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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Aube Lalvée

I Am

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Echouées sur les rives d’un fleuve tortueux et agité que l’on nomme la vie, les chansons d’Aube Lalvée ravivent à elles seules un concert d’émotions diverses auxquelles il est impossible de rester insensible.

Tombé dans le creux de mon oreille une froide journée de mars, l’album « Souls to the wind » avait éveillé en moi un émerveillement que je me suis empressé de vous faire partager (voir chronique découvertes).

Aujourd’hui paraît la suite. « I Am », tel un manifeste, le titre de cet elpee inscrit ses trois lettres au firmament des albums à la grâce intemporelle.

C’est que pris à la gorge dès les premières envolées de « Something simple », escaladant la ligne de basse sombre qui nous emmène vers des cimes majestueuses, il paraît évident que nous tenons là un album de très grande facture, intemporel, somme toute un classique.

Rythmiques et mélodies portent la voix sublime de cette artiste que l’on rêverait de voir éclater au grand jour et que pourtant, paradoxalement, on souhaiterait garder jalousement comme un trésor au fond de son jardin secret.

Poignantes mais non grandiloquentes, avec justesse et sensibilité, les chansons d’Aube L dépeignent un univers à la fois sombre et lumineux, à la fois triste et empli d’espoir.

Le frisson parcourant mon épine dorsale à chaque nouvelle écoute, je goûte pleinement ce fruit suave et m’enivre de ces atmosphères tourbillonnantes avec un plaisir sans cesse renouvelé.

Les racines de cet album poussent dans une terre nourrie de larmes, s’entrelacent dans une étreinte venimeuse et s’étendent à l’infini.

« We never walk alone » et son piano paradant au devant d’un beat martial indique un chemin vers les étoiles, qu’emprunteront seulement dans un premier temps les plus hardis d’entre vous, ceux avides de belles découvertes.

Les mots ne sauraient décrire pareil univers, seule sa musique le peut.

Donc je me tais…

A voir absolument le 03 décembre au Windows, à Bruxelles.

 

Kraak & Smaak

Electric Hustle

Écrit par

« Electric Hustle » constitue le troisième opus du trio hollandais Kraak and Smaak. Ce nouvel album se différencie des précédents car il se veut plus minutieux au niveau de la recherche d’arrangements sonores. Des rythmes entraînants mêlant la house, l’électro, la soul et le funk. Un cocktail détonnant puisqu’il pourrait tourner toute une soirée et combler les âmes festives sur la piste du dancefloor.

« Call up to heaven » ouvre l’elpee, dans un style proche de la regrettée Amy Winehouse, tant vocalement qu’instrumentalement. De quoi démarrer de manière simple et glamour.

Vient ensuite le temps d’enchaîner sur des rythmes plus soutenus, susceptibles parfois de nous replonger dans les années 90, comme le fait si bien « Let’s go back » ou encore « Hold back love ».

Le nom du groupe colle parfaitement à leur style : il crée une fissure dans l’electro pour nous permettre de savourer le goût de leur genre musical si riche et varié.

« Electric Hustle » c’est un peu comme un arc-en-ciel. Chaque chanson reflète sa propre couleur ; et l’ensemble illustre un joli assemblage de variétés sonores et colorées. En outre, les compos accrochent facilement l’oreille ; et il n’est pas rare qu’on se surprenne à fredonner un refrain, après avoir écouté le Cd

Si un album électro pouvait apporter instantanément apporter de la bonne humeur, ce serait celui des Kraak and Smaak.

 

Keiki / Bee and Flower

Split 10"

Écrit par

‘222’ serait-il devenu le nouveau chiffre fétiche du diable ? Pour célébrer ses deux années d’existence, le label belge Cheap Satanism a en effet décidé de sortir deux splits/Ep consacrés chaque fois à deux groupes issus de son écurie, invités à proposer deux de leurs compos. Le premier proposé par la microstructure bruxelloise est partagé entre le duo bruxellois Keiki (également pilier du label) et le combo américano-berlinois Bee and Flower. Devrait suivre une plaque consacrée à nos Joy as a Toy et aux Italiens de Germanotta Youth (impliquant Massimo Pupillo de Zu).

Pour Keiki, ce disque constitue une sorte de récréation ludique avant la prochaine sortie de son troisième elpee, « Popcorn from the Grave ». Hanté par leur spoken word si singulier et nourri aux guitares stridentes, noisy et minimalistes, le ‘satanic-pop’ bon marché de ces vétérans fait à nouveau mouche. Et Pete Simonelli d’Enablers est venu apporter son concours au second morceau, « Full Body Wolf ».

Le rock de Bee and Flower est teinté d’accents pop (« Jackson ») ou cinématographiques (« You’re Not the Sun »). Deux titres plus légers, mélodieux, aux vocaux délicats, mais aux guitares distordues ainsi qu’aux textes dérangés, qui figureront sur leur prochain long playing, « Suspension ». Il règne d’ailleurs, tout au long de ces plages, une atmosphère étrange, mélancolique et même malsaine…

 

Kammerflimmer Kollektief

Teufelskamin

Écrit par

Le Kammerflimmer Kollectief est, comme vous doutez, un groupe allemand… Une joyeuse bande mixant le free-jazz, la noise et la musique électro expérimentale. Fondée en 1997, la formation est responsable de 8 albums à ce jour. Les 10 titres de leur nouvel essai, « Teufelskamin », reflètent la liberté totale accordée aux musiciens lors de l’enregistrement de cet opus. L’impro y est une constante ; entre les solos de saxes détraqués (« The People United Will Never Be Defeated »), l’accordéon, les guitares bruitistes (« Teufelskamin Jam #1 ») et même les nuées de cordes. Des mélanges de genres on ne peut plus surprenants, qui atteignent le summum sur « Never Collapse, Always Dazzle ! », lorsqu’un vocodeur s’invite dans un climat psychédélique traversé par un souffle d’americana. Dommage que les vocaux d’Heike Aumüller soient aussi glaciaux. Ils se révèlent même néfastes à l’ensemble, et confèrent parfois une dimension soporifique à certains morceaux (« Shangrila », « Teufelskamin Jam #2 »). Tout en affichant une parfaite maîtrise dans ses expérimentations sonores, K.K. semble prendre son pied. Et n’invite pas, en général, le mélomane au farniente (« Nearly Able to Fly ») ! Quoique, cet esprit jazz-café, peut devenir, au fil de l’écoute, un peu lassant…

 

Yves Jamait

Saison 4

Écrit par

Quatrième album en 10 ans de carrière pour ce chantre de la chanson française. Quelques chiffres : 3 albums, trois fois disque d’or, 250 000 disques vendus, plus de 500 dates de concert, 400 000 spectateurs.

Pourtant cet artiste reste injustement méconnu aux yeux du grand public…

Découvert par Patrick Sébastien (tout arrive) grâce au merveilleux et poignant ‘Dimanche (caresse-moi)’, Yves Jamait est illico considéré comme un futur grand de la scène hexagonale. Cependant, quelques mois après avoir décroché ce succès télévisuel, il retombe dans un anonymat que seuls les plus branchés de la langue française fréquentent. De ce même monde sont issus des formations telles que Debout sur le Zinc, Les Orgues de Barback et bien d’autres encore. En un mot, ceux qui n’ont pas les honneurs des plateaux TV.

« Saison 4 » constitue le dernier-né d’une famille… de quatre ; et il est évident qu’à 50 ans, Jamait est maintenant au sommet de son art. Sa voix est rocailleuse. Ses paroles et ses musiques swinguent. Bref, il nous enchante et nous touche au plus profond de notre âme. Poète et chanteur, il reste égal à lui-même distillant des perles de vie, des gouttes de bonheur, en évoquant le temps qui passe, l'enfance, les amours déçus, la fadeur du quotidien ou l'inévitable bistrot. Des chansons qui viennent des ‘tripes’, en quelque sorte. Tout en préservant un label de qualité, phénomène plutôt de plus en plus rare, aujourd’hui…

Les rythmes de valse ou manouches sont toujours le fil conducteur de la musique à Jamait. Mais cette fois, les accordéons et les sonorités acoustiques côtoient les guitares électriques ; car le rock gouailleur et le reggae font leur apparition pour envelopper ses textes à la poésie populaire.

« Saison 4 » est un album de grande qualité, de la très grande chanson française.

Pour les ignorants qui ne demandent qu’à être convaincus, je vous invite à jeter un œil sur : http://www.youtube.com/watch?v=QJBQ1NN94JU

Excellent !

 

Idaho

You were a dick

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Fondé en 1991 par Jon Berry et Jeff Martin, Idaho est depuis la mi-nineties, le projet du dernier cité, même s’il lui arrive de solliciter le concours de l’un ou l’autre collaborateur, pour bosser en studio ou partir en tournée. Un musicien dont la particularité est le recours à une guitare qui ne compte que 4 cordes (NDR : Joni Mitchell et Steely Dan se servent également d’un modèle semblable). Si Idaho est notoire pour son slowcore, au fil du temps, sa musique s’est quelque peu libérée de ses principes. Notamment depuis que l’artiste a tenté de se lancer dans la bande sonore pour le cinéma et la TV (NDR : pas une réussite, il faut le reconnaître). On retrouve d’ailleurs un instrumental du style sur son nouvel opus, « The serpent & the shadow ». Et puis bien sûr des compos naturellement lentes. Tramées le plus souvent sur une ligne de piano sonore ou une texture de cordes de sèche. Mais le plus intéressant procède de cet éclectisme, auquel il ne nous avait pas habitués. Elevant même le tempo. A l’instar de  « Up the hill », sorte d’Echo & The Bunnymen sous perfusion electro, de l’excellent « The space between », du versatile “A million reasons” ou encore du final “What was that?”, caractérisé par ses cordes bringuebalantes (Durutti Column ?) Tâtant même de la soul. Sur « Weight is down », plage imprimée sur un mid tempo, parcourue d’accords de piano électrique, au feedback parfaitement maîtrisé et aux arrangements luxuriants. Des arrangements disséminés parcimonieusement, tout au long de l’elpee. Parfois électro. Un coup de cœur ? Le morceau d’ouverture et titre maître. Une compo qui aurait pu figurer au répertoire d’American Music Club. Même la voix de Jeff emprunte le timbre de Mark Eitzel. Et pour que votre info soit complète, sachez que Jeff Martin a enregistré ce huitième opus dans son home studio, à Laurel Canyon (NDR : c’est sur les hauteurs de L.A.) et n’a reçu le concours que d’Eleni Mandell aux backing vocaux. Pour le reste, il a tout assumé en solo. Comme d’hab !

 

Hella

Tripper

Écrit par

« Tripper » constitue le cinquième album d’Hella. Il met fin à quatre années de silence pour le duo de Sacramento. Enfin, pas tout à fait, puisque durant cette longue période, les deux enragés n’ont quand même pas chômé. Zach Hill (NDR : le chevelu derrière les fûts) a ainsi multiplié les collaborations et projets divers avec plus ou moins de réussite. Quoique les plus expérimentaux, notamment opérés en compagnie d’Omar Rodriguez Lopez, ne laisseront pas de souvenir impérissable.

Ce nouvel opus était donc l’occasion pour la paire de remettre les points sur les ‘i’. De remettre les pendules à l’heure, si vous préférez. Ce que Hella est parvenu à faire en publiant ce « Tripper ». Fini les plaisanteries de mauvais goût. Les Californiens ont décidé de refaire de leur ville, le centre névralgique du math-rock en duo !

Le tandem pète la forme. Zach Hill démontre une nouvelle fois sa dextérité aux drums. Tout en conjuguant vélocité, nuance et puissance. Difficile de suivre le rythme, d’ailleurs, tout au long de ces dix morceaux de cet elpee

Hella parvient, dans la limite du possible, à maintenir ses pulsions dévastatrices et reste toujours dans la limite de l’audible. Le tempo finit toujours par s’emballer et lorsqu’il est interrompu un bref instant, c’est pour repartir de plus belle et de manière plus brutale. Néanmoins, impossible pour nos deux lascars de ne pas déraper instinctivement, mais brièvement, dans le démonstratif. On ne leur en voudra pas pour autant ! Chaque morceau construit même sa petite mélodie (parfois bien cachée il faut l’avouer).

« Tripper » est l’un des meilleurs albums jamais enregistré par Hella. Si vous aimez le genre, vous ne pourrez qu’y adhérer. D’ailleurs, peu de formations françaises, sont jusqu’à présent, parvenues à atteindre une telle dimension. Ils ne peuvent d’ailleurs qu’en prendre de la graine !

 

Peter Gabriel

New blood

Écrit par

En 2010, je n’avais pas été trop emballé par “Scratch my back”, album sur lequel l’Archange se contentait de reprendre des compos de groupes ou d’artistes mythiques, mais aussi contemporains. Trop mou du genou, il m’avait même carrément pompé l’air. Gabriel avait donc prévu que ceux qu’il avait adaptés, l’adaptent à leur tour. En consacrant un opus à des covers de ses chansons. Mais le projet a capoté. Si bien que Peter a décidé de donner une suite personnelle. En reprenant les mêmes ingrédients ; c’est-à-dire sans guitare, sans batterie, mais à l’aide du même orchestre symphonique, le New Blood. Ce qui explique le titre de son long playing.

Et je dois avouer que je m’attendais au pire. Ben, non à mon grand étonnement, Peter est parvenu à faire prendre la mayonnaise, mais en reprenant ses propres compos. En outre, hormis l’une ou l’autre exception, il leur a donné une nouvelle dimension.

Mais attaquons-nous d’abord aux points faibles. Il y en a peu. « Mercy street », tout d’abord. Abordé dans l’esprit de « Scratch my back ». L’instrumental « The nest that sailed the sky ». Inutile ! Les plus de 4 minutes comptabilisées par “A quiet moment”, une piste consacrée au bruit produit par les flots d’une rivière qui couvre d’imperceptibles pépiements d’oiseaux. Cet interlude n’est d’ailleurs pas de ‘nature’ à soutenir la différence avec le célèbre « Cirrus mirror » du Floyd ni de préparer une conclusion digne du « Soleil vert », roman de science-fiction de Harry Harrison adapté en long métrage par Richard Fleischer, en 1973. Vous allez comprendre ensuite pourquoi, je me réfère à ce film. Enfin, sur « Don’t give up », la Suédoise Ann Brun a pris le relais de Kate Bush. Mais son gémissement terne ne permet pas au duo de décoller. On ne remplace pas impunément une voix d’exception…

Entrons maintenant dans le vif du sujet. Parce qu’enfin, sous la houlette du même Ben Foster, les 46 musiciens du New Blood (instruments à cordes et à vent, percus et tutti quanti, sous leur forme la plus ‘classique’) sont sortis de leur coquille. Et notamment sur des titres comme le somptueux et puissant « The rhythm of the heat ». On affronte le flux et le reflux des cordes, comme lors d’une tempête. Un mouvement qui balaie littéralement l’exquis « In your eyes ». Du mouvement et des variations, c’est ce que parvient à communiquer cet orchestre. Sur l’apocalyptique « Red rain », un morceau lustré, cuivré, dont la nouvelle mouture a emprunté des couleurs audacieuses, vivaces. En fait, on a parfois l’impression que les nouvelles versions, ont été conçues pour servir de musique de film. Mais un film d’action dramatique, épique, déchiré entre moments paisibles et périodes haletantes. « Darkness » en est certainement le plus bel exemple, une plage de mauvaise augure, menaçante, tout en contrastes. Tout comme « Intruder », capable de vous flanquer la chair de poule. Et dans ce domaine, John Metcalfe, à nouveau préposé à la mise en forme, parvient à faire la différence. Bon, ne passons quand même pas sous silence la superbe voix de Peter, qui ne se contente plus de chuchoter. Chaude, bouleversante, tantôt falsetto, tantôt éraillée, elle s’est adoucie avec le temps, mais se fond aussi plus facilement dans la solution sonore. Les interventions au piano sont peu fréquentes, mais très judicieuses. Pour les backing vocaux, l’Artiste a fait appel à sa fille, Melanie.

Deux titres sont également à épingler. Tout d’abord « Digging in the dirt ». Au départ funky, ce sont les cordes et les cuivres qui dictent les changements de rythme. Et puis, le bonus track, « Solsbury hill », très différent des autres pistes de l’elpee. Il est proposé sous une version enlevée, optimiste même, malgré ses lyrics mélancoliques, une piste balisée par un violon sautillant et un piano sonore. Du grand art !

 

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