Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

logo_musiczine

Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Jon Spencer
Editors
Chroniques

Joe Louis Walker

Hellfire

Écrit par

Joe Louis Walker est l'un des grands noms de la scène contemporaine blues. Il n’est pourtant plus de première jeunesse, puisqu'il affiche déjà 62 ans au compteur. Il est originaire de San Francisco, mais vit aujourd'hui à New York. Dans les années 60, il était l'ami du mythique guitariste blanc, Mike Bloomfield. Il ne fonde son groupe, les Bosstalkers, qu’en 1985 et publie alors de nombreux albums. Cinq d'abord chez Hightone, six ensuite pour Verve/Gitanes. Toute cette discographie lui ouvre grandes les portes de l'Europe où il se produit un peu partout.

Souffrant trop souvent d’une production trop lisse, ses disques manquent cependant de passion. Pourtant en 2003, "Shake your moneymaker : The slide album", paru chez JSP, casse enfin le moule. Joe Louis est bien un grand bluesman, un guitariste extraordinaire! Il se lie alors d'amitié avec le guitariste très respecté, Duke Robillard. Ce dernier produit son premier opus, pour le label canadien Stony Plain, "Witness for the blues", en 2008, puis "Between a rock and the blues" qui est nominé aux Blues Awards. Bruce Iglauer, patron du label blues chicagolais notoire, Alligator, vient donc de signer Joe. Ce dernier avait d’ailleurs collaboré au projet "Tommy Castro presents the Legendary Rhtyhm & Blues Revue – Live!".

Joe Louis est chanteur, guitariste, compositeur et producteur. Pourtant, il a laissé la mise en forme à Tom Hambridge, un personnage qui a notamment bossé pour Buddy Guy, Susan Tedeschi et George Thorogood. Les sessions ont été réalisées au studio Sound Stage de Nashville. D'excellents musiciens ont été recrutés pour y participer, dont Hambridge qui double à la batterie et Reese Wynans, l'ancien claviériste de Stevie Ray Vaughan.

Et si Joe Louis est un bluesman, il a aussi grandi au cœur de la culture rock. Il présente une face agressive indéniable. C’est ce qu’il met en évidence en ouverture. Tout au long d’"Hellfire", sa voix est surpuissante, elle déblaie tout sur son passage. Son ampli est poussé dans le rouge. Furieuse, la gratte avance par dérapages savamment contrôlés. Je préfère toutefois le Walker au plus profond de son blues. A l’instar du lent "I won’t do that". Une compo qui libère beaucoup de sensibilité. Et s’il malmène sa six cordes, c’est pour nous réserver une envolée de classe. Un même phénomène qui se produit sur l’autre blues lent, "What’s is worth", mais en plus déjanté voire acide. La voix est vraiment ravagée et en impose sur le blues rocker très stonien "Ride all night". Une plage d’excellente facture caractérisée par la slide bien mise en avant. Il souffle férocement dans son misérable harmonica pour aborder "I’m on to you", une piste imprimée sur un tempo bien enlevé. Joe Louis s’est forgé la voix en chantant le gospel dans les églises. Il nous le rappelle sur "Soldier for Jesus", un morceau pour lequel il est soutenu par les Jordanaires, formation qui accompagnait autrefois Elvis Presley. Et pour que l’analyse soit complète, sachez que l’opus recèle encore le rock’n’roll offensif "Too drunk to drive drunk", l’explosif "Black girls" et le boogie, "Movin’ on". Bref une œuvre de très bonne facture !

 

Maria Taylor

Overlook

Écrit par

Certains albums se rappellent à vous, subtilement, longtemps après s’être fait oublier.

Ne laissant guère de trace dans votre esprit à la première écoute furtive, trop polis pour s’ingénier à forcer la porte de votre souvenir.

Et puis un jour, sans vous avertir, ils viennent simplement vous rappeler quelle erreur vous avez commise de ne pas leur avoir prêté meilleure intention.

Ainsi, en va-t-il, en ce qui me concerne, de « Overlook », dont le titre me paraît du coup ironique.

Longtemps moitié de Azur Ray, avant de s’émanciper, Maria Taylor signait l’an dernier un album d’une beauté troublante, qui mérite une attention toute particulière et surtout mon humble repentir pour l’avoir oublié au détour d’une étagère.

Des textes trahissant les balbutiements d’une fleur se découvrant au monde et des arrangements subtils mais rehaussant brillamment les accords en apesanteur de la belle, des variations heureuses sur un mode légèrement mélancolique (la touche manouche de « Bad Idea »), de l’émotion sans fard et sans pathos.

Certains événements n’arrivent que sur le tard, mais fort à propos. Comme ce disque à mes oreilles.

 

The Renderers

A Rocket Into Nothing

Écrit par

Depuis plus de vingt ans The Renderers végètent dans l’anonymat et cet album, au titre tristement anticipatoire, ne sera jamais qu’une pierre de plus dans le jardin de l’oubli.

Les premiers titres ne sont pas rappeler l’approche de Sealight voire de Heligoland, d’autres résidents de la Nouvelle Zélande, le bruit suppléant ici les nappes vaporeuses.

Des sonorités et une voix qui renvoient à certains groupes oubliés du label 4AD (Tarnation en tête) et des ambiances oniriques (« Hypnotised », en final somnambule) font de cet album un honnête essai mais sans réel trait de génie.

Une de ces plaques sans autre ambition que de permettre à ses auteurs de partager leur vision de l’univers. Ce qui du reste n’est déjà pas si mal.

 

Petra Jean Phillipson

Notes on: Death (sampler)

Écrit par

Petra Jean Phillipson (PJP) aurait pu être la petite sœur anglaise de l’illustre et allumée Joanna Newsom. « Notes on: Death » constitue son second album. Il fait suite à « Notes on: Love », sorti… il y a déjà 6 ans ! 

Cet ambitieux nouvel essai est divisé en deux parties distinctes respectivement sous-titrées ‘Noir’ et ‘Blanc’. Pas trop difficile donc, d’imaginer que le premier volet baigne au sein du côté sombre et gothique de la force tout en privilégiant les climats spectraux, alors que le second, plus lumineux, navigue dans des eaux country traversées par PJ Harvey.

Enfin, c’est ce que je suppose, car le sampler se limite à la seconde tranche de l’elpee ; soit celle qui est supposée être moins avant-gardiste et plus accessible, mais néanmoins encore très aride ! La voix de PJP est emphatique. Un timbre qu’elle pose sur une instrumentation dominée par les interventions de harpe et de violon. Le tout au sein d’une ambiance médiévale toujours susceptible de déraper dans l’expérimentation. Une exception qui confirme la règle : le très réussi et plus abordable « And Lilith Said to Adam ».

A l’instar de Joanna Newsom ou d’une Björk contemporaine, PJP risque fort de rendre bien des mélomanes perplexes ; mais aussi d’enchanter celles et ceux qui adorent les fortes personnalités qui privilégient les univers sonores intrigants !

 

Nurses

Dracula

Écrit par

Il y a trois ans, je suis tombé sous le charme de Nurses, un trio issu de Portland. Enfin de son album « Apple’s Car », une œuvre dont les compos contagieuses et hypnotiques étaient sculptées dans une pop psychédélique et minimaliste. J’attendais donc impatiemment la sortie de ce nouvel elpee. 

« Dracula » s’inscrit dans la lignée du précédent long playing. La voix d’Aaron Chapman est toujours aussi nasillarde, rappelant même celle d’Andy VanWyngarden de MGMT, groupe auquel le trio américain est d’ailleurs souvent comparé. Pourtant, la musique de Nurses est plus proche de celle d’Animal Collective. Le climat, ma foi paisible, est entretenu par le down tempo. Pourtant, si leur style est bien identifiable, notamment par son sens mélodique, il enregistre une évolution certaine. En fait, les instruments insolites ont été abandonnés pour faire place aux nappes de claviers. De manière aussi à rendre l’expression sonore plus riche. Une richesse également apportée par les chœurs (« So Sweet ») ou les percussions africaines (« Gold Jordan »). On reprochera cependant à l’opus d’être un peu trop long. Rien de bien dramatique, mais au fil des plages, on a l’impression que l’elpee s’essouffle…

 

Waters

Out In The Light

Écrit par

Issu de la promotion 2011, cet album a sans doute été sous-estimé. En tout cas, il est passé injustement inaperçu.

Si Waters ne réinvente pas le Rock, « Out In The Light » mérite certainement qu’on s’attache à ses compositions dont le sentiment général me renvoie personnellement d’un bout à l’autre de ces dix titres à Sparklehorse.

Après la dissolution de Port O’Brien, son leader s’est donc ressourcé et a accouché ici d’un projet particulièrement attachant.

Les guitares sales de l’introduction « For The One », les mélodies imparables qui jonchent chacun des morceaux, le spleen doucereux qui tapisse la voix de Van Pierszalowski, tout ici tend à mettre en lumière cet elpee au titre pertinent.

 

Various Artists

Subway Salsa / The Montuno Records Story

Écrit par

Un jour, le monde rendra hommage à l’immense travail archéologique accompli par la maison Vampisoul dans l’univers de la musique. Quelques mois après nous avoir permis de découvrir la pop prérévolutionnaire iranienne, la structure madrilène nous invite à plonger dans les archives du ‘Record Mart’, un magasin de disques établi dans le métro new-yorkais, à Time Square très exactement, un véritable temple de la musique latino. C’est aussi le repaire de Montuno Records, petite mais importante structure, spécialisée dans la salsa, qui appartient au maître des lieux, Jesse Moskowitz. Un micro label lancé dans les années 70 et toujours sur pied aujourd’hui…

Réunissant 28 morceaux, cette double compilation est une superbe vitrine qui met en exergue la musique sud-américaine comme la salsa Nuyorican (influencée par le rock, le funk et le doo wop), le compas haïtien, le jazz latino ou la cubaine traditionnelle. Une magnifique collection (la rumba de Totico, la charanga de Lou Perez, le funk de Yambu) enrichie d’un livret passionnant. Après une telle découverte, impossible de défendre l’interdiction de la musique dans les métros…

 

Tail Dragger & Bob Corritore

Longtime friends in the blues

Écrit par

C’est le légendaire géant du blues, Howlin’ Wolf, qui a affublé James Yancy Jones du sobriquet de Tail Dragger. Faut dire que Chester Arthur Burnett était son idole. Et que James avait tapé dans l’oreille de cet incontestable pionnier! Jones est aujourd’hui âgé de 72 ans. Il est originaire de l’Arkansas et vit depuis très longtemps à Chicago. Après la disparition de Wolf, son guitariste Hubert Sumlin allait apporter sa collaboration à notre Tail Dragger, un authentique disciple du blues, un adepte du ‘lowdown and dirty blues’, c’est-à-dire le blues basique sans concession. Il a enregistré trois elpees sur le célèbre label chicagolais Delmark : “American people”, “My head is bald” et “Live at Rooster’e Lounge”. Il a aussi joué en compagnie d’autres passionnés comme Jimmy Dawkins, John Littlejohn, le Rockin’ Johnny Band et les talentueux champions du blues autrichien, le Mojo Blues Band.

Bob Corritore est considéré comme un des meilleurs harmonicistes de blues contemporains, un musicien blanc qui dirige un club de blues extrêmement réputé, le Rhythm Room. C’est à Phoenix, en Arizona, où il se produit le plus souvent, flanqué de son Juke Joint Blues Band. Bob est aussi l’organisateur de l’All Star sessions.

L’équipe de Delta Groove a réuni de belles pointures pour entourer notre paire black & white : Chris James et Patrick Rynn, des habitués du Rhyhm Room ainsi que le colosse noir Kirk Fletcher aux cordes. Tail Dragger a une plume prolifique. Il signe neuf des dix plages. Il ne faut guère patienter longtemps pour constater que notre artiste est bien le légataire d’Howlin’ Wolf. Sa voix grave est surpuissante, volontiers ‘louvoyante’. Il libère une force impressionnante tout au long d’“I’m worried”. Il est talonné par Corritore qui distille beaucoup de notes savoureuses dans sa musique à bouche. Une seule reprise : le “Sugar mama” de John Lee ‘Sonny Boy’ Williamson. Un slow blues à ras de terre, efficace et chargé d’émotion. Il y partage le chant avec le vieux pianiste Henry Gray, un autre ancien de la bande à Wolf! “Birthday blues” est sculpté dans du Chicago blues de classe. Tout s’emboîte à merveille. Corritore et Fletcher ne tiennent plus en place. Et ce blues 5 étoiles aussi nuancé que fluide, se répercute également à travers des titres lents, empreints d’une grande sensibilité, comme “She’s worryin’ me” et “Please Mr Jailer”, des plages imprimées sur un tempo bien enlevé tels que “So ezee”, “Done got old” ou encore lors du pur boogie woogie “Boogie woogie bell”. Excellent!

 

Page 360 sur 1252