Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Chroniques

Richard Edwards

Verdugo

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De ce côté de l’Atlantique, Richard Edwards est inconnu au bataillon. Pourtant, son univers sonore est plutôt intéressant. Alors autant s’y attarder. D’abord il est impliqué au sein du groupe indie rock Margot and The Nuclear So and So’s, depuis 2005. Cet Américain est plus que probablement fan de Fleetwood Mac, de Jackson Browne et des sonorités californiennes immortalisées au cours des 70’s, tant « Verdugo », son deuxième elpee solo, exhale ces effluves mélodiques vintage. Le titre ce cet opus a été emprunté au nom d’un bar de Los Angeles, dans lequel Edwards passait son temps après avoir traversé des périodes pénibles. Dont une maladie de l’estomac qui a failli lui coûter la vie et un divorce douloureux.

Cet LP augure, donc, un futur meilleur… Son falsetto illumine des pépites de ‘Sunshine pop’ (« Gene »), teintées d’americana (« Olive Oyl ») si chères à Ryan Adams ou de folk lacrymal (« Something Wicked »), des pépites parfaitement produites par Rob Schnapf (Kurt Vile, Elliott Smith).

 

Daniel Brandt

Channels

Écrit par

Co-fondateur du projet électronique allemand Brandt Brauer Frick, Daniel Brandt nous propose son deuxième elpee solo, un disque paru un an seulement après son précédent opus. Enregistré entre Londres et Berlin, ce nouvel album s’intitule « Channels ». Ce producteur, multi-intrumentiste et réalisateur (NDR : il a créé sa propre chaîne TV en ligne) nous propose sept morceaux instrumentaux entraînants au cours desquels les machines et les instruments organiques, dont une basse, un trombone ou encore un violon, font bon ménage. Entre transitions atmosphériques et envolées rythmiques, le résultat rappelle une version moins rock du « Flamingo » de Battles, une autre plus électro de Go Go Penguin ou encore une plus rythmée de Portico Quartet. Electro/pop (étiquette collée par Daniel Brandt sur sa musique), les compos de cet opus méritent une attention particulière… Excellent !

Uniform

The long walk

Écrit par

De duo, Uniform vient donc de passer à un trio en engageant le drummer Guardian Allen et de Liturgy, Greg Fox. Histoire de remplacer la boîte à rythmes. Et de proposer son elpee le plus dérangé et viscéral à ce jour. Les huit morceaux de cet opus coulent comme une lave en fusion, un magna au sein duquel entrent des éléments d’indus, de punk, de sludge, de drone et de trash metal. Ecorchée, la voix de Michael Brendan semble constamment en conflit avec l’instrumentation, afin de prêcher ses textes qui dénoncent le fanatisme religieux. Les riffs de Ben Greenberg percent, mutilent, laminent. Et l’électro entretient cette névrose glauque et inhumaine. Mais si on n’est pas loin de l’apocalypse, on reprochera cependant aux compos de souffrir d’une uniformité certaine…

(Thisis) Redeye

Desert eyes

Écrit par

Guillaume Fresneau aime brouiller les pistes. Après avoir sévi au sein du duo Dahlia, en compagnie d’Armel Talarmain, il a fondé son propre projet, qu’il a d’abord appelé Redeye avant de le rebaptiser (Thisis) Redeye. Fasciné par le Texas, ce Français y vit depuis quelques années, et son nouvel opus nous entraîne à travers l’Amérique, ses grands espaces mais aussi les grandes villes, lorsqu’il ne parle pas de la nature ou des tourments de l’existence ; un disque enregistré à Austin sous la houlette de Dan Duszynski, producteur qui a notamment bossé pour Molly Burch et Jess Williamson.

Mêlant pop, rock, folk, americana et/ou psychédélisme, la musique évoque tour à tour REM ou Centro-Matic, la voix de Guillaume campant même un hybride entre celle de Michael Stipe et de Will Johnson. Souvent mid tempo, les compos trempent dans une forme de mélancolie douce. Les cordes acoustiques et électriques entrent parfaitement en osmose, ces dernières, tintinnabulantes ou légèrement acides, se révélant alors davantage ensoleillées. Parfois un filet d’orgue vintage ou un souffle discret d’harmonica vient enrichir l’ensemble, à l’instar du meilleur morceau de l’opus, « Sons & daughters ». Le long playing s’achève par deux plages contemplatives, « The innocent one » et « Don’t you go », deux pistes qui lorgnent plutôt vers Midlake, mais manquent cruellement de relief…

Ruby Throat

Stone dress

Écrit par

Avant de monter Ruby Throat, en compagnie de son partenaire Chris Whittingham, l’excentrique mais également charismatique Katie Jane Garside a milité chez Daisy Chainsaw de 1989 à 1994 et Queenadreena de 99 à 2010. Dans l’intervalle, elle a publié trois albums solos, dont un pour lequel elle avait reçu le concours d’Hector Zazou. Mais c’est déjà en 2007 qu’elle a lancé son nouveau projet, en gravant « Ventriloquist », un disque pressé à 500 exemplaires, accompagné d’un livret en cuir, qu’elle et Chris avaient confectionné à la main. Par la suite, le couple va encore se distinguer par la sortie de supports en éditions limitées, destinés aux collectionneurs ainsi qu’aux inconditionnels…

Ce nouvel elpee a été enregistré à l’issue d’un long voyage accompli autour du monde (NDR : 4 ans quand même). Première constatation, la voix de Katie est quand même particulière. Douce elle est susceptible d’évoquer Jane Birkin, sauvage, elle semble hantée par Tanya Donnelly. Quant à la musique, elle est tramée sur un mode folk. Ce qui n’empêche pas des disgressions électriques de contaminer certaines plages, à l’instar des excellents « Also Elizabeth, daughter of the above » ou « Stone dress », une piste de 7 minutes, dont la première partie met en exergue la voix douce et vaporeuse de Katie, alors que la fin de parcours s’enfonce dans un trip acide. Chris est un excellent gratteur. En picking, en slide, en surf ou encore sous une forme torturée, il apporte une coloration dynamique aux compos. Dommage qu’il n’électrifie pas davantage les compos, car lorsque la musique privilégie le format radicalement acoustique, les morceaux finissent par lasser. D’autant plus que si les contes ou fables tourmentés proposés par Katie tiennent la route, ils semblent se complaire dans un univers qu’on pourrait qualifier de folk noir…

Escape-ism

The lost record

Écrit par

Outre son job d’animateur radio et sa carrière d’écrivain, Ian Svenonius est (avant tout) un musicien prolifique, issu de la scène punk de Washington. Il a ainsi milité chez Nation of Ulysse et The Make Up. Bref, en comptant ses projets divers, l’Américain a enregistré plus de quinze albums. “(Hi.I’m) the lost record” vient donc s’ajouter à cette longue liste.

Escape-ism, c’est son dernier projet solo. Malgré ses cinquante balais, le musicien n’a rien perdu de son énergie et affiche toujours une même attitude punk. D’ailleurs les titres qui figurent sur cet opus sont abrasifs. Des morceaux minimalistes limités, le plus souvent, à une guitare fuzz et une boîte à rythmes sur lesquels il vient réciter ses textes en ‘spoken word’. Circonstanciellement, une ligne de basse et des interventions de synthé viennent cependant colorer l’ensemble, à l’instar de “I’m a lover (At Close Range)”. Svenonius n’est pas vraiment accro au sens mélodique et il est difficile d’en déceler parmi les douze pistes de “(Hi.I’m) the lost record”, des plages imprimées sur un rythme, en général, spasmodique. Et “Nothing Personal” en est la plus belle illustration. Plusieurs écoutes sont d’ailleurs nécessaires pour s’approprier les morceaux, mais aussi les différencier.

Si ce long playing demeure intéressant, il s’avère un peu trop homogène. Le minimalisme n’est pas la panacée universelle, surtout lorsqu’on néglige les accroches mélodiques…  

RIVE

Narcose

Écrit par

Derrière RIVE, se cachent Juliette & Kévin. Amis dans la vie, ils sont unis par un lien quasi-ombilical entre complicité et complémentarité artistique.

Elle incarne le côté ouaté de la formation. Une voix chaude et sensuelle qui procure à l’ensemble quelque chose de très mélodieux. Lui apporte la subtilité un brin tribale avec cette rythmique précise qui devient vite entêtante.

Leur histoire pourrait s’inspirer d’un conte de fées. Formé en 2015, le combo remporte douze prix au dernier Concours ‘Du F. dans le texte’ l’année suivante. Le premier Ep « Vermillon », paru en 2017, est salué par la critique.

Si les compos éléctro/pop fleurissent au sein du paysage musical comme les jonquilles fleurissent au soleil, « Narcose », premier elpee, parvient à se démarquer brillamment de la masse. Il est particulièrement réussi.

Fait plutôt rare, l’univers sulfureux, singulier et enchanteur, puissant, émouvant et attachant, emmène celui qui prête une oreille attentive vers de grands espaces de liberté orgasmiques. D’une belle subtilité, les sonorités se chargent d’émotion à chaque écoute.

L’expression graphique ensuite. Le clip de « Vogue » comptabilise plus de 115 000 vues sur la plate-forme Vimeo et a créé la surprise dans différents festivals internationaux. « Justice » connaîtra un sort identique. Sans oublier l’artwork qui subjugue…

L’équipe du Temple Caché s’est d’ailleurs à nouveau penchée sur « Fauve », premier single, tout aussi léché dans l’esthétique, pour lequel la technique de la 3D a été utilisée afin de plonger le téléspectateur dans les années 80 à travers cette histoire iconoclaste d’un couple d’humanoïdes, survivant de l'apocalypse, qui tente de s'aimer à tout prix.

Les compositions sont limpides et plutôt simples dans la structure couplet/refrain, ce qui n’en fait pas pour autant un terrain critiquable. Ce qui les différencie vraiment de leur homologue, c’est l’absence de simplisme ; là où certains se seraient contentés d’une zone de confort, le combo bruxellois s’approprie des chansons qui vont crescendo pour maintenir la pression et finissent par exploser joyeusement à la tronche façon arc-en-ciel, à l’instar du titre maître.

A l’instar de « Filles », les thématiques féministes (parfois un peu poussives, mais on leur pardonnera) se réfèrent évidemment à cette nouvelle vague de protestation des femmes qui gronde en ce moment, lorsqu’elles n’évoquent pas la nostalgie de l’adolescence parti en « Croisades » ou encore l’amour éternel « Infini ».

La lettre comme toujours est ciselée pour mieux narrer tantôt le quotidien de tout un chacun, tantôt un imaginaire aux accents surréalistes conférant à cet opus un pouvoir surnaturel qui emmène naturellement l’auditeur vers des cieux infinis.

Le grain vocal de miss Bossé est contemplatif, doux et sucré. Il salive de tendresse, de douceur, de réconfort et s’émancipe de toute forme de mélancolie. Le jeu très subtil de son comparse épouse ces courbes immaculées de mystères et apporte une brise fraîche qui sent bon l’été tout proche.

Superbe !

John Mayall

Nobody told me

Écrit par

John Mayall est une légende vivante. Le vétéran du blues anglais a fêté ses 85 ans, fin novembre 2018. Et à coup sûr, c’est un des pères du blues anglais. Non seulement, il a fait le bonheur de plusieurs générations de mélomanes accros au blues, mais c’est un indiscutable découvreur de talents. Parmi ces promesses qui ont transité par son groupe, les Bluesbreakers, figurent Eric Clapton, Peter Green, Mick Taylor, dans les sixties ; et plus tard, Coco Montoya ainsi que Walter Trout, mais la liste est loin d’être exhaustive. Depuis le départ de son dernier gratteur, le Texan Rocky Athas, les Bluesbreakers sont réduits à une section rythmique, basse et batterie. Dès lors, il était facile d’imaginer que ce « Nobody told me » serait enregistré en format trio. Et bien non, le vieux John a cédé à la tentation d’inclure des guitaristes plus ou moins connus. 

Il vrai que l'ouverture est classieuse. Le "What have I done wrong" de Magic Sam laisse déjà le premier rôle au jeune et très doué Joe Bonamassa. Le choix des solistes révèle quelques surprises comme celui du Canadien Alex Lifeson, fondateur du groupe à succès Rush. Appliqué au piano et à l'harmonica, ses interventions sont fluides et chargées de feeling, face à Mayall. Plus étonnant quand même, la présence de Todd Rundgren, jadis leader de Nazz et Utopia, sans oublier sa carrière solo, qui mérite le respect. Il participe au funky/r&b "That's what love will make you do", un morceau signé Little Milton. Steven Van Zandt, le guitariste du E Street Band de Bruce Springsteen apparaît lui aussi sur "It's so tough". Carolyn Wonderland est moins connue du grand public, mais cette Texane (NDR : elle est issue de Houston) a de l'étoffe. Elle collabore à trois plages dont le blues lent de rigueur "Nobody told me". Et, dernière nouvelle, Miss Wonderland vient d'être invitée à assumer le rôle de gratteuse, au sein du Mayall Band. Encore une œuvre de qualité à créditer pour John Mayall, même si ce n'est, bien sûr, pas sa plus déterminante.

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