Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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The Shovels

Spaced Out In Outer Space

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Fondée en 1995, The Shovels est une formation originaire de la région de Hasselt. Son leader, Erik Debny, reconnaît pour influences majeures –entre autres– les Beatles et les Kinks. « Spaced Out In Outer Space » constitue déjà son cinquième elpee. Et il s’ouvre par la très jolie chanson « Judy », une compo particulièrement accrocheuse qui aurait pu figurer au répertoire de Pierre Rapsat. Mais le reste de l’album s’avère plutôt étonnant. A cause des vocaux, qui tour à tour lorgnent vers Mercury Rev (parfois même les intonations), Brian Eno (souvenez-vous de « Back Water ») ou encore Syd Barrett. Et puis des textes saugrenus. Il y a même une compo dans la langue de Vondel. Et le tout est dispensé dans une ambiance de pub, digne des Pogues. Original !

 

J Mascis

Elastic Days

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Difficile pour votre serviteur de se plonger dans un album de J. Mascis (Dinosaur Jr.) de manière totalement objective… Et pour cause, accro à sa mélancolie électrique depuis plusieurs années, comment ne pas succomber à ses mélodies crève-cœurs en format acoustique, proposées en solitaire…

Et ce 3ème effort solitaire, intitulé ‘Elastic Days’, remplit parfaitement son cahier des charges power folk-rock. Entrecoupé de quelques notes de piano et caractérisé par ses solos rageurs saturés d’émotion, les compos sont bercées par sa voix douce tellement identifiable, à l’instar du titre magnifique et inaugural « See You at the Movies ». Les détracteurs lui reprocheront que tous les morceaux se ressemblent, mais on leur rétorquera qu’ils possèdent chacun cette infinitésimale variation qui les rendent uniques. Un nouveau chapitre, une nouvelle réussite !

 

Vanished Souls

Vanished Souls

Écrit par

Vanished Souls est une formation hexagonale, issue de Chantilly très exactement, qui pratique ce qu’on pourrait qualifier du neo-prog. Après avoir gravé un Ep en 2012 et un premier elpee, l’année suivante (« CiTies R real »), il nous propose donc son deuxième opus. Et il est éponyme. Cinématographique, atmosphérique, mélancolique, hypnotique, la musique de ce quintet navigue au confins des univers explorés par Archive, Pink Floyd post « Dark side of the moon » et Yes. Une expression sonore à laquelle, le groupe a pris le soin d’ajouter des ingrédients électroniques, histoire de la rendre la plus contemporaine possible. Il y a même un flow rap sur l’étonnant « Am your shadow ». Enfin, dernier titre du disque, le complexe et majestueux « Silencio » lorgne vers le Radiohead de la mi eighties. Vivement conseillé aux amateurs du style…

 

The Oscillation

Wasted Space

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Certains groupes cherchent constamment à se réinventer afin d’exploiter tout le potentiel dont ils disposent. Parfois brillamment, parfois sans grand succès, certains s’égarant au sein d’étranges nébuleuses, là où d’autres se redécouvrent en s’émerveillant.

Jonglant admirablement avec le facteur risque, The Oscillation livre un cinquième elpee bigrement audacieux et passionnant de bout en bout, parsemé de trouvailles sidérantes et de sonorités bigarrées…

Non content de sonder les travers du psyché/rock sous ses angles les plus captivants depuis 2007, Damien Castellanos explore encore et toujours de nouveaux terrains de jeux, emmenant dans son sillage la traînée étoilée d’un ciel teinté de couleurs vives, mais au climat sombre et inquiétant.

Kraut revisité, dub régurgité, Damien nous plonge au sein d’un univers vertigineux sous hypnose en escaladant, avant de dévaler à vive allure, les rails d’une montagne Russe qui conduisent directement à l’embouchure d’une gorge monstrueusement déployée.

Dansant, extatique, perturbant et follement excitant, les adjectifs ne manquent pas pour qualifier ce « Wasted Space » qui occupe tout le champ spatial, auditif et cognitif à la fois. Génial !

 

Goat Girl

Goat Girl

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Goat Girl et un quatuor féminin londonien dont le premier elpee est éponyme. Découpé en 19 plages dont cinq interludes instrumentaux, l’album ne dure cependant que 40 minutes. Pas étonnant, dès lors que les morceaux ne vont jamais au-delà des 3’. Produit par Don Carey, l’opus prône une forme de philosophie post punk chère aux Raincoats ou aux Slits. Les textes sont décalés, sombres, sarcastiques et reflètent une forme d’exaspération lorsqu’ils dépeignent leur ville, sous un angle peu élogieuse, une City dont les habitants souffrent de plus en plus des inégalités de classe, de race et de sexe. Et c’est souvent dans un climat sociopolitique difficile que le rock renaît de ses cendres et redevient un moteur de la contestation des masses…

Mais revenons à ce long playing, dont les pistes, tour à tour effervescentes, lancinantes, percutantes, envoûtantes, mystérieuses, spasmodiques, épiques ou impétueuses sont interprétées d’une voix désabusée par Lottie Cream. On même droit à des interventions de violon jazzyfiant sur l’obscène « Creep », de la slide sur le bien enlevé et légèrement bluesy « The man » alors que « Lay down » adopte le tempo d’une valse. Mais même en y ajoutant un zeste de folk, de surf et une bonne dose de psychédélisme, vous ne serez pas au bout de vos (bonnes) surprises. Fascinant, le bien enlevé « Little liar » en est une. Mais également les deux versions d’« I don’t care » ainsi que « Country sleaze. Des plages réminiscentes de l’indie rock pratiqué sur la scène de Boston, début des eighties. Respectivement hantées par Throwing Muses et les Pixies circa « Sufer Rosa ». Excellent !

 

Whispering sons

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Il est de ces lumières émanant des ténèbres dont les beautés secrètes gisent dans l’ombre. Des beautés qui se languissent d’être caressées, embrassées, délivrées, possédées.

Hurlant de ce désir ardent d’être découvertes, exposées au grand jour jusqu’à s’en brûler la rétine au contact d’un soleil trop éclatant. Imprimant alors à notre imaginaire une photographie obsédante à laquelle l’inconscient se lie passionnément...

Telles la madeleine de Proust, ces lumières ont vocation de raviver le souvenir, le plaisir qu’on pensait éteint.

Agissant de même, le premier opus de Whispering Sons renvoie à ces plaisirs maladifs. Cette excitation particulière au contact d’une jouissance retrouvée.

Dans un style froid, pour ne pas dire glacial, le combo bruxellois inocule sa cohorte de mélodies funestes et addictives comme un poison fatal.

Abrasif et teinté de l’urgence du post punk, marbré et nimbé des ambiances d’une cold wave réinventée, ce premier opus évite tous les pièges du genre pourtant ouverts béants sous leurs pieds.

Découverts par le biais de quelques titres épars, notamment sur l’Ep « Endless Party », paru en 2015, ce quintet, vainqueur de l’Humo Rock Rally l’année suivante, est rapidement devenu digne d’intérêt. La sortie de ce premier elpee, simplement magistral, consolide cette impression et suscite l’engouement.

Dans un registre où il paraît difficile de ne pas sombrer dans la redite (au mieux) ou dans le ridicule (au pire), peu de formations sillonnent le paysage sonore aussi brillamment…

En évitant le piège de l’hommage à ses pairs et en prenant le parti d’user de codes en vigueur pour délivrer son propre style, Whispering Sons dépoussière un genre et pose sur la table la somme de ses arguments.

Emboîtant le pas à Kiss The Anus Of A Black Cat, autre formation noir-jaune-rouge incontournable, tout en empruntant les sentiers corrosifs et nappés d’une lave incandescente d’une généalogie anglo-saxonne fatalement indissociable, Whispering Sons grave ici son « Image » et surtout son patronyme dans la stèle des premiers albums frondeurs et incontournables.

Balisé dès la première ligne de basse, marqué immédiatement par l’empreinte de la voix androgyne de Fenne Kuppens, voix d’outre-tombe aux résonances spectrales, ciselé par une guitare nimbée de Chorus et martelé d’un bout à l’autre par des drums martiaux et compulsifs, « Image » aurait certainement fait le buzz à l’orée des années quatre-vingt mais ne pâlit d’aucune manière de cette référence, restant, en ce troisième tiers de l’année 2018, un album fondamental.

Loin de la hype et d’une certaine idée de la modernité, où l’immédiat voudrait s’imposer à tout prix, négligeant et bafouant ce qui est appelé à perdurer, Whispering Sons signe un album intemporel, résurgence d’un certain passé, mais sciemment tourné vers l’avenir, nous abandonnant livides et extatiques et surtout en attente de vivre encore davantage d’émotions.

King Tuff

The Other

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King Tuff (NDR : également impliqué chez The Muggers) pourrait être le neveu de Ty Segall, tant le Californien l’apprécie. Les deux musiciens collaborent d’ailleurs régulièrement au sein de leurs différents projets. Kyle Thomas (NDR : c’est son vrai nom) est sans doute plus loufoque et sa musique un peu plus pop. Mais il est aussi doué que celui qui le chaperonne. Sa musique navigue au cœur d’une galaxie décalée depuis maintenant 4 réjouissants albums de moins en moins ouvertement lo-fi. « The Other’, King Tuff » s’ouvre d’ailleurs aux influences ouvertement glam et se frotte à de réjouissants claviers 80’s ! Le roi du Tuff s’autorise tout : la basse hypnotique et le saxo de « Raindrop Blue » répond aux effluves psyché du judicieusement intitulé « Psycho Star » tandis qu’« Ultraviolet » s’autorise un beau riff bluesy. Vu ces nouvelles ambitions qui lui ouvrent de nouveaux horizons, on ne peut que souhaiter une longue vie au King Tuff ! « The Other » constitue le ‘feel good’ album du mois…

 

Air Waves

Warrior

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Trois années après avoir gravé son deuxième opus (« Parting Glances »), Nicole Schneit, aka Air Waves, nous propose son nouvel album. Intitulé « Warrior », il est paru sur l’excellent label Western Vinyl ». Le titre et l’artwork de cet essai illustrent parfaitement la philosophie prônée par l’Américaine basée à Brooklyn. Tout au long des onze morceaux qui jonchent « Warrior », elle relate ses différents combats. Celui mené pour la tolérance vis-à-vis de la communauté queer à laquelle elle appartient, de sa mère contre la maladie ou encore contre la présidence de Donald Trump…

Portées par sa voix androgyne, ses mélodies sont captivantes mais complexes. Outre la qualité de ses compos destinées à répercuter ses émotions à travers la musique, la songwritrice a bénéficié du concours de quelques excellents collaborateurs, dont John Taveniere, producteur et guitariste de Woods, derrière les manettes, ou encore Kevin Morby, aux chœurs, sur le titre electro-pop-rock éponyme. Des compositions indie/folk à l’instrumentation riche. A l’instar du titre qui ouvre l’opus, « Home », une plage colorée de cuivres. Ce qui n’empêche pas Nicole de libérer toute sa sensibilité, en ne se servant que d’une simple gratte électrique. Comme sur « Sky » et « Hold on Hope », deux pistes qui montent en intensité grâce à leurs longs crescendos…

D’excellente facture, « Warrior » nécessite cependant plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur. Des lectures qui permettront, progressivement, de révéler la richesse des douze morceaux et de s’immerger totalement dans l’univers d’Air Waves...

 

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