Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Chroniques

Monolithe

Nebula Septem

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C’est sous une pluie froide et drue de riffs que Monolithe ouvre le rideau d’un chancre désolé de quarante-neuf minutes, précisément. Un septième album studio réunissant sept morceaux de sept minutes chacun. Monolithe semble également monomaniaque. Si la symbolique du chiffre six, dans le paysage métallique, se rapporte fréquemment à l’occulte et au maléfique, ce nouvel opus en prolonge la mystique : après le passage du Malin, il ne reste plus que des ruines. Ce paysage de post-dévastation, c’est ce que vous propose de contempler ce sextuor français sous l’aura froide et lente du Doom. Chaque titre est en soi une construction complexe, où les motifs musicaux se répètent à l’envi, telle une spirale infernale, en mutant graduellement vers une forme nouvelle. Le tout, arraché laborieusement à coups de voix grave d’outre-tombe. Quelques riffs heavy sur « Coil Shaped Volutions » permettent d’entrevoir une brèche lumineuse avant de replonger, de plus belle, six pieds sous terre. Une contemplation majestueuse du néant. Le genre de long playing qui nécessite de prendre le temps, de se laisser emporter tout en restant attentif, d’avoir le plaisir de vivre et de revivre une exploration hors de soi. Monolithe trace des balises, certaines sont confortables, d’autres demandent d'abandonner une part de soi au seuil de la conscience. « Delta Scuti » en est à ce niveau exemplatif : il emporte l’auditeur·trice au cours du morceau dans un vortex de sonorités anxiogènes, nourri à coups de boucles électroniques brèves mais totalement inattendues et déstabilisantes. Une parenthèse temporaire avant de poursuivre la sombre exploration. Une pérégrination qui peut même à certains moments prendre la forme d’un rite initiatique, tel qu’à la fin d’« Engineering The Rip », pour enfin renaître sous une nouvelle mouture évoluée et clore cette petite heure expérimentale par une voie électronique, que la mémoire collective pourrait raccrocher à un univers astéroïdal, une envolée finale positive au-delà de la gravité après avoir ressenti et vécu différentes phases de spleen, de doutes et de retours à soi.

 

Romano Nervoso

I don’t trust anybody who doesn’t like rock n’roll

Écrit par

Pour enregistrer son nouvel elpee, Romano Nervoso a reçu le concours de Pelle Gunnerfeldt, le producteur fétiche des Hives, à la mise en forme. Il n’est donc pas étonnant que l’expression sonore creuse au sein d’un univers proche du groupe suédois. Mais pas seulement. La formation louviéroise pioche également et largement son minerai chez ses idoles, comme Damned, MC5 et surtout les Ramones. Enlevées, la plupart des compos sont bien sculptées dans le garage/punk. Si « Televised » lorgne carrément vers Johnny Thunders, caractérisé par son refrain addictif et ses chœurs, « American dream » excave le Green Day originel. B.J. Scott vient donner de la voix sur le blues mid tempo, « In my mind ». Des riffs de gratte ‘rollingstoniens’ alimentent « Thursday night fever ». Chanté alternativement en anglais ou en italien, « Looking for sun » adopte le tempo d’une valse, mais surtout rappelle les racines transalpines de Giacomo Panarisi. « Meet the 300 Sicilians » constitue probablement le meilleur titre de l’opus. Il diffère totalement du reste du long playing. C’est aussi le morceau final. Imprimé sur un tempo du cheval au trot, menaçant, il se nourrit de western spaghetti (NDR : une réponse à Dario Mars & The Guillotines ?) et se distingue par sa jolie mélodie, parfois sifflotée, et ses accords de gratte surf. Enio Morricone et Sergio Leone ne sont pas loin, même si le climat y est plutôt proche de The National…

 

Status Quo

The last night of the Electrics

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Status Quo est une véritable institution outre-Manche. Si le band s’est formé en 1962, il n’a opté pour le patronyme Status Quo, qu’en 1967. Les musiciens exploitent alors les trois accords de base et les douze mesures du blues pour proposer un boogie blues rock bien personnel. Et rapidement, le band récolte un succès international qui va résister aux décennies. La formation est d’ailleurs toujours active en 2018, mais sous la houlette du chanteur/guitariste Francis Rossi. Paru sous différents formats (CD, DVD, Blue Ray, LP, etc.), cet opus a été immortalisé au O2 Arena de Londres, le 11 décembre 2016. Une tournée qui marquait alors la fin d'une époque au cours de laquelle les concerts de Status Quo étaient entièrement amplifiés ! C’est le 24 décembre de la même année que l'autre figure de proue du groupe, le guitariste rythmique Rock Parfitt, décédait, à Marbella. Depuis, Rossi est soutenu par le claviériste Andrew Brown, le bassiste John Edwards, le drummer Leon Cave et le chanteur Richie Malone, ce dernier se consacrant également à la guitare rythmique.

Les vingt plages de cet opus sont aussi les plus notoires. Depuis "In the army now" à "Rocking all over the world", en passant par "Down down" et "Caroline". Le son est malheureusement loin d’être irréprochable. Etonnant vu les moyens mis à la disposition du band. En outre, on est quand même loin de l’efficacité légendaire du duo Parfitt/Rossi.     

 

Lucinda Williams

This sweet old world

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Chanteuse et compositrice, Lucinda Williams pratique ce qu’on appelle aujourd’hui de l’americana. Son premier elpee, "Ramblin'", remonte à 1979 ! Faut dire qu’elle affiche déjà 65 balais ! Originaire de la Louisiane, elle s’est établie à Nashville. Elle a atteint la véritable consécration en 1998, grâce à son album "Car wheels on a gravel road", sur lequel figure son plus grand succès, "Little Honey", un hit qui entrera même dans le Top 10, aux States. "This sweet old world" propose des compos qui figuraient déjà sur un long playing, publié en 1992. Mais il est le fruit de nouvelles sessions qui ont été réalisées à  Los Angeles, en compagnie de son backing group actuel, une formation impliquant le guitariste Stu Mathis, le bassiste David Sutton et le batteur Butch Norton. Pour la circonstance, Greg Leisz –dont on ne compte plus les collaborations– est venu apporter son concours à la gratte. En fait, cet opus célèbre le 25ème anniversaire de la parution de l’elpee originel. Et le résultat est excellent!

"Six blocks away" ouvre le bal. Mathis se charge de la guitare à 12 cordes, tout au long de ce morceau réminiscent des Byrds de la belle époque. Des cordes qui restent particulièrement inspirées tout au long du country/rock/roots "Prove my love". L’opus recèle de nombreuses ballades. Certaines sont vraiment superbes. A l’instar de "Memphis Pearl", mais surtout de "Something about what happens when we talk" et "Sidewalks of the City", dont le climat évoque le "Sticky fingers" des Stones, un album culte paru en 1971 ! Blues/rock, "Pineola" est découpé dans des riffs puissants. La voix est remarquable et les échanges opérés entre Mathis et de Leisz aux cordes électriques, sont lumineux. Le long playing recèle quatre bonus tracks, dont deux blues primaires ainsi que "Wild and blue", une dernière ballade qui véhicule des accents dramatiques.

 

Layla Zoe

Songs from the road

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Encore une chanteuse comparée volontiers à Janis Joplin ! Elle est canadienne et répond au nom de Layla Zoe. Sa carrière semble bien lancée, puisqu’elle a signé un contrat chez le label allemand Ruf. Elle ne pouvait donc pas échapper à la série d’œuvres immortalisée ‘live’ et baptisées "Songs from the road" qui sortent sur cette écurie en cd et dvd. 

Sur les planches, Layla est épaulée par ses musicos. En l’occurrence le guitariste Jan Laacks, le bassiste Christophe Hübner et le batteur Claus Schulte. Le concert s’est déroulé au Hirsch Club de Nuremberg, en 2017. Au menu, 10 plages pour le cd, onze pour le dvd. Une ne figure que sur le cd, la cover du "The wind cries Mary" de Jimi Hendrix. Deux uniquement sur le dvd, "Work Horse" et la finale "Me and Bobby McGee".

Layla avait déjà publié un elpee ‘live’, enregistré en public, "Live at Spirit of 66", en 2015 ; mais le répertoire proposé ici est fondamentalement différent. Elle entame son show par "Backstage queen", un rockin' blues imprimé sur un mid tempo. Sa voix est autoritaire. Sa présence scénique, indéniable. Le spectre de Jimi Hendrix hante tout l’opus. Faut dire que le gratteur y contribue largement. Même sur les ballades bluesy "A good man" et "Why do we hurt the ones we loved". Layla libère une grande dose de sensibilité tout au long de l’indolent "Sweet angel". Henrik Freischlader cosigne "Never met a man like you", un shuffle texan digne de Stevie Ray Vaughan. Tout aussi nonchalante, la très longue plage atmosphérique "Highway of tears" assied une très bonne interaction entre la guitare et le chant théâtral voire tragique de Miss Zoe. Le compact disc s’achève, sans surprise, par la cover d’une autre ballade issue de la plume de Jimi Hendrix, "The wind cries Mary".

Le dvd recèle deux bonus. Tout d’abord le très long "Work horse", au cours duquel les musicos reçoivent leur billet de sortie, dont Laacks à la guitare talk box. Puis "Me and Bobby McGee", une compo qui figurait au répertoire de Janis joplin. A cappella la performance est une jolie réussite, mais la voix est plus propre et moins sauvage que celle de l'icône des sixties.

 

Elles Bailey

Wildfire

Écrit par

Elles est originaire de Bristol. Cette chanteuse pratique une musique roots, essentiellement alimentée par le blues et la country. En 2016, elle avait publié "The Elberton Sessions", un Ep 6 titres. Lors de ses vacances passées à Nashville, dans le Tennessee, elle décide d’enregistrer quelques démos au sein du studio Blackbird. Elle y reçoit le concours de la crème des musiciens locaux. Le résultat est tellement bon, qu’elle décide de transformer l’essai en véritable elpee, un disque qui sera produit dans un studio britannique et parachevé en compagnie de musicos insulaires.

Légèrement éraillée, la voix d’Elles colle idéalement au titre maître, qui ouvre la plaque. Brent Mason et Joe Wilkins conjuguent leurs grattes à l’unisson. Remarquable ! Caractérisé par son refrain séduisant, le blues/rock "Same flame" s’appuie sur un riff puissant et se distingue par sa sortie lumineuse à la slide. Les styles proposés sont variés. Eclatante, envoûtante même, la voix de Mrs Bailey est parfaitement soulignée par le piano de Bobby Wood et l'orgue Hammond que se réserve l’Anglais Jonny Henderson (Matt Schofield Trio), tout au long de la ballade indolente "What if I". Les grattes sont chargées de réverb’ lors du bien roots, "Barrel of your gun". Les percus de Wes Little sont particulièrement efficaces sur le delta blues nerveux "Let me hear you scream", alors que la slide est omniprésente. Ballade, "Believed in you" se distingue par un envol de cordes beau à pleurer. Enfin, "Howlin' Wolf" rend hommage aux légendes du Chicago blues disparues…

 

Bertier

Anna et Roby

Écrit par

Bertier est un collectif belge, né en 2014. A sa tête, le chanteur/parolier Pierre Dungen.

Les autres collaborateurs sont issus de mouvements musicaux différents, tels que la pop, le rock et le classique. Y participent le guitariste Yan Péchin (gratteur pour Bashung, Brigitte Fontaine, Thiéfaine, Miossec et Raphaël), Gil Mortio (Joy As A Toy), les compositeurs Quentin Steffen, Amaury Boucher, Didier Delchambre et Florent Leduc. Sans oublier le violoncelliste Jean-François Assy (Calogero, Arno) et la choriste Lara Herbinia (également photographe). Et toute cette équipe a participé à l’enregistrement d’« Anna et Roby », le deuxième long playing.

Il existe des couples célèbres dont les liaisons et les ruptures se sont opérées dans la douleur. Pensez à Alice & June, Bonnie & Clyde, John & Mary et on en passe. Anna & Roby sont unis dans la vie par l’amour, la musique et la poésie des mots. ‘Faire l’amour malgré nos guerres. C’est faire preuve de caractère. Anna et Roby n’ont que ça dans la cervelle’. Conceptuel, cet opus aborde le thème de l’air. Anna, la mignonne petite Parisienne, est amoureuse des oiseaux et des papillons. Elle rencontre Roby, un monte-en-l’air patibulaire, un peu british, un peu fou… 

Ivoires et cordes trament le titre maître, qui raconte l’histoire du couple qui se forme...

Plus torturé, « Anna » autorise quelques incursions de violoncelle et d’électro.

« Les filles De l’Air », c’est un peu comme Mathias Malzieu dans « La Mécanique du Cœur » quand le docteur Madeleine parvient à greffer à son cœur, une horloge de coucou.

« Roby » se met à nu et refuse d’appartenir au « Star Système ».

Des cordes de gratte propulsent « La Poussière » dans l’atmosphère et celles du violoncelle subliment les sens de « L’Oiseau Lyre » qui vole et nous survole. Mais attention au platane, car l’accident guette. A la manière d’un Gainsbourg, le poète jongle ici avec les rimes. 

Et c’est même à un Gainsbarre démoniaque que l’on pense tout au long d’« Ange Déçu ».

« Anatolie » invite une volée instruments susceptibles de torturer les tympans.

Caractérisé par sa mélodie accessible, « Soda Light » se distingue par ses mots et ses notes en parfaite harmonie.

Bref un album intéressant mais cérébral. L’approche est difficile et pourrait dérouter. Il est d’ailleurs nécessaire de l’écouter à plusieurs reprises avant de s’en imprégner.

Vanessa Collier

Meeting my shadow

Écrit par

Agée à peine de 27 printemps, Vanessa Collier est chanteuse, compositrice et saxophoniste. Elle appartient à la scène blues de Boston et a étudié au prestigieux Berklee College of Music. Elle a fourbi ses armes au sein du backing band du notoire Joe Louis Walker, entre 2012 et 2013. Son premier opus, "Heart Soul & Saxophone", remonte à 2014. Elle a depuis signé chez le label allemand Ruf et a participé à la tournée européenne ‘Blues Caravan’. La majorité des titres de ce nouvel opus sont issus de sa plume. Lors des sessions, elle a bénéficié du concours de son backing group et d’invités talentueux comme Lara Chavez à la guitare et Charles Hodges aux claviers. La mise en boîte s’est déroulée à Memphis.

Vanessa se réserve différents claviers et la flûte sur le subtilement funk, "Poisoned the well", une ouverture qui tient parfaitement la route. Un funk qui contamine davantage "Dig a little deeper", un r&b dansant qu’elle souligne de son saxophone ténor. "When it don't come easy" nous entraîne dans le Delta du Mississippi, un blues enrichi par l'orgue de Charles Hodges et la slide de Josh Roberts. Miss Collier apprécie le r&b. Elle le démontre tout a long du dynamique et galopant "Two parts sugar, one part lime", mais également lors de l'excellente version de "When love comes to town", une compo que U2 avait enregistrée avec BB King, dans les studios Sun de Memphis, en 1988. La voix de Vanessa excelle tout au long de la ballade à coloration Stax, "You're gonna make me cry", un titre que le chanteur soul O.V Wright avait transformé en tube, en 1965. Autre cover, celle du "Up above my head, I hear music in the air" de Rosetta Tharpe. Laura Chavez y brille aux cordes alors que le sax de Vanessa est littéralement en liesse. Et elle en remet une couche tout au long de "Whiskey and women", un Chicago shuffle classieux !

 

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