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La Divine Comédie de Lora Gabriel

Lora Gabriel a trouvé sa voie en oscillant constamment entre les polarités pour mieux les réconcilier. Cette quête débute dès son enfance, lorsqu'un professeur de flûte traversière, au conservatoire, lui propose de chanter les notes qu'elle joue. Son premier…

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Bernard Dagnies

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Einstürzende Neubauten avait pris l’habitude de célébrer son anniversaire quinquennal, à l’Ancienne Belgique. Mais ce samedi soir, il se produit à Diksmuide. Un concert organisé dans le cadre du 100ème anniversaire de la déclaration de guerre 14-18. Il s’agit, en outre, de la transposition ‘live’ de leur album « Lament », paru ce 7 novembre, consacré à l’histoire de ce confit mondial. Blixa Bargeld, le leader, a même pris le soin de consulter un historien et un linguiste, afin de rendre son projet le plus crédible possible. Il a également puisé dans les archives de différentes universités et différents musées, en Allemagne, et même récupéré des enregistrements de prisonniers de cette époque, toutes nations belligérantes confondues. Enfin, s’il a choisi Diksmuide pour entamer sa tournée, c’est parce qu’il s’agit d’un lieu hautement symbolique.

 

Vos serviteurs débarquent alors que le concert vient de débuter depuis 5 bonnes minutes. Le temps de trouver l’endroit, de dénicher une place de parking et de récupérer nos guests, et on peut enfin entrer dans cet hangar baptisé De Lijn, parfaitement choisi pour un tel événement, mais également pour accueillir un groupe post-industriel de la trempe d’Einstürzende Neubauten.

Le concert est sold out depuis un bon moment, et vu notre retard, pas facile de se dénicher une place propice. D’autant plus que les énormes pilonnes qui soutiennent le plafond constituent des obstacles visuels supplémentaires. Il faudra d’ailleurs une bonne vingtaine de minutes, avant de pouvoir distinguer ce qui se passe sur l’estrade.

La première partie se focalise donc sur le nouvel elpee « Lament ». Un disque qui fait suite à « Alles Wieder Offen », paru en 2007. Le set s’ouvre par « Kriegsmaschinerie », un morceau au cours duquel Blixa affiche successivement, toute une série de panneaux, sur lesquels il affiche des slogans de circonstance. Le combo entonne ensuite le « God save the Queen » dans la langue de Goethe, presque a cappella. Etonnant ! Je commence enfin à percevoir le matos sur les planches. Un équipement imaginé par Andrew Unruh, un des membres fondateurs du groupe. On y distingue des tubes, des bacs métalliques et autres matériaux ferreux censés reproduire les bruits tourmentés de la Grande Guerre. Parfois même, entre les morceaux, des roadies viennent changer ce matériel. Lors du troisième titre, « The Willy-Nicky Telegrams », on retrouve ainsi trois des musicos qui frappent en mesure pendant une dizaine de minutes, sur une structure en acier, alors qu’une voix ‘off’ égrène une liste des événements qui se sont déroulés au cours de cette période trouble. C’est à partir de cet instant que je vais réellement commencer à rentrer dans le climat du concert. Je remarque la présence, en arrière-plan, d’un quatuor à cordes. Un violoncelliste et trois violonistes. Aux extrêmes, sur des podiums, sont flanqués les deux percussionnistes qui descendent régulièrement de leurs piédestaux pour participer, en front de scène, aux bruitages. Dont N.U. Unruh, une casquette vissée sur la tête, à gauche ; et je suppose, Rudolf Moser, à droite. A l’extrême droite, au bord de l’estrade, s’est planté Jochen Arbeit, le guitariste/claviériste. Et à gauche de Bargeld (NDR : en position centrale), on retrouve Alexandre Hacke. Vêtu d’un tablier blanc, il se charge des parties de basse, parfois de la guitare, mais aussi des percus. Blixa chante en anglais ou en allemand et il déclame également parfois en néerlandais. Il lui arrive aussi de hurler, comme s’il éprouvait un immense cri de douleur, une lamentation qui déchire alors l’atmosphère. Le set est quand même austère, malgré la présence du quatuor à cordes, qui ne prendra son envol que lors du remarquable dernier morceau du concert proprement dit. Certaines compos sont carrément planantes, évoquant même une sorte de Pink Floyd ‘cathédralesque’ qui aurait décidé d’adapter son expression sonore au mode post industriel. Un titre me fait même carrément penser à une rencontre entre les Mothers of Invention de Frank Zappa et les Residents.

Lors du rappel, Blixa revient vêtu d’une parure en fourrure. Et sans le quatuor à cordes, le combo d’adapter « Sag mir wo die Blumen sind », une chanson particulièrement cool signée Pete Seeger et popularisée par Marlene Dietrich. Et puis le groupe, nous accorde quand même, au cours de cet encore, son incontournable « Let’s do it a dada », seul titre enlevé, au cours duquel la foule commence à hocher la tête. Faut dire que le rythme percussif imprimé sur les fameux tuyaux par N.U. Unruth est vraiment irrésistible.

Après 1 heure 45 de concert, les roadies viennent démonter les matos. La foule a beau réclamer poliment un nouveau rappel, les musicos ne reviendront plus.

Setlist : Kriegsmaschinerie / Hymnen / The Willy-Nicky Telegrams / In de loopgraaf / Der I. Weltkrieg (Percussion Version) / Achterland / Hospitalische Kinder + Engel der Vernichtung / All Of No Man's Land Is Ours / Lament.1: Lament / Lament.2: Abwärtsspirale / Lament 3: Pater Peccavi / How Did I Die? // Sag mir wo die Blumen sind / Let's Do It A Dada / All Of No Man' Land Is Ours Reprise // Der Beginn des Weltkrieges 1914 / Ich gehe jetzt.

(Organisation 4AD + Dienst Cultuur Provincie West-Vlaanderen – GoneWest)

Voir aussi notre section photos ici

mardi, 04 novembre 2014 16:36

Coup double pour les Smashing Pumpkins

Les Smashing Pumpkins ont annoncé la sortie de deux albums dans l’année à venir. « Monuments to an Elegy » sera disponible à la vente le 8 décembre prochain alors que « Day For Night » paraîtra courant 2015.

Le quatuor mené par Billy Corgan a la lourde tâche de produire les successeurs à « Oceania », acclamé par la critique lors de sa sortie en 2012.

« Monuments to Elegy » a été produit par Howard Willing et Billy Corgan en personne. Le disque sera dans la continuité du projet « Teargarden By Kaleidyscope », une série de 44 morceaux proposés au public.

http://www.smashingpumpkinsnexus.com/

 

 

Brian Ferry a annoncé que son nouvel album « Avonmore » sortira le 21 novembre prochain chez BMG. Le Britannique sera accompagné sur certains morceaux par Johnny Marr, Nile Rodgers et Marcus Miller. Le résultat s’annonce en tout cas très varié. En effet, les morceaux sont annoncés parcourir des univers parfois sombres, imaginaires ou encore joyeux.

Les nouvelles compositions pourront être découvertes en Belgique le 17 novembre au Cirque Royal ou le 11 décembre à l’Ancienne Belgique.

http://www.bryanferry.com/

mardi, 30 septembre 2014 11:27

Coffee Or Not : Bruxelles brûle t-t-il ?

Coffee Or Not a publié son troisième opus en mars dernier. Intitulé « So Re », il a bien été accueilli par la critique musicale.

La vidéo de leur second single « City Burning » extrait du troisième album « SoRe » vient de sortir, et c’et ici 

Cette vidéo a été tournée à Bruxelles par le talentueux réalisateur parisien Hadrien Touret . Elle nous dépeint la ville, ses tours, ses bureaux, son métro, ses clochards. Mais également la vie parfois difficile de ses habitants. Tournée sans budget, il s’agit d’un court métrage qui met en valeur les émotions de figurants bénévoles auquel votre serviteur a eu l’honneur de participer.

 
Coffee Or Not devait se produire en concert à Mons le 23/11/2014, comme supporting act de The Boxer Rebellion. Il a été remplacé. Cependant, il assurera la tête d’affiche à La Grange de Casteau le 29/11/2014. En outre, le band bruxellois a palnnifié une tournée en Allemagne, en Autriche et au Royaume-Uni.

samedi, 31 décembre 1994 00:00

Pale Sun Crescent Moon

En 1988, lors de la sortie de son deuxième opus, "Trinity Session", nous nous étions extasiés devant le charme intuitif et fragile de la muse visionnaire épanchée par Michael Timmins. Des chansons romantiques, mélancoliques interprétées par la voix impassionnelle, bouleversante de sa sœur Margo ; des chansons cultivées dans un espace balisé par le country, le folk et le blues. Malheureusement, à force de ressasser les mêmes stéréotypes, Cowboy Junkies a commencé à se complaire dans la morosité, atteignant finalement l'abysse soporifique sur "Black Eyed Man". Aujourd'hui, la formation en revient à un style plus tonique, plus vivace, traversé de cordes de guitares acérées, frémissantes. Pas encore de quoi jeter les bras au ciel, mais la certitude d'être préservé d'une nouvelle chute dans les bras de Morphée. Bénéficiant du concours de Richard Bell, ex-claviériste du dernier groupe de feu Janis Joplin, Full Tilt Boogie, "Pale Sun Crescent Moon" implique néanmoins deux covers : "The Post" de John Mascis (Dinosaur Jr) et "Hard To Explain" du compositeur de rhythm’n’blues Ray Agee… Un concept album d'honnête facture qui nous réconcilie avec le quartet canadien (Toronto).

 

samedi, 31 décembre 1994 02:00

August Everything After

Pour un premier album, ce combo de Baltimore ne s'est pas trop mal tiré d'affaire. Vous avez certainement déjà eu l'occasion d'écouter (ou d'entendre!) "Mr Jones", single diffusé sur toutes les ondes radiophoniques depuis plusieurs semaines. "August & Everything After" est de la même veine. Une œuvre dont le vocabulaire émotionnel, angoissé évoque American Music Club. Et le langage sonore, inspiré par la soul, le rhythm’n’blues, le folk et la country, la tradition rock'n’rollesque du Band et de Van Morrison. Tout au long des onze ballades de cet opus, Adam Duritz stigmatise l'‘american way of life’ d'un timbre vocal vibrant, écorché, proche de celui d'Eddie Vedder (Pearl Jam), un réquisitoire qu'il épanche avec une amertume et un réalisme tout à fait bouleversants...

 

vendredi, 05 septembre 2014 20:50

Upside down mountain

Considéré comme chanteur/auteur/compositeur américain, parmi les plus doués de sa génération, Conor Oberst s’est surtout forgé sa notoriété au sein de Bright Eyes. Notamment à travers « Fevers & Mirrors » et « Lifted or the story is in the soil, keep your ear to the ground », parus respectivement en 2000 et 2002 et considérés comme incontournables. Mais l’artiste est également impliqué dans des tas de projets, parmi lesquels on épinglera  Desaparecidos, The Mystic Valley Band et Monsters Of Folk. Sans oublier ses multiples (NDR : et le mot est faible !) collaborations. Et bien sûr son aventure en solitaire.

« Upside down » constitue donc son nouvel elpee solo. Un disque fondamentalement country/folk, mais qu’il teinte subtilement et régulièrement de nuances pop (le plus allègre « Kick »), rock, lo-fi, americana et caribéennes (« Hundred of ways »). Suivant les compos, bien sûr. Des chansons dont les lyrics sont extrêmement soignés et profonds, traitant de l’amour, de l’addiction, de la mort, du temps qui passe, de Dieu et de la solitude. L’ombre de Bob Dylan plane parfois (« Lonely at the top », « Night at lake unknown », « You are your mother’s child »), l’électro opère l’une ou l’autre apparition furtive (« Time forgot ») et le brumeux « Double life » aurait pu naître d’une rencontre hypothétique entre Paul Simon, Art Garfunkel et Connan Mockasin. Mais les plages les plus intéressantes sont manifestement les plus dynamiques. Et en particulier le cuivré « Governor’s ball », « Zigzagging toward the light », caractérisé par ses petits éclats de gratte sèche et électrifiés, avant de s’achever au cœur d’une intensité électrique,  ainsi que le mid tempo « Desert island questionnaire », à l’instrumentation plus riche (Jonathan Wilson, le producteur vient même y jouer du glockenspiel). Bref un album de bonne facture, aux arrangements particulièrement soignés, mais qui manque quand même de punch. Petite parenthèse, la voix d’Oberst est un peu chevrotante, mais quand elle est triturée, elle me fait parfois penser à celle de Steve Harley (Cockney Rebel)…

 

The Chills est une formation néo-zélandaise qui a participé activement à l’épanouissement de la scène pop/rock de Dunedin, incarnée par le label Flying Nun. A l’instar de The Clean, JPS Experience, Tall Dwarfs, The Bats, Able Tasmans et consorts… The Chills c’est avant tout Martin Phillipps qui drive la formation depuis 34 longues années, même si son aventure a été marquée par quelques interruptions. Et il doit avoir consommé plus d’une vingtaine de ‘line up’ depuis la naissance de son band. En 2013, il avait gravé un elpee live, « Somewhere beautiful ». Car son dernier opus studio, « Sunburnt », remonte déjà à 1996. Depuis, le band n’a sorti que des Eps, des compiles et des singles, dont « Molten gold », l’an dernier. Et bonne surprise, il va publier un véritable nouvel album, pour fin 2014, début 2015. Dans le cadre du festival Boomtown, le quintet nous a réservé cinq chansons écrites récemment, en ‘live’. Martin nous en parle…

« Nous venons de terminer l’enregistrement de l’album, juste avant d’entamer la tournée. Et quand elle sera achevée, on va s’occuper de la promo. Il devrait paraître vers la Noël. Ou au plus tard, début de l’an prochain. Il s’intitulera ‘Silver Bullets’ et synthétise un peu tout ce que les Chills ont réalisé à ce jour. Et nous en sommes fiers… »

Les Chills on connu, au cours de leur histoire, une succession impressionnante de line up. Alors pourquoi ne pas penser à écrire un bouquin sur ce parcours ? Martin tempère : « Je signale quand même que le bassiste et le batteur participent à l’aventure depuis 1999. Qu’Erica nous a rejoints, il y a 9 ans, et Oli, le claviériste, en 2008. En fait, c’est le premier chapitre de l’histoire des Chills qui a vu transiter bon nombre de musiciens. Et la plupart de ceux qui nous ont quittés ne pouvaient pas faire carrière dans ce métier. Il n’y a jamais eu ni friction, ni colère. Ils sont souvent partis de leur plein gré, et à mon grand regret. »

Quand on parle de Chills, on ne peut évidemment pas passer sous silence le label néo-zélandais Flying Nun. Une écurie qui a donné naissance à The Clean, The Bats, Tall Dwarfs, JPS Experience, Able Tasmans, les Verlaines, David Kilgour et encore bien d’autres. Un label indépendant qui était finalement plutôt bien distribué en Europe, et notamment via Semaphore aux Pays-bas, jusque le moitié des 90’s. Et quand ces distributeurs on fermé boutique, le Vieux Continent a été sevré de cette scène antipodale. Notre interlocuteur confirme : « Entre 87 et 90, nous nous étions établis à Londres. Et c’est vrai que Flying Nun disposait de plusieurs excellents relais en Europe. Pas des grosses boîtes, mais surtout de petites structures efficaces. Hitch-Hyke Records en Grèce, Rough Trade en Angleterre, etc. Les ventes n’étaient pas exceptionnelles, mais honnêtes. La disparition de tous ces petits satellites a coïncidé avec un certain essoufflement de la scène néo-zélandaise. Aujourd’hui, Flying Nun a repris du poil de la bête. Et héberge à nouveau de très bons groupes et artistes… » J’en profite pour lui parler de Connan Mockasin, qui m’avait avoué ne pas connaître la scène de Dunedin. Il embraie : « Je suis aujourd’hui âgé de 51 ans ; et vu l’explosion de la scène musicale, je ne parviens plus à suivre. Et en Nouvelle-Zélande, cette vague est aussi conséquente. La plupart des groupes ou artistes n’ont même pas besoin de label, puisqu’ils traitent tout par Internet. Ils s’adressent directement à leurs fans. Cependant, Flying Nun jouit toujours d’une fameuse réputation. Et pas mal de monde leur font confiance. J’en suis ravi… Connan Mockasin, je ne le connais pas personnellement, mais deux membres de mon band, bien. En fait, l’histoire de la musique pop et rock n’intéresse plus beaucoup les jeunes. Ils ont grandi dans un monde où on entend de la musique éphémère. Ceux qui signent chez Flying Nun apprécient plutôt celle qui est authentique, intemporelle. Ils la respectent également. Et ne se contentent pas de la reproduire… » Pour en revenir à Flying Nun, une des causes principales de son succès serait dû aux femmes. Ce qui méritait des éclaircissements. « Chez Flying Nun, toutes les formations devaient impliquer au moins une fille. Et à cette époque, c’était quand même un phénomène particulier. Oui bien sûr, Patti Smith, Kim Gordon (NDR : la chanteuse/bassiste de feu Sonic Youth) et quelques autres étaient devenues des icônes du rock. Des situations que ces artistes féminines estimaient normales. Mais elles ne réalisaient pas que dans d’autres parties du monde, ce n’était pas du tout considéré comme normal… »

On a souvent établi un parallèle entre la scène de Dunedin et celle dite ‘postcard’ (Orange Juice, Aztec Camera, The Pastels, Joseph K, et même les Go-Betweens, un duo australien émigré en Ecosse). Comment expliquer ce phénomène ? Martin clarifie : « Cette synchronisation de mouvements identiques qui naissent à des endroits opposés de la planète est dû à l’essoufflement du post punk. Il fallait trouver une alternative, un nouvel élan. Roger Shepherd, le fondateur de Flying Nun était un grand fan de postcard. Et un des premiers singles paru sur son écurie est un disque de postcard. Il y en a même eu plusieurs. Donc il est en quelque sorte le détonateur de cette situation. Même les artistes adoptaient un look similaire. C’est dire ! »

Les Go-Betweens et les Chills étaient très proches. Tant musicalement qu’humainement. Martin acquiesce : « J’aimais beaucoup leur musique. Elle était excellente. On a souvent joué à la même affiche. C’était de bons amis. Nous étions assez proches. Grant (NDR : McLennan est décédé en 2006) me manque beaucoup. C’est une histoire triste. Ils bossaient énormément. Il ne collaient pas à la mode, mais cherchaient à composer de bonnes chansons. Et les deux groupes manifestaient énormément de respect l’un vis-à-vis de l’autre… »

Martin a un jour affirmé que la mélancolie était au cœur de sa création, qu’elle reflétait l’environnement de la Nouvelle-Zélande. S’il était né en Australie, aurait-elle été différente ? Il réagit : « Enormément. Il y a plus ou moins 3 000 km entre les deux terres. Et les mentalités y sont très différentes. D’une certaine manière on pourrait affirmer que la Nouvelle-Zélande est plus européenne et l’Australie plus américaine. Le peuple indigène, constitué de Maoris, n’a jamais été sous le joug de la colonisation britannique. Cette culture est demeurée très importante. En Australie, les aborigènes ont été pratiquement tous assimilés. Et la civilisation indigène a pratiquement disparue. Chez nous, nous avons conservé une grande proximité avec le peuple Maori. L’art de planter, par exemple. » Martin a pourtant vécu quelque temps en Australie. « J’y suis allé souvent. Pour la simple et bonne raison qu’on y gagne mieux sa vie. Tu as de meilleures perspectives d’avenir. Mais le racisme est omniprésent. Pire qu’en Afrique du Sud. »   

Le Velvet Underground, Wire et les Beach Boys seraient, selon certains médias, les références majeures des Chills. Un journaliste a même écrit que Martin était le Brian Wilson du post punk. Ce qui fait sourire notre interlocuteur. « Il ne faut pas exagérer quand même. Je suis bien un fan de Brian Wilson. Mes bases musicales sont très rudimentaires, pour ne pas dire pauvres. Je suis seulement apte à interpréter mes morceaux pour les maintenir à flots. Lui, il avait la musique dans la tête. Il était capable de créer des harmonies, des mélodies et des structures renversantes, étranges, au sein d’une même chanson. Pense à ‘Good vibration’, ‘Cabin essence’ ou ‘Heroes and Villains’. Et je remercie Brian Wilson pour tout ce qu’il a fait, mais je n’arrive pas à sa cheville… » En ce qui concerne Wire, je lui signale que sur son plus gros hit ‘Pink Frost’, j’y ressens une même sensibilité mélodique que sur ‘The 15th’, et que le quatuor londonien avait intitulé son premier elpee ‘Pink Flag’, devenu depuis le nom de leur label. Bref, pas mal de concordances… « C’est une coïncidence. Je n’écoute pas Wire. Je connais seulement leur chanson ‘I’m the fly’. A cette époque, je découvrais le psychédélisme garage issu des sixties. Scott Walker. Tim Buckley, le Velvet Underground, MC5… Pas vraiment la musique britannique. Ce n’est que plus tard que je m’y suis intéressée, mais pas au début des 80’s. Par contre, un des courants importants qui m’a marqué est certainement le krautrock de Can, Kraftwerk et Amon Düül 2. Pas que j’ai essayé de les copier, mais ils ont eu une influence sur mon écriture. Le but n’était pas de sonner comme eux, mais d’y puiser des sources. C’est beaucoup plus sain. Avant de trouver sa propre voie… »

Il considère Kris Knox comme un maître. Et il le reconnaît : « Oui, il incarne la plus grande inspiration dans ma vie. Il y a longtemps que je me soucie de savoir ce qu’il pense de moi. Comme si c’était mon père. Pour l’instant, il n’est pas en bonne santé. Il a été victime d’une attaque cérébrale. Il ne peut plus parler, mais son cerveau fonctionne encore. Il fait encore de la musique, mais il ne s’exprime plus très bien. Il hurle. C’est très douloureux de l’entendre… » Martin a également vécu de graves problèmes de santé. Il est atteint de l’hépatite C. « Heureusement, depuis quelques années, mon état de santé s’améliore. Bien sûr, à court terme, j’ignore comment cette pathologie va évoluer ; mais pour l’instant, l’important est de se sentir bien pour sa tournée… »

The Chills est aujourd’hui considéré comme un groupe culte. Et des tas de formations, dont les Shins, Panda Bear, I’m Barcelona ou John & Bjorn, ont repris certains de leurs titres. Martin réagit instantanément : « Non, non, je ne veux pas faire l’objet d’une vénération. Nous sommes arrivés, tout simplement, au bon endroit, au bon moment. Les fans des Chills sont des gens sympas. Et il en existe pas mal autour du monde. Ce nombre ne cesse, en outre, de croître. Certaines personnes de mon âge ont grandi avec notre musique ; et ils viennent assister à nos concerts. Mais on y rencontre également bon nombre de jeunes. Dont les parents écoutaient notre musique. Ou qui l’ont découverte à travers d’autres groupes. Il était donc judicieux de revenir en Europe pour constater l’évolution de notre popularité. Et manifestement on est sur la bonne voie. Elle décolle à nouveau… Pas mal de formations ont repris nos chansons ; et c’est un signe qu’on revient dans le parcours. Fin des nineties, je sentais que le groupe périclitait ; mais la tendance s’est depuis inversée. Beaucoup d’artistes écoutent de nouveau les Chills et nous remercient. John & Bjorn ont adapté deux de nos compos. C’est épatant. Car manifestement, de nouvelles oreilles sont attentives à notre musique… »

Merci à Vincent Devos 

 

dimanche, 03 août 2014 18:02

Le Transrythm déménage !

Suite à un problème d'autorisation, le festival TRANSRYTHM déménage et se déroulera le samedi 23 août au Parc des Promenades (esplanade Patrick Dewaere) à Saint-Brieuc, et non plus à Ploufragan.

Pour la programmation du festival Transrythm, c’est ici 

samedi, 26 juillet 2014 01:00

Superbe, mais un peu court…

Dans le cadre du festival Boomtown, le Handelsbeurs accueillait le groupe culte The Chills, ce samedi 26 juillet. The Chills c’est avant tout Martin Phillipps qui drive la formation depuis 34 longues années, même si son aventure a été marquée par quelques interruptions. Et il doit avoir consommé plus d’une vingtaine de ‘line up’ depuis la formation de son band. L’an dernier, il avait gravé un elpee live, « Somewhere beautiful ». Car son dernier opus studio, « Sunburnt », remonte déjà à 1996. Depuis, le combo n’a sorti que des Eps, des compiles et des singles, dont « Molten gold », en 2013. Et bonne surprise, il va publier un véritable nouvel album, avec de nouvelles chansons dans un avenir très proche. Avant la fin de l’année, paraît-il. Bref, The Chills se produisant rarement sur le Vieux Continent (NDR : sa dernière tournée européenne doit remonter à une vingtaine d’années), votre serviteur ne pouvait manquer ce rendez-vous. Ah oui, pour les néophytes, The Chills est une formation néo-zélandaise qui a participé activement à l’épanouissement de la scène pop/rock de Dunedin, incarnée par le label Flying Nun. A l’instar de The Clean, JPS Experience, Tall Dwarfs, The Bats, Able Tasmans et consorts… En attendant de rencontrer Martin, pour une interview, nous assistons au soundcheck. Pas un soundcheck purement technique, mais au cours duquel, on aura droit à quatre chansons, qui seront interprétées ce soir. Un moment privilégié…

Le quintet monte sur les planches à 19h30 pile. Légèrement en retrait, le drummer est particulièrement expressif. Ses mimiques sont assez drôles et, parfois, il joue debout, courbé sur ses fûts. A gauche, vu son visage, James Dickson, le bassiste (NDR : il participe également aux choeurs) est certainement de descendance Maori. Et les sonorités de son instrument libèrent un groove monstrueux. En outre sa complémentarité avec le drummer, Todd Knudson, est impressionnante. Une section rythmique parfaitement solide qui balise les compos. Pas étonnant, quand on sait que le line up de The Chills s’est plus ou moins stabilisé depuis une dizaine d’années. Martin partage le centre de l’estrade avec la guitariste/violoniste/claviériste, Erica Stichbury, également préposée aux ‘backing vocals’. Il affiche une bonhomie rassurante, mais est particulièrement exigeant en matière de mise en forme. Il joue sur une guitare de couleur noire, et n’en changera jamais de tout le show. Enfin Oli Wilson, l’organiste/claviériste, s’installe à l’extrême droite de l’estrade. Il alterne sonorités vintage et synthétiques, mais équilibre judicieusement ses interventions. La voix de Martin n’est pas transcendante. Elle est même plutôt grave et monocorde, un peu comme celle Dean Wareham ; mais soulignée par les backing vocaux, elle passe parfaitement la rampe. Et pourtant, quand il la pousse, elle parvient à changer de registre. Etonnant ! Quant aux chansons, sculptées dans une pop contagieuse, mélancolique, illuminée par les accords de guitare tintinnabulants, chatoyants, surf ou légèrement psychédéliques, ils prennent une toute autre dimension, lorsque Erica y injecte ses interventions au violon, parfois aux tonalités celtiques. Le set s’ouvre par l’ondoyant « Night of chill blue ». Le tracklisting (voir ci-dessous) inclut 5 nouveaux titres qui figureront sur le nouvel opus. Il devrait s’intituler « Silver Bullets » (**). Mais surtout nous réserve une pluie de singles (*) dont l’allègre « Wet Blanket », le ‘REMesque’ « Heavenly pop hit », le post punk « I love my leather jacket », l’incontournable et épatant « Pink Frost » (NDR : paru en 1984, c’est également leur seul tube !) et le tout dernier, « Molten gold », sorti l’an dernier… Une heure de concert. Pas de rappel. Superbe, mais un peu court…   

Tracklisting

Night of chill blue (Brave Words)
House with a hundred rooms * (B
rave Words)
Part Past Part Fiction * (Submarine Bells)
Silver Bullets ** (Silver Bullets)
The Male Monster form the ID * (Soft Bomb)
Aurora Corona ** (Silver Bullets)
Molten Gold *
Wet Blanket * (Brave Words)
Warm Wave Form ** (Silver Bullets?)
February (Ep Stand By)
Pink Frost * (Kaleidoscope World)
Underwater wasteland ** (Silver Bullets)
Rain (Brave Words)
I can’t help you ** (Silver Bullets)
Effloresce and deliquesce (Submarine Bells)
Heavenly pop hit * (Submarine Bells)
I love my leather jacket * (Kaleidoscope World)

(Organisation Boomtown)

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