L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

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Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

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dEUS - 19/03/2026
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

En 1987, Billy Joel exporte son ‘Bridge Tour’ en Russie, pour y accorder quelques concerts historiques. Un quart de siècle plus tard, Columbia Records et Legacy Recordings s’apprêtent à immortaliser cet épisode en publiant « A Matter of Trust - The Bridge to Russia ».

Ce double album (« The Music ») recèle plusieurs titres inédits ainsi que divers bonus et le DVD (« The Concert ») des prises restaurées et remasterisées du ‘Live In Leningrad 1987’, le film du concert entier qui n’a pas été vu depuis sa sortie en VHS.

Sur l’édition Deluxe, vous y retrouverez également « A Matter of Trust - The Bridge to Russia: A Documentary », documentaire réalisé par le célèbre Jim Brown. Pour visionner le trailer, c’est ici 

http://www.billyjoel.com/

http://www.legacyrecordings.com/

 

Le mercredi 21 mai prochain, les étudiants du Certificat en Production musicale clôturent leur saison IAD MUSIC 2014 par un concert ‘Chanson Française’. Ce concert se déroulera à la  Ferme du Biéreau (LLN), avec à l'affiche : Antoine Chance et Nicolas V.O.

Le fils du dessinateur-humoriste Philippe Geluck s’est donc lancé dans la chanson. Il a emprunté le pseudo d’Antoine Chance et vient de sortir son premier album. Intitulé « Fou », il navigue à la croisée des chemins de Radiohead, Michel Polnareff, les Innocents et Travis tout en dévoilant une poésie romantique qui craint pour sa santé mentale…

Le premier opus de Nicolas V.O. est paru en mars 2013. Quoique pop « Dans l’air » est surtout caractérisé par des textes engagés, sociaux, parfois cyniques. Quant aux influences de Nicolas, elles oscillent de Bashung à Radiohead, en passant par Souchon, Gainsbourg, Brel, Waits, Saez, Pearl Jam, Biolay, Hawley, Cabrel et Johnny Cash…

Et vous pouvez gagner 5 x 2 places pour cette soirée en participant au concours ici

http://www.facebook.com/619489221462140

 

 

jeudi, 01 mai 2014 01:00

Roots & Roses 2014 : jeudi 1er mai

Pour la troisième année consécutive, votre serviteur avait choisi de couvrir le ‘Roots & Roses’, festival convivial, dont les concerts se déroulent sous deux chapiteaux. Heureusement, car à cette époque de l’année, le temps peut rapidement se dégrader. C’est d’ailleurs ce qui s’est produit en fin d’après-midi… 

Nous débarquons à 16 heures pile, soit juste au moment où Rusty Roots entame son set. Il revenait à la formation belge de remplacer The Excitements, qui avait déclaré forfait, suite au décès de la maman du leader. Le quatuor limbourgeois vient d’enregistrer son quatrième opus, sous la houlette du drummer de Triggerfinger, Mario Goossens. Et compte déjà plus de 10 années d’existence. Sur les planches, on se rend compte que les musicos sont de bons instrumentistes. Mais hormis le chanteur/guitariste, ils manquent manifestement de charisme. Un vocaliste dont la voix fait immédiatement penser à John Forgety de Creedence Clearwater Revival. Musicalement, leurs compos baignent dans un blues/rock légèrement teinté de pop. Et le band de bénéficier d’une audience record, puisque dehors, l’orage fait rage (?!?!), libérant des vannes d’eau tout au long de leur set. Une aubaine, puisque personne (ou presque) n’a eu envie de vider les lieux avant la fin de leur prestation, final au cours duquel, une choriste viendra poser timidement sa voix...

En sortant du chapiteau, la pluie a cessé, mais le site est gorgé d’eau. Et au fil des heures, il va devenir de plus en plus boueux. Pas encore comme le célèbre cloaque de Dour, mais s’il encaissait une seconde averse, c’était le marécage. Davantage dans l’esprit du swamp que du grunge, même si les plus proches crocodiles étaient quand même recensés à un peu plus de 20 km.

Place ensuite à Dream Syndicate, que Steve Wynn a eu le bon goût de reformer. Au départ pour se produire ponctuellement, et en particulier, au cours du mois de décembre 2013, dans le cadre de 3 concerts réunissant des figures de proue du mouvement Paisley Underground, dont The Rain Parade, The Bangles et Three o’Clock. Puis la mayonnaise a repris, et le quatuor s’est lancé dans une tournée mondiale. Très électrique, le set m’a néanmoins paru manqué de constance. D’abord, ce sont les compos les plus mélodieuses qui ont vraiment fait la différence. Car si je suis friand d’envolées psychédéliques, je les apprécie beaucoup moins lorsqu’elles massacrent les tympans. Et lorsque les boules-Quiès s’imposent, il faut alors reconnaître que le mélomane perd les tonalités les plus aigues et surtout les plus les subtiles. Et pas seulement parce que le band californien nous réserve quelques morceaux plus garage/punk. En fin de parcours, le combo immortalise un surprenant arrêt sur image qui va se prolonger une bonne minute, avant qu’il ne reprenne le fil du concert. Il va également adresser un clin d’œil au « Who do you love » de Bo Diddley, en insérant ce thème au beau milieu d’une des dernières compos…

Fred Lani a donc reformé ses Healers, même si sa section rythmique implique deux nouveaux musicos. Il sont tous les trois de noir vêtus, même si le bassiste, chauve (NDR : ou la tête rasée, si vous préférez) porte une curieuse chemise, sous sa veste (NDR : qu’il enlèvera au milieu du set), dont les motifs affichent des roses et des têtes de mort. Pourquoi pas ? Non seulement Fred possède une technique irréprochable, mais les notes qu’il dispense libèrent un fantastique feeling. Et à la slide, il maîtrise parfaitement son sujet. Après quelques minutes, je ne peux m’empêcher de penser au légendaire Rory Gallagher, disparu en 1995. Peut-être même de sa période Taste. La setlist privilégie les morceaux du dernier elpee de Fred & The Healers, au titre alambiqué « Hammerbeatmatic », dont le fameux « Roots & Roses », composé pour le festival. Une chanson au cours de laquelle Fred fait participer le public en lui demandant de reprendre en chœur le refrain, de taper dans les mains ou carrément de pogoter. Lors de « Lover's boogie », inévitable boogie, il démontre qu’il a tout appris de John Lee Hooker. Probablement le meilleur concert du festival, même si je regretterai une nouvelle fois cette démesure dans le son, qui finalement ne sert pas le groupe.

Fallait les voir ! Ils sont neuf sur les planches, la plupart arborant un collier de gris-gris autour du cou, dont un claviériste (au Hammond ?), un guitariste, un bassiste, un percussionniste, un drummer qui ressemble étrangement à Robert Wyatt, et une section de 3 cuivres qui ont endossé une cape plutôt kitsch. Et puis King Khan, qui après une intro dispensée par son backing group, débarque coiffé d’un chapeau de plumes aztèque (NDR : ou maya ?) Il a également revêtu une cape qui laisse apparaître un bedon et puis surtout un tatouage de serpent sur la poitrine. Il se sert également régulièrement d’une six cordes ; mais c’est surtout sa voix et son show qui impressionnent. Une voix qui campe un hybride entre BB King et James Brown, et qu’il ponctue régulièrement petits cris perçants. Le set démarre sur les chapeaux de roue et le public se délecte des frasques de Khan. Qu’elles soient gestuelles ou orales. Parfois, il me fait penser à Screamin’ Jay Hawkins. En plus dérangé, c’est dire ! Le collectif a l’air de bien se marrer, et la foule semble apprécier le spectacle, puisqu’elle se met à réagir et même à danser sur ce mélange de r&b, de funk et de garage, opéré dans un esprit autant vaudou que burlesque. Mais sur l’estrade, c’est carrément le bordel. Tant chorégraphiquement (?!?!) que musicalement. Le guitariste décide de sauter dans la foule et manque de se prendre une pelle magistrale. Et le claviériste va même monter sur les haut-parleurs ! Ben manifestement, les musicos n’ont pas bu de l’eau bénite avant leur prestation. Ce qui ne va pas empêcher King Khan & The Shrines d’aller jusqu’au bout de son parcours et même de se voir réclamer un rappel. Le boss revient alors en calebar, mais a pris soin de remettre sa coiffe. Un peu de décence quand même… Un grand moment de spectacle, assurément, mais pour la musique…

Pokey Lafarge, c’est le nouveau protégé de Jack White. Vêtu d’un costard trois pièces, il reflète l’image de sa musique très années 30. Il est soutenu par un backing group constitué de véritables virtuoses. Un guitariste à la dextérité impressionnante qui n’hésite pas à jouer en surf et un percussionniste au matos minimaliste (une caisse claire, deux mini-cymbales et une cloche), également préposé à l’harmonica (un souffleur exceptionnel !) et à la planche à lessiver. Ces deux personnages très filmiques, coiffés de superbes chapeaux de cow-boys, auraient d’ailleurs pu figurer dans un épisode de ‘La petite maison de la prairie’. Puis un contrebassiste, un trompettiste, tiré à quatre épingles, une casquette vissée sur la tête, qui joue à l’aide d’une sourdine, et une clarinettiste/saxophoniste de petite taille, une fleur plantée dans les cheveux et vêtue d’une longue robe aux motifs colorés. Leur mélange de western swing, de folk, de country, de jump blues, de be-bop et de dixieland tient parfaitement la route. Et on se rend compte que le problème de son ne provient pas de la table de mixage, mais bien des artistes qui ne parviennent pas à s’adapter aux conditions du ‘live’. Car pour Pokey Lafarge et sa troupe, il est vraiment nickel. Pokey possède une très belle voix, légèrement chevrotante, versatile, un peu comme Jeff Buckley, mais sans en avoir l’amplitude. Et au cours de ce show particulièrement agréable à écouter, même si un peu trop à la mode ‘vintage’, Dom Flemons va venir rejoindre la troupe sur l’estrade pour y jouer des claves.

Nous étions quand même curieux de voir ce qu’un groupe constitué de vétérans comme les Sonics avait encore dans le ventre. Il ne faut pas oublier que fondée en 1960, la formation compte trois membres originels dont l’âge doit approcher les 70 balais ! Dont le claviériste Gerry Roslie, le saxophoniste Rob Lind et le guitariste Larry Parypa. Qui assurent également le chant à tour de rôle. Et les deux autres musicos ne dénotent certainement pas dans l’ensemble, puisque présent au sein du line up depuis 2012, le drummer Dusty Watson a notamment milité au sein du backing group de Dick Dale, alors que le bassiste Freddie Dennis, a sévi chez Freddie and The Screamers et les Kingsmen. Ce dernier participe également aux vocaux. Il possède d’ailleurs une voix impressionnante, qui évoque à la fois Little Richard, dont le combo reprend l’un ou l’autre titre, et Jello Biafra (Dead Kennedys). Et ce quintet d’hommes aux cheveux gris a toujours la pêche. Bien sûr, les membres ne bougent plus tellement sur les planches. Mais leur musique est puissante et sauvage, sans pour autant casser les tympans. Leur setlist va alterner ancien répertoire, reprises (dont celle du « Louie Louie » de Richard Berry, popularisée –tiens tiens– par les Kingsmen en 1955 !) et nouvelles compos. Finalement, il faut féliciter les organisateurs d’être parvenus à programmer une telle légende, toujours vivante, mais pour combien de temps encore… Je comprends mieux aujourd’hui pourquoi Jack White, Rudi Protudi (Fuzztones), Peter Zaremba (Fleshtones), Joss Homme (Eagles of Death Metal), Nicholaus Arson (The Hives) et bien d’autres sans oublier les défunts Kurt Cobain, Lux Interior (The Cramps) et Seve Bators (Dead Boys) considèrent ou considéraient les Sonics comme une influence majeure…

(Organisation Roots & Roses)   

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jeudi, 24 avril 2014 01:00

Conflit de générations ?

The Narcotic Daffodils vient donc de sortir son second elpee, « Cellex » (Cellex, verbe Tamazight (Berbère) qui signifie ‘fragmenter’, écrit en caractère tifinagh, une écriture issue, comme l’alphabet grec et romain du phénicien, et encore en usage dans tout le Sahara, du Maroc au Mali). La plupart des morceaux ont subi leur baptême du feu en ‘live’, avant d’être immortalisés sur ce cd. Mais comme de nombreux artistes émergents, la gestation a été longue et difficile, le claviériste (et épisodiquement préposé au sitar) Simon Rigot nous en explique les raisons…

On a commencé plus tard que prévu. Quand on a parlé d’enregistrer un deuxième album, l’idée était de rentrer en studio dès octobre 2012 pour le terminer vers mars 2013, le masteriser et le sortir, avant octobre 2013. C’était le planning. Malheureusement, on a été contraints de revoir le calendrier, car le studio choisi est soudainement devenu inaccessible jusqu’en janvier 2013. Dès lors on n’a pas pu commencer avant. Et encore, il était déjà réservé dès février 2013 par Machiavel. Donc, on n’a disposé que de 3 jours pour enregistrer la basse, la batterie et le sitar. Nous l’avions choisi, car son acoustique est vraiment exceptionnelle. Aussi, vu le peu de temps qui nous était accordé pour disposer des lieux, on s’est concentré sur la section rythmique et le sitar. Aussi, on a dû chercher un autre endroit à Bruxelles. En attendant, j’ai enregistré toutes les parties de claviers chez moi, parce j’y dispose d’une panoplie d’instruments authentiques. Et notamment un piano Rhodes et un orgue Hammond. C’était finalement plus facile que de tout déménager dans un autre studio où finalement le son n’aurait pas été meilleur. Fin mars/début avril, on y a enregistré 2 sessions en 3 jours. D’abord toutes les guitares. Et puis toutes les voix. Mais le dernier morceau, « Jolyne », ne correspondait pas à l’émotion que nous souhaitions lui insuffler. Et il fallait y coller un arrangement. Notre producteur avait même évoqué la participation d’un grand orchestre. Et j’avais déjà écrit une ébauche de partition pour ce projet. Qui a finalement été abandonné, pour nous conduire dans une église. La basilique de St Hubert. Mais on n’a pu investir les lieux que fin juillet. Ensuite on a voulu donner une autre dimension à « Weathered ». A l’origine, on disposait d’un vieil harmonium datant de 1850. Une pièce magnifique. Mais il produisait un souffle épouvantable. Le producteur, lui-même accordéoniste, a alors suggéré d’essayer un accordéon… J’ai donc contacté Jean-Claude Doppée alias DJ Saucisse, une figure notoire de la nuit bruxelloise qui a également été figurant dans le film ‘Dikkenek’. Lors d’une interview accordée à la radio, lui, le rock’n’roller avait raconté les péripéties qui avaient conduit sa fille à apprendre l’accordéon dès son plus jeune âge. Luna a aujourd’hui 17 ans et en joue très bien. Dop était enchanté. Ils ont débarqué début août. Quelques jours après l’enregistrement de « Jolyne », à St Hubert. Et les essais se sont avérés concluants. On a donc réservé un studio pour l’accordéon. Mais il n’était pas libre avant fin septembre. L’histoire peut paraître rocambolesque, mais la veille du jour ‘J’, on s’est rendu compte que Luna avait oublié son instrument à l’internat de son école à Gand. Et donc, il a fallu en dernière minute, en trouver un autre en prêt. Fin septembre, tout était mis en boîte. Et on a encore pris trois mois pour le mixing. A cause de discussions internes dont je t’épargne les détails. Mais mi-décembre, nous étions enfin presque au bout de nos peines. Et là les événements se sont accélérés. On a engagé Peter De Wachter d’EQuus au mastering. C’est un des meilleurs en Belgique. Il bosse pour Stromae, Puggy et des tas d’artistes signés chez Universal. Un gars très sympa qui a vraiment mis le petit vernis qui manquait pour que le disque soit clinquant. Début janvier tout était prêt. Restait à dénicher une distribution. Pas évident. Parce qu’en Belgique, elle est de plus en plus difficile. C’est finalement Thierry Coljon du Soir qui m’a signalé l’existence de cette petite boîte namuroise qui s’occupe notamment My TV is Dead, Chloé du Trèfle, ainsi que d’autres artistes, tant de la chanson française que du rock. Il s’agit de cod&s. C’est un des derniers en Wallonie. Et il fait correctement son job, fournissant aussi bien FNAC, Media Markt que les disquaires. Ensuite on a lancé le pressage. Et on a confié l’illustration de la pochette à Valérie Lenders…

On entre maintenant dans le vif du sujet : l’absence de véritable fil conducteur de l’album. C’est ce qui rend son écoute difficile. Sur « Cellex », plusieurs titres émargent à la prog et l’intro est carrément punk. Deux courants qui s’opposent…

On a, il est vrai, étonné beaucoup de nos fans. En fait, lors de la sortie du premier album déjà, on nous avait déjà reproché de ne pas très bien voir dans quelle direction on allait. Et pourtant, le son était beaucoup plus homogène. Orienté orgue/guitare/basse/batterie. Alors que sur le deuxième, on a voulu le rendre plus contemporain. Il y a du synthé. Un microKORG, très utilisé dans l’univers de la techno. Il y a du punk. Mais aussi plus de sonorités vintage, car on y a intégré du mellotron et du piano Rhodes. J’ai même branché ce Rhodes sur une cabine Leslie, pour certains morceaux. On a donc voulu un mix entre sons classiques et modernes. C’est la raison pour laquelle Hakim, notre guitariste, préfère parler de fragmentation plutôt que de progressif. Les fans de la première heure regrettent que le Hammond ne soit plus omniprésent. Nous n’avions pas envie de graver un deuxième album qui ressemblerait au premier. Nous voulions évoluer. Il y a trop de groupes qui se contentent, disque après disque, de la même recette…

Evoluer est certainement un choix louable, mais le mélomane aime suivre un fil conducteur. Même si parfois il peut-être difficile à pister. Sur ton elpee, on est quand même particulièrement bousculés.

Oui, c’est vrai. Parce que nous ne voulons pas être sur rails. Le seul fil conducteur, c’est la chanteuse. Et encore, elle chante différemment suivant les morceaux.

Parfois ses inflexions me rappellent, et je ne suis pas le seul à le penser, à Björk, mais sans monter dans les aigus.

Absolument. Mais elle n’aime pas du tout ces comparaisons. Elle apprécie pourtant bien Björk, mais elle ne les accepte pas… 

Un exception quand même, sur le titre particulièrement prog, « Barber », où là, elle déclame à la manière de Patti Smith.

J’étais très étonné de ta remarque, et je n’y avais pas pensé. C’est vrai, mais c’est parce qu’elle déclame. Peu de chanteuses rock déclament leurs textes. Elles se contentent de chanter…

Sur ce même morceau, il y a des envolées qui rappellent le Gong de la période Daevid Allen / Steve Hillage.

Ta réflexion était tout à fait inattendue. Mais en le réécoutant je me suis rendu compte qu’il y avait une influence inconsciente. Tout particulièrement celle d’« Angel’s egg » et du titre « Flute salad ». Absolument !

Le mellotron pour « Sun of the rest », il était dans le studio ?

Non, j’avoue, ce n’est pas un mellotron. C’est un son créé par un ordinateur. Cet instrument est quasi impossible à dénicher. Alors j’ai essayé de reproduire le son qui s’en rapprochait le plus. Et je crois que le résultat est concluant.

Même que les sonorités rappellent parfaitement le « Strawberry fields forever » des Fab Four.

Oui, oui, c’était l’objectif…

Pour ma part, le début de « Shout » opère une incursion dans le british blues boom et adresse en même temps un clin d’œil au Spencer Davis Group.

Oui, le début est très blues, mais le reste alterne entre moments plus violents et plus calmes. Il y a également des chœurs éthérés et un final plus prog. Il nous a été reproché que la compo était trop courte. Qu’elle méritait un développement, un délire, au cours duquel on profiterait de cette ambiance pour développer de longs solos. Mais si nous souhaitions réaliser un morceau assez riche et complexe, nous le voulions le plus court possible. Un peu comme chez les Beach Boys. Tu sais, j’ai toujours été fasciné par leur « Good vibrations ». C’est un titre où tu n’as pas un couplet/refrain traditionnel. Il est découpé en 3 actes. Comme une véritable symphonie. Et on connaît tellement cette chanson, qu’on ne s’en rend même plus compte de sa structure. J’ai toujours été fasciné par cette idée de composer un morceau très complexe avec une économie de temps.

Au niveau des claviers, je t’en avais déjà parlé, tu apprécies beaucoup le style de Rod Argent.

Je l’ai encore vu l’été dernier à New York.

Et sur certaines compos de « Cellex », j’y retrouve un peu Brian Auger…

(Surpris et content !) Brian Auger, c’est mon pote ! Je l’ai vu à 7 ou 8 reprises. Chaque fois qu’il vient en Belgique, pas la dernière malheureusement, mais bien depuis 10 ans, je vais toujours assister à ses concerts. Il se produit souvent au Spirit of 66. Mais il est aussi venu à Anvers. Et à Bruxelles, il y a une quinzaine d’années. A Anderlecht, dans une petite salle. Il jouait avec sa première fille. Sa première fille l’a accompagné au chant, et plus tard sa deuxième. Et elles sont aussi merveilleuses l’une que l’autre. Son fils participe également à cette aventure familiale. A la batterie. Brian, c’est un monument.

« Weathered », titre cabaret. Abordé dans l’esprit des Dresden Dolls ?

Je ne connais pas du tout. C’est un duo ?

Allemand. Mixte. Piano/drums et chant.

Oui, c’est une compo qui baigne dans une ambiance de cabaret fin de soirée. Certains ont parlé d’une ambiance à la Arno. D’ailleurs à un moment, on a pensé lui proposer de partager un duo avec Irène. C’est notre producteur qui nous l’a suggéré. Et puis finalement on a laissé tomber.

Mais il est ouvert à ce type de projet.

Oui, oui, je sais bien. Si on lui avait demandé, il l’aurait probablement accepté. Au début on y a pensé, et puis au fil du temps on a changé d’avis et je crois qu’Irène n’aurait pas pu céder davantage de place sur ce morceau. Et le résultat aurait pu se solder par du remplissage.

Vous êtes tous impliqués dans l’écriture des compos ?

Tout à fait. On se partage même quelquefois la tâche. Pour « The Barber », tout part d’une improvisation totale qui a ensuite été maîtrisée. Mais en fait, on apporte une idée ou une mélodie, et puis on l’adapte. C’est dans cet esprit que je travaillais déjà, il y a 35 ans, à l’époque de Berntholer. J’amenais une suite d’accords et une idée de mélodie. Et puis Drita la chanteuse l’adaptait et créait sa propre mélodie. Je pense que c’est une méthode assez sage. Il ne faut jamais imposer à un chanteur une mélodie. Il faut lui faire des propositions et lui laisser le temps de l’apprivoiser…

Le guitariste joue en picking sur deux titres, à la manière de Steve Hackett. Un maître pour lui ?

Non, car au départ, le picking n’est pas sa façon naturelle de jouer. Il préfère mettre des effets dans sa gratte électrique, de la pédale wah wah et compagnie. Il a fait un travail formidable pour s’adapter…

The Narcotic Daffodils réunit des musiciens issus de deux générations différentes. Pas vraiment courant et évident une telle formule de line up ?

Il y a 25 ans de différence entre certains d’entre nous. Souvent ce sont de vieux briscards, qui se font accompagner de jeunes. Comme Brian Auger, qui joue avec son fils et sa fille. Les musicos de Triggerfinger ont la cinquantaine. Et il est plus facile de jouer entre musiciens de sa propre génération. Impliquer des musiciens d’une autre génération est exigeant. Parce qu’on n’a pas les mêmes objectifs. On n’a pas les mêmes sources d’inspiration. Bien qu’on serait étonné d’apprendre que malgré son jeune âge, Irène aime autant Robert Fripp que moi. Elle joue aussi de la guitare et est très influencée par Robert Fripp. Et ce feeling se retrouve dans deux des compos qu’elle a écrites, « Weathered » et « Go love yourself », caractérisées par cette suite d’accords énigmatiques, angoissants. Hakim préfère Jimi Hendrix, Led Zeppelin, mais aussi Funkadelic ou les Temptations. Merlin a beaucoup écouté les premiers Genesis. Finalement, cette barrière de générations ne se situe pas au niveau de la musique, et pas vraiment des priorités, mais des objectifs. Flupke et moi avons construit notre existence. Nous sommes mariés. Nos enfants ont déjà 20 ans. Sauf que maintenant, je viens d’adopter une petite fille. Mais c’est le hasard. Notre vie professionnelle est stable. On n’a pas d’angoisse par rapport à ce mode de vie. Nos trois jeunes ont une copine ou un copain. Mais ils ne sont pas en couple. Ils n’ont pas d’enfant. Ils n’ont pas encore de boulot, puisqu’ils sont étudiants, mais sont à l’aube de devoir s’en dénicher un. Ils ne savent pas très bien où ils vont aller. Je me souviens que quand j’ai commencé à bosser, j’ai arrêté de faire de la musique. Parce qu’il fallait s’installer dans la vie. Donc on n’a pas les mêmes priorités et c’est parfois très difficile. Et pas les mêmes réseaux. En matière de promotion, ce ne sont pas nos trois jeunes qui ont des relations dans le milieu. Même si ce n’est pas toujours un avantage. Enfin, tout dépend de l’ouverture d’esprit de ces relations. Certains nous ont mis carrément des bâtons dans les roues. Pour toute une série de raisons. Notamment, parce qu’ils estiment qu’on appartient au passé et ne comprennent pas pourquoi on monte un nouveau groupe, alors que tous les copains de ma génération, reproduisent la musique comme il y a 30 ans. Au sein des mêmes groupes qui ont vécu il y a 30 ans. En se servant du même nom qu’il y a 30 ans. C’est comme si je remontais maintenant Berntholer (NDR : voir article Wikipédia ici). Et on reprendrait la route. Ce n’est pas mon style. J’ai envie d’aller de l’avant. De m’investir dans un nouveau projet. A l’aide de nouvelles personnes, tout en développant de nouvelles idées…

En concert :

30.04  (BE) Belvédère Namur (20 Year Bear Rock), 9PM
01.05  (BE) Pianofabriek Saint-Gilles,BXL, 5PM
10.05  (BE) Japanese release party at The London Calling,9PM
17.05  (BE) Showcase Media Markt Woluwe. 3PM
21.06  (UK) Sonic Rock Solstice Festival in Builth Welsch, 6PM
12.07  (BE) The Joint - Overboelare (Geraardsbergen), 9PM

 

jeudi, 24 avril 2014 11:56

Red like blood (7”)

Premier Ep pour ce quintet liégeois ; et le moins que l’on puisse dire, c’est que les trois compos qui y figurent déménagent. Leur musique baigne dans un garage/punk/rock’n’roll qui puise ses influences au racines du genre, c’est-à-dire chez les Cramps, les Stooges originels voire MC5. Si le titre maître et « Imagination » évoquent les deux premières formations légendaires, « Get out of my city » épouse manifestement la frénésie malsaine de la troisième.

 

jeudi, 24 avril 2014 11:55

Cellex

« Cellex » constitue le second opus de The Narcotic Daffodils, un disque qui fait suite à un éponyme paru en 2011. L’entrée en matière est plutôt surprenante et pas nécessairement facile à assimiler. « Light dry gordon » est ainsi sculpté dans un garage/punk brutal (Babes in Toyland ?), tourmenté et vindicatif, malgré l’une ou l’autre petite pause et un final imbibé de nappes de claviers ainsi que de riffs de gratte ‘deepurpleliens’ circa « In Rock ». Dès « Surfer boy » on retrouve Simon au sitar, une piste qui s’ouvre sur un mode psyché/rock 60’s propice aux envolées de cordes torturées. Des envolées qui deviennent de plus en plus incisives sur « Million dollar baby », et finissent par entraîner toute l’expression sonore dans un magma électrique incandescent.

Ritournelle énigmatique, « Weathered » bénéficie du concours de Luna Doppée à l’accordéon, une plage plus cabaret (Dreden Dolls ?) au cours de laquelle la voix d’Irène prend toute son ampleur. Et, finalement, c’est à ce moment qu’elle fait le plus penser à celle de Björk, en plus grave, comme parfois à l’époque des Sugarcubes. Une sensation qu’on retrouve sur le tout aussi étrange « The sewer », même si c’est la mélodie vocale qui communique alors cette impression.

Abordons maintenant les pistes les plus prog. « The barber », tout d’abord. Le titre le plus long du disque. Huit minutes parsemées d’envolées sonores frénétiques. Malgré quelques incursions furtives au moog à la Emerson, Lake & Palmer et des claviers légèrement jazzyfiants (Brian Auger ?) ou oscillatoires, on pense surtout aux délires du Gong période Daevid Allen/Steve Hillage, alors qu’Irene vient, au beau milieu du jeu de quilles, nous réserver des lyrics déclamatoires, à la manière d’une Patti Smith (NDR : qui a dit Nina Hagen ?) En mode valse, « Go love yourself » est tapissé de claviers ouatés (Rod Argent ?) et brodé de cordes en picking (Steve Hackett ?), alors que sur « Sun for the rest » elles sont tintinnabulantes, une plage caractérisé par ses changements de tempo réguliers, mais surtout au sein de laquelle on identifie la présence de claviers vaporeux (un mellotron ?) réminiscents du « Strawberry Fields » des Fab Four.

Un peu de british blues boom sur « Shout » nous renvoie au Spencer Davis Group, avant que l’expression sonore ne glisse à nouveau dans la prog. Et l’opus s’achève par « Jolyne », une composition enregistrée à la basilique St Hubert. Une ballade amorcée par des chœurs mystiques, puis essentiellement partagée entre la voix d’Irene et les cordes en picking ; mais finalement abordée un peu comme un « House of the rising sun » totalement épuré…

Un deuxième album réussi, même si on regrettera le manque de fil conducteur entre les différentes compos (NDR : pour un album qui privilégie la prog !) ; mais manifestement The Narcotic Daffodils est sur la bonne voie…

 

 

jeudi, 24 avril 2014 11:53

Looking for Laika

Bleen, c’est le dernier projet de Pierre Surquin. Cet ex-Pi-project, ex-Multifruits avait également tenté une carrière sous son nom, publiant d’ailleurs dans la langue de Molière, un Ep baptisé « Laissez tomber le cirque » en 1999, et un album, intitulé « Une affaire d’état », en 2009.

Pour enregistrer « Looking for Laika », Pierre a reçu le concours de quelques collaborateurs : le bassiste Jerôme Thieffry, le guitariste David Staes et le drummer Laurent Mercier (NDR : ce dernier a notamment accompagné Maurane, Axelle Red et Zazie, en tournée). Sans oublier Yoad Nevo, qui s’est chargé du mastering, à Londres.

Mais entrons donc dans le vif du sujet. Découpé en 13 pistes, le disque s’ouvre par « Beyond closed doors », une ballade mid tempo tramée sur un piano, qui aurait pu figurer au répertoire d’Ozark Henry. Et ce piano sert souvent de charpente aux compos. Les plus mélancoliques, bien sûr. Comme sur « The day that I wished », une plage caractérisée par des arrangements de choeurs et symphoniques, lorgnant parfois vers Coldplay. Le douloureux « I am from you », au cours duquel, la voix suit les accords comme chez Mark Kozelek. Et le filmique « Every sip of wine », qui quoique contaminé par un synthé vintage, s’achève par des arrangements orchestraux somptueux, réminiscents d’un certain Colin Vearncombe alias Black. Des traces de synthé vintage qu’on retrouve également régulièrement tout au long de l’œuvre. Et en particulier sur « What’s true », un morceau imprimé sur un tempo carré, dont la mélodie nerveuse et accrocheuse rappelle les Cars.

Le long playing recèle l’une ou l’autre plage plus pop et insouciante comme « Who I Am » et « Dressed and combed », abordées dans l’esprit de Malibu Stacy ou encore « Let your heart sing », plus proche d’un Charly Winston, au cours duquel Pierre utilise probablement deux micros…

On en arrive à la quintessence de l’elpee. Des titres plus riches, construits en boucle. Au fil du morceau, les instruments ou les arrangements viennent se greffer sur la texture sonore. « Love is our only sunshine » et le plus allègre, quoique presque reggae « The neighbour’s dog » en sont deux belles illustrations ; ils incluent même du banjo. Puis « Your emotions », parcouru d’un tabla et surtout canalisé par une basse bavarde mais mélodieuse, dans l’esprit d’un Mick Karn.

Mais c’est le titre maître qui constitue certainement la meilleure compo de l’album. Elle nous plonge dans un univers énigmatique que n’aurait pas renié Japan, Pierre posant ici son timbre le plus grave, à la manière de David Sylvian. Guitares syncopées et de nouveau clavier vintage (John Foxx ?) complétant le tableau.

Le long playing s’achève par « In my veins », une piste intimiste, interprétée à la sèche, au cours de laquelle on entend les doigts glisser sur les cordes, pendant que Pierre joue à nouveau sur les tonalités les plus graves de sa voix.

Un bien bel album, même si on pourrait reprocher sa longueur (Plus de 53’) et un recours trop fréquent à la boîte à rythmes, alors qu’une plus grande implication des drums aurait donné davantage d’amplitude et de relief aux compos.

 

jeudi, 24 avril 2014 12:44

Everything you know is wrong

Pour enregistrer son troisième elpee, Vegas a bénéficié du concours de Leo Grandperret ainsi que de Charles De Schutter, responsables de la mise en forme –notamment– de disques pour M, Vismets, Superbus et Stereogrand. Un opus qui fait suite à un éponyme publié en 2006, et à « An hour with », en 2011.

A l’instar d’un concept album, « Everything you know is wrong » est découpé en quatre chapitres pour 13 plages. Des compos dont les lyrics sont signés Palladia C., une fan de longue date, des textes qui racontent une histoire dont les thèmes majeurs sont l’amour et la joie de vivre.

Première constatation, le son est parfait. Dans un style pop/rock contemporain qui fait appel à la fois à l’instrumentation basique et à la technologie moderne. A la croisée des chemins des Yankees de The Killers et des Britanniques de Kaiser Chiefs. Hormis les plus intimistes « On my way home » et « I don’t really care », qui se bornent au piano et à la voix, ainsi que « Fire », une valse électrique qui a servi de B.O. au court métrage « Frank & Dean », les dix autre titres sont imprimés sur un tempo plutôt enlevé. Certaines pistes seraient même susceptibles de faire le bonheur du dancefloor. La voix d’Alky Stoner est bien timbrée, la ligne de basse grondante ou caoutchouteuse, les accords de gratte judicieux et parfois cinglants, les claviers –souvent vintage– vivifiants, mais surtout, le drumming à la fois souple, ample et offensif. Et à l’instar des deux références susvisées, le sens mélodique autant que les chœurs sont hymniques. Quant au single « I know », il me fait parfois penser au « Video killed the radio star » des Buggles. Excellent de bout en bout, ce long playing souffre quand même d’une certaine linéarité dans le ton, ce qui l’empêche de se démarquer d’une vague pop/rock un peu trop dans l’air du temps à mon goût…

 

dimanche, 20 avril 2014 16:02

Soyez gentils avec Swans…

« To Be Kind », le nouvel album de Swans, produit par John Congleton, sortira le 12 mai prochain sur Mute. Lors des sessions d’enregistrement, Michael Gira a accueilli des hôtes plutôt notoires, et notamment Little Annie, St. Vincent, Cold Specks ainsi que Bill Rieflin !

Encore quelques jours à attendre mais vous pouvez déjà vous ruer sur « A Little God in My Hands » en téléchargement gratuit ici

 

dimanche, 20 avril 2014 16:01

Yuko, star à Londres ?

La formation belge Yuko a publié son nouveau single « While You Figure Things Out », un titre issu de leur album « Long Sleeves Cause Accidents », sorti le 7 avril, après 3 ans d’absence.

Le blog londonien Dots & Dashes compare déjà leur musique à celle de Jonsi, Grizzly Bear voire même Radiohead !

https://soundcloud.com/undayrecords/02-yuko-while-you-figure/s-ByaVt

https://www.facebook.com/YukoBand?fref=ts