Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Porn

From the void to the infinite

Écrit par

En choisissant un tel patronyme, il était évident que des tas d’a priori allait s’abattre sur cette formation. Pourtant, il ne s’agit que d’une référence du chanteur à son groupe favori : The Cure. N’empêche, le jugement originel ne pouvait influencer que le jugement dernier…

Fondé à Lyon, Porn est né en 1999. A l’époque le combo français rencontre un certain succès. Il assure les premières parties de Coal Chamber, Fear Factory ou encore Machine Head, au sein de l’Hexagone. La fine fleur du metal donc. Bref, jusqu’en 2009, année choisie pour rester en stand-by, le band jouissait d’une notoriété appréciable. Il faut dire qu’au début du millénaire, le nu métal est à son apogée. Chaque semaine de nouveaux combos éclosent outre-Quiévrain, pour le meilleur et surtout pour le pire. Aujourd’hui, à l’heure du comeback de Porn (pur produit de cette génération), la situation a fortement changé. Aujourd’hui, le nu metal ne fait plus guère recette. Un phénomène qui se produit couramment, chaque fois qu’un style musical est rongé jusqu’à la moelle. Il s’est même enfoncé dans une zone crépusculaire où les adeptes ne sont plus légion.

A la ‘grande époque’, Porn profitait d’une belle émulation du genre. Elle n’existe plus. En outre, le combo ne se différenciait guère des autres groupes. Dans ces conditions, difficile d’attendre quelque chose de révolutionnaire de la part de cette formation.

« From the void to the infinite » le confirme. Rien de très passionnant à se mettre dans l’oreille : des guitares électriques aux riffs distordus, des sonorités électro et des rythmes bien marqués. On n’a même droit à deux pâles adaptations de morceaux signés Nine Inch Nails et Marylin Manson. Pas de quoi réveilleur le cochon qui sommeille au plus profond de l’être humain…

 

Power Solo

Human Buzz

Écrit par

Power Solo est le pouvoir du solo, c’est-à-dire la puissance unique de la musique créée par la puissance unique de l’électricité, déversant son bruit terrible sur le monde et directement dans vos oreilles. La puissance de Power Solo est immense et règnera sur votre chaîne stéréo comme un roi sans pitié jusqu’à ce que vous vous soumettiez finalement à son pouvoir et deveniez un véritable disciple du solo car nous savons tous que Power Solo sait parfois se montrer généreux, surtout envers les belles femmes qui ont un problème d’alcoolisme. Power Solo vous récompensera au centuple si vous achetez cet album, apportera la joie dans votre foyer et multipliera vos biftons par deux. Power Solo est le fétiche porte-bonheur du bruit maximum et du larsen sur lequel vous battrez la mesure à l’aide de vos pieds et vos tentacules. Ne passez pas à côté de votre chance, vous serez gagnant à chaque fois. Merci de votre attention’.

Ce sont les premiers mots de l’album de Power Solo, récités par Sébastien Doubinsky.

Ces quelques lignes résument fort bien l’esprit de ce groupe de sauvages qui nous livre un trash-rock-psychobilly tout ce qu’il y a de plus savoureux.

Le trio de Power Solo a vu le jour en 1996 et réunit Kim ‘Kix’ Jeppersen, son frère Bo et un batteur. Ils comptent 6 albums à leur actif : « Lemon Half Moon » en 2001, « It’s raceday and your pussy is GUT » en 2004, « Egg » en 2006, « Himmerland » en 2008, « Bloodsinkbones » en 2009 et le petit dernier dont il est question ici, « Buzz Human » sorti en décembre 2011.

« Buzz Human » est découpé en quinze –bel effort!– jolies discordances mélodieuses, accrocheuses et démoniaques. Le chanteur crie un peu, c’est vrai, mais c’est la raison pour laquelle on écoute Power Solo ; et en plus, le groupe a pris la peine de l’expliquer dans l’intro.

« Buzz Human » parle d’expériences personnelles relatées avec une bonne dose d’humour noir pour faire glisser plus impunément l’amère pilule de l’existence. Parce que fait de sang, de chair, de sexe et de sueur, cet album vit ! Il porte la marque des deux frères qui, enfermés dans le studio, tirant le max d’une boîte à rythmes et de deux guitares, ont produit l’album comme des grands, d’un seul trait, en quelques jours et plus probablement quelques nuits.

Que dire de plus qui n’ait déjà été écrit dans l’introduction ? Si… une chose à préciser malgré tout, c’est que ce cirque musical capable de faire vibrer en nous l’hypothétique corde country-punk teintée de blues comme seuls les Américains y parviennent est… danois. Alors là, double chapeau bas. Des Danois ! Quel pied de nez aux angoisses de Kirgegaard et à la mélancolie d’Agnès Obel. Des Danois au taux de ‘déjantage’ pulvérisant tous les champs de marie-jeanne à cinq mille kilomètres à la ronde. Des Danois fous-fous, mais ô combien efficaces et gentlemen. Soumettez-vous à leur pouvoir !

 

Phantogram

Nightlife (Ep)

Écrit par

Point de vue exposition médiatique, Sarah Barthel et Joshua Carter, alias Phantogram, ont eu moins de bol que les Cults ou les Tennis, même s’ils partagent le même goût pour la psych-pop organique. « Eyelid Movies », leur premier LP publié en 2010, n’a provoqué que de petites vaguelettes malgré un tube imparable (« When I’m Small »). Et le duo compte bien ne pas en rester là. Les New-Yorkais nous proposent donc aujourd’hui un Ep six titres, intitulé « Nightlife », un disque qui nous donne un bref aperçu de l’expression sonore cultivée par le couple d’amis. A priori, pas de grandes différences entre le Phantogram des premiers jours et celui de ce nouvel essai.

Ouvrant la plaque, « 16 Years », lorgne du côté de Little Dragon, mais le morceau phare du disque est définitivement « Don’t Move », que l’on retrouve également en fin de parcours dans sa mouture « Radio Edit ». Un doublé qui pourrait s’avérer dispensable, tant les nuances entre les deux versions sont quasi-imperceptibles. Mais « Don’t Move » est de ces morceaux ultra ‘upbeat’, que les fans du genre diffuseront sans doute infatigablement sur leur platine.

Moins accessible et moins pop que les autres plages de « Nightlife », les deux titres interprétés par Joshua Carter (« Turning Into Stone » et « A Dark Tunnel ») renouent avec les premières expérimentations du duo et communiquent à l’ensemble un côté un peu plus sombre, pas dégueu. Bref, en attendant leur prochaine livraison, Phantogram a de quoi scotcher ses fidèles et en grappiller quelques-uns de plus sur la route.

Live : 23/02 au Stuk (Leuven) et le 24/02 à la Flèche d'or (Paris /Inrock indie club)

 

The Mash

Disconnected

Écrit par

Lorsque mon rédac chef m’a remis ce cd, il m’a dit ‘texto’ ‘C’est de la britpop, tu vas adorer !’

C’est vrai que tout ce qui se rapproche de près (ou même parfois de loin) de Kasabian, Oasis, Arctic Monkeys et consorts, j’en bouffe des tonnes. Et pas de problème de digestion, rassurez-vous !

Mais après avoir écouté les 12 plages de l’elpee, j’ai eu beau chercher dans tous les coins et recoins d’Angleterre, d’Irlande, d’Ecosse ou du Pays de Galles, nulle part on ne fait allusion à The Mash. Et pour cause, ils ne sont pas insulaires, ces braves gars-là, mais bien belges. Et issus de Huy, tout particulièrement (NDLR : aux States et même en Belgique on fait aussi de la britpop…)

The Mash est en effet un trio belgo-belge réunissant Matthieu, 22 ans, qui se réserve le chant et les guitares, Guillaume, 24 ans, la basse, et Axel, 20 ans, préposé aux fûts. Dès 2004, encore teenagers boutonneux, ils débutent leur carrière. De répète en répète et de petites salles en petites salles, leur réputation grandit. Une démo trois titres paraît en 2010 et conquiert rapidement les programmateurs des bonnes ondes radio qui font découvrir le band grâce à « Good Day to Die » leur premier single paru en 2009 ainsi que « Twins Forever » et « Disconnected » trois morceaux très prometteurs.

Depuis, nos trois Hutois ont fait du chemin. Ils se sont produits sur de grandes scènes telles que celle des Francofolies de Spa, des Ardentes ou encore du festival de Dour. Ils ont aussi récemment assuré trois premières parties d'Indochine à Forest National et à Lille, en 2009.

2010 est l’année de la confirmation et le trio entre en séminaire pour composer et concocter son premier cd.

Leur premier album paraît fin de l’année dernière et bien que recelant les trois ‘succès’ précités, il s’enrichit de neuf nouvelles compos emballantes et fort bien réussies.

Naviguant entre pop sucrée et riffs de guitares bien frappés, la musique de Mash consomme les ingrédients essentiels à une excellente pop harmonieuse et efficace : guitares, rythmes, voix et chœurs sont excellents.

Outre les plages déjà entendues et (peut être connues), quelques titres méritent une attention toute particulière. Tout d’abord « What a Surprise » qui ouvre énergiquement le bal « Miss 19 » ensuite, caractérisé par un élégant refrain imparable. Mais encore « Blinding Happiness » imprimé sur un tempo très ‘seventies’, « Game is not Over » dont les vocaux sont du meilleur effet et « All is ok », une compo réminiscente du post punk si bien immortalisé par The Clash à l’époque de « Give 'Em Enough Rope » (1978). 

Et ce n’est pas parce que ces quelques titres sortent du lot que le reste n’est négligeable, au contraire.

Tout au long de la grosse demi-heure de musique dispensée par notre trio, le plaisir est au rendez-vous tant l’énergie déployée est communicative.

Une découverte et une réussite de plus au pays des frites, de la bière, des spéculoos et du chocolat.

Va être temps d’ajouter la spécialité ‘rock/pop’ au rayon des livres touristiques concernant notre beau et plat pays…

 

La moutarde me monte au nez

Ecole de garçons

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Par où commencer ?  Vous inquiétez pas, ça sera vite fini !

Par le nom du groupe ? La moutarde me monte au nez. Ça vous rappelle rien ? Un film débile datant des années 70 mettant en scène des acteurs ringards de chez ringard, proposant des dialogues frôlant le néant et un scénario à la mords-moi le nœud !

Le titre de l’album ? « Ecole de garçons ». Tout un programme. L’esprit au ras du gazon, les blagues potaches à deux balles, la vulgarité au menu et évidemment un humour ‘pipi-caca-prout’ omniprésent.

Ben voilà, ma critique est quasi terminée.

Le disque (oserait-on appeler ça un disque ?) de ce ‘beau groupe’ est exactement à l’image de ce que nous avons dû supporter il y a une trentaine d’années sur le petit écran pour une soirée divertissante...

Alors vous m’excuserez mais ce groupe porte EXACTEMENT le patronyme qui lui convient ; car après avoir écouté trois ou quatre plages, et j’vous jure qu’il faut du courage, la moutarde me chatouille drôlement les narines, car chacune d’entre-elles est plus insupportable que la précédente. C’est au-dessus de mes forces…

Ok, je sais, je manque d’humour. Ben à chacun le sien, non ?

Les textes sont désespérément vides de sens, d’une pauvreté triste à pleurer et la musique, qualifiée de power-pop à la française, est du même acabit !

Faut vraiment avoir du temps à perdre pour se farcir 11 titres tous plus pourris les uns que les autres. 

Résultat des courses : le cd est éjecté vite fait du lecteur et rejoint illico la corbeille qui roupille tranquillement sous mon bureau.

Cette moutarde, condiment qui normalement accompagne ou  relève la saveur d’un plat exhale ici des relents qui donnent envie de gerber ! S’cusez-moi, les toilettes svp ?

 

La Barra de Chocolate

La Barra de Chocolate

Écrit par

1968. La société occidentale n’est pas la seule à sentir souffler un vent de jeunesse et de fraîcheur balayant les principes d’une autre époque. En effet, durant cette année, de l’autre côté de l’Atlantique, en Argentine tout particulièrement, Pajarito Zanguri décide de former, en compagnie de quatre de ses amis, un groupe musical. La formation a l’intention de changer le monde. A sa manière. En manifestant son désenchantement à l’égard de la classe dirigeante. A travers ses chansons. Un moment de sa vie au cours duquel Pajarito Zanguri avait l’impression que le monde lui appartenait. Il se sentait libre dans une société argentine en pleine instabilité économique et politique. Les paroles (NDR : les lyrics sont interprétés en espagnol) retranscrivent d’ailleurs parfaitement ce contexte si particulier. Le label Munster réédite aujourd’hui le premier et unique album de ce jeune combo, issu de Buenos Aires, un disque enrichi d’une dizaine de bonus tracks.

D’un point de vue musical, le rock de la Barra de Chocolate ressemble comme deux gouttes d’eau à celui des ensembles de rock yankee qui ont sévi à fin des années 60 ; c’est-à-dire qui pratiquent un mélange de rock et de psychédélisme. Stridentes, les guitares ne lésinent pas sur les solos. L’orgue est omniprésent. La basse caoutchouteuse. Enfin, le chanteur possède un timbre nasillard et pas trop rigoureux. Le groupe argentin a peut-être marqué le rock dans son pays ; mais il faut admettre que La Barra de Chocolate n’a pas inventé la poudre. D’abord, au fil des morceaux, la voix de Pajarito Zanguri devient tout bonnement insupportable. Quand aux compos, elles semblent toutes issues du même moule, et finissent par indisposer. Dans ces conditions, il est préférable de se tourner vers le chocolat belge. C’est toujours le meilleur au monde (NDLR : sans chauvinisme excessif…)

 

Grandchaos

Refuge

Écrit par

Fondé par Tcheleskov Ivanovitch, Grandchaos pratique de l’EBM, de l’Electro Body Music, si vous préférez. Un groupe belge dont le style peut rappeler Bigod 20 voire Front 242, même s’il reconnaît pour influence majeure Kraftwerk. Un genre qui a vécu ses heures de gloire au cours des 80’s, faut-il le rappeler. Et Grandchaos a la ferme intention de prendre la relève !

Pour enregistrer « Refuge », Tcheleskov a reçu le concours de quelques collaborateurs, parmi lesquels figurent Well, SA42 et Bak XIII. Des invités préposés aux remixes. Un avant-goût de ce que le prochain elpee devrait nous réserver. Intitulé « Rumours of our Life » sa sortie est prévue pour début 2012.

Remixé par Tech Nomader, le titre qui ouvre la plaque est trop long. D’abord lassant, il finit par agacer. Une introduction plutôt maladroite. La version de Mono Electronic Density aurait été un choix bien plus judicieux.  

Heureusement, « The Sky will be my tomb », la seconde plage de l’opus est bien plus intéressante. On y décèle la fameuse patte de SA42, et la sauce prend instantanément. Tout comme sur « A Lot of Pain ». L’arrangement électro y est bien plus élaboré. Et puis la dose d’intensité insufflée est maximale. Pas étonnant, quant on sait que c'est BAK XIII qui se réserve les platines, sur ces deux pistes. 

Enfin, « Revenge » passe également bien la rampe. Le remix est opéré par R3-Mute. Un titre agressif alimenté par des arrangements tout en rupture et imprimé sur un beat puissant.

Perso, j’estime que si le résultat est d’honnête facture, il manque quand même de singularité. Et aurait tout intérêt à se démarquer d’un lourd héritage du passé. Bref, tel le bon vin, Grandchaos doit encore décanter un peu avant d'être servi!

A conseiller néanmoins aux amateurs du style et les nostalgiques de l'électronique ‘oldschool’. On attend assurément leur prochain album de pied ferme!

 

Factor

Factor and The Chandeliers

Écrit par

Chaque année réserve ses surprises. Celle qui vient de s’écouler a révélé Factor. C’est même la révélation ‘beatmaker’ 2011. Le label Fake Four qui l’héberge constitue également une belle surprise dans le monde du hip hop.

Le Canadien a multiplié les collaborations avec toujours autant de réussite. La dernière en date est celle qu’il a opérée en compagnie de l’Américain Kirky Dominant chez Paranoid Castle, pour concocter un opus que Musiczine avait d’ailleurs chroniqué, il y a quelques semaines.

Tout au long de cet elpee, Factor parvient à créer des beats et des atmosphères dignes du meilleur de Boards of Canada voire de Bibio (NDR : son premier long playing). Il fallait cependant s’en douter, l’intégralité de ce disque est instrumentale. Il parvient à mélanger les genres avec un grand brio : le rock, la folk, r’n’b, … Selon les morceaux, ses musicos, répondant au patronyme de The Chandeliers, changent d’instrus.

Une fois de plus, le label Fake Four a encore tapé dans le mille. L’electronica de Factor est subtilement prodiguée, tout au long de cet opus éponyme. Et pour la savourer idéalement, il suffit de l’écouter les yeux fermés, et de les rouvrir dès que le disque est terminé…

 

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