La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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The Cure
Chroniques

Nerak Roth Patterson

Bluesdaddy !

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Ce chanteur/guitariste/compositeur est contaminé par le blues de puis bien longtemps. Ses chansons relatent ses expériences personnelles, des souvenirs de l'époque où il était chauffeur routier, parlent de ses enfants ou se réfèrent encore à Dieu. Il a déjà bien roulé sa bosse. A travers l'Oregon ou l’état de New York. Et la roule encore aujourd'hui en Ohio. Il est notamment monté sur les planches auprès de BB King, Corey Harris ou encore Matt Murphy. Nerak a séjourné trois semaines sur le Vieux Continent en compagnie de Guy Davis ; et à leur retour aux USA, ils ont ouvert une série de concerts pour Jethro Tull. Pour concocter cet elpee (NDR : ce serait son sixième !), il a reçu le concours de son backing group, mais aussi de quelques invités de marque, parmi lesquels figurent l’inévitable Guy Davis et le leader intemporel de Jethro Tull, Ian Anderson. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées à Dayton, dans l'Ohio.

L’opus s’ouvre par "Gator meat", une plage instrumentale destinée à présenter les musiciens. Mr Patterson emprunte ici au style de BB King et d’Albert Collins. Mark Crockett est préposé à l'harmonica, Tim Jennens à l'orgue Hammond. Quelques solides pièces sont issues de la plume du grand homme. A l’instar de "You're fired", un bon blues imprimé sur un tempo modéré. Le leader dialogue avec ses cordes. Nerak épanche beaucoup de sensibilité tout au long de "Poppa", une ballade qui exprime l'attachement à son père. Bien mis en avant, l'orgue Hammond ajoute une bonne dose de relief et d'émotion à la compo. Patterson et son ami Guy Davis ont coécrit "Truckin' man's blues" en s'inspirant du "61 highway" de Fred Mc Dowell. Ce blues lent aux accents délicieusement dramatiques bénéficie de la participation de Ian Anderson à la flûte. Une intervention très bluesy pour un des sommets de cet elpee. Anderson apporte encore sa collaboration sur "Closer to my heart". Empreinte de douceur, cette chanson folk est sculptée dans les cordes acoustiques, parcourue par la flûte traversière et caressée par la voix aérienne d'Ericka Rose Patterson. Caractérisée par cette complicité spécifique entre la guitare et l'orgue, "She loves me too" marque un retour au blues. Introduit par une guitare bien amplifiée, mais dont les cordes sont pincées avec une extrême sensibilité, "Bluesdriver" constitue le blues lent de cet album. Un morceau très solennel, aussi. Partagée entre guitare sèche gratte et l'harmonica de Mark, "Please, please" épouse tout naturellement un format intimiste. De bonne facture, cet opus s’achève par "Slow dance", un instrumental au cours duquel Nerak taquine ses cordes à la manière d’Albert Collins.

 

 

 



Predominant Lunatics

Thirteen lost souls

Écrit par

Responsable d’un mini album 7 titres en 2003 (« Hoping for dusk »), ce quatuor helvète nous propose son premier opus. Découpé en treize titres, « Thirteen lost souls » ( !?!?!?) a bénéficié du concours de Tony Harris (Sisters of Mercy, REM, The Clash, The Fall) au mixing et surtout de l’infrastructure de ses studios à Londres ; et puis de Ray Staff à la masterisation, un exercice de style qu’il avait notamment accompli, dans le passé, pour Bowie, Muse, Nick Cave, Led Zeppelin ou encore les Stones. Mélangeant post punk, prog et pop, la musique de Predominant Lunatics souffre malheureusement du chant un peu trop limite de Marco Finsterwald tout en adoptant un style qui n’avait jamais permis à Siglo XX (une formation issue de Genk qui n’est jamais parvenue, même après une reformation décrétée en 2003, de sortir de la zone crépusculaire de l’underground belge) de faire la différence. Et pour votre info, sachez que Danny Mommens de Vive La Fête à réalisé un remix pop de « Cosmic Trip », un exercice de style qui figure sur le single du même nom. 

 

The Go ! Team

Proof Of Youth

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Depuis le succès surprise de l’album « Thunder, Lightning, Strike », The Go ! Team a cessé d’incarner le ‘bedroom project’ du multi-instrumentiste Ian Parton, pour devenir un groupe à part entière. Terminé les voix samplées, c’est Ninja et son phrasé old school qui monopolisent le micro sur cet album frénétique et ponctué d’apparitions de Chuck D, Marina Vello (Bonde Do Role) ou des Double Dutch Divas. Vu qu’on ne change pas une recette qui marche, Go ! Team reste fidèle à ce mélange ultra efficace de pop naïve, de hip hop old school, de funk épique et de guitares à la Sonic Youth. A la différence près qu’ici le son est un peu moins lo-fi et porteur de plus de fréquences basses (quasi absentes de « Thunder, Lightning, Strike »). Le très bon « Grip like a vice » entame les hostilités, une cavalcade diabolique basée sur un sample des Politicians, formation culte (et archi samplée) du funk U.S. Hormis les chansons pastorales « My World » et « I never needed it now so much », la suite est à l’avenant et réserve à l’auditeur quelques bombinettes pour les dancefloors. Elles s’apprécieront cependant davantage en écoute individuelle qu’enchaînées les unes aux autres, comme c’est le cas ici, créant par la même une certaine uniformisation du propos. Cette légère réserve ne doit pas vous empêcher d’apprécier les plaisirs frais et simples procurés par ce « Proof of Youth ».

Portastatic

Be Still Please

Écrit par

Rafraîchissons nos mémoires : derrière le patronyme Portastatic se cache, en réalité, l’œuvre du seul Mac McCaughan, personnage fondamental de l’épopée rock contemporaine. Flash-back : en 1989, l’homme cherche un label pour Superchunk, son groupe d’alors. D’obstacles en contrats impossibles, Mac McCaughan décide de poser les bases d’une nouvelle structure : ‘Merge Records’. Ici, c’est lui le patron. Chanteur, guitariste et big boss d’une mini-entreprise, il saborde Superchunck, décidant d’avancer sur Portastatic, groupe de pop moderne spécialisé dans la mise en œuvre d’éclatantes orchestrations.

Portastatic au repos, Mac McCaughan s’attache à développer les contours artistiques de ‘Merge Records’. Petit fouineur de grands sons, il dégote quelques artisans de la mélodie saillante : Destroyer, The Essex Green, Neutral Milk Hotel, The Third Eye Foundation, et M Ward figurent, entre autres, parmi ses belles découvertes. Mais sa trouvaille la plus notable crèche au Québec : The Arcade Fire. La révélation des troupes de Win Butler et Régine Chassagne doit donc tout – ou presque – à la curiosité de ce talentueux défricheur.

Quand il ne débroussaille pas la faune indie rock de sa faucille magique, McCaughan écrit et compose pour Portastatic. Nouveau né dans la foisonnante discographie du projet (dix albums au compteur), « Be Still Please » s’écoute comme une réjouissante ballade saisonnière. Guidées par les accords guindés d’une guitare acoustique, les chansons obéissent aux doigts (et à l’œil) de notre bonhomme, chevauchant les mélodies au trot ou au galop quand le rythme se veut plus ardent. On se régale des excellents « I’m in Love » et « Song for a Clock ». Pour sa sortie européenne, « Be Still Please » est agrémenté de deux démos et d’une surprenante reprise acoustique du « And I Was a Boy From School » de Hot Chip. De ses premières notes à ses derniers échos, ce nouvel album de Portastatic demeure une excellente surprise.



Nanci Griffith

Ruby s Torch

Pour les aficionados de la chose country-folk, Nanci Griffith n’est pas une inconnue. Sur ce dix-neuvième album en vingt ans de carrière, la chanteuse ‘réalise un vieux rêve’ : compiler ses torch songs préférées ; bref appuyer d’un geste tendre sur nos glandes lacrymales. Une aubaine pour nos oreilles, puisque son grain de voix subtil, tout en douceur et propice à la mélancolie, se prête forcément bien à ce genre d’exercice. Et même si les arrangements qui l’enrobent pêchent par préciosité (ces cordes, envahissantes) et gâchent un peu notre plaisir, on l’écoute. Jusqu’au bout. Parce que c’est évident : Nanci Griffith chante bien, très bien. « Ruby’s Torch », du nom de la cover de Tom Waits (« Ruby’s Arms », magnifique), est avant tout le disque d’une voix. De ce grain donc. De beauté. De Jimmy Webb à Sinatra (« In The Wee Small Hours Of The Morning », signé par le tandem Mann/Hilliard), il caresse ces covers (+ 2 inédits) dans le sens le plus agréable du poil. On ronronne sous son poids chaleureux et ça fait du bien par où ça passe.

 

Sugar Ray Norcia

My life, my friends, my music

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Trente ans plus tôt Ray Norcia se produisait déjà à Rhode Island. Il y drivait les Blues Stompers en compagnie du percussionniste Neil Gouvin. Quelque temps et une page d'histoire plus tard, on le retrouve chez les Bluetones auprès du guitariste Ronnie Earl Horvath, du bassiste Mudcat Ward et du pianiste Anthony Geraci. Cette formation aura le privilège d’épauler régulièrement le légendaire harmoniciste Big Walter Horton. Mais également bien d'autres célébrités du style. Ronnie Earl quitte la Bluetones et rejoint le Roomful of Blues. Quelques années plus tard, Sugar Ray en personne rejoint le big band. Il y assurera le rôle de chanteur/harmoniciste entre 1991 à 97. Mais entre-temps, il retrouve Ronnie Earl et ses Broadcasters qui décident finalement de revenir à leur patronyme des Bluetones. D'ailleurs, au début de ce nouveau siècle, il ressuscite les Bluetones. La formation est signée par le label Severn et aligne quelques excellents elpees : "Rockin' Sugar daddy" en 2001, un opus éponyme en 2002 et "Hands across the table" en 2005.

Le big band au grand complet ouvre les hostilités. Sugar Ray chante "Oh, babe". Sa voix libère un maximum de swing. L'artiste est soutenu par des cuivres qui ont fait et font toujours la notoriété de Roomful of Blues : Doug James au sax baryton, Greg Piccolo au sax ténor, Bob Enos à la trompette et Carl Querfuth au trombone. De la pure dynamite ! Mudcat Ward secoue sa basse acoustique devant la machine à rythme métronomique de Neil Gouvin tandis qu'Anthony Geraci se déchaîne sur ses 88 touches d'ivoire. Norcia chante alors son "Little green talking frog". Puissamment et nonchalamment. Les cordes inévitables d’un seigneur se détachent face au mur de cuivres : celles de Duke Robillard en personne. Les lumières sont tamisées. Sugar est inspiré pour chanter, tel un crooner, "I want to be with her". Ce titre lent semble s’échapper d’un bar nocturne. Signée Dany Bartholomew, cette compo est parfaitement rendue, tout en finesse et délicatesse. Le sax de Piccolo et les cordes de Duke nous nous transportent jusqu’à l’extase! La première partie de ce set, accordée lors de ce festival sous la forme du big band, s’achève par "You better change your ways". Mr Robillard se retire sur la pointe des pieds pour laisser entrer son jeune collègue ‘Monster’ Mike Welch. Les cuivres s’accordent également une petite pause. Sugar Ray sort de sa poche son harmonica. Et quel bonheur! Il attaque "Money taking mama" sur un bon rythme. Geraci est très à l’aise au piano. Ray retrouve les grands jours des Bluetones et démontre son immense talent de souffleur. C'est le pied! Ray chante aussi remarquablement. Sa puissance est naturelle. Pas très éloignée de Kim Wilson. Et il le démontre tout au long de "Shut your face". Les cuivres opèrent leur retour. Carl, Doug et Bob ne tiennent plus en place. Ce qui a le don d'inspirer Mike Welsh dont l’envol dans le jump, style tellement prisé de nos jours, est remarquable. Très respectueux de son auteur, en l’occurrence un certain Sonny Boy Williamson II, Ray prend plaisir à interpréter "I don't know". Mr Norcia a écrit "No sorrow no more" dans un registre proche de Sonny Boy. Ray en remet une solide couche en soufflant rageusement dans sa musique à bouche. Et pourtant, l’accompagnement est acoustique et le rythme décontracté. Bon blues classique, "The last words of a fool" permet à la guitare de Welsh de se libérer. Norcia laisse repartir le jeune guitariste talentueux après lui avoir confié les rennes sur "Do you remember?", un dernier blues très roots au cours duquel il nous démontre que manifestement, son principal inspirateur est bien Rice Miller, Sonny Boy II. Duke Robillard et les cuivres rappliquent une dernière fois pour participer aux quatre plages finales. L’ambiance cabaret envahit doucement "Think it over again". Ray se met à nouveau dans la peau d’un crooner pour interpréter "I like my baby's pudding". L’atmosphère baigne intensément dans le swing. Indubitablement, c’est un chanteur d'envergure. "Until the real thing comes along" clôt cet opus de classe, mais dont le climat semble emprunté à une autre époque…

 

High Tone

Underground Wobble

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Les week-ends de ce mois d’octobre n’ont pas fini de nous ravir, et le soleil présent nous réserve sans doute un hiver rigoureux. Afin de s’y préparer, dès lors, on en profite pour emmagasiner une tonne de rayons qui réchauffent. On peut commencer à se calfeutrer, ressortir les petites laines ou écouter « Underground Wobble » de High Tone. Apparu à la même période que les rayons du soleil de ce mois, la chaleur diffusée par cette plaque peut amortir, voire même sublimer cette descente irrémédiable vers le froid. Les cinq résidents lyonnais se sont remis à l’ouvrage, produisant à nouveau une galette dub/electro nickel chrome. De scratches en gimmicks, de batterie envoûtante en clavier organique, les éléments s’enchaînent et se superposent, telle une famille qui se réunit après sa dispersion. Suivant son habitude, DJ Twelve (Lionel Dumas) ne se contente pas de se frayer un passage à travers les musiciens, il est carrément le sherpa de l’équipe qui emmène sur des hauteurs enivrantes basse, guitare, clavier et batterie. Hauteur, où les artistes semblent parfaitement à l’aise pour lancer vers l’écho infini, un dub hypnotique. Ce dernier elpee du club des cinq Français, sonne résolument l’heure de la maturité, et prouve tout le bienfait des précédentes sorties emmagasinées. Bariolé aux sons arabisés, africanisés voire urbanisés, « Underground Wobble » dépeint un univers riche en sons, effets, et mixes aiguisés. Certains morceaux beaucoup plus dépouillés comme « Ask The Dust » ou « Soundscape » (qui s’affuble d’un texte qu’I Am avait déjà utilisé pour une intro) viennent poser un tempo plus calme proche de leurs compagnons d’armes, Zenzile. Ces moments ponctuent parfaitement l’intensité d’autres pistes, conférant à l’album un cachet bien cool, varié et délicieusement ‘peace’. Galette vivement conseillée, pour ma part.

 

Africando

Ketukuba

Écrit par

Depuis 15 ans, cette formation sénégalaise réunit les pointures musicales d’Afrique de l’Ouest et chante son amour des musiques sud-américaines. Ce nouvel album est dédié au Béninois Gnonnas Pedro, chanteur principal du collectif depuis 1995, avant que la maladie ne l’emporte. En 2004, très exactement. Très salsa, cet opus multilingue (lingala, wolof, mandingue) célèbre la danse et la vie comme sur les tonitruants « Bogne Sirala » et « Malawoo », plages qui ouvrent l’album. Suivant la bonne habitude, le son de ce disque est excellent ; mais c’est surtout l’énergie et le feeling des musiciens (un vrai big band latino) et des chanteurs qui font la différence, même lorsque le ton se fait contemplatif. A l’instar du très beau « Fatalikou », plage contant les affres d’une femme stérile…