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Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk…

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Chroniques

Moaning

Moaning

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Issu de Los Angeles, Moaning est un trio fondé il y a une dizaine d’années, mais qui à ce jour n’avait publié que quelques singles et Eps. Cet opus éponyme est donc le premier. Et il a bénéficié du concours d’Alex Newport (At The Drive-In, Bloc Party, Pissed Jeans) à la mise en forme.

Ténébreuses, tendues, les compos naviguent quelque part entre shoegaze, noisy, cold wave et post punk, frôlant, tour à tour, les univers sonores fréquentés par Joy Division, Slowdive (« Tired »), My Bloody Valentine (« Somewhere in there » et ses vertiges électriques), Bauhaus (« Artificial »), A Place to Bury Strangers (« Does this work for you ») ou encore Sad Lovers & Giants (NDR : le mélodieux et remarquable « The same »). Cordes guitares tranchantes, caustiques ou angulaires, basse caoutchouteuse, claviers insidieux, voix claire mais monotone alimentent une solution sonore qui véhicule des textes traitant de questions existentielles, de problèmes relationnels et des angoisses de nos enfants face au passage à l’âge adulte.  Dans le style, c’est un must !

Mudhoney

Digital garbage

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Il est loin le temps où les musiciens de Mudhoney se préoccupaient surtout de leurs matos et de leurs casiers de bières. C’était en 1988, lorsque le groupe est né. Inspiré par les Ramones et les New York Dolls, le combo ne se prenait alors pas très au sérieux. Pourtant, il deviendra une des figures emblématiques du grunge, dès le début des 90’s, à l’instar de Nirvana, Pearl Jam, Soundgarden et Alice in Chains. Sans pourtant en récolter un même succès, il faut le préciser. Ce n’est qu’en 2006, que la pensée sociopolitique de la formation s’est éveillée, l’album « Under a Billion Suns » révélant cette nouvelle prise de conscience. De garage/punk primaire, sa musique aura donc baigné dans le mouvement grunge qui a baigné Seattle, avant de se reconvertir au garage/punk engagé, davantage inspiré par les Stooges voire le MC5. Depuis, il respecte une même ligne de conduite à travers des lyrics aussi critiques qu’ironiques. Et ce « Digital garbage » en est une belle démonstration. Les textes dénoncent le régime néo-capitaliste qui sévit aux States, un système sanctifié par Donald Trump. Ils stigmatisent également la détention des armes responsable, à leurs yeux, des tueries de masse (« Please Mr. Gunman »), le suprématisme des blancs (« Next mass extinction »), les gourous profiteurs du désœuvrement (« Messias’s lament »), les chrétiens qu’ils jugent, pour la plupart, incapables de faire preuve de charité (« 21st century Pharisees ») ou encore les dérives des réseaux sociaux (« Kill yourself live »). Parfois, la démarche est très susceptible de rappeler The Clash. Bref, si vous appréciez la musique proposée par Mudhoney depuis un peu plus d’une décennie, vous n’aurez pas de mauvaise surprise ; elle est toujours aussi solide, sauvage, menaçante, bien métallique, même si on y croise des interventions aussi inattendues d’harmonica ou de farfisa…

Lubomyr Melnyk

Fallen trees

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En un peu plus de dix ans le label anglais Erased Tapes est parvenu à rendre ‘cool’ la musique néo-classique.  Aujourd’hui, des artistes tels que Olafur Arnalds ou Nils Frahm côtoient dans les grands festivals estivaux les formations de hip hop ou rock. Le plus grand mérite de cette écurie est incontestablement d’être parvenue à populariser la musique classique du pianiste Lubomyr Melnyk. Agé de 70 balais, cet Allemand d’origine ukrainienne au look reconnaissable va d’ailleurs fouler, pour la troisième fois en 3 ans, les planches du Botanique, et en particulier, ce 2 mais 2019, dans le cadre des Nuits Botanique.  

On ne peut que féliciter Erased Tapes pour avoir relevé ce défi, car devenue notoire pour son jeu ‘en continu’, l’œuvre de Menyk est tout simplement hallucinante. Le compositeur a une longue histoire. Il a ainsi débuté sa carrière à Paris en prestant pour des cours de danse moderne. Au cours des les 80’s, il a également établi plusieurs records mondiaux, notamment en exécutant 19,5 notes par seconde tout en maintenant cette vitesse de 13 à 14 pendant une heure. Au-delà de ces prouesses, finalement anecdotiques, la musique de Melnyk est envoûtante. A l’écoute de « Fallen Trees » (tout comme sur les précédents opus), on se sent submergé par le flux de ces notes. En outre, ses mélodies font mouche et il est difficile de ne pas y succomber.  

Chaque écoute d’une pièce est une expérience en soi dont ne peut que vous conseiller de vivre. Allongez-vous dans votre canapé, éteignez la lumière, et faites tourner le disque…

Minus the Bear

VOIDS

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Découvrir un groupe qui a déjà annoncé sa propre fin est un exercice quelque peu bizarre. Et pour cause, les membres de Minus the Bear ont annoncé partir en tournée d’adieu après avoir gravé 6 albums en 15 années de carrière. L’écoute de « VOIDS », leur ultime œuvre, donne en tout cas fortement envie de se plonger dans le reste de sa discographie. Depuis Seattle, considéré par certains comme la Mecque indie-rock, la formation revient à ses origines math-pop (« Invisible ») tout en osant les guitares africanisantes rappelant Foals (« Lighthouse »), expérimentales (« Call the Cops ») lorsqu’elle n’emprunte pas un profil plus lyrique (« Last Kiss »). Ces vétérans parviennent à magnifier un rock de facture somme toute assez classique avec talent. Il est plus que temps et en tout cas jamais trop tard pour découvrir leur univers…

Hüsker Dü

Savage Young Dü

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La sortie de “Savage Young Dü” a dû ravir les aficionados de Hüsker Dü. Ceux-ci ont, sans doute, dû ronger leur frein en se procurant les différents opus solos de Bob Mould. Il a, en effet, fallu attendre plusieurs années et la levée de barrières juridiques (NDR : une solution certainement facilitée par la mort récente du batteur Grant Hart, en septembre 2017) pour qu’enfin puisse être éditée cette compilation résumant la sortie d’un coffret qui recèle des photos, plusieurs cds (69 titres au total !) et autres objets divers. Pour tout amateur de punk et de punk-hardcore, Hüsker Dü constitue l’une des formations-phares. Les huit albums gravés par le trio originaire de Saint-Paul (mais basé à Minneapolis), entre 1982 et 1987, année de leur séparation, ont eu une influence majeure sur des groupes tels que Nirvana, Pixies ou encore Foo Fighters.

Réunissant 23 pistes, cette compile nous réserve des morceaux issus de cassettes, démos, live ou encore de chutes de bande studio. Elle permet de (re)découvrir Bob Mould, Greg Norton et John Hart, à leurs débuts, entre 1978 à 1982 (date de la sortie du premier LP). La production est souvent minimaliste et il faut quelques minutes avant de s’adapter à la qualité sonore. Si la forme est ‘brute’, le fond est immédiatement perceptible. On y retrouve notamment cette hargne et cette énergie si caractéristiques. Les pistes déboulent à cent à l’heure. Les riffs de gratte déferlent et touchent leur cible en plein cœur ! Et puis, on se rend compte que le songwriting est déjà d’une grande qualité.

“Savage Young Dü” est un véritable cadeau destiné aux fans, heureux de découvrir ou de retrouver des titres oubliés du band mythique. Par contre, si vous ne connaissez guère la discographie de Hüsker Dü, il serait préférable que vous vous intéressiez, d’abord, à ses classiques.

Human Song

Blue Spaces

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Human Song c’est le projet de Jane Lake, une chanteuse/pianiste de nationalité française. Etablie à Strasbourg, elle est épaulée par le bassiste Matthew Corner, et lors des sessions d’enregistrement de cet elpee, elle a reçu le concours de quelques musiciens de studio, dont l’un ou l’autre drummer. Hormis sur le titre maître, pas de guitare, mais des machines pour élaborer une musique qui sous son profil le plus aventureux, est très susceptible d’évoquer Archive.

« Blue spaces » constitue son second long playing. Il fait suite à « The birth of seven crows », gravé en 2013, et un Ep baptisé « Live au centre de la terre », enregistré 70 mètres sous terre dans le gouffre de Poudrey (Doubs). Sur les onze plages de cet LP ne figure qu’un seul instrumental, le sauvage et expérimental « Hunter’s procession » ; mais si la voix de Jane est aussi éthérée qu’angélique, elle n’exprime que rarement des mots ou alors à travers des discours déclamatoires, incantatoires, un peu comme Anne Clark, privilégiant les envolées lyriques, mélancoliques et dramatiques qui finissent malheureusement par lasser. Et si « This is not a song for war » s’enfonce dans le doom après 7 minutes de long cheminement funèbre, on regrettera surtout ces interminables vocalises gothiques pour ne pas dire cisterciennes… Dommage !

Stigman

Dream Songs

Écrit par

« Dream Songs » constitue le troisième elpee de Stigman, un disque qui fait suite à « Broken Skins », paru en 2013 et « Fathers », en 2015.

Stigman, c’est le projet de François Borgers. Agrégé en philosophie, ce Namurois est fan de cinéma, et tout particulièrement d’Ingrid Bergman ainsi que du réalisateur russe Andreï Tarkovski. Son patronyme s’inspire d’Ira Stigman, le personnage central d’‘À La Merci D’un Courant Violent’, un roman signé Heny Roth, écrivain américain disparu en 1995, un livre qui traite sans concession de la perte de l’innocence ainsi que la transgression.

Nonobstant ces références, la musique concoctée par Stigman n’est pas cérébrale. Elle est même plutôt accessible. Il compose la musique et les textes, joue de tous les instruments (guitares, synthés/claviers, boîte à rythmes, en vertu de la technique du re-recording), chante d’une voix chaude et expressive dans la langue de Shakespeare, et diffuse ses propres films lors de certains concerts.

Dans l’ensemble, l’atmosphère de cet opus baigne au sein de la mélancolie. Délicates, la plupart des compos sont tramées par les cordes acoustiques, les cordes électriques créant les reliefs, alors que les parties de basse sont exécutées par les synthés.
Depuis le fragile « My Castle » au dansant « Wake up », en passant par le radiophonique « Are You As Alone As I Am ? », cet LP souligne le talent de mélodiste de Borgers. A vivement conseiller si vous aimez Marble Sounds, Saint Sister ou encore Soham D…

Makeness

Loud patterns

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Kyle Molleson, alias Makeness, est originaire Leeds mais s’est installé à Londres. Ce musicien et producteur a grandi au sein d’une famille de musiciens et a emprunté rapidement la voie artistique.

Après avoir sorti un titre en compagnie d’Adult Jazz (NDR : des compatriotes !), Makeness publie son premier album. Intitulé “Loud Patterns”, il est paru sur le label Secretly Canadian. Si ses parents étaient des adeptes de la musique folk, Kyle a jeté son dévolu sur les machines, un choix bien dans l’air du temps. L’électro/pop de ce Britannique se nourrit de boîte à rythmes et de claviers, un style qui évoque des formations telles que Junior Boys, Caribou, Hot Chip ou encore Django Django, sous son format strictement électro. Les mélodies sont aussi complexes qu’accrocheuses, à l’instar du titre qui ouvre l’elpee ou encore de “Stepping out Of sync”. Parfois le tempo ralentit pour laisser place à des plages plus paisibles, comme “Who Am I to Follo Love”. Si la fin de parcours est réservée à plusieurs instrumentaux, il faut reconnaître que ces morceaux n’ont pas le même impact, et hormis chauffer une salle, avant un concert, ils ne suscitent guère d’intérêt.

Bref, pour un premier essai, il faut reconnaître que ce “Loud Patterns” manque encore de consistance. Car si le songwriting est intéressant, il faut reconnaître qu’il s’essouffle en bout de course…  

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