Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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This Is

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‘La ville de Leuven est fière de son passé, de son patrimoine et il y a tant de choses à voir qu'une seule visite n'y suffit pas’. L’office de tourisme ne tarit pas d’éloges à son égard et tire des plans sur la comète aux visiteurs alléchés de bonnes vieilles habitudes. Au programme : des riffs rébarbatifs, des compositions ternes, et une voix plastifiée pour la modique somme d’un mal de crâne. On prend ses cliques et ses claques pour un naufrage en toute beauté. Sur votre droite, vous apercevrez l’usine à covers spécialisée dans les Strokes, The Hives ou Queens of The Stone Age, qui côtoierait presque la contrefaçon. Admirez maintenant, sur votre gauche, quelques lettres éparses noyées dans une soupe sans caractère : [B], [D], [K], [M] et [b], à l’image d’ados en mal d’inspiration. Comme les cinq doigts de la main, le groupe est inséparable de la récupération (« One » un réarrangement du tube « Hate To Say I Told You So» des Hives) qui va jusqu’au titre de leur album « This is » recyclé sur celui des Strokes « Is This it ? ». Aucune prise de risque donc, cet album (si on peut l’appeler ainsi) est vivement déconseillé aux fins gourmets et plomberait sans pitié toute sorte d’ambiances.

 

 

 

Dälek

Abandoned Language

Finies les longues stridences indus qui faisaient de Dälek l’un des duos les plus bruitistes et atypiques de la sphère hip hop : l’heure est à la condensation et à la frontalité, voire aux refrains tapageurs (« Bricks Crumble », « Corrupt ») et à l’appel du pied (« Paragraphs Relentless » et « Starved For The Truth », diptyque acid noise entre MF Dooom et « Plastic Dreams »). MC Dälek et Oktopus auraient donc décidé de mieux se faire entendre, et même s’il y a toujours de la friture sur la ligne on reçoit cette fois-ci le message 5 sur 5. Seul l’interlude ‘ligetien’, qui ne s’intitule pas « Lynch » pour rien, rappelle combien Dälek est un duo qui aime brouiller les pistes : vous dites Public Enemy ? Ils répondent Scelsi. Ailleurs l’ambiance est toujours à la morosité, mais les synthés ont remplacé les drones… Et si on danse ? Sous la chape de nappes, le groove se tapit pour mieux vous étouffer : Dälek, ou l’art du gimmick oblique. Moralité de cette chronique : parfois tout va de travers et c’est bien mieux comme ça.

 

Les Anges

A deep grave as a shelter

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‘The band formerly known as Hulk’, rebaptisé « Les Anges » et enrichi de l’apport de la claviériste du Fifty Foot Combo, sort un premier album sous son nouveau patronyme et c’est une réussite, qu’on se le dise !!! Déjà solidement burnée alors que le combo portait encore le nom de l’abominable homme vert, la musique de nos compatriotes n’a rien perdu de sa force de frappe… Tout au plus y décèlera-t-on quelques touches plus pop, surf, rockabilly, voire carrément sexy comme sur le très ‘millionairien’ « 50 euros ». Pour le reste, ça bastonne sec et on s’en prend plein les oreilles. Dotée d’une production irréprochable (Christine Verschorren, qui a notamment travaillé sur les albums de Ghinzu et d’Elvis’ Ghettoblaster, est aux manettes), l’œuvrette se veut courte et efficace. Un peu plus de 37 minutes, 12 morceaux ‘Rock Blitzkrieg’ et puis au revoir, l’heure est au décompte des morts. Côté coup de cœur, on marquera une petite préférence pour le dantesque « Boys boys boys », véritable hymne rock and roll, et pour un « 50 euros » déjà cité plus haut et franchement séduisant. Mais ne nous méprenons pas : c’est l’ensemble de « A deep grave as a shelter » qui est à applaudir malgré quelques petites faiblesses dues à une certaine uniformité des morceaux. Du tout bon… !

Various Artists

Cooperative Music Volume 4

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Quel est le point commun entre City Slang, Bella Union, Arts & Crafts, Wichita et Brownswood Records (et quelques autres) ? Ces nids à talents sont depuis peu tous réunis sous la coupole de Cooperative Music, une branche de V2 permettant aux labels indépendants une meilleure visibilité. Et quel meilleur moyen de promo que la compile ? Déjà sous son quatrième volume, ce recueil réuni le meilleur de la coopérative, tant au niveau son que visuel. 

Le CD audio recèle une belle brochette de hits d’artistes tels que Explosions In The Sky, Simian Mobile Disco, Clap Your Hands Say Yeah, Ben Westbeech, Blood Brothers, The Jai-Alai Savant, The Ruby Suns, Au Revoir Simone ou Peter Bjorn & John. Le DVD propose 18 vidéos parfois bien fichues (The Dears, Mates Of State, The Knife…), parfois kitsch (The Pipettes, Lo-Fi-FNK…) Et le prix de cette compilation est très abordable, paraît-il ? Un bon deal si vous êtes en manque de découvertes.

Maroon 5

It won’t be soon before long

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Duran Duran des années 2000. Ces californiens ont pris leur temps pour préparer un digne successeur à « Songs about Jane ». Un album qui a fait de Maroon 5 le groupe de rock qui vend le plus de disques aux Etats-Unis, situation largement due au titre « This Love ». Ils accouchent ici d’une plaque honnête, produite en partie par le talentueux et éclectique Mike Elizondo, compère de Dr Dre. Même si l’auditeur ne trouvera pas de chansons à l’immédiateté mélodique d’un « This Love », ce disque est loin d’être de piètre facture. Le groupe possède un talent certain pour torcher des refrains fédérateurs : « If I never see your face again », « Makes me wonder », « Can’t Stop » ou le tubesque « Little of Your Time » devraient assurer aux marrons un succès assez respectable. Le terrain musical sur lequel le groupe s’exprime le mieux campe un mariage de funk, de soul et de pop largement influencé par Michael Jackson et son fils spirituel Justin Timberlake. Sans oublier l’essentiel : les scies romantiques. Pour pointer les meilleures on citera la très ‘lennonesque’ « Better that we break » et « Back at your door ». De quoi ‘squeter’ les braguettes et faire voler les culottes aux quatre coins de la planète. Par contre le groupe se révèle moins convaincant lorsqu’il empreinte les idées des autres : « Won’t go home without you » (un pastiche de The Police) ou l’affreux disco à la Blondie de « Not falling apart »…

Vashti Bunyan

Some things just stick in your mind

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Née en 1945, Vashti Bunyan est londonienne. Compositrice et chanteuse, elle avait sorti quelques singles entre 1964 et 1967, dont une compo écrite par la paire Jagger/Richards (NDR : le titre maître de cette compile) et un elpee en 1970, « Just Another Diamond Day ». Faute de succès, elle s’est alors retirée du circuit musical et a disparu de la circulation. Mais début du XXIème siècle, les membres de Piano Magic retrouvent sa trace et l’invitent à participer à l’enregistrement de « Writers Without Homes » (2002) puis d’un Ep intitulé « Saint Marie EP » (2004). Ce sera ensuite au tour de Devendra Banhart de la convier à participer aux sessions de « Rejoicing in the Hands ». Et même d’Animal Collective, pour l’elpee « Prospect Hummer ». En 2005. C’est aussi l’année au cours de laquelle elle concocte son deuxième opus, « Lookaftering ».

Cette compile réunit 45 tours, démos et raretés concoctés à ses débuts. C’est-à-dire entre 64 et 67. Vingt-cinq morceaux en tout ! Poétesse folk, Vashti y dispense des chansons intimistes, mélancoliques, mais baroques, qu’elle interprète d’une voix limpide en s’accompagnant à la sèche. C’est le lot des démos. Par contre, lorsque ces morceaux bénéficient des arrangements de studio, ils jouissent d’orchestrations aussi subtiles que somptueuses.

Cette poétesse folk semble avoir influencé toute un pan de la musique néo folk américaine. C’est d’ailleurs ce que Banhart confesse, mais également CocoRosie et Tiny Viper. Maintenant, ce sont des références, et il faut bien se replacer dans le contexte de la mi-sixties pour pouvoir apprécier ce type de musique savoureusement désuète. Mais désuète quand même. 

Goddess Shiva

Goddess Shiva

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Avant de fonder Sinner, combo teuton ayant vécu son heure de gloire au cœur des années 80, Matt Sinner sévissait sous le patronyme de Shiva, un tandem partagé en compagnie du guitariste Armin Sabol. Après deux tentatives studios infructueuses, le groupe décide de mettre fin à ses activités. Plus motivé que jamais, Matt donne alors son nom au groupe Sinner, avant de lui préférer celui de Primal Fear, tandis qu’Armin se lance dans une carrière de producteur.

Début 2006, les deux compères se retrouvent et concrétisent enfin un projet qui aurait dû éclore plus de 25 ans auparavant. Shiva –rebaptisé Goddess Shiva pour des raisons de marketing– entre enfin en studio. Rejoints par Martin Shmidt, ex batteur de Leave’s Eyes et d’Atrocity, Sinner et Sabol enregistrent une trentaine de titres pour en retenir douze. Le trio pratique un heavy métal certes classique et sans réelle innovation, mais non dépourvu de bonnes mélodies et de riffs entêtants. Le combo lorgne dans la même direction que Whitesnake ou Thin Lizzy. Superbe rock mid-tempo, « Down on Luck » constitue, sans aucun doute, un hommage à Phil Lynnott, défunt leader du groupe irlandais (et surtout responsable du hit « The Boys are Back In Town »). Même si les vocaux souffrent parfois d’un manque de présence, l’ensemble demeure relativement homogène ; et par rapport à d’autres poids lourds allemands, l’opus se laisse écouter sans lassitude. Sauf quand Goddess Shiva décide de se la jouer ‘blues’, un style qui ne colle vraiment pas à la peau de la divinité hindoue aux 1008 noms ! 

 

 

 



Various Artists

Switch 10

On connaît la chanson : voici la compile Switch made in Studio Brussel, 28 titres, que des tubes (Trentemoller, MSTRKRFT, Riton, The Glimmers, The Gossip, Uffie, Booka Shade, LCD Soundsystem, James Holden, Swirl People, etc.), à toutes les sauces électroniques. Cerise sur le gâteau : pour célébrer ce 10ème volume, la radio flamande offre un beau cd bonus, « The Past Belgian Classics ». Telex, Neon Judgement, Front 242, Lords of Acid, C.J. Bolland, Nacht und Nebel,… Malgré une impression de retour vers le futur, on est content de se souvenir que la Belgique est l’une des premières nations du monde à s’être mis, dans les années 80, à l’heure de la techno. A Detroit on s’en souvient d’ailleurs encore (demandez donc à Derrick May !), et on n’est pas peu fiers. Quid d’Yves de Ruyter, des Tueurs de la Lune de Miel et de Technotronic ? Demandez donc aux deux énergumènes de Simian Mobile Disco, censés devenir la nouvelle hype à la Klaxons : ils adorent « Pump up the jam ». Allez allez allez alleeeeeeeez… Soyons donc fiers de notre réputation : le beat, l’ancien, le ‘new’, c’est un peu grâce à nos braves technophiles qu’il est devenu une référence universelle. Belgium : 12 points !