Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Jason Buie

Driftin' heart

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Ce chanteur/guitariste canadien réside à Victoria, mais il jouit surtout d’une solide notoriété sur l'île de Vancouver, où il défend différents projets. Son backing group implique le drummer John Hunter, un personnage qui s’est produit régulièrement en compagnie de bluesmen noirs prestigieux, le bassiste George Fenn et le claviériste Dave Webb. Baignant au sein d’un blues/rock au accents sudistes, "Driftin' heart" constitue son troisième LP. Il fait suite à "Urban Blues" et "Live at the Blue Gator". Sur les onze plages, sept son coécrites par John et Jason.

Efficace, "Fool from the start" ouvre l’elpee. Tapissé chaleureusement par l’orgue Hammond, ce shuffle texan est hanté par le regretté Stevie Ray. "Last love affair" et "You're sweet" adoptent un profil semblable. Naturellement puissante, la voix de Jason évoque alors celle d'un autre Texan, Omar Dykes. Mais lorsqu’elle devient caverneuse, c’est plutôt au légendaire Howlin' Wolf qu’on se met à penser. A l’instar de "Government man". "Stay the night" macère dans les swamps louisianais, dans un climat que n’aurait pas désavoué Guitar Slim. Buie démontre toute sa maîtrise sur les cordes, sur le "Cold cold feeling" de Jessie Mae Robinson, "Suits me to a tee" et "12 O'clock check out", des compos imprimées sur des tempos plus lents…

 

Leif De Leeuw

Until better times

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Leif de Leeuw est un guitariste batave. Son backing group réunit la chanteuse/guitariste Britt Jansen, le drummer Tim Koning et le bassiste Boris Oud. Lors des sessions d’enregistrement, ils ont reçu le concours de quelques collaborateurs, qui participent d’ailleurs à une majorité de plages, dont Willem 't Hart, préposé à l’orgue Hammond et aux claviers ainsi que Jasper Ras, aux percussions. Ce dernier assure aussi la production. Ce band pratique un power blues rock très travaillé. Le groupe avait gravé "Ep deluxe", en 2014, et un album baptisé "Leelah", en 2015.

"All coming back" reflète bien le style de Leeuw. Un hard rock mélodique qui véhicule de solides accents blues prononcés. Les interventions de gratte sont bien léchées. Les claviers s’intègrent parfaitement dans l’ensemble. La voix bien articulée de Britt domine le sujet, surtout lors des morceaux les plus lents. Elle réalise d’ailleurs une véritable prouesse vocale sur "Mr Hangman", alors que Leif s’illustre à la pedal steel. Mais également rayonne littéralement tout au long du titre final, le dépouillé et simplement beau "Dysphoria".

"Thank you" se distingue par ses changements de rythme, mais également grâce aux cordes qui se dédoublent avec bonheur. Plusieurs plages adoptent un profil southern rock, empruntant des intros aux grands groupes sudistes comme l’Allman Brothers Band, à l’instar de "Getting older", une plage au cours de laquelle la slide de de Leeuw se révèle vraiment captivante, mais également "Doing it allright" et "Be loyal".

 

Ray Wylie Hubbard

Tell the devil I'm gettin' there as fast as I can

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Ce chanteur/compositeur texan sévit depuis le début des années 70. "Tell the devil I'm gettin' there as fast as I can" constitue apparemment son 17ème elpee personnel. Un disque découpé en 11 plages, exécutées dans un style qu’on pourrait aujourd’hui qualifier d’americana.

L'ouverture "God looked around" donne le ton. La coloration roots est manifeste et intègre des éléments blues et country. La voix domine une excellente instrumentation mise au service du leader. Blues rythmé, "Lucifer and the fallen angels" est illuminé par la guitare aventureuse du fils, Lucas Hubbard. Autre blues, "Open G" est d'une simplicité déconcertante. Le vocal est uniquement soutenu par les interventions dépouillées au dobro de Jeff Plankenhorn. Tout au long du titre maître, Ray Wylie est épaulé par la voix de Lucinda Williams, une gentille ballade dylanienne entretenue par l'orgue Hammond de Bukka Allen et les cordes de Lucas. Hypnotique, "Old wolf" est inévitablement hanté par Howlin' Wolf. "The Rebellious sons" constitue probablement la meilleure piste du long playing. A cause des guitares acides injectées par la formation psyché issue d'Austin, Bright Lights Social Hour...

 

Lourdes Rebels

Lolita

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Contrairement à ce que peut laisser croire ce patronyme francophone, Lourdes Rebels est originaire de Parme dans le Nord de l'Italie. Inconnue dans nos contrées, cette formation se limite à deux multi-instrumentistes, Rodolfo Villani et Luigi Bonora. Pour enregistrer cet elpee, elle a bénéficié du concours de Gabriele Bertani à la basse et d’Arjuna Iacci au saxophone. Paru sur le label américain Aagoo (Hheaven, Xiu Xiu, The Conformists, ...), « Lolita » constitue son second opus. Comme son titre l’indique, il est dédié au mythique ouvrage de Nabokov.

Si l'instrumentation peut paraître basique (claviers, basse, guitare,…), la musique du duo n'a rien de conventionnelle et navigue entre la noise et le post-punk. Mais, c'est surtout le choix de la production qui est particulier. On croirait les duos musiciens enfermés dans une bulle. Les instruments sonnent ‘sourds’ ; ce qui communique au climat général de l’opus, une certaine pression. Claustrophobes, s'abstenir !

Tout commence rapidement par « Rock’n’roll Royce », emmené par une basse véloce. « Rimini Rimini Rimini ! » lorgne davantage du côté du rock psyché. Sous des effets gonflés à bloc et derrière les samples, on imagine les voix des deux Parmesans. « Hirya Bats » aurait pu figurer sur une ancienne B.O. destinée à ‘Star Trek’. Plus on s’enfonce dans l’univers de ces Transalpins, moins on perçoit le fil conducteur du long playing. Cela part dans tous les sens. « Lolita » n’est donc pas facile d’accès. La musique peu académique de Lourdes Rebels se mérite. Il faut plusieurs écoutes avant de pénétrer dans sa sphère. Mais une fois à l’intérieur, certaines mélodies finissent par émerger. Dommage quand même que certaines pistes souffrent d’une certaine inconstance…

 

The McKee Brothers

Moon over Montgomery

Écrit par

Ralph McKee est originaire du Michigan. Un vétéran qui a entamé sa carrière au cours des années 70, comme bassiste chez All Directions, une formation responsable d’une musique qui mêlait funk, jazz, blues et rock. Lorsqu’il milite chez Big Fun, il intègre son jeune frère, Denis, de onze années son cadet. Il va se consacrer essentiellement à la guitare. Big Fun devient ensuite The Pulsations, et adopte alors un style reggae/funk. Après avoir vécu de multiples expériences, les deux frangins décident enfin de monter leur propre projet, The McKee Brothers. De nombreux amis les rejoignent régulièrement tant sur les planches qu’en studio. Le dernier opus du tandem, "Enjoy it while you can", remonte à 2016.

Pour enregistrer « Moon over Montgomery », il a d’ailleurs reçu un le concours d’un nombre impressionnant de collaborateurs. D’excellente facture, la musique est le fruit d’un cocktail mêlant funk, soul, jazz, blues et rock. Très roots, "Worried about tomorrow" constitue un des trois meilleurs morceaux de l’elpee. Laith Al-Saadi (NDR : il a remporté, en 2016, une saison du ‘The Voice’ yankee) se consacre au chant. Soutenu par la slide de Stan Budzynski, Larry McCray brille aux cordes. Enrobé de chœurs, "Remember when" est une piste roots/rock au cours de laquelle Denis McKee libère toute sa sensibilité sur sa gratte. Il chante, d’une voix particulièrement mélodieuse, le blues/funk "Blues of the month Club"…

 

Meniscus

Refractions

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Hormis les valeurs sûres telles que Mogwai et Explosions in the Sky ainsi que quelques satellites aujourd’hui confirmés comme And So I Watch You From Afar, il faut bien avouer que depuis quelques années le post-rock ne parvient plus à accoucher que de pâles copies des groupes précités. Souvent ils se contentent de reproduire des schémas usés jusqu’à la corde. Il est même de plus en plus difficile d’en sortir un du lot.

Le dossier de presse de Meniscus stipule que le post-rock est une nouvelle fois mis à l'honneur. Pas de quoi susciter l’engouement chez votre serviteur. Pourtant, après une écoute attentive, il faut bien avouer que la musique de Meniscus est très intéressante. Issue de Sydney, cette formation affiche une belle carte de visite. Au cours de sa carrière, débutée en 2005, le quatuor australien a eu l'occasion de sillonner les routes européennes. On a pu l’apercevoir, par exemple, du côté de Zottegem, dans le cadre du Dunkfestival. Il a également eu l'occasion de partager la scène avec des combos mieux connus comme Caspian ou This Will Destroy You. Face à ce dernier, Meniscus n'a d’ailleurs pas à rougir.

"Refractions" constitue son troisième elpee. Il y maîtrise parfaitement les codes du genre. Mais surtout, il parvient à jongler entre différents tableaux. Sur "Doom", les riffs lourds et lents sont entrecoupés de passages plus atmosphériques, rappelant Isis voire Caspian. Tout au long de "Simulation", alors que le tempo s’accélère, les musicos démontrent leurs aptitudes techniques. Pourtant, le climat est aussi susceptible de virer à la mélancolie, à l’instar de "Daturas". Mais bien souvent, l’oppression, la dextérité et les variations rythmiques alimentent un seul et même morceau.

Pour tout amateur de post-rock, Meniscus est donc un groupe à découvrir au plus vite.

 

Omni

Multi-Task

Écrit par

Omni est un trio réunissant l’ex-Deerhunter, Frankie Boyles (guitare), l’ancien Carnivores, Philip Frobos (basse, chant), et le drummer Billy Mitchell. « Multi-Task » constitue son second opus. Puisant allègrement ses références dans les eighties, depuis Devo à Television, en passant par Fire Engines, Josef K, Wire (NDR : surtout tout au long de « First degree ») et Talking Heads, la musique d’Omni est particulièrement spasmodique. Entêtante aussi. Les accords de gratte sont à la fois menaçants et joyeux, nerveux et complexes, épineux et tranchants aussi, suivant les plages, la ligne de basse est caoutchouteuse et la voix de Philip est aussi laconique que celle de Colin Newman voire de David Byrne.

 

Sleep Party People

Lingering

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Derrière Sleep Party People se cache le Danois Brian Batz que l’on a déjà pu remarquer aux côtés de Trentemøller et de Tomas Barfod, le batteur de WhoMadeWho. Trois ans après gravé "Floating", le multi-instrumentiste est de retour et propose un quatrième LP intitulé "Lingering". Comme le précédent, il est sorti sur le label américain Joyful Noise (Son Lux, Deerhoof, Lou Barlow, Why?, …) S’il assure l’écriture de son répertoire et toute l’instrumentation, hormis les percussions, il est seul à la composition et assure tous les instruments hormis les percussions. Le Scandinave a cependant reçu le concours de choristes pour enrichir des morceaux pourtant déjà forts fouillés. On peut notamment entendre la voix du leader de The Antlers, Peter Siberman, sur « Dissensions ».

L’univers de Brian Batz est particulier. On s’y perd aux premières écoutes, avant de finir par s’y blottir. En superposant des nappes de claviers, de guitares et autres instruments plus difficilement identifiables, il élabore des morceaux de pop/psyché sur lesquels vient se poser sa voix douce et moelleuse. Entre les plages plus atmosphériques rappelant des groupes tels que Flaming Lips, Mercury Rev ou Tame Impala, il parvient à insérer des passages plus rythmés qui peuvent rappeler Animal Collective. Et surtout, il ne néglige pas pour autant le sens mélodique…

La musique de Sleep Party People est complexe et mérite de s’y attarder. Le résultat est d’autant plus intéressant lorsque l’on sait qu’il a accompli le travail quasi en solitaire...

 

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