La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Chroniques

Otherdays

On the eighth floor + At the piano workshop

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Etabli à Bruxelles, Otherdays est un quatuor espagnol réunissant Santiago Calvo Ramos, José Manuel Domínguez, Guillermo López et Sergio Negrín. Son premier elpee, « Architecture », est paru en 2015, un disque qui a demandé 10 longues années de travail avant de voir le jour. Ce nouvel opus compile deux enregistrements différents. Baptisé « On the Eighth Floor », le premier est le fruit de sessions réalisées en 2013, au sein d’un appartement, en Espagne. Il est découpé en 7 pistes. Intitulé « At The Piano Workshop », le second a été immortalisé en 2014,  au ‘Kaufmann piano workshop’ de la capitale européenne.

Essentiellement acoustique, la musique d’Otherdays baigne au sein d’un climat mélancolique. La voix de Santiago Calvo Ramos et la sèche servent de fil rouge, le reste de l’instrumentation –lap steel, orgue, piano, mélodica ou encore ukulélé– s’invitant en fonction des circonstances. Traditionnel, ce folk est surtout destiné aux longues soirées d’hiver, passées au coin du feu…

 

Popa Chubby

Two dogs

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De son véritable nom Ted Horowitz, ce chanteur/guitariste pratique un blues/rock qu’il teinte de funk. Il est né dans le Bronx, à New York City, il y a déjà 60 ans. Vu son âge, pas étonnant qu’il ait pour influences majeures Jimi Hendrix et The Cream (NDR : au sein duquel a milité, mais faut-il le rappeler, Eric Clapton). Il a publié une trentaine d’albums. Son premier, "It's Chubby time", est paru en 1991. Atypique et imposant, largement tatoué, il s’est forgé une réputation de performer assez exceptionnel. Il décrit sa musique comme un hybride entre les Stooges et Buddy Guy ou alors entre Motörhead et Muddy Waters, a moins que ce ne soit entre Jimi Hendrix et Robert Johnson. "Two dogs" propose onze compositions signées Chubby ; et, en bonus, deux reprises live ! 

S'il Popa se consacre à la guitare, il est également capable de prendre à son compte les parties de basse et de percussions. Pour enregistrer cet opus, il a reçu le concours de son backing group, soit le drummer Sam Bryant, le bassiste Andy Paladino et le claviériste Dave Keyes.

Imprimé sur un tempo alerte, "It's alright" ouvre le long playing. Une bonne entrée en matière caractérisée par des premiers envols à la gratte et à l’orgue. Boogie saignant, "Rescue me" concède des accents pop. Exotique, "Sam Lay's pistol" ceux de la rumba. Funk/blues, le titre maître vire à la jam. Cordes déjantées, orgue et saxophone participent à un exercice de style dont raffole Popa. "Dirty old blues" est une superbe plage, qui déménage. L’opus recèle deux instrumentaux. Tout d’abord, l’excellent "Cayophus Dupree". Hanté par Santana, cette piste se distingue par ses échanges entre la guitare inspirée et l'orgue de Dave Keyes. Puis le boogie particulièrement dynamique "Chubby's boogie, déchiré entre cordes et piano.

Les deux bonus tracks sont autant de covers, immortalisées en public : le "Sympathy for the devil" des Rolling Stones et "Halleliujah" de Leonard Cohen. Des versions d’honnête facture, sans plus…

 

Aorlhac

L’esprit des vents

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Aorlhac, une graphie certes particulière mais qui pourrait se perdre dans la pléiade de noms de groupes issus du Black Metal. Et pourtant… il serait vraiment dommage de passer à côté. Fondé il y a un peu plus de dix ans, Aorlhac désigne en occitan la ville d’Aurillac, d’où est originaire le trio de musiciens. Un détail linguistique qui revêt toute son importance car c’est autour de cette langue que les Français bâtissent leur univers musical. Ils vont même plus loin en approchant l’occitan non pas seulement comme une langue mais bien comme une culture à part entière, plongeant ses racines dans le Moyen-âge et berçant l’histoire du Sud de la France jusqu’au nord de l’Italie et de l’Espagne. Vous voyez un peu le paysage ? Place à présent à la musique !

Après huit années passées à l’ombre, Aorlach revient aujourd’hui à l’avant de la scène, armé sous le bras d’un troisième elpee studio poétiquement nommé « L’Esprit des Vents ». Dix titres de Black Metal au coeur épique et pagan. Pendant un peu moins d’une heure, c’est à dos de cheval lancé en plein galop que les artistes vous feront déguster leurs racines, leur patrimoine, leurs mythes et légendes qui ont imprégné ces terres pendant des siècles. Un Black Metal plutôt old school mais dopé néanmoins quand il le faut d’une prod lourde et ronde, emmenée par la voix arrachée et rageuse de Spellbound, hurlant sans vergogne, seul face à l’immensité d’une plaine vallonnée.

Chaque titre est une épopée. Comme en témoigne le titre d’ouverture « Aldérica », du nom de cette jeune fille qui a perdu la vie face à une invasion de cavaliers sarrasins. Ça blaste, ça sent la sueur et le sang. Quelques instants plus tard, c’est la légende de Saurimonde qui nous est contée, cette fée à la fois femme sauvage et démon. Un titre ponctué aux deux tiers par un instrument aux sonorités moyenâgeuses. Un apport musical folklorique qu’on aurait pu espérer un peu plus présent tout au long de cet elpee. L’une des compositions les plus intéressantes reste « Mandrin l’enfant perdu », délicieusement rock’n’rollesque, évoquant la vie du sombre Robin des Bois, Louis Mandrin. Aorlhac y démontre tout son savoir faire : sa décharge de rage chauffée à blanc accompagnée de ses lignes de guitare heavy et symphoniques, le tout enveloppé dans une bulle de narration parfois digne d’une prestation théâtrale.

Ce nouvel effort d’Aorlhac n’est pas sans rappeler les meilleures heures de Belenos, mû par cette capacité de planter un décor d’époque d’antan, empreint parfois de nostalgie, mais surtout motivé de garder en vie ces fragments d’Histoire, ces racines qui ont fait d’eux ce qu’ils sont aujourd’hui. Un legs du passé, courageusement transmis par les distorsions d’un Black Metal puissant, rapide et teinté par la mémoire d’hier. Un retour pleinement réussi, où Aorlhac joue son rôle de barde des temps modernes en proposant, à sa façon, une apnée temporelle sur les terres occitanes.

 

Beechwood

Songs from the land of nod

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Ce trio new-yorkais pratique une forme de psyché/pop/rock/garage qui devrait ravir les passionnés du genre. « Songs from the Land of nod » constitue son second opus. Il fait suite à « Trash Glamour », paru en 2014.

Si vous appréciez Allah Las, vous ne pouvez d’ailleurs pas passer à côté de Beechwood. Cool et pop, « Ain’t gonna last all night », le titre d’ouverture, en est certainement le plus proche. Le spectre de 13th Floor Elevators plane tout au long d’« I don’t wanna be the one you love », même si les sonorités de guitare rappellent plutôt celles de George Harrison sur « Abbey Road » ; des sonorités qu’on retrouve également sur « C/F », une plage caractérisée par le recours à la slide ainsi qu’au piano et caressé par des vocaux évanescents. Celui de Syd Barrett sur le ténébreux « This time around » et le crépusculaire « All for naught », encore qu’ici, les harmonies vocales semblent contaminées par le « Magical Mystery Tour » des Fab Four. Celui d’Alex Chilton tout au long du contagieux « Heroin honey ». De Damned sur « Pulling through » ou plus exactement au « Disconnected » de Steve Bators. Brian Jonestown Massacre sur le titre maître. Et enfin des Troggs voire d’Electric Prunes lors de la cover sauvage du « I don’t like everybody else » des Kinks. Bien sûr, de temps à autre, vient se glisser un petit filet de clavier savoureusement vintage. Echevelé « Melting over you » emprunte ainsi probablement à la fois aux Fleshtones et aux Fuzztones. Bon, c’est vrai, il y a des tas de références qu’on retrouve d’ailleurs parfois sur les autres plages de cet LP, mais la liste est loin d’être exhaustive ; et puis au fil des écoutes, vous en découvrirez probablement d’autres. Mais ainsi vous aurez une petite idée de la musique proposée par cette formation. Une chose est sûre, le résultat est remarquable. Un premier must pour l’année 2018 !

 

Mike Biggar

Go all in

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Ce Canadien a décroché de nombreux prix dans le New Brunswick, dont il est originaire, et sur la côte est du Canada. Un chanteur/compositeur de roots. "Go all in" constitue son troisième opus. Mike possède une bonne voix et n'hésite pas à aborder des styles différents, comme le blues, le r&b, le rock et la country. Pour mettre en boîte les douze plages de cet LP,  il a reçu le concours de son backing group. Il signe la presque totalité des compositions!

Cette voix est d'attaque dès "Blood from a stone". Cordes acoustiques et métalliques du dobro soutiennent l’offensive. La température monte d’un cran sur "Go all in", une superbe piste largement amplifiée et cuivrée, au cours de laquelle les grattes cavalent. Frétillante et séduisante, la voix s’impose sur "Can't believe it", un roots rock entretenu par les guitares, le banjo et la pedal steel. Un style qui correspond parfaitement à l’artiste. Dynamisé par les cordes électriques en verve de Kris Richards, "Hell and high water" et "Playdate" en sont d’autres belles illustrations. Mike est également à l’aise quand il aborde la country. A l’instar de "Leaving these days", souligné par la mandoline, et "Kinda sad", une plage caractérisée par un dialogue subtil entre la pedal steel et la guitare de Grant Heckman. Les interventions de Charlie A'Court, un autre artiste roots canadien sont véritablement magiques, tout au long de "Love & Insanity", un titre que les deux artistes cosignent. Et l’intervention vocale est à nouveau superbe ! Enfin, imprimé sur un mid tempo, "That takes some balls", bénéficie du concours du producteur Terry Wilson, qui se charge de la basse, de la guitare et du piano électrique…

 

Jimmy Carpenter

Plays the blues

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Ce saxophoniste roule sa bosse depuis un quart de siècle. Ses débuts remontent à 1980. A cette époque, il sévit chez Alka-Phonics, un groupe issu de son patelin, à Greensboro, en Caroline du Nord. A cours des nineties, il accompagne d’excellents gratteurs comme Tinsley Ellis ou Jimmy Thackery. En 2004, il s’est établi à la Nouvelle Orléans. Il a publié, fin 2008, "Tolling in obscurity", son premier elpee solo. Depuis, il ne cesse d'être sollicité. Et pour cause, il rallie les backing groups d'Eric Lindell, de Walter Wolfman Washington, et plus récemment, de Mike Zito, en l’occurrence The Wheel. "Plays the blues" constitue son second opus personnel. Il a été enregistré au sein des studios Nola à New Orleans, sous la houlette du son ami Mike Zito. Ce dernier se charge de la guitare et des vocaux qu’il partage auprès de Jimmy ! Le tracklisting réunit essentiellement des reprises signées par des légendes du blues. Et plusieurs amis du souffleur sont venus apporter leur concours lors des sessions.

L’elpee s’ouvre et s’achève dans le r&b. Traité dans un style Memphis, le "You belong to me" de Magic Sam entame les hostilités. Mike Zito brille déjà au chant et aux cordes. Carpenter introduit le "Too late" de Willie Dixon (NDR : le légendaire Little Walker, l’avait traduite en succès, il y a bien longtemps), une piste imprimée sur un tempo enlevé. Jimmy ne tient pas en place et explose son saxophone. Plusieurs plages instrumentales le mettent d’ailleurs en exergue. A l’instar du blues lent "Jimmy plays the blues", du "Surf monkey" de Freddy King, au cours duquel Tinsley Ellis se consacre aux cordes, du "Slow soul" de Sam Cooke et du "Preach" de King Curtis. Lewis Stephens siège derrière le piano tout au long du blues/rock "Kid in my head", un des trois meilleurs morceaux du long playing. La cover du "Blues with a feeling" de Little Walter est également remarquable. Et enfin le classique d'Otis Rush, "All your love", au cours duquel Zito excelle au chant et aux cordes.

 

Andrew Chapman

Well, It's about time!

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Andrew Chapman, surnommé ‘Jojo’, est un vétéran de la scène musicale blues. Il y sévit depuis la fin des sixties, soit depuis l’époque où il a rencontré Tony Braunagel. Il fonde ensuite The Bloontz All Stars, en compagnie du bassiste Terry Wilson. Et Braunagel rejoint le line up, un peu plus tard. Pourtant, Chapman abandonne sa carrière musicale. Aussi, Braunagel et Wilson émigrent à Los Angeles et deviennent des musiciens de studio incontournables.

Plus de 40 années plus de tard, Jojo refait surface et enregistre son premier opus solo. Pour le réaliser, il a fait appel a des potes et quelques requins de studio dont le claviériste John ‘Rabbit’ Bundrick (NDR : ce dernier a accompagné les Who, sur les planches, pendant plus de trois décades). Chapman ne joue pas d’instrument. C’est un chanteur. Et cet elpee met en exergue son talent au chant…

Funky r&b néo-orléanais, "That's the kind of day I had today" fait la part belle aux ivoires de l’ex-Electric Prunes, John Herron, et aux cordes du regretté texan Stephen Bruton. Ce dernier signe "Face of love", une plage caractérisée par un envol à la guitare du remuant Billy Watts. La voix est particulièrement émouvante tout au long de "Plane ride from Paris", une plage tapissée par les claviers de Rabbit Bundrick et ciselé par les cordes de Watts…

 

Jacques Stotzem

The way to go

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Originaire de Verviers, Jacques Stotzem est aujourd’hui âgé de 58 ans. Il s’est forgé une solide réputation comme guitariste. Sur une gratte acoustique. Spécialiste du picking, il et capable d’attaquer des tas de styles musicaux, comme le folk, le jazz, le blues et même le rock. Depuis 1982, il a gravé de nombreux albums. Son précédent, "To Rory", rendait hommage au regretté bluesman irlandais Rory Gallagher. Paru en 2015, il avait bien été reçu par la critique. Il signe les 10 plages de cet elpee.

Il entame son aventure par "Dreaming of a better world", une compo empreinte de tendresse et d’une grande beauté, qui dont le rêve fait abstraction des obsessions et des multiples soucis du monde actuel. "Deep sea" baigne au sein d’un climat plus mélancolique. Son doigté délicat aux cordes est bien mis en exergue sur le titre maître. La part de rêve plonge dans la nostalgie du passé à travers "It's gone forever", "Something to remember", mais aussi "Plage d'automne", une valse légère ou encore "Musette pour Edith", clin d’œil adressé à l’œuvre de Piaf, une piste au cours de laquelle on imagine les touches de l’accordéon remplacer les cordes de sa gratte. Les promesses du présent laissent aussi présager des moments inspirés et très positifs comme "A ride on 59" ou "A break in the clouds", qui pourrait aisément s'adapter aux cordes amplifiées. Enfin, le rêve se poursuit dans la délicatesse hispanisante d'"Along the river". Un beau voyage tout en ballades.

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