique, il n’avait plus qu’un seul objectif : vagabonder sur les routes du Texas. Et puis le vent a tourné… A cause de ce fameux « Crack in time », qui figurera d’ailleurs sur son premier elpee. On ne va pas refaire l’histoire de Calvin ; mais depuis, il sort régulièrement des disques et surtout parvient à vivre de son métier. Découpé en 17 fragments, le Cd réunit inévitablement ses succès les plus connus. Une bien belle manière de le découvrir, si vous n’avez jamais entendu parler de son parcours. L’opus est accompagné d’un DVD partagé entre 7 clips et surtout un set live accordé aux Séquentielles de Lyon, en 1995. Fabuleux, mais trop court ! Sur les cinq compositions sélectionnées, les versions très électriques de « It’s my life » et la cover d’« All along the watch tower » de Neil Young, sont dignes du meilleur Crazy Horse. Une slide en plus. Bref, de quoi effectuer un bon nettoyage des tympans. Dommage que le document soit de si brève durée. Mais de quoi vous donner l’envie d’aller l’applaudir sur scène, lorsqu’il se produira près de chez vous…
lundi, 31 décembre 2001 01:00

The blue trees

Ce mini album est sorti début de cette année, mais n'a bénéficié d'aucune promo officielle. Un disque qui fait la part belle à l'instrumentation acoustique. Le violon et la guitare surtout. Une six cordes jouée le plus souvent en picking. Et puis de temps à autre un accordéon, un piano et quelques percussions. Des vocaux également. Moins omniprésents que sur les opus précédents. Vaporeux, délicats, régulièrement conjugués en harmonie sur mode falsetto, ils se fondent parfaitment dans la nature élégiaque, pastorale des chansons. Propices à la méditation, à la mélancolie, les mélodies chatoyantes, minimalistes de ce " Blue Trees ", s'abreuvent aux mêmes sources rafraîchissantes que Belle & Sebastian. Et comme pour nous rappeler qu'ils sont Gallois, les Gorky's ont interprété leur dernière chanson en gaélique.