Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Chroniques

Chaka Khan

Funk This

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Authentique légende de la musique afro-américaine, Chaka Khan a d’abord marqué le disco (en compagnie de son groupe Rufus) avant de collaborer avec Prince et quelques producteurs de house et de hip hop. Depuis « All Good » (en compagnie de De La Soul), on n’avait pas vraiment de nouvelles de la diva, mais elle n’est jamais vraiment disparue, continuant à vendre ses nouveaux disques lors de ses tournées, un peu à la manière de son comparse de Minneapolis.

Produit par Jam & Lewis (responsables de la plupart des tubes de Janet Jackson), ce « Funk This » propose du soul/r’n’b adulte classique, largement destiné aux quadragénaires, cible constituant sûrement l’essentiel du public de Chaka Khan. Beaucoup de ballades romantiques et cossues donc, pas toujours convaincantes (le poussif « One for all time ») mais constamment portées par la très belle voix de la dame. Parmi les réussites, on pointera « Foolish Fool », belle ballade soutenue par un gros beat hip hop très old school. Le reste est malheureusement plus dispensable, un peu à l’image des reprises mollassonnes de « Sign ‘O’ The Times » et « You Belong to Me », qui n’apportent rien aux originaux.

I-tunes: http://phobos.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewAlbum?id=264352495&s=143446

MSN: http://sib1.od2.com/common/product/Product.aspx?shop=40&associd=4&catno=OD2DI6210409

 

The Sparks

Hello Young Lovers

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Increvables Sparks. Il y a plus de trente cinq ans et vingt albums que les deux frères Mael conduisent leur collaboration artistique. Incroyables Sparks. Alliant depuis toujours audace, humour, singularité et créativité, le duo a connu son heure de gloire vers 73-74, le temps de deux 33 tours : « Kimono my House » et « Propaganda ». Puis il a poursuivi une carrière plus discrète, glissant du rock au pop sans jamais totalement faire taire son élégante extravagance. Improbables Sparks. Après des productions électro-funk glamour émaillées d'expérimentations, il nous revient flanqué d’un CD qui donne des leçons d'originalité aux plus jeunes artistes de ce début de XXIe siècle. Prodigieux Sparks. Avec une effarante économie de moyens (pour l'essentiel, les claviers de Ron et la voix de Russell démultipliée), ces magiciens ont bâti une œuvre où le symphonique côtoie l'absurde, où l'esthétique sophistiquée devient hypnose et l'autodérision une arme de séduction. Ils ont exploité jusqu'à la corde des techniques timidement expérimentées précédemment (« I thought I told You to wait in the Car », par exemple, sur « Gratuitous Sax and Senseless Violins »), transformant l'anodin en péplum grandiloquent et le quotidien en drame à la Kafka. Inclassables Sparks. Ce disque complètement décalé, où les outrances du chant commandent à une musique sobre, malicieuse et irréprochable, agacera les uns et envoûtera les autres. Vous l'aurez compris, je suis l'une des victimes consentantes de ce rapt mondain. Indispensables Sparks!



Willy Mason

If The Ocean Gets Rough

Écrit par

Il est des artistes dont la propension précoce au talent est tout bonnement horripilante. Ce Willy Mason par exemple ; après un acclamé « Where the Humans Eat » paru en 2004, l’animal trouve le moyen de livrer ce somptueux « When The Ocean Gets Rough » entre une collaboration au dernier Chemical Brothers et des tournées opérées en compagnie de KT Tunstall ou Radiohead. Affichant à peine vingt-deux ans au compteur, ce chanteur/songwriter trace un beau sentier sur les routes du folk en concoctant cette galette d’une justesse et d’une maturité épatantes.

Portées par une voix au timbre surprenant pour un artiste aussi jeune, ces onze compositions, enregistrées dans la bonne humeur au sein d’un studio du Massachusetts (en compagnie notamment de Rosanne Cash, illustre fille du Man In Black), constituent un enchaînement de perles de toute beauté. Evitant les clichés éculés des influences country ringardes ou du folk soporifique, Willy Mason privilégie un songwriting affûté servi par une orchestration discrète mais essentielle, tout en nuances et où l’électricité ne se montre jamais envahissante.

De l’intro subtile de « Gotta Keep Walking » au majestueux crescendo final de « When The Leaves Have Fallen », en passant par le splendide « Riptide », « When The Ocean Gets Rough » est une oeuvre d’une alchimie parfaite, servie par une production soignée sans être outrageusement polie. De la très belle musique.

 

I Love UFO

Wish out

Écrit par

Signés par Record Makers, label du célèbre Sébastien Tellier, les Français de « I love UFO » entendent jouer le rôle de défricheurs, voire de leaders. ‘I Love UFO ne sont pas des suiveurs, les autres suivront…’ profère ainsi la bio du groupe tout en soulignant la communion d’esprit qu’il y aurait entre les Parisiens et une formation du calibre de PiL. Et de fait, à bien écouter la voix sur un titre comme « Like in the movies », on réalise que Johnny Rotten n’est pas loin… Pour le reste, le trio aurait plutôt tendance à se complaire dans un psychédélisme rock soufflant le chaud et le froid. Le chaud quand celui-ci se fait rêche, s’orientant vers une new-wave crépusculaire à l’énergie retenue… Le froid lorsque, trop souvent, le combo semble se perdre dans une série de clichés et de répétitions nuisibles. Tant se répète le ‘delay’ qu’à la fin, il finit par lasser… Une maxime un brin facile, on vous l’accorde, mais qui correspond finalement assez bien à un disque honnête, sans plus…

 



Chris Connelly

The Episodes

Écrit par

Musicien écossais émigré aux Etats-Unis depuis de longues années, Chris Connelly possède un impressionnant curriculum vitae. Il a joué chez Ministry, Revolting Cocks, Damage Manual (en compagnie de Jah Wobble) et officie encore dans le ‘all-star band’ Pigface. « The Episodes » n’a pourtant rien en commun avec le bruit et la fureur auxquels ces formations nous ont habitués. Cet album solo (dernier en date d’une longue série) est en fait largement acoustique. Ce qui ne l’empêche pas d’expérimenter les formats et les sonorités. Connelly s’est associé à Tim Kinsella (leader de Joan of Arc) et Ben Vida (du groupe expérimental Town and Country) pour concocter cette œuvre au combien étrange. Certains titres ont même été enregistrés en plein air au bord du Lac Wandawega, dans le Wisconsin. Sept plages partagent cet opus. Sept titres qui s’étalent très souvent au delà des huit minutes et où les repaires de l’auditeur sont mis à rude épreuve. On démarre par le magnifique « Mirror Lips », ballade lysergique où se télescopent guitares folk, congas, batterie jazz et vibraphone, dans un esprit très proche du free jazz de Pharoah Sanders ou Alice Coltrane. Le reste du disque s’aventure dans l’expérimental. On a droit à d’étranges mélopées tribales où la voix de Connelly (très proche de celle de Bowie) hésite entre le calme et la tempête. Long blues disloqué, « The son of empty Sam » est amorcée par un chœur inspiré des moines bouddhistes. Rappelant les premiers travaux solos de Nick Cave, cette plage finit par changer de cap. Elle laisse ainsi place aux chuchotements des musiciens avant de reprendre par des accords de guitare sèche qui retournent au thème initial. Mélopée de neuf minutes, « Every Ghost has an Orchestra » est presque entièrement profilée sur un seul accord de guitare. Elle est traversée de quelques variations mélodiques et caractérisée par un son aigu réminiscent du passé ‘noisy’ de Connelly. Le reste est à l’avenant : éprouvant (surtout les onze  minutes cacophoniques de « Henry vs. Miller »), triste et désespéré. Néanmoins, ce folk apocalyptique jouit d’un charme vénéneux qui le rapproche des travaux de David Tibet, Scott Walker et des premiers essais de Nick Cave & the Bad Seeds. Plongez-y, mais n’oubliez pas de remonter, de temps à autre, pour prendre un peu d’air.

 

Izaline Calister

Kanta Hélele

Écrit par

Originaire de l’île de Curaçao dans les Caraïbes, la chanteuse Izaline Calister est une star locale depuis la sortie de son premier disque « Krioyo ». Sur « Kanta Hélele » elle revisite quelques traditionnels de son île en y ajoutant sa touche personnelle. Elle compose aussi ses propres morceaux dans un mélange qui doit autant à la salsa moderne un peu clinquante, au zouk qu’à la rumba congolaise. Les atmosphères sont aussi fort versatiles : des chansons pour se trémousser, quelques ballades jazzy carrément mielleuses (« Nada den mi man ») et des plages touchées par la fièvre vaudou (« Karnaval di Zumbi »). Une belle voix, peut-être trop lisse, comme le reste de la production musicale de ce disque ; l’interprétation est irréprochable, mais hésite constamment entre pop et tradition.

 

Goon Moon

Licker’s last leg

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Curieux! Curieux qu’un projet réunissant des musiciens aussi branchés sur le metal réalise un opus aussi expérimental et mélodique. Au sein duquel ce metal n’est guère mis en évidence. Un projet issu de la rencontre entre Jeordie White (alias Twiggy Ramirez pour Marilyn Manson et bassiste de Nine Inch Nails) et Cris Goss (impliqué chez Masters of Reality, il est mieux connu pour avoir produit ou coproduit des œuvres de Mark Lanegan, Kyuss, Queens Of The Stone Age ou encore Melissa Auf Der Maur) auquel ont notamment participé Josh Freese (The Vandals, A Perfect Cicle, Nine Inch Nails), Josh Homme (QOTSA) et Dave Catching (Eagles of Death Metal, Mondo Generator). Faut dire qu’ils ont mis 5 ans pour le terminer. Un disque baroque, énigmatique, balayé par de multiples courants musicaux et qui ne manque pas de groove ! Ainsi, plage s’étalant tout au long de ses 10 minutes, « The golden ball » semble hanté par les spectres des Mothers of Invention de Frank Zappa ainsi que Dr Hook & The Medecine Show. Tout comme « Hardcore Q3 ». Imprimé sur un mid tempo blues, « An autumn that came to soon » aurait pu naître d’une hypothétique rencontre entre Wolfgang Press et Todd Rundgren (ces vocaux diaphanes !) Hymnique, « Lay down » évoque autant QOTSA qu’Arcade Fire. Truffée d’effets spéciaux, « Every Christian lion hearted man will show you » est une cover des Bee Gees probablement réalisée sous acide. L’esprit démoniaque de Marylin Manson s’incruste parfois insidieusement au cœur de l’une ou l’autre compo ; mais en général, il se fond rapidement dans l’ensemble. On retiendra cependant encore l’excellent « Pin eyed boy », dont les sonorités de guitares tintinnabulantes me rappellent « Dear Prudence » des Beatles alors que la chanson baigne manifestement dans un climat ténébreux, proche d’un Jesus & Mary Chain. Un « Apple pie » caressé de percus légèrement latinos et raffiné de chœurs célestes. Le garage (Strokes sous son aspect le plus sale, le plus malsain ?) « Balloon ? ». Et enfin « Tip Toe », un morceau qui aurait pu figurer au répertoire de Deerhoof… Renversant !

 

 

The Low Lows

Fire on the bright sky

Écrit par

Lorsque trois ex Parker & Lilly –le chanteur Parker L. Noon, le batteur Jeremy Wheatley ainsi que Daniel Rickark– s´associent, le résultat aboutit au projet The Low Lows, un projet à tendance folk lo-fi, atmosphérique, intimiste et torturé.

Dès la plage d’ouverture – « Dear Flies Love Spider – on est frappé par ces sonorités entêtantes et cette voix déprimée à l´accent si particulier qui couche ses mots sur un tapis de claviers éthérés et de guitares en feedback. Il est cependant possible de ne pas accrocher à cette formule assez répétitive et somme toute, plutôt molle ; mais on appréciera cependant, à sa juste valeur, des morceaux tels que le hanté « White Liner », l’aérien « St Neil », bercé de vagues de pedal steel ou encore le lumineux « Wolves Eat Dogs ».

Une œuvre calme, portée par une voix noyée de réverb, une brume sonique cotonneuse susceptible de vous envoûter ou de vous lasser. Tout est affaire de goût !