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Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

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The Cure
L7
Chroniques

Joel Dasilva

Everywhere from here

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Joel Da Silva est originaire de Chicago, mais vit aujourd'hui à Fort Lauderdale, en Floride. Le père de ce chanteur, guitariste et compositeur, était brésilien. "Everywhere from here" constitue son dernier elpee. Il réunit dix plages, pour la plupart issues de sa plume…

"Shake" ouvre la plaque. Un blues/rock accrocheur d'excellente facture qui était déjà paru sous la forme d'un single. Solide ballade, "Everyday man" aurait pu figurer au répertoire d’Eric Clapton. Face à l'orgue de Tom Regis, Joel chante d'une voix intimiste, et son envol aux cordes est chargé de feeling. Un climat étouffant baigne "Down in the Delta". La guitare ne tient pas en place tout au long de cette excellente plage inspirée par Howlin' Wolf. Dynamisé par les percus et l'accordéon d'Alejandro Sanched, "Bad world" nous entraîne au cœur de l’ambiance louisianaise, et plus particulièrement néo-orléanaise. Le drummer imprime un tempo écrasant tout au long de "This day I bleed", un morceau qui semble se complaire au sein de cette atmosphère lourde, entretenue par les cordes acoustiques et électriques, avant que Dasilva ne se déchaîne sur sa gratte devenue menaçante et ravagée. Shuffle chaleureux, "Spell on me" révèle des musicos très soudés. A l’aide de ses cordes, Dasilva revisite ses racines brésiliennes, lors de l’instrumental "My brazilian soul", un titre qui clôt cet LP. 

 

The Districts

Popular Manipulations

Écrit par

Sorti en catimini, au mois de juillet dernier, le nouvel opus de The Districts est passé relativement inaperçu si on le compare au mini ‘buzz’ qu’avait provoqué la sortie de son précédent. Cette constatation laissait-elle présager un semi naufrage pour ce toujours très difficile album de la confirmation ? Et bien pas du tout…

Après avoir accompli leurs débuts au lycée, dans leur petite ville de Lititz (NDR : c’est en dans leur Pennsylvanie natale), les quatre potes décident de fonder un groupe, en 2009. Après avoir gravé deux Eps et elpee, ils sont adoubés par la respectable maison Fat Possum, afin de concocter leur très réussi second elpee, « A Flourish and a Spoil », un disque produit par l’illustre John Congleton (The Walkmen, Explosion in the Sky, Elvis Perkins). Et il était toujours derrière les manettes sur certains titres de « Popular Manipulations », une œuvre qui élargit avec classe les horizons des jeunes Américains. Le leader de ce band yankee, Rob Grote –qui parodie habilement, tantôt Isaac Brook (Modest Mouse) ou Bowie (« Aperoplane »)– peut s’appuyer sur une expression sonore qui navigue entre rock lyrique (« Violet »), ballades d’obédience pop (« Fat Kiddo »), envolées rock psyché (« Will You Please Be Quiet ») ou petites perles indie telles qu’« Ordinary Day ». La palette s’est élargie sans pour autant négliger l’énergie ‘grunge’ des débuts. Que demander de plus ?

 

Endless Boogie

Vibe killer

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Cette formation américaine est née, en 2007, à Brooklyn. Elle réunit le chanteur/guitariste Paul ‘Top Dollar’ Major, le gratteur Jesper Eklow, le bassiste Marc Raso, et le drummer Harry Druzd. "Vibe killer" constitue déjà son cinquième effort studio. Elle revendique pratiquer du kraut southern rock, un style au sein duquel on rencontre blues, rock, stoner, hard et psychédélisme.

 Endless Boogie cherche à refléter le mal-être de ce quartier sombre de la Grande Pomme. Ainsi, dès les premières mesures du titre maître qui ouvre la plaque, la voix caverneuse, issue d'outre-tombe, de Major, pénètre au plus profond de notre âme. Répétitive, la trame rythmique se mue en transe hypnotique jusqu'à la libération de la seconde guitare qui trace son chemin avec détermination. Le trip peut enfin commencer. Implacable, cette rythmique charpentée par les deux grattes balisent "High drag, hard doin'". Les riffs stoniens véhiculent des accents métalliques. Ray Major chante comme un Iggy Pop, dont les cordes vocales seraient abîmées. Et il libère rapidement ses cordes totalement ravagées, propices au périple acide, avant que les guitares n’émergent, sans la moindre concession, d’une folie communicative. Cordes et ivoires tournent en boucle, jusqu’à l’étourdissement, tout au long de "Bishops at large", un krautrock spatial hanté par le vocal profond et chargé d’intensité. "Back in 74" s’ouvre comme un rockin' blues nerveux, avant de virer radicalement au space rock écrasant. Le piano talonne les grattes qui montent clairement en puissance. Elles déferlent et délirent sur "Jefferson Country", une plage qui s’étire sur plus de 11' (NDR : c’est la plus longue de l’opus). Puis soudainement, la compo adopte un tempo très lent, proche du blues. Major déclame alors à la manière d'un John Lee Hooker totalement imprégné de son blues primaire. Morceau final, "Whilom" en revient au krautrock, une piste qui se traîne au gré du vocal fatigué, alors que les cordes dialoguent presque sereinement. Une conclusion plutôt paisible, après avoir visité ce monde de l'étrange!

 

Andy Frasco

Songs from the road (cd + dvd)

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Cette formation californienne est drivée, depuis 20017, par le chanteur/claviériste Andy Frasco. Au sein de son U.N., figurent deux membres permanents, le saxophoniste Emis Chang et le guitariste Shawn Eckels. A ce jour, elle a publié 6 elpees, dont le dernier "Songs from the road", un disque enregistré ‘live’, et gravé en cd et dvd. Il fait suite à "Happy bastards", paru en 2016, un premier disque signé sur le label allemand Ruf. Le concert s’était déroulé à  Bochum, en Allemagne, dans le cadre du Tucher Blues and Jazz festival, le 13 août 2016. Le trio de base y avait reçu le concours du bassiste Chris Lorentz et du batteur Andree Avila (NDR : il militent au sein de Philosophy of Soul), ainsi que des musicos de tournée ; et tout particulièrement des cuivres qui se partagent tuba, trompette, trombone et sousaphone…

15 plages figurent sur le cd et autant sur le dvd. Une seule est différente entre les deux supports. Le combo interprète dix titres issus de ses deux derniers long playings. Stimulé par l’énergie débordante du leader, The U.N. prend toute sa dimension en ‘live’. Les spectateurs sont emportés par un tourbillon de genres musicaux : depuis le funk, à la soul, en passant par le rock'n'roll, le blues, le boogie et le r&b. Des styles qui se fondent en une seule musique multiculturelle.

"C Boogie" ouvre les hostilités. Andy, derrière son piano, chante et danse avec frénésie. Les quatre cuivres sont en furie. Le public allemand est pris à la gorge et ne pourra desserrer l’étreinte qu’une heure et demie plus tard. Ska détonnant, "It's been a struggle" sert de présentation aux musiciens, mais leur permet également de démontrer leurs talents individuels. Blues lent, "Doin' it" est le moment choisi par les musicos pour échanger leurs instruments. Le plus étonnant, procédant du rôle d’Avila, qui abandonne ses drums pour se consacrer au micro (NDR : et il a une superbe voix !), mais encore à la guitare (NDR : et son intervention est particulièrement bien sentie). Lors du rappel de ce show explosif, le band s’autorise la cover du "Killing in the name" de Rage Against the Machine, en mêlant rock et rap…

 

Leonard Griffie

Better late than no time soon

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Leonard est artiste peintre. Mais également chanteur et guitariste. Il pratique une forme de blues qu’il colore de soul, r&b et jazz. Il vit dans l'Oregon. Son premier elpe, "Give it to me", était paru en 2013. Et pourtant, il s’agit d’un vétéran de la scène blues. D’ailleurs, il est sur les routes, depuis de nombreuses années. Déchirante, abîmée et graveleuse, sa voix traduit un long parcours sur les petites scènes locales…

Tapissé de cuivres, "Look me in th eye" est un blues teinté de Memphis r&b, au cours duquel la guitare semble hantée par Albert et BB King. Des cuivres qui s’intègrent également et parfaitement, tout au long de "A dollar or two", un solide exercice de style dans le r&b, et puis de "You done stepped in it now", un blues d’excellente facture inspiré du delta. Si la voix s’y révèle austère, la slide est plutôt généreuse. Mais le climat général baigne dans la bonne humeur. La voix semble sur le fil du rasoir, tout au long d’"I got news" une ballade lente style Stax, au cours de laquelle les interventions à la gratte sont chargées d’une grande sensibilité. Griffie privilégie les compos qui trempent dans un climat cool, ponctuées d’envols subtils sur sa guitare, à l’instar de "Leave this town", "Going downill" et "Better late than no time soon". Soulignée par le piano de Michael Vannice, cette plage lorgne manifestement vers BB King. Caractérisé par son dialogue entre cordes et orgue, "Up and at em" baigne au sein d’un cocktail de jazz et r&b. Un instrumental. Tout comme la finale "I'm good where I am", dont les accords très subtils de gratte, sont enveloppés d’arrangements de cordes…

 

Cassie Keenum & Rick Randlett

Hauntings

Écrit par

Cassie Keenum et Rick Randlett pratiquent une forme de blues acoustique. Cassie est originaire de la Floride. Elle chante d’une voix proche de Big Mama Thornton et joue de la guitare. Vétéran de cette scène, Rick s’est passionné au blues à l'écoute d’artistes anglais de la glorieuse époque, avant de s’intéresser aux bluesmen originels. Issu du New England, il s'est établi en Floride, dans eighties. "Hauntings" constitue le premier elpee du couple, qui signe l’essentiel de son répertoire. Un opus enregistré et mixé en Floride. Sur certaines compos, le tandem est soutenu par une section rythmique.

Les titres exécutés en duo sont excellents. Et tout d’abord "Seventh day", une plage au cours de laquelle les cordes acoustiques et amplifiées se mêlent judicieusement, élégamment et parcimonieusement. La voix de Cassie est profonde et autoritaire. Downhouse blues, "Won't make that mistake again" est empreint de douceur. La version du "Hallelujah" de Leonard Cohen, est convertie en blues dépouillé, saturé d'émotion. Eraillée, la voix cassée de Cassie rappelle qu'elle est la fille d'un prêcheur baptiste. La finale, "How long", est dominée par la voix féminine. La lap steel réverbère des sonorités lointaines, mais superbes…

L’opus recèle donc, également, quelques morceaux qui bénéficient du concours d’invités. A l’instar de "One more last time", un blues rythmé, caractérisé par un envol sur les cordes de grande classe, qui emprunte des accents à la rumba, et que traverse l'harmonica de Litltle Mike Markowitz (NDR : c’est le leader des Tornadoes), convié pour la circonstance. Ce dernier souffle encore dans sa musique à bouche sur "Early in the morning", un country/blues authentique, au cours duquel Rick se sert du bottleneck. Blues décontracté, flemmard, "All along" se signale par une nouvelle sortie sur les cordes, mais à la fois fragile et saturée de feeling. Enfin, tapissée par l'orgue Hammond de Mitch Rogers, "She's gone" constitue la meilleure plage du long playing. Cassie et Rick chantent alternativement les divers couplets ; elle d’un timbre limpide, lui d’une voix au cordes largement abîmées. Superbe !

 

The Mojo Stars

Under the influence

Écrit par

Issu de Vancouver, The Mojo Stars pratique une musique qui mêle blues, rock et soul. Un tandem fondé en 2006, par le chanteur Randy Clarke et le guitariste Mark Rankin. Il avait publié un premier elpee, "Devil's Advocate", en 2011. "Under the influence" constitue son second. Un disque dont les onze plages sont signées par le duo. Les sessions studio se sont déroulées au sein de leur ville natale, et les prises ‘live’ ont été immortalisées au Columbia Theatre de New Westminster!

Le titre maître ouvre l’opus. C’est également le meilleur de la plaque. La voix de Randy domine le sujet et rappelle, quelque part, celle du leader de Steppenwolf (NDR : un compatriote !), John Kay. Les accords rythmiques sont soulignés par l'orgue Hammond et les cordes se libèrent progressivement et lentement dans un climat cool. Les percussions et le piano de Steve Soucy impriment un tempo enlevé au blues "Why can't I be true". "Stay a little loner" est un roots/rock de bonne facture, fort bien orchestré, tout comme "Love, what have you done?", une piste caractérisée par d’excellentes sorties de guitare, de saxophone et d’orgue. Ivoires et saxophone entrent en effervescence tout au long de la finale "You don't know me and I wish you would", un boogie rock'n'roll.

Parmi les six plages enregistrées en public, on épinglera "Why didn't you know", une belle ballade caractérisée par les superbes envols de cordes opérés par Rankin et les interventions du saxophone de Tom Gould. Deux solistes qui illuminent encore le blues rocker "I ain't feeling as good as I look". Et ce sax traverse le soul lent "No use in crying", un morceau qui ne manque pas de charme…

 

Davide Pannozzo

Unconditional Love

Écrit par

Cet artiste italien a étudié, dès son plus jeune âge, la guitare classique, au Conservatoire de Rome. Bien que toujours focalisé sur les cordes acoustiques, il s’intéresse progressivement au rock et au blues, puis commence à se perfectionner sur la gratte électrique, en s’inspirant d’instrumentistes majeurs comme Jimi Hendrix, Jeff Beck ou Eric Clapton. En 2006, il grave "Soul and notes", un opus concocté en compagnie de son backing group de l’époque, l’Almost Blues Band. En 2010, il tente la formule trio pour réaliser "Three cool cats". Deux ans plus tard, il s’associe à Loud Stuff pour enregistrer "Born electric", un disque pour lequel le duo reçoit la collaboration de Robben Ford. Enfin en 2014, il commet "A portrait of Jimi Hendrix", en hommage au célèbre natif de Seattle.

C’est après avoir transmis une démo à Steve Jordan (ce célèbre producteur new-yorkais a notamment bossé pour Bob Dylan, BB King, Buddy Guy Robert Cray et les Blues Brothers) que l’artiste va prendre une toute autre dimension. Ce dernier l’invite à venir enregistrer cet essai, sous la houlette d’un autre confrère notoire, Will Lee. La prise de son s’est déroulée à Brooklyn et New York. Steve et Will sont également de redoutables musiciens. Le premier se réserve les baguettes, le second se consacre à la basse.

Imprimé sur un mid tempo, "Six wires" sert d’échauffement. La voix de Davide n'est pas puissante, mais elle se révèle très harmonieuse. Cool, mais techniquement irréprochables, les accords de gratte occupent bien l'espace sonore. Tapissée par l’orgue Hammond de Ricky Peterson, "Living loving & giving" est une pop song mélodieuse qui véhicule des accents reggae. Un sens mélodique aussi soigné alimente également "Bring me to the light", une plage roots caractérisée par la douceur du chant et une superbe sortie sur les cordes, exécutée dans la tonalité de Mark Knopfler. "Changing illusions" semble sorti tout droit du lit du Mississippi. Le son est pourri, l’ambiance, maussade. Will Lee trace le fil rouge à l’aide de sa basse. L’excellent solo de Davide déborde de feeling. Le "Wah wah", de George Harrison (NDR : un titre qui figurait sur triple album "All things must pass", paru en 1970) constitue la seule reprise du long playing. Sophistiquée et aventureuse, elle baigne au sein d’un climat indien. Instrumentales, les trois dernières plages trempent dans le jazz/rock fusion. Et le résultat est vraiment réussi. Davide Pannozzo est un fameux guitariste !

 

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