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Bernard Dagnies

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Ian Anderson a mis un terme définitif à l’aventure de son Jethro Tull, en 2012. La suite de son aventure, il la signe sous son propre nom. Fondée en décembre 1967, la formation a publié 21 albums dans un style né du fruit d’un cocktail de rock (parfois hard), de blues (le tout premier album), de folk celtique et de classique. Suivant les époques, il penchera d’ailleurs davantage vers l’un ou l’autre genre. De toute sa discographie, il faut reconnaître que « Thick as a brick » constitue son chef d’œuvre. Enregistré en 1972, il s’agit du véritable premier opus de prog pour le band de Blackpool. Quarante années plus tard, il lui a donné une suite. Qui recèle quelques bons moments, mais n’atteint pas le niveau du premier volet.

Et dans la foulée, Ian Anderson et son backing group sont partis en tournée pour interpréter les deux tomes de ces concepts, gros comme deux briques… Ces disques ont été immortalisés à Reykjavík, en Islande. Première constatation, la voix de Ian est toujours aussi nasillarde et emphatique, mais elle a perdu de sa puissance. Heureusement, elle est remarquablement compensée par celle de Ryan O’Donnell, dont le jeu de scène théâtral fait absolument merveille. Et les autres musicos affichent une homogénéité à toute épreuve, malgré ce solo de batterie rituel, qui fait quand même un peu ringard. La flûte champêtre d’Anderson n’a de cesse d’ensorceler l’auditoire. Et puis, Ian a le soin d’apporter sa touche d’humour bien personnelle (NDR : les mauvaises langues diront grivois). Le second volet de « Thick as a brick » est inévitablement moins intéressant, mais tient quand même la route, vu le talent des instrumentistes. La qualité du son est indéniable, ce qui rend peut-être l’ensemble un peu trop propret, quand on a connu les prestations ‘live’ instinctives du Tull.

Le Dvd nous réserve une interview de Ian Anderson ainsi que quelques bonus tracks accordés dans le cadre du festival de Montreux, la même année.

 

mardi, 06 janvier 2015 00:00

Do to the beast

Du line up original, il ne demeure plus que le bassiste John Curley et le leader/chanteur, Greg Dulli. Un Dulli qui semble avoir retrouvé sa voix. Toujours aussi nicotinée, graveleuse, soul, malsaine et tellement bouleversante. Le band s’était séparé en 2001, après avoir publié 6 albums. Il s’est reconstitué dix ans plus tard, et « Do to the beast » constitue son premier elpee, depuis la reformation. Entre-temps, Dulli a tenté une aventure en compagnie de Mark Lanegan, au sein de The Gutter Twins, puis a monté un autre combo, Twilight Singers.

Mais venons-en au tout nouvel elpee. Pas nécessairement bien reçu par la critique. A cause de l’absence du guitariste Rick McCollum. Et puis parce que les arrangements réservés au long playing ont été particulièrement soignés. Ce qui libère moins de groove. Enfin, apparemment. Car finalement, au fil des écoutes, les compos vous pénètrent insidieusement et ne finissent par ne plus vous lâcher. Elles sont marécageuses, parfois même hymniques. Depuis le puissant et sordide « Parked outside » au mélodramatique et cuivré « These sticks », en passant par le syncopé, au refrain contagieux, « Matamoros », la ballade mélancolique et sanglante « It kills », déchirée par le falsetto de Van Hunt, le western spaghetti « Algiers (NDR : premier single, également), l’angoissant (‘hitchcockien ?’) « Lost in the woods », caractérisé par ses luxuriantes orchestrations de cordes et de cuivres, le plus enlevé « The lottery » et le destructeur « I am fire ». Quant aux thèmes développés dans les lyrics de Dulli, ils abordent naturellement la mort, la moralité, la spiritualité et la sexualité.

Pour enregistrer cet opus, outre Van Hunt, Afghan Whigs a notamment reçu le concours de Joseph Arthur, Mark McGuire ainsi que des membres de Queens of The Stone Age et Chavez. Bref, n’en déplaise aux détracteurs, cet album est tout bonnement excellent !

 

mardi, 06 janvier 2015 17:11

Peach

Il s’agit déjà du troisième opus de ce groupe chicagoan fondé en 2009. Un sextuor dont le line up semble avoir sensiblement changé depuis sa formation. Et je dois avouer être tombé sous le charme de leur musique. Ainsi que de cet album.

Leur expression sonore baigne dans une sorte de psyché/pop qui puise son inspiration à la fois dans les 60’s et le début des 90’s. Lorsque le groove trempe dans la house mancunienne, inévitablement on ne peut s’empêcher de penser aux Stone Roses originels. A l’instar du titre qui ouvre l’elpee, « Blackbird (only one) ». Ou du plus tribal et sensuel « Euphoric collisions », caractérisé par ses accès de guitare limpides et ce zeste d’orgue suranné. Plus indolent, « Legends of love » évoque davantage les Doors. A cause de ces interventions de piano électrique. Les Beatles ont certainement marqué le band. Le soin apporté à la fin des morceaux en est une des illustrations. Comme sur « Blackhole », parcouru par des accords de piano ‘plink plonk’ et à l’épilogue énigmatique. Ou le titre maître, dont le dénouement dévastateur se fond progressivement dans les bruits de conversations. Mais la compo la plus proche des Fab Four est manifestement, la toute dernière, « Love like a fool », les harmonies vocales limpides et le piano classique balisant cette chanson mélodieuse et tendre à la fois. Un sens mélodique particulièrement soigné qu’on retrouve tout au long de ce long playing. Et des vocaux duveteux, parfois sinusoïdaux (NDR : floydiens pour ne pas dire sydbarretiens), trempés dans la reverb’ ou bien sûr beatlenesques. Quant aux lignes de guitares, elles sont tour à tour brumeuses, cristallines, tourbillonnantes, gémissantes ou en couche. Sorte de boogie mis sous pression, avant d’exploser, « Faust » lorgne davantage vers les Black Keys. Contagieux, envoûtant (ce melodica !), « Me » aurait pu être composé par Damon Albarn, chez Blur. Deux pistes plus enlevées, allègres : « World through my window », illuminée par des accents de guitare surf et caractérisée par ses changements de tempo ; et puis le plus basique (Dandy Warhols ?) « Who you gonna run to ». Et « Lust » opère un petit retour vers le début des 90’s. La ligne de basse serrée et le zeste de farfisa évoquant alors Inspiral Carpets. L’LP a été produit par Brice Deck (Modest Mouse, Gomez, Iron & Wine). Et il mérite vraiment de figurer dans mon Top 20 de l’année 2014.

 

mercredi, 17 décembre 2014 00:00

Un public en effervescence…

Du line up initial de Gang of Four, il ne reste plus qu’Andy Gill, le guitariste. Le chanteur, Jon King, semble avoir définitivement quitté le groupe, il y a maintenant deux ans. Andy aura 59 balais le 1er janvier 2015 et il est aujourd’hui entouré par trois jeunes aux dents longues. Soit John ‘Gaoler’ Sterry au micro, Thomas McNeice (NDR : dont la chevelure est tissée dans de longues dreadlocks) à la basse et le drummer Mark Heaney. Fondé à Leeds en 1977, Gang of Four est considérée comme un quatuor mythique. Il s’était séparé en 1984 avant de refaire surface 20 ans plus tard. En fait, il s’était alors rendu compte de l’influence que son post punk exerçait alors sur des combos comme Franz Ferdinand, Bloc Party, Radio 4 ou encore Rapture ; et avait fini par conclure que le produit original était tout aussi valable que celui dispensé par ses élèves. Des formations comme Red Hot Chili Peppers, U2, Fugazi et Minutemen le reconnaissent même comme une de leurs références majeures. Leurs guitaristes surtout. Paru en 1981, « Solid gold » est considéré comme un album culte. Enfin, il faut aussi rappeler que Gang of Four (NDR : la Bande des 4) a toujours véhiculé des textes sociopolitiques engagés, critiquant même ouvertement ses contemporains pour la futilité de leurs lyrics. Le gang insulaire se produisait donc ce mercredi 17 décembre au Club de l’Aéronef. Compte-rendu.

Shopping assure le supporting act. Non, non, il ne s’agit pas d’un ‘boys band’ pour les filles (NDR : qui a dit macho ?), mais un trio londonien qui pratique du post punk funk. La chanteuse/guitariste ressemble à Bruce Ellison, le leader de PPZ 30. Enfin quand il était plus jeune et en plus petit. La peau métissée, elle a les cheveux en bataille dressés au-dessus de la tête. Elle s'appelle Rachel ; et franchement, je n'avais pas remarqué (NDR: merci Ludo!), même après avoir taillé une bavette avec elle, à l'issue de la soirée, que c'était une fille (NDR: je vais devoir me méfier des travesti(e)s...) Elle est soutenue par une section rythmique. Soit un drummer et un bassiste. Il s'appelle Billy. Mais c'est aussi une fille ! Qu’on appelle dans un certain jargon, un garçon manqué (NDR : qui a encore crié macho ?) Et il a fallu trois morceaux pour m'en rendre compte... Le band a publié un premier elpee en juin 2013, « In other words ». Et leur musique quoique plutôt aride n’est pas mal ficelée du tout. A suivre de très près et même à revoir ; mais plus juste avant la Noël ou le Nouvel An…

Gang of Four monte sur scène vers 21h30. Et attaque directement par un titre de son tout premier elpee, paru en 1979, « Return the gift ». La setlist va essentiellement se concentrer sur la discographie pré-1995. Et tout particulièrement les classiques. Seuls trois compos de la seconde vie de GOF seront interprétés, soit « Do as I say », de l’album « Content », publié en 2011, et deux plages (*) du nouvel opus, paru en mars 2014 : « Broken talk » (NDR: en studio Alison Mosshart y apporte sa contribution) et « Isle of dogs ». Le son est impeccable et rapidement le public se met à danser. Le set est particulièrement dynamique. Offensif, même. Andy brandit sa gratte comme une arme, alors que Thomas renverse régulièrement les pieds de micros. Si bien que tout un long du show, un roadie va passer son temps à tout remettre d’aplomb. Pas de véritable chorégraphie. Seul le vocaliste s’autorise un peu de show, en se servant alternativement, des trois microphones, étalés en front d’estrade. Quand ils ne sont pas par terre. Ou encore en grimpant sur le petit podium réservé au drummer. Et quand il ne chante pas, il se désaltère. Il boit de l’eau. Par petites gorgées. Dans une petite bouteille d’eau. Sa voix passe pourtant bien la rampe. Angulaires, les sonorités de gratte dispensées par Gill grincent, crépitent, déchirent et régulièrement, il vient les parachever en feedback, devant son ampli ; mais paradoxalement, ses interventions ne sont jamais envahissantes. On a même parfois l’impression qu’elles évoluent un ton légèrement en dessous de l’ensemble. Car manifestement, le groove émane essentiellement de la section rythmique. Les martèlements de drums syncopés et la ligne de basse caoutchouteuse se conjuguent à merveille. Pendant « To hell with poverty » la foule reprend les ‘Ouh, ouh ouh, aah !’ en chœur, avant de repartir dans ses mouvements de danse. Une effervescence qui va durer jusqu’à la fin du set.

Un rappel ? Deux titres. Et puis la nouvelle bande des quatre tire sa révérence. On n’a pas vu le temps passer. Preuve que le concert était excellent.

Setlist

Return the Gift
Not great men
I parade myself
Paralysed
What we all want
Anthrax
He’d send in the army
Isle of dogs*
To hell with poverty
Do as I say (2011)
I love a man in a uniform
Broken Talk *

Rappel

At home he’s a Tourist
Damage Goods

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

 

samedi, 13 décembre 2014 00:00

Reste à travailler les voix…

Soirée psyché garage au Water Moulin, ce samedi 13 décembre. A l’affiche, les Liégeois de The Scrap Dealers, les régionaux de l’étape Marvin Gays et les Américains The Shivas. Ces derniers sont établis à Portland, dans l’Oregon, tout comme les Dandy Warhols, et viennent de publier leur quatrième opus, « You know what to do ». Thee Marvin Gayes vient également de graver son deuxième elpee, en novembre dernier. Il s’intitule « Sleepless night ». Le combo fait un peu partie des meubles au Water Moulin. Quand aux Scrap Dealers, leur Ep (NDR : neuf titres, quand même !) est paru le 14 octobre dernier, et leur premier véritable long playing devrait sortir l’an prochain. Il n’y manque plus que les ultimes réglages…

C’est une mauvaise habitude au Water Moulin, la ponctualité est élastique. La faute à un public qui, en général, commence vraiment à débarquer après 22 heures. Et sans trop se presser. Ce qui, le plus souvent, prolonge la soirée tardivement…

Bref, The Scrap Dealers monte sur l’estrade avec ¾ d’heure de retard. Un quintet qui compte un drummer (NDR : au visage d’ado, mais il a quand même 25 printemps !), un bassiste et trois guitaristes, dont deux se consacrent alternativement au chant. Ils roulent leur bosse depuis un peu plus de deux ans ; et franchement, ils commencent à prendre de la bouteille. Leur mélange de psychédélisme et de shoegaze crépite allègrement. Parfois on pense à Loop, Spacemen 3, voire à Ride. La rythmique est hypnotique alors que les deux solistes tissent, à tour de rôle, de jolies envolées. Et malgré cette électricité bruitiste, on peut suivre aisément le fil mélodique. Mention spéciale à l’avant-dernier morceau du set (NDR : un extrait du nouvel LP), à la fois percutant, complexe et envoûtant, un peu dans l’esprit de Motorpsycho. Un bémol ? Les voix. En ‘live’, elles sont certainement encore à travailler et pourquoi pas en harmonie ; ce qui permettrait d’alléger les mélodies et même les rendre atmosphériques voire contagieuses. N’empêche, JauneOrange vient encore de faire une bonne pioche…

La dernière fois que votre serviteur avait assisté à un set  de Thee Marvin Gays, c’était au cours de l’été dernier. Il y avait une telle chaleur dans la salle, que la majorité du public prenait l’air à l’extérieur. Je dois même avouer que mon t-shirt était complètement trempé. Et je n’étais pas le seul à dégouliner de sueur. Pire, incommodé par la température ambiante, je n’avais pas vu grand-chose de la prestation.

Le line up du quatuor implique un drummer, deux guitaristes et une bassiste. Constamment souriante, cette dernière partage les vocaux avec un des gratteurs. A tour de rôle. Fondé en 2006, ce combo a acquis une belle expérience à travers ses prestations scéniques accordées à travers le Vieux Continent. En Belgique, bien sûr, tant au Nord qu’au Sud du pays ou à Bruxelles. Mais aussi en Grande-Bretagne, en Suisse et aux Pays-Bas. En cherchant sur la toile, les articles qui leur sont consacrés évoquent des références qui oscillent des Black Lips aux Oh Sees, en passant par White Fence, les Monks, le Gun Club ainsi que les compiles Peebles et Nuggets. Un zeste de surf comme condiment. Bref, le band pratiquerait une sorte de garage/punk aux réminiscences sixties. Pas aussi simple ! En écoutant plus attentivement et en sachant qu’avant de fonder ce combo, les musicos ont milité au sein de groupes de hardcore punk, leur musique me fait plutôt penser à Girls Vs Boys ainsi qu’au Sonic Youth de la seconde moitié des eighties, voire aux débuts de Blonde Redhead, mais en plus véloce. Donc une musique à la fois bruitiste et mélodieuse, qui brasse probablement toutes les influences mentionnées ci-dessus, pour en faire une synthèse personnelle et excitante. Les riffs de guitares sont incisifs et crades. Et même savoureusement discordants sur « Nothing ». La basse gronde. Le drummer pilonne ses fûts. Et il en ressort une solution sonore à la fois sauvage, syncopée et nerveuse, ponctuée de vocaux plutôt vindicatifs. Dommage cependant que les deux voix ne se rencontrent qu’à de trop rares occasions. Un créneau peut-être à explorer. N’empêche, Thee Marvin Gays mérite vraiment de sortir de la zone crépusculaire de l’underground…

Mais la grosse surprise nous est venue de The Shivas. Encore un quatuor. Une jolie brunette aux drums. Comme on colle aux affiches. Et elle chante aussi. Très bien. Un chanteur/guitariste (NDR : il a aussi une excellente voix), les cheveux coupés au bol, comme le Stones ou les Beatles, à la fin des sixties. Ceux du second gratteur sont roux et bouclés et reviennent en avant, presque comme une banane. Sa carrure est imposante. Deux personnages qui auraient pu jouer dans un film de Jim Jarmush (NDR: merci Jean-Philippe). Et un bassiste à la longue tignasse en bataille, comme Julien Doré pour les dj’euns ou les hippies si vous appartenez à la génération des soixante-huitards. 

Première constatation, les harmonies vocales échangées entre Kristin Léonard et Jared Wait-Molyneux sont limpides, dans l’esprit west coast. Quand Kristin imprime le tempo –le plus souvent tribal– sa coiffure est constamment en mouvement, retombant régulièrement devant son visage de poupée. Le second gratteur, Eric Shanafelt, a un faciès impassible, mais son corps esquisse de petits mouvements tournants qui épousent ses interventions. Son physique évoque un trappeur qui redescend les montagnes Rocheuses. Bob Mannering s’exprime davantage par ses mimiques ; mais aussi et surtout se révèle un remarquable bassiste. Fruit d’un cocktail de psyché, de surf, de pop et de garage, la musique baigne dans un climat électrique particulièrement stimulant. Les refrains sont contagieux. Aux titres les plus enlevés répondent des morceaux mid tempo. Peu de pause entre ces titres. Ce qui explique aussi la réaction du public au sein de la petite salle. Il danse, déménage ; et on a même droit à du crowdsurfing. Un téméraire atterrit inopinément aux pieds du guitariste, qui reste toujours de marbre. Musicalement, on pense à The Mayhem, Dick Dale, Sonics et aux Deltones ; mais pas seulement. Certains medias ont avancé que leur expression sonore naviguait quelque part entre les Cramps et les Stone Roses. Pas tout à fait faux. D’autres leur prêtent des intentions revivalistes sixties, voire fifties. Pourquoi pas ! Mais le plus important, c’est ce que The Shivas parvient à réaliser de tout cet éventail de références. En affichant une qualité de son irréprochable. Prodigieux, quand on sait que la table de mixage du Water Moulin est réduite à son strict minimum. Un concert épatant accordé par un groupe qui a tout pour devenir une valeur sûre de la scène alternative. C’est tout le mal qu’on lui souhaite…

(Organisation Water Moulin)

 

 

Soirée psyché garage au Water Moulin, ce samedi 13 décembre. A l’affiche, les Liégeois de The Scrap Dealers, les régionaux de l’étape Marvin Gays et les Américains The Shivas. Ces derniers sont établis à Portland, dans l’Oregon, tout comme les Dandy Warhols, et viennent de publier leur quatrième opus, « You know what to do ». Thee Marvin Gayes vient également de graver son deuxième elpee, en novembre dernier. Il s’intitule « Sleepless night ». Le combo fait un peu partie des meubles au Water Moulin. Quand aux Scrap Dealers, leur Ep (NDR : neuf titres, quand même !) est paru le 14 octobre dernier, et leur premier véritable long playing devrait sortir l’an prochain. Il n’y manque plus que les ultimes réglages…

C’est une mauvaise habitude au Water Moulin, la ponctualité est élastique. La faute à un public qui, en général, commence vraiment à débarquer après 22 heures. Et sans trop se presser. Ce qui, le plus souvent, prolonge la soirée tardivement…

Bref, The Scrap Dealers monte sur l’estrade avec ¾ d’heure de retard. Un quintet qui compte un drummer (NDR : au visage d’ado, mais il a quand même 25 printemps !), un bassiste et trois guitaristes, dont deux se consacrent alternativement au chant. Ils roulent leur bosse depuis un peu plus de deux ans ; et franchement, ils commencent à prendre de la bouteille. Leur mélange de psychédélisme et de shoegaze crépite allègrement. Parfois on pense à Loop, Spacemen 3, voire à Ride. La rythmique est hypnotique alors que les deux solistes tissent, à tour de rôle, de jolies envolées. Et malgré cette électricité bruitiste, on peut suivre aisément le fil mélodique. Mention spéciale à l’avant-dernier morceau du set (NDR : un extrait du nouvel LP), à la fois percutant, complexe et envoûtant, un peu dans l’esprit de Motorpsycho. Un bémol ? Les voix. En ‘live’, elles sont certainement encore à travailler et pourquoi pas en harmonie ; ce qui permettrait d’alléger les mélodies et même les rendre atmosphériques voire contagieuses. N’empêche, JauneOrange vient encore de faire une bonne pioche…

La dernière fois que votre serviteur avait assisté à un set  de Thee Marvin Gays, c’était au cours de l’été dernier. Il y avait une telle chaleur dans la salle, que la majorité du public prenait l’air à l’extérieur. Je dois même avouer que mon t-shirt était complètement trempé. Et je n’étais pas le seul à dégouliner de sueur. Pire, incommodé par la température ambiante, je n’avais pas vu grand-chose de la prestation.

Le line up du quatuor implique un drummer, deux guitaristes et une bassiste. Constamment souriante, cette dernière partage les vocaux avec un des gratteurs. A tour de rôle. Fondé en 2006, ce combo a acquis une belle expérience à travers ses prestations scéniques accordées à travers le Vieux Continent. En Belgique, bien sûr, tant au Nord qu’au Sud du pays ou à Bruxelles. Mais aussi en Grande-Bretagne, en Suisse et aux Pays-Bas. En cherchant sur la toile, les articles qui leur sont consacrés évoquent des références qui oscillent des Black Lips aux Oh Sees, en passant par White Fence, les Monks, le Gun Club ainsi que les compiles Peebles et Nuggets. Un zeste de surf comme condiment. Bref, le band pratiquerait une sorte de garage/punk aux réminiscences sixties. Pas aussi simple ! En écoutant plus attentivement et en sachant qu’avant de fonder ce combo, les musicos ont milité au sein de groupes de hardcore punk, leur musique me fait plutôt penser à Girls Vs Boys ainsi qu’au Sonic Youth de la seconde moitié des eighties, voire aux débuts de Blonde Redhead, mais en plus véloce. Donc une musique à la fois bruitiste et mélodieuse, qui brasse probablement toutes les influences mentionnées ci-dessus, pour en faire une synthèse personnelle et excitante. Les riffs de guitares sont incisifs et crades. Et même savoureusement discordants sur « Nothing ». La basse gronde. Le drummer pilonne ses fûts. Et il en ressort une solution sonore à la fois sauvage, syncopée et nerveuse, ponctuée de vocaux plutôt vindicatifs. Dommage cependant que les deux voix ne se rencontrent qu’à de trop rares occasions. Un créneau peut-être à explorer. N’empêche, Thee Marvin Gays mérite vraiment de sortir de la zone crépusculaire de l’underground… (voir notre section photos ici)

Mais la grosse surprise nous est venue de The Shivas. Encore un quatuor. Une jolie brunette aux drums. Comme on colle aux affiches. Et elle chante aussi. Très bien. Un chanteur/guitariste (NDR : il a aussi une excellente voix), les cheveux coupés au bol, comme le Stones ou les Beatles, à la fin des sixties. Ceux du second gratteur sont roux et bouclés et reviennent en avant, presque comme une banane. Sa carrure est imposante. Deux personnages qui auraient pu jouer dans un film de Jim Jarmush (NDR : merci Jean-Philippe). Et un bassiste à la longue tignasse en bataille, comme Julien Doré pour les dj’euns ou les hippies si vous appartenez à la génération des soixante-huitards. 

Première constatation, les harmonies vocales échangées entre Kristin Léonard et Jared Wait-Molyneux sont limpides, dans l’esprit west coast. Quand Kristin imprime le tempo –le plus souvent tribal– sa coiffure est constamment en mouvement, retombant régulièrement devant son visage de poupée. Le second gratteur, Eric Shanafelt, a un faciès impassible, mais son corps esquisse de petits mouvements tournants qui épousent ses interventions. Son physique évoque un trappeur qui redescend les montagnes Rocheuses. Bob Mannering s’exprime davantage par ses mimiques ; mais aussi et surtout se révèle un remarquable bassiste. Fruit d’un cocktail de psyché, de surf, de pop et de garage, la musique baigne dans un climat électrique particulièrement stimulant. Les refrains sont contagieux. Aux titres les plus enlevés répondent des morceaux mid tempo. Peu de pause entre ces titres. Ce qui explique aussi la réaction du public au sein de la petite salle. Il danse, déménage ; et on a même droit à du crowdsurfing. Un téméraire atterrit inopinément aux pieds du guitariste, qui reste toujours de marbre. Musicalement, on pense à The Mayhem, Dick Dale, Sonics et aux Deltones ; mais pas seulement. Certains medias ont avancé que leur expression sonore naviguait quelque part entre les Cramps et les Stone Roses. Pas tout à fait faux. D’autres leur prêtent des intentions revivalistes sixties, voire fifties. Pourquoi pas ! Mais le plus important, c’est ce que The Shivas parvient à réaliser de tout cet éventail de références. En affichant une qualité de son irréprochable. Prodigieux, quand on sait que la table de mixage du Water Moulin est réduite à son strict minimum. Un concert épatant accordé par un groupe qui a tout pour devenir une valeur sûre de la scène alternative. C’est tout le mal qu’on lui souhaite…

(Organisation Water Moulin)

 

Soirée psyché garage au Water Moulin, ce samedi 13 décembre. A l’affiche, les Liégeois de The Scrap Dealers, les régionaux de l’étape Marvin Gays et les Américains The Shivas. Ces derniers sont établis à Portland, dans l’Oregon, tout comme les Dandy Warhols, et viennent de publier leur quatrième opus, « You know what to do ». Thee Marvin Gayes vient également de graver son deuxième elpee, en novembre dernier. Il s’intitule « Sleepless night ». Le combo fait un peu partie des meubles au Water Moulin. Quand aux Scrap Dealers, leur Ep (NDR : neuf titres, quand même !) est paru le 14 octobre dernier, et leur premier véritable long playing devrait sortir l’an prochain. Il n’y manque plus que les ultimes réglages…

C’est une mauvaise habitude au Water Moulin, la ponctualité est élastique. La faute à un public qui, en général, commence vraiment à débarquer après 22 heures. Et sans trop se presser. Ce qui, le plus souvent, prolonge la soirée tardivement…

Bref, The Scrap Dealers monte sur l’estrade avec ¾ d’heure de retard. Un quintet qui compte un drummer (NDR : au visage d’ado, mais il a quand même 25 printemps !), un bassiste et trois guitaristes, dont deux se consacrent alternativement au chant. Ils roulent leur bosse depuis un peu plus de deux ans ; et franchement, ils commencent à prendre de la bouteille. Leur mélange de psychédélisme et de shoegaze crépite allègrement. Parfois on pense à Loop, Spacemen 3, voire à Ride. La rythmique est hypnotique alors que les deux solistes tissent, à tour de rôle, de jolies envolées. Et malgré cette électricité bruitiste, on peut suivre aisément le fil mélodique. Mention spéciale à l’avant-dernier morceau du set (NDR : un extrait du nouvel LP), à la fois percutant, complexe et envoûtant, un peu dans l’esprit de Motorpsycho. Un bémol ? Les voix. En ‘live’, elles sont certainement encore à travailler et pourquoi pas en harmonie ; ce qui permettrait d’alléger les mélodies et même les rendre atmosphériques voire contagieuses. N’empêche, JauneOrange vient encore de faire une bonne pioche…

La dernière fois que votre serviteur avait assisté à un set  de Thee Marvin Gays, c’était au cours de l’été dernier. Il y avait une telle chaleur dans la salle, que la majorité du public prenait l’air à l’extérieur. Je dois même avouer que mon t-shirt était complètement trempé. Et je n’étais pas le seul à dégouliner de sueur. Pire, incommodé par la température ambiante, je n’avais pas vu grand-chose de la prestation.

Le line up du quatuor implique un drummer, deux guitaristes et une bassiste. Constamment souriante, cette dernière partage les vocaux avec un des gratteurs. A tour de rôle. Fondé en 2006, ce combo a acquis une belle expérience à travers ses prestations scéniques accordées à travers le Vieux Continent. En Belgique, bien sûr, tant au Nord qu’au Sud du pays ou à Bruxelles. Mais aussi en Grande-Bretagne, en Suisse et aux Pays-Bas. En cherchant sur la toile, les articles qui leur sont consacrés évoquent des références qui oscillent des Black Lips aux Oh Sees, en passant par White Fence, les Monks, le Gun Club ainsi que les compiles Peebles et Nuggets. Un zeste de surf comme condiment. Bref, le band pratiquerait une sorte de garage/punk aux réminiscences sixties. Pas aussi simple ! En écoutant plus attentivement et en sachant qu’avant de fonder ce combo, les musicos ont milité au sein de groupes de hardcore punk, leur musique me fait plutôt penser à Girls Vs Boys ainsi qu’au Sonic Youth de la seconde moitié des eighties, voire aux débuts de Blonde Redhead, mais en plus véloce. Donc une musique à la fois bruitiste et mélodieuse, qui brasse probablement toutes les influences mentionnées ci-dessus, pour en faire une synthèse personnelle et excitante. Les riffs de guitares sont incisifs et crades. Et même savoureusement discordants sur « Nothing ». La basse gronde. Le drummer pilonne ses fûts. Et il en ressort une solution sonore à la fois sauvage, syncopée et nerveuse, ponctuée de vocaux plutôt vindicatifs. Dommage cependant que les deux voix ne se rencontrent qu’à de trop rares occasions. Un créneau peut-être à explorer. N’empêche, Thee Marvin Gays mérite vraiment de sortir de la zone crépusculaire de l’underground…

Mais la grosse surprise nous est venue de The Shivas. Encore un quatuor. Une jolie brunette aux drums. Comme on colle aux affiches. Et elle chante aussi. Très bien. Un chanteur/guitariste (NDR : il a aussi une excellente voix), les cheveux coupés au bol, comme le Stones ou les Beatles, à la fin des sixties. Ceux du second gratteur sont roux et bouclés et reviennent en avant, presque comme une banane. Sa carrure est imposante. Deux personnages qui auraient pu jouer dans un film de Jim Jarmush (NDR: merci Jean-Philippe). Et un bassiste à la longue tignasse en bataille, comme Julien Doré pour les dj’euns ou les hippies si vous appartenez à la génération des soixante-huitards.  

Première constatation, les harmonies vocales échangées entre Kristin Léonard et Jared Wait-Molyneux sont limpides, dans l’esprit west coast. Quand Kristin imprime le tempo –le plus souvent tribal– sa coiffure est constamment en mouvement, retombant régulièrement devant son visage de poupée. Le second gratteur, Eric Shanafelt, a un faciès impassible, mais son corps esquisse de petits mouvements tournants qui épousent ses interventions. Son physique évoque un trappeur qui redescend les montagnes Rocheuses. Bob Mannering s’exprime davantage par ses mimiques ; mais aussi et surtout se révèle un remarquable bassiste. Fruit d’un cocktail de psyché, de surf, de pop et de garage, la musique baigne dans un climat électrique particulièrement stimulant. Les refrains sont contagieux. Aux titres les plus enlevés répondent des morceaux mid tempo. Peu de pause entre ces titres. Ce qui explique aussi la réaction du public au sein de la petite salle. Il danse, déménage ; et on a même droit à du crowdsurfing. Un téméraire atterrit inopinément aux pieds du guitariste, qui reste toujours de marbre. Musicalement, on pense à The Mayhem, Dick Dale, Sonics et aux Deltones ; mais pas seulement. Certains medias ont avancé que leur expression sonore naviguait quelque part entre les Cramps et les Stone Roses. Pas tout à fait faux. D’autres leur prêtent des intentions revivalistes sixties, voire fifties. Pourquoi pas ! Mais le plus important, c’est ce que The Shivas parvient à réaliser de tout cet éventail de références. En affichant une qualité de son irréprochable. Prodigieux, quand on sait que la table de mixage du Water Moulin est réduite à son strict minimum. Un concert épatant accordé par un groupe qui a tout pour devenir une valeur sûre de la scène alternative. C’est tout le mal qu’on lui souhaite…

(voir notre section photos ici)

(Organisation Water Moulin)

 

 

 

dimanche, 18 janvier 2015 00:00

Les Tops 2014 de Musiczine

Vous trouverez ci-dessous les différents ‘tops’ confectionnés par les différents collaborateurs de Musiczine. Au fil des semaines et jusque fin janvier, ce listing s’enrichira des avis de celles et ceux (rédacteurs et photographes) qui ne se sont pas encore prononcés à ce sujet. En attendant, toute l’équipe vous souhaite déjà une Bonne Fête de Noël et vous présente ses meilleurs vœux musicaux pour l’année 2015.

Rédacteurs

Laurent Deger

Top 15 Indie/Psychédélic/Kraut/Noise-Rock

1. The Amazing Snakeheads - “Amphetamine Ballads”
2. Camera - “Remember When I Was Carbon Dioxide”
3. Les Big Byrd - “They Worshipped Cats”
4. Damaged Bug - “Hubba Bubba”
5. Ty Segall - “Manipulator”
6. Thurston Moore - “The Best Day”
7. La Hell Gang - “Thru Me Again”
8. The Cult of Dom Keller - “The Second Bardo”
9. Sleaford Mods - “Divide and  Exit”
10. The Wind-Up Birds - “Poor Music”

11. Goat - “Commune”
12. Parquet Courts - “Content Nausea”
13. Filthy Huns - “Filthy Huns”
14. Nick Nicely - “Space of A Second”
15. A
Victim Of Society - “Distractions”

12 révélations rock 2014

Posse - “Soft Opening”
Corners - “Maxed Out on Distractions”
Cherry Glazerr - “Haxel Princess”
Eight Rounds Rapid - “Lossleader”
Virginia Wing - “Measures of Joy”

Sol y Sombra - “Sol y Sombra”
Doomsquad - “Kalaboogie”
Lay Llamas -“ Ostro”
Doomsquad - “Kalaboogie”
Michael A Grammar - “Michael A Grammar”
Nots - “We are Nots”
Krakatau
- “Water Near a Bridge”

Top 10 Songwriting

1. Rivulets - “I Remember Everything”
2. Vashti Bunyan - “Heartleap”
3. Ryley Walker - “All Kinds of You”
4. Tara Jane O'Neil - “Where Shine New Lights”
5. Andrea Schroeder - “Where The Wild Oceans End”
6. Aldous Harding - “Aldous Harding”
7. Castanets - “Decimation Blues”
8. Damien Jurado - “Brothers and Sisters of the Eternal Son”
9. Maggie Björklund - “Shaken”
10. Peter Escott - “The Long O”

Top 20 Electronique

1. Senko - “Dronetudes”
2. Locust - “After the Rain”
3. Eyescream - “Noir”
4. Poordream - “Ninetynine”
5. Tonikom - “Seeking The Lost Mind”
6. Displacer - “House of the Dying Sun”
7. Tineidae - “Shadows”
8. Misled Convoy - “Tickling the Dragon's Tail”
9. Recondite - “Iffy”
10. Dorian Concept - “Joined Hand”s
11. Torn Hawk - “Let's Cry And Do Pushups At The Same Time”
12. Camilla Sparksss - “For You the Wild”
13. Bracken - “Exist Resist”
14. Dntel - “Human Voice”
15. Boris Brejcha - “Feuerfalter”
16. Kassem Mosse - “Workshop 19”
17. Vessel - “Punish, Honey”
18. Dirk Geiger - “Connected Worlds”
19. Tobias. - “A Series Of Shock”
20. Metamatics - “Instamatic”

Top 5 Hip Hop

1. Shabazz Palaces - “Lese Majesty”
2. Run The Jewels - “2”
3. 18+ - “Trust”
4. Hail Mary Mallon - “Bestiary”

5. Pyramid Vritra - Indra

Top 6  Jazz

1. Chat Noir - “Elec3cities”
2. Matthew Halsall - “When the World Was One”
3. Ola Kvernberg - “The Mechanical Fair”
4. Sonny Simmons & Moksha Samnyasin - “Nomadic”
5. Nils Petter Molvær - “Swicht”
6. Lumen Drones - “Lumen Drones”

Top 10 Soul/Funk/Afrobeat

1. The Budos Band - “Burnt Offering”
2. Nick Waterhouse - “Holly”
3. Ikebe Shakedown - “Stone By Stone”
4. The Funk Ark - “Man Is a Monster”
5. Curtis Harding - “Soul Power”
6. Ephemerals - “Nothin Is Easy”

7. Fumaça Preta - “Fumaça Preta”
8. Woima Collective - “Frou Frou Rokko”
9. The Shaolin Afronauts - “Follow The Path”
10. Afrodyssey Orchestra - “In The Land Of Aou Tila”

Top 5 Made in Belgium

Orphan Swords - “Risk In A New Age EP”
VHS From Space - “A Taste From Space”
The Scrap Dealers - “The Scrap Dealers”
Geppetto & The Whales - “Heads of Woe”
Eriksson Delcroix - “For Ever”

Top 5 Concerts

Nick Waterhouse - Botanique -  06/04
Camera - La Zone - 14/10/2014
Ryley Walker - L'an Vert - 12/05
Legendary Pink Dots - L'Escalier - 14/11
VHS From Space - Inside Out - 27/09
 

Sebastien Leclercq

Top 20 albums

1. Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra : « Fuck Off Get Free We Pour Light On Everything »
2. White Lung : « Deep fantasy »
3. Sun Kil Moon : « Benji »
4. Wild Beasts : « Present Tense »
5. St
.Vincent : « St.Vincent »
6. Cloud Nothings : « Here and Nowhere Else »
7. Rival Sons : « Great Western Valkyrie »
8. Royal Blood : « Royal Blood »
9. Oscar and the wolf : « Entity »
10. The Horrors : « Luminous »
11. Fucked Up : « Glass Boys »
12. Blaudzun : « Promises of no man's land »
13. Machine Head : « Bloodstone & Diamonds »
14. MØ : « No mythologies to follow »
15. Warpaint : « Warpaint »
16. Baxter Dury : « It's a pleasure »
17. Allah-Las : « Worship the sun »
18. Cheatahs : « Cheatahs »
19. Bo Ningen : « III »

20. Tiken Jah Fakoly : « Dernier appel »

Top 5 concerts

1. St Vincent - Primavera (Barcelone)
2. Die Krupps - Amphi (Cologne)
3. Jagwar Ma - Open'er (Gdynia)
4. Einstürzende Neubauten - De Lijn (Diksmuide)
5. Detroit - Ancienne Belgique (Bruxelles)

Jowell

Top 20

1. Tony Allen : « Film Of Life »
2. The Budos Band : « Burnt Offering »
3. Damon Albarn : « Everyday Robots »
4. The Wytches : « Annabel Dream Reader »
5. Alvvays : « Alvvays »
6. Mogwai : « Rave Tapes »
7. SBTRKT : « Wonder Where We Land »

8  Fauve : « Vieux Freres partie 1 »
9. Metronomy : « Love Letters »
10. She keeps bees : « Eight Houses »
11. Angel Olsen : « Burn Your Fire for No Witness »
12. Royal Blood : « Royal Blood »
13. Sleaford Mods : « Divide and Exit »
14. The French and Onlys : « House Of Spirits »
15. To Rococo Rot : « Instrument »
16. The Coral : « The Curse of Love »
17. Woods : « With Light and with Love »
18. The Acid : « Liminal »
19. Cloud Nothings : « Here and Nowhere Else »
20. Chet Faker : « Built on Glass »

Mention spéciale : ‘la bonne claque qui réchauffe’

A Supernaut : « Arcore Ep »

Bérenger

Tops 20 albums

1. The Antlers « Familiars »
2. War on Drugs « Lost in the Dreams »
3. King Creosote « From Scoland with Love »
4. Swans « To be Kind »
5. Woods « With light and with love »
6. Damien Jurado « Brothers and Sisters of the Eternal Song »
7. Barzin « To Live Alone in That Long Summer »
8. Sun Kil Moon « Benji »
9. Archie Bronson Outfit « Wild Crush »
10. Silver Mount Zion « Fuck Off Get Free We Pour Light on Everything »
11. Avi Buffalo « At Best Cuckold »
12. James Vincent McMorrow « Post Tropical »
13. Benjamin Booker » Violent Shiver »
14. This Will Destroy You « Another Language »
15. Angel Olsen « Burn Your Fire For No Witness »
16. Ben Frost « Aurora »
17. Reigning Sound « Shattered »
18. James Yorkston
« The Cellardyke Recording and Wassailing Society »
19. A Sunny day in Glasgow « Sea when Absent »
20. Owen Pallett « In Conflict »

Tops 5 concerts

1. St Paul Bones & the Broken Bones - Festival The End of the Road
2. San Fermin - Botanique
3. Silver Mount Zion - Botanique
4. Sage Francis - Botanique
5. The Antlers - Ancienne Belgique

Top 3 Made in Belgium

1. BRNS : « Patnie »
2. Dans Dans : « 3 »
3. School is Cool : « Nature Fear »

Révélations

1. Thisell : « I »
2. C’mon Tigre : « C’mon Tigre »
3. Quadrupède : « Togobban »

Didier Deroissart

Top 15 Albums

1. Gabriel Rios : «This Marauder's Midnight »
2. AqME : « Dévisager Dieu »
3. Antoine Chance : « Fou »
4. Elephant Stone : « The Three Poisons »
5. Boy & Bear : « Harlequin Dream »
6. Slash feat Myles Kennedy and The Conspirators : « World On Fire »
7. Robert Plant : « Lullaby And... The Caeseless Roar »
8. Judas Priest : « Redeemer Of Souls »
9. Romano Nervoso : « Born To Boogie »
10. Arenal : « Furu »
11. Moaning Cities: « Pathways Through The Sail »
12. Intergalactic Lovers : « Little Heavy Burdens »
13. Woodpigeon : « Thumb Tacks And Glue »
14. Sarah Carlier : « SMS »
15. Mastodon : « Once More ‘Round The Sun »

Top 5 albums Made In Belgium

1. Antoine Goudeseune : « Abbey Road »
2. Pierre K Band : « Troubles On My Mind »
3. Fred And The Healers : « Hammerbeatmatic »
4. Fastlane Candies : « Telenovelas »
5. Jane Doe And The Black bourgeoises : « Propaganda »

Top 10 concerts

1. Arsenal - Lotto Arena Anvers
2. Slash - Forest National
3. James Taylor - Cirque Royal

4. Adam Cohen - Botanique
5. Puggy - Forest National
6. Stromae - Palais 12
7. EZ3kiel - Aéronef de Lille
8. Beautiful Badness - Botanique
9. Lindsey Stirling - Ancienne Belgique

10. Spring Offensive - Ancienne Belgique
11. Gabriel Rios - Cirque Royal
12. Selah Sue - Cirque Royal
13. Les R’tardataires - Francofolies de Spa
14. Joe Bonamassa - Lotto Arena Anvers
15. Amenra - Ancienne Belgique

Flop 5 Concerts

1. GusGus - Botanique
2. Caribou - Botanique
3. Helmet - Ancienne Belgique
4. Asking Alexandria - Ancienne Belgique
5. Napalm Death - Magasin 4

Philippe Blackmarquis

Top 20 albums/Eps

1. Marie Davidson : « Perte d'Identité »
2. Pure Ground : « Daylight & Protection »
3. Wovenhand : « Refractory Obdurate »
4. Thurston Moore : « The Best Day »
5. Luminance : « Icons & Dead Fears »
6. Melatonini : « Observe (Special Mix) »
7. The KVB : « Out Of Body »
8. King Dude : « Fear »
9. Warpaint : « Warpaint »

10. Mogwai : « Rave Tapes »
11. Police Des Moeurs & Essaie Pas : « Split 12' »
12. Laibach : « Spectre »
13. Temples : « Sun Structures »
14. Simi Nah : « Be My Guest »
15. Factice Factory : “The White Days »
16. Minuit Machine : « Live & Destroy »
17. Hante. : « Her Fall And Rise (EP) »
18. Swans : « To Be Kind »
19. All Your Sisters : « Modern Failures »
20. Iceage : « Plowing Into The Field of Love »

Compilations

Suicide Tribute to Iconic New-York Legends (Unknown Pleasures Records)
Romance Moderne Compilation II (Girls and Cats)

Top 10 Singles / Tracks

1. Luminance : « Obsession (feat. Nathalia Bruno) »
2. Marie Davidson : « Je ne t'aime pas »
3. Position Parallèle : « Je t'en prie Rêve »
4. Elliot Sumner : « Information »
5. Agent Side Grinder : « This Is Us »
6. Melatonini : « Poser »
7. Factice Factory : « Somnolence »
8. Leave The Planet : « Between Bodies »
9. The KVB : « All Around You »
10. All Your Sisters : « Pressures Of Faith »

Top 10 Made in Belgium - Albums/Eps

1. Luminance : « Icons & Dead Fears »
2. Simi Nah : « Be My Guest »
3. Psy'Aviah : « The Xenogamous Endeavour »
4. The Bipolar : « One More Day »
5. True Zebra : « Adoremotion »
6. Luminance & Acapulco City Hunters : « The Cold Rush »
7. Kinex Kinex : « Hope »
8. Der Klinke : « The Gathering of Hopes »
9. Thot : « The City That Disappears »
10. Unidentified Man : « Remedy For Melancholy »

Pierre Vangilbergen

Top 20 albums

1. Channel Zero : “ Kill All Kings ”
2. Black Label Society : “ Catacombs of the Black Vatican ”
3. Slipknot : 5 : “ The Gray Chapter ”
4. Machine Head : “ Bloodstone and Diamonds ”
5. Upon a Burning Body : “ The World Is My Enemy Now ”
6. Skindred : “ Kill the Power ”
7. Slash : “ World on Fire ”
8. The Haunted : “ Exit Wounds ”
9. AC/DC : “ Rock or Bust ”
10. Mastodon : “ Once More Round The Sun ”
11. Steel Panther : “ All You Can Eat ”
12. Judas Priest : “ Redeemer of Souls ”
13. Septicflesh : “ Titan ”
14. Behemoth : “ The Satanist ”
15. Sabaton : “ Heroes ”
16. Belphegor : “ Conjuring the Dead ”
17. Incite : “ Up in Hell ”
18. Mayhem : “ Esoteric Warfare ”
19. Loudblast : “ Burial Ground ”
20. Solstafir : “ Otta ”

Top 5 concerts

1. Volbeat - Graspop Metal Meeting
2. Black Sabbath - Graspop Metal Meeting

3. Hatebreed - De Mast
4. Channel Zero - Ancienne Belgique
5.Skindred - Dour Festival 

Taï

Top 20 albums

1. King Creosote : " From Scotland with Love "
2. Avi Buffalo : " At Best Cuckold "
3. Mac DeMarco : " Salad Days "
4. Todd Terje : " It's Album Time! "
5. François & the Atlas Mountains : " Piano Ombre "
6. Timber Timbre : " Hot Dreams "
7. Yann Tiersen : " Infinity "
8. The Rentals : " Lost in Alphaville "
9. The Antlers : " Familiars "
10. Archie Bronson Outfit : " Wild Crush "
11. Baxter Dury : " It's a Pleasure "
12. James Vincent McMorrow : " Post Tropical "

13. Peter Peter : " Une Version Améliorée de la Tristesse "
14. Alvvays : " Alvvays "
15. Florent Marchet : " Bambi Galaxy "
16. St
Paul & The Broken Bones : " Half the City "
17. Shintaro Sakamoto : " Let's Dance Raw "

18. Miossec : " Ici Bas, Ici Même "
19. Hamilton Leithauser : " Black Hours "
20. Will Stratton : " Gray Lodge Wisdom "

Top 5 Concerts

1. Saint Paul & the Broken Bones - End of the Road
2. San Fermin - Botanique
3. The Notwist - Botanique
4. Benjamin Booker - Botanique
5. Year of No Light - Magasin 4

Révélations Belges

1. Leafhouse
2. La Smala
3. Bonfire

Révélations 2014

1. Todd Terje
2. Peter Peter
3. Alvvays
4. St
Paul & The Broken Bones
5. Shintaro Sakamoto

Akim Serar

Top 20 Albums

1. The Skull Defekts : “ Dances In Dreams Of The Known Unknown ”
2. Aube L : “ Time For Happiness ”
3. The Last King Of England : “ The Last King Of England ”
4. Acquaintances : “ Acquaintances ”
5. The War On Drugs : “ Lost In The Dream ”
6. Warpaint : “ Warpaint ”
7. Lust For Youth : “ Internationnal ”

8. Mathieu Malon : “ Une Seconde Chance ”
9. Crown Estate “ Battlesbridge Ep ”
10.
Sivert Høyem : “ Endless Love ”
11. Amen Dunes :  “ Love ”
12. Eaguls : “ Eaguls ”
13. Tijuana Panthers : “ Wayne Interest ”
14. The Vaselines : “ V For Vaselines ”
15. Daytona : “ Morceaux De Lune ”
16. Big Ups “ Eighteen Hours Of Static ”
17. Sun Kil Moon : “ Benji ”
18. The Raveonettes : “ Pe Ahi ”
19. Angel Olsen : “ Burn Your Fire For No Witness ”
20. Thurston Moore : “ The Best Day ”

Top 10 concerts

1. Massive Attack - Les Ardentes, 13 juillet.
2. Détroit - AB, 07 octobre.
3. Sun Kil Moon - Handelsbeurs (Gand), 23 mars.
4. Part Chimp + Hey Colossus! - Magasin 4, 26 septembre.
5. Slowdive - Pukkelpop, 14 août.
6. Sophia - Botanique, 20 mars.
7. Temples - Pukkelpop, 14 août.
8. Allah-Las - Botanique, 10 octobre.
9. 65daysofstatic - AB, 17 avril.
10. The Oscillations +This Quiet Army + Parallel Odyssey - L’Escalier, 24 mai.

Top 5 Belge (live ou album)

1. The Spectors
2. Madensuyu
3. Amatorski 
4. The Engines Of Love

5. Baby Fire

Redouane Sbaï

Top 20 Albums

01. Freddie Gibbs & Madlib: "Piñata"
02. Mac DeMarco: "Salad Days"
03. BadBadNotGood: "III"
04. Lone: "Reality Testing"
05. Damien Jurado: "Brothers and Sisters of the Eternal Son"
06. Helado Negro: "Double Youth"
07. Flying Lotus: "You're Dead!"
08. GoGo Penguin: "V2.0"
09. Lee Fields: "Emma Jean"
10. Real Estate: "Atlas"
11. Kiasmos: "Kiasmos"
12. Yo La Tengo: "Extra Painful"
13. The Antlers: "Familiars"
14. Caribou: "Our Love"
15. #1 Dads: "About Face"
16. Eno • Hyde: "High Life"
17. Clark: "Clark"
18. Lana Del Rey: "Ultraviolence"
19. Todd Terje: "It's Album Time"
20. Statik Selektah: "#Whatgoesaround"

Top 15 singles/EPs

01. Movement: "Ivory"
02. Wampire: "Wizard Staff"
03. Caribou: "Our Love"
04. Oceeàn: "The Oceeàn EP"/"The Grid EP"
05. Hudson Mohawke: "Chimes"
06. Mac DeMarco: "Chamber Of Reflection"
07. Phoria: "Emanate"
08. Breton: "Envy"
09. Metronomy: "The Upsetter"
10. Perfume Genius: "Queen"
11. Aphex Twin: "Minipops 67"
12. Shamir: "On The Regular"
13. Arca: "Thievery"
14. Tops: "Way To Be Loved"
15. Jamie XX: "All Under One Roof Raving"

Top 10 concerts

01. Moderat + Modeselektor Afterparty - AB
02. Darkside - Trix
03. The Flaming Lips - Cirque Royal
04. Movement + James Blake + Four Tet - PMF Paris

05. Gessafelstein - AB
06. Détroit - AB
07. Jon Hopkins - AB
08. Joey Bada$$ - Botanique
09. Belle & Sebastian + St. Vincent + Caribou + Mogwai - PMF Paris
10. Jagwar Ma - Botanique

Adrien Mouchet

Top 15 albums

1. Wild Beasts : « Present Tense »
2. Mountain Bike : « Mountain Bike »
3. Perfume Genius : « Too Bright »
4. Metronomy : « Love Letters »
5. Breton : « War Room Stories »
6. Echo and the Bunnymen : « Meteorites »
7. Cloud Nothings : »Here and Nowhere Else »
8. Warpaint : « Warpaint »
9. Mac DeMarco : « Salad Days »
10. Interpol : « El Pintor »
11. The Magic Numbers : « Alias »
12. Todd Terje : « It’s Album Time »
13. My Little Cheap Dictaphone : « The Smoke Behind The Sound »
14. The Wars On Drugs : « Lost In Dreams »
15. Royal Blood : « Royal Blood »

Top 5 albums/Eps ‘Made In Belgium’

1. Mountain Bike : « Mountain Bike »
2. Fùgù Mango : « Jùjù »
3. My Little Cheap Dictaphone : « The Smoke Behind The Sound »
4. BRNS : « Platine »
5. Joy : « All The Battles »

Top 15 tracks

1. Breton – Fifteen Minutes
2. My Little Cheap Dictaphone – Fire
3. Perfume Genius – Queen
4. Mountain Bike – Russian Roulette Casino
5. Wild Beasts – Mecca
6. Cloud Nothings – I’m Not Part Of Me
7. Metronomy – Reservoir
8. Royal Blood – Little Monster
9. Lana Del Rey – West Coast
10. Future Islands – Seasons (Waiting On You)
11. Liars – Mess On A Mission
12. Warpaint – Disco//Very
13. Todd Terje – Svensk Sas
14. Joy – Life
15. Mac  DeMarco – Treat Her Better

Top 15 concerts

1. Mountain Bike + Cloud Nothings + Mac DeMarco – Nuits Botanique
2. Foals – Werchter Festival
3. The Magic Numbers
Botanique
4. School Is Cool –  Maison de la musique de Commines
5. Royal Blood – Festival Cabaret Vert
6. Wild Beasts – Botanique

7. Kaiser Chiefs – Botanique
8. Metronomy – Cirque Royal
9. My Little Cheap Dictaphone – Ronquières Festival
10. Breton – Cartonnerie de Reims
11. Intergalactic Lovers – Alhambra de Mons
12. Perfume Genius – Het Depot
13. The Boxer Rebellion – Alhambra de Mons
14. Echo and the Bunnymen – Trix d’Anvers

15. BRNS – Ward’in Rock Festival

Lo

Top 15 albums

1. AqME : "Dévisager Dieu"
2. Behemot : "The Satanist"
3. Machine Head: Bloodstone & Diamonds"
4. Nightbringer : "Ego dominus tuus"
5. Corrections House: "Last City Zéro"
6. Pixies: "Indie Cindy"
7. Death from above 1979: "The Physical World"
8. Black Label Society: "Catacombs of The Black Vatican"
9. Headcharger: "Black Diamond Snake"
10. Burden of Grief: "Unchained"
11. May The Silent Fail: "Of Hope and Aspiration"
12. Unswabbed: "Tales From The Nightmares"
13. Lofofora: "L'épreuve du contraire"
14. Madball: "Hardcore Lives"
15. Triggerfinger : "By Absence Of The Sun"

Bernard Dagnies

Top 20 albums

1. Elephant Stone : « The Three Poisons »
2. Royal Blood : « Royal Blood »
3. Thurston Moore : « The best day »
4. Warpaint : « Warpaint »
5. The Afghan Whigs : « Do to the beast »
6. Sivert Høyem : « Endless Love »
7. Temples : « Sun structures »
8. Woods : « With light and with love »
9. Damon Albarn : « Everyday robots »
10. Pixies : « Indie city »
11. Sleepy Sun : « Maui Tears »
12. Pink Mountaintops : « Get back »
13. Nude Beach : « 77 »
14. Parquet Courts : « Sunbathing animal »
15. Thus Owls : « Turning rocks »
16. Johnny Cash : « Out away the stars »
17. Larman Clamor : « Frogs »
18. Oddfellow’s Casino : « The war between us »
19. Secret Colours : « Peach »
20. Fucked Up : « Glass Boys »

Top 5 Made in Belgium

1) Moaning Cities: « Pathways Through The Sail »
2) Admiral Freebee : « The great scam »
3) Coffee or Not : « SoRe »
4) The Engines of Love : « Heartbreak »
5) The Experimental Tropic Blues Band : « The Belgians »

Top 10 concerts.

1. Massive Attack – Festival Cactus (Bruges)
2. La Chiva Gantiva – ABClub (Bruxelles)
3. Afghan Whigs – Festival Cactus (Bruges)
4. Mercury Rev – Cirque Royal (Bruxelles)
5. The Chills – Handelsbeurs (Gand)
6. The Shivas – Water Moulin (Tournai)
7. Gang of Four – Aéronef (Lille)

8. Anna Aaron – La Péniche (Lille)
9. Einstürzende Neubauten – De Lijn (Diksmuide)
10. Triggerfinger – De Kreun (Courtrai)

Jean-Claude Mondo

Top 20 blues 2014

1. Mannish Boys : "Wrapped up and ready"
2. Sean Costello : "In the magic shop"
3. Doghouse Sam & his Magnatones : "Knock knock"
4. Richard Vanbergen : "Rootbag"
5. Billy Boy Arnold : "The Blues soul of"
6. J.P Soars : "Full moon night in Memphis"
7. Sugar Ray & The Bluetones : "Living tear to tear"
8. Knickerbocker All Stars : "Open mic at the Knick"
9. Low society : "You can't keep a good woman down"
10. Mississippi Heat : "Warning shot"
11. Royal Southern Brotherhood : "Heartsoulblood"
12. Dynamite Blues Band : "Shakedown & boogie"
13. Fred & The Healers : "Hammerbeatmatic"
14. Johnny Winter : "Step back"
15. King Of The World : "KOTW"
16. Selwyn Birchwood :  “Don’t call no ambulance"
17. The Nighthawks : "444"
18. Raoul & The Big Time : "Hollywood Boulevard"
19. Bob Corritore : "Taboo"
20. Little Mike & The Tornadoes : "All the right moves"
 

Photographes

Ludovic Vandenweghe

Top 5 albums

1. Damon Albarn : “Everyday Robots”
2. Jack White : “Lazaretto”
3. Parquet Courts : “Sunbathing Animal”
4. Beck : “Morning Phase”
5. The Black Keys : “Turn Blue”

Top 5 Concerts

1. Arcade Fire - SportPaleis (Anvers)
2. Temples - Botanique (Bruxelles)
3. Girls in Hawaï - Aéronef (Lille)
4. Angus & Julia Stone - Aéronef (Lille)
5. Anna Aaron - La Péniche (Lille)

Flops 5 concerts 

1. Yodelice - Aéronef (Lille)
2. Parquet Courts (ou presque) - Festival Inrocks - Le Grand Mix (Tourcoing)
3. Gaetan Roussel - Aéronef (Lille)
4. The Orwells - Festival Inrocks -
Le Grand Mix (Tourcoing)
5. Babyshambles - Aéronef (Lille)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Allah-Las a publié, ce 16 septembre 2014, son deuxième album. Intitulé ‘Worship the sun’, ce disque baigne paradoxalement dans une musique minimaliste et psychédélique. Qu’on pourrait qualifier de rock garage, dans l’esprit des compiles ‘Nuggets’ et ‘Peebles’, anthologies qui ont permis aux mélomanes de (re)découvrir des formations de la mi-sixties comme The Seeds, Sonics, Electric Prunes, Standells, Count Five, Chocolate Watch Band et bien d’autres. Le quatuor reprend d’ailleurs régulièrement des titres de ces groupes mythiques. En live surtout. Dont le ‘Werewolf’ des Frantics et le ‘Long journey’ de The Roots. Vu cet intérêt pour cette scène, un elpee réunissant uniquement des covers de ce type ne ferait pas tache dans leur discographie. Un peu comme Ulver l’avait réalisé pour l’excellent ‘Childhood's End’. Miles Michaud, le chanteur/guitariste, n’envisage pas du tout de se lancer dans un tel projet…  

« On aime bien glisser l’une ou l’autre chanson de ce type dans notre répertoire, mais on préfère composer nos propres chansons. L’écriture et l’enregistrement sont deux actes gratifiants. Non, nous n’avons pas l’intention de sortir un disque réunissant exclusivement des reprises… » Les recueils ‘Nuggets’ et ‘Peebles’ constituent de véritables bibles pour Rudi Protrudi, le leader des Fuzztones ; mais Miles avoue ne pas connaître ce défenseur de la cause garage. Il avoue cependant qu’il va s’intéresser au personnage. Par contre, il considère les Beatles comme une référence majeure en matière de psychédélisme. ‘Magical Mystery Tour’ serait-il un album culte pour l’artiste ? Il admet : « Oui, j’aime beaucoup cette œuvre. En outre, j’apprécie tous les albums des Beatles. Mais, il est vrai que dans le domaine du psychédélisme, ils étaient au top. Pourtant, si ce concept était élémentaire, au départ, il a enfanté autant de miracles que de canulars. Mais absolument, ‘Magical Mystery Tour’ est, à mon humble avis, un chef d’œuvre ». Miles avoue beaucoup apprécier les combos issus des 80’s et des 90’s comme Spacemen 3, Jesus & Marychain, The Gun Club, The Clean et les Gories. Et parmi les plus contemporains, il cite Brian Jonestone Massacre. Il approuve : « Absolument ! Tous les groupes que tu viens de citer m’ont marqué. Mais aussi Red Krayola, Beat Happening et Mazzy Star ». Notre interlocuteur et ses acolytes connaissent plutôt bien les Warlocks, puisqu’ils sont également issus de Los Angeles. Il s’épanche : « Ils sont de la vieille école et pratiquent un psychédélisme conventionnel. Très branché sur les guitares. Puissant, musclé. Et se servent généreusement des delays. Ce n’est pas vraiment notre tasse de thé. Nous préférons mettre l’accent sur la mélodie, les harmonies et tirer parti d’un son de guitare susceptible de booster notre son. Quand on a l’occasion, on va quand même les voir en concert… » Lorsqu’on est issu de Los Angeles, on imagine que des mythes comme Love, les Beach Boys, les Byrds et les Doors constituent des références ultimes. Il confirme : « Effectivement. Il y a quelque chose qu’il faut bien comprendre, c’est que lorsque vous bossez à L.A., vous êtes inéluctablement bercés par la musique. Il est impossible d’éluder ce phénomène. A cause de l’environnement. Du temps. Mais c’est davantage lié à la musique qu’aux groupes ou artistes, qui sont passés par la ville elle-même. »

Pour enregistrer ‘Worship the sun’, les Allah-Las ont de nouveau fait appel à Nick Waterhouse, à la production. Est-ce devenu le cinquième membre du groupe ? Miles clarifie : « On se connaissait déjà avant de fonder notre combo et que lui ne monte le sien. On s’est connus à l’université de San Francisco et on partageait les mêmes goûts musicaux. Et quand on a entamé notre aventure, il venait nous voir en concert. C’est alors qu’il a déclaré vouloir travailler avec nous. Il a ainsi mis en forme notre premier single ‘Catamaran/Long Journey’. Nous avions testé d’autres producteurs ; mais faute de résultat probant, leurs pistes avaient été abandonnées. En fait, il sait exactement ce que nous voulons, connaît nos goûts et nos influences. Dans ces conditions, nous ne pouvions qu’être sur la même longueur d’ondes… »

Penchons nous un peu sur l’album. Pourquoi avoir choisi pour titre du long playing, un morceau aussi cool que ‘Worship the sun’ ? Il s’explique : « Ce titre se focalise sur des problèmes qui n’existent pas ou compliquent la vie inutilement. Pourquoi ne pas se simplifier l’existence ? Quand au soleil, il est bien présent, on le voit. Et on peut en ressentir les bienfaits. Pourtant, un tas de monde estime que ce titre est une incitation à glander au soleil. Mais il a une explication bien plus existentielle que de simplement s’allonger pour se faire dorer la pilule… » ‘501 – 415’ traite du thème du destin et du regret. Serait-il autobiographique ? Il répond : « Je ne suis pas sûr. C’est davantage qu’autobiographique. On peut partir de sa propre expérience et la transposer ailleurs. Alors on n’est plus dans l’autobiographie. C’est valable pour tous les titres de nos chansons. Au départ, il y a toujours un élément personnel. Puis on extrapole. Aussi quand je parle de sa vie, ce n’est pas ma vie… » ‘Had it all’ semble quelque peu calqué sur le ‘Heart full of soul’ des Yardbirds. Est-ce une coïncidence ? Miles confesse : « Oui, je pense. En fait, on avait interprété ce titre en studio. Récréativement. Et puis quand on a attaqué ‘Had it all’, on l’avait encore en tête. Il se pourrait donc bien que ce soit une coïncidence… » ‘Better than mine’ baigne dans la country. L’ombre de Beachwood Sparks semble même planer. Pas étonnant vu la réponse de Miles : « Je suis un grand fan des Beachwood Sparks. Quand on a monté notre groupe, on les considérait comme un modèle. Quant au country/rock, bien sûr, on ne peut nier ces influences. Que ce soit Gram Parsons, The Byrds, The Radio, Lynyrd Skynyrd et j’en passe… » ‘Every girl’ évoque le ‘Some girls’ des Stones. Même le refrain est hymnique. « Oui, mais pour le texte on parle de la difficulté rencontrée par les hommes d’admettre qu’ils ne peuvent pas tous être acceptés par les femmes. De ces mecs qui se promènent dans rue et tombent amoureux de 20 femmes par jour, et prennent régulièrement des vestes… » Le disque recèle quelques instrumentaux. Plutôt rare en 2014. « On aime la musique instrumentale. Ce n’est pas aussi rare que tu le penses. Disons que c’est plus étrange. Mais on considère ces morceaux comme du contenu. Et ce choix peut représenter une forme de rupture par rapport aux parties vocales. On peut insérer deux ou trois titres du style sur un album ; et on a remarqué que le public les apprécie également en ‘live’ ». ‘Ferus gallery’ est une chanson qui rend hommage à un endroit et un mouvement artistique qui n’a pas obtenu la juste reconnaissance. Le band y démontre son intérêt pour d’autres formes d’art ? « Oui absolument ! On s’intéresse à tout ce qui touche au domaine visuel. Au cinéma. A la vidéo. Et puis, nous sommes branchés sur l’urbanisme. Et particulièrement l’architecture. On apprécie la manière dont elle reflète et relie la culture à l’histoire. Et l’interaction entre l’architecture et le reste. Je suis passionné par des tas de formes artistiques. Et l’architecture est l’une d’entre-elles. J’aimerais bien me mettre à la photo, mais je n’ai pas assez de temps à y consacrer… »

Le site Internet d’Allah-Las est assez particulier. On y découvre une panoplie de photos qui semblent se dérouler à l’infini. Mais qui se charge des mises à jour ? « On y participe tous, mais c’est principalement Spencer (NDR : le batteur) qui s’en charge. Surtout pour les photos »

Avant de poser la dernière question, il était intéressant de comprendre la signification du patronyme et puis d’entendre la bonne manière de le prononcer. Allah, oui, on sait pourquoi. Enfin, surtout quand on sait que le guitariste est de confession musulmane. Pour Las, on imagine une référence aux combos de la mi-sixties, et en particulier aux Shangi-Las. La ville de Los Angeles est inévitablement un symbole pour ce combo issu de la côte est des States. Mais, The La’s est également un band insulaire qui a marqué les eighties. Des comparaisons que ne conteste a priori pas Miles. Quand à la prononciation du band, dites ˈælə-lɑːz’…

(Merci à Vincent Devos)

 

 

jeudi, 13 novembre 2014 00:00

Les Inrocks 2014 : jeudi 13 novembre

Ces 13 et 14 novembre, Le Grand Mix à Tourcoing accueillait deux dates de l’édition 2014 des Inrocks. Vos serviteurs étaient présents le jeudi, pour assister aux concerts de The Orwells, Parquet Courts et Palma Violets. Trois formations particulièrement électriques. Les deux premières sont yankees, la dernière insulaire. Compte-rendu.

The Orwells est un quintet issu de la banlieue de Chicago. A son actif, deux albums (« Remember when » en 2012 et « Disgraceland », cette année) ainsi que deux Eps. Sa section rythmique est constituée de deux frangins, Grant et Henry Brinner, respectivement bassiste et drummer. Le combo est drivé par Mario Cuomo, le chanteur aux longs cheveux blonds et bouclés. Il est vêtu d’un t-shirt frappé des lettres ‘Eminem’. Le reste du line up implique deux guitaristes : Dominic Corso (rythmique) et Matt O'Keefe (solo). Le combo pratique une forme de garage rock aux mélodies soignées. Leurs influences majeures ? Probablement les Replacements et les Pixies. Le chanteur possède une voix plutôt singulière, les compos sont âpres et ne manquent pas d’énergie, mais l’ensemble manque quand même de netteté. Bon, c’est vrai, c’est du garage, mais ce n’est pas une raison pour oublier de mettre de l’huile dans les rouages…

Parquet Courts, c’est le band qui fait actuellement le buzz. Non seulement « Sunbathing Animal » est considéré, par les médias, comme un des meilleurs elpees indie paru en 2015, mais les prestations ‘live’ sont, paraît-il dévastatrices. Première constatation, la section rythmique n’est pas constituée de Max Savage à la batterie et de Sean Yeaton (NDR : c’est un pote à Kurt Vile, merci Ludo) à la basse. Elle a été remplacée (NDR : au pied levé ?), respectivement par une jolie demoiselle et un chevelu totalement inconnu. Ce qui à première écoute n’a pas trop l’air de perturber l’ensemble. Quoique. La drummeuse imprime un tempo tribal alors que le préposé aux quatre cordes assume parfaitement son job. Cependant, on ne sait pas trop pourquoi (NDR : ou alors c’est intuitif), mais le quatuor ne libère pas l’énergie qu’on était en droit d’attendre. Bien sûr, l’expression sonore est marquée au fer rouge par le post punk de la fin des 70’s et des débuts des 80’s. Pensez à Wire, Gang of Four voire même The Fall. Mais je cherche vainement le feeling mélodique des Pavement et Sabadoh dont toute la presse spécialisée parle. Les accords de guitare dispensés par Andrew Savage et Austin Brown sont déchiquetés, spasmodiques et circonstanciellement sculptés dans un savoureux funk blanc ; et leurs deux voix sont complémentaires. Mais non, on n’adhère pas totalement à leur prestation. Bref, Parquet Courts a accordé un set de bonne facture, mais ne nous a pas asséné la claque que nous espérions. On sait pourquoi !

Il revenait à Palma Violets de clore l’affiche. Un quatuor anglais (NDR : londonien, issu de Lambeth, pour être plus précis), responsable d’un seul album à ce jour, « 180 ». Samuel Thomas Fryer, le guitariste, est coiffé d’un chapeau qu’il doit avoir piqué à Pete Doherty. Alexander ‘Chilli’ Jesson est vêtu d’un costard et d’une chemise blanche. Enfin quand il monte sur les planches ; mais rapidement en nage, il tombe aussi vite la veste. Et ne parlons pas de la chemise, sinon qu’elle sera auréolée… Les deux compères se partagent les vocaux. Le premier se réserve la guitare et le deuxième la basse. Le line up est complété par un drummer (William Martin Doyle) dont les interventions sont solides et plutôt carrées (NDR : il se charge également des backing vocaux) et un claviériste (Jeffey Mayhem), friand de sonorités vintage. Assis à droite de l’estrade, il est particulièrement cool, par rapport aux trois autres musicos. Encore que Samuel semble parfaitement maîtriser son sujet. Par contre, ‘Chilli’ est une véritable pile électrique. Et le mot est faible. Viscérales, dérangées, marécageuses, offensives, les compos du groupe sont mélodieuses, bien torchées, parfois même contagieuses, et le set libère une énergie folle. D’ailleurs, quelques aficionados se lancent dans l’exercice du crowdsurfing, atterrissant parfois sur l’estrade, avant d’être raccompagnés manu militari par un roadie particulièrement autoritaire. Si l’attitude du quartet est manifestement hantée par celle des Libertines, Samuel et Chilli, incarnant alors Pete et Carl, la musique lorgne davantage vers The Clash, sans l’engagement sociopolitique. En plus brouillon, cependant. Car si Palma Violets a un fameux potentiel, il va devoir le canaliser, pour soutenir la comparaison avec ses maîtres…

(Organisation : Le Grand Mix + Les Inrocks)

The Orwells + Parquet Courts + Palma Violets 

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